‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 17 sur 224 · JAR · texte numérisé non relu

JAR

s'occupait avec zèle des jardiris ; et il devait bientôt sortir de ces recherches un véritable art du jardinage. Le Théâtre d’agriculture d'Olivier de Serres dénote un progrès réel. L’évêque du Mans , du Bellay, acclimata en France beaucoup de plantes et d'arbres rares et précieux. Bélon, dans ses Remontrances sur l’agriculture ( 1558), proposa au roi d'introduire en France les principaux produits de l'agricultureétrancère. Son projet fut agréé par Henri II ; mais la mort de ce roi qui arriva très-peu de temps après (1559) empêcha de donner suite à cette proposition. Les troubles delà fin du xvi# siècle exercèrent une fâcheuse influence sur l’agriculture en général et spécialement sur l’art de cultiver et d'embellir les jardiiis. Ce fut seulement au xvnc siècle que les travaux d'Arnauld d'Andilly, de La Quintinie , de Le Nôtre, etc., ajoutèrent à l'utilité et à la beauté des jardins . Les deux premiers cherchèrent surtout à rendre les jardins plus productifs. On fut redevable à d’Andiliy d’un traité sur la manière de bien cultiver les arbres fruitiers. La Quintinie lit un véritable chef-d’œuvre dans le potager de Versailles et traça les règles pour les jardins potagers. Quant à Le Nôtre , il donna aux jardins de Louis XIV une forme symétrique et une grandeur en harmonie avec les palais de cette époque. On ne peut nier cependant que cette régularité un peu monotone ne fatigue , surtout lorsque l’artiste ne dispose pas , comme à Versailles , d’un vaste emplacement. On se dégoûta de la régularité et on chercha à. reproduire la variété et les accidents des scènes de la nature. De là les jardins qu’on a nommés jardins a?iglais , parce que le goût en était surtout répandu en Angleterre.

Déjà , au XVIe siècle, Palissy avait orné les jardins de grottes, de cascades et de fontaines. Au xvuc siècle, Fresny avait aussi dessiné des jardins où les lignes courbes étaient prétérées aux allées d'une régularité monotone. Mais ce fut surtout en Angleterre, vers 1720 , que Kent chercha à produire, par le dessin des jardins , les impressions grandes , solennelles et agréables de la nature. Ce goût a passé de l’ Angleterre en France, et a occasionné uxie véritable révolution dans la disposition des jardins. — On pourra consulter sur ce sujet le Traité du jardinage selon les principes de la nature et de l’art , par Jacques Boileau, Paris, 1638 ; La théorie et la pratique du jardinage , par d’Argenville, Paris, 1700 ; L’architecture des jardins, Paris, t757 ; La formation des jardins, Paris. 1775 ^ La manie des jardins anglais , par Chabanon, Paris.

1775 ; La théorie des jardins ou l’art des jardins de la nature , par J. M. Morel, Paris , 1 802.

JARDIN I)U KOI. — On trouve, de tout temps , à Paris, un jardin que Von désignait sous le nom de Jardin royal ou Jardin du roi. Les poésies de Fortunat (livre Vï, chap. vin) prouvent qu’il y avait un jardin près du palais des Thermes, où Chiidebert 1er faisait sa résidence ( voy. Jardin . Dans la suite, les rois qui avaient encore d'autres palais, les entourèrent aussi de jardins. Louis le Jeune donna, en 1160, au chapelain de Saint-Nicolas, six muids de vin à prendre sur les treilles ou vignes du jardin de son palais. Le jardin royal de la Cité exista jusqu'au commencement du xvn° siècle. Eu 1006.

on prit les terrains de ce Jardin royal pour ouvrir la rue de Harlay et la place Dauphine, et construire les quais d’une partie de la Cité.

11 y avait aussi des jardins annexés au Louvre, dont on attribue ordinairement la construction à Philippe Auguste, quoiqu’elle paraisse antérieure. Trois jardins royaux existaient près de ce château : Lun était situé dans le lieu qui a porté jusqu'à nos jours le nom de place de V Oratoire; les deux autres , appelés jardins du roi et de la veine , étaient beaucoup plus rapprochés du château. Les deux petits jardins furent détruits par François 1er, Henri III et Henri iv. Le grand jardin a subsisté jusqu'uu règne de Louis Xlli , qui le supprima entièrement.

Le quartier Saint-Antoine avait aussi ses jardins royaux : L’un annexé au palais des Tournelles qui avait été bâti par Charles V, et l’autre à l'hôtel Saint- Paul qui datait du même règne. Plusieurs rues du quartier Saint-Antoine , et entre autres la rue Beau-Treillis rappellent les jardins qui dépendaient de ITiôtel Saint-Paul. Quant au véritable jardin royal (jardin botanique ou Jardin des Plantes), il ne date que du règne de Louis XIII- Paris avait, il est vrai , un jardin botanique dès 15 9i , mais il fut bientôt abandonné. En 159S , le médecin Kicher de Belleval établit à Montpellier un jardin des plantes. Houel fonda, en 1600, le jardin des apothicaires de Paris. Mais le véri table jardin des plantes^ qui est devenu un des principaux établissesements de l’Europe, ne remonte qu’à l’année 1626. Voy. Jardin des Plantes.

JARDIN DES PLANTES. — Le Jardin des plantes , qu’on appela d’abord jardin royal, fut établi par Louis XIII en 1626 , sur les instances de Guy de La Brosse , médecin ordinaire de ce voi. Le cardinal

Page 1