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Fr., I, 38 ; II, 118 ). Les nobles laissaient ordinairement leur cheval et leurs armes aux églises, et les femmes nobles leur lit ''du Gange, v° Lectus). La connaissance de toutes les causes testamentaires appartenait aux juges ecclésiastiques, d’après La Thaumassière, commentaire sur les coutumes de Lorris.

Les hommes libres avaient seuls le droit de tester . Les serfs ne pouvaient disposer par testament que du cinquième de leurs biens Les habitants des villes obtinrent le droit de faire des testaments à l’époque où ils furent complètement affranchis. On l'étendit aux étrangers qui venaient habiter dans les villes pour en augmenter la population, et on les exempta ainsi de l’espèce de confiscation qui livrait au roi l'héritage des aubaine (voy. Aubain). Une ordonnance de Louis XI, en date du 20 août 1472, accorda le droit de tester à tous ceux qui viendraient habiter Toulouse sur la prière des Toulousains qui représentaient que leur ville avait été dévastée et ne pourrait jamais se repeupler, si des étrangers ne s’y établissaient ( Papiers de l’abbé Le Grand , relatifs au règne de Louis XI, t. XX, dans les manuscrits de la Bibl. imp.).

On appelait testament nuncupatif des dispositions faites de vive voix en présence de témoins, et d’après lesquelles les magistrats et exécuteurs testamentaires prenaient des mesures pour distribuer les biens selon l’intention du testateur. Au moyen âge, on entendit encore par testament nuncupatif un testament rédigé par écrit sous la dictée du testateur et différent en cela du testament olographe.

Les codicilles ou actes annexés postérieurement aux testaments étaient rédiges a peu près dans la môme forme que le testament lui-même. Au x° siècle , il était fort ordinaire de se donner, par un fidéicommis , des exécuteurs testamentaires qui devaient accomplir le fond des intentions du testateur, mais qui souvent avaient la liberté du choix des moyens.

TESTIÈRE. — Partie de l’armure de moyen âge qui couvrait la tête du cheval. Il en est question dans les Assises de Jérusalem : « Le cheval doit être couvert de couverture de fer, et avoir une testière , et emmi (au milieu de) la testière une broche de fer telle, comme celle de l’écu. »

TESTON. — Ancienne monnaie d’argent qui fut fabriquée pour la première lois sous le r ègne de Louis XII. Elle tirait f?n ,nom.de l’effigie qui représentait la tete du roi. Le teston valait dix sous tournois ; il y avait des demi-testons , qui

valaient cinq sous tournois. On a cessé de fabriquer des testons en France sous le règne do Henri III ; mais cette monnaie eut encore cours quelque temps, et on la trouve mentionnée dans plusieurs poètes du xvne siècle. Regnier (sat. IV. v. 54 ) dit : ’

Ou bien, tastant le pouls, le ventre et la poitrine, J’aurais un beau teston pour juger d’une urine.

Et Molière dans 1 'Etourdi (acte III, sc. v) :

Vous êtes de l’humeur de ces amis d'épée.

Que 1 on trouve toujours plus prompts à dégainer Qu’à tirer un teston , s’il fallait le donner.

TÈTE COUVERTE. — Jusqu’à la fin du xve siècle, il était d’usage en France de rester tête couverte devant le roi. Lorsque le souverain adressait la parole à quelque courtisan, celui-ci ôtait son chaperon. Ce fut seulement à partir du règne de Charles VIII et surtout de celui de François Ier que prévalut la coutume italienne de se tenir tête nue devant le roi.

TÈTE MISE A PRIX. — On voit souvent dans l’histoire de France des têtes mises a prix. Ainsi le parlement de Paris mit à prix la tête de Coligni, du vidame de Chartres et de Montgommery au commencement des guerres de religion (de 1 hou, livre IV).^ Pendant les troubles de la I< rance, la tête de Mazarin fut aussi mise à prix.

TEUTATÈS. — Dieu des Gaulois , regarde comme l’inventeur des arts et comme présidant au commerce. Les Gaulois taisaient en son honneur des sacrifices de victimes humaines, que l’on enfermait dans de grands mannequins d osier pour les livrer aux flammes.

THÉ. — L’usage du thé fut introduit en France dans la premièremoitié du x\ne siècle. Il était connu dès J636. Le chancelier Seguier contribua à accréditer le thé. Ou voit, en effet, dans les lettres de Gui Patin, à l'année 1648, qu’un docteur en médecine, voulant faire sa cour au chancelier, soutint une thèse, dont la conclusion était que le thé contribue à donner de 1 esprit ( menti confert ). Morissot, ajoute Patin, voulait favoriser V impertinente nouveauté du siècle et tâcher par là de se donner quelque crédit. Mais cotte thèse lut généralement désapprouvée. Neuf ans après, on soutint encore devant la faculté une tln.se sur l’usage du£/ie; le chancelier y assista avec plusieurs personnages illustres. Vers la .fin du xvn° siècle, on commença à mêler du lait au thé. Mme de Sevigne, dans une lettre de 1680, parle de cet usage comme d’une invention récente de Mme de La Sablière. Depuis cette

cpoque, l’usage du thé est devenu en France presque aussi commun que celui du café.

THÉATINS. — Congrégation de clercs réguliers établie, en 1524, à Chieti (autrefois Théate , d’où est venu le nom de théatins). Ils fondèrent un couvent en France à l’époque de la Ligue ( 1594); mais il fut bientôt détruit. En 1644 , Mazarin appela de nouveau les théatins en France, et les établit sur le quai Malaquais. Il leur légua par son testament cent mille écus pour bâtir leur église dont la première pierre fut posée le 8 novembre 1661. Les théatins ne possédèrent en France que ce couvent qui fut supprimé en 1790.

THÉÂTRE. — L’histoire du théâtre français , n’est pas du sujet de ce Dictionnaire. Il ne peut être ici question du théâtre que dans ses rapports avec les institutions de la France. On a parlé ailleurs des cérémonies religieuses ( voy.

Rites, p. 1077) et des fêtes populaires (voy. Fêtes , p. 4iG) que l’on peut regarder comme l’origine de notre théâtre . On célébrait dans les églises , aux principales lêtes, des drames pieux pour attirer et intéresser le peuple. Peu à peu ces solennités religieuses dégénérèrent en représentations profanes. Il se forma , sous le règne de Charles VI, une corporation des confrères de la Passion (voy. Confrères de la Passion). Les pièces qu’ils représentaient furent désignées sous le nom de mystères.

Mystères. — Les mystères mettaient en scène des personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, ou exposaient aux yeux quelque événement célèbre de la vie des saints. A une époque postérieure , le sujet des mystères fut quelquefois tout profane. Souvent ces représentations dramatiques avaient lieu en plein air et duraient plusieurs jours; en 1474, le mystère de Vlncarnation et de la Nativité de N. S. J . C., fut représenté pendant les fêtes de Noël sur la place du Neuf-Marché de Rouen; en 1536 , le mystère des actes des Apôtres , joué à Bourges dans l’ancien amphithéâtre des Arènes, dura quarante jours. On y déployait un appareil somptueux de machines, de peintures, de tapisseries et de décorations de toute espèce. Les intermèdes étaient souvent remplis par des chants d’église. Les psaumes et les proses de l’Eglise étaient les opéras de ce temps-là, selon l’expression pleine de justesse du père Ménétrier ; quelquefois on y introduisait des danses et des scènes burlesques. Le théâtre offrait généralement trois régions prin-

cipales : le paradis, la terre et l’enfer, et sur la terre on voyageait sans difficulté d’une région à l’autre. Le paradis était représenté par l’échafaud le plus élevé et avait la forme d’un trône. Dieu le père y régnait sur une chaise d’or, entouré de la Paix, de la Miséricorde, de la Justice, de la Vérité et des neuf chœurs d’anges rangés en ordre par étages. L’enfer coupait la partie inférieure du théâtre et avait la forme d'une grande gueule de dragon qui s’ouvrait quand les diables voulaient entrer ou sortir. La terre, placée entre le ciel et l’enfër, se divisait en un grand nombre de compartiments dont les écriteaux indiquaient la destination; les uns représentaient des maisons, d’autres des villes et contrées. Le caractère et le rôle des différents personnages étaient indiqués par des symboles grossiers : la Foi était représentée avec une lanterne et douze fenêtres figurant douze articles de foi; la Contrition avec un mortier et un pilon à deux têtes; la Fortune , avec un visage mi-partie , faisait tourner sur une roue les personnages de Regno} llegnabo , Re gnavi , sine regno (je règne, je régnerai, j’ai régné, je suis sans royaume). Les âmes des bienheureux étaient figurées avec un long voile blanc, et celles des damnés avec une robe rouge et noire.

Il est inutile de remarquer qu’il n’y a dans ces sortes de pièces aucune unité , pas même unité d’action; le style en est trivial et la composition dénuée de toute espèce d’art ; le goût et le bon sens étaient également choqués par ces grossières représentations , et lorsque vint la renaissance littéraire, on en sentit plus vivement les défauts. D’ailleurs , à cette époque , les protestants commençaient à se montrer redoutables, et ces pièces burlesques leur fournissaient des armes contre le catholicisme. On ne doit donc pas s’étonner si les mystères furent supprimés par arrêt du parlement le 17 novembre 1548.

Primitivement les confrères de la Passion occupaient l’hôpital du Saint-Esprit; ils le quittèrent vers la fin du règne de François Ier. Ils achetèrent, en i543,une partie du terrain de l’ancien hôtel des ducs de Bourgogne dans la rue Mauconseil et y bâtirent un théâtre. Le privilège qu’ils obtinrent leur interdisait la représentation des mystères et leur enjoignait de s’en tenir aux sujets profanes. La confrérie de la Passion ne se soutint pas longtemps. Elle céda son privilège aux Enfants Sans-Souci, troupe de bateleurs , qui allait appeler les spectateurs au son du tambour jusqu’au carrerour Saint- Eustache. Enfin , en 1629, s’organisa la

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troupe qui donna une grande réputation au théâtre de l'hôtel de Bourgogne. Là figuraient Robert Guérin , dit Lafîeur, qui faisait les rôles sérieux ; Gros-Guillaume* le farceur par excellence, Hugues Gueru , ditFléchelle ; Gautier-Garguille,quijouait les vieillards et imitait à merveille le gascon Boniface; Henri Legrand, dit Belleville ou Turlupin; Deslauriers, dit Bruscambille. Pierre le Messier, dit Bellerose, était directeur de la troupe. On ne payait que dix sous aux galeries et coq sous au parterre.

En 1659, une nouvelle troupe, celle de Poquelin, qui avait pris le nom de Molière, vint s’établir à Paris et joua des comédies et des tragédies à Dhôtel de Bourgogne et ensuite au Palais- Royal. Ces comédiens reçurent plus tard le nom de comédiens ordinaires du roi. On remarquait dans cette troupe Floridor, Baron père, Béjart et Mlle Béjart qui devint femme de Molière, Brécourt et sa femme. Les principales pièces de Corneille et presque toutes les tragédies de Racine furent représentées à l’hôtel de Bourgogne, La Champmeslé était attachée à ce théâtre .

La première représentation gratis fut donnée à l’hôtel de Bourgogne, en 1660, à l’occasion de la paix des "Pyrénées. On joua Sliîicon , pièce nouvelle de Thomas Corneille. Loret, dans la Muse historique du 21 janvier 166 o, rendait compte de cette représentation :

Florîdor ©t ses compagnons.

Sans otT© invités ni semons

Que par la véritable joie

Que dans le cœur la paix envoie.

Pour réjouir grands et petits.

Jeudi récitèrent gratis

Un o de leurs pièces nouvelles

Des plus graves et des plus belles,

Qu’ils firent suivre d’un ballet Gai, divertissant et follet

L’hôtel de Bourgogne fut abandonné en 1680 par la troupe française et occupé par des comédiens italiens. On continua, malgré quelques interruptions, d'y jouer l’opera, la comédie, le drame et le vaudeville jusqu’à l’époque de sa destruction en 1783. Il a été remplacé par la halle aux cuirs.

En 1680, les deux troupes de l’hôtel de Bourgogne et de Molière, réunies sous le nom de comédiens ordinaires du roi , donnèrent pendant quelque temps leurs représentations au théâtre Guénégaud , rueMazarine. Mais, lorsque MM. de Sorbonne vinrent prendre possession du palais des Quatre-Nations (aujourd’hui l’institut), ils ne consentirent à s’y établir qu'à la condition qu’on éloignerait le

théâtre dont le voisinage leur paraissait trop bruyant. Les comédiens furent obligés de vider les lieux sur un ordre qui leur fut siguifié par le lieutenant de police le 20 juin 1687. Après avoir erré quelque temps sans pouvoir trouver un asile, ils obtinrent la permission de Rétablir rue des F osse's- Saint- Germain-desj Près (aujourd’hui rue de l'Ancienne-Comédie) et y construisirent un théâtre. Il prit le titre de théâtre de la comédie française , et s’ouvrit le 18 avril 1689 par la représentation de la Phèdre de Racine. Les comédiens ordinaires du roi l’occupèrent jusqu'en 1770; comme alors ce théâtre menaçait ruine, ils furent obligés de l'abandonner pour aller occuper le théâtre des Tuileries. En vertu d’un arrêt du conseil du roi, en date du 1er mars 1699, les comédiens furent obligés de donner le sixième de leur recette aux pauvres de l’hôpital général. A partir de cette époque, le prix des places fut fixé de la manière suivante : aux premières loges trois livres douze sous, aux secondes trente-six sous et dix-huit sous au parterre. Antérieurement le prix des galeries était de dix sous et celui du parterre de douze.

Moralités . — Outre les mystères , le moyen âge eut des représentations dramatiques désignées sous le nom de moralités et de soties. Les premières étaient des pièces allégoriques, où le poète se proposait le développement d’une pensée philosophique. Bonne- Fin , Malle - Fin , Bien- Avisé, Mal- Avisé , Jeûne , Oraison, etc., figu rai en tau nombre des personnages allégoriques des moralités . Quelques-unes des paraboles de l’Ancien et du Nouveau Testament, par exemple le Mauvais riche , l’Enfant prodigue, fournirent aussi des sujets de moralités . Les Enfants-Sans-Souci et les clercs de. la Basoche représentaient ces pièces aussi bien que les farces appelées soties .

Soties . — Les soties étaient ordinairement des pièces satiriques qui s'attaquaient aux vices ou aux ridicules de l’espèce humaine. Une des soties les plus ingénieuses, est, selon Marin on tel, celle où le Vieux Monde enaormi est exposé à toutes les espiègleries d'abus qui délivre sot dissolu habillé en homme d’église, sot glorieux babillé en gendarme, sot trompeur habillé en marchand, sot ignorant , etc. Cette troupe burlesque entoure le Vieux Monde , et, après l'avoir tondu, le trouve si laid qu'elle veut avec Abus en fabriquer un nouveau. La gaucherie et l’inexpérience do cette troupe de sots font crouler tout l'échafaudage. Le Vieux Monde se réveille, et, après avoir

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moralisé, reprend son train comme devant. Les soties renfermaient souvent des allusions satiriques aux événements contemporains. François Ier interdit ces allusions dès 1516. On punit ceux qui se les permettaient d'emprisonnement, et, vers la tin de son règne (1540), François Ier les menaça de la hart. Les soties ne survécurent pas longtemps à ces ordonnances ; elles se confondirent peu à peu avec les farces des jours gras et disparurent entièrement du théâtre-

imitation du théâtre antique . — Parmi les causes qui transformèrent le théâtre au milieu du xvi° siècle, il faut tenir compte de l'imitation des littératures grecque et romaine que l'on appelle renaissance. Sous François 1er et Henri II on traduisit ou on imita un grand nombre de pièces des poètes tragiques et comiques grecs et latins. Jodelle et Garnier se tirent un nom par cette imitation de l'antiquité et delà littérature italienne. Har dy y ajouta le théâtre espagnol; et, enfin, au xvne siècle, le théâtre français, à l'époque de Corneille et de Racine, devint à son tour un modèle pour les nations étrangères. L'histoire du théâtre français depuis cette époque appartient à l'histoire générale de la littérature et ne doit pas entrer dans ce Dictionnaire.

Opéra . — L’opéra fut introduit en France par le cardinal Mazarin vers 1644. Ce spectacle, mêlé de danse, de musique, de scènes dramatiques, de jeu de machines, produisit un grand effet.

Dès 1647, la représentation de V opéra d’Orphée eut beaucoup de succès. L'opéra était souvent désigné à cette époque sous le nom de comédie à machines . Mme de Motteville parle dans ses Mémoires , à l'année 1647, du spectacle féerique que présentait la salle de l’Opéra : « Le lundi il y eut bal qui se donna sur le théâtre dans une salle faite à machines, qui se plaçait en ce lieu en un moment, ce qui parut la plus belle chose qui se pût voir. Elle était dorée et faite par grands cadres avec des tableaux qui, peints en perspective, étaient un agréable objet à ceux qui occupaient l’amphithéâtre. Cette salle était aussi toute meublée de sièges et de carreaux qui se trouvaient placés dans des niches qui étaient tout autour, sans que la main des hommes parût y avoir quelque part. Au bout d'en haut se trouvait un trône élevé de quatre ou cinq degrés, fournis de carreaux, de chaises à bras et d’un dais au-dessus, de toile d’or et d'argent, avec de la crépine digne d’un tel ameublement. Quatre grands chandeliers de cristal éclairaient cette salle qui paraissait un véritable enchantement, et qui dan®

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nos jours nous représentait le siècle d’Urgande et d'Armide. »

Le goût de 1 ’ opéra se répandit promptement, et bientôt l’abbé Perrin entreprit de composer des opéras français; Cambert en fit la musique. Il fit représenter Vopéra d y Ariane dans la grande salle de l'hôtel de devers, ou était la bibliothèque du cardinal Mazarin ( l’hôtel des Monnaies a été bâti sur l’emplacement de l’hôtel de Nevers). Vers le même temps, la Toison d’or de Corneille , pièce à machines, fut jouée au château de Neubourg (Eure). Enfin, l'abbé Perrin obtint par lettres patentes, enregistrées le 28 juin 1667, l’autorisation d'établir pour douze ans. à Paris et dans d’autres villes de France des académies de musique pour chanter des pièces de théâtre. Les lettres patentes déclaraient que les gentilshommes et nobles demoiselles pourraient y figurer sans déroger. En 1671, P opéra du Pomone , dont les paroles étaient de l’abbé Perrin et la musique de Cambert, obtint un immense succès.

Cependant P opéra français ne fut réellement fondé que lorsque Qulnault et Lulli eurent réuni leurs talents. Ils firent représenter, en 1672, un opéra intitulé les Fêtes de Bacchus et de V Amour , où plusieurs seigneurs de la cour figurèrent encore dans les ballets. Avant 1681, on ne vit point de danseuses sur la scène. Elles parurent pour la première fois dans l’opéra intitulé le Triomphe de V Amour.

Lulli ne cessa jusqu'à sa mort de perfectionner P opéra, et son dernier ouvrage , Armide , fut son chef-d’œuvre.

Au xvine siècle , l’Opéra prit un nouvel essor, et reçut en 1749 le titre d’ Académie royale de musique . Vestris, le type des danseurs, contribua à l'éclat de ces spectacles. Rameau, Glück et d’autres maîtres célèbres, firent oublier Lulli. Voltaire célébra dans le Mondain ce spectacle,

« Où les beaux-arts, la dame, la musique, I/art de tromper les yeux par les couleurs, L’art plus lieureux de séduire les eceurs.

Do cent plaisirs font un plaisir unique. »

Les mémoires du xvm® siècle, et entre autres le Journal de l’avocat Barbier , prouvent qu’à cette époque l’Opéra avait une immense réputation et était en même temps un foyer d’intrigues et de corruption. Barbier, dont la morale est cependant assez peu sévère, ajoute ( t. I, p. 351-352 ) après avoir retracé une des orgies de 1 ’ Opéra : « La nécessité du plaisir public rend tous ces gens-là des personnages importants dans l’Etat, et leur procure une espèce d’impunité. »

Lô même auteur nous apprend qu’il était

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