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1res savants illustres appartiennen t à cette congrégation. Elle était divisée en six provinces , avait un supérieur général , plusieurs assistants et visiteurs; elle tenait tous les trois ans un chapitre général.
SAINT-MICHEL (Ordre de). — L 'ordre de Saint-Michel fut institué par Louis XI, le icr août 1469. Il ordonna que les chevaliers porteraient tous les jours un collier de coquilles entrelacées, et posées sur une chaînette d’or, d’oü pendait une médaille de l’archange saint Michel, ancien protecteur de la France. Le roi était le chef et grand maître de Y ordre de Saint-Michel qui devait être composé de trente-six gentilshommes , auxquels il n’était pas permis d’être d’un autre ordre, à moins qu’ils ne fussent empereurs, rois ou ducs. L’ordre de Saint-Michel avait pour devise ces mots : lmmensi tremor Oceani (la terreur du vaste Océan ). On ne pouvait être admis dans L’ordre de Saint- Michel , à moins d’être gentilhomme de nom et d’armes (vov. Gentilshommes).
Les chevaliers de Saint-Michel pouvaient être dégradés pour trois crimes : l’hérésie, la trahison et la lâcheté.
L’ordre de Saint -Michel comprenait , outre les trente-six chevaliers, quatre officiers, savoir un chancelier, revêtu d’une dignité ecclésiastique, un greffier, un trésorier, un héraut. A ces quatre officiers, Louis XI ajouta, sept ans après, un prévôt, maître des cérémonies. L’ordre de Saint-Michel s’étant avili au xvie siècle, Henri III chercha à le relever en Punissant à l’ordre du Saint-Esprit. Les chevaliers du Saint-Esprit, la veille de leur réception , étaient nommés chevaliers de l'ordre de Saint-Michel : ils en portaient le collier autour et près de leur écusson , et étaient pour ce motif appelés chevaliers des ordres du roi.
Louis XIV fit une nouvelle tentative pour relever l’ordre de Saint-Michel ( ta janvier 1665); il porta le nombre deschevaliers à cent, dont six devaient être ecclésiastiques, six de robe ou magistrats , et le reste d’épée : tous devaient faire preuve de dix ans de service et de trois degrés de noblesse. Rétabli sous la restauration l’ordre de Saint-Michel a été définitivement supprimé en iS3o.
SAINT-PERE. — Antérieurement au xive siècle , le titre de saint-père était donné à. un grand nombre d’évêques et même à des laïques. Le roi Robert est appelé saint -père dans des actes du xie siècle ; mais, comme cette qualification était appliquée au pape plus souvent
qu’aux autres princes ou évêques, on finit par la lui réserver exclusivement.
SAINT-SACREMENT. — La procession du Saint - Sacrement fut instituée, au commencement du xiv° siècle, par le pape Jean XXII.
SAINT-SÉPULCRE (Ordre du).— L’ordre du Saint-Sépulcre fut établi à l’époque des croisades, vers le commencement du xue siècle. Les chevaliers du Saint-Sépulcre portaient une robe blanche , et, sur la poitrine, une large croix rouge entourée de quatre croix plus petites.
SAINT-YON (Frères de). — Religieux qui donnent aux enfants l’instruction primaire. Ils tirent ce nom de la maison de Saint-Yon , près de Rouen, qui fut un de leurs premiers établissements. Les frères de St-Yon furent instituésen I68i? par J. B. de La Salle ; on les appelle aussi Frères de la Doctrine chrétienne»
SAINTE AMPOULE. — Voy. Ampoule (Sainte).
SAINTE-CHAPELLE. — La Sainte-Chapelle fut bâtie par saint Louis pour être la chapelle du palais qu’il habitait dans la Cité. Il y établit des chanoines pour célé* brer l’officedivin, et y déposa la couronne d’épines , que Baudouin , empereur de Constantinople, avait livréeaux Vénitiens et aux Génois comme gage d’un emprunt.
Saint Louis remboursante somme empruntée au Vénitien Quirino qui lui remit la sainte couronne. Il déposa encore dans cette chapelle un morceau de la vraie croix, que Baudouin avait aussi livré en gage aux Vénitiens, le fer de la sainte-lance, l’éponge qui servit à abreuver le Sauveur de fiel et de vinaigre, et d’autres précieuses reliques enfermées dans des châsses d’argent enrichies de pierreries. Ces reliques firent donner à la chapelle du palais le nom de Sainte- Chapelle . Le trésor de la Sainte-Chapelle renfermait, entre autres choses précieuses, une agathe onyx , où était représentée l’apothéose d’Auguste enlevé par une aigle. On avait pris pendant longtemps cette figure pour celle de saint Jean l’évangéliste. Les donations de saint Louis et de ses successeurs enrichirent la Sainte- Chapelle et en firent une des principales fondations de la France. Il n’y avait , dans l’origine, en 1246, que cinq prêtres, sous le nom de maîtres chapelains : sain t Louis en ajouta trois, et Philippe le Bel en porta le nombre à douze. Le premier chapelain prit le nom de trésorier , sous Philippe le Long, et devint primicier du chapitre. Chacun des grands bénéficiers de la Sainte-Chu-
pelle avait un clerc du même degré que lui dans les ordres. Dans la suite , on les appela indifféremment chapelains ou chanoines .
SAINTE GENEVIÈVE (Châsse de). — C’était autrefois l’usage, dans toutes les calamités publiques, de promener dans Paris la châsse de sainte Geneviève. Voici une description de cette cérémonie tirée des Mémoires inédits d’André d’Ormesson. « La France étant en piteux état (1652) et menacée d’une ruine entière par l’animosité des princes qui demandaient l’éloignement du cardinal Mazarin de la cour, et la reine y résistant de toute sa force, croyant qu’il y allait de son honneur et de son autorité de le maintenir, lesdits princes , pour l’y forcer , firent entrer les Espagnols , ennemis du roi dans le royaume. M. de Nemours les alla uerir ; ils passèrent les rivières. Le duc e Lorraine y entra avec son armée, ruina et fourragea tous les lieux par où il passait, amena son armée dans la Brie et fut bien reçu à Paris des princes et encore du peuple ennemi du cardinal. Les Français se combattaient dans le cœur du royaume. Les Espagnols prirent Gravelines qui né put être secouru et ils étaient en train de prendre encore Dunkerque.
Les esprits des Français étaient divisés et le parlement même donnait des arrêts contre le cardinal , lequel empêchait le roi de rentrer dans Paris , pour ce que lui-même n’osait y entrer. Au milieu de ce désordre , auquel il était difficile de remédier, le prévôt des marchands demanda à messieurs de Notre-Dame et ensuite aux religieux et abbé de Sainte- Geneviève, la descente de la châsse de sainte Geneviève pour obtenir par son intercession la fin des ruines et misères delà guerre civile. Use présenta enfin au parlement qui donna le jour de la cérémonie au 13 juin , fête de saint Barnabé. Voici l’ordre qui y fut tenu :
<c Les religieux de Sainte-Geneviève , ayant jeûné trois jours et fait les prières ordonnées , descendirent la châsse le mardi 13 juin à une heure après minuit. Le lieutenant civil d’Aubray, le lieutenant criminel , le lieutenant particulier et le procureur du roi la prirent en leur garde. Les quatre mendiants marchaient les premiers, savoir les Cordeliers, les jacobins,, les augustins et les carmes , et puis les sept paroisses filles de Notre-Dame avec leurs bannières, puis furent portées les châsses de saint Papan, saint Magloire, saint Médéric, saint Landry, sainte Avoie, sainte Opportune et autres reliquaires , puis la châsse de saint Marcel, évêque de
paris, qui fut portée par les orfèvres. Celle de sainte Geneviève fut portée par des bourgeois de Paris, auxquels cet honneur appartient et qui marchaient les pieds nus. À l’entour et à la suite delà châsse de sainte Geneviève étaient les officiers du Châtelet qui l’avaient en garde. Le clergé de Notre-Dame marchait à gauche, et l’abbé de Sainte-Geneviève à la droite. Il marchait les pieds nus, comme tous les religieux de Sainte-Geneviève.
L’on ne pouvait considérer cette châsse sans dévotion et grande émotion, étonnement et vénération. Les entrailles en étaient émues, les larmes en venaient aux yeux. Quel honneur à cette petite bergère, aimée de Dieu ?
< M. Tarchevêque de Paris était assis dans une chaire à cause de son indisposition. Il avait à côté de lui ledit sièur abbé et ils donnaient tous deux des bénédictions au peuple. Le parlement venait après, où étaient les présidents Le Bailleul, de Nesmond, de Maisons , d’Irval et Le Coigneux. Le maréchal de L’Hôpital, gouverneur de Paris, marchait entre les deux présidents , MM. de Vertamont , Mangot-Villareeaux , Laiïemas et Montmort,. maîtres des requêtes, et puis les conseillers de la cour en grand nombre. Après eux venaient les gens du roi , MM. Talon , Fouquet et du Bignon. La chambre des comptes, à côté du parle ment, en sorte que deux présidents des comptes étaient à côté de deux présidents de la cour. La cour des aides marchait ensuite au côté droit, MM. Amelot et Dorieux présidents. Le prévôt des marchands , M. le Féron , conseiller de la cour, avec sa robe de satin mi -partie, les échevins et conseil de ville, au côté gauche. L’on me dit que M. le duc d’Orléans et M. le Prince étaient ensemble vers le petit Châtelet. L’on 11e vit jamais tant de peuple; les fenêtres étaient remplies de gens d’honneur et cette procession fut faite en grande dévotion et grand respect. La châsse de M. Saint-Marcel était trèsbelle et très-riche; celle de sainte Geneviève l’était encore plus , y ayant da grosses perles, rubis et émeraudes en grande quantité, qui avaient été données par la feue reine , Marie de Médicis. Dieu nous fasse la grâce de nous rendre dignes des bénédictions du ciel et de ressentir les effets de son intercession! Dieu, qui a toujours aimé la France, la châtie, mais ne Fa jamais abandonnée, comme l’on apprend par nos histoires. Fait et écrit à Paris l’après-dinée dudit jour saint Barnabé, 13 juin 1652.»
Mme de Motteville raconte que « pendant cette pieuse action, M, le Prince, pour ga*
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gner le peuple et se faire roi des halles , aussi bien que le duc de Beaufort , se tint dans les rues et parmi la populace, lorsque Le duc d’Orléans et tout le monde était aux fenêtres pour voir passer la procession. Quand les châsses vinrent à passer, M. le Prince courut à toutes avec une humble oa apparente dévotion , faisant baiser son chapelet, et faisant toutes les grimaces que les bonnes femmes ont accoutumé de faire ; mais , quand celle de sainte Géneviève vint à passer, alors comme un forcené, après s’être mis à. genoux dans la rue , il courut se jeter entre les prêtres. »
SAINTE-GENEVIÈVE (Congrégation de).
— Yoy. Génovêfains.
SAINTETÉ. — Les titres de saint et sainteté furent donnés pendant une partie du moyen âge, â la plupart des évêques, des abbés et même à des laïques. Il semble qu'on n’y attachait pas une idée religieuse, puisque saint Denis, évêque d’Alexandrie, appelait très-saints les empereurs Vaiérien et Gallien , tous deux idolâtres, et qu’un concile, tenu à Rome en 501, donne le titre de très-pieux et très-saint ( piissimus et sanctissimus ) au roi des Goths Théodoric, qui était arien. Le roi Robert est qualifié de saintpère dans des actes du xie siècle. Enfin , comme les titres de saint et de saintpère étaient donnés au pape .plus souvent qu’à aucun autre, on finit par les lui réserver exclusivement. Depuis le xive siècle, ils n’ont plus été -appliqués à aucun autre personnage. Le titre de<saanteté a remplacé pour le souverain pontife, les qualifications de paternité , grandeur , majesté apostolique , etc., que l’on trouve aux époques antérieures.
SAINTES ET SAINTS. — Mabillon {Préfacés , p. 4i2) distingue trois époques pour la canonisation des saints et des saintes. Dans la première qu’il étend jusqu’au xc siècle, l’évêque et le peuple proclamaient, dans chaque diocèse, les personnages qui paraissaient dignes du titre de saints ; les synodes et les princes intervenaient aussi quelquefois dans la canonisation. Depuis le Xe siècle jusqu’au pontificat d’Alexandre III (ii59) , le consentement du souverain ^pontife fût jugé nécessaire , quoique l’initiative vînt toujours des évêques. Enfin , dans la troisième époque, depuis le milieu du xm« siècle jusqu’à nos jours, les souverains pontifes eurent seuls le droitde proclamer la sainteté. On trouvera dans l’ouvrage de Mahillon ( Præfatio in V sæculum benedictinum ) Les preuves de toutes ces
assertions. Les détails relatifs à la canonisation pour chaque époque sont exposés avec une érudition claire et précise. Je ne puis que renvoyer à cet ouvrage les lecteurs que ces recherches intéressent.
Beaucoup d’usages du moyen âge se rattachaient au culte des saints . On prêtait serment sur leurs reliques. Guillaume le Conquérant, afin de rendre plus solennel le serment par lequel l’anglo-saxon Harold s’engageait à défendre sa cause, le fit prêter sur une cuve remplie de reliques , et , lorsque la cérémonie fut terminée , il fit enlever le drap qui la couvrait afin qu’R? /«V d connut toute la sainteté de son se:*men,, Guillaume lui-même, à la journée d'Has „ings ( 1066) portait sus-
f tendues à son cou quelques-unes des reiques sur lesquelles avait juré Harold , comme pour prendre les saints à témoin du parjure et appeler leur vengeance sur les Anglo-Saxons.
Les saints et saintes avaient la réputation de guérir certaines maladies et étaient invoqués à cet effet, par exemple saint André, saint Antoine, saint Firmin, saint Germain pour l’érysipèle et le mal des ardents ou feu sacré; saint Eloy, saint Julien pour les abcès, apostumes ou scorbut, saint Martin pour l’esquinancie, saint Math u ri n et saint Nazaire pour le vertige et la folie, saint Quentin pour Vhydropisie, etc. On voit dans les poésies d’Eustaehe des Champs que les mendiants cherchaient à exciter la pitié en se plaignaient des diverses maladies que guérissaient les saints et saintes .
SAISIE. — La saisie d’une propriété se marquait souvent, au moyen âge, par des brandons ou pieux fichés en terre, autour desquels on attachait un morceau delinge, de drap ou un bouchon de paille. Quelquefois, on enlevait les portes de la maison , ou bien encore on suspendait une croix au pignon , et on attachait à la porte des pannonceaux aux armes du roi.
SAISINE. — Terme des anciennes coutumes. La saisine était la prise de possession par l’acquéreur d’un héritage qui notifiait le contrat d’acquisition au seigneur de qui relevait ce domaine. Au moyen âge, la saisine était souvent accompagnée des signes symboliques dont il a été question au mot Investiture.
SALADE. — Espèce de casque ou bonnet-de fer (voy. Armes , fig. T ). On nommait bataillons de salade , à l’époque de Louis XIV, d’anciens corps d’armée, qui avaient conservé l’usage de ce casque. On lit dans le Journal de Dangeau , à la date du 29 août 1684 ; « S. M. résolut de faire
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sept régiments de sept bataillons de vieux corps qu’on appelait bataillons de salade- » On nommait encore ces sortes de casques motions ou bourguignotes .
SALADINE. — Cotte d’armes que Ton portait au xnc siècle , et qui tirait probablement son nom de ee que les croisés l'avaient empruntée aux musulmans commandés par Saladin.
SALADINE (Dîme). — Impôt qui fut levé , à l’occasion de la troisième croisade (1188-1193), pour s’opposer aux progrès de Saladin. La dîme saladine consistait dans la dixième partie tous les biens meubles et immeubles exigée de ceux qui ne prirent pas part à l’expédition. Les ecclésiastiques ne furent pas exempts de la dîme saladine.
SALAMANDRE. — La salamandre , au milieu des flammes , était le symbole de François 1er ; on y avait ajouté cette devise : Je nourris , et j’éteins , ou plutôt ces mots italiens : Nodrisco il buono e spengo il reo (je nourris le bon et j’éteins Je coupable). Une tapisserie de Fontainebleau présentait ce symbole accompagné de ce distique :
Ursus atrox aquilœquo levés et tortilis anguis Cesserunt flammæ jam , salamandra, tueo.
Dans une médaille, on voit la salamandre couchée au milieu des flammes ; elle les éteint et tourne la tête vers une couronne qui est au-dessus et qui marque la grandeur du courage du roi. La légende suivante entoure la salamandre •
Discutit broc flammam ; Franciscus robore mentis Omnia pervincit , rerum immersabilis undis.
SALE. — «La sale , dit Saint-Simon ( Mémoires , édit. in-8°, IV, 9i ) , est une espèce de soucoupe de vermeil , sur laquelle les boîtes, étuis, montres et l'éventail de la reine lui sont présentés, couverts d’un taffetas brodé, qui se lève en la lui présentant. »
SALÉ (Franc). — Distribution de sel qui se faisait gratuitement à certaines personnes. C'était un privilège -et une exemption d'impôt accordés surtout aux principaux magistrats. Le franc salé n’était pas toujours une distribution entièrement gratuite ; elle se faisait quelquefois à un prix inférieur au cours général.
SALIENS (Francs). — Les Francs Saliens étaient la tribu la plus considérable de la confédération des Francs. On a oeaucoup discuté sur l’origine de ce nom de Salieris. Quelques écrivains l'ont fait dériver de Sala , qui signifie , selon eux , la terre par excellence. D’autres tirent le
nom de Saliens de l’Issel , un des bras du Rhin. Il paraît plus vraisemblable que cette tribu , habitant primitivement au centre de l'Allemagne entre la Sala, le Mein, le Rhin et le Weser, a tiré son nom de la Sala, affluent de l’Elbe. Ce qui donna une nouvelle probabilité à cette hypothèse, c’est que le pays signalé comme la patrie primitive des Francs a conservé, pendant tout le moyen âge et presque jusqu’à nos jours, le nom de Franconie ou pays des Francs. Quant au caractère des Francs Saliens , il nous est surtout connu par la loi salique (voy. Loi salique). Il a été question des institutions des Francs Saliens dans plusieurs articles. Voy. Ahrimans , Alleux , Bénéfices , Germains , Leudes , Mallum , Mérovingiens , etc.
SALINES. — Lieux d’exploitation du sel marin. v)n fait évaporer les eaux salées qui déposent la sélénite qu'elles tiennent en dissolution , et on en retire le sel marin, à mesure qu’il se précipite en se cristallisant par l'effet de l’évaporation. Tantôt l’évaporation a lieu par la 'chaleur du soleil, tantôt elle est accélérée par l’action du feu. Outre le sel marin que l'on exploite en France sur une partie des côtes de l’Océan , il existe des fontaines et puits salés. Ceux de Franche-Comté étaient connus avant l’invasion des Romains dans la Gaule. Au commencement du vic siècle, Sigismond , roi des Bourguignons , dota le couvent d’Agaune avec les puits et fontaines de Salins. Il est question , dans les écrivains du xme siècle, des puits salés de Moyenvic et de Marsal en Lorraine.
Les auteurs latins font mention de la fontaine salée de Salses dans le Roussillon (Fo?is Salsulæ). Strabon dit qu'il y avait, dans la Crau en Provence, plusieurs fontaines qui servaient à faire du sel ; mais, au xvi® siècle, il n’en subsistait plus qu’une.
Palissi ( Discours admirable de la nature des eaux , publié en 1580) rapporte que le Béarn avait plusieurs fontaines salées . et qu’elles étaient même assez abondantes pour fournir de sel tout le Béarn et le Bigorre. Ce sel se faisait par évaporation à feu nu. On n’avait point encore trouvé l’art d’élever, par des pompes, aune certaine hauteur l’eau du puits; de la faire descendre sur des fascines exposees à un courant d’air, et, par cette opération répétée successivement plusieurs fois de suite , d'enlever une partie du liquide superflu qu'aurait eue à dissiper la chaudière. Aussi la quantité de bois qu'exigeait cette méthode est-elle effrayante. Palissi, qui avait vu
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les salines de Lorraine et qui en a laissé une description dans son Traité des sels divers , nous apprend que , pour l'entretien d’une chaudière, il fallait mille arpents de bois par an. De là , dit-il , a résuHé dans la province, une telle disette de cette denrée qu’elle y coûte trois fois ^lus que dans tout le reste de la France , quoique la Lorraine ait une immensité de forets.
Le travail n’était probablement pas le même à Salins , dit Le Grand d’Aussy auquel nous empruntons ces détails. Sans doute ^ l’eau destinée à l'évaporation se menait dans des moules; car le sel en sortait et se vendait sous la forme de pains. En 1510, les Bourguignons qui , à raison du voisinage, consommaient beaucoup de ce sel, s’étant plaints qu’on faisait les pains plus petits qu’à l’ordinaire, la chambre des comptes de Dijon ordonna qu’à l’avenir ils seraient pesés. Au reste le produit d’un puits salé ne répondait pas à l’énorme consommation de bois qu’il exigeait, puisque, selon Palissi , toutes les foi’êts du royaume et ses puits salés, combinés ensemble , n’eussent pas donné en cent ans autant de sel qu'en produisaient en six mois, avec la seule chaleur du soleil , les marais salants de Saintonge. D’ailleurs ce sel artificiel, ajoute l’auteur, avait un autre inconvénient; c’était d’être bien inférieur, en qualité , au sel marin.
Aujourd’hui les principales fontaines salées sont dans les départements du Jura et de la Meurthe , à Salins , Lons-le-Saulnier, Dieuse, Moyenvic et Château-Salins. On en trouve aussi au pied des Pyrénées, près d’Orthez et de Saint-Jean-piedde-Port.
Le mot salwies se prenait aussi autrefois dans le sens de poissons salés. On trouvera dans le Traité de la police de De la Marre (t. III, p. 99 et suiv.), tous les règlements relatifs à ce genre de satines .
SALIQUE (Loi). — Voy. Loi salique.
SADIQUE (Terre). — On a beaucoup disserté pour savoir quel sens on devait attacher à ces mots terre salique. Il est très-vraisemblable qu’ils désignent la terre de conquête , l’alleu , la terre possédée en toute souveraineté et tirée au sort par les barbares. Primitivement la terre salique ne devait passer qu’aux enfants mâles. Une disposition formelle de la loi salique en excluait les femmes, et ce fut sur ce texte que l’on se fonda pour exclure les femmes de la couronne (voy. LOI SALIQUE APPLIQUÉE A LA SUCCESSION au tuône). Mais bientôt on adoucit cette disposition * et on trouve dans les fox'-
mules de Marculfe la preuve que la terre salique pouvait être transmise à une femme, dès le temps des Mérovingiens.
Voici la traduction de cette formule :
« A ma douce fille : c'est chez nous une coutume antique, mais impie, que les sœurs n’entrent pas en partage avec leurs frères dans la terre paternelle. Moi t j’ai pensé que, donnés tous à moi également de Dieu, vous deviez trouver tous en moi un égal amour, et, après mon départ d’ici-bas , jouir également de mes biens. A ces causes, ô ma très-douce fille, je te constitue par cette lettre, à l’encontre de tes frères , égale et légitime héritière en tout mien héritage, de sorte que tu partages avec eux non-seulement mes acquêts , mais encore Yalleu paternel. » Cet alleu constituait précisément la terre salique ou terre par excellence,
SALLE A MANGER. — Un passage de Diodore de Sicile relatif aux Gaulois indique , d’après Le Grand d’Aussy, que chez ce peuple il n’y avait pas de pièce spéciale servant de salle à manger . Diodore dit, en effet, qu’ils avaient près d’eux, quand ils mangeaient, des brasiers garnis des broches et des chaudières qui servaient à cuire leurs viandes. Cet usage de manger dans les cuisines subsistait encore à l’époque des Mérovingiens , comme le prouve un fait tiré des miracles de saint Bavon (a nn. 653 ) , et cité par Le Grand d’Aussy, dans son Histoire de la vie privée des Français : Un père avait voué son fils unique au sain,t, et lui avait fait prendre l'habit religieux dans un monastère. Bientôt s’étant repenti, il reprit son fils. Mais, un jour qu’il donnait un grand repas , et que les convives le félicitaient sur son action , tout à coup le jeune homme qui servait fit un faux pas et tomba dans la marmite, où dans l’instant il périt étouffé.
SALLE D’ASILE. — Établissements charitables oii les enfants des deux sexes peuvent être admis jusqu’à l’âge de six ans. Us y reçoivent les soins appropriés à leur âge et même les premières notions d’instruction religieuse, de lecture, d’écriture et de calcul verbal. Une ordonnance du 22 décembre 1337 a réglé tout ce qui concerne les salles d'asile.
SALUT, SALUTATION. — La forme du salut placée en tête des diplômes : lettres patentes, etc., a plusieurs fois varié. Dans les lettres des papes, surtout depuis le xie siècle , on trouve la formule : Salut et bénédiction apostolique ( Salutem et aposlolicam benedictionem ). Les édits et lettres patentes des rois de Franco yomr
mençaient ainsi : N ., par la grâce de Dieu } roi de France et de Navarre , à tous présents et à venir , salut; ou; A tous ceux qui présentes lettres verront , salut. Ces formules de salut sont une imitation de celles que les Romains employaient même dans leurs lettres particulières.
La salutation terminait les lettres. Les papes , jusqu’au xi® siècle, conservèrent la salutation finale des Romains, Bene va lete ( portez-vous bien ), qu'ils ajoutaient de leur main aux bulles et brefs. Elle fut quelquefois remplacée par la formule Deus te incolumem servet ou custodiat ( que Dieu vous garde ou conserve sain et sauf) , formule qui s’est conservée dans celle des rois de France : Que Dieu vous conserve en sa sainte et digne garde . Les salutations des lettres particulières ont varié à l’infini. A l'époque de la Révolution , on remplaça les formules obséquieuses de l’ancienne société par ces mots : Salut et fraternité .
Quant aux formes de salutation des personnes qui se rencontraient , elles ont aussi beaucoup varié. On voit dans les écrivains des Ve et vie siècles qu’une des coutumes les plus usitées pour témoigner son estime à quelqu'un était de s’arracher un cheveu et de le lui présenter. I/usage de se découvrir la tête devant les personnes d’un rang supérieur, de descendre de monture, et même de se mettre à genoux, se retrouve pendant tout le moyen âge. Du reste, les formes de salutation étaient très-diverses. Baiser le pied et la main, ôter le heaume ou casque, en lever la visière , accoler la jambe ou le genou , tendre la main, embrasser, ont été de tout temps des signes de salutation plus ou moins respectueux. Parmi les formes étranges de salutation , Sainte - Palaye cite, d’après d’anciens poèmes, la coutume de se prendre la moustache. Le même auteur rappelle, en s'appuyant sur les diverses leçons de du Verdier , certaines manières de saluer en usage à la cour de France vers 1577 : « Quelquesuns disent je baise les mains de votre merci , et quelques autres ; je baise les pieds de votre seigneurie. Il yen a d'autres qui disent je suis votre serviteur et esclave perpétuel de votre maison. Je suis la scabelle de vos pieds . Lesquelles salutations courtisanesques sont toutes vaines et dites presque toujours avec dissimulation et feintise. »
SALUT DES VAISSEAUX. — Les marines les plus puissantes ont exigé, depuis le xvie siècle surtout, que les batiments étrangers reconnussent leur supério-
rité en baissant pavillon. En 1603, Sully se rendant en Angleterre sur une frégate fut sommé par un amiral anglais de baisser pavillon. Le sieur de Vie, qui commandait la frégate , refusa d’obtempérer.
J/Anglais, ayant menacé de faire feu, Sully lut obligé de céder. « Sans cela, il n'y a point de doute qu'il n’y eût eu de la batterie où apparemment la France eût été la plus foible; ce que vous couvristes sagement » , ajoutent les secrétaires par lesquels Sully se fait adresser ses Mémoires. Richelieu fit équiper une flotte qui montra aux Anglais qu’ils n’étaient pas rois de la mer ( Mémoires de Richelieu, t. V, p. 201-202). Ils renouvelèrent cependant leurs prétentions, au commencement de l’année 1662. Mais Louis XIV avait l’âme trop haute pour subir un pareil outrage. On ne saurait trop rappeler la lettre qu’il écrivit ( 25 janvier 1662 ) au comte d’Estrades son ambassadeur à Londres : « Ce que j’ai remarqué dans toute la teneur de votre dépêche , c’est que le roi mon frère ni ceux dont il prend conseil ne me connaissent pas encore bien* quand ils prennent avec moi des voies de hauteur et d’une certaine fermeté qui sent la menace. Je ne connais puissance sous le ciel qui soit capable de me faire avancer un pas par un chemin de cette sorte; il me peut bien arriver du mal; mais non pas une impression de crainte. Le roi d’Angleterre et son chancelier peuvent bien voir à peu près quelles sont mes forces , mais ils ne voient pas mon cœur. Moi, qui sens et connais fort bien l'un et l'autre, je désire que, pour toute réponse à une déclaration si hautaine, ils sachent par votre bouche, au retour de ce courrier, que je ne demande ni ne cherche d’accommodement en l’affaire du pavillon, parce que je saurai bien soutenir mon droit , quoi qu'il en puisse arriver. » Louis XIV s'occupait en même temps d’équiper une marine pour soutenir ces nobles sentiments. « Je prétends mettre bientôt mes forces de mer en tel état , dit-il dans la même lettre ( OEuvres de Louis XIV, t. IIï, p. 67 et 69) , que les Anglais tiendront h grâce , que je veuille bien alors entendre à des tempéraments touchant uri droit qui m'est dû plus légitimement qu’à eux. » Bientôt Louis XIV ne se borna plus à refuser le salut aux autres nations, il l’exigea des Espagnols en 1631.
SALUTATION ANGÉLIQUE. — D’après Mabillon ( Préfaces , p. 426), la salutation angélique ne commença à être en usage qu’au xie siècle. Dans toutes les règles d’une époque antérieure, on ne recom-
mande aux fidèles que ro raison dommicale et le symbole des apôtres. Pierre Damien, qui vivait au xi® siècle, fait mention de la salutation angélique , et bientôt la règle de Cîteaux prescrivit aux frères convers de réciter la salutation angélique. La prière Sancta Maria ne fut ajoutée qu’à une époque postérieure , vers le commencement du xvic siècle. Ce fut à peu près à la meme époque que s’introduisit l’usage de réciter la salutation angélique après Texorde des sermons. Erasme blâme cette coutume comme récente dans un ouvrage imprimé en 1535 , non pas, dit-il, pour diminuer le respect dû à la Vierge, mais parce que, dans les sermons ou il était question du Saint-Esprit et des saints , on eût dû les invoquer également.
SALUTS. — Cérémonie ecclésiastique qui fut établie pour la première fois en 1502 , d’après l’abbé Lebœuf dans son Histoire des évêques d’Auxerre , p. 561.
SALUTS D’OR. — Monnaie d’or frappée pendant que Henri VI était maître d’une partie de la France (1422-1453). Les saints dyor tiraient leur nom de ce que la salutation angélique y était représentée.
On y voyait la Vierge recevant d’un ange une bandelette sur laquelle était écrit Ave.
SALVATÏON. — Ce terme de pratique judiciaire désignait un écrit qui servait de réponse aux arguments de la partie adverse.
SAMARITAINE. — On donnait ce nom à tout ouvrage d’art représentant la Samaritaine dont il est parlé dans l’Evangile près d’un puits, d’une citerne ou d’une fontaine et se disposant à y puiser de l’eau. U existait à Paris un bâtiment connu sous le nom de Samaritaine. C’était une machine hydraulique , construite sous Henri II ï , à la seconde arche du pont Neuf, et destinée à donner de l’eau dans tout Paris. Ce batiment fut détruit sous Louis XIV et reconstruit avec plus d’art et de goût. Il se composait de trois étages, dont le second était au niveau du pont, les faces des côtés étaient percées de cinq fenêtres à chaque étage et de deux sur le devant. Entre ces deux dernières était un avant-corps de bossage rustique, vermiculé et cintré au-dessus du cadran, placé dans un enfoncement.
Le bas se trouvait rempli par un groupe représentant Jésus-Christ avec la Samaritaine, auprès du puits de Jacob, qui était figuré par un bassin dans lequel tombait une nappe d’eau qui sortait d’une coquille. La figure du Christ était de Ber-
nard , et celle de la Samaritaine de Frémin , sculpteurs habiles. Dans le milieu , au-dessus du cintre , on avait élevé un campanile de charpente , revêtu de plomb doré, où étaient placés les timbres de l'horloge et ceux qui composaient le carillon et qui jouaient à toutes jes heures et demi-heures. La Samaritaine fut de nouveau réparée en 1775. Elle a été définitivement détruite en 1813.
SAMEDI. — Le samedi a été pendan4 v longtemps un jour férié. Raoul Glaber C livre 111 ) dit que , sous le règne de Robert , le sixième jour de la semaine était pour tous les fidèles un jour vénéré (Erat enim ille dierum sextus qui idcirco fidelibus universis reverentior habetur ). 11 était défendu à certaines corporations de travailler le samedi . Les statuts des tailleurs de Montpellier leur défendaient de travailler à la lumière le samedi (OrcL des rois de Fr ., t. II , p. 469 ). Le samedi est encore aujourd’hui spécialement consacré à la Vierge. Du Cange en donne une explication au mot Missse feriales. Il fait remonter cet usage à un miracle qui se serait opéré le samedi dans une église de Constantinople. Le voile qui couvrait la statue de la Vierge se levait, dit- il, sans aucune intervention humaine, tous les samedis et laissait la statue à découvert pendant la durée des vêpres.
SAMIT. — Etoffe de soie usitée au moyen âge ; elle était plus riche que le sandal. On tirait le samit de la Syrie et de l'Asie Mineure.
SANCTION ( Pragmatique). — Voy.
Pragmatique sanction.
SANCTUAIRE. — Portion de l'église où est le maître autel ; elle est ordinairement en tombée d’une balustrade. Dans les anciennes églises, l’autel était placé d’ordinaire en avant ou au centre de l’apside. Voy. Apside.
SANDALES. — Espèce de chaussure qui ne consiste qu’en une semelle attachée au pied avec des courroies et des rubans, de sorte que les doigts du pied et la partie supérieure restent à nu. Cette chaussure, dont se servaient ordinairement les anciens , n’a été conservée chez les modernes que par quelques ordres religieux.
SANG, — L’usage d’écrire avec son sang une promesse so7enneüe était encore en vigueur au xvu® siècle. Le cardinal de Retz raconte dans ses Mémoires que la duchesse de Bouillon voulut qu’il écrivît avec son sang un billet qu’elle exigeait de lui.