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cun ; que peu de personnes refuseraient leurs têtes pour racheter sa liberté, si elle était à prix, et mille autres flatteries semblables , vaines et insupportables. »

Le xviuc siècle eut des scandales d'un autre genre. La thèse de l'abbé de Prades, soutenue le 18 novembre 1751, fut une de celles qui firent le plus de bruit. L’avocat Barbier en parle ainsi dans son Journal (t. III, p. 333 ; : « Cette thèse est trèslongue, d’une impression très-fine et d’un latin parfait. Elle a été visée et reçue par le syndic de Sorbonne, approuvée par plusieurs docteurs et soutenue en pleine Sorbonne pendant douze heures. Mais soit par pique contre le syndic ou autrement, quelques-uns de la Sorbonne se sont avisés d’examiner de plus près cette thèse et de faire remarquer qu’elle était pernicieuse, dangereuse, et qu’elle contenait plusieurs propositions qui teudaient au déisme. M. le procureur général du parlement a envoyé chercher le syndic; cela s’est répandu et a fait du bruit dans Paris. On dit communément que ce n’ent pas l’ouvrage de l’abbé de Prades , mais du sieur Diderot , qui a été, il y a quelque temps, enfermé à Vincennes pour quelque livre un peu hardi sur la morale , et qui est l’éditeur du fameux Dictionnaire de Y Encyclopédie. Quoi qu’il en soit il y a eu des examinateurs nommés en Sorbonne, et cette thèse devait être jugée samedi, 15 janvier 1752 ; mais elle ne l’a pas encore été , et les avis sont très-partagés. On ne parle pas moins que de chasser l’abbé de Brades de licence et deSorbonne; il demande à être entendu pour se justifier et on dit qu’on le lui refuse ; quelques docteurs trouvent cela injuste. » Cette thèse fut , en effet , condamnée le 23 janvier, et l’abbé de Brades exclu et rayé de la licence. Quelques jours après parut un mandement de l’archevêque de Paris, qui condamnait la thèse de l’abbé de Brades avec les qualifications les plus fortes et prononçait l’interdiction contre L’auteur.

Thèses dans V université moderne . — Les thèses , dont nous avons donné l’énumération , disparurent avec l’ancienne université de Paris. Napoléon , en constituant la nouvelle université, y maintint les grades de bachelier, de licencié et de docteur, qui furent étendus aux cinq facultés de théologie , de droit, de médecine , des sciences et des lettres. Les épreuves orales se soutiennent en français, quoique pour le doctorat ès lettres et en droit, or ait conservé l’usage d’écrire une des thèses en latin.

TIIOL OSAINS ou TOULOUSAINS. — Monnaies des comtes de Toulouse.

THOR. — Thor était un des dieux des Germains et des Francs ; il présidait à la guerre et au tonnerre et avait pour symbole un marteau. Adam de Brême , dans son Histoire ecclésiastique ( c. 233 ) lui donne un sceptre au lieu de marteau:

« TVior, dit-il, préside à l’air, au tonnerre, \ à la foudre, aux vents et aux pluies; il féconde la terre : armé du sceptre , il semble jouer le rôle de Jupiter ( Jovem i simulare videtur ). »

TIARE. — La tiare pontificale est un a bonnet rond et élevé , entouré de trois couronnes d’or, enrichies de pierreries et | posées en trois rangs l’une au-dessus de l’autre ; elle se termine en pointe et sou- . tient un globe surmonté d’une croix. Le pape Hormisdas élu en 514 n’avait sur ce bonnet que la couronne d’or, dont l’empereur Anastase avait fait présent à Clovis et que ce roi avait envoyée à Saint-Jean de Latran. Le papeBoniface VIII. voulant marquer la double puissance qu’il s’arro- il geait à l’occasion de ses démêlés avec > Philippe le Bel. y ajouta la seconde cou- a ronne vers la fin du xme siècle. Enfin, I en 1328, le pape Jean XXII plaça sur la tiare la troisième couronne.

TÏERÇÀIRES. — On appelait tierçaires ou tiertiaires ceux qui faisaient partie du tiers-ordre d’une congrégation religieuse, par exemple des dominicains ou des franciscains. Voy. Abbaye, Clergé régulier, Tiers-ordre.

TIERÇAIRES (Colons). — Colons qui tiraient leur nom de ce qu’ils devaient au propriétaire de la terre qu’ils cultivaient le tiers des fruits qu’elle produisait. Du Cange, v° Tertiator et Terzarinus .

TIERCE DE NUIT. — Troisième heure après le coucher du soleil.

TIERCELIN. — Sorte d’étoffe ainsi nommée parce qu’elle était tissue de trois fils. Du Cange, v° Tiercellus .

TIERS. — Espèce de jeu de Colin-Maillard. Du Cange, v° Tertium.

TIERS ETAT. — Voy. Et AT (Tiers).

TIERS ORDRE. — On appelait tiers j ordre , dans certains ordres religieux, les laïques ou ecclésiastiques séculiers qui , tout en restant dans le monde, s’obli- , geaient à observer, autant que possible , la règle monastique. Il y avait un tiers 1 ordre spécialement chez les franciscains. ;

TIERS COUTUMIER. — Le tiers coulu - t mier était une portion alimentaire que , ;

d’après certaines coutumes , et spéciale-

ment d'après la coutume de Normandie , les enfants conservaient toujours dans les biens de leurs père et mère , lors même qu’ils avaient renoncé à leur succession ; ils ne pouvaient être privés du tiers coutumier que par une exhérédation formelle.

TIERS ET DANGER. — Droit qui , d’après les anciennes coutumes, appartenait au roi dans certaines provinces sur la vente des bois. Le tiers tirait son nom de ce qu’il s’élevait au tiers du prix de vente. Dans les contrées où ce droit existait on ne pouvait faire de vente de bois sans autorisation royale, et pour l’obtenir on donnait encore le dixième du prix total de la vente; ce dixième était ce qu’on appelait spécialement danger. Il y avait des bois soumis au tiers sans danger et d’autres au danger sans tiers .

TIMBRE. — En terme de blason , les timbres sont les casques, cimiers, couronnes , mortiers , chapeaux de cardinal, etc., qui surmontent Pécu. Yoy.

Blason.

TIMBRE (Droit de). — Impôt qui se lève sur tous les actes de vente, contrats, et en général sur tous les papiers soumis à la formalité de l’enregistrement. Voy.

Impôts.

TIRETAINE. — Étoffe tissue de laine et de fil ; on appelait tiretaniers les ouvriers qui la fabriquaient. Du Cange, v° Tire tanius .

TIRONIENNES ( Notes). — Yoy. Notes Tironiennes.

TISSERANDS. — Voy. CORPORATION , p. 245, lro colonne.

TITRE. — En fait de monnaie, on appelle titre le degré d'affinage de l’or ou de l’argent monnayé.

TITRE CLERICAL. — On ne pouvait autrefois être promu aux ordres sacrés que si l’on avait un titre clérical ou un titre patrimonial . Ce titre clérical était un bénéfice ecclésiastique; le titre patrimonial une rente d’au moins cent cinquante livres que les parents de l’ecclésiastique devaient lui garantir sa vie durant ou en pleine propriété. Les religieux profès étaient seuls exempts de cette condition.

TITRES. — Les titres dans la primitive église étaient les lieirx d’oraison où l’évêque allait tenir l’assemblée des fidèles et où il avait des vicaires. Ces lieux ont été désignés plus tard sous le nom de cures et de paroisses .

TITRES FÉODAUX. — Voy. Féodalité.

§ II, p. 405, 2® col.

TOCSIN. — Coups précipités d’une cloche pour donner l’alarme en cas d’incendie , d’émeute , de guerre , etc. Voy. Beffroi. — On sonnait quelquefois le tocsin en signe de réjouissance. Ainsi Barbier raconte dans son Journal (I, 326-327 ) qu’à la naissance du duc d’Anjou , fils de Louis XV, on sonna « le tocsin du palais et de l'hôtel de ville pendant trois jours.» En 1751, à la naissance du fils du dauphin, le tocsin sonna pendant trois jours et trois nuits. Voici ce qu’en dit l’avocat Barbier ( Journal , III , 291-292) : « A Paris , le tocsin de la ville et celui de l’horloge du palais , sur le quai des Morfondus, ont commencé à sonner dès le matin et doivent sonner pendant trois jours et trois nuits. Ces tocsins , dont le son est fort lugubre, sonnent de même indifféremment dans les grands événements de joie et de tristesse : à la naissance du dauphin et des enfants de France ; à la mondes rois et des reiues ; dans le cas d’un incendie général ou d’une sédition. »

TOISÉ ( Édit du toisé). — On appelle ainsi un édit rendu sous Henri H en 1548 ; il défendait de bâtir dans Paris au delà de certaines limites. Il était tombé depuis longtemps en désuétude, et Paris s’était étendu beaucoup au delà des bornes fixées , lorsqu’en 1644 le financier Particelli Émery voulut contraindre tous ceux dont les maisons dépassaient le toisé à payer une amende. Il en résulta une émeute qui força la cour de céder. Ce fut une des premiers symptômes de la Fronde.

TOISON D’OR ( Ordre de la). — Ordre de chevalerie institué par Philippe le Bon, duc de Bourgogne , en i430. Voy. Chevalerie (Ordres de), p. 148.

TOIT. — La forme des toits a varié d’après les climats; l’Italie et les contrées méridionales ont préféré les plate-formes où l’on pouvait respirer un air plus vif et plus pur. Dans nos contrées humides et où les hivers se prolongent si longtemps, on a donné aux toits une inclinaison plus marquée pour faciliter l’écoulement des pluies et des neiges. De là les toits aigus de l’architecture gothique. Les ornements de faîtage en plomb et en fer battu , épis , girouettes , crêtes , sont en harmonie avec les toits et les tourelles élancés.

TOMBEAUX. — Chez les Romains et les Gallo-Romains, les tombeaux étaient placés hors des villes et le plus souvent le long des voies ou routes publiques. Var-

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