‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 18 sur 224 · JAK · texte numérisé non relu

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de Richelieu , le chancelier Séguier et le surintendant Bullion contribuèrent à fournir les fonds nécessaires pour l’entretien et la clôture du jardin royal. La Brosse lit venir de tous côtés des plantes rares dont il orna ce jardin. Il y en avait plus de deux mille notices dans un catalogue qui fut livré hu public. Quelques années après, en 1640, Guy de la Brosse commença à faire des leçons publiques de botanique. C’était le premier médecin du roi qui était directeur du jardin des plantes. En ceue qualité, Valut et Lagon en eurent successivement l'intendance et l’enrichirent considérablement.

En 1665, on publia un nouveau catalogue des plantes du jardin royal, elles s’élevaient h plus de quatre mille. En tête de ce catalogue intitulé JJortus reqius , Fagon avait placé un petit poème latin. Robin, garde du jardin aes plantes , était tellement occupé de ses fleurs, que Guy Patin écrivait, en parlant de ce Kobin : « Cet homme fera changer le proverbe.

On ne dira plus , il ressouvient à Bob in de ses /lûtes ; mais il ressouvient à Bobin de ses /leurs. » Ce fui principalement sous l’administration de Colbert que \e Jardin des plantes prit de vastes développements. Ce ministre y institua des cours publics de botanique, de chimie, d’anatomie et de chirurgie. Au xvmc siècle, Buffon , Bernard de Jussieu, Daubenton contribuèrent à donner une nouvelle importance à cet établissement. Le premier en était directeur ; le second y professait la botanique et le troisième était conservateur du cabinet d’histoire naturelle. Depuis cette époque on n’a cessé d’agrandir le jardin des plantes , d’y réunir des spécimens de toutes les plantes et de tous les animaux et d’y perfectionner renseignement scientifique. Un rapport lu par George Cuvier à la séance publique de l’Institut (24 avril 1824) prouve que \c jardin des plantes renfermait alors vingtcinu mille espèces de plantes exotiques, tandis que, vingt ans auparavant, il n’en contenait que huit mil le. Yoy. Muséum d’histoire naturelle.

JARRETIÈRE ('Ordre de la). — Quoique cet ordre de chevalerie ait été fondé par un roi d’Angleterre, Édouard 111, il intéresse la Finance et par l’occasion qui Je lit instituer et par la devise qui est française. On prétend qu’il fut institué à l’occasion de la victoire remportée h Crécy par Édouard III ( 1346 ). Ce roi avait, dit-on, donné pour mot d’ordre garter (jarr etière). Une tradition plus commune mais peu historique, raconte que dans un bal la comtesse de Salisbury, qui était aimée

du roi, laissa tomber sa jarretière, et qu’Ëdouard 1 II la releva. Les courtisans s’étant mis à rire et la comtesse à rougir, le roi aurait dit : Honni soit qui mal y pense. Ces mots sont restés la devise de V ordre de la Jarretière .

JAUGEAGE, JAUGEUR. — On appelle jaugeage l’action de mesurer avec un bâton la capacité d’un tonneau. — Le jaugeage était aussi le droit que prélevaient les jaugeurs ou officiers chargés de s’assurer de la capacité des tonneaux et autres vases.

JAUNE (Couleur). — Le jaune était réputé une couleur ignominieuse. La rouelle ou marque distinctive que les juifs portaient sur leurs vêtements , suivant les prescriptions du concile de Latran tenu en 1215 , étaitde couleur j au ne. Après la révolte et la condamnation du connétable de Bourbon , la porte et le seuil de sa maison furent peints en jaune ( Sainte-Pal aye , v° jaune L « Ce qui, ajoute cet auteur, était l’ancien usage des Français. » On voit, sous Louis Xll , un cordelier faire amende honorable en babil séculier mi-partie de jaune et de vert, tenant une torche bigarrée des mêmes couleurs. On peignait encore en jaune, au xvne siècle, la porte et le seuil des maisons de ceux qui avaient trahi leur patrie. Lorsque le prince de Coudé eut abandonné la France pour passer du côté de l’Espagne , en 1653, un arrêt du parlement de Paris le condamna à mort comme coupable de haute trahison , et la porte de son hôtel à Paris fut peinte | en jaune ( Journal inédit du règne de Louis XIV , manuscrit de la Bibliothèque 1 impériale).

JEAN ( Feux de la Saint-Jean ). — Voy, Feux de joie et de la Saint-Jean.

JEAN (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ). — Cet ordre, fondé à la suite de la première croisade , a porté successivement les noms d ordre des Hospitaliers \ de Saint-Jean de Jérusalem , d'ordre de | Rhodes et d’ordre de Malte . Yoy. C11E- !

VALERIE.

JEAN-DE-DIEU (Religieux de Saint- )

— On appela aussi frères de la charit v ! ces religieux , qui furent établis en 160L Voy. Clergé régulier.

JEAN DE NIVELLE. — L’expression proverbiale de chien de Jean de Nivelle qui s'enfuit quand on V appelle vient, selon Furetière , de la conduite que tint Jean de Montmorency, seigneur de Nivelle. Ayant donné un soufflet h son père,

11 fut cité au parlement et sommé à son

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de trompe de comparoir en justice ; mais plus on l'appelait, plus il se hâtait de l'uir du côté de la Flandre. On le traitait de chien , ajoute le même auteur, à cause de l’horreur qu’inspirait son crime.

JÉIIU ( Compagnies de). — Les compagnies de Jehu ou de la vengeance, dont le nom mal compris a été quelquefois transformé en celui de compagnies de Jésus , s’organisèrent dans le midi de la France après le 9 thermidor ( 1794 ). Les membres de ces associations vengèrent des crimes par des crimes et commirent d’atroces violences en 1795. A Lyon, ils forcèrent les prisons , égorgèrent soixante-dix ou quatre-vingts terroristes qui y étaient enfermés et jetèrent leurs cadavres dans le Rhône (24 avriL 1795 ). Ces bandes étaient aussi désignées sous le nom de compagnies du soleil .

JÉRUSALEM. — Voy. Assises de Jérusalem et PÈLERINAGES.

JÉSUITES. — On appelle jésuites les membres d'un ordre religieux fonde en i54o, par l’Espagnol Inigu Lopez de lteealde, plus connu sous le nom d’Ignace de Loyola. Lesjésuîtess’établirent en France, (ni 1545. Au mois de janvier 1550 (1551), ils obtinrent des lettres patentes qui conlirmaiem la bulle qui instituait leur ordre et leur permettaient de bâtir un collège à Paris. Guillaume Duprat, évêque de Clermont , fonda alors pour les jésuites l’établissement qui s’est appelé suceessivement collège de Clermont, collège Louis te Grand , Prytanèe , lycée impérial , lycée Descaries , et en lin lycée Louis le Grand. L es jésuites ne s’établirent pas à Paris sans rencontrer de sérieux obstacles. 11 leur fallut soutenir contre l’université un long procès qui ne fut jamais jugé. Chassés par un arrèL du 29 décembre 1594 , à l’occasion de l’attentat de Jean Chàtel sur la personne de Henri IV, ils furent rappelés en 1603. Henri IV lit alors construire pour eux le collège de la Flèche. Us obtinrent en 1609 l’autorisation de reprendre leur enseignement à Paris et dans toute la France ; mais à condition que leurs élèves se soumettraient pour la collation des grades aux examens des universités. Depuis cette époque, les jésuites furent constamment les confesseurs des rois de France. Mêlés à toutes les affaires politiques, ils excitèrent des haines violentes , et leur ordre iinitpar être expulsé de France C 1762-1764).

Comme il est toujours difficile de parler des jésuites avec impartialité, j’emprunterai , pour faire connaître l’organisation de cet ordre , un passage de Fleury, dans

son livre de V Institution chrétienne ( Ir« partie, chap. xxu ) : « En 1534 , saint Ignace de Loyola jeta les fondements de la société des jésuites par le vœu qu’il lit avec ses dix compagnons , en la chapelle basse de Montmartre , près de Paris. Son institut fut approuvé, l’an 1540, par le pape Paul III. Il avait pour but le service du prochain dans tous les besoins spirituels , le catéchisme, la prédication, la controverse contre les hérétiques , l’administration de la pénitence. Il nomma sa compagnie la compagnie de Jésus qui s’est étendue par toute la terre habitable avec le succès que chacun voit. Elle est composée de quatre sortes de personnes : les écoliers , les coadjuteurs spirituels , les profès , les coadjuteurs temporels. Les profès sont le principal corps de la compagnie , et suivant la première approbation de leur institut ils ne devaient être que soixante ; mais leur grande utilité lit bientôt lever cette restriction. Les coadjuteurs spirituels sont les prêtres agrégés h la société pour faire les mêmes fonctions que les profès; mais la société n’est pas engagée de même à leur égard , et ils peuvent être congédiés quand il est jugé expédient. Les coadjuteurs spirituels sont comme les frères laies chez œs moines. En France, ils passent tous également pour religieux , dès qu’ils ont fait leurs vœux. Outre les trois vœux ordinaires , les jésuites profès en lont un particulier d’obéir au pape en tout ce qui regarde l’utilité des âmes et la propagation de la foi ; mais le pape n’use point de ce pouvoir, il le laisse au général.

« Les clercs réguliers , comme les jesuites et les theatins, dit encore Fleury ( ibid . , chap. xxv), sont établis à peu près sur le même pied que les moines mendiants, avec les memes pouvoirs d’exercer partout les fonctions ecclésiastiques et avec les mêmes privilèges. Ils diffèrent principalement des autres religieux, en ce qu’ils ne chantent point l* office , étant d’ailleurs assez occupés et ayant eu plus d’auraiis pour l’oraison mentale. Us ne pratiquent à l’extérieur aucune austérité corporelle, et ont gardé l’habit ordinaire des prêtres séculiers de leur temps. »

Les jésuites furent condamnés, en 1762 et 1763 , par la plupart des parlements, comme enseignant une doctrine dangereuse. Un édit royal du mois de novembre 1764, enregistré au parlement de Paris le ivr décembre suivant, abolit la société des jésuites en France, mais en permettant aux membres de cet ordre de vivra dans le royaume comme simples particuliers, soumis à l’autorité des évêques. Par

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