STA
SÎÀ
STAC AT MATER. — Ce chant d’église a été composé au xiv« siècle, par un moine italien , Jacopone , de l'ordre des frères mineurs ou franciscains. Les musiciens les plus célèbres, entre autres Pergolèse et Haydn, se sont exercés à en composer a musique.
STALLE. — Autrefois les chanoines devaient se tenir debout pendant tout l’office. Les plus anciens obtenaient seuls l’autorisation de s’appuyer sur un bâton. Dans la suite, on leur permit de s’appuyer sur les bords de leurs stalles qu’on appela indulgences. Enfin, on leur ménagea , à hauteur d’homme, un siège que Ton appela patience ou miséricorde Ces parties des stalles étaient quelquefois sculptées avec beaucoup de soin. Les stalles de la cathédrale de Cologne, entre autres, sont curieuses à étudier pour Part et les mœurs du moyen âge.
STATIONS, — On appelait stations , dans l’ancienne liturgie, des repas ou des distributions d’aliments, consistant d’ordinaire en chair de porc, de bœuf, de mouton, en poules, en pain, en gâteaux et en vin. Ces distributions se faisaient à certaines fêtes ou époques de l’année; mais, dès le xme siècle, la plupart avaient été converties en argent. D’après un acte du mois de juin 1230, qui contient un règlement sur cette malière , dix-neuf stations principales avaient été instituées dans l’Eglise de Paris. L’évêque en avait six a sa charge, le chapitre cinq, le chancelier une, Saint-Victor une, Saiiu-Benoît une, PHôiel-Dieu une, Saint-Êloi une, Saint-Gervais et Saint- jean en Grève réunis une, Saint-Paul une, Saint-Laurent une. Les six stations de l’évêque , dont les quatre premières étaient appelées repas ( pastus ) , et les deux dernières sta tiones , avaient lieu aux fêtes de Noël, de la Puiilication , de Pâques, de l’Assomplion , de la Pentecôte et de la Nativité de la Vierge ; les cinq du chapitre , aux fêtes de saint Magloire, de la Toussaint, de saint Genou ( 8 février ) , de TÈpipbanie , et, la cinquième . d'abord à la Saint- Augustin , puis au dimanche de la Septuagésime f privicarnium ); celle du chancelier à la Sairu-Merry ; celle de Saint-Victor à la Saint-Denis ; celle de Saint-Benoît à la Saint-Benoît; celle de PHôtel-Dieu à la Saint-Christophe ; celle de Saint-Eloi k laSaint-Élui (ier décembre); celle de Saint- Gervais et de Saint-Jean en Grève à la Saint-Gervais, celle de Saint-Paul à la commémoration de Saint-Paul (30 juin); celle de Saint-Laurent à la Saint- Laurent* Le montant des Irais de ces dix-neuf stations évalués en argent, pouvait s’élever,
d’après le calcul de M. Guérard ( Préface du Cartulaire de Notre-Dame de Paris , p. CLXm), à deux cent quarante livres parisis environ , dont quarante livres représentaient à peu près le prix du vin; mais le pain et quelques autres aliments de peu de valeur étaient livrés en nature, et n’entrent pas dans l’évaluation des frais. Les personnes qui participaient aux distributions des stations étaient les cinquante et un membres du chapitre, le vicaire de Saint-Victor, les six vicaires perpétuels, le marguillier laïque, le sénéchal, le panetier, le cellerier, le grainetier, les clercs du chœur, le cuisinier, le boucner, les aides de cuisine. Les chanoines de Saint-Denis du Pas, de Saint-Jean le Bond, les prêtres de Saint-Christophe et quelques autres étaient admis à plusieurs stations ; celles dont ils étaient exclus portaient le nom de stations simples. Voy. pour les détails le Cartulaire de Notre- Dame de Paris , préface, § 5i.
STATISTIQUE. — Science qui a pour but de faire connaître les richesses ou les ressources d’un pays en indiquant avec précision le nombre des habitants, l’étendue du territoire, la nature des productions , les établissements industriels , le commerce , etc. Le mot statistique est récent , et paraît avoir été adopté pour la première fois dans la seconde moitié du xviii® siècle, vers 1768 ; mais longtemps auparavant on s’était occupé de statistique.Dès 1664, Colbert, dans un mémoire rédigé pour les maîtres des requêtes envoyés dans les provinces, leur demandait une véritable statistique politique, industrielle et morale de la France. Ce projet ne reçut vraisemblablement pas une exécution complète; du moins on n’en trouve pas de preuves. Mais vers la fin du xvii® siècle, les intendants rédigèrent par ordre de Louis XIV une statistique de la France destinée à l’instruction du duc de Bourgogne. Ces statistiques existent en manuscrit dans un grand nombre de bibliothèques. Le comte de Boulainvi Hiers en a publié un résumé sous le titre d’Etat de la France ( 1727 , 3 vol. in-fol.; 1737,6 vol. in-12 ; 17 32, 8 vol. in- 12). Comme les mémoires des intendants notaient pas rédigés d’après un plan uniforme , cet ouvrage n’est pas une statistique satisîaisanie Il est impossible , par exemple , en comparant les renseignements que ces mémoires fournissent, d’évaluer avec précision la population de la France à la fin du xvue siècle.
C'est seulement depuis la révolution et surtout depuis le consulat que la centralisation a permis d’arriver à une sta-