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autant , de la main du contrôleur Parfait. Le dîner achevé, le roi se leva, et , en môme temps, M. le légat, qui s’étant approché, M. le duc d’Engliien présenta la serviette au roi, et le premier maître d'hôtel à M. le légat. Les reines étaient à la tribune pour cette cérémonie, les violons, les trompettes et timbales dans la salle. »
Gontier, qui écrivait vers le même temps (i668j, nous apprend que tel était l'ordre des services des repas somptueux. 11 y avait même quelquefois six services de potages et de viandes , plus deux services de fruits et de pâtisseries de toute espèce. Au premier service, diverses sortes de soupes, viandes coupées par rouelles, saucisses et autres choses pareilles; pour le second, fritures, daubes, court-bouillon , gibier, jambons, langues de porc ou de bœuf fumées , farces, pâtés chauds, salades, melons; pour le troisième, perdrix, faisans, bécasses, ramiers, dindonneaux, levrauts, lapins, chapons, agneaux entiers, le tout rôti, le tout servi avec des citrons, des oranges, et entremêlé de quelques plats garnis d'olives; pour le quatrième, petits oiseaux, tels que grives, mauviettes, ortolans, bécassines, riz de veau, etc.; pour le cinquième, afin d’ùter le goût des viandes, saumons entiers, belles truites, brochets énormes, grosses carpes et autres poissons enveloppés de pâtes , tortues dans leur écaille, écrevisses; pour le sixième, beignets, gâteaux feuilletés, tourtes, gelées de diverses couleurs, blancmanger, cardons, céleri; pour le septième, fruits de toute espèce, cuits , crus, glacés au sucre, crème préparée de toutes les manières, pâtisseries sucrées, amandes fraîches, noix confites ; pour le huitième enfin , confitures sèches et liquides, massepains , conserves, biscuits glacés , pastilles, fenouil confit au sucre ei dragées.
Lorsque Louvois eut acheté le château de Meudon (voy. Mercure galant , juillet J 681 ), il donna à la reine un dîner de quatre services, dont le premier consistait en quarante plats d'entrées , le second en quarante de rôti et de salades, le troisième en entremets froids et chauds, et le dernier en dessert.
Divertissements pendant les repas. — Parmi les divertissements usités à toutes les époques et dans toutes les classes pendant les repas , il faut citer les chansons de table, dont parlent les anciens fabliaux. Il était aussi d’usage de faire de* contes à table, et Brantôme parle encore de cette coutume. Les grands se donnaient le plaisir de la musique pen-
dant leurs repas ; on introduisait quelquefois des baladins qui exécutaient des tours et des danses. Il a été question ailleurs des entremets qui étaient de véritables spectacles à grand appareil de machines (voy. Entremets). — Voy. aussi les articles Nourriture et Table.
REPAS DE NOCE.— Voy. Mets dema-
RIAGE.
REPIT. — Le répit , ou surséance , accordé par grâce, s'obtenait en verni de lettres de la grande chancellerie ou par arrêt du conseil ; on appelait ainsi un délai accordé aux débiteurs de bonne foi, pour qu'ils pussent payer leurs dettes.
Les négociants qui obtenaient un répit devenaient incapables d'exercer aucune charge publique, jusqu'à ce qu’ils eussent acquitté leurs dettes et obtenu des lettres de réhabilitation.
REPRÉSENTANTS. — Le nom de représentants ou représentants du peuple désigne surtout dans notre histoire, les membres des assemblées nationales convoquées pendant la révolution , et principalement les membres de la Convention.
Voy. Assemblées politiques.
RÉPUBLIQUE. — La république a été proclamée trois fois en France : 1° le 20 septembre 1792, et elle a duré jusqu’en 1804; 2° le 24 février 1848 ; cette seconde république a duré jusqu’en 1852; 3° le 4 septembre 1870. — De 1792à 1804, le pouvoir a été exercé par les assemblées politiques et par les comités qu'elles avaient institués , ensuite par le Directoire et enfin par les consuls ( voy. ces mots). La seconde république , lorsqu'elle eut été reconnue par une assemblée législative, fut dirigée par un prés-idenl. Voy. Président de la république.
RÉPUDIATION. — La répudiation consiste dans la rupture du mariage parle renvoi de la femme. Les lois françaises n’admettent pas plus la répudiation que le divorce.
REQUÊTE CIVILE. — Voie extraordinaire pour se pourvoir contre un jugement en dernier ressort. La, requête civile peut avoir lieu pour doi , pour violation de formes prescrites à peine de nullité, pour jugement prononcé sur des choses non demandées, s'il a été adjugé plus qu’il n’a été demandé, si les juges ont omis de prononcer sur un des chefs delà demande , s’il y a contradiction entre di vers jugements rendus par les mêmes juges dans la même cause, si dans un même jugement il y a des dispositions contradictoires, si, lorsque la loi exige
RÉS
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la communication au ministère public , cette communication n’a pas eu lieu ; dans le cas où Ton aurait jugé sur des pièces reconnues fausses depuis le jugement; enfin si, depuis le jugement, on a recouvré des pièces décisives qui avaient été retenues par la partie adverse.
REQUÊTES (Maîtres des). — Voy. MaÎ-
TKES DES REQUÊTES.
REQUÊTES DE L'HOTEL. — Tribunal composé de maîtres des requêtes qui connaissaient des causes personnelles et mixtes entre les officiers de la maison du roi, des causes personnelles, possessoires et mixtes des officiers des requêtes du palais, de leurs veuves, des secrétaires du roi et des officiers du grand conseil. Les appels des sentences rendues aux requêtes de V hôtel étaient portés au parlement. 11 y avait cependant des causes où la juridiction des requêtes de V hôtel était sans appel, par exemple, lorsque les maîtres des requêtes prononçaient sur des affaires qui leur étaient renvoyées par le conseil d’État. En ce cas, leur sentence commençait par cette formule :
Les maîtres des requêtes , juges souverains en cette partie, etc.
REQUÊTES DU PALAIS. — Tribunal composé de conseillers du parlement et de maîtres des requêtes, qui connaissaient des matières personnelles, possessoires et mixtes de tous ceux qui avaient leurs procès commis aux requêtes du valais . Les requêtes du palais avaient encore droit de juridiction sur les églises de fondation royale ou qui avaient des lettres de garde gardienne , lettres par lesquelles elles étaient placées sous la garde et protection déjugés spéciaux. On faisait remonter jusqu’à Philippe le Bel la chambre des requêtes du palais ; elle fut confirmée en 1364 par Charles V, qui enjoignit aux gens tenant les requêtes du palais de siéger toutes les fois que les présidents et conseillers du parlement se réuniraient.
RÉQUISITION. — Ordre adressé à des particuliers par Tautorité publique pour mettre certaines choses , comme vivres , chevaux , voitures , etc., à la disposition de l'État. Les réquisitions furent surtout en usage à l’époque de la révolution. Un décret des 26-29 avril 1792 détermina les mesures à prendre pour les réquisitions de voitures, bêtes de somme, fourrages , etc. I/abus que l'on fit alors des réquisitions engagea les pouvoirs législatifs à limiter le droit de réquisition , en déterminant les fonctionnaires qui poui'raient l'exercer et les conditions de ce
droit. — Les levées de troupes eurent aussi lieu quelquefois par voie de réquisition. Ainsi un décret delà Convention du 23 août 1793 mit en réquisition tous les jeunes gens de dix-huit à vingt-cinq ans»
RESCRITS. — Les rescrits étaient primitivement des réponses faites par les empereurs et les papes à ceux qui leur avaient adressé des questions touchant la discipline et les lois. Les rescrits des papes commençaient ordinairement par ces mots : Significavit nobis dilectus films; on les appelait quelquefois réponses ( responsivæ epistolæ). Les rescrits des empereurs formaient une partie considérable des actes publics. Sous l’ancienne monarchie, on [appelait rescrits des lettres de chancellerie que le roi adressait au& juges pour faire exécuter ses ordres,
RÉSERVES. — Bénéfices ecclésiastiques dont les papes s’étaient réservé la collation, et dont ils donnaient l'expectative avant la mort du titulaire par une bulle appelée grâce expectative. Le pape Jean XXII avait étendu le droit de réserve à toutes les églises cathédrales qui viendraient à vaquer; ce qui était abolir les élections. 11 est vrai que Ton prétendait y suppléer, dit Fleury ( Institut . au droit eccles .), en ne donnant les évêchés que de l’avis des cardinaux assemblés en consistoire, et après plusieurs informations. On regarda ces réserves générales comme un des abus qui s'étaient fortifiés pendant le schisme. Le concile de Baie voulut le retrancher et rétablir les élections. Son décret fut inséré dans la pragmatique sanction de Bourges. Voy. Bénéfices ecclesiastiques , Grâces expectatives.
Pragmatique sanction de Bourges.
RÉSIDENCE. — Obligation imposée à un bénéficier de demeurer dans son bénéfice, afin de le desservir assidûment.
Dans les premiers siècles de l'Église, tous les clercs demeuraient attachés à leurs titres; il ne leur était pas permis de les quitter, et moins encore de passer d'un diocèse à l'autre sans la permission de l’évêque; autrement ils étaient excommuniés , eux et l’évêque qui les recevait. Mais , lorsqu’on eut autorisé les orordinations sans titre , les clercs sans bénéfice se multiplièrent. La pluralité des bénéfices fut dans la suite une excuâe pour la non-résidence , « de sorte, dit Fleury ( Institution au droit ecclésias tique) , qu’il s’est trouvé des elercs et des prélats qui chargés d'un grand nom bre de bénéfices, ne résidaient en aucun* et passaient leur vie dans les cours des princes on ailleurs , attirés par leurs af-
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faires ou leurs plaisirs. » Comme quelques évêques manquaient au devoir de la résidence dès le ive siècle , le concile d’Antioche, en 341 , leur défendit d’aller à la cour sans le consentement et les lettres des évêques de la province, et principalement du métropolitain. Le concile de Sardique, en 347, défendit aux évêques de s'absenter de leurs églises sans grande nécessité. « Pendant les croisades , dit Fleury ( Ibidem ) , on permettait aux clercs de recevoir, sans résider, les fruits de leurs bénéfices, durant un temps considérable, comme de trois ans; on le permit aussi aux clercs qui étudiaient ou enseignaient dans les universités. Les voyages de Rome si fréquents dans le même temps pour solliciter des procès et poursuivre diverses grâces . turent d'autres occasions de négliger la résidence. Le séjour des papes à Avignon fit encore pis, puisque eux-mêmes et les cardinaux montraient l'exemple de ne point résider; aussi en dispensaient-ils volontiers jusqu'à donner des induits perpétuels de ne point résider, et de recevoir tous les fruits des bénéfices, en absence comme en présence. Le prétexte était que ceux qui servaient l’Église universelle auprès de la personne du pape , ou dans les emplois qu’il leur donnait , étaient pour le moins aussi utiles à l’Église que s’ils eussent servi dans les lieux de leurs bénéfices , et, sur le même fondement, le privilège de gagner les fruits sans résider, a été accordé aux ecclésiastiques de la chapelle du roi et aux officiers des parlements. »
Comme l'abus de la non-résidence devenait de plus en plus scandaleux , le concile de Trente ordonna qu’un évêque ne pourrait s'absenter de son diocèse , plus de deux ou trois mois , sans quelque cause pressante de charité , de nécessité , d’obéissance ou d’utilité évidente de l’Église ou de l’État, et qu’en ce cas il devait avoir permission par écrit du pape, ou de son métropolitain, ou du plus ancien suffragant; qu'en tous les cas, il devait pourvoir à son troupeau afin qu’il ne souffrît point par son absence , et faire eu sorte de passer l'Avent, le Carême et les fêtes solennelles dans son église cathédrale. L'ordonnance de Blois (1579) renfermait des dispositions semblables.
Quant aux chanoines , le concile leur défendit de s'absenter plus de trois mois en toute Tannée, sous peine de perdre la première année la moitié des fruits (revenus) qu'ils avaient gagnés parleur présence, et la seconde année, tous les fruits. Les présents seuls devaient participer aux distributions quotidiennes.
Les bénéfices simples n’obligeaient pas aussi strictement à résidence que les autres bénéfices. On appelait bénéfices simples ceux qui n'avaient ni juridiction , ni charge d’àmes , ni obligation d’assister au chœur; telles étaient les abbayes et prieurés en commende (voy. Commence) et les chapelles , chargées seulement de quelques messes que Ton pouvait faire célébrer par d’autres. « Mais, ajoute Fleury (l. c.) , ces bénéfices, quoique simples, ne laissent pas d’être établis, aussi bien que les autres , pour le service divin et les fonctions ecclésiastiques ; et rien ne nous peut dispenser de l'obligation naturelle et de droit divin, d’accomplir la promesse que nous avons faite en nous consacrant au service deTÊglise, de la servir de toutes nos forces, pour avoir droit de vivre de son revenu.»
RÉSIDENT. — Agent diplomatique qui est chargé de représenter la France près de certaines cours, et, entre autres, à Florence , Carlsruhe , Hambourg.
RÉSIGNATION. — Ce mot était consacré pour désigner la démission qu’un titulaire d’office ou de bénéfice donnait en faveur d'an antre. Pour les offices de justice et de finances, c'était une vente déguisée. Voy. VÉNALITÉ.
RESSORT. — Circonscription territoriale dans laquelle s’exerce la juridiction d’un tribunal.
RESTAURANT , RESTAURATEUR. — Il a existé à toutes les époques des lieux publics ( voy. Lieux publics), auberges, hôtelleries, tavernes, etc., où les voyageurs trouvaient nourriture et logement.
Dès le xvie siècle, quelques-unes des tavernes de Paris éiaient célèbres. Un auteur qui a traité, en 1574 , Des causes de V extrême cherté, s’exprime ainsi : « Chacun aujourd'hui veut aller dîner chez Le More, chez Sanson , chez Innocent et chez Havart, ministres de volupté et de dépense, qui en une chose publique bien policée et réglée seraient bannis et chassés, comme corrupteurs des mœurs. »
On voit que le luxe des restaurants est ancien , mais le nom est moderne.
Voici les détails que donne à ce sujet Le Grand d’Aussy ( Histoire de la vie privée des Fra7içais ) : on appelait restaurants au xvi® siècle des mets préparés avec de la viande de boucherie ou de la chair de volaille, hachée trèsmenue, et distillée ensuite dans un alambic avec de l’orge mondé , des reses sèches, de la cannelle, de la coriandre et des raisins de Damas. De ces restaurants est venu le nom de restaurateur et res-