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il est certain que rétablissement du commerce et manufactures a beaucoup contribué au soulagement des peuples. » .... « Si Sa Majesté, ajoutait-il, se résolvait de diminuer ses dépenses, et qu’elle demandât sur quoi elle pourrait accorder des soulagements à ses peuples, mon sentiment sera'rt de diminuer les tailles et de les mettre en trois ou quatre années à vingt cinq millions de livres.» (Elles s'élevaient alors à près de quarante millions.) Après la mort de Colbert (i683), la taille s'accrut de nouveau et continua de peser exclusivement sur le peuple jusqu’à l'époque de la révolution.
TAILLE ( Opération de la ). — L’opération de la taille pour l'extraction des pierres ou calculs formés dans la vessie fut tentée pour la première fois sous le règne de Louis XL On lit dans une chronique du temps: «au mois dejanvier 1474, il advint qu’un franc archer de Meudon, près de Paris, étaitprisonnier au Châtelet; il fut condamné à être pendu pour larcins dans l’église de Meudon. En ce même temps plusieurs personnes souffraient de la pierre, et l'archer lui-même en était tourmenté. U fut remontré au roi qu'il serait utile qu’on lui ouvrît le corps pour voir comment se formaient ces calculs.
L’opération fut faite par Germain Collot. L’archer fut guéri et obtint la rémission de ses crimes. » Depuis cette époque on a perfectionné les procédés pour l’extraction de la pierre. Voy. Lithotritie.
TAILLEURS. — La corporation des tailleurs reçut ses statuts d’Étienne Boileau, sous le règne de saint Louis, comme on le voit dans le Livre des métiers rédigé par ce prévôt des marchands (p. 142-144). On les appelait d'abord tailleurs de robes . Lorsque l'usage des habits eut remplacé celui des robes, la corporation prit le nom de communauté des maîtres marchands tailleurs d’habits . Us reçurent, en 1655 , de nouveaux statuts qui ont duré jusqu’à la suppression des corporations.
TAILLEURS DE PIERRES. — Les taiU leurs de pierres ont aussi leurs statuts dans le Livre des métiers . Ces tailleurs imagiers, comme on les appelait au moyen âge, étaient quelquefois d'habiles sculpteurs. On les nommait encore les maîtres des pierres vives , parce qu’ils savaient animer la pierre et lui donner une forme vivante. C'est à ces maîtres tailleurs que l’on doit les ornements des églises du moyen âge.
TA1LLON. — Impôt établi par Henri II , en 1549, pour augmenter la solde des
gendarmes qui composaient les compagnies d'ordonnances, des clievau-légera et de l’infanterie des légions provinciales. Le mot taillon est un diminutif de taille. Voy. Taille.
TALEMELIERS. — Ancien nom des boulangers ( voy. Boulangers ). — Une ordonnance de Philippe IV le Bel, en date de 1305 ( Ordonn . des rois de France , I , 427 ) prescrivait aux talemeliers de Paris de faire pain suffisant (de bonne qualité), faute de quoi toute la fournée serait forfaite (confisquée). En même temps, le roi autorisait toute personne, demeurant à Paris, à faire vendre du pain en sa maison ou à le vendre elle-même en payant les droits accoutumés. Le prévôt de Paris était spécialement chargé de veiller à ce que le pain fût vendu à juste poids.
TALION. — Loi qui infligeait une punition pareille à l’offense , dent pour dent , œil pour œil . Les lois des barbares portent des traces de ce principe; la loi des Burgondes dit : Si quelqu'un a tenté de s’emparer du faucon d’autrui , le faucon mangera six onces de chair sur son sein . Un grand nombre de dispositions pénales ont le caractère d’une loi du talion: ainsi, on fendait les lèvres et on perçait la langue aux blasphémateurs, on coupait le poing aux parjures , etc. On retrouve la peine du talion dans plusieurs ordonnances du moyen âge. Voy., entre autres, dans les Ordonnances des rois de France , t. I, p. 46 et 86.
TALISMAN. — Pièce de métal, pierre ou morceau de bois auxquels on attribue une vertu extraordinaire. On distingue généralement deux sortes de talismans :
les astronomiques qu'on reconnaît aux signes célestes ou constellations que l’on y a gravées et qui sont accompagnées de caractères inintelligibles; les magiques
3 ni portent des noms d'anges, de génies, es mots bizarres et des signes extraordinaires. Il y a quelquefois des talismans mixtes qui réunissent les signes célestes et les symboles magiques. En France, les talismans furent surtout d'usage à la cour de Catherine de Médicis ei de Henri Ilï.
TAMBOUR , TAMBOUR DE BASQUE , TAMBOURIN. — Les anciens connaissaient une espèce de tambour qui se composait d’un cercle de bois ou de métal recouvert d’une peau d’animal. Notre tambour de basque a beaucoup d'analogie avec ce tympanum ou tambour antique que l'on trouve sur un grand nombre de monuments. Quant au tambour militaire, il a été emprunté aux Arabes à l’époque des
croisades. Il en a été de même du tambourin ou petit tambour , moins large et plus long que le tambour ordinaire. — - On a aussi donné le nom do tambourin à une danse qui était fort usitée en France au commencement du xix0 siècle.
TANNEURS. — Les tanneurs furent érigés en corporation en 1345. Quatre prud’hommes jurés avaient la garde et sur veillance des artisans de ce métier.
TAPIS. — Ouvrage fait au métier ou à l’aiguille, en laine, soie ou lil, qu’on étend sur une table ou sur le plancher. Voy. Meubles, p. 785-786.
TAPISSERIES. — Étoffe ou ouvrage fait au métier ou à l’aiguille, dont on couvre les murs pour les orner. Voy. Gobelins, Meubles (p. 785-786), et Savonnerie.
TAPISSIERS. — Il est question de la corporation des tajnssiers dès le temps de saint Louis ( Livre des métiers , p. 126- 130 ). On y voit que la corporation des tapissiers était subdivisée en plusieurs classes : les uns vendaient des tapis sar rasinois ou tapis précieux que F on tirait de l’Orient et qui étaient réservés pour les églises et pour les châteaux. Les autres maîtres tapissiers fabriquaient de gros tissus de laine qui servaient de couvertures et qui avaient plus d’utilité que d’élégance.
TÀKD-VENUS. — Nom donné à quelques-unes des compagnies mercenaires qui ravagèrent la France au xiv« siècle. Voy. Grandes compagnies.
TARGE. — Espèce de bouclier en usage au moyen âge, et qui était courbé et de forme carrée. De là est venu le verbe se targuer . « Se targuer de quelque chose , dit un ancien dictionnaire , c’est en faire bouclier. » — On appelait encore large une espèce de monnaie qui portait au revers l’empreinte d’une targe ou bouclier. De là le proverbe : n’avoir plus écu ni targe.,
TAROTS. — Anciennes cartes qui paraissent d’origine orientale, et ont probablement été introduites en Europe par l’Espagne. « Ce jeu se compose, dit M. Boileau ( les Cartes à jouer , p. 18), de soixante-dix-huit cartes : un fou, détaché, et fonctionnant comme le zéro fonctionne dans la numération arabe, vingt et un atouts particuliers , figurant des symboles dont les combinaisons très-variées offrent un intérêt beaucoup plus vif que nos ligures, et cinquante-six cartes analogues aux nôtres, quoique désignées pur des signes différents, qui sont: qua-
rante points de Vas au dix en quatre séries, et quatre rois, quatre reines, quatre chevaliers (ou cavaliers) , comme aux échecs et quatre valets. » Le jeu de tarots s’introduisit en France sous le règne de Charles V ; on y jouait encore sous Charles VI, seulement on y avait ajouté les dames, qui ne se trouvent pas dans les anciens tarots , mais qui ligurent dans les tarots peints pour ce roi. Enfin, sous Charles VII, les tarots firent place aux cartes françaises. Je renvoie pour les détails à l’ouvrage de M. Boiteau que j’ai cité plus haut.
TASQUE. — Droit féodal, analogue au droit de Champart (voy. Champart). On l’appelait quelquefois vingtain.
TASSETTËS. — Pièces de l’armure féodale qui rattachaient la cuirasse aux cuissards. Elles formaient quatre rangs de plaques qui descendaient depuis le basventre jusqu’à mi-cuisse. Voy. armes , fig. O.
TAUP1NS (Francs). — On désignait sous ce nom les francs archers , institués par Charles VII (voy. Armée, p. 34). Le nom de taupins venait de la basse latinité talparii , mineurs travaillant comme la taupe. Ce premier essai d’infanterie nationale ne réussit pas. Villon chansonna le franc archer de Bagnolet, et lie Duchat a cité, dans ses notes sur Rabelais, la chanson suivante composée contre les francs taupins :
Un franc taupin un si bel homme était Borgne et boiteux, pour mieux prendre visée, Et si avait un fourreau sans épée ;
Mais il avait les mulles au talon.
Deviron, vignette sur vignon.
Un franc taupin un arc de frêne avait Tout vermoulu , sa corde renouée ;
Sa flèche était de papier empennée.
Ferrée au bout d’un ergot do chapon.
Deviron , etc.
Un franc taupin son testament faisait Honnêtement dedans Je presbytère,
Et si laissa sa femme à son vicaire.
Et lui bailla la clef do la maison.
Deviron, etc.
Un franc taupin chez nn bonhomme éta t. Pour son dîner avait de la morue ,
Il lui a dit : Jarnigoy ! je te tue ,
Si tu ne fais do la soupe à l’oignon*
Deviron, etc.
Un franc taupin do Hainaut revenait;
Sa chausse était au talon déchirée ;
Et si disait qu’il venait de l’armée ;
Mais onc n’avait donné un horion- Deviron, etc.
Un franc taupin en son hôtel revint,
Et il trouva sa femme l’accouchée.
A donc, dit-il, j’ai la billevisée ;
Un an a que ne fus eu ma maison.
Deviron, etc.