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les actes qui s’y rapportent : l’élection, la confirmation, la nomination, la présentation, la résignation, l’examen, la mise en possession, l’installation, l’expédition des lettres. Les canons traitent encore de simonte d’exigerquelque chose pour la permission d’enseigner (il s’agit d’enseignement ecclésiastique) , pour l’entrée dans Les monastères , qui ne doit avoir pour but que la pénitence et la perfection chrétienne ; pour la sépulture ecclésiastique, la consÆration des églises, la bénédiction nuptiale. Voilà à peu près les choses dont il est défendu de trafiquer. »

Les canonistes remarquent à ce sujet que, si la sépulture est due gratuitement aux pauvres, il peut y avoir des tarifs pour les convois et l’assistance des ecclésiastiques aux inhumations. Les monastères, qui n’avaient point été dotés, pouvaient recevoir des pensions viagères pour la subsistance des personnes qui y prenaient l’habit; tels étaient les couvents des carmélites, des ursulines, des filles de Sainte- Marie, etc. « Il n’y a point de simonie, dit encore Fleury (1. c.), à recevoir ce qui nous est offert volontairement, même à l’occasion de nos fonctions „ quoique les canons l’aient quelquefois détendu pour plus grande sûreté, à cause de la difficulté qu’il y a dans le for extérieur, de connaître si la rétribution est entièrement libre, et si celui qui la reçoit ne se l’est point attirée par quelque artifice. Il n’y a point de simonie à recevoir, ni même à exiger en justice les rétributions autorisées par l’usage public de l’Église, par les constitutions et les lois modernes, pourvu que l'intention de ceux qui usent de ce droit soit pure, et qu’ils n’aient en vue que de subvenir à leurs besoins temporels. C’est par ce principe que l’on peut sauver les annates et tout ce qui se paye à Home pour les provisions des bénéfices ; c’est une espèce de contribution que toute l’Église s’est imposée pour la subsistance du premier siégé.»

SIRE . — Ce mot, qui est fort ancien , signifie seigneur ; il paraît dérivé du grec KOptoç ou Kupoç, comme disaient les Grecs du Bas-Empire. Le titre de sire était donné, au moyen âge , à beaucoup de seigneurs . A partir du xvie siècle, il fut généralement réservé aux rois. Cependant , quelques seigneurs le prenaient encore au xvme siècle. MM. de Mesmes s’intitulaient sires de Gramayel et de Brie-Comte-Robert.

SIRVENTE, SÏRVENTO.IS. — Pièce de vers ordinairement satirique. Les sirventes des troubadours sont célèbres.

SIX-BLANCS. — Monnaie fabriquée sous

Henri II , en 1549. Elle valait deux sous six deniers. Depuis le règne de Louis XIV, les six-blancs n’étaient plus qu’une monnaie de compte. Voy. Monnaie , p. 824.

SIXTINES. — Décrétales qui composent le livre du droit canon, connu sous le nom de Sexte. Voy. SEXTE(Le).

SOBRIQUETS. — Surnom on épithète qui est donnée ordinairement pour signaler un défaut ou un ridicule. Les sobriquets sont individuels ou collectifs; ils s’appliquent à un homme, à une ville , à un peuple entier. Us sonttirés de quelque usage, d’une qualité ou d’un défaut physique ou moral; tels sont les noms de Courte-Heuse ou Courte-Botte , Court - Mantel , Bras-de-Fer , Longue-Epée, le Roux, le Long , le Juste , etc. Ces sobriquets sont souvent devenus les noms propres des vilains ou meme des noms de provinces. Ainsi le mot Picard n'était, dans l’origine, qu’un sobriquet, qui indiquait la vivacité du caractère. On trouve aussi des sobriquets appliqués à des villes entières. Levasseur , dans ses annales de Noyon, prétend qu’au xvnc siècle, on disait : Noyon - la-Sainte , Saint - Quentin- la-Grande , Péronne-la~Dévote , C hauny -la- Bien~ Aimée , etc. Les bossus d’Orléans , li souneor d’ Angers, les usuriers de Metz, les sots de Ham, etc., étaient aussi des sobriquets populaires qui avaient dû leur origine à quelque usage. Ainsi, pour Angers, le sobriquet s’explique par le grand nombre d’églises dont les cloches retentissaient dans cette ville; Metz comptait beaucoup de juifs accusés d’usure; il y avait à IJam uneconfrérie des sots, qui représentait les pièces appelés soties , et avait pour chef un prince des sots . On trouvera un grand nombre de sobriquets donnés à des villes et provinces , dans le Mercure des mois de septembre 1733, mars 1734 et février

SOCIÉTÉ. — Ce mot a été employé, à toutes les époques, comme synonyme d’association. On a formé des sociétés ou associations littéraires^ des sociétés de bienfaisance, des sociétés de buveurs, etc. Il est indispensable de parler rapidement des principales sociétés de cette nature qui ont existé en France.

§ I. Sociétés littéraires . — Une des plus anciennes sociétés littéraires dont parle' notre histoire , est celle que forma Charlemagne, sous le nom d y École palatine ; il avait réuni dans son palais des savants illustres pour cette époque, tels qu’Alcuin, Eginhard , Angilbert, Théodulfe, lliculfe, etc. Chacun des membres de l'é~

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cole palatine portait un surnom emprunté à l'antiquité. Charlemagne y présidait sous le nom de David; Alcuin portait celui d ’Albinus Flaccus, emprunté à Horace (Horatius Flaccus ) ; Ângilbert s’appelait Homère; Éginhard , Calliopeus , etc. Les questions qu'on agitait dans cette école palatine étaient quelquefois d’une grande futilité, comme le prouvent les œuvres d'Alcuin lui-même. On y trouve une série de questions qui ressemblent à des logogriphes : « Qu’est-ce que l’écriture? La gardienne de l'histoire. — Qu’est-ce que la parole? L'interprète de l'àme.— Qu’estce qui donne naissance à la parole? La langue. — Qu’est-ce que la langue ? Le fouet de l'air. — Qu’est-ce que l'air? Le conservateur de la vie. — Qu'est-ce que la vie? Une jouissancepourlesheureux, une douleur pour les misérables , l’attente de la mort. — Qu'est-ce que l'homme? L’esclave de la mort, un voyageur passager , hôte dans sa demeure.... Comment est-il placé? Comme une lanterne exposée au vent, etc. » Cependant , malgré la futilité de pareils exercices , l’école palatine eut un résultat utile; elle réveilla les esprits engourdis, et remit en honneur les études littéraires.

A l’époque féodale , et surtout lorsque la chevalerie donna aux esprits une nouvelle impulsion , il se forma des sociétés littéraires pour apprécier et couronner les chants des troubadours et des trouvères. Les puys (voy. Puy) établis à Rouen , à Caen, à Dieppe, à Amiens, les jeux sous formel , les cours derhétorique, les cours d'amour, etc., étaient des espèces d’académies où l'on jugeait les œuvres poétiques. Les cours d'amour surtout eurent une grande célébrité.

Cours d'amour. — « Le^^ur s d’amour, dit Le Grand d'Aussy dans son recueil des Fabliaux (1 , 270 et suiv.), les cours d'amour étendirent rapidement leur juridiction. Elles connurent de toutes les tracasseries des amants et de tout ce qui concernait la galanterie. Elles ajournaient les coupables à paraître, imposaieniune peine proportionnée, ordonnaient la rupture et prescrivaient la forme de la réconciliation. Leurs sentences, qu'on nommait arrêts d’amour (Martial d’Auvergne a fait un recueil avec commentaire de cinquante et un arrêts d’amour) , leurs sentences étaient tellement révérées, que personne n’eût osé en appeler. Des princes et des souverains (Alphonse , roi d'Aragon, Richard Cœur de Lion) ne dédaignèrent pas de présider les cours d’amour , et le fameux empereur d’Allemagne, Frédéric Barberousse, en forma une dans ses États, à l'imitation de celles de France. » On

trouve encore des cours d’amour au xvc siècle; il y en avait une à la cour de Charles VI ; elle se composait des messi res qui formaient la première classe, puis des grands veneurs , des trésoriers des Chartres et registres , des auditeurs , des chevaliers d'honneur conseillers de la cour amoureuse , des chevaliers tréso riers , des maîtres des requêtes , des presidents de l'ordre , des secrétaires , des concierges des jardins et vergers amoureux et enfin des veneurs .

Pléiade . — Le xvi« siècle, dans son admiration passionnée pour l’antiquité, renonça anx sociétés littéraires du moyen âge, ou, s’il en conserva les noms , il ies anima d’un nouvel esprit. Les poètes de la pléiade , Ronsard, Joachim du Bellay, Baif, Jodelle , Ponthus de Thiard, Bemy Belleau, Dorât, foruièrentavec leurs amis une société littéraire , qui poussa, dit-on, le désir d'imiter l’antiquité jusqu'à renouveler les cérémonies païennes. On raconte qu’en 1552, ils immolèrent un bouc couronné de fleurs en l’honneur de Jodelle, qui avait mérité , à leurs yeux , le prix de la poésie tragique. On leur fit un crime de cette manie ridicule , et ils furent obligés de se défendre contre l’accusation d’idolâtrie. La même école fit une tentative sous Charles IX pour fonder une académie. 11 est même probable que ceite société littéraire subsista quelque temps.

La Croix -du-Maine, à l’article de Jean- Antoine de B aï f, dit « qu'il florissait encore, en 1584, une académie fréquentée de toutes sortes d'excellents personnages, voire des premiers de ce siècle. »

Hôtel de Rambouillet. — Une nouvelle révolution dans le goût s’opéra, au xvne siècle, et les sociétés littéraires y devinrent une réunion d’esprits délicats , qui eurent d’abord le mérite de

Ï>olir la langue, et finirent par l'altérer à orce de recherche et d'affectation. Je ne parle ici que des réunions particulières , et non de F Académie française, dont il a été question ailleurs (voy. Académie).

L'hôtel de Rambouillet, où présidait Catherine de Vivonne , marquise de Pisani , fut le centre de la plus célèbre de ces réunions. Voiture, Balzac, Sarrazin , Chapelain, Ben'serade , Scarron , Scudéry , et même Corneille et Bossuet, fréquentèrent l’hôtel de Rambouillet. On y jisait des vers , on y entendait même des sermons. Ce fut là , si l’on en croit Tallemant des Réaux, que Bossuet prêcha à seize ans. Arnauld l’avait irtroduit à l'hôtel de Rambouillet, où il prononça son discours à plus de minuit. Aussi Voiture disait-il qu'il n'avait jamais entendu prêcher de si bonite heure ni si tard . Les

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réunions \ittéraires de l’hôtel de Rambouillet cessèrentà l’époque de laFronde, vers i65o. Alors commença le second âge des précieuses ( voy Précieuses) sous le patronage de Mlle de Seudéry.

Samedis de Mlle de Seudéry . — Mlle de Seudéry, célèbre par ses romans et désignée par ses contemporains sous le nom de Sapho , réunissait les samedis une société de beaux esprits, qui se déguisaient sous des noms romanesques. Pellisson étaii Acanthe , le secrétaire d’Êtat Guénéçaud , Alcandre , et sa femme Amalthee : l’évêqûe de Vence, Godeau, s’appelait le mage de Sidon ou le mage de Tendre. On poussa jusqu’au ridicule dans ces réunions le style affecté et prétentieux dont Molière fit justice dans ses Précieuses ridicules. On cite entre autres madrigaux sortis des salons de Mlle de Scudéry, le quatrain suivant qu’elle adressa à Pellisson :

Enfin, Acanthe, il faut bo rendre;

Votre osprit a charmé le mien :

Je voua fais citoyen de Tendre /

Mais, de grâce, n’en dites rien.

La carte du pays de Tendre (voy. Tendre ) , fut aussi rédigée dans ces réunions.

Autres sociétés littéraires du xviie et du xvm c siècle. — D’autres sociétés de la fin du xvii« siècle contrastaient, par la franchise un peu crue du langage, avec les samedis de Mlle de Seudéry. On cite principalement la société du Marais , que les Vendôme accueillaient au Temple et qui avait pour poètes l’abbé de Chaulieu et Jean-Baptiste Rousseau. On y remarque déjà la liberté de langage et de pensée qui ont caractérisé le xviue siècle, et qui se retrouvent dans les réunions de Mme du Deffant, deMmeGeoffrin, de Mme Doublet, etc. Le salon de Mme Doublet de Persan , oü se réunissait une société d’élite qu’on appelait la paroisse , rédigeait des nouvelles à la main , qui ont servi pour la com-

fiosition des Mémoires secrets publiés sous e nom de Bachaumont. La société du Caveau fut fondée vers le même temps par Piron , Collé , Panard , etc. « Le Caveau, écrivait Grimm , est le nom que l’ori donne à un café fort à la mode, placé dans un petit souterrain arrangé avec goût, dans le jardin du Palais-Koyal. 11 est tenu par le nommé Dubuisson. Les agréables oisifs, les habitués de l’Opéra, et surtout les amateurs de bonnes glaces, dont il s’y fait un débit prodigieux, s’y rendent à différentes heures du jour. Quelques gens de lettres y vont faire leur digestion plus ou moins laborieuse. C’est un tribunal duquel on peut appeler à celui du bon sens, mais dont les décisions font tou-

jours une impression momentanée. » Les arrêts de la société du Caveau étaient souvent rendus en chansons et portaient sur les productions des membres mêmes de la société. Le salon des arts était placé au dessus du café du Caveau; il y avaii un salon de conversation , un salon de lecture, une galerie pour l’exposition des ouvrages des artistes et une salle de musique." La société du Caveau , qui réunissait les plaisirs de l’esprit aux plaisirs de la table, forme la transition entre les sociétés littéraires et les réunions d’épicuriens, qui ont existé sous les noms de Fumeux , de Coteaux , des Egyptiens , des Lanturelus , etc.

§ II. Sociétés burlesques . — On trouvea toutes les époques de ces sociétés barlesues , dont le but est le plaisir assaisonné e bons motset d’une gaieté peu délicate. Voici quelques-unes des sociétés de ce genre, qui peuvent être citées sans inconvénient : l’ordre des Egyptiens , qui fut fondé à Metz, vers 1635, par Mlle de Pré, nièce du marquis de Feuquières , alors lieutenant du roi dans cette ville. I/abbe Arnauld, son cousin, donne dans ses Mémoires quelques détails sur cet ordre burlesque. « Elle l’avait appelé Ordre des Egyptiens, dit-il, parce qu’on ne pouvait y être admis qu’on n'eût fait quelque larcin galant. Elle s’en était faite la reine sous le nom d'Épicharis, et tous ses chevaliers portaient, avec un ruban gris de lin et vert, une gritfe d'or avec ces mots : rien ne m'échappe. Beaucoup dofficiers de l'armée et du parlement, qui était à Metz . avaient été enrôlés dans cet ordre, qui était fort à la mode ; car il fallait avoir quelque esprit pour y être admis , puisqu’on ne le pouvait être qu’en présentant une requête en vers à la reine Ëpicharis. Et je me souviens , à propos de cela, d’un fort honnête homme, M. de Vivans . qui était chambellan de feu M. le duc d’Orléans et capitaine de cavalerie, lequel, voulant être aussi de cet ordre, et n’ayant pu obtenir de dispense de la requête en vers , comme il n’était pas né poète , quoique gascon , fit enfin celle-ci , qui donna plus de plaisir qu’une meilleure :

Princesse , rocevei Vivans ;

Tout le monde vous y condamne ;

Jo reconnais qu’il a dessein

Oo vous servir, ou Dieu me damne.

Jj ordre des Coteaux , dont parlent, entre autres écrivains, Boileau et La Bruyère, fut tonde dans les circonstances suivantes, si on en croit l’auteur de la vie de Saint -Évremond: « Un jour que Saint-Évremond mangeait chez M. de Lavardin, évêque du Mans, cet érêque se prit à le rail-

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1er sur sa délicatesse, et sur celle du comte d'Olonne et du marquis du Bois- Dauphin. Ces messieurs, dit ce prélat, outrent tout à force de vouloir raffiner sur tout. Ils ne sauraient que manger du veau de rivière ; il faut que leurs perdrix viennent d'Auvergne, que leurs lapins soient de la Roche-Luyon ou de Versine. Ils ne sont pas moins difficiles pour le fruit, et, pour le vin, ils ne sauraient boire que des trois coteaux d’ Aï, de Haut-Villiers et d’Avenay. M. de Saint-Evremond ne manqua pas de faire part à ses amis de cette conversation , et ils répétèrent si souvent ce qu'il avait dit des coteaux , et en plaisantèrent en tant d’occasions , qu'on les appela les Trois-Coleaux. » Coteau devint synonyme de gourmet Saint-Êvremond , un des fondateurs de l'ordre, a lui-même composé une comédie intitulée les Coteaux ou les marquis friands.

L’ ordre de la Boisson , institué à Avignon, en 1700 , publiait une gazette sous ce titre : Nouvelles de V ordre de la Boisson ; ces nouvelles étaient en harmonie avec le but de l’association ; quelquefois elles étaient rédigées en vers. On y annonçait ainsi la victoire de Denain s

A la barbe des ennemis,

Villars s’est emparé des lignes ;

S’iJ vient à s’emparer des vignes,

Voilà les Allemands soumis.

Vers le même temps, quelques officiers de la cour organisèrent, sous le nom de régiment de la Calotte , une société qui se proposait de châtier les vices et les ridicules. Voy. Régiment de la Calotte.

La duchesse du Maine fonda, en 1703 , Tordre de la Mouche à miel, qui fut un des amusements de la cour de Sceaux. La médaille de cet ordre a été gravée dans les Récréations numismatiques de Tobiesen-Duby ; elle présente d'un côté la tête de la duchesse du Maine, avec la légende L. bah, d. sc. D. P. D. L. O. D. L. M. A. M. ( Louise . baronne de Sceaux , directrice 'perpétuelle de V ordre de la Mouche à miel). On voit sur le revers une abeille qui se dirige vers la ruche avec la devise: Piccola si, fa ma gravi le ferite (je suis petite, mais pourtant je fais de profondes blessures). Les nouveaux chevaliers devaient prononcer, en recevant Tordre, le serment suivant : «Je jure ? par les abeilles du mont Hymette, fidélité et obéissance à la directrice perpétuelle de Tordre, de porter toute ma vie la médaille de la Mouche, et d’accomplir , tant que je vivrai, les statuts de Tordre, et, si je fausse mon serment , je consens que le miel se change pour moi en fiel , la cire en suif , les fleurs en orties , et que les

guêpes et les frelons me percent de leurs aiguillons. » L’ordre de la Mouche à miel n'eut, comme toutes les sociétés ingénieuses ou bizarres que nous venons do rappeler , qu’une existence éphémère. ïl en fut de même des Lanturelus .

La société des Lanturelus fut fondée en 1771 , à l’époque où la lutte du chancelier Maupeou contre le parlement inspirait des idées d’une tout autre nature. Le marquis de Croismare fut le fondateur de cette société , qui chercha par des poésies légères et des cérémonies burlesques à distraire Tnpinion publique. Mme delà Ferté-Imbault fut nommée d’abord grande maîtresse, puis reine de cette société, qui n'a laissé d’autre trace de son institution que quelques pièces fugitives disséminées dans les recueils du temps.

Nous allons indiquer les associations charitables et les sociétés de commerce.

Sociétés de bienfaisance et de secours mutuels . — Les sociétés qui ont pour but de secourir la pauvreté et d’encourager le travail, ont pris de nos jours un grand développement. Cependant on trouve déjà, au moyen âge, de nombreuses associations charitables, et aussi des sociétés de coopération. Telles étaient les sociétés taisibles (voy. ce mot) formées entre des serfs ou des hommes libres.

Depuis un certain nombre d’années, il s’est forme à Paris et dans la plupart des villes de Fï'ance , des sociétés de bienfaisance pour le placement des jeunes orphelins et des jeunes apprentis, pour la moralisation des jeunes détenus, pour le patronage des jeunes libérés. La sociètè d' adoption se charge des enfants trouvés, des enfants pauvres, et en forme des colonies agricoles. La société de saint François Regis a pour but de changer en mariages réguliers les unions illégitimes. La société de la charité maternelle secourt les femmes en couche et fournità leurs besoins. D’autres sociétés de bienfaisance distribuent à domicile des secours aux familles pauvres.

Les sociétés de secours mutuels assurent à ceux qui en font partie des secours en cas de maladie, moyennant une faible cotisation. Le gouvernement encouragea * par une circulaire du 6 août 1840, ces so ci étés qui commençaient à s’organiser.

« Elles réalisent au plus haut degré, écrivait le ministre de l’intérieur aux préfets, les conditions d’un bon système de secours formés par les économies de ceux mêmes qui doivent, en cas de besoin , y prendre part. » Depuis quelques années , les sociétés de secours mutuels ont pris de vastes développements, et se sont établies dans presque toute la France ; elles ont

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mérité et obtenu déplus en plus l’appui du gouvernement.

Sociétés dd commerce . — Les sociétés de commerce soni tantôt anonymes, tantôt représentées par un gérant responsable.

Dans le premier cas , elles n’offrent au public qu'un patrimoine pour garantie, et n’ont point de personnes obligées. Ces so ciétés anonymes ne peuvent être formées qu’avec: l’autorisation du gouvernement et avec son approbation pour les actes qui les constituent. Cette approbation doit être donnée dans la forme prescrite pour les règlements d’administration publique (Code de comm., art. 37). Cette intervention du gouvernement est nécessaire, comme l’a remarqué M. Troplong ( Du contrat de société ), pour des sociétés qui cachent aux yeux du public tout leur personnel, et qui n’offrent aux tiers aucune personne saisissable ; sans l’autorisation, la société anonyme ne serait qu’un piège audacieux tendu aux capitalistes et au public. Cette autorisation n’est accordée qu’uprès des informations scrupuleuses faites au ministère et au conseil d’État par l’intermédiaire des préfets.

SOCIÉTÉ D 'ENCOURAGEMENT. — Société pour l’encouragement de l’industrie française formée quelques années avant la révolution, et rétablie, e:;> 1802, par les soins de Chaptal et par le Conc ours d’un grand nombre de savants, de fonctionnaires publics, de propriétaires et de manufacturiers.

SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE. — Société fondée le 2 décembre 1821 , dans le but d encourager les études et les découvertes géographiques. Elle décerne des prix aux meilleurs ouvrages de géographie, faitentreprendre des voyages, publier dos relations inédites de voyages, graver des cartes , etc Elle publie un bulletin de ses séances , et rend compte, chaque année, de ses travaux dans une assemblée géneraie.

SOCIÉTÉ DU PRINCE IMPÉRIAL. — Fondée en 1862, elle a pour but de prêter aux travailleurs. Les ressources qu’elle doitaux souscriptions de la jeunesse servent à avancer aux paysans et aux ou* vriers des outils et o’es matières premières.

SOCIÉTÉ PHILOMATHIQUE.— Association formée en 1793, pour l'encouragement des études scientifiques. Elle se divise en huit sections : 1° mathématiques, astronomie et géodésie ; 2° physique générale et mécanique appliquée 5 3° chimie et arts chimiques; 4° minéralogie, géologie, art des mines; 5° botanique et physique végétale ; 6° zoologie, anatomie et

physiologie; 7° médecine et chirurgie, 8° géographie, statistique et économie ru» raie. Elle publie un bulletin mensuel.

SOCIÉTÉ ROYALE DE MÉDECINE. — Cette société fut fondée en 1778. Le gouvernement l’avait chargée d’examiner les remèdes dont les inventeurs demandaient un brevet, et lui avait confié l’administration des eaux minérales et médicinales; elle devait aussi entretenir sur toutes les questions de médecine pratique une correspondance suivie avec les médecins les plus habiles de la France et des pays étrangers. Elle était divisée en cinq classes : la première, de trente associés ordinaires ; la seconde, de douze associés libres ; la troisième, de soixante associés vinicoles; la quatrième, d’un pareil nombre d’étrangers; la dernière, d’un nombre indéterminé de correspondants.

Le roi était le protecteur de la Société royale de médecine , et son premier médecin en était le président. Elle avait pour secrétaire général , en janvier 1789 , le célèbre Vicq-d’Azir, membre de l’Académie française et de l’Academie des sciences. Elle tenait ses assemblées tous les mardis et mercredis.

SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE FRAN- CE-— Instituée , en 1805 , sons le nom a Académie celtique , cette société a pour but d’étudier les antiquités nationales.

Elle a été réorganisée en 1814 sous le nom de Société royale des antiquaires de b rance. Elle a publié des mémoires sur un grand nombre de points d’arcbcologie. — Plusieurs provinces, et spécialement la Normandie, ont aussi des sociétés d’antiquaires , qui secondent ulilement les études d histoire locale par la distribution de prix et la publication de mémoires.

SOCIÉTÉ D’AGRICULTURE. — Cette société pour l’encouragement de l’agriculture , avait été fondée à Paris , en 1761 , à 1 époque où l’école des phvsiocrates (voy. ce mot) proclamait l’agriculture la principale et presque l’unique source des richesses. Loui3 XVI , par un règlement j en fit le centre commun

des d îlfe rentes sociétés d’agriculnne du royaume. Elle était composée de quarante associes ordinaires, d’autant de membres etrangers , choisis hors du royaume, do cent vingt correspondais ts regnieoles , et d un nombre illimité de correspondants etrangers. La société publiait lous les trois mois un volume de mémoires. Scs assemblées se tenaient une rois par semaine à l’hôtel de ville. Elle décernait, dans sa séance publique , des médailles

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