SAU
SANS-SOUCI CEnfants). — Nom d'une troupe de comédiens qui représentait les soties et moralités au xve siècle et au commencement du xvie.
SANTÉ (Boire à la). — L’usage de boire à la santé a été longtemps conservé dans les repas et se conserve encore dans quelques provinces. Il dégénérait quelquefois en provocations à boire avec excès. Voy. Repas, p. io66, 2e col.
SAOULE. — On donnait le nom de saoule à un jeu que les seigneurs de paroisse en Bretagne proposaient à leurs vassaux dans les jours de fête. On lançait un ballon dont les parois extérieures étaient bien huilées. Chacun faisait des efforts pour s’en saisir. Le joueur qui avait l’adresse de le jeter sur le terrain d'une autre paroisse remportait le prix. En Normandie, ce jeu s'appelait pelote ou éteuf.
SAPEURS-POMPIERS. — Corps chargé de porter des secours en cas d'incendfe. Les sapeurs-pompiers de Paris ont été organisés par un décret du 18 septembre l8it. La plupart des grandes villes ont établi , à Limitation de Paris, des corps de sapeurs-pompiers. Lorsqu’il n’existe pas de pompiers soldés par les villes, on y supplée par des compagnies de pompiers volontaires qui font partie de la garde nationale.
SARABANDE. — Danse en vogue au xvi« siècle. Elle était venue probablement d'Espagne. Les danseurs s’accompagnaient avec des castagnettes. La sarabande se dansait lentement et avec encore plus de gravité que le menuet.
SARBACANE. — Long tube au moyen duquel on lance quelque chose en soufflant. Les sarbacanes furent en grand usage à La cour de Henri III. De Thou raconte ( livre LXXIV ) que Saint-Luc, un des favoris du roi, se servit d’une sarbacane pour lui faire pendant la nuit des menaces au nom de ciel et l’arracher à ses désordres. La ruse fut bientôt découverte, et Saint-Luc obligé de prendre la fuite.
SARCOPHAGE. — Ce mot signifie littéralement qui mange la chair et vient de crapxàç , génitif de aapÇ (chair), et de cayetv (manger) ; il désigne des caisses sépulcrales en pierre , en marbre ou en porphyre. Les sarcophages sont ordinairement des carrés longs ; ils portent quelquefois la statue du personnage dont ils renferment le corps. Les sarcophages antiques sont ornés souvent de sculptures remarquables, et ils ont quelquefois été emoloyés au moyen âge, pour y déposer
les corps des princes. Ainsi les restes mortels de Charlemagne sont conservés à Aix-la-Chapelle dans un sarcophage qui représente l'enlèvement de Proserpine.
SARONIDES. — Classe de druides qui s occupait de l'administration de la justice et de l'éducation de la jeunesse.
SATIRE. — Ce genre de poésie, qui consiste à peindre les vices ou les ridicules des hommes, a porté différents noms. On appelait au moyen âge les satires, sirventes ou sirventois. Ces satires étaient le plus souvent personnelles et d'une grande violence.
SAUCIERS. — Les marchands de sauces ou sauciers formaient, au moyeu âge, une corporation. Leurs statuts datent de 1394 ; ils joignirent , au commencement du xvi® siècle, les titres de distillateurs , moutardiers et vinaigriers à celui de sauciers . Dans la suite , cette corporation se divisa en autant de branches qu’il y avait d’abord d'industries diverses réunies. Les uns devinrent distillateurs et formèrent une corporation en 1537 ; d’autres se firent traiteurs , sous le nom de maitres-queux-cuisiniers , et reçurent des statuts en 1599.
SAUCISSES, SAUCISSONS. — Les anciens statuts des charcutiers leur défendaient de vendre des saucisses depuis le premier jour de carême jusqu’au 15 septembre ; c'était une précaution hygiénique. Il n’y avait alors qu'une seule espèce de saucisses , les longues, dans lesquelles la chair a pour enveloppe les menus boyaux de l'animal. Celles que l’on appelle gri~ blettes , qui sont plates et enveloppées de la taie du cochon , n’étaient pas en usage. Lespremières même différaient des nôtres en ce qu’elles étaient composées de bœuf, de mouton et de porc, hachés ensemble.
C'est ce qu’on voit par une ordonnance du prévôt de Paris en 129S. Dans la suite, on y fit entrer différents ingrédiens pour leur donner du goût, et sans doute, parmi ces assaisonnements , il y en avait plusieurs de nuisibles pour la santé, puisque les statuts donnés aux charcutiers en 147 5 défendent de mettre dans la chair des saucisses autre chose que du sel , du fenouil et autres bonnes épices. Au siècle suivant, l’on y raffina encore. Charles Étienne nous apprend qu’alors il y avait des saucisses tort délicates , lesquelles étaient composées uniquement de veau et assaisonnées avec des aromates et du safran. Vraisemblablement, ajoute Le Grand d’Aussy ( Histoire de la vie privée des Français ) , les saucisses et cervelas sont une des choses inventées par les Gaulois.