VIN
quefois sous ce nom les communes du moyen âge. Voy. Commune.
VILLENAGE. — Tenir en villenage , c’était tenir un héritage â charge de rendre au seigneur les services que lui devaient les vilains , comme charrier ses fumiers et faire d’autres corvées.
VILLES. — Les villes les plus importantes de la Gaule, sous l’empire romain, devinrent des municipes (voy. ce mot).
— lia été question de l'affranchissement et de l’organisation des villes du moyen âge à l’article Communes, et de l’administration des villes modernes aux mots Maire et Municipalité. — Un des moyens employés pour ajouter à la beauté et à la salubrité des villes , a consisté à y multiplier les places publiques et les promenades plantées d’arbres. 11 a été question d’une manière générale des mesures relatives â la propreté et â la salubrité des villes aux mots Police et Rues, p. 995.
Un certain nombre de villes étaient encore exemptes d’impôts à l’époque de Louis XIV. On lit dans le Journal de Dangeau , à la date du 5 février 1689 : « La ville de Toulouse a donné au roi cent mille écus. 11 y a dix ans qu’elle lit encore le meme présent à Sa Majesté. Cetie ville ne paye rien du don gratuit de Languedoc; elle est taxée à deux mille francs ; et le roi les tient toujours pour reçus.»
VILLES D’ARRÊT. — Ces villes étaient celles qui avaient le droit de fair e arrêter leurs débiteurs (Sainte-Palaye, v° Arrêt).
V1MAIRE. — Terme des anciennes coutumes dérivé du latin vis major : il indiquait, en effet, un cas de force majeure.
VIN. — Voy. Nourriture, p. 877, et Vignes , vignorles. — Outre les vmis indigènes, la France a de tout temps fait usage de vins étrangers. Plusieurs passages de Sidoine Apollinaire, de Fortunat et de Grégoire de Tours prouvent qu’au vve siècle on estimait beaucoup les vins de Gaza et que tous les ans les Syriens en apportaient dans le royaume une certaine quantité. Dans le fabliau intitulé la Bataille des vins , il est questin de vins d’Espagne et de Chypre, et l’auteur Henry d’Andelys proclame le vin de Chypre le plus excellent de tous. Voy. V Histoire de la vie privée des Français par Le Grand d’Aussy. Il donne sur ce sujet des détails très-étendus , dans lesquels il m’est impossible d’entrer.
VIN (Fontaines de). — Voy. Fontaines de VIN.
VIN DE BOURGEOISIE ou POT DE VIN.
— Au moyen âge , il était d’usage, lorsqu’on se faisait recevoir bourgeois d’une ville de payer au maire et aux échevins le vin de bourgeoisie . et cette coutume se trouve même autorisée par des ordonnances de saint Louis. Les boulangers de Paris devaient annuellement au roi un muid de vin ; mais, comme cette redevance donnait lieu à des discussions , on la changea en une rente de six sous parisis. — "Si l’on concluait un marché , on buvait ensemble un pot de vin ou vin du marché. Dans la suite on remplaça le vin par un présent qui conserva o. conserve encore le nom de pot-de-vin et qui était payé par l’acheteur outre la somme principaledu marché conclu. D’après certaines coutumes, le vin du marché faisait partie du prix.
VIN I>E MESSAGER. — Droit qui appartenait à la partie qui avait gagné un procès et qui demeurait hors de la juridiction où il lui avait fallu plaider. Celte expression venait de ce qu’avant rétablissement des postes, on payait une certaine somme pour le messager que la partie avait été obligée d’envoyer à son procureur.
VIN DES NOCES. — Présent offert au prêtre qui célébrait un mariage. Dans certains diocèses, le prêtre, en bénissant le lit nuptial, mêlait ensemble du vin blanc et du vin rouge, comme symbole de l’union des deux époux. Dans le diocèse d’Amiens, le prêtre commençait par bénir le vin et le pain , il faisait ensuite trois rôties au vin , l’une pour lui, l’autre pour les mariés , la troisième pour les amis et parents qui assistaient à la cérémonie. Après avoir pris la sienne, il donnait celle des mariés, et terminait par celle des assistants; ensuite il bénissait le lit. Cet usage se trouve encore dans un rituel de l'année 1554.
VIN DONNÉ AUX CONDAMNÉS ET A LEURS JUGES. — 11 était d’usage, à Paris, de donner du Dm aux condamnés à mori que l’on conduisait au gibet de Montfaucon : on les faisait arrêter, en route, dans la cour des Filles-Dieu, rue Saint-Denis, où on leur donnait deux coups de vin è boire. Quand l’exécution se faisait dans Paris même , l'usage était de servir aussi du vin aux juges chargés d’y assister ; c’était le bourreau qui le fournissait. Du moins, ce tut ce qui arriva, en 1477, à l’exécution du duc de Nemours. Dans un compte delà prévôté de Paris, rapporté par Sauvai, il est fait mention d’une somme de douze livres six deniers, allouée au bourreau pour du pain , des poires et douze
pintes de vin , fournis h MM. du 'parlement et officiers du roi , étant aux greniers de la salle , pendant que le duc se confessait .
VIN DIT CLERC. — Au moyen âge le plaideur donnait un présent qu’on appelait vin du clerc au secrétaire du tribunal où il avait été jugé.
VIN DU CURÉ. — Présent en nature ou en argent que l’on faisait pour le baptême d’un enfant.
VIN ÉMÉTIQUE. — Le vin émétique ne commença à être en usage que dans la seconde moitié du xvn« siècle. En 1657, un médecin d’Abbeville, nommé Sausoy, s’en servit pour guérir Louis XIV, qui était tombé malade dans cette ville.
VIN OFFERT EN PRÉSENT. — A l’époque féodale, rien n'est plus commun que les redevances en vin. Les avoués et patrons des églises en recevaient souvent pour prix de leurs services. Les rois mêmes ne dédaignaient pas ces présents.
Henri Ier, en qualité d "avoué de l’église de Chartres, percevait tous les ans quatre setiers de vin sur les vignobles de cette église. Dans la suite les présents de vin ne furent plus offerts qu’aux rois et aux princes. « En Allemagne, dit l’ambassadeur vénitien J. Michel ( Relations des ambass . vénit ., il, 209), le vin est un présent vulgaire; en France, on ne le fait qu’aux grands princes. »
VINAGE. — Droit féodal que percevaient les seigneurs sur le vin récolté dans leurs domaines ou transporté à travers leurs terres.
VINAIGRIERS. — Les vinaigriers furent longtemps confondus avec les traiteurs ou sauciers . Les sauciers - vinaigriers-moutardiers reçurent leurs premiers statuts en 1394: mais ils ne furent érigés en corporation qu’en 1 5 1 4 , par Louis XII. Ce roi les qualilie, dans ses lettres patentes, de sauciers , moutardiers, vinaigriers , distillateurs en eau de-vxe et esprit-de-vin , et buffetiers. La réunion de ces diverses professions ne pouvait durer longtemps, l es sauciers et distillateurs formèrent, dès 1537 , des corporations séparées. Ces derniers prirent le nom de maîtres-queux-cuisiniers.
Les membres de l’ancienne corporation qtui n'embrassèrent aucune de ces professions nouvelles continuèrent d'être désignés sous le nom de vinaigriers .
VINGTAIN. — Droit féodal qui donnait au seigneur la vingtième partie des fruits que produisaient Tes terres de ses vassaux. ou seulement de quelques-uns de
ces fruits. Le vingtain avait été établi primitivement afin de pourvoir à l’entretien des fortifications du château féodal ; moyennant ce droit, les vassaux étaient dispensés d’y travailler en personne.
VIOLON. — Voy. Musique , p. 845. — A 1 époque de Louis XIV, les violons étaient obligés de payer un droit à Lulli, pour tous les concerts qu’ils donnaient, comme le prouve le passage suivant du Journal de Dangeau , à la date du 9 février 1685 : « J’ai su que dans toutes les villes ou les violons s’assemblent pour
* f. r;0îT^erts d’opéra , les violens sont obliges de donner pension à Lulli; ils le font à Rouen et ailleurs. »
VIOLONS (Les vingt-quatre).— Les vingt quatre ou vingt-cinq violons de la chambre du roi datent de la fin du xvi® siècle; mais ne furent définitivement organisés qu’au xviie. Il en est souvent question dans les mémoires de cette époque. Les vingt -quatre violons de la chambre du roi jouaient dans l'antichambre pendant le dîner du roi et faisaient danser aux bals de la cour. Leur chef s’appelait roi des violons e t avait succédé aux privilèges du roi des ménétriers (voy. Ménétriers). Les vingt-quatre violons eurent quelque temps droit de nommer le chapelain de Saint-Julien des ménétriers; mais l’abus qu'ils firent de ce privilège finit par le leur faire perdre. Voy. Julien (saint).
Les particuliers obtenaient quelquefois que les vingt-quatreviolons duroi jouassent pendant les repas qu’ils donnaient.
On lit dans 1 z journal manuscrit de la Fronde , par Dubuisson-Aubenay (Bibliothèque Mazarine, manus. n° 1765 , t. XV), à la date du 16 juin 1649 : « L’abbé de Bouillon donna à souper au prince de Conti, prince de Marsillac, chevaliers de lia Rochefoucauld et de Gramrnoru, etc.
Ils eurent en soupant les vingt-quatre violoîis du roi qu’ils mandèrent. » Le même auteur ajoute, quelques pages plus loin, que l’usage des violons était général. Il dit àla date du 4 août 1 649 •* Tous les soirs, en quelque maison de la ville, des violons. Aucune comédie, collation ou assemblée n’est faite sans eux. »
VISA. — Signature apposée par un fonctionnaire sur un acte, pour prouver qu’il lui a été présenté. Après la chute de Law (1721), on établit une chambre du visa , chargée de juger les financiers qui avaient été préposés au visa des billets de banque et qui étaient accusés de malversation.
VISITATION (Fête de la). — Fête instituée en mémoire de la visite que la sainte