‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 217 sur 224 · VIT · texte numérisé non relu

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Vierge roudit à sainte Élisabeth ; elle fut établie en 1379 par une bulle du pape Urbain VI. Le concile de Bâle ordonna qu’elle serait célébrée dans toute l’Église, et on en fixa le jour au 2 juillet.

VISITATION (Religieuses delà). — Congrégation de femmes, fondée à Annecy, en Savoie, par saint François de Sales et sainte .leanne de Chantal. Les religieuses de la Visitation s’établirent à Paris en J6I9 ; elles suivaient la règle de saint Augustin et des constitutions particulières "qui leur furent données par leur fondateur et approuvées par le pape Urbain VIII. Ces religieuses étaient habillées de noir et portaient une croix d’argent sur la poitrine. Au xviii® siècle, l’ordre de la Visitation possédait plus de cent maisons placées sous la juridiction des ordinaires ou évêques diocésains.

VISITE (Droit de). — Droit reconnu par les traités aux batiments de guerre de visiter en mer les navires de la marine marchande pour s’assurer s’ils ne transportent pas, pendant la guerre, des marchandises de contrebande dites de guerre , et pendant la paix, s’il n’y a pas violation des traités concernant la traite des noirs. Le droit de visite réciproque avait été établi dans ce dernier but par des traités conclus entre la France et la Grande- Bretagne, en 1830 et 1831. 11 a été aboli depuis cette époque et remplacé par des croisières que les deux puissances ont établies, en 1845, pour parvenir à l’aboliiion de la traite.

VISITE DOMICILIAIRE. — Visite faite au domicile d’un prévenu pour la recherche des pièces et papiers relatifs au

délit.

VISITES PASTORALES. — Les archevêques et archidiacres devaient visiter plusieurs fois par an les diocèses ou parties de diocèses confiées à leurs soins.

Quelquefois ils dressaient un registre de ces visites , et il nous est parvenu sous le titre de Registre des visites pastorales d’Eudes Rigault (Registrum visitationum Odonis Rigaltii) , un ouvrage fort précieux comme tableau de l’état des mœurs et des institutions en Normandie , au xme siècle.

Les archidiacres, dans leurs visites annuelles, devaient parcourir chacune ries paroisses de leur ressort, vérifier si l’entretien des bâtiments et du mobilier n’était point négligé, si le curé et les clercs menaient une vie conforme à la dignité de leur état. Auxxive et xve siècles ils s’enquéraient des fautes que la voix publique reprochait à chacun des parois-

siens , et traduisaient devant l’official e (voy. Official,) ceux contre lesquels on il avait porté une accusation d’adultère, de i prêt usuraire, de violation delà sanctification du dimanche, etc.

VIRELAI. — Ancienne forme de poésie française. Le mot virelai veut dire lai (chant) qui vire (tourne) , parce que le poète revenait sur les mêmes vers. Voici le début d’un virelai :

Adieu vous dis , triste lyre.

C’est trop apprêter à rire , l>e tous les métiers, lo pire Est celui qu’il faut 4lire Pour mourir de malefaim C’est à point celui d’écrire,

Adieu vous dis y triste lyre , etc.

VITRAUX. — Grands panneaux de vitres, le plus souvent colorées, qui ornent les églises du moyen âge. Il est déjàquestion de vitraux dans les ouvrages de Grégoire de Tours et de Fortunat ; mais ce ne fut qu’au x° siècle que l’art de la peinture sur verre fut porté à une assez grande perfection. Dès 1052, il existait au monastère de Saint-Bénigne, à Dijon, des vitraux colorés, que l’on regardai t comme très-anciens. L’église de Saint-Denis fut ornée par les soins de Suger, qui en était abbé, de vitraux qui représentaient différents traits de la Bible et les principaux événements des croisades. Lui-même en donne la description : « Nous avons, ditil, fait peindre une suite de vitraux remarquables par la variété des sujets ; elle commence à l’arbre de Jessé , à partir du chevet de l’Église jusqu’au vitrail qui se trouve sur la principale porte d’entrée, tant en haut qu’en bas. C’est l’ouvrage de plusieurs maîtres differents. L’un de ces vitraux, par des objets matériels, dirige la pensée vers les objets immatériels, et représente l’apôtre Paul occupé à tourner un moulm , et les prophètes apprêtant des sacs de blé pour le réduire en farine. »

Les vitraux du xm° siècle se font surtout remarquer par l’éclat du coloris ; on cite, entre autres, les vitraux des cathédrales de Chartres, de Bourges, de Sens et de Rouen. Au xiv® siècle, tes palais de Charles V étaient ornés de vitraux peints aussi bien que les églises. Aux xv® et xvie siècles, les progrès que fit l’art du dessin contribuèrent au perfectionnement de la peinture sur verre. Les vitraux des châteaux d’Anet, d’Ecouen et de Gaillon sont cités entre les plus remarquables. On s’occupa encore de peinture sur verre au xvne siècle ; mais elle fut presque entièrement abandonnée au xvnic. De nos jours, le goût qui

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s'est manifesté pour l'architecture ogivale, a remis en honneur la peinture sur verre. Voy. l’ouvrage d’E. H. Langlois , intitulé : Essai historique et descriptif sur la peinture en verre , Rouen, 1832, in-8,et ï Histoire de la peinture sur verre dy après sesmojiuments de France, par F. deLasteyrie, Paris, 1838, in- fol.

VITRES. — Quoique l’usage du verre , pour éclairer les pièces, fut connu dès l’antiquité (voy. Verre), les vitres étaient regardées comme un objet de luxe pendant le moyen âge. Jusqu’au milieu du xve siècle, on les remplaçait par de la toile cirée ou même par du papier huilé. M. Douët-d’Areqcite, dans les Comptes de l’argenterie des rois de France^ un compte de 1454, qui en fournit lapreuve : «Deux aunes de toile blanche cirée , dont a été fait un châssis , mis en la chambre du retrait de ladite dame reine au château de Melun.... Quatre châssis de bois à tendre le papier pour les fenêtres de ladite chambre..., et huile à les oindre pour être plus clairs. »

VOEU. — Promesse faite à Dieu d’accomplir une chose qu’on croit devoir lui être agréable. Il a été question des vœux monastiques au mot Religieux ( p. 1063, col. 2, et 1064 , ire col.); et des vœux chevaleresques aux mots Faisan et Paon.

VOIES PUBLIQUES. — Les grandes routes de l’empire romain étaient célèbres par leur' beauté et leur solidité (voy. Voies romaines). Elles furent négligées après la conquête de la Gaule par les barbares et tombèrent dans un état déplorable. Charlemagne s'efforça vainement de les rétablir. Elles ne furent plus entretenues , sous le régime féodal, que par les seigneurs et au moyen de péages (voy. ce mot), que l’on prélevait au passage des ponts et des rivières. Lorsque la royauté s’affermit sous Philippe Auguste et saint Louis, elle s'occupa de nouveau des voies publiques . Philippe deBeaumanoir distingue cinq espèces de voies publiques : le sentier de quatre pieds, lacarrière de huit pieds, le chemin de trente-deux pieds, et le chemin de Jules César, qui en avait soixante-quatre.

Les chemins les plus larges appartenaient au roi et étaientsous la surveillance de ses vicomtes ; d’autres dépendaient des seigneurs dont ils traversaient le fief; ils ne devaient pas dépasser des dimensions déterminées. Les seigneurs étaient tenus de faire visiter, à certaines époques, les chemins soumis à leur juridiction, pour en vérifier l’état; cette opération s'appelait vicontage ou cheminage .Pour y pro-

céder, on réunissait un certain nombre d’experts , qui formaient un jury chargé de prononcer des amendes contre ceux qui auraient empiété sur la voie publique, qui n’avaient pas émondé leurs arbres, curé leur fossé ou entretenu la partie du chemin qui était à leur charge (voy. L. Delisle, Etudes sur la condition des classes agricoles , etc., p. 1 10-1 1 1 , où les pr euves de ces assertions sont réunies et citées).

Police des voies publiques au moyen âge . — Lies seigneurs devaient veiller, dans les temps féodaux , à la sûreté des voies publiques; mais ils négligeaient trop souvent ce devoir, et saint Louis fut obligé de rendre chaque seigneur responsable de tous les crimes ou délits commis sur les routes de ses domaines depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher. Le parlement s’efforça d’assurer, par ses arrêts, l'exécution de cette loi ; on cite, entre autres, un arrêt de la Chandeleur de l’année 1269. Deux marchands se plaignaient de ce que revenant de la foire de Pontferrand ils avaient été volés près de Vierzon. Un bailli envoyé par le parlement constata que le vol avait été commis sur les terres du seigneur de Vierzon qui fut condamné à indemniser les marchands.

La responsabilité du seigneur cessait après le coucher du soleil , comme le prouve un arrêt du parlement rendu en 1265. Un marchand ayant été assassiné le 15 février de cette année près d’Arras, sur les terres du comte de Saim-Pol, ce seigneur fut exempté de toute indemnité envers la famille de la victime, parce qu’il fut constaté que le crime avait été commis après le coucher du soleil.

Indication des voies publiques au moyen de mains de bois . — L’usage d’indiquer le chemin au moyen d’une main de bois remonte à une époque fort ancienne. 11 en est déjà question dans des romans de chevalerie des xn° et xi ue siècles (Sainte-Palaye, v° Chemin ). Les anciens poèmes parlent encore d’une autre coutume relative au x voies publiques . Auprès de chaque fontaine était une pierre plate où pouvaient s’asseoir et se reposer les voyageurs et chevaliers errants. D’autres pierres placées dans le même bu t servaient aux chevaliers errants à préparer les pièces de venaison pour leur nourriture.

D’après le roman de Perceforêt, cité par Sainte-Palaye (tbicL), un chevalier voyant un troupeau de chevreuils , se place sur un tertre pour les attendre au passage , en tue un de sa lance, puis le met sur une pierre plate, le presse pour en exprimer le sang et le suc, et en rendre les chairs plus mortifiées. Après quoi il jette par-

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dessus de la poudre d’épices qu’ils portaient toujours dans leurs voyages. « C'était tout L'or et tout l'argent qu’ils portaient ; ainsi ils chevauchaient sans avoir besoin de vivres; car les forêts' étaient bien pourvues de venaison et de belles fontaines, et cela leur suffisaitmienx pour le temps jadis, qu'à présent ne font les viandes délicieuses, » Sainte - Palave ( ibid.).

Mauvais état des voies publiques pendant Le moyen âge . — Malgré ces précautions, les voies publiques étaient en si mauvais état , au moyen âge , que le service de corvée imposé aux paysans pour rentrer les foins du seigneur devait, par une stipulation expresse, s'effectuer avec des chariots à quatre roues , attelés de seize et même de vingt et un bœufs. Cette situation déplorable" se prolongea fort longtemps. Les états généraux de 1484 s’en plaignaient vivement : « En ce royaume , disaient leurs cahiers de doléances , il y a plusieurs ponts , passages et chaussées, pour l’entretenement desquels se cueillent et sont payés coutumes, acquits, travers et péages, et néanmoins lesdits ponts et chaussées sont en ruine. >'

Amélioration des voies publiques sous les ministères de Sully et de Colbert . — A la lin du xvi« siècle, Sully, nommé grand voyer de France , ou intendant général des voies publiques, s’occupa activement de ,es améliorer et de perfectionner les moyens de communication . Il ht

lanter des arbres le long des voies pu -

tiques ; mais le peuple ignare les mutilait , raconte l’Étoile dans son Journal de Henri IV : « C’est un Sully, disaientils ; faisons-en un Biron. » L’assassinat de Henri IV et les troubles de deux minorités retardèrent le progrès de cette partie de l'administration. On s'en occupa de nouveau sous le ministère de Colbert.

Louis XIV, ou plutôt son ministre , déclarait, dans une ordonnance de 1664, que le mauvais état des routes «empêchait notablement le transport des marchandises. » Les intendants envoyés par Louis XIV dans les provinces , reçurent ordre d’améliorer les voies publiques 9 et «est de cette époque que datent la plupart des grandes routes de la France.

Leur beauté changeait les voyages en promenades, comme le prouve une lettre de Mme de Sévigné, citée plus haut (p. 1092, irecol.). Cependant, jusqu'au xvm* siècle, il n'y eut point d'administration spéciale chargée du soin des voies publiques .

Administration des ponts et chaussées .

— En 1760, le service des ponts et chaussées fut confié à un intendant et à un ingénieur, Trudaine et Perronet, sous la

direction du contrôleur général. Ils firent établir, en 1767, l'école des ponts et chaussées, qui fut d'abord rattachée au ministère des finances. Lorsque, en 1790 , on créa le ministère de l’intérieur, on plaça dansses attributions 1 école des ponts et chaussées. En 1799, un conseiller d’État fut spécialement chargé de l'administration des ponts et chaussées, sous la direction du ministre de l'intérieur.

Depuis 1839, cette branche de l’administration dépend du ministère des travaux publics. Le conseil général des ponts et chaussées , composé d'inspecteurs généraux et d'inspecteurs divisionnaires, a la haute direction: il est chargé d’examiner les projets de travaux confiés aux ingénieurs des ponts et chaussées, et forme en même temps le conseil d'administration de ce corps. Les ingénieurs, chargés de diriger les travaux des ponts et chaussées dans toute la France, sortent de l’école d’application des ponts et chaussées, qui elle même se recrute à l’École polytechnique ivoy. Écoles, p. 320). On divise les ingénieurs en trois classes , les ingénieurs en chef, les ingénieurs ordinaires et les aspirants ingénieurs.

VOIES ROMAINES. — Les voies romaines ouvertes dans les Gaules, principalement sous les empereurs romains, ont eu une grande importance pour la civilisation. Elles portaient avec rapidité d'une extrémité à l'autre de la province les ordres des empereurs et les légions chargées de les exécuter. Presque aussitôt après leur* établissement dans la Narbonnaise (pays d’Aix et de Narbonne) , les Romains tracèrent des routes dans ces contrées (Polybe, liv, III). La via Domitia (voie romaine tracée par Dormtius) , qui traversait le pays des Allobroges (Dauphiné et Savoie), date aussi des premiers temps de la conquête romaine (vers 123 av. J. C.). Toutefois , la Gaule ne fut traversée complètement par des rotes romaines qu'à partir du règne d’Auguste.

Après avoir dompté les habitants des Alpes, qui jusqu’alors s’étaient maintenus indépendants à l’abri deleurs montagnes, il lit ouvrir, une rote à travers les Alpes, jusqu'à Lyon (Strabon , liv. IV). Agrippa continua dans les Gaules l'œuvre d'Auguste; et de Lyon, capitale de cette province, partirent quatre voies principales, dont deux allaient aboutir à l’Océan, au sud et au nord de la Gaule; une troisième se rattachait au Rhin, et une quatrième à la Méditerranée. Strabon, liv. III de sa géographie, indique nettement ces voies T077iai?ies , que l’on trouve plus tard mar~ quées sur les itinéraires. « Lyon, dit-il >

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est située connue une forteresse un cœur delaGaule; là est le confluent des fleuves, et elle est à proximité des autres contrées de ce pays. Aussi Agrippa en fitil le point de départ des voies romaines ; l'une, traversant les Cévennes et les mon tagnes d’Auvergne, vajusqu'en Aquitaine; une autre, vers le Rhin; une troisième se dirige vers l’Océan, en traversant le pays des Bellovaques (Beauvais) et des Ambiani (Amiens); la quatrième conduit jusque dans la INarbonnaise, aux côtes de Marseille. » Les successeurs d’Auguste n'eurent qu’à entretenir ces voies romaines et à y ajouter des embranchements. La solidité de ces voies était telle, qu’on en trouve encore des débris dans plusieurs parties de la Gaule ; on cite principalement les chaussées de Brunehaut , en Belgique, que leur dureté a fait nommer par le peuple voies de fer . Voy. VHistoire des grands chemins de V empire romain , par Bergier,2 vol. in-4, Bruxelles, 1728.

VOIRIE. — Police des voies publiques ; on distingue la grande voirie, qui comprend les grandes routes, soit nationales, soit départementales , et la petite voir 'e , qui ne concerne que les voies de communication purement communales. Dans l'ancienne monarchie, on appelait grand voyer le perso* nage chargé de la surveillance et de l'entretien des voies publiques. Sully était grand voyer de France sous le règne de Henri IV. Voy* Voies

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