‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 219 sur 224 · VOL · texte numérisé non relu

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reil, doré avec franges de soie mêlés d’or. La jeune marquise de La Vieuville, en nu carrosse aussi fort beau , et tout environné ou garni d'armoiries, les portières à grandes draperies, couvertes toutes de broderies de soie blanche et jaune, ainsi que le dedans du carrosse et les couvertures des chevaux, de sorte que cela paraît comme broderie dfor et d'argent. Beaucoup de gens sont scandalisés de ees carrosses avec de l'or, parce qu'ils ont été, depuis quelques années, défendus par déclaration du roi , et ceux-ci sont les premiers qui paraissent. »

Les lois somptuaires furent, comme aux époques antérieures, impuissantes contre les progrès du luxe, et la magnificence des ooi/îzres allatoujours augmentant. On peut encore se faire une idée, par les carrosses de Louis XIV conservés à Versailles, de la profusion de dorures dont les voitures de ce temps étaient surchargées. Quant au nombre des carrosses, il s'est prodigieusement multiplié. 11 n’était, à Paris, que de trois cent dix ou vingt en 1658 ; il montait à plus de quatorze mille en 1763 (Sainte-Foix , Essais historiques sur Paris).

Calèches. — 11 est souvent question de calèches au xvuc siècle; c’étaient des voitures réservées aux jeunes gens qui voulaient étaler leur luxe dans les promenades. Elles contrastaient parleur légèreté avec les lourds carrosses de l'époque.

Molière fait dire à un des personnages de la comédie des Fâcheux .

Marquis, allons au cours faire voir ma calcche £ Elle est bien entendue , etc.

Brouettes. — On se servait aussi de petites voitures qu'on appelait brouettes. « Le roi, écrit Servien dans une lettre du 28 août 1635 , étant hier à la chasse dans sa petite brouette , le tonnerre tomba si près de lui qu’il renversa et blessa un peu le cocher, qui était sur le derrière , où il se met toujours. »

§ II. Voitures publiques ; Fiacres. — Le premier entrepreneur de voitures à Paris fut, en 1645 , un nommé Sauvage, établi à l’hôtel Saint-Fiacre , d’où ces voitures prirent le nom de fiacres. « Je nie souviens, dit le père Labat (Voyage d’Espagne et d' Italie , t. II , p. 297) , d’avoir vu le premier carrosse de louage qu’il y ait eu à Paris. On l'appelait le carrosse à cinq sols , parce qu’on ne payait que cinq sous par heure. Six personnes y pouvaient être, parce qu’il y avait des portières qui se baissaient, comme on en voit encore aujourd'hui aux coches et carrosses, et, comme il n’y avait pas encore de lanternes dans les

rues, ce carrosse en avait une plantée sur une verge de fer au coin de l'impériale à la gauche du cocher. Cette lumière , et le cliquetis que faisaient ses membres mal assemblés , le faisaient voir et entendre de fort loin. U logeait à l'image de Saint-Fiacre, d'où il prit le nom en peu de temps, nom qu’il a ensuite communiqué à tous ceux qui ont suivi. »

Quelques années plus tard, en 1657, un privilège autorisa un noble, Givry, à établir des fiacres stationnant sur la voie publique, et qu’on pouvait louer pour un temps déterminé, de sept heures du matin à sept heures du soir. Il céda son privilège aux frères Francini. Le 18 marsi662, on établit des carrosses à cinq sous , qui partaient à des heures fixes et traversaient Paris en plusieurs sens. C'étaient de véritables omnibus. Une des lignes parcourues par ces voitures s’étendait de la porte Saint-Antoine au Luxembourg; la seconde, de la place Royale à Saintlloch ; la troisième, de la rue Montmartre au Luxembourg. Cette entreprise, après un moment de vogue, tomba parce que l'administration n'en était pas bien organisée (voy. nue brochure de M. Monmerqué , intitulée les carrosses à cinq sous ). Les chaises de poste, appelées d’abord chaises de crenan (voy. Chaises de poste), datent de 1664.

Les voitures publiques transportant les voyageurs à des distances considérables, se multiplièrent aussi sous le règne de Louis XIV. Mais elles marchaient trèslentement; le carrosse de Paris à Rouen mettait trois jours pour parcourir une distance que les wagons franchissent aujourd'hui en moins de trois heures. On établit vers la fin du xvme siècle des voitures publiques , dont la marche était plus rapide. Ce progrès fui dû à Turgot (voy. Introduction, § VII). Il a été question des voitures transportant les voyageurs et leurs effets à l'article Messageries.

Voy. sur l'origine et les progrès des voitures , une dissertation de Bullet* dans le Recueil des meilleures dissertations sur l’histoire de France , par M. Leber, x, 48i et suiv.

VOL, VOLEUR. — U a été question des peines dont le vol était puni , aux mots Peines et Supplices.

VOL, VOLER, VOLERIE. —Termes de vénerie. On appelait vol les officiers de la vénerie royale auxquels était confié le soin de la fauconnerie et des oiseaux qui servaient aux chasses du roi. Le mot voler s'employait dansie sens d’aher à la chasse au vol. Le Journal de Dangeau s'en sert

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