SOI
pauvres. Cet ordre a été approuvé par le saint-siège en 1854.
SOFA ou SOPHA. — Espèce de lit de repos à trois dossiers, dont l'usage a été introduit en France au xviii* siècle. Le nom de sofa a été emprunté à la langue turque. Ce meuble a été aussi désigné sous le nom d’ottomane et de divan . Le goût européen n'a pas suivi servilement lu mode turque. Nos sofas diffèrent de ceux des Turcs qui se composent d'une estrade ou plancher de bois élevé d’environ un pied et placé à l’extrémité d'une salle ou d'une chambre et sont converts de grands coussins et de tapis ; ils servent également pour s’asseoir ou se coucher.
SOIE , SOIERIES. — La soie , dont les Romains payaient la livre au poids de l'or, fut pendant longtemps tiree de l'Asie. On rapporte que deux moines , qui avaient habité le pays des Sères ou la Chine, en rapportèrent à Constantinople des œufs de vers à soie , cachés dans des bâtons creux. Ils enseignèrent aux Grecs, alors gouvernés par Justinien (527-565;, l’art de faire éclore les œufs, de nourrir les vers à soie et de profiter de leur travail. On ne tarda pas à acclimater des vers à soie en Italie , d'où l’art de fabriquer la soie se répandit dans la Provence, que sa position et ses relations politiques unissaient étroitement à cette conirée. Louis XI établit les premières manufactures de soieries aux environs de Tours. Il attira des ouvriers italiens qui enseignèrent aux Français à fabriquer la soie , et, dès 1546 , l'ambassadeur vénitien, Marino Cavalli , écrivait que la France faisait un commerce de soieries très-important ( Relations des ambassad.
vénitiens , I, 259 ). On comptait à cette époque huit mille métiers travaillant la soie dans la ville de Tours et aux environs. Le climat contrariait souvent l'éducation des vers à soie; mais , dit Marino Cavalli, on tâchait de réussir à force d'industrie. On remarqua qu'en 1559 , le roi Henri II aux noces de sa sœur, avait des bas de soie ; il lut , dit-on, le premier qui en porta en France. Montluc traçant, vers le même temps, le portrait d’un seigneur élégant, dit qu’il portait une chemise ouvrée de soie et un chapeau de soie grise.
Les guerres de religion arrêtèrent les progrès de l’industrie sérieole. Ce fut seulement après la pacification de la France par Henri IV qu'Olivier de Serres publia, en i599 , l’ouvrage intitulé la Cueillette de la soie. Il le dédia au corps municipal de Paris pour exhorter les ha-
bitants de cette ville à la culture du mûrier. Il y soutenait que partout où cr©ît la vigne on peut recueillir de la soie , que les deux châteaux de Vincennes et de Madrid (près du bois de Boulogne) pouvaient seuls contenir trois cent mille mûriers; et que cette nouvelle branche d'industrie occuperait utilement tous les pauvres de Paris. Cet ouvrage fit une profonde impression , et Henri IV, maigre l’opposition de Sully, encouragea les plantations de mûriers et l’industrie sérieole. Il ordonna de planter des mûriers blancs dans toutes les maisons royales , et envoya dans les provinces méridionales le surintendant général des jardins royaux avec mission d’acheter des plants. On en rapporta quinze à vingt mille qui furent plantés dans le jardin des Tuileries. L'orangerie de ce même jardin fut consacrée à élever des vers à soie , ainsi qu'à préparer et manufacturer la soie qu’ils produiraient.
Henri IV favorisa toutes les entreprises qui avaient pour but d’encourager cette branche d’industrie. Des commissaires spéciaux furent chargés de parcourir la France pour y étendre la culture du mûrier et provoquer l’établissement de nouvelles manufactures. En 1602, des contrats furent conclus par le gouvernement avec, des marchands qui se chargeaient de fournir des mûriers et une certaine quantité de graine de vers à soie aux généralités de Tours, d’Orléans, de Paris et de Lyon. U fut en même temps décidé que, dans ces quatre généralités, les feuilles de tous les mûriers qui étaient déjà plantés ne pourraientètreemployées, cette année-là, qu’à la nourriture des vers à soie . En un mot, Henri IV ne négligea rien pour exciter l’industrie et l’émulation de ses sujets. En vain Sully, par suite de la haine qu'il portait à tous les objets de luxe , désapprouva et combattit cette industrie naissante. Henri IV persista dans ses projets; il affranchit entièrement la France du tribut qu’elle payait à l'étranger pour les soieries et il Ja dota d'une industrie, qui est devenue , de jour en jour, plus florissante. Louis XIII, dans ses lettres patentes en faveur des manufactures de soie de Tours, avait reconnu que cette industrie faisait vivre plus de vingt-cinq mille personnes du, menu peuple , dans V enclos de cette ville. Mais ce fut principalement sous le ministère de Colbert que l'industrie séricole prit de vastes développements. Lyon, jui pendant longtemps n'avait été qu’un comptoir et un lieu d’entrepôt, rivalisa bientôt avec les villes d'Italie les plus renommées pour leurs tissus d esoie( et
ce fat surtout à l’impulsion donnée par Colbert que la France dut le développement de cette branche d'industrie. Lyon eut des fabriques de bas de soie et bientôt de soieries de toute nature ( Correspond, administr. sous Louis AVI*, t. III, p. 665- 684 ). Ce fut aussi au xvn® siècle qu’un fabricant de Lyon trouva le moyen de donner du lustre aux soieries ; ce qu'on appelle donner Veau . Dazzs la seconde moitié du xvmc siècle, on introduisit en France le ver qui donne la soie d’un blanc parfait. On a repris, en 1808, l'éducation de ce ver à soie, et elle a donné d’excellents résultats. Voy. l'ouvrage de M. Michel sur le Commerce , la Fabrication et l’usage des étoffés de soie (2 vol. in-4°).
SOLDATS. — Ti’oupes régulières et soldées. Les armées régulières et permanentes ne datent en France que du règne de Charles VIL Voy Armée , Organisation militaire , Recrutement, Service