VET
était annuelle. Le nom de vcrgobret se retrouvait altéré dans celui de vierg que Ton donnait jusqu’à la Révolution au premier magistrat d’Autun. Il était élu pour deux ans , et était le premier des maires aux états de Bourgogne,
VERIFICATEUR. — On appelle vérificateurs des fonctionnaires chargés de régler et vérifier les comptes dans les administrations des douanes, de l’enregistrement, des poids et mesures, des contributions indirectes.
VERRE, VERRERIES, VERRIERS.— Les verreries de la Gaule avaient de la réputation même du temps des Mérovingiens.
On lit dans la viede saint Benoît Bissope, abbé d’un monastère en Angleterre, mort vers 690, qu’après avoir bâti son couvent, il vint en France chercher des ouvriers pour lui construire uue église en pierres, et. des verriers pour lui clore en idtres son église, son réfectoire et son cloître. Les ouvriers verriers qu’il amena enseignèrent aux Anglais un art qui leur était inconnu. Ces verriers ne se bornaient pas à fabriquer des vitres pour les fenêtres; ils faisaient des coupes et des plats en verre , et autres ustensiles de table de la même matière. Fortunat. dans une pièce de vers adressée à la reine Radegonde , décrit un festin ou chaque espèce de mets fut servi dans des plats de matières différentes •* les viandes sur des plats d’argent ; les légumes , sur des plats de marbre ; la volaille, sur des plats de verre ; le fruit , dans des corbeilles peintes , et le lait dans des poteries noires en forme de marmite. Saint Benoît d’Aniane se servait d'un calice de verre pour dire la messe , d’après son biographe. Enfin parmi les objets donnés à l’abbaye de Fontenelle , ou Saint- Wandrille , par Anségise, avant d’y prendre l’habit monastique, il est question d’un hanap de verre et de deux coupes de verre ornées d’or. Dans une charte de 1338, donnée par Humbert, dauphin de Viennois , en faveur d’un certain Guionet, il abandonnait à ce dernier une partie de la forêt de Chambarant pour y établir une verrerie , à condition que Guionet lui fournirait tous les ans, pour sa maison, cent douzaines de verres en forme de cloches ; douze douzaines de petits verres évasés ; vingt douzaines de hanaps ou coupes à pied; douze d’amphores, etc.
Au xvic siècle, les relations fréquentes avec l’Italie , où les verreries vénitiennes avaient une grande réputation, firent rechercher ces objets de luxe. Le roi Henri II attira en France un Vénitien , nommé Mutio Thesco , aui avait le secret
des verreries de son pays, et établit à Saint-Germain en Laye une manufacture à l’imitation de celle de Murano, près de Venise. Les guerres civiles firent abandonner cette manufacture , et ce fut seulement sous Henri IV , en 1603, que l’on chercha de nouveau à lutter contre les verreries vénitiennes, mais sans grand succès. Colbert donna une vive impulsion à cette branche d’industrie par la fondation de manufactures de glaces. Voy.
Industrie , p. 581.
VERRIERS (gentilshommes-). — Voy.
Gentilshommes-verriers.
VERS A SOIE. — Voy. Soie , Soieries.
VERT ( Bonnet ). — Signe du débiteur insolvable. Voy. Dettes, p. 273, 2° col.
VERTUGADIN. — La mode des vertu gadins passa d’Espagne en France au xvic siècle : « C’était, dit Mme de Motteville, une machine ronde et monstrueuse, car il semblait que c’étaient plusieurs cercles de tonneaux cousus en dedans des jupes. » Les jupes, ainsi soutenues , formaient un cylindre et faisaient paraître la taille plus mince. Les vertugadins ont donné naissance aux paniers. Voy. Paniers.
VESPERIE. — Ce mot s’employait encore au xvmc siècle, dans le sens de réprimande. Saint-Simon s’en sert plusieurs fois. A l’occasion d’un président du parlement de Dijon, mandé à la cour en 1709, et réprimandé parle roi, Saint-Simon dit qu’il reçut du roi « une forte vesperic » ( t. VII, p. 104). — Il y avait aussi une thèse appelée veperie ou vesprie , parce qu’on la soutenait le soir ( vesper ).
VÊTEMENTS. — Voy. Habillement.
VÉTÉRINAIRES (écoles). — Il y a en France trois écoles où l’on forme les vétérinaires, qui s’occupent de la guérison des chevaux et des bestiaux. Elles sont établies à Alfort, à Lyon et à Toulouse. Un certain nombre d’élèves y sont entretenus aux dépens de l’Etat; d'autres y étudient à leurs frais l’art vétérinaire .
VETO. — La constitution votée par l’assemblée nationale, en 1791 , accordait au roi le veto suspensif pour deux législatures. Si après deux législatures, la représentation nationale persisiaità rejeter la loi, le roi devait céder. Les discussions passionnées qui avaient précédé le vote du veto , donnèrent lieu aux plus étranges commentaires. Le peuple répétait ce mot sans le comprendre. Les uns le prenaient pour un impôt qu’il fallait abolir ; les autres Dour un ennemi qu’il fallait mettre
VIG
à la lanterne. M. Thiers, dans son /iistaire de la Révolution , n’a pa s dédaigné l’anecdote suivante : deux habitants de la campagne parlaient du veto : « Sais- tu ce que c’est que le veto ? dit l'un . — Non . — Eh bien 1 tuas une écuelle remplie de soupe; le roi te dit : répands ta soupe , et il faut que tu la répandes.»
VÈTUUE. — Cérémonie dans laquelle un religieux ou une religieuse reçoiL le vêtement monastique. Voy. Religieux et Religieuses, p. 106A.
VEUVES. — La veuve convolait rarement en secondes noces chez les Germains. Le reipus (voy. ce mot) était une sorte de rançon qu’elle était obligée de payer à la famille de son premier mari. Les formes symboliques usitées en cette circonstance ont été décrites au mot Reipus. — Les veuves qui renonçaient à la succession de leurs maris pour ne pas payer leurs dettes , devaient déposer leur eeiniure, leur bourse et les clefs de la maison sur le cercueil, comme le fit la femme de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. D’après certaines coutumes, elles étaient obligées d'ouvrir leurs bourses et de montrer qu’il n’y avait ni or ni ar gent ( Nouveau coutumier général , t. Il, p. 787 et p. 998, eol.2). Les veuves portaient encore, au xvnc siècle, un bandeau qui couvrait leurs cheveux , comme c'est l’usage pour les religieuses (Sainte-Palaye, v* veuves).— Le mariage des veuves se célébrait la nuit et sans pompe religieuse. L'édit des secondes noces (voy. Secondes noces), rendu en 1560, avait surtout pour but d'empêcher les veuves qui se remariaient , de dépouiller les enfants du premier lit.
VEUVES (reines). — 11 était d’usage, en France, que les reines veuves restassent enfermées pendant les quarante premiers jours de leur deuil. On accusa Catherine de Médicis d'avoir violé cette coutume à la mort de Henri II ( de "Hiou, liv. XXlll). — Les reines de France portaient le deuil en blanc; ce qui leur ht donner le nom de reines blanches .
VICAIRE. — Ce mot désigne d'une manière générale celui qui est le lieutenant et le remplaçant d'un autre. Les préfets du prétoire avaient, dans l’empire romain, des lieutenants appelés vicaires ou vicepréfets. — En matière féodale, les vicaires étaient les hommes vivants, mourants et confisquants (voy. Homme vivant, mourant et confisquant) , que Les gens de mainmorte étaient obligés de donner au seigneur féodal pour faire la foi et hommage, et à la mort duquel le dioit de mutation de fief était dû.
Enfin les vicaires sont, dans la hiérarchie ecclésiastique, les remplaçants des curés. Le mot vicaire n’est plus employé que dans ce sens. Les évêques et archevêques ont aussi auprès d'eux des vicaires pour les seconder dans Padministration de leurs diocèses. Ces derniers portent le titre de grands vicaires ou vicaires généraux. Ils remplacèrent, vers le Xe siècle, les chorévéques qui jusqu'alors avaient secondé les évêques dans l'exercice de leurs fonctions- Après la mort d'un évêque et pendant la vacance du siège, le chapitre nomme des vicaires généraux capitulaires u
VICAIRE APOSTOLIQUE. — Depuis le ixe siècle jusqu’au xine, les évêques prenaient souvent le nom de vicaires apostoliques, vicaires de J. G mais, à partir du xme siècle, le pape seul porta ce titre.
VICAIRE DE SAINT PIERRE, VICAIRE DE J. C. — Les papes furent appelés pendant longtemps vicaires de saint Pierre ; Benoît III se donnait lui-même ce nom dans le ixe siècle , et il fut imité en cela par quelques-uns de ses successeurs.
Mais, à partir du xm® siècle , les papes abandonnèrent ce titre pour celui de vicaires de J . C.j qu'ils ont conservé jusqu'à nos jours. Voy. les preuves dans le jüict. de diplomat. de D. de Vaines.
VICAIRE DU SAINT-SIÈGE. — Ce titre est donné, dans une bulle du pape Agapet II, à celui qui expédiait la bulle.
VICAIRES GÉNÉRAUX. — Voy. Vi-
CAIKE.
VICAÏRIE. — Ce mot avait plusieurs signilications. Il était synonyme de vigne rie (voy. ce mot) et de junior ai (voy. ce mot). U indiquait quelquefois une subdivision territoriale du pagus (voy. Pagi). La vicairie était administrée par un vi~ carius ou vignier. On donnait aussi le nom de vicairie à l'office du vicarius . — Ce mot désignait encore le droit d9 homme vivant et mourant , que M. Guérard explique ainsi (prolégomènes du cartulaire de Saint-Père de Chartres , § 105 *. « Dans les fiefs, chaque mutation de vassal donnait ouverture de certains droits au profit du seigneur dominant ( voy. Relief ).
Mais, lorsqu’un bien était donné en fief aux gens de mainmorte, à des moines, par exemple, comme ces vassaux ne mouraient pas, iis devaient fournir au seigneur un homme pour les représenter , et dont la mort donnait ouverture soit aux droits de relief, soit aux autres droits dus à chaque mutation. Ce représentant ou tu-
vie
caire , qui restait à leur choix et qui pouvait être l’un d’entre eux, était dit homme vivant et mourant ( sous-entendu pour telle abbaye ou telle église). Le seigneur avait la faculté de saisirle fief, si, dans les quarante jours du décès de cet homme, les gens de mainmorte négligeaient de lui en représenter un autre pour lui renouveler la foi et hommage. Le but de cette institution était de conserver au seigneur dominant la directe sur ses fiefs, d’empêcher que les gens de mainmorte ne vinssent à le frustrer de ses droits dans le cas d'aliénation , et que les seigneurs voisins ne lui disputassent la mouvance; enfin, d’ôteraux gens demainmorte (voy. Mainmortables , § I) le pouvoir de retirer leurs biens de la dépendance du seigneur dominant, et de prétendre qu'ils étaient non des fiefs , mais des alleux, h9 homme vivant, mourant et confisquant, exigé par plusieurs coutumes, était celui qui remplissait pour autrui le rôle de vassal dans toute son étendue, et qui devait satisfaire, au nom de ses îommettants, à toutes les obligations féodales auxquelles ils étaient astreints. On lui donnait le nom de vicaire; d’où l’obligation de fournir un pareil représentent a été appelée vicaria ( vicairie ). »
VICE-AMIRAL. — Officier supérieur de la marine militaire , qui commande en l'absence de l’amiral (voy. Amiral).
Louis XIV établit, en 1669, deux charges de vice-amiral, l'un, pour la Méditerranée, appelé vice-amiral du Levant , et l’autre, pour l’Océan, appelé vice-amiral du Ponant . Le titre de vice-amiral est encore usité aujourd’hui dans la hiérarchie maritime. Voy. Marine , p. 746 , 2* col.
VICE' BAILLI. — Magistrat qui remplaçait le bailli. Voy. Bailli.
VICE-CHANCELIER. — Ce titre, qui ne remonte pas au delà du xiii« siècle, désignait celui qui remplaçait le chancelier et en remplissait les fonctions en son absence. Voy. Chancelier.
VICE-SËNËCHAL. — Magistrat qui remplaçait le sénéchal. Voy. Sénéchal.
VICOMTE , VICOMTÉ. — Le titre de vicomte désignait primitivement le lieutenant ou remplaçant du comte ; il ne commença à être en usage que sous le règne de Louis le Débonnaire. A la fin du xie siècle, les vicomtes joignirent à leur titre celui du chef-lieu de leur domaine , et prirent place dans la hiérarchie féodale. Leur fief s'appela vicomté. — On nommait encore vicomtes , en Normandie,
des officiers de robe qui rendaient la justice au nom du roi et des seigneurs.
I/étendue de leur juridiction s'appelait vicomté, il y avait à Rouen un vicomte de l'eau , qui avait juridiction sur la Seine et sur les marchandises apportées par ce fleuve. Les coutumes de la vicomté de Veau de Rouen sont un des plus anciens règlements pour la navigation fluviale.
VICTIMES HUMAINES. — Voy. Sacrl