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alors d’usage de vendre à VOpéra des liqueurs fraîches et des truffes. A l'occasion d'une maladie épidémique qui sévit •à Paris en février 1733 , il dit ( Journal , t. H , p. 3 ) : « Qu’à VOpéra , au lieu d'offrir des liqueurs fraîches et des truffes , comme à l'ordinaire, le limonadier offrit et vendit de la pâte de guimauve. »

Ce fut encore au xvme siècle que s’établit l’usage des bals de VOpéra . Le premier eut lieu sous la Régence, le 2 janvier

La Révolution fut une époque de décadence pour VOpéra ; il s'en releva sous le Consulat et l'Empire. Après avoir porté les noms de Théâtre national de VOpéra et de Théâtre de la République et des Arts , il devint V Académie impériale de musique en 1804, et se signala par la représentation de la Vestale en 1807 et de Fernand Cortez en 1808. Depuis cette époque jusqu'à nos jours, l' Opéra est resté un grand établissement national et n'a cessé de représenter des œuvres éminentes, telles que Moïse , Guillaume Tell , Robert le Diable , les Huguenots , la Juive , le Prophète , etc.

Opéra-comique. — Drame du genre mixte, qui tient à la comédie par l'intrigue et à l'opéra par le chant dont il est mêlé. Le premier privilège pour tenir un opéracomique , fut accordé, en 1617, à Honoré, maître chandelier de Paris, qui, pendant plusieurs années avait été charge de l'éclairage d'un théâtre. Supprimé en 1745, rétabli en 1752 , l’Opéra-comique fut réuni en 1762 à la Comédie italienne. Ce théâtre était encore en 1780 dans la rue Mauconseil, à l'ancien hôtel de Bourgogne qui tombait en ruine. On le transféra en 1783 dans le théâtre qu'on appela Comédie italienne ; il était situé sur le boulevard qui en a reçu le nom de boulevard des Italiens . Ce théâtre fut aussi appelé salle Favart , en l'honneur de l'auteur de Minette à la cour, de la Chercheuse d’esprit, des Trois sultanes, etc. U Opéracomique fut obligé de quitter ce théâtre en 1797; après avoir été transféré dans plusieurs salles, il est revenu à la salle Favart, qui fut brûlée en 1838 et qui, reconstruite en 1839, sert encore aujourd’hui aux représentations de V Opéra-comique.

Administration des théâtres . — Sous l'ancienne monarchie , le théâtre était considéré comme faisant partie des menus ou des menus plaisirs de la maison du roi; il était soumis à la surveillance du premier gentilhomme de la chambre. Depuis la révolution la police des théâtres a été placée dans les attributions du ministère de l’intérieur, saufpom: J&st th4â~

très subventionnés de Paris, qui sont rattachés au ministère de la maison de l'empereur.

On peut consulter sur l'histoire du théâtre français, outre les histoires générales de la littérature française (voy. p. 988-989), V histoire générale du théâtre français par les frères Parfaict, Paris, ? 1743-1749, 15 vol. in-12; cet ouvrage s'arrête en 1721 ; la Bibliothèque du théâtre français de La Vallière; Sainte-Beuve, Histoire du théâtre français au xvie siècle : dans l'ouvrage intitulé Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au xvi® siècle .

L’histoire de l'Opéra a été retracée dans les ouvrages suivants : des Représentations en musique anciennes et modernes , par Cl. Fr. Menestrier, Paris, I68l,in-12; Réflexions sur les opéra , par Saint-Evremont, Londres, 1725, in-12; la Préface du théâtre lyrique, par Le Brun, Paris, 1712, in-12; Essai sur l’union de la musique et de la poésie , par Chastellux, Paris, 1765 , in-12; Histoire du théâtre de l Opéra, par Bernard de Noinville, Paris, 1753, 2 vol. in-3; une nouvelle édition parut sous le titre (V Histoire de l’Académie royale de musique de France , Paris, 1757, 2 vol. in-8.

THÉOLOGAL. — Prêtre chargé de l'enseignement des vérités religieuses. L’institution du théologal remonte au concile de Saint-Jean de Latran tenu en i2i5.Ce concile ordonna que chaque église eût un théologien chargé d'enseigner l'Ecriture sainte et particulièrement ce qui regarde le gouvernement des âmes. Le concile de Bâle (1431) étendit l'institution du théologal h toutes les cathédrales , et ce décret passa dans la pragmatique et dans le concordat de 1516. Le concile de Trente confirma cette institution, et, en France, les ordonnances d'Orléans (1561) et de Blois (1579) prescrivirent au théologal de prêcher les dimanches et les fêtes solennelles et de faire trois fois la semaine une leçon publique sur l'Écriture sainte. Il y eut des peines portées contre le théologal, s'il ne faisait pas ses leçons, et contre les chanoines, s’ils manquaient d’y assister. « Mais, du Fleury ( Institm au droit ecclés ch. xix), tous ces règlements ont eu peu d'exécution, et la fonction effective du théologal est réduite à quelques sermons , que souvent il fait faire par un autre. »

THÉOLOGIE. — Science qui traite do Dieu, de ses attributs , de la providence ou du gouvernement du monde par les lois divines, et des devoirs que Dieu impose aux hommes. La théologie occupait

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le premier rang dans les écoles du moyen âge. La principale école de théologie dans l’ancienne université, était la Sorbonne (vov. ce mot). La théologie est aujourd’hui enseignée dans les grands séminaires ( voy. Séminaire ) et dans les facultés de théologie instituées en 1808. 11 devait y en avoir une dans chaque église métropolitaine ; mais il n’en a été établi que cinq , h Paris , Lyon , Rouen , Aix et Toulouse . Strasbourg a une (acuité de théologie luthérienne, et Montauban une faculté de théologie calviniste.

On distingue la théologie naturelle ou théodicée , et la théologie révélée qui se divise elle-même en théologie dogmatique et théologie morale . Bergier a publié un Dictionnaire théologique (1789) ; on doit à D. Bonaventure d’Argonne, une Histoire de la théologie qui s'étend jusqu’à saint Bernard.

THÉOPHILANTHROPES. — Ce mot, qui signifie amis de Dieu et des hommes , désigne une secte religieuse et philosophique qui a existé en Francede i796à 1801. Les theophilanthropes se réunissaient périodiquement pour rendre un culte à Dieu et faire des exhortations morales. Ils tinrent leur première assemblée publique le 15 janvier 1799. Les ministres de ce nouveau culte portaient une longue tunique blanche serrée à la taille au moyen d'une ceinture tricolore. On lisait parmi les devises qui ornaient leur temple : « Adorez Dieu, chérissez vos semblables, rendezvous utiles à la patrie. » Les théophilanthropes furent protégés par le Directoire, et, entre autres, par Lareveliière-Lepeaux, un des directeurs; mais, sous le consulat, il leur fut interdit de se réunir dans un édifice national. Cette secte, qui n'avait eu pour caractère qu’un vague déisme, disparut alors complètement. On prouvera une histoire détaillée des théophilanthropes dans l'ouvi’age de l’abbé Grégoire , intitulé : Histoire générale des sectes religieuses .

THEBÉS1ENNES. — Religieuses de sainte Thérèse; on les désigne ordinairement sous le nom de carmélites. Elles vinrent s’établir à Paris, en 1604, au faubourg Saint-Michel (de Thou,liv. CX.XXIl).

THERIAQUE. — On appelait thériaque un remède compliqué que composaient les pharmaciens de Paris et de Montpellier. Tous les deux ou trois ans , à Paris , on composait la thériaque dr Andromaque7 au jardin des apothicaires, rue de l’Arbalète , où l’on exposait pendant plusieurs iours les drogues qui devaient entrer dans

ce remède. La même coutume sc pratiquait à Montpellier.

THERMES. — lies thermes étaient des bains publics fondés par les Romains. Ces établissements comprenaient souvent des jardins, des portiques et même des palais. Tels furent les célèbres thermes de Julien sur la rive gauche de la Seine, dont on voit encore les ruines dans la rue de la Harpe. Le palais, dont les thermes faisaient partie, couvrait un vaste espace. Les édifices et les cours de ce palais occupaient tout le terrain compris entre les rues Saint-Jacques, de la Harpe , du Foin et la place de la Sorbonne. Le parc et les jardins s'étendaient d’un côte jusqu'au mont Caticius (aujourd'hui montagne Sainte-Geneviève) et de l’autre jusqu'au temple d’isis, sur remplacement duquel a été bâtie l’abbaye de Saint-Vincent qui prit plus tard le nom de Saint-Germain des Prés. On place , vers 358 après J. C., la construction du palais des Thermes par Julien. Il fut habité par plusieurs rois de la première race, et, entre autres, par Childebertlcr. Philippe Auguste donna, en 1218, le palais des Thermes avec le pressoir qui en dépendait à Henri, son chambellan , pour douze deniers parisis de cens ou rente annuelle. Dans la suite, le palais des Thermes fut vendu à diverses personnes, et, entre autres, aux abbé» de Cluny, qui bâtirent sur une partie de l’emplacement Fhôtel de Cluny, où Fon a réuni de nos jours un musée du moyen âge.

THERMIDOR. — Nom donné au onzième mois du calendrier de la république française; il vient du grec ôepuôç (chaud).

Ce mois correspondait, en effet, au temps le plus chaud de l'année ; il commençait le 19 juillet et finissait le 17 août.

Thermidor brûle et dessèche la terre.

THÈSES. — Épreuves que l’on soutient à la fin des études. Les thèses avaient un grand éclat dans l’ancienne université. Il y avait plusieurs espèces de thèses : les sabbatines se soutenaient tous les samedis et en tiraient leur nom. Deux élèves de logique argumentaient sur des propositions de philosophie tirées du cours. La déterminance avait lieu à la lin de la logique et consistait à discuter un point déterminé de doctrine. La tentative se soutenait à la fin du cours de théologie ; il y avait un président qui dirigeait la discussion, et tous les docteurs pouvaient argumenter contre le candidat.

La cérémonie se terminait par un discours nommé paranyrnphe (voy. ce mot).

A la suite de la tentative , le candidat qui avait réussi obtenait le titre de bachelier en théologie.

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La sorbonique était aussi une thèse de théologie , niais beaucoup plus solennelle ; elle durait de six heures du matin à six heures du soir; elle n’était interrompue qu’à midi par un léger repas. La thèse, ornée d'une gravure, et souvent dédiée à un personnage célèbre, indiquait une série de questions sur lesquelles devait rouler la discussion ; tous les docteurs pouvaient attaquer le candidat sur les points de doctrine qu'il s'engageait à défendre. C'était un véritable tournoi scolastique. Les sorboniques se soutenaient tous les vendredis , entre la Saint-Pierre et l'Aven t, dans la grande salle de la Sorbonne. Les cordeliers avaient la première sorbonique . parce que, disait-on , c'était leur ordre qui en avait établi l'usage en 1315. Il est inutile d’ajouter que ces thèses se discutaient en langue latine, langue de l’Université, de la théologie, du droit et de la médecine. Quelquefois la soutenance avait lieu le soir, et alors les thèses prenaient le nom de vespéries ou vespries . Enfin, lorsqu'un docteur voulait entrer dans le corps enseignant, i\ devait prouver, par une nouvelle soutenance, qu'il avait conservé l’habitude des discussions et la science scolastique. Il soutenait de nouveau, ou, comme on disait alors, reprenait ses thèses , et cette dernière épreuve en tirait le nom de ré sumpte (reprise). On exigeait un intervalle d’au moins six mois entre la sorbonique et la résumpte.

Importance des thèses au xvne siècle.

^-On trouve dans les écrivains du xvne siècle la preuve de l’importance que l'on attachait alors aux thèses : « Comme ordinairement, dit le père Quesnel dans son Histoire de M . Arnauld , il se trouve un fort grand nombre de bacheliers dans la licence , le travail y est grand , et l'on est toujours en haleine, soit pour attaquer, soit pour défendre. Tout s’y fait avec vigueur et avec éclat ; tout y est animé par la présence des docteurs qui y président et y assistent, par le concours des premières personnes de l'Eglise et de l’État, et des savants de toutes conditions. L'on peut dire, en effet , u’une licence en théologie de Paris est , ans le genre des exercices de littérature, un des plus beaux spectacles qui se trouvent dans le monde. >» Le Journal inédit d’Olivier d’Ormesson fait assister à plusieurs de ces soutenances de thèses . Je n'en citerai qu'un exemple : « Le fils de M. Colbert , dit -il , soutint des thèses en philosophie, dédiées au roi, dont le dessin était magnifique, fait par M. Lebrun. Il m'avait apporté des thèses, c t j’y fus de bonne heure. Toute la cour

y était en si grande foule que l'on ne pouvait se retourner dans la place. Les cardinaux de Retz et de Vendôme, l'archevêque de Paris, et tous les prélats étaient assis dessous la chaire ; M. le chancelier , le premier président et autres présidents tenaient les bonnes places. Les ducs , maréchaux de France et grands seigneurs étaient au milieu, sans ordre. Jamais il ne put y avoir une plus grande assemblée de personnes de toutes conditions. M. l'abbé Le Tellier (Charles- Maurice Le Tellier, frère de Louvois, et plus tard archevêque de Reims) y disputa, et, s’étant engagé dans la question de la grâce, le répondant lui nia une majeure. A quoi il ne s’attendait pas, et, surpris , iL dit ; Nemo unquam hoc negavit (jamais personne n'a nié cela) ; et le père Chenevel, régent, répliqua avec chaleur : Omnes qui recte sentiunt hoc negant ( tous ceux qui ont des idées justes le nient). M. l'abbé Le Tellier répliqua comme se sentant offensé ; mais je n'entendis pas ce qu’il dit. Il y eut contestation entre M. de Guemadeuc, agent du clergé, et M. l'abbé de Cbavigny, "à qui disputerait. Le premier l'empona. Le duc d'Albret , neveu de M. de Turenne, disputa , et le répondant ne le traita que d'abbas illustrissime , et non de princeps. Le lendemain, il y eut un second acte de mathématiques , où M. le premier président fut et beaucoup de monde. J'y arrivai comme on sortait, et je fis mon compliment à M. Colbert, qui me reçut fort civilement , et cela fut observé. Jamais père n'a été si aise que M. Colbert, et son fils a fort bien fait. » Distinctions aristocratiques pour la soutenance des thèses. — L'étiquette, qui avait tout réglé dans l’ancienne monarchie, avait aussi pénétré en Sorbonne et marqué des distinctions pour les candidats d’un rang élevé. Lorsque le duc d’Albret, plus tard cardinal de Bouillon, soutint ses thèses en Sorbonne , il prétendit avoir le droit de rester couvert comme prince : « Je fus en Sorbonne, dit Olivier d'Ormesson à la date du as février 1664, à l’acte de M. le duc d’Albret , neveu de M. le maréchal deTurenne. M. l'archevêque de Paris, présidait, le prétendant se couvrait quelquefois comme étant prince. La chose avait été ainsi résolue en Sorbonne , dont les jeunes bacheliers de condition étaient fort offensés, et avaient fait ligue entre eux de ne point disputer. J'ai su depuis que l'abbé de Mai illac, seul des bacheliers de condition, avait disputé, M. premier président l’ayant voulu absolument pour obliger M. de Turenne; que les autres lui en avaient fait reproche, et que l’abbé Le

Tellier s’était le plus signalé, ayant dit beaucoup de choses fort désagréables. » Le privilège refusé aux Bouillon, auxquels on contestait le titre de prince, était admis sans difficulté pour les autres princes dont le rang étaitnettement établi. « Le prince ou celui qui en a rang, dit Saint-Simon {Mémoires , II, 176), qui soutient une i thèse, a des gants dans ses mains, et son bonnet sur la tête pendant toute Faction , et il est traité de serénissime prince , tant par ceux qui argumentent contre lui , que ! par celui qui préside à la thèse . il l’est aussi d'altesse sérénissime , et le proviseur de Sorbonne la lui donne dans ses lettres de doctorat. »

Surveillance exercée sur les thèses par les parlements. — L'importance des thèses et la gravité des opinions qu’on y soutenait appelèrent de bonne heure l'attention du gouvernement. Le parlement de Paris condamna plusieurs fois des thèses qui lui paraissaient contraires aux libertés de l'Église gallicane. Ainsi , en 1560 , Jean Tanquerel , bachelier en théologie, avait inséré dans une thèse , « que le pape, comme le seul vicaire de J. G. et monarque de l'Église , avait pour le temporel, comme pour le spirituel, une puissance souveraine et absolue sur tous les fidèles , et qu’il pouvait dépouiller de leurs royaumes les princes qui ne voudraient pas se soumettre à ses décrets. » Le parlement , en vertu de lettres patentes expédiées par le chancelier de L’Hôpital, informa contre Tanquerel, et le condamna à faire amende honorable.

Comme il était absent, le parlement ordonna qu’on réunirait en Sorbonne Je doyen, les docteurs et tous les bacheliers de cette maison qui seraient obligés d’assister à l’assemblée sous peine d'être privés de tous les droits et privilèges à eux accordés par le roi et par ses prédécesseurs. En présence des commissaires du parlement et de toute l'assemblée , le bedeau ou l'appariteur de la faculté de théologie devait faire amende honorable au nom de Tanquerel. L'arrêt fut exécuté, et deux députés de la Sorbonne allèrent ensuite prier le roi de leur pardonner cette faute et de les recevoir dans ses bonnes grâces (de Thou , liv. XXVIII). De Thou cite d’autres exemples de la surveillance exercée par le parlement sur les thèses soutenues en Sorbonne (voy. livre GX1V). Un journal inédit du règne de Henri IV (Biblioth. imp., ms. n° 9821-2) en fournit aussi une preuve:

« Ce jourd’hui, 18 décembre 1607, après l'audience finie en la grand’ chambre, a couru un bruit au palais , récité par plusieurs comme certain et vrai , que un

nommé Créton(Greigtlion), Écossais, docteur artien (ès lettres), reçu en l'Université de Paris, poursuivant la place et lecture en droit canon aux écoles en décret (droit), avait lait des thèses et propositions par écrit pour dispuier en public , entre lesquelles il y en avait une contenant que Papa in Ecclesia catholica est supra concilium , ut rex supra conclusioncm et decretum trium sai regni orçlinum seu statuum ( que le pape dans l’Eglise catholique est au-dessus des conciles, comme le roi est supérieur aux états généraux ). Le bruit commun courant par le palais, ajoutait que la cour de parlement de cette ville de Paris, était avertie de ce que dessus , étayant vu une desdites propositions et tous les articles y compris , aurait envoyé vers ledit Grêlon, et à lui fait défense de publier ni mettre en lumière aucunes propositions ou thèses , ni aucun écrit, auquel les susdites propositions latines fussent insérées , et à lui enjoint de supprimer toutes propositions ou thèses qui sont par écrit, imprimées ou manuscrites, èsquelles les articles latins ci-dessus écrits , soient compris ou la substance d'iceux. »

Les thèses étaient quelquefois un moyen d’opposition. Les partisans du cardinal de Retz tentèrent de s’en servir contre le cardinal Mazarin , même après la Fronde, comme le prouve un journal inédit de l'année 1653 (Biblioth. impér. , ms. S. F. 1238 c. (bis) , f° 377 :

« Ce fut le même jour, 22 juin 1653, que certaines thèses dédiées à M. le cardinal de Retz, par un jeune philosophe, nommé Lamont, devaient être disputées dans le collège de Beauvais, avec grand apparat et concours des partisans de cette Éminence. Mais y parce que la bienséance et le respect même , qui est toujours dû aux sentiments des souverains , étaient blessés dans ce procédé par l'audace de cet écolier et l’imprudence de son régent, non-seulement d'avoir dédié lesdite s thèses à une personne prévenue de crime et dans les mauvaises grâces du roi, mais encore et plus insolemment afin de faire retentir toute la ville des louanges affectées, suspectes, factieuses et hors de saison d'un prisom îer d’État, M. le chancelier envoya quérir le recteur de l’Université et lui fit défense , de la part de Sa Majesté, de permettre la dispute desdites thèses . A quoi il obéit. En effet quelle ap-

Earence de souffrir qu'on lui dît si puliquement que sa vertu ne pouvait être emprisonnée ; qu’elle n'était jamais si présente aux yeux de tout le monde qne lorsqu'elle était reserrée; qu’il était né pour être juge de tous et n’ètre jugé d'au-

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