‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 204 sur 224 · TOR · texte numérisé non relu

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fcenre de question ; elle consistait à élever l'accusé au moyen d'un câble passé dans une poulie attachée au plafond ; on hissait ainsi à une certaine hauteur le patient, qui avait un poids de cent quatre-vingts livres attaché au pied droit et une clé de 1er en tre les deux revers des mains liées l'une sur l’autre derrière le dos. Dans la question extraordinaire, on suspendait aux pieds du patient un poids de deux cent cinquante livres, puis on l’élevait lentement jusqu au platond , et on le laissait retomber par une secousse violente qui lui disloquait les membres. On renouvelait trois lois ce supplice, et chaque fois on le sommait de dire la vérité.

~Le chevalet, autre genre de torture, consistait à placer le patient à cheval sur une pièce de buis taillée à vives arêtes et dont 1 un des angles était en l’air; on suspendait des poids à chacun de ses pieds, afin que son corps s’enfonçât sur les angles du chevalet. Le 1er l'ougi au feu, les charbons ardents avaient aussi été employés pendant le moyen âge pour torturer les condamnes et leur arracher des aveux.

Ces barbaries provoquèrent des plaintes ; au xvi- siècle, Robert Estienne et Montaigne s’élevèrent contre la torture. Le premier inséra dans une traduction de la Rhétorique d Aristote, les réflexions suivantes : « Les témoignages tirés des tortures ne sont point certains, attendu que parfois il se trouve des hommes forts et robustes lesquels ayant la peau dure comme la pierre et le courage fort et puissant, endurent et supportent constamment la rigueur de lagehenne au heu que des hommes timicfes et appré- ,p‘ls'fs’ avant que d’avoir vu les torfures

?rnnt incom,nent éperdus et troubles, tellement qu’il n’y a point de certitude au témoignage des tortures»

Montaigne ( Essais , liv. II, ehap \) at-

tib!ea < cS^un e à»™ Une viSaeur'irrésisceîie "des gehenntrSfsembJo Vemi°n que plutôt un essai de patience quc^de vérité

phÆ1 q,,U -les-Peut souffrir cache la vérite, et celui qui ne les peut souffrir. Car pourquoi la douleur me fera-t-elle plutôt confesser ce qui en est, qu’elle me for ccra de dire ce qui n’est pas ? Et , au re-

S1 celm qui n’a Pas fait ce de quoi on J accuse , est assez patient pour sim.

celuf q uiSl’afarifentS ’ P?urquoi ne le sera la vie 1, af.,! ,1’ un 81 beau guerdon que

considération de l’effort de lJ conscience

la /nwC Upab e 11 seœb,e qu’elle aide à la toiture , pour lui faire confesser

cl >•«’««« l’-ff»M>li«? eode’f’autre

part, qu’elle fortifie l’innocent contre la torture. Pour dire vrai, c’est un moyen plein d incertitude et de danger. Que ne dirait-on, que ne ferait-on pour fuir de si grièves douleurs ? D’où il advient que celui que le juge a gehenné, pour ne le taire mourir innocent , il le fasse mourir et innocent et gehenné. Mille et mille en ont chargé leur tête de fausses confessions. Plusieurs nations, moins barbares en cela que la grecque et la romaine, qui les appellent ainsi, estiment horrible et cruel de tourmenter et de rompre un homme, de la faute duquel vous êtes encore en doute. Que peut-il croire de votre ignorance? Etes-vous pas injustes, vous qui, pour ne le tuer sans occasion, lui laites pis que de le tuer? »

Malgré ces justes et énergiques réclamations, l’usage d’appliquer les condamnes à la torture dura pendant les xvne et xviii* siècles. Montesquieu en demandait encore 1 abolition dans son Esprit des lois, et Voltaire eleva lavoix, en 1777, pour supplier Louis XV I d’ajouter cette réforme a toutes celles qui honoraient le commencement de son règne. Après avoir rappelé les exemples qui, sous Louis XV, et, à une époque recente, avaient prouvé l’odieux abus de la torture , il ajoutait: « Un roi a-til le temps de songer à ces menus détails d horreur au milieu de ses fêtes, de ses conquêtes et de ses maîtresses ? Daignez vous en occuper, ô Louis XVI , qui n’avez aucune de ces distractions. » Ces réclamations furent entendues. I / B déclaration en date du 24 août 1780, abolit la question préparatoire. Une seconde déclaration, en date du i«r mai 1788, sup-

!>!>ln|ia a torJurei Ie roi y reconnaissait termes formels que « cette épreuve, presque toujours équivoque par les aveux absurdes, les contradictions et les rétraca ions des criminels, étaitembarrassante ÏÏL ,esju^ qui «e peuvent plus dé- Z -, a ve/ité au n,ilieu des cris de la Zu,ïunr-e dangereuse pour l’innocence, h dït 3“e. la torture pousse les patients nlus ri!^rall^ns fausses qu’ils n’osent 1er ip„ .t fr’ de Peur de voir renouve- I ouii vvr tourmen.ts* ” C’est donc à aboli ln3/Xw<IUe revi.ent l’honneur d’avoir

voy. A pq “Vf Serva<5e- 1 OURELLE. — Voy. Église, p. 338.

p. i38IKELLE' ~ V°y* Château Foui

•nrfc?ÜRN*'IjJiE’ ~ Chambre du parlement ‘ • 1 uommee parce que les magistrats y

Mrf-raiei O a tour de rôle- v°y- Parlement de Paris, p. 944, 2« col.

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TOURNOIS. — Jeux et exercices clievalei’esques. On a voulu faire dériver le nom de tournois de Troie et des jeux troyens , dont parle Virgile ; mais il est plus probable que ce mot vient du français tourner. L’expression tornare est souvent employée dans la basse latinité pour dire marcher ou s’avancer en rond. On trouve même dans Hincmar le mot tor natrices, qui désigne probablement des femmes dansant en rond. 11 existait déjà, sous les Carîovingiens , des jeux militaires analogues aux tournois . Nithard (liv. III, chap. v) , décrivant l’entrevue de Louis le Germanique et de Charles le Chauve, parle de jeux guerriers célébrés par les Francs de la suite des deux rois. Il montre la multitude des Saxons, des Gascons, des Austrasiens et des Bretons, rangée de chaque côté et attentive aux luttes ; puis les deux troupes d’élite simulant un combat. D’un côté , iis se précipitaient avec impétuosité en brandissant leurs lances, tandis que, de l’autre , couverts de leurs boucliers , ils prenaient la fuite. La narration de Nithard prouve que, dès le ixe siècle, on célébrait des jeux guerriers analogues aux tournois .

Cependant on attribue généralement l’invention des tournois à GeolYroi de Preuilly , tige des comtes de Vendôme.

« En l’année 1066 , dit la chronique de Tours , périt Geoffroy de Preuilly, auquel on doit l’invention des tournois ( qui tor neamenta invenit ). » Ces contradictions apparentes s’expliquent naturellement en admettant que Geoffroy de Preuilly donna lepremierdes régies et des lois à ces jeux militaires qui étaient inventés depuis longtemps. Du reste, comme le remarque Du Cange ( VIe dissertation sur V histoire de saint Louis par Joinville), les tournois sont considérés par les écrivains du moyen âge comme des jeux essentiellement français. Mathieu Paris, à l’année 1179, les appelle joutes françaises ( conflictus gallici). Raoul de Coggeshall, parlant de Geoffroy de Mandeville, dit qu’il mourut dans la ville de Londres d’une blessure qu’il reçut, pendant qu’à la manière des Français ( more Francorum ) les cavaliers s’attaquaient à coups de lances et de javelots. Les nations voisines empruntèrent aux Français l’usage des tour?iois , Richard Cœur de Lion les introduisit en Angleterre, et on trouve dans la dissertation de Du Cange sur ces exercices chevaleresques la preuve que les Grecs les ont imités des Français.

Galanterie et magnificence affectées dans les tournois . — La galanterie chevaleresque trouvait dans les tournois une occasion de s’étaler avec éclat. On voyait

des champions faire parade de leur servage d'amour et se faire conduire enchaînés dans la lice. Si, dans la chaleur du combat, le gage qu’une dame avait donné à son chevalier, passait au pouvoir d’un autre, elle s’empressait, si elle était présente, de le remplacer. On raconte que sur la fin d'un tournoi donné en France: « les dames se trouvèrent si dénuées de leurs atours , que la plus grande partie était en pur chef (tête-nue); elles s’en allaient les cheveux sur leurs épaules et leurs cottes sans manches ; car toutes avaient donné aux chevaliers pour les parer, et guimpes et chaperons, manteaux et camises, manches ethabits. Quant elles se virent à tel puint, elles en furent ainsi comme toutes honteuses ; mais sitôt qu’elles virent que chacune était dans le même état, elles se mirent toutes à rire de leur aventure, car elles avaient distribué leurs joyaux et leurs habits de si grand cœur aux chevaliers, qu’elles ne s'apercevaient de leur dénuement et dévêtement. »

Dans un tournoi célébré à Beaucairo en 1174, le comte de Toulouse donna à un chevalier qui s'était extraordinairement distingué, une forte somme d’argent; l’historien qui rapporte le fait dit cent mille pièces d’or; le chevalier distribua sur-le-champ cette somme aux autres chevaliers. Bertrand Raibaux fit labourer,

f>ar douze paires de bœufs, un champ sur equel on devait tenir un tournoi , et y sema trente mille pièces d’argent. Guillaume Gros de Martells fit servir un banquet dont tous les mets avaient été cuits à un feu de cierges, et Ramon de Venans étonna l’assemblée par une fête d’une nouvelle espèce : il fit brûler trente magnifiques coursiers.

But et danger des tournois . — Le principal but des tournois était d’exercer les chevaliers au maniement des armes et dn développer leur adresse et leur valeur.

On ne devait y employer que des armes courtoises , c'est-à-dire des armes dont le tranchant etla pointe étaient émoussés. Les juges du tournoi étaient chargés de veiller à ce que les conditions prescrites fussent religieusement observées. Ils examinaient et mesuraient les lances des chevaliers. Malgré les précautions prises pour empêcher les tournois de dégénérer en combat, un grand nombre de chevaliers perdirent la vie dans ces jeux guerriers. En 1186, Geoffroi Tlantagenet, duc de Bretagne, fils de Henri 11, roi d’Angleterre, fut tué à Paris dans un tournoi. Jean, margrave de Brandebourg, périt de la même manière en 1269. Frédéric II, comte palatin du Rhin, se cassa l’épine

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dorsale par une chute de cheval dans un tournoi . Quelquefois des haines personnelles changeaient ce qui ne devait être qu'un amusement en une guerre à mort. Dans la seule année de 1175, seize chevaliers furent tués dans des tournois donnés en Saxe, et dans un autre qui eut lieu à Nuys (en allemand Neuss), qnarante-deux chevaliers et autant d'écuyers furent les victimes de haines personnelles. A l’occasion d’un tournoi tenu à Darmstadt, en 1403, il y eut une rixe entre les Hessois et les Franconiens , ue les ofïîcieFS préposés pour empêcher e pareils accidents , ne purent séparer sans qu’il y eût beaucoup de sang répandu. Mathieu Paris , retraçant un tournoi qui eut lieu en 1241 , dit « que beaucoup de chevaliers et d’écuyers y périrent sous les coups de masses d’armes, ou y furent dangereusement blessés , parce que la rivalité changea le tournoi en combat. » Tout le monde sait qu’un malheureux accident arrivé dans un tournoi coûta la vie à Henri II , roi de France. La grande chronique belge rapporte, à l’année 1240, que, dans un tournoi qui eut lieu près de Cologne, soixante chevaliers ou écuyers ayant perdu la vie , la plupart par suffocation, on entendit après leur mort les cris des démons , qui, sous la forme de corbeaux et de vautours, vinrent déchirer leurs corps.

Interdiction des tournois. — Les dangers que présentaient les tournois les firent interdire par les papes et par les rois de France. Au xiic siècle , les papes Innocent II , Eugène III et Alexandre HI interdirent, sous peine d'excommunication, de prendre part aux tournois , et défendirent d’inhumer dans des cimetières consacrés ceux qui y auraient perdu la vie. Les mêmes anathèmes furent renouvelés par Innocent III et d'autres papes.

Les tournois n'étaient pas moins funestes par les dépenses excessives dans lesquelles ils entraînaient les seigneurs qui y prenaient part. Jacques de Vitry

Earle des prodigalités auxquelles la nolesse se livrait à l’occasion des tournois , et nous en avons cité plusieurs exemples dans les paragraphes précédents. Ce motif et les dangers inutiles auxquels s'exposaient les guerriers d'élite déterminèrent le pouvoir laïque à. prohiber les tournois. Saint Louis, Philippe le Hardi , et surtout Philippe le Bel, les interdirent. Du Cange a cité, dans sa Dissertation sur les tournois , une ordonnance rendue par Philippe le Bel, à ce sujel, en i3n. Elle confirmait les ordonnances publiées par le môme prince, en 1304 et 1305 ( Ord . des rois de France , I, 420). Philippe V le Long

pareillement les tournois par une ordonnance générale du 23 octobre 13J8. Ces jeux chevaleresques n’en continuèrent pas moins jusqu’en 1559, époque où Henri II, ayant péri dans un tournoi , on renonça définitivement à d’aussi périlleux exercices.

Pas d'armes ; combats à la barrière .

— On a quelquefois confondu avec les tournois des jeux chevaleresques qui s'en rapprochaient , tels que les combats à la barrière , pas d1 armes , tables r ondes , etc. Il a déjà été question des tables rondes (voy. ce mot). Les pas d’armes étaient des combats particuliers, qu’un champion soutenait contre un ou plusieurs chevaliers. Il choisissait un pas ou passage étroit qu’il défendait contre tous ceux qui entreprenaient de le franchir. Ceux qui défendaient le pas suspendaient à l’entrée leur écu orné de leurs armoiries et d'autres écus qui indiquaient la nature des armes avec lesquelles on se proposait de combattre. Les chevaliers qui voulaient lutter contre le tenant touchaient un des écus qui spécifiait la nature des armes dont ils devaient se servir. Au pas de l'arc triomphal qui fut soutenu par François, duc de Valois et de Bretagne, et par neuf chevaliers, dans la rue Saint-Antoine à Paris, en 1514, pour la cérémonie du mariage de Louis XII, il y eut cinq écus attachés à l’arc triomphal : le premier d'argent, le second d’or, le troisième noir, le quatrième tanné et le cinquième gris. Le premier signifiait le combat de quatre courses de lances ; le second, d’une course de lances avec coups d’épée sans nombre; le troisième, combat à pied avec l'épée et la lance; le quatrième, combat avec les mêmes armes; le cinquième, défense d’un behourd ou petit bastion.

(Voy. Behouko).

Le combat à la barrière était encore une autre variété de ces jeux militaires. Deux troupes à pied s'attaquaient avec l’épée, la hache et la masse d’armes, et luttaient jusqu’à ce que l'une des deux eût été repoussée au-delà d’une barrière qui fermait la lice. Les romans de chevalerie parlent fréquemment de ces combats à la barrière , qui étaient moins estimés que les tournois, parce que les chevaliers des deux partis combattaient à pied comme des vilains.

Du Cange donne, 'dans saVIIP dissertation sur Joinville , des détails relatifs au jeu de paume à cheval, qu’on appelait aussi exercice de la chicane . On y déployait tout à la fois l’habileté du cavalier qui savait diriger son cheval, et du joueur de paume pour recevoir et renvoyer la balle.

TOURNOIS (Monnaie ). — On appelait primitivement tournois une monnaie réelle qui tirait son nom de la ville de Tours oii elle était fabriquée. Dans la suite les tournois ne furent qu'une monnaie de compte dont on se servit concurremment avec les parisis jusqu’à l’époque de Louis XIV. Voy. Monnaie, p. 824 et 825.

TOURS , TOURELLES. — On appelle tour un bâtiment de forme ronde ou à pans , d'une hauteur considérable , qui sert tantôt à flanquer les murs d’enceinte d’une ville ou d’un château , tantôt à surmonter la façade ou le transept d’une église. Voy. Château-fort, p. 137 et 138, et Église, p. 338. — Les tourelles sont de petites tours.

TRAFIC. — Échange de denrées. Voy.

Commerce et Industrie.

TRAGÉDIE, TRAGI-COMÉDIE. — Il a été question au mot Théâtre des pièces du moyen âge appelées mystères , soties et moralités. On s’efforça, au xvi® siècle, d’imiter les tragédies des anciens. En 1552, Jodelle fit jouer à Paris une tragédie de Cléopâtre, et depuis cette époque la tragédie est restée généralement fidèle au même type, l/histoire de la tragédie se trouve dans toutes les histoires delà littérature française. Voy. les indications bibliographiques à la suite du mot poésie. — La tragi- comédie est un mélange des genres tragique et comique ; on l’a quelquefois désignée sous le nom de comedie héroïque. Corneille est un des poètes qui se sont exercés dans la tragi-comédie . Voy. Théâtre.

TR.AIN. — Matériel dont se compose un parc d’artillerie. Jusqu’à la révolution les canons et caissons étaient traînés par des paysans qu’on mettait en réquisition. Un décret de la Convention en date du 9 avril 1793 décida qu’il serait établi sur toutes les routes militaires des charrois d'artillerie pour le transport de l’artillerie et des munitions. En 1799 (24 décembre) , ces charrois furent organisés en bataillons du train y qui prirent plus tard le nom d’escadrons du train . Ils ont été fondus dans l’organisation moderne des seize régiments d’artillerie. Voy. Organisation militaire, Artillerie y p. 905-

TRAITANTS. — Financiers qui , sous l’ancienne monarchie, étaient chargés du recouvrement des impôts. Le nom de traitants leur fut donné , parce qu’une partie de ces impôts portait le norn de traites ( voy. Traites ) , ou, selon d’au-

tres, à cause du traité qu’ils avaient signé avec les fermiers généraux.

TRAITE DES NÈGRES. — Ce trafic coi>»

sistait dans l’enlèvement et la vente d’esclaves africains. Autorisé en France sous Louis XIII , il a été formellement interdit par les lois du is avril iSi8 et du 25 avril 1826. Voy. Nègres.

TRAITES. — On appelait traites , dans les anciennes ordonnances, les droits que l’on prélevait sur les marchandises à l’entrée et à la sortie d’une province ou d’un royaume; elles se nommaient, dans le latin du moyen âge , tributum transi torium ou tributum transi turæ , ou simplement transi tura ( impôt payé pour le passage). Quelquefois on ajoutait au mot traites celui de foraines pour indiquer que les marchandises venaient du dehors. Les principales traites étaient, au xvme siècle , les douanes de Valence et de Lyon y le convoi et comptablie de Bordeaux y la coutume de Bayonne , le traité d'Arzac , le traité de Charente , la patente de Languedoc , la foraine et bouille de Roussillon , la prévôté de N an-

sorties sur les vins par les provinces de Champagne et de Picardie , le contrôle des toiles à Paris .

En 1551, Henri II fixa les droits de traite à deux , savoir le domaine forain et la traite foraine ; le premier était de huit deniers pour livre sur toutes les marchandises , et la seconde de douze deniers pour livre. En 1563, Charles IX établit la douane de Lyon pour les draps d’or et d’argent et les soies qui passaient d’Italie en France. Deux ans après (1565), le bureau de la douane de Paris fut établi. En 1581, Henri III institua des bureaux de douane et de traites dans une partie des villes du royaume. Tous ces droits d’entrée et de sortie augmentaient considérablement le prix des marchandises et des denrées, et entravaient le commerce. Aussi Colbert s’efforça-t-il d’établir un tarif uniforme en 1664. (Voy. Finances, p. 433).

En 1720, les traites foraines avaient deux administrations différentes : l’une comprenant les droits levés sur toutes les marchandises importées ou exportées, l’autre , les droits d’entrée et de sortie sur toutes les marchandises et denrées exportées des provinces renfermées dans l’étendue de la ferme générale pour être transportées dans les provinces du royaume réputées étrangères, ou importées de celles -ci dans rétendue de la ferme géné-

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