TA
on traçait des caractères au moyen d’un instrument dur et aigu , appelé style . Au moyen âge , les comptables employaient souvent des tablettes de cette nature, et plusieurs de leurs comptes de recettes et de dépenses sont parvenus jusqu’à nous.
L’abbé Le Beuf appela l’attention sur ces documents historiques par une notice insérée dans le t, XX , p. 267 , des Mémoires de V Académie des inscriptions et belles-lettres. En 1779? on publia le texte de six tablettes qui renfermaient des comptes de l’hôtel de Philippe le Bel. De nos jours., on est parvenu à déchiffrer des tablettes demême nature, conservées aux archives de l’empire et contenant les comptes de l’hôtel de saint Lcuis - pour les années 1256 et 1257. On a réussi à enlever la poussière qui recouvrait ces tablettes et les rendait presque illisibles. M. de Wailly, qui en a préparé la publication pour le tome XXII des Historiens des Gaules et de la France , en a donné la description dans le t. XVIII des Mémoires de l’Académie des inscriptions (1849): «Ces tablettes , dit-il, se composent de quatorze feuilles en bois de platane, enduites de cire, sur le recto et le verso , excepté la première et la dernière , qui en portent seulement sur leur surface intérieure, parce que Vautre côté n'était destiné qmà servir de couverture au re gistre. Ces feuilles, arrondies par le haut, ont vingt centimètres et demi de largeur, sur quarante-sept centimètres et demi de hauteur, y compris la partie cintrée, qui commence à peu près a trente- neuf centimètres de la base. Sur chaque feuille , l’espace réservé à la cire est environ de dix -huit centimètres sur quarante- trois. Cet espace est entouré d’une marge qui a un peu plus de un centimètre à la base et sur les deux côtés, mais qui s’augmente graduellement sous la partie cintrée en formant sous le cintre principal deux courbes intérieures , dont le point d’intersection est à trois centimètres du haut de la feuille. Cette forme élégante est exactement dessinée sur toutes les feuilles ; en outre, l'espace circonscrit par les marges a été légèrement creusé , et avec tant de précision , que la couche de cire , qui n’est guère que de un millimètre , se trouve parfaitement de niveau avec i a marge qui l’entoure. L’épaisseur de chaque feuille varie entre sept et huit millimètres, et celle du registre, tout relié (au moyen de bandes de parchemin passées snr le dos des tablettes ), n’excedait guère dix centimètres, c’est-à-dire qu’on avait réussi à réunir les quatorze feuilles de bois et à les rapprocher avec une exactitude presque mathématique. »
TABOURET ( Droit du ). — L’étiquette de l’ancienne monarchie n’accordait le tabouret chez la reine qu’aux duchesses , femmes de ducs et pairs ou de ducs à brevet. Pendant la régence d’Anne d’Autriche, un certain nombre de familles, les Rohan, les La Trimouille, les d’Avaugour, les La Rochefoucauld , voulurent obtenir cette distinction pour toutes les femmes qui s’alliaient avec elles, au lieu de l’attacher simplement à la transmission du titre ducal. La noblesse entière s’offensa de cette prétention et résolut de s’y opposer. Les hommes les plus qualifiés de la cour, sans distinction de parti, se réunirent en 1649 , et signèrent une association , dont le but était d’empêcher qu’on laissât établir une différence de maisons dans la noblesse du royaume. Cette assemblée fit l'évoquer les honneurs accordés récemment à quelques familles; le tabouret fut réservé, comme par le passé, aux seules duchesses.
TACITE RECONDUCTION. — Continuation d’un bail par le consentement tacite et mutuel du bailleur et du preneur, aux conditions stipulées antérieurement par le bail.
TAILLABLES. — Ceux qui étaient soumis à la taille, tels que les roturiers, trafiquants, etc. Yoy. Taille.
TAILLE. — Impôt qui était levé sur les roturiers en proportion de leurs biens et de leurs revenus. C’était à la fois un impôt personnel et un impôt territorial. Le nom de taille parait venir de ce que dans l’origine les sergents ou collecteurs des tailles se servaient d’une taille de bois pour marquer les sommes qu’ils avaient reçues. Quoiqu’il ne faille pas demander au langage financier du moyen âge une précision bien rigoureuse, les tailles paraissent cependant s’être distinguées des aides en ce que les premiers portaient sur les terres ou maisons possédées par les roturiers, et les secondes sur les denrées .
La taille primitive était un droit féodal que les seigneurs levaient sur leurs serfs. Dans la suite, les serfs s’engagèrent à payer un droit fixe que l’on appela taille abonnée ; cette taitle était déterminée de gré à gré pour un an. Les villes érigées en communes furent pour la plupart affranchies de la taille , et lorsque Philippe le Bel voulut la leur imposer, il en résulta des révoltes dans les principales communes. La royauté finit par triompher de ces oppositions, et Philippe le Bel leva des tailles de la valeur du centième et même du cinquantième