‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 188 sur 224 · SUI · texte numérisé non relu

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rent un nouvel établissement, danslequel ils reprirent une culture qu’ils avaient été forcés d’abandonner , et qu’ils enseignèrent à leurs nouveaux compatriotes. Les colons de Saint-Domingue trouvèrent les mêmes secours dans ia partie de l’île qui était possédée parles Espagnols. Partout enfin les colonies françaises plantèrent des cannes à sucre , et bien tôt ces plantations, par l’économie des cultivateurs, par la qualité supérieure du sol, par le prix plus modéré que ce double avantage permit de donner à la denrée , eurent un tel succès, que non-seulement elles approvisionnèrent le royaume , mais encore plusieurs pays- étrangers. Une Vie de Colbert, imprimée en 1 695 , parle déjà de ce commerce comme faisant le plus grand revenu des habitants de la Martinique.

Dans les premières années du xix« siècle , pendant les longues guerres qui interceptaient les communications de la France avec l’Amérique , on chercha à remplacer le sucre colonial par un sucre extrait du raisin, de la prune, du miel, etc. Le gouvernement encouragea ces tentatives et en récompensa les auteurs. C’est ce qui fit dire à un poète du temps :

Pour avoir composé

De sirop do raisin trois ou quatre topettes ;

Mon vieil apothicaire est mis dans les gazettes.

De toutes ces tentatives, une seule eut aes résultats durables; ce fut la fabrication du sucre de betterave. Le comte Chaptal et M. Mathieu de Dombasle contribuèrent, par leurs ouvrages de chimie appliquée à l’agriculture, à propager cette nouvelle branche d’industrie. En 1837, la fabrication du sucre indigène avait pris de si grands développements, qu'on la frappa d’un impôt (loi du 18 juillet 1837). Les tarifs ont été modifiés par des lois du 3 juillet 1840 etdu 2 juillet i843.Voy. V Histoire de la vie privée des Français , par Le Grand d’Aussy,à laquellej’ai emprunté une parue de cet article.

SUICIDE. — Le suicide , ou mort volontaire, a de tout temps été condamné par 1 Eglise. Le concile d’Arles , tenu en 452, traite de fureur diabolique la pensée oui porte l’homme au suicide ( si quis aiabolico repletus fur or e se percusserit). On voit , par les récits de Grégoire de Tours, que ceux qui se suicidaient étaient pi îves de la sépulture ecclésiastique. Ii raconte (liv. IV, chap. l) que le comte l alladius s étant tué, son corps fut porté au monastère de Cournon , et y fut enseveli, niais en dehors des sépultures chrétiennes, et qu’on ne célébra pas de messe après sa mort. Les Capitulaires de CharlemaMne défendent aussi de dire des

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messes pour ceux ^ui se sont tués ( mis sis careant ). Les légistes du moyen âge réprouvent également le suicide m Beaumanoir l'assimile à i'empoison&ement ( coutume de Beauvoisis , édit, de la Thaumassière, p. 149J. On voit dans la Somme rurale de Boutiiier (liv I et II), que le suicide entraînait îa confiscation des biens du défunt, et que le corps du suicidé était pendu ou brûlé. Les Etablissements de saint Louis (chap. lxxxvi ) portaient les mêmes peines contre le suicide Les coutumes locales renferment des dispositions analogues. A Abbeville, on traînait le cadavre du suicidé par une ouverture pratiquée sous le seuil de la maison oii la mort avait eu lien. Il en était de même à Metz. Quelquefois on plaçait le corps des suicidés dans des tonneaux qu'on abandonnaitcnsuite au cours de la Moselle. U Arbre des batailles , manuscrit cité par Sainte-Pal-aye (v° Supplice) , s'exprime ainsi : «Si un homme se tuait, il en serait puni plus que d’un autre icrimej. Car l’âme en serait damnée en enfer, et en ce monde le corps au gibet et les biens au seigneur confisqués. »

Les lois contre les suicides furent maintenues jusqu’à la fin de l’ancienne monarchie. Les biens de ceux qui s'étaient suicidés appartenaient encore au roi, du temps de Louis XIV. Le roi en faisait don aux courtisans et même aux dames de la cour On lit dans le Journal de Dan geau , à la date du 6 août 1689 ; « Le roi a fait don à Mme la princesse d’Harcourt d’un homme qui s'est tué lui — même, dont elle espère tirer beaucoup.

On dit qu’il a plus de vingt mille livres de rente. »

Au xvme siècle, les philosophes attaquèrent les dispositions des anciennes coutumes relatives aux suicides . Montesquieu les traite d’injustes ( Lettres persanes, lettre lxxiv ). Voltaire en parle avec encore plus de vivacité ( Diction- ?i aire philosophique , art. de Caton et du suicide ) : « Nous traînons encore sur la claie, nous traversons d’un pieu le cadavre d’un homme qui est mort volontairement ; nous rendons sa mémoire infâme autant qu’on le peut ; nous déshonorons sa famille autant qu’il est en nous; nous punissons le fils d’avoir perdu son père , et la veuve d’être privée de son mari. On confisque même le bien du mort; ce qui est, en effet, ravir le patrimoine des vivants auxquels il appartient. Les C^odes modernes ont aboli les peines portées contre les suicides . Voy. dans la Bibliothèque de l’Ecole des Chartes (1™ série, t. lil, p. 538, et t. IV, v. 242 et 456), trois articles de M. F. Bour-

quelot , sur la mort volontaire au moyen âge.

SUFFRAGANTS. — Évêques subordonnes a un métropolitain. Voy. Evêchés et Evêques.

SUFFRAGE UNIVERSEL. — Système d élection , d’après lequel tous les citoyens, âgés de vingt et un ans et n’ayant encouru aucune des incapacités prévues par la loi , sont appelés à voter pour la nomination des membres du corps législatif, des conseils généraux et municipaux. La Constitution de 1791 n’avait admis le suffrage unir erseZ qu'avec certaines restrictions (voy. Électeurs, p. 342). La Constitution de 1793 proclama le suffrage universel sans restriction. En 1848 et en 1852, les Constitutions ont rétabli le suffrage universel et reconnu le droit électoral de tous les Français âgés de vingt et un ans et jouissant des droits civils.

SUISSES. — Voy, Gardes suisses et relations EXTÉRIEURES, p. 1056.

SUISSES (Cent). — Yoy. Maison nu roi, p. 712, 2e colonne.

SULPICIENS. — Ecclésiastiques du séminaire Saint-Sulpice, à Paris, ou des autres séminaires de France qui en dépendent. La congrégation des Sulpiciens a été fondée en 1 641, par J. J. O/lier. Confirmée par lettres patentes du roi en 1645, cette congrégation prit un grand développement et fonda plusieurs séminaires en France et même en Amérique. Parmi les supérieurs de la congrégation de Saint- Sulpice , on remarque, outre l’abbé Ollier, l'abbé Tronson , mort en 1700, et l'abbé Émery, mort en 1811. Fénelon professait une grande estime pour la congrégation de Saint-Sulpice . « Il n'est rien, écrivaitil , de si apostolique et de si vénérable que Saint-Sulpice. » Cette congrégation a survécu à la Révolution et dirige encore aujourd'hui plusieurs séminaires.

SUPERIEURES (Cours). — Nom donné en 1665 aux tribunaux qui s’intitulaient antérieurement Cours souveraiyies , tels que le parlement de Paris , le grand conseil , la chambre des comptes et la cour des aides.

SUPERSTITIONS. — La superstition ou croyance à une puissance imaginaire a existé de tout temps et a exercé une grande influence sur les coutumes des nations. On peut distinguer les croyances superstitieuses et les pratiques superstitieuses.

i° Croyances superstitieuses . — Les croyances superstitieuses existent surtout

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