‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 16 sur 224 · TSF · texte numérisé non relu

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composé un grand nombre d’ouvrages sur le jansénisme ; la plupart sont peu lisibles aujourd’hui. Un des plus récents et des plus remarquables est Y Histoire de Port-Royal , par ML Sainte-Beuve. On sait ue le monastère de Port-Royal fut un es principaux asiles du jansénisme»

1 JANSÉNISTES. — Ce mot, comme tous les noms de parti , a eu plusieurs significations. On appelait d’abord jansénistes les disciples de Jansénius, evèque d’Ypres, mort en 1640 (voy. Jansénisme). — Plus tard on désigna sous ce nom les adversaires des jésuites et les partisans d’une morale sévère en opposition aux maximes relâchées des molinistes. — Par extension , on appela jansénistes , au xviic siècle, des manches que portaient les femmes pour couvrir leurs bras.

JANVIER (!«•)• — Voy. Jour de l’An.

JAQUE.' — Voy. Jack.

JAQUEMART. — Voy. Jacquemart.

JARDIN. — L’art de cultiver et d'embellir les jardins est un de ceux qui ont le plus contribué à l'agrément des propriétés. J’en dirai quelques mots en m’appuyant sur 1 y Histoire de la vie privée des Français , par Le Grand d'Aussy. La Gaule emprunta la plupart des arbres fruitiers à des climats plus doux : l’abricotier vint de l’Arménie; le cerisier de Cérasonte, ville du Pont ; le citronnier de la Médie ; l’avelinier, du Pont; le châtaignier, de l’Asie Mineure, et le noisetier de la Perse; l’amandier, de l’Asie; le grenadier de Chypre ou de l’Afrique; le cognassier , de la Crète ( Candie ) ; le figuier, de Pltalie ; l’olivier, de là Grèce, etc. Cependant il ne faut pas oublier que la Gaule avait ses arbres indigènes, et au premier rang se place le chêne. Les Gallo-Romains entourèrent leurs maisons de campagne de jardins qu’ils cultivaient avec un soin qui allait jusqu’au luxe et à la magnificence. Julien , dans Véloge qu’il fait de Lutèce ( Misopogon ), remarque , entre autres choses, la bonté le ses vignes et le grand nombre de jguiers que les Parisiens élevaient avec eaucoup d’art et de soin , les couvrant ^/e paillassons pendant l’hiver pour les garantit du froid. Les invasions des barbares détruisirent sans doute la plupart des jardins de la Gaule. Cependant, Fortunat, évêque de Poitiers , célèbre le jardin de la veine Ultrogote , femme de Childebert Ier, roi de Paris. On y voit, dit- il , des gazons émaillés de fleurs , des roses, des vignes et des arbres fruitiers. Ces arbres ont été plantés par le roi

lut-même , et la main qui les a plantés ajoute à la qualité de leurs fruits. * Le même écrivain , dans des vers adressés à l’abbesse et aux religieuses du couvent de Sainte-Radegonde , qu’il appelle sa mère et ses sœurs, leur annonce qu’il leur envoie des châtaignes dans un panier tressé de sa main et des primes sauvages qü’il a lui -même cueillies daiis La forêt . Les jardins de Charlemagne, d’après le capitulaire où l’on voit qu’il s’en occupe tout spécialement (capit. de villis\ ne paraissent pas avoir été autre chose que de grands vergers , avec un potager dans lequel on plantait quelques fleurs. Celles que demande l’empereur sont des lis, des roses, des pavots, du romarin, de l’héliotrope, de l’iris, etc. Quant aux arbres à fruits , il exige qu’il y ait des sorbiers, aveliniers, cognassiers, néfliers, amandiers, figuiers, noyers , châtaigniers , pêchers, mûriers et diverses sortes de pruniers, de poiriers et de pommiers.

Sous les rois de la dynastie capétienne, le jardin de Louvre avait un vignoble; on y faisait du vin et le roi Louis le Jeune assigna , en 1160, à un ecclésiastique six muids à prendre annuellement sur ce vignoble. Le jardin du Louvre s’embellit sous les rois de cette iace et se fit remarquer par ses treilles, ses berceaux , ses tonnelles , ses préaux, ses pavillons de verdure, eic. Charles V avait un autre jardin de vingt arpents , sur les bords de la Seine, à l’endroit où cette rivière entre dans Paris. On voit, par les plantations qu’y fit ce prince, que le jardin royal abondait surtout en arbres utiles, poiriers, pommiers , pruniers , cerisiers , etc. En général, jusqu’au xvic siècle, les arbres étaient plantés en plein air. On n’avait point imaginé qu’il lût possible de les appliquer contre les murs épais des châteaux et de leur procurer un abri contre les froids. On ne les soumettait point à la taille; en un mot, on laissait tout faire à la nature.

Sous le règne de François 1er, on commença h croire que la culture des arbres était une science , et qu’elle méritait d’ètre étudiée. Plusieurs auteurs, et entre autres Mizaud, Bélon , Cbampier. Charles Étienne, la plupart savants et médecins, écrivirent en latin sur l’art de cultiver les jardins. On trouve dans leurs ouvrages plus de pédantisme et de pratiques superstitieuses que de véritable intelligence du jardinage ; l’un recommande de nettoyer Pâtre de la cheminée le 1er janvier; un autre de prononcer des vers latins pour appeler la faveur des dieux , etc. Cependant ces ouvi^ages annonçaient que l’on

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