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des propriétés. Il ne parvint pas cependant à rendre la taille permanente. Charles V le premier établit, en 1369 , 1374 et 1377, des tailles permanentes sous le nom de fouages , parce qu'on évaluait les propriétés d'apres le nombre de feux ou de maisons; mais sur son lit de mort il révoqua les fouages. La taille ne devint réellement permanente que sous Charles VII. Les états d'Orléans accordèrent, en 1439 , à ce prince le droit de percevoir une taille perpétuelle , qui servit à solder une armée permanente.

Les pays d'états , comme le Languedoc, la Bretagne, la Bourgogne, et quelques autres conservèrent le droit de faire voter la taille par leurs assemblées provinciales. Les élus (yoy. Élus et Élection ) dressaient les rôles d’après les feux de chaque paroisse , et faisaient la répartition de la taille dans la circonscription territoriale soumise à leur contrôle et appelée élection. Ils y formaient un tribunal qui jugeait les réclamations en première instance. Les appels étaient portés devant les cours des aides et les bureaux de finances. Quant à la perception de l'impôt, elle était confiée à des collecteurs ou sergents des tailles qui se rendirent odieux par leur dureté. A l'époque même de Colbert, les plaintes les plus vives s'élevaient contre eux. Le lieutenant criminel d'Orléans lui écrivait en 1664 : « Les sergents en général et particulièrement ceux qui sont préposés au recouvrement des tailles sont des animaux terribles. »

Ce qui rendait les tailles onéreuses et odieuses , c'était surtout l’inégalité des charges. Les plus riches en étaient exempts. Les exemptions ne se bornèrent pas au clergé et à la noblesse; elles furent étendues aux officiers des cours souveraines , et à un grand nombre d'officiers royaux. En même temps que les exemptions se multipliaient , les charges s'accroissaient. La taille , qui avait produit dix-huit cent mille livres sous Charles VII s'éleva à plus de quatre millions sous Louis XI. Aussi les états de 1484 firent-ils entendre d’énergiques remontrances. « 11 faut, disaient-ils dans leurs cahiers , que le pauvre laboureur paye et soudoie ceux qui le battent , qui le délogent de sa maison, qui le font coucher à terre et qui lui ôtent sa substance. » Le seul résultat de ces réclamations fut une tentative faite en 1491 pour dresser un cadastre général afin d'arriver à une répartition plus équitable de la taille ; mais ce projet fut bientôt abandonné. La taille continua de s'accroître au xvie siècle, principalement sous François 1er

et Henri II. Les augmentations d'impôts, désignées sous les noms de grande crue et taillon , finirent par devenir permanentes comme la taille elle-même. Les malheurs des guerres de religion et la dévastation des campagnes rendirent beaucoup plus difficile la perception de la taille. En 1571, Charles IX fut obligé d’accorder aux laboureurs un sursis de trois années ; en 1576 , on leur remit la taille arriérée de quatre années. Henri IV accorda aussi plusieurs remises de tailles pour encourager l’agriculture que cet impôt ruinait. Sully s’attacha, comme plus tard Colbert, à diminuer les tailles , et par conséquent à soulager les classes souffrantes et laborieuses. En 1603 , la taille fut diminuée de deux millions; en même temps la suppression d’un grand nombre d'exemptions tourna encore au soulagement du peuple.

Depuis cette epoque , les ministres les plus illustres, et surtout Richelieu et Colbert , s’occupèrent de la diminution des tailles . Colbert, dans un mémoire rédigé en 1664 pour servir d’instruction aux maîtres des requêtes chargés de parcourir la France, leur recommandait de ne rien négliger pour empêcher que les faibles et les pauvres ne fussent pas opprimés parles puissants et les riches. « Cette inégalité, disait-il, cause dans les provinces la pauvreté, la misère, la difficulté du recou vrement des deniers du roi , qui attire les vexations des receveurs ou commis aux recettes, des sergents et généralement toutes sortes de maux, en sorte que les commissaires dans les provinces doivent toujours avoir cette maxime fondamentale et cette règle certaine dans l’esprit,dontils ne doivent jamais se départir, de bien connaître la force au vrai de tous ceux qui sont sujets au payement des aides, tailles , gabelles , etc., et empêcher que tous les gens puissants de tous les ordres de la province, parle moyennes trésoriers de France , des élus et même des collecteurs , ne fassent soulager les communautés et les particuliers. » Colbert ne se borna pas a des recommandations et à des règlements. Il diminua les tailles et soumit à cet impôt un grand nombre d'usurpateurs de titres de noblesse. Il défendit les saisies pour tailles; « A l'égard des saisies pour le fait des tailles , écrivait-il à l'intendant d'Ànvergne Le Camus , vous pouvez tenir la main à ce que les receveurs n'en fassent point. » Vers la fin de sa vie , il s'exprimait ainsi dans un mémoire autographe .* <c Outre tout ce qui s'est fait pour bien régler la régie et l'administration des fermes, et pour le règlement des tailles „

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