F1CES HUMAINS
VICTOR (course de Saint-V ictor.) — Fête populaire qui se célébrait à Marseille la veille do la fête de Saint-Victor. Voy. Fêtes, § III , p. 420.
VIDAME. — Ce mot, qui vient du latin vice-domini ( remplaçant du seigneur), était pris par des seigneurs du diocèse de Narbonne , dès 851. Les vidâmes étaient primitivement les défenseurs et les administrateurs des intérêts temporels des monastères et des églises , comme les avoués. (Voy. Clergé, p.15 9, ir® col.; «Les vidâmes , dit Saint-Simon {Mémoires , U, 192, édit, in -8) , ne sont que les premiers officiers de la maison de certains évêques ; pour un fief inféodé d’eux , et à titre de leurs premiers vassaux , ils conduisaient tous leurs autres vassaux à la guerre ,du temps qu’elle se faisait ainsi entre /es seigneurs , les uns contre les autres, ou dans les armées que nos rois assein blaient contre leurs ennemis, avant qu’* eussent établi leur milice sur le pied peu à peu elle a été mise, et que peu peu iis eussent anéanti le service, avec besoin de vassaux, et toute la puissance et l’autorité des seigneurs. 11 n'y eut jamais do comparaison entre le titre de vidame , qui ne marque que le vassal et l’officier d’un évêque, et les titres qui, par fief, émanent des rois. Mais, comme on n’a guère connu de vidâmes que ceux de Laon , d'Amiens, du Mans et de Chartres, ce nom de vidame a paru beau. » 11 y avait aussi des vidâmes de Normandie. Ce Litre appartenait aux barons d’Esneval , seigneurs de Pavilly. Le titre de vidame a été en usage jusqu'à la révolution.
VIDIMÈES (Chartes). — On appelle chartes vidimées ou viditnus des copies d'anciennes chartes collationnées avec soin et revêtues d'un caractère authentique. Le nom de vidimus , sous lequel on les désigne, vient de ce que ces copies commençaient souvent par le mot latin vidimus ( nous avons vu ). Toute charte vidimée était renfermée en entier dans l’acte qui la confirmait. On trouve plusieurs actes enchâssés ainsi de suite l'un dans l’autre. Les vidimus de papes #
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princes, évêques ou seigneurs étaient munis de leur sceau, et donnaient à la charte une nouvelle autorité. Lesi ridimus de notaires ne faisaient qu’attester qu’ils avaient vu et copié la pièce, L'usage des chartes vidimées ne commença qu’au xne siècle et cessa avec le xiv° siècle. Voy. D. de Vaines, Dict. de Diplomatique.
VIDIMÜS. — Voy. Vidimées (Chartes).
VIE COMMUNE. — On appelle vie commune ou céuobitique celle que mènent les moines et qui a été pendant plusieurs siècles imposée aux chanoines. Voy. Aubaye , Chanoines , Clergé régulier , religieux.
VIELLE. — On nommait vielle au moyen âge l’instrument qui plus tard a porté le nom de violon (voy. Musique , p. 844,
col.). — L’instrument j qu’on désigne maintenant sous le nom de vielle , s’appelait au moyen âge , symphonie (ibia.> p. 847, ire et 2e col.)
VIERG. — Ce mot , abréviation de Vergobret (voy. Vergobret) , désignait le premier magistrat municipal d’Autun. Il était encore en usage sous le règne de Louis XIV ; on lit dans la Correspondance administrative sous Louis XIV , publiée par M. Depping ( 1. 1 , p. 682 ) à la date du 18 avril 1666 • « La connaissance des différends qui sont entre les vierg et échevinsd Autun contre le chapitre de l’église cathédrale de la même ville, etc. »
VIERGE. — La fête de V Immaculée conception de la Vierge , qui existait depuis nu temps immémorial dans l’église grec-» que, ne commença à être célébrée en r rance que dans la seconde moitié du xi® siècle. Elle fut d’abord établie à Rouen, et porta même le nom de fête aux Normands% Jusqu’au xvnR siècle, les poésies des Palinods (voy. ce mot) célébrèrent i immaculée conception . Cette fête a été e tendue à toute l’Eglise catholique par une decision du saint-siège en 1854. Le père ; erroné a réuni dans un traité latin tous les textes relatifs à. Y Immaculée co7icen tion de la Vierge .
VIEUX STYLE. — Manière de compter les années, antérieure h la réforme du pape Grégoire XIII, qui fut adoptée en France en 1582, et établit une différence de dix jours entre les calendriers Julien et Grégorien. Voy. Alnnée , p. 23, 2® col.
VIGILES. — Veilles des grandes fêtes.
Ce mot, qui vient du latin vigilare (veiller), rappelle l’ancien usage dépasser en prière la nuit qui précédait les grandes letes, comme Noël *
la Toussaint. Cet usage fut aboli en 1322, à cause des abus auxquels il avait donné lieu.
VIGNES, VIGNOBLES. — Les vignes étaient cultivées, dans le sud de la Gaule, à une époque fort reculée. Les centrées méridionales de ce pays faisaient un grand commerce de vins avec l’Italie du temps de Cicéron. Bientôt la culture de la viqnt s’étendit dans les provinces septentrionales de la Gaule, et on cita parmi le.** principaux vignobles de ce pays ceux do Bituriges (Berry) , du Bordelais, du pao des Sequanes (Franche-Comté), de l’Arvernie (Auvergne), du pays des Allobroges ( Dauphiné et Savoie ). En 92, après J. G., Domitien , se persuadant qu’une disette qui avait désolé l’empire devait être attribuée à ce que les vignobles étaient trop nombreux, ordonna que les vignes fussent arrachées dans une grande partie de l’empire et spécialement dans la Gaule. Cet ordre fut exécuté avec une rigueur déplorable, et ce ne fut qu’environ deux cents ans plus tard (282 après J. C.) que Probus permit aux Gaulois ae replanter leurs vignes . Les Légions romaines, qui se trouvaient en garnison dans la Gaule, furent même employées à ces plantations.
Depuis cette époque, la culture de la vigne n’a plus été interrompue ; les rois barbares en cultivaient dans leurs jardins, et il y en avait, au temps de Philippe Auguste, dans l’enclos du Louvre. D’après les comptes du même prince, rédigés en 1200 et cités par Brussel ( De Vusage des fiefs), Philippe Auguste possédait des vignes àBourges, Soissons, Compïègne, Laon, Beauvais, Auxerre, Corbeil, Betisy, Orléans, Moret, Poissy, Gien,Anet, Verberie, Fontainebleau, Milly, etc. 11 est fait mention dans les mêmes comptes de vins que ce roi achetait à Choisy, Montargis, Saint- Césaire, Meulan. Un fabliau de ce temps, composé par Henry d’Andelys , et intitulé la Bataille des i rins^ donne une énumération des vins les plus célèbres de la France au commencement du xme siècle.
Dès cette époque, les vignobles de la Gascogne et la Saintonge étaient renommés, et on exportait des vins de ces contrées, comme le prouve la Philippéide de Guillaume le Breton. En 1372, on vit arriver d’Angleterre à Bordeaux, d’après le récit de Froissart, une flotte de bien deux cents voiles et nefs de marchands qui allaient aux vins . Jusqu’au xvie siècle, la Normandie, la Picardie, la Bretagne avaient des vignobles t et même les chroniqueurs du moyen âge parient de ces vins comme excellents. Richard II donna à Tabbaye de Fécamp les vignobles d’un
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certain canton de Normandie qui produit , dit-on , df excellent vin , ajoute Guillaume de Malmesbury (qui optimi vini ferax esse dicitur). Les bretons, avec leur ténacité ordinaire, persistèrent plus longtemps que les autres hommes du nord à cultiver la vigne et à vanter leurs vins. Une anecdote racontée par Le Grand d’Aussy (Histoire de la vie privée des Français ) prouve qu’à l’époque de François 1er ils prétendaient qu'il y avait trois choses qui valaient mieux en Bretagne que dans tout le reste de la France , les chiens , les vins et les hommes. François 1er, devant lequel un Breton soutenait ce paradoxe , répliqua, dit-on : « Pour les hommes et les chiens, il peut en être quelque chose ; mais pour les vins , je ne puis en convenir, étant les plus verts et les plus âpres de mon royaume - » Et là-dessus, il rapporta l’histoire plaisante d’un chien qui , ayant mangé près de ltennes une grappe de raisin, sentit à l’instant dans le ventre une telle aigreur que , pour s’en venger, il aboya de colère contre la vigne.
En 1566,1a France ayant éprouvé une disette , Charles IX, abusé comme l’avait été précédemment Domitien , ordonna d’arracher une partie des vignes ; il fut décidé qu’elles ne pourraient occuper que le tiers du terrain dans chaque canton ; les deux autres tiers devaient être convertis en terres labourables ou en prés. Cette ordonnance ne paraît pas avoir été rigoureusement exécutée. Ce qui est certain , c’est qu’en 1577 Henri III la modifia en recommandant à tous les officiers chargés du gouvernement des provinces « d’avoir attention qu’en leurs territoires les labours ne fussent délaissés pour faire plants excessifs de vignes . » On trouve encore, en 1731 , un édit qui défend de faire à l’avenir aucune plantation de tngnes , et qui déclare que celles qu’on aurait cessé de cultiver pendant deux ans ne pourraient plus l’être dans la suite.
Dès le xvic siècle , plusieurs vignobles , situés dans le nord de la France, avaient été supprimés et transformés en terres labourables. Ce fait s’explique surtout par la facilité des communications qui permit, aux xviie et xvtn® siècles, de transporter les vins du midi, de la Bourgogne et de la Champagne dans toutes les parties de la France. Les vignobles du Bordelais , de la Bourgogne , de la Champagne et d’une partie du Languedoc , sont encore de nos jours une des richesses agricoles de la France. Voy. pour les détails YHistoire de la vie privée des Français , par Le Grand d’Aussy.
VIGtJERlE, VIGUIER — Les viguiers
étaient primitivement des officiers qui remplaçaient les comtes et étaient en quelque sorte leurs vicaires ( vicarii ) dans les petites villes du comté. On donnait le nom de vigueric à l’office du viguier ou à la circonscription territoriale dans laquelle il exerçait sa juridiction. Les tuguiers n’avaient d’abord qu’une juridiction inférieure. Les causes capitales , qui constituaient la haute justice, étaient réservées au comte ou au roi.
A l’époque de la décadence de l’empire carlovingien , les vigueries devinrent comme les autres offices des fiefs héréditaires.^JLes viguier s s’emparèrent alors dans quelques contrées des droits de haute justice. Enfin , lorsque la royauté eut rétabli son autorité , les viguiers perdirent l’indépendance qu’ils devaient au système féodal. Ils ne furent plus que des magistrats royaux subordonnés aux baillis et aux sénéchaux. Le nom de viguier se conserva dans quelques provinces jusqu’à la Révolution ; celui de vicomte , qui était plus commun, indiquait une autorité de même nature.
On appelait encore viguerie la taxe perçue par le viguier dans le pays qu’il administrait, ainsi que les amendes et les frais de justice qui lui étaient attribués.
VILAIN. — Ce mot , dérivé du latin villa (métairie, d’oii l’on a fait villanus)y désignait primitivement les paysans, dont la condition différait peu de celle des serfs (voy. Seufs). Par extension, on appela vilains tous ceux qui n’étaient pas nobles. 11 a été question de cette classe dans plusieurs articles de ce Dictionnaire; on a parlé des bourgeois et de leur affranchissement aux mots Communes, ÉTAT(tiers), Rotures, Roturiers. — L’affranchissement des paysans a été beaucoup plus lent. Voy. Paysans et Serfs.
VILAINAGE. — Occupation et exploitation d’une terre non noble. Voy. Villenage.
VILLANELLE. — Poésie pastorale, dont tous les couplets finissaient par le même refrain. La vil lanelle fut introduite en France au xvie siècle, par Grevin On cite Passerat et d’Urfé , parmi les poètes qui se sont distingués dans ce genre.
VILLÆ. — Les villæ étaientles maisons de campagne des Romains. On donna ce nom aux métairies que les rois francs s’étaient réservées dans la Gaule. Le produit de ces métairies était un de leurs principaux revenus , et Charlemagne, dans le célèbre Capitulaire de villis en régla l’administration.
VILLE DE PAIX. — On désignait quel-