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doc, Provence, Dauphiné, Auvergne, Lyonnais , Bourgogne et Champagne.
Mais, outre ces d<>uze gouveruementsmi - Titanes, il y avait des provinces centrales qui avaient conservé leur ancienne administration. L’ambassadeur vénitien , Marine Cavalli. qui a laissé une relation de son ambassade (1546 , parle de la Touraine, du Poitou, du Berry, de l’Anjou , de la Satntonge , du Limousin , comme lormant autant de subdivisions distinctes (Relata, des cimb. vénit I, 253). Toutefois, avant la fin du xvie siècle , il n’y eut plus que douze grands gouvernements.
Jérôme Lippomano, qui résida en France, de 1577 à 1579 j, dit formellement, que ce royaume était divisé en douze provinces (Relations d es ambassadeu rs v én i t iens ,11, 483-477). Il nomme l’Ile-de-France, la Picardie,la Normandie , la Bretagne, le Poitou (renfermant la vicomté de Turenne , le duché de Touraine, la Marche, le Limousin et la Saintonge ); la Guienne et Gascogne, le Languedoc, la Provence, le Lyonnais (comprenant le Bourbonnais et le Forez), l’Auvergne (oii il place le Berry, car il fait de Bourges la capitale de l’Auvergne), enfin, la Bourgogne et la Champagne"
Il serait difficile d'indiquer d’une manière précise à quelle époque le nombre des gouvernements s’accrut; mais il est certain que, dès le commencement du xvne siècle , la multiplicité des affaires et des intérêts , la nécessité de la défense avaient tait augmenter le nombre des gouvernements. Souvent même ils furent attachés à une seule place , qui avait une haute importance, comme Paris , Sedan , Blaye, le Havre et Metz. Je donne ici une liste des gouvernements militaires de la France en iGi8, d’après des Mémoires inédits d'André d’Ormesson (foi. 225 ).
Elle fera apprécier quelques-uns des changements accomplis depuis le règne de François Ier, changements dont je ne puis indiquer la date précise :
« Gouverneurs de provinces en l’an 1618 : M. le Prince (Henri de Condé) , gouverneur de Berry ; M. le Grand (duc de Bellegarde) , gouverneur de Bourgogne ; M. du M aine (Henri de Lorraine), gouverneur de Guienne; M. le duc de Montmorency, gouverneur de Languedoc : M. le duc de Guise, gouverneur de Provence ; M. le duc de Longueville , gouverneur de Picardie ; M. le duc de Ciievreuse , gouverneur d’Auverg ue ; M. le duc de Vendôme, gouverneur de Bretagne; M. de Liancourt, premier écuyer , gouverneur de Paris; M. d’alincourt (Villeroy) , gouverneur du Lyonnais, M. LE COMTE DE SOISSONS (CHARLES de Bourbon), gouverneur du Dauphiné;
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M. le duc d’Èpernon , gouverneur de la ville et citadelle de Metz; M. le comte de Grammont, gouverneur de Bayonne; M. le maréchal de Boisdaupiun , gouverneur d’Anjou: la reine mère ( Mann; de Médicis) , gouvernante de la Normandie; M. de Saint-Luc, gouverneur de Brouage ; M. de Ytllars , gouverneur du Havre de Grâce; M. d’Aubeterre, gouverneur de Blaye; M. le duc d’Épernon , gouverneur d’Angoumois ; M. le duc de Vàudemont , gouverneur des trois évêchés (Tout, Metz et Verdun) ; M. le duc de N evers (Charles de Gonzague), gouverneur de Champagne ; M. de La Force, gouverneur de Béarn; M. de Souvré, gouverneur de Touraine ; M. de Sully , gouverneur de Poitou; M. de Luynes , gouverneur de l’Ile-de-France.»
On retrouve, dans ces vingt-cinq gouvernements les douze anciennes provinces , puis les subdivisions du Berry, de l'Anjou, de la Touraine, de l’Angoumois, du Poitou , enfin du Béarn et des trois évêchés, qui avaient été ultérieurement réunis. A la fin du règne de Louis XIII (au mois de février 1643, époque oü André d'Ormesson a écrit une seconde liste des gouverneurs de provinces), les conquêtes avaient forcé de multiplier les gouvernements. Ainsi, outre ceux qui ont été énumérés plus haut, on trouve, dans cette liste, les gouvernements de la Lorraine et de Nancy qui avaient été donnés à M. du Hallier ; de la Catalogne, à la Mothe-Houdancuurt ; de Brisacli , en Allemagne, au maréchal de Guébriant; de Sedan, à Fabert ; de la Marche, à Saint-Germain-Beaupré ; de Perpignan, à M. de Vaubecour ; d’Arras , à M. de La Tour. Il y avait, dès cette époque , une trentaine de gouvernements militaires; on perdit la Catalogne et Brisach; mais dans la suite l’Alsace, la Flandre française et la Franche-Comté furent réunies à la France. Au xvnic siècle, on multiplia encore les gouvernements, et il y en avait trente- huit avant la révolution ( voy. la liste donnée au mot Gouvernement, § III ).
Il ne faut pas identifier ces gouvernements militaires avec les anciennes provinces. Les premiers avaient été créés pat* la politique des rois ; les secondes se rattachaient plutôt à l’organisation féodale. Il y avait entre les provinces des différences profondes d’institutions , qui s’expliquent par la formation territoriale de la France. La royauté s’était emparée des provinces lentement et successivement, et elle avait été forcée de leur garantir la conservation de leurs coutumes, de leurs assemblées provinciales et de leurs privilèges de toute na^
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ture. De là, une étrange bigarrure de lois et d'institutions : le droit écrit , au midi ; le droit coutumier , au nord ; ici , les pays d'états ( Provence, Languedoc, Bourgogne, Bretagne, etc.) ; là , les pays d'élection : les premiers s’imposant eux-mêmes, les seconds , soumis à la taxe royale répartie par les élus ; ailleurs , les provinces d'imposition, oîx l’intendant seul procédait à la répartition. Les libertés de l’Alsace et de la Franche-Comté étaient garanties par les traités mêmes qui avaient soumis ces provinces à la France. La diversité des poids et mesures, plusieurs fois abolie par les ordonnances royales , avait été opiniâtrement conservée par l’esprit provincial, et trouvait des apologistes même au xviue siècle (voy. Montesquieu, Esprit des loisy XXIX, cli.xviu). Enfin , les douanes de province à province, la différence de tarif, et la division des provinces eu pays français et pays étrangers , ou réputés tels (voy. Impôts, p. 57i et Traites), étaient une des plus étonnantes et des plus tristes preuves de la persistance des oppositions provinciales. Colbert fut obligé de les subir, et la volonté énergique de Turgot se brisa contre cet obstacle élevé par l’intérêt et soutenu par une aveugle routine. Le peuple même, pour lequel travaillait ce ministre, le peuple s’insurgea contre son bienfaiteur et s’unit à ses ennemis, lorsqu’il voulut supprimer les douanes provinciales qui rompaient les artères de la France. L’Assemblée constituante parvint seule à briser ces obstacles à l’unité française ; elle supprima , par le décret du i5 janvier 1790, la division par provinces ; mais les différences essentielles, dont nous avons parlé au commencement de cet article, subsistent toujours malgré les efforts de la politique et de Tadminislration.
PROVINCES (Institut des). — Voy. Institut des Provinces.
PROVINCIAL. — On appelle provincia l ou provinciaux , dans les ordres religieux, les supérieurs qui ont inspection sur toutes les maisons de ces ordres, situées dans une circonscription territoriale appelée province. Ces provinces ne répondaient pas aux divisions politiques qui portaient le même nom ; elles étaient déterminées par l’ordre lui-même. II y a des provinciaux spécialement chez les dominicains et chez les jésuites.
PROVISEUR. — Nom que Ton donne au chef d’un lycée dans l’organisation actuelle de l’Université. Dans Tancienne Université, on n’appelait proviseurs
que les supérieurs des colleges cl’IIarcourt et de Sorbonne. Le proviseur d’Harcourt nommait aux bourses affectées à sou college, et administrait en chef les biens de la communauté ; il avait aussi la nomination des professeurs , aussi bien que les principaux des neuf autres collèges; il était élu par les boursiers d’Harcourt. Le proviseur de Sorbonne avait une grande part à l’administration de cet établissement; mais il ne nommait pas aux chaires vacantes. Ce droit appartenait aux membres de la maison qui faisaient leur élection à la pluralité des voix. Le titre de proviseur de Sorbonne était donné ordinairement à quelque personnage d’un rang élevé; ainsi , Richelieu fut proviseur de Sorbonne. La maison de Navarre avait aussi un proviseur; niais ce n’était qu’un officier comptable chargé de recevoir les revenus et de gérer les affaires temporelles de la société.
PROVISIONS. — Lettres d’un collateur, par lesquelles il déclarait conférer à tel ecclésiastique , un bénéfice vacant. — On appelait aussi provisions les lettres patentes ou lettres de chancellerie, que l’on obtenait pour posséder une charge do judicature ou de finance.
PRUD’HOMMES. — Au moyen âge, on appelait prud'hommes (probi ou prudentes homines ) les personnages les plus éminents d’un pays, d’une ville, dune corporation. Lorsque saint l/Ouis voulut réformer les monnaies, il convoqua les prud'hommes des principales villes de ses domaines. Le nom de prud’hommes s’appliquait tantôt aux magistrats municipaux, tantôt aux gardes des corporations industrielles. — On appela ensuite prud’hommes les experts nommés en justice pour visiter et estimer des objets litigieux. Ainsi , les rachats de fiefs se pouvaient faire au dire des prud’hommes , qui estimaient le revenu d’une année. — Le nom de prud’hommes servait encore à désigner certains artisans jurés , chargés de visiter les marchandises. Le roi nommait des prud'hommes pour la visite des cuirs. L-ouis XI enjoignit, en 1464, aux officiers municipaux et bourgeois de Lyon d’éiire un prud homme pour juger les contestations entre marchands qui fréquentaient la foire. A Marseille, il y avait des prud hommes , juges des pécheurs , et élus par eux. Ces prud hommes remontaient à l’époque du roi René (i453), et prononçaient en dernier ressort sur tous les différends qui concernaient la pêche. Leurs audiences avaient lieu le dimanche : les deux parties, citées