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dans un four (voy. Fours) et le fit bientôt partir avec quelques autres enrôlés. Heureusement pour l’huissier, il réussit à prévenir ses confrères, et on obtint un ordre du ministre pour le ramener à Paris. L'huissier fut délivré, mais les racoleurs n'en continuèrent pas moins leur odieux trafic.

RAISON (Culte de la). — Le 2o brumaire an ii (10 novembre 1793), le culte de la liaison fut célébré pour la première fois dans l'église métropolitaine de Paris, et bientôt imité dans toute la France. 11 avait été établi par la commune de Paris, sur le réquisitoire de Chaumette. Toutes les sections se rendirent au temple de la liaison avec les autorités constituées.

Une jeune femme, épouse de l’imprimeur Momoro, représentait la déesse de la Raison. Vêtue d’une draperie blanche, un manteau bleu de ciel sur les épaules , les cheveux épars et couverts du bonnet de la liberté, elle était assise sur un siège de forme antique, qui était couvert de lierre et aue portaient quatre citoyens. La déesse de la Raison était précédée et suivie de jeunes filles vêtues de blanc et couronnées de roses. Puis venaient, portés en grande pompe, les bustes de Lepeiletier et de Marat, des musiciens, des troupes et toutes les sections armées. On prononça des discours et on chanta des hymnes. Le cortège se rendit ensuite à la Convention, qui n’avait encore pris aucune part à ces extravagances. Chaumette prononça quelles paroles qu'il termina en montrant la éesse de la liaison et en disant : « Nous avons abandonné des idoles inanimés pour la Raison , pour cette image animée, chef-d'œuvre de la nature. » La déesse reçut alors Taccolade du président de la Convention, et l'assemblée tout entière retourna au temple de la Raison pour y chanter un hymne patriotique. Ces farces indécentes ne durèrent que quelques mois. Chaumette , l’apôtre du culte de la Raison , périt sur l'échafaud, le 13 avril 1794, et avec lui disparut le culte qu'il avait voulu fonder.

RANÇON. — Somme que payait un prisonnier pour obtenir sa délivrance. Il était d'usage, au moyen âge, de mettre les prisonniers de guerre à rançon. Aussi, dans les batailles , épargnait-on les seigneurs dans l’espérance d’en tirer une rançon considérable. La rançon du roi Jean s’éleva à trois millions d’ecus d'or.

RANG. — Le rang ou la place que chacun devait occuper était fixé par l'étiuette dîs le xve siècle, comme le prouve ouvrage intitulé les Honneurs de la

cour , composé à cette époque par la comtesse de Fûmes. Voy* Étiquette et Préséance.

RÂPÉS. — On appelait râpés des officiers des ordres du roi qui gardaient leurs charges peu de temps, puis les revendaient, en conservant le droit de se parer de l’ordre et de se faire appeler commandeurs des ordres du roi . 11 faut se rappeler que certaines dignités des ordres royaux , comme celles de greffier et de chancelier de l’ordre du Saint-Esprit étaient vénales , et que les titulaires ne comptaient pas parmi les cent chevaliers du Saint-Esprit; ils avaient néanmoins quelques-uns des privilèges des chevaliers. Saint-Simon, qui connaissait si bien tous ces détails d’étiquette et qui suivais avec une inquiète jalousie les progrès des officiers de justice qui achetaient souvent ces charges, explique, dans le passage suivant, l’origine du nom de râpés ( Mémoires , IV, 61 : i Ce sobri-

quet ou ce nom est pris de l'eau qu'on passe sur le marc chi raisin, après qu’il a été pressé, et tout le jus ou le moût tiré qui est le vin; cette eau fermente sur ce marc et y prend une couleur et une impression de petit vin ou piquette, et cela s’appelle un râpé de vin. On va voir que la comparaison est juste, et le nom bien appliqué. Voici la belle invention qui a été trouvée par les grands officiers de l’ordre : Pierre, par exemple, a une charge de l’ordre depuis quelques années, il la vend à Paul et obtient le brevet ordinaire. Jean se trouve en place et veut se parer de l’ordre sans bourse délier. Avec l'agrément du roi , et le marché fait et déclaré avec Paul, Jean se met entre Pierre et lui , fait un achat simulé de la charge de Pierre, et y est reçu par le roi. Quelques semaines après , il donne sa démission, fait une vente simulée à Paul , et obtient le brevet accoutumé, et Paul est reçu dans la charge. Avec cette invention on a vu, pendant la derniere régence, jusqu’à seize officiers vétérans ou râpés de l’ordre vivant tous en même temps. Ces vétérans et ces râpés prennent tous sans difficulté la qualité de commandeur des ordres du roi , sans mention même de la charge qui la leur a donnée, mais qui, à la vérité, n’a pu la leur laisser, non plus que le brevet de promesse et de permission, qu'ils obtiennent, la leur conférer. A la vérité, ni vétérans ni râpés ne font nombre dans les cent dont l'ordre est composé. »

RAPPOPvTEURS. — Dans l’origine du parlement de Paris, on établissait une distinction entre les conseillers rapporteurs , dont les fonctions se bornaient à

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exposer les affaires et les conseillers juge» qui prononçaient les arrêts. Les premiers étaient des jurisconsultes relégués sur les bancs inférieurs , tandis que le jugement était réservé aux barons et aux prélats. Mais peu à peu la complication des procedures donna plus d’importance aux rapporteurs ; ils finirent même par remplacer les barons et les prélats, et composèrent seuls le parlement. L’usage de confier le rapport de chaque affaire à un des conseillers, qu’on nomme rapporteur , s’est maintenu jusqu’à nos jours.

RAPT. — Enlèvement avec violence qui était puni de mort dans les anciennes lois françaises#

RÉAGGRAVE. — Dernière formule d’excommunication qui se prononçait avec les mêmes formalités que V aggrave, lorsque les premières excommunications Savaient pas produit d’effet (voy. aggrave). Le réaggrave défendait à tous les fidèles, sous peine d’excommunication, d’avoir aucune relation avec l’excommunié, qui était regardé comme un objet d’horreur et d’abomination.

RÉALISME, RÉALISTES. — On appelait réalistes une secte de philosophes qui joua un grand rôle au moyen âge, pendant lesxue, xiuc et xiv° siècles. Les réalistes prétendaient que les idées générales avaient une existence substantielle, qu'elles étaient des choses ( res ), tandis que les nominaux n’y voyaient qu’un mot, un son ( flaius vocis). Ainsi, pour les réa listes , le mot cheval pris dans un sens général n’était pas seulement une conception de notre esprit, une abstraction ; il représentait un être réel.

REATU (ln). — I/expression in reatu était employée autrefois dans les affaires criminelles pour désigner un homme qui s’était rendu coupable d’un crime ou qui était sous le coup d’un décret de prise de corps et par conséquent réputé coupable. L’homme qui était in reatu ne pouvait faire aucune disposition de ses biens qui rendit impossible la confiscation ou les 1 réparations civiles. Il demeurait interdit de plein droit des fonctions publiques et de tous honneurs, quoiqu’il n’eût pas encouru la mort civile.

REBEC. — Violon à trois cordes. Voy.

Musique, p. 840.

REBOISEMENT DES MONTAGNES. — epuis quelques années, le gouvernement est occupé sérieusement du reboisement es montagnes de la France. L'Empereur n avait signalé la nécessité dans une lettre du 19 juillet 1856 adressée au

nistre des travaux publics. V Exposé de la situation de V empire en 1863 indiquait que le tendue des terrains reboisés était, à la fin de 1862, de io 055 hectares.

RÉBUS. — Ménage tire l’origine des rebus de pièces satiriques que les ecclésiastiques de Picardie composaient tous les ans à l’époque du carnaval , et qui roulaient sur les affaires du temps (de rebus quæ geruntur ). Sous des allusions équivoques, ces pièces signalaient les aventures scandaleuses, et, pour ce motif, elles furent interdites, aussi bien que les processions des cornards, et autres farces indécentes. Au lieu de pièces satiriques, les rébus ne furent plus que des énigmes proposées à la sagacité des lecteurs. Les devises placées clans les armes étaient quelquefois de véritables rébus.

On cite, entre autres, les armes de la maison de Savoie-Raconis , qui portait dans ses armes des choux cabus , avec cette légende : tout n’est; ce qui donnait la devise tout n’est qu'abus.

RECENSEMENT. — Mesure qui a pour but de constater le nombre des habitants d’une contrée ou le chiffre de suffrages obtenus par un candidat. Le recensement ou dénombrement delà population doit, d’après les lois modernes , être fait tous les cinq ans. Les préfets sont chargés de dresser, à cette époque, un état de la population existant dans chaque commune.

RECETTE GÉNÉRALE. — Caisse centrale oîi sont versés les deniers publics de chaque département. Voy. Receveurs

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