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Au moins , c’était une de celles dont ils faisaient commerce avec les Romains, si si Ton en croit Varron. Au xvic siècle, Charles Etienne vantait les saucissons de Lyon.
SAUF-CONDUIT. — Un sauf-conduit est une autorisation d'aller et venir en sûreté accordée à un ennemi , sans qu’il y ait cessation de guerre.
SAUVEGARDE. — Protection accordée à quelqu’un pour le mettre à l'abri de toute espèce d’attaque. Au moyen âge, on regardait comme sauvegarde la baguette sacrée que portait le héraut. S'il ne l avait pas en main , il perdait son caractère inviolable. Gondowald ayant envoyé des ambassadeurs au roi de Bourgogne, Gontran leur donna la baguette, signe de leur dignité. Les ennemis les surprirent sans ce symbole et les tirent périr. Dans la suite, les rois donnèrent pour sauvegarde des lettres qui servaient à protéger les corps et les biens. Les généraux peuvent, en temps de guerre, accorder à une personne ou à un établissement des soldats qui servent de sauvegarde et mettent à l’abri de toute insulte.
SAVANTS (Journal des). — Le Journal des Savants fut fondé en 1665 par Denis Sallo, et commença à paraître le 5 janvier de la môme année. En 1702, il fut placé sous la direction du chancelier, et les auteurs furent rétribués par la chancellerie. Suspendu en juillet 1792, le Journal des Savants n’a été rétabli qu'au mois de septembre 1824. Il se publie encore aujourd’hui sous la direction du garde des sceaux, ministre de la justice, et rend compte des ouvrages les plus importants publiés en France ou à l’étranger.
SAVONNERIE. — Manufacture royale de tapis de pied à l’imitation de tapis de Perse et de Turquie. Une manufacture de ce genre avait été établie au Louvre, en 1604, en faveur de Pierre Dupont, tapissier du roi , et de Simon Lourdet , son elève. En 1631 , Louis XIII la plaça dans la maison de la Savonnerie , située à Chaillot sur le chemin de Versailles. Elle fut réorganisée par Colbert. En 1713, le duc d'Antin en fit restaurer les bâtiments. Aujourd’hui la manufacture de la Savon nerie a été réunie â celle des Gobelins.
SAUVEUR ( Chanoines réguliers de Saint). — Cette congrégation fut établie en 1628 , à Toul , par une bulle du pape Urbain VIII. P 1
SAYON. — Vêtement des Gaulois. Vov.
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SCAPULAIRE. — Partie du vêtement qui se mettait sur la coule ou robe monacale. Le scapulaire avait quelquefois la forme d’une croix. Les moines le portaient primitivement lorsqu'ils étaient occupés des travaux des champs. Le scapulaire tirait son nom de ce qu’il couvrait les épaules (scapulas , dans le latin du moyen âge; voy. du Cange, v° Scapula et Scapulare ). Dans la suite , le scapulaire devint la partie essentielle du vetement des moines.
SCEAU ou SCEL. — Ce mot désigne tout à la fois l’instrument ou cachet qu’on emploie pour sceller un acte , et l’empreinte que laisse cet instrument. On se servit d'abord d’anneaux que l'on portait au doigt et que l’on apposait sur un acte pour lui donner un caractère d’authenticité. Souvent on lit au bas des chartes des époques mérovingiennes ou carlovingiennes annuli nostri impressione sigil lari jussimus (nous avons ordonné qu’on scellât cette charte en y imprimant notre anneau) ou quelque autre formule analogue. Les évêques, les abbés et autres personnage» éminents scellaient leurs chartes de la même manière. L’anneau des rois représentait quelquefois leur figure; quelquefois c'était un anneau portant une pierre antique. Ainsi oi trouve sur un diplôme de Pépin le BkT une tête de Bacclius parfaitement recor naissable à sa longue barbe et aux pampres dont elle est couronnée. Une char e de Charlemagne porte l'empreinte d’un Sérapis dont la tête est surmontée du modius ou boisseau mystique. Ces anneaux servaient encore" de signe de reconnaissance. Aurelianus, envoyé par Clovis vers Clotilde, pour négocier le mariage du roi franc avec cette princesse, se lit reconnaître en lui présentant l’anneau que Clovis lui avait contié.
Les sceaux proprement dits ne commencèrent guère à être en usage que sous la troisième race. Hugues Capet est représenté sur un sceau , assis, la couronne fleuron née en tête, tenant un globe d’une main et de l’autre une main de justice. La plupart des rois capétiens sont figurés sur leurs sceaux séant en leur trône et dans l'attituae de justiciers . Quelquefois les symboles pacifiques font place à de3 attributs guerriers. Les rois et les seigneurs sont représentés armés de pied en cap et montes sur des chevaux bardés de fer. En général, on voit sur les sceaux du moyen âge les personnages des diverses classes avec les insignes de leur dignité ou de leur profession. Le roi y porte la couronne,
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Ig sceptre, l’épée, la main de justice; l’évêque, la crosse et la croix; les nobles clames ont un épervier sur le poing. Dans la suite, on substitua souvent les armes de la personne à sa représentation. Les vilains eux-mêmes eurent souvent des armes parlantes, qui répondaient à leurs noms. Le cartulaire de Clermont en Beauvaisis ( dont M. Michelet , Origines du droit , a donné un exirait d'après l’original conservé aux Archives de l’empire) cite un grand nombre de roturiers qui avaient "des armes parlantes : le serrurier, une clef ; le febvre (faber), un fer à cheval ; le tonnelier, un tonneau; le maçon, un marteau et une équerre , etc. X/empreinte du signe de leur profession leur servait à donner à leurs actes un caractère d’authenticité. Entre autres signes étranges apposés sur les chartes. Manillon cite, dans son Traité ie diplomatique , une charte qui se termine par ces mots : Sigillum dentibus bieis impressi (j’ai marqué ce sceau de .'empreinte de mes dents). Mabillon ajoute que l’on voyait encore sur le sceau l’empreinte des" dents. Une charte de 1121, citée par D. de Vaines , se termine par une formule dont voici le sens : « J’ai apposé au présent écrit mon sceau avec trois poils de ma barbe ( cum tribus pilis bar b æ meæ). »
On employa différentes matières pour marquer l’empreinte du sceau . La célèbre bulle d’or qui régla la constitution de l’empire d’Allemagne tire son nom du sceau en or qui y était suspendu. Plusieurs chartes des rois de France étaient aussi scellées en or ou en argent. Les bulles des papes sont ordinairement garnies d’un sceau en plomb. L’usage de la cire pour y marquer l’empreinte du sceau a prévalu. On se servait de diverses espèces de cire. La cire blanche fut adoptée dans l’origine pour le sceau royal ; on employa plus tard de la cire rouge , verte ou jaune, et peu à peu on finit par déterminer de quelle cire on devait faire usage suivant la nature des actes qui étaient scellés. On lit dans le Journal de JJangeau , à la date du 30 octobre 1685 : u J’appris qu’on se servait , aux sceaux , de trois sortes de cire : de la verte, pour tous les arrêts; de la jaune, pour toutes les expéditions ordinaires, et de la rouge, seulement pour ce qui regarde le Dauphiné et la Provence. Il y a une quatrième cire , qui est blanche , dont on se sert pour les chevaliers de l’ordre (du Saint-Esprit); mais c’est le chancelier de l’ordre qui fait ces expéditions-là, et non le chancelier ou le garde des sceaux de France. »
Pendant longtemps les sceaux furent appliqués sur les chartes ; mais à partir du XTi® siècle, on adopta l’usage de les suspendre par des bandelettes de cuir ou de parchemin , et par des lacs de soie, de lin ou de chanvre.
Le contre-scel ou revers du sceau no commença à porter une empreinte que vers le xme siècle. On y représenta les armoiries de la personne dont le sceau portait l’effigie. Ainsi le contre-scel des chartes des rois de France porte ordinairement un écusson semé de fleura de lis. Voy. des spécimens de sceau et de contre-sceau, dans les Essais de paléographie de M. N. de Wailly ( t. II* p. 356).
On pourra consulter sur cette matière le traité de Saumaise De subscribendis et subsignandis testamentis et de antiquo rum et hodiernorum sigillorum differentia , auctore Claud. Salinasio; Lugduni Batavorum, 1653, in-8. — Nouveau traité de diplomatique par deux religieux bénédictins ; Paris , 1755 , 6 vol. in-4. — Dictionnaire raisonné de diplomatique par D. de Vaines, bénédictin ; Paris , 1774 , 2 vol. in-8. — Recueil de sceaux dumoyen âge , dits sceaux gothiques ; Paris, 1779, in-4. — J. Beckmann, des sceaux et sur la manière de sceller , mémoire qui se trouve dans les Suppléments à Vhistoire des inventions . — Observations sur les sceaux et sur les cordons attachés aux sceaux par Will. Ce mémoire se trouve parmi ses Suppléments à la diplomatique ; Altdorf, 1789, in-8. — N. de Wailly, Essais de paléographie , 2 vol. in-4 , dans-\e recueil des Documents inédits de Vhistoire de France. — Leyser a composé un ouvrage spécial sur les contre-sceaux du moyen âge, De contrasigillis medii ævi ; Helmstadt , 1728 , in-4.
SCEAU DAUPHIN. — Grand sceau qui ne servait que pour les actes relatifs au Dauphiné. Le sceau dauphin représentait le roi h cheval , revêtu de ses armes et l’écu suspendu au cou. Les armes écartelées de France et de Dauphiné y étaient empreintes dans un champ semé de fleurs de lis et de dauphins. Sur le contre-scel on voyait les armes de France et de Dauphiné supportées par un ange.
SCEAU DES GBANDS JOURS. — Sceau que le roi confiait aux commissaires qu’il envoyait dans les provinces pour tenir les grands jours . Il servait à sceller les commissions spéciales expédiées dans ces tribunaux. Comme il y avait ordinairement un maître des requêtes attache aux grands jours , c’était à lui que le chancelier remettait le sceau .
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SCEAU DES COMPAGNIES ORIENTALES ET OCCIDENTALES. — Ce sceau servait pour les colonies françaises des Indes orientales et occidentales (voy. Colonies). 11 portait d’un côté l’effigie du roi et de l'autre les armes de France
SCEAU PRIVÉ ou CACHET. — C'était un cachet que , pendant longtemps, les particuliers apposaient h. leurs actes au lieu de signature. Pasquier ( Recherches , livre IV, chap. n) dit qu’avant l’ordonnance cFOrléans , les particuliers qui faisaient un acte mettaient au bas leur sceau privé ou cachet . On a voulu chercher à cet usage une explication mystérieuse et on a considéré Panneau, qui servait à imprimer ce signe, comme le symbole de la bonne foi qui doit présider aux actes ; mais il est beaucoup plus simple de dire , avec Loyseau {Du droit des offices , liv. il, chap. iv) que cette coutume vient de ce que tout le monde est capable d’appliquer son cachet au bas d’un acte, tandis que pendant longtemps beaucoup de gens ne savaient pas signer.
SCEAU DE LA GRANDE CHANCELLE- RIE. — Le sceau de la grande chancellerie ou grand sceau représentait d’un côté le roi séant en son trône avec les insignes de la dignité souveraine (manteau royal, sceptre , couronne ) , et , de l’autre côté , les armes de France ( trois fleurs de iis 1. Le grand sceau restait entre les mains du chancelier et servait à sceller les édits , ordonnances, déclarations, lettres de provisions d'offices, abolitions, et rémissions; légitimations, lettres de naturalité, dons, expéditions de finances, en un mot toutes les lettres de grande chancellerie. Les commissions sur arrêts du conseil étaient aussi scellées du grand sceau , ainsi que Les lettres de pareatis qui devaient être exécutées dans toute l’étendue du royaume. Dans l'origine, les chanceliers portaient le sceau de l’État suspendu k leur cou. Ce fut à ce signe que l’on reconnut le corps de Roger, vice-chancelier de Richard Cœur de Lion , qui avait péri dans un naufrage. Le sceau royal était 3orté d'ordinaire à la suite du roi, comme e prouvent plusieurs passages des chroniques. On lit, entre autres, dans l’histoire de Charles VII par J. Chartier, année 1451 : « Ensuite marchait une haquenée blanche dont la selle était couverte de velours cramoisi , qui portait sur sa croupe un drap de velours azuré, semé de fleurs de iis d’or en broderie, et sur la selle avait un petit coffret couvert de velours azuré, semé de fleurs de lis d'orfèvrerie, dedans lequel étaient les grands sceaux du roi Un varlet à pied conduisait
et menait cette haquenée , et , à chaque côté d'icelle étaient deux archers revêtus de livrée. »
SCEAU DU SECRET. — Outre le grand sceau , il y avait dans L'ancienne monarchie, un sceau du secret , que les rois et princes de la famille royale apposaient à leurs actes. On portait à leur suite le sceau du secret dans une bourse richement brodée, comme on le voit par le compte des argentiers des rois de France. Il ne devait être apposé qu’aux lettres closes , comme le prouve le passage suivant des lettres de Charles de Normandie, régent de France en 1358 ( Ordonn . des rois de Fr t. III , p. 226) ; « Nous avons entendu dire que plusieurs lettres patentes ont été, au temps passé, scellées de notre scel du secret , sans qu’elles aient été lues ni examinées en la chancellerie , nous avons ordonné et ordonnons que dorénavant aucunes lettres patentes ne soient scellées pour quelque cause que ce soit dudit scel du secret , mais seulement les lettres closes. » Une autre ordonnance de 1339 a également pour but de prévenir l'abus que l’on faisait du sceau secret : «On ne scellera aucunes lettres ouvertes du scel secret , si ce n'est pour des affaires très-pressées et qui regardent le service du roi , et lorsqu’on ne pourra les sceller du grand sceau ni de celui du Châtelet. » ( Ord . desr. de Fr t. III, p. 386.)
SCEAU DES PETITES CHANCELLERIES ou DES PARLEMENTS. — Les chancelleries établies près des parlements avaient aussi leur sceau particulier. Le sceau du parlement de Paris avait pour inscription Sigillum parvum pro absentia magni (petit sceau en l'absence du grand). Il servait à sceller toute espèce de lettr es , particulièrement les commissions sur arrêts du parlement et du grand conseil , qui régulièrement ne pouvaient être scellées que du grand sceau. Ordinairement on apposait le sceau des parlements aux actes moins importants, et spécialement aux lettres d'émancipation ou de bénéfice d'âge, aux lettres de bénéfice d'inventaire, aux committxmus , terriers , lettres d’attribution , etc. Les lettres , qui portaient le sceau d’un parlement , n'étaient exécutoires que dans son ressort, à moins qu'on ne se servît du sceau du parlement de Paris en l’absence du grand sceau , comme on Fa indiqué plus haut. Si l'on ajoutait la formule en l’absence du grand sceau , le sceau du parlement de Paris pouvait, en certaines circonstances , être exécutoire dans tout le royaume. Les maîtres des requêtes tenaient successivement le sceau des petites chancelleries .