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montrance fut suspendu; mais la déclaration du 15 septembre 1715 le rendit à ces corps , et les lettres patentes du 26 août 1718 en réglèrent l’usage.

REMPLACEMENT MILITAIRE. — Les diverses lois sur le recrutement militaire , et principalement les lois du 10 mars I8i8etdu 2i mars 1832, ont autorisé Je remplacement militaire ou faculté accordée aux Français de se faire suppléer pour le service militaire. Le remplaçant doit : 1° être libre de tout engagement personnel imposé par la loi du recrutementou par l’inscription maritime ; 2° être âgé de vingt à trente ans au plus , ou de vingt à trente- cinq s’il a été militaire, ou de dix-huit à. trente s’il est frère du remplacé ; 3° n’être ni marié ni veuf avec enfants; 4° avoir au moins la taille d’un mètre cinquante-six centimètres, s’il n’a déjà servi dans l’armée ; 5° n’avoir pas été réformé du service militaire ; 6° produire un certificat de moralité délivre par le maire de la commune ou de chacune des communes où il a résidé depuis un an.

RENAISSANCE. — Époque qui , pour la France, correspond surtout aux règnes de François 1er et de Henri 11 (1515-1 559). Le goût des arts et de la littérature de l’antiquité se ranima à cette époque, et donna un nouveau caractère à la littérature et à l’architecture. Les châteaux de Chambord , de Chenonceau , de Fontainebleau , d’Êcouen , d’Anet, etc., une partie du Louvre et des Tuileries datent de la Renaissance. Voy. Architecture et Poésie.

RENOMMÉE. — Le proverbe bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée est ainsi expliqué par Pasquier ( Recherches de la France , livre VIII , cliap. xl) : « Lisant un arrêt ancien qui est encore pour le jourd’bui inséré aux registres du Châtelet de Paris, j’estimai qu’en ce proverbe il y avait une notable sentence, et une longue ancienneté tout ensemble.

Car, par arrêt qui est du 28 de juin 1420, il est porté en termes exprès, que défenses sont faites à toutes filles de joie de ne porter robes à collets renversés, queues ni ceintures dorées , sur peine de confiscation et amende, et que les huissiers de parlement, commissaires et sergents du Châtelet, qui les trouveraient, eussent à les mener prisonniers. Pareil arrêt fut donné et proclamé à son de trompe et cri public par les carrefours de Paris, en l’an 1446. Mais, outre la ceinture dorée et collets renversés, on leur défend encore de porter menu-vair ( espèce de fourrure). Ce qui nous enseigne que la

ceinture dorée était lors une marque de prude femme. Par quoi celui qui premièrement mit en avant ce proverbe, voulut dire que, combien que celles qui voulaient faire les femmes de bien portassent des cemtures dorées , toutefois la bonne renommée leur était beaucoup plus séante, et que peu était la ceinture dorée qui ne l’accompagnait d’un bon bruit. »

RENTES PUBLIQUES. — La constitution de rentes publiques ne date que du xvic siècle. François Ier établit , en 1 522 , les rentes sur l’hôtel de ville de Paris. Ses successeurs firent des einnrunis sur les fermes des aides, des ganelles, etc., et constituèrent des renies sur les divers revenus publics. Ces rentes n’étaient pas toujours régulièrement payées , et les mémoires des xvie et xvnc siècles retentissent souvent des doléances des créanciers de l'État. Cependant, les rentes étaient toujours considérées comme un fardeau accablant pour le trésor, et plusieurs ministres voulurent les rembourser. Sully s’en occupa, et parvint, malgré de vives réclamations , à diminuer la dette publique. Sous Louis Xlll, on revint aux emprunts et aux constitutions de rentes .

Colbert, en 1662 et en 1664, remboursa une partie des rentes , et pour les autres réduisit le taux de l’intérêt au denier vingt (5 p. 100). Ce ministre ne voulait pas d’emprunts; ce fut malgré lui qu’il y eut recours en 1674, et, la guerre terminée, il se hâta de rembourser les créanciers de l’État. Mais, après sa mort, on en revint aux constitutions de rentes , et jusqu'à la mort de Louis XIV le trésor ne cessa de contracter de nouveaux emprunts. Les rentes créées à cette époque avaient quelquefois le caractère d’une tontine, où les survivants bénéficiaient des intérêts dus à ceux qui mouraient. On lit dans le Journal de Dangeau , à la date du 1er décembre 1689 : « On a publié et imprimé l’édit du roi portant création de cent quarante mille livres de rentes viagères surl'hôtel de ville de Paris qui seront acquises, selon les différents âges, avec accroissement de l’intérêt des mourants au prolit des survivants. »

Les règnes de Louis XV et de Louis XVI accrurent considérablement la dette publique. L’assemblée constituante eut recours , pour la payer, aux assignats , papier-monnaie qui avait pour garantie les biens nationaux. En 1793 , Cambon , pour effacer les différences entre les rentes constituées par l’ancienne monarchie et celles qu’avait créées la révolution, institua le grand-livre de la dette publique. Depuis cotte époque, les rentes publiques ont été payées par le trésor, et divisées en

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rentes viagères et rentes consolidées , les premières qui s’éteignent avec la vie du prêteur ou du fonctionnaire qui a droit à une pension de retraite, les autres qui donnent droit à l’intérêt du capital, sans que l’État soit forcé d’en payer le principal à une époque déterminée.

IlEPAS. — Tout ce qui est relatif aux repas a été traité en détail dans V Histoire de la vie privée des Français , par Le Grand d’Aussy. Il suffira de résumer ici quelques chapitres de cet ouvrage :

Heures des repas . — Les heures des repas et les autres usages qui s’y rattachent ont souvent varié. Jusqu’à la fin du xvi« siècle, on dînait sur les dix heures (voy. Dînek), et on soupait entre quatre et cinq. Au xviic siècle , on recula le dîner jusqu’à midi ou une heure, et le souper jusqu’à six ou sept heures. Au xvni® siècle, le dîner fut retardé jusqu’à quatre heures et le souper jusqu’à dix ou onze. Enfin, de nos jours, on a généralement renoncé au souper, et le dîner a pris la place des soupers du xvn® siècle.

Repas annoncés au son du cor . — Au moyen âge, le repas était annoncé au son du cor. C’était ce qu’on appelait corner Veau , parce que avant de s’asseoir on se lavait les mains. Toutgentilhomme n’avait pas le droit de faire corner son dîner ou son eau . Froissart , parlant d’un ambassadeur de Charles V, dit « qu’il était étoffé de vaisselle d’or et d’argent aussi largement que si ce fût un petit duc; aussi laissait-il corner V assiette de son dîner . Lorsque le même historien décrit les mœurs d’Arieveüe , chef des Gantois en révolte contre le duc de Bourgogne, il remarque qu’Artevelle tenait l'état d’un prince, et que tous les jours , par ses ménétriers , il faisait sonner et corner devant son hôtel à ses dîners et soupers .

Usage de se laver les 7nains avant le repas . — La première cérémonie avant de se mettre à table était de se laver les mains. Aux repas des grands seigneurs, on se servait pour cela d’eau aromatisée, et surtout d’eau-rose. La serviette et le bassin étaient offerts aux dames par de jeunes pages et des écuyers. Les chambellans les présentaient aux souverains, h moins qu’il n’v eût là quelque personne de grande distinction à laquelle le chambellan voulût céder cet honneur. Après le repas , on se lavait les mains une seconde fois.

Convives disposes par couples . — Au temps delà chevalerie, on avait imaginé de placer à table les convives par couple , homme et femme. L’habileté du maître et de la maîtresse du logis consistait à savoir

arranger leur monde de manière que chaque couple fût content, et c’était là un mérite dont tout hôte galant devait se piquer. Les deux personnes qui étaient placées ensemble n’avaient à elles deux , pour chaque mets, qu’une assiette commune ; ce oui s’appelait manger à lamême écuelle . Le roman de Pereeforêt faisant l’éloge et la description d’un grand festin auquel furent traités à la fois huit cents chevaliers , ajoute : Et si n’y eût celui (personne) Qui n’eût dame ou pucelle à son écuelle. Les personnes qui mangeaient à la même écuelle n’avaient qu’une même coupe pour boire.

Usage de boire à la même coupe. — Quand un souverain ou un personnage d’une condition élevée voulait honorer un de ses convives , il lui faisait passer la coupe dans laquelle il avait bu avec le reste de la liqueur qu’elle contenait. C’est ce que fit l’empereur Maxime, lorsqu'il admit saint Martin à sa table. Le saint

f)rit la coupe et y but à son tour ; niais, au ieu de la rendre à l'empereur, il la donna au clerc qui Raccompagnait. On retrouve encore cette coutume au xve siècle. Froissart rapporte qif après la victoire d’Aurai (1564), Jean de Montfort, duc de Bretagne, s’étant fait apporter à boire sur le champ de bataille même, Chandos, qui plus que personne avait contribué à la victoire, vint pour le féliciter. Le duc de Bretagne lui dit : « Messire Jean Chandos, cette bonne aventure m’est advenue par le grand sens et prouesse de vous. Buvez, je Vous prie , en mon hanap. » En même temps il lui tendit la coupe où il avait bu.

Défis à boire. — L’usage de se provoquer à boire dans les repas est fort ancien. Les Gaulois avaient coutume de se provoquer à ces sortes de luttes, et ils ve~ gardaient comme une honte de s’y avouer vaincus. Cette coutume subsista sous la domination franque. Charlemagne défendit par un de ses Capitulaires de se défier à boire dans les repas. Les personnes convaincues de ce délit devaient subir une sorte d’excommunication civile, être séquestrées, pendant quelque temps , de la société , et condamnées au pain et à l'eau. . Lorsque , dans une de ces lutter de buveurs, quelqu’un refusait le défi, on coupait le chaperon à celui qui avait reculé. On en vint même à substituée des champions à la place de ceux qui n’étaient pas assez robustes pour supporter l'épreuve.

Santés portées dans les repas . — Les santés portées dans les repas se confondaient chez les Gaulois avec les rites religieux. Ils faisaient des libations en l’honneur de leurs dieux domestiques. Ils

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buvaient aussi à la mémoire des morts.

Les conciles prohibèrent ces usages qu’ils accusaient d'idolâtrie. Un concile de Nantes les anathématisa ; Hincmar, archevêque de Reims, en signala l’abus dans ses écrits , et Charlemagne les prohiba dans ses Capitulaires.

Quant à la coutume de porter des santés, elle s’est conservée jusqu’à nos jours. Du temps de Rabelais, il était d'usage dans les grands festins de porter des santés au son des trompettes et des instruments de musique. Quand on buvait à quelqu’un, il était de la politesse que celui-ci fît raison aussitôt. C'était ce qu'en vieux langage on appelait piéger . Les grands seigneurs et les princes , lorsqu'ils mangeaient avec leurs inférieurs, leur permettaient quelquefois ce plégement.

On lit à ce sujet dans Pasquier que Marie Stuart, la veille de sa mort, sur la tin du repas, but-àtous ses gens, leur commandant de la piéger . «A quoi obéissant ils se mirent à genoux, et mêlant leurs larmes avec leur vin, ils burent à leur maîtresse. »

Usage de changer de serviette à chaque service. — Lorsque l'usage des serviettes eut été introduit dans les repas , on crut qu'il était de la magnificence d'en changer à chaque service. Dans les maisons des princes et grands seigneurs, on donnait une nouvelle serviette à chaque nouvelle assiette. Cette coutume fut même quelque temps adoptée dans les classes inférieures. Montaigne assure l’avoir vue : «Je plains, dit-il, qu'on n'ait suivi un train que j'ai vu commencer à l'exemple des rois, qu'on nous changeât de serviettes, selon les services, comme d’assiettes. »

Essai des viandes et du vin . — Il était d’usage, même aux xvne etxvin® siècles, que l’on fît l'essai des viandes et du vin à la table du roi et des grands. C’était une précaution qui remontait jusqu'au temps desMèdes et des Perses, et qui attestait la défiance des souverains. L'échanson faisait l’essai du vin , le panetier celui du pain, l’écuyer tranchant celui des viandes. Au moyen âge, on faisait l’épreuve avec une corne de licorne (voy. Licorne), pour préserver de tous maléfices. C'était le même motif qui faisait enfermer dans un coffret les couteaux et autres instruments de table qui devaient servir au roi et aux principaux seigneurs.

Ordre des services . — L’ordre des services dans les repas a beaucoup varié. Dès le moyen âge, les rois avaient tenté de réprimer le luxe des repas par des lois somptuaires (voy. Lois somptuaires,

§ II); mais ils n'y avaient pas réussi. Bélon faisant, au xvic siècle, l'éloge de

la manière majestueuse dont les tables de France étaient servies, dit : «pour entrées, nous avons mille petits déguisements de chair, comme potages, fricassées, hachis, salades. Le second service est de rôti, de bouilli , de diverses viandes, tant de boucherie que de gibier Pour issue de table, choses froides comme fruitages, laitages et douceurs ; rissoles . petits choux tout chauds, petit ; gâteaux baveux , ratons de fromage, marrons, pommes de capendu, salades do citrons ou de grenades. »

Le journal inédit d'Olivier d'Ormesson a conservé la description d’un repas qu'en 166 4 Louis XIV donna au légat :

« Sur la table, il n'y avait que deux couverts, celui du roi à la bonne place, et celui pour le légat quatre places audessous, du même côté. Le cadenas au bout, du côté du roi. Le premier service de potages étant sur la table, composé de dix grands plats et de quatorze assiettes, le roi vint précédé de dix maîtres d’hôtel ordinaires et du premier maître d'hôtel, ayant à sa gauche M. le légat. Etant arrivé au bout de la table, M. le duc d’Enghien, comme grand maître des cérémonies, présenta la serviette au roi, et M. de Belfouds . premier maître d’hôtel , la présenta à M. le légat. Après, M. le légat ayant passé à sa place , le roi s'assit et le légat, chacun dans un fauteuil. Le roi était servi par M. le marquis de Crenan , grand échanson , M. le comte deCossé, grand panetier, et M. de Mesgrigny-Va ndeuvre, grand tranchant. Ils étaient en cet ordre debout devant le roi et ils mettaient les plats sur la table devant le roi après que le grand tranchant en avait fait l’essai. Le légat était servi par le contrôleur Parfait , qui lui présentait à boire , et les plats mis sur la table devant lui par un autre Parfait et le jeune Chamoy. Derrière la chaire du roi était M. de Gesvres , capitaine des gardes en quartier, à côté M. le duc de Saint-Aignan , M. l'abbé de Coislin, premier aumônier, et, au bout de la table, les maîtres d'hôtel. Pour chaque service, les maîtres d'hôtel allaient à la viande, et rentraient précédés de l’huissier de salle, les maîtres d'hôte] deux à deux, le bâton à la main, et le premier maître d’hôiel le dernier. lies plats et les assiettes étaient portés par les valets de pied du roi, qui remportaient ceux qui étaient desservis. 11 y eut quatre services, et le fruit qui était de quatre pyramides de vingt-quatre assiettes de porcelaine de toutes sortes de fruits et quatorze assiettes de citronades et autres services. Le roi ne but que deux fois . de la main du grand échanson , et le légat

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