TON
ron (livre V de Lingua latina') dit que le but de cette disposition était d’avertir les passants qu'eux aussi étaient mortels. La magnifience des tombeaux romains était célèbre, et on en voit encore aujourd'hui des débris imposants.
Sous la domination des barbares, les tombeaux ne furent plus que de grandes pierres sur lesquelles on représentait grossièrement l’image du mort; elle était quelquefois figurée en pierres de couleur, comme sur le monument appelé tombeau de Frédégonde, ou représentée en émail, comme sur les tombeaux des comtes de Cham pagne àTroyes,et ceux des enfants de saint Louis dans l'abbaye de RoyaumonU Millin les a reproduits dans ses Antiquités nationales (t. II, art. n). Souvent sur les tombeaux du moyen âge , le mort est représenté, les mains jointes, un animal sous ses pieds, et deux anges près de sa tête comme symboles de son admission au ciel. Une inscription est gravée dans l'encadrement ou bordure du tombeau.
Quelques tombeaux , comme ceux des ducs de Bourgogne à Dijon, sontdesmonuments ue la sculpture a ornés avec beaucoup e soin. On y voit une suite de moines qui accompagnent le convoi du défunt dans des attitudes très-pittoresques. Outre ces figures , il y a quelquefois des vertus, des anges, des évangélistes aux quatre coins du tombeau; tel était, entre autres, le tombeau de François II, duc de Bretagne, et d’Anne sa fille, à Nantes, et celui des comtes de Soissons-Bourbon qui se trouvait autrefois dans l’église de la Chartreuse-lès-Gaillon.
Aux xvïc et xvnc siècles, les tombeaux des rois et des princes ont fourni aux sculpteurs une occasion de faire briller leur art ; on admire surtout les tombeaux de François Ier, de Henri II, de l’amiral Chabot, du cardinal de Richelieu. — Voy. une dissertation de Mabillon sur lec anciennes sépultures des rois de France dans les Mémoires de V Académie des inscriptions et belles-lettres ( t. II); les Monuments de la monarchie française , par Montfaucon et les Antiquités nationales, par Millin.
TOMBEL ou TUMULUS. — Éminence artificielle recouverte de gazon et formée par des amas de terre. Les tombcls indiquent la place où fut inhumé quelque personnage célèbre. On y trouve ordinairement des urnes de verre, de la terre sigillée et des médailles, ainsi que de petits chaînons d’or qu'on croit provenir des anciens Gaulois. 11 existe un grand nombre de tombels de cette nature dans le Limousin, la Picardie, les pays de Narnur
et de Liège. Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont au vie siècle, parle d'un do ces tumulus ou tombels , qui avait été élevé sur le tombeau de son aïeul Apollinaire, préfet du prétoire des Gaules en 409 après J. C. On voit, par les termes de la lettre de Sidoine (livre III, ép. 12) que ce tombel était placé dans un champ rempli de sépultures. Chaque tombeau était surmonté d’un amas de terre qui s'aplanissait avec le temps. Ce genre de sépulture n’était pas d'origine romaine , mais gauloise. Lorsqu’un chef gaulois était mort, chaque soldat apportait sur son corps une certaine quantité de terre; ainsi se formait le tumulus . Les lois que l'on désigne sous le nom de canons dyHibernie indiquent que, dans les premiers temps, les rois seuls étaient inhumés dans les basiliques; les autres hommes étaient ou consumés par le feu ou ensevelis sous un monceau de pierres fin primis temporibus reges tantum se peliebantur in basilica ; nam cæterihomines sire igni sive acervo lapidum con diti sunt). Il paraît que les Gaulois disposaient un certain nombre de sépulcres secondaires autour du tombeau principal.
Guibert , abbé de INogent au xn® siècle, remarque que, lorsqu’on creusa dans la plaine de INogent pour y élever des constructions , on trouva des sépulcres rangés en rond autour d'un tombeau principal, et dans ces sépultures des vases qui ne servaient point pour les cérémonies chrétiennes.
TOMBEREAU. — Sorte d'instrument de supplice ; on s’en servait pour plonger dans l'eau les femmes qui s’étaient portées à quelque acte de violence. Voy. du Gange, v° tombrellum. — O11 appelait encore tombereau une espèce de charrette remplie d’ordures où ron traînait ceux qui étaient condamnés au dernier supplice. On lit dans le chap. vin de la Chronique de Flandre , citée par du Cange, ibid. : « Henri de Maltrais fut mené par les carrefours de Paris en un tombereau , et après, rendu à l'évêque, et illec mourut en la chambre que l'on dit oubliette. »
TONLIEU. «— Ce mot, qui vient de la basse latinité telon , tcloneum , tonlium , indiquait un impèt prélevé , au moyen âge, sur les marchandises que l'on transportait par terre ou par mer ( du Cange, v° Telon ). — Voy. pour les détails historiques l'article Péage.
TONNELIERS. — Voy. Corporation , p. 245 , ir« colonne.
TONSURE. — Voy. Rites Ecclésial tiques.