YVE
YYE
la nature des choses et les coutumes ae PE UH, adaptée au lieu et au temps, ne prescrivant que des règles justes et équi
tables claire et publique , afin qu’elle
ne tende de piège à aucun citoyen. »
Voy. les Essais sur V histoire de France, par M. Guizot; j’ai emprunté à cet ouvrage Ja traduction du passage de la loi des Wisigoths que je viens de citer.
WODEN. — Woden ou Odin était le dieu suprême des Francs avant leur conversion au christianisme. Il présidait aux combats et au tonnerre; on lui faisait des sacrifices sanglants. Mais c’était surtout
ïc courage dans les batailles qu’on devenait le favori d’Odin et qu’on méritait d’être admis dans son paradis ou walhalla . Des déesses guerrières , ou icalkyries , transportaient dans ce séjour les guerriers qui avaient succombé au milieu des combats. Les plaisirs du walhalla rappelaient les batailles où s’étaient signalés les héros. Tout le jour les guerriers se livraient des combats. Le soir, Woden guérissait leurs blessures, et, assis autour d'un large foyer, ils faisaient passer de main en main la coupe remplie d'hydromel, pendant que les poètes ou scaldes chantaient leurs exploits.
YON ( Frères Saint-). — Congrégation d’hommes établie à Samt-Yo? i près de Rouen; les frères Saint-Yon sont plus connus sous le nom de frères des écoles chrétiennes . La maison de Saint-Yon était chef d’ordre. Voy. Cleugé, p. 168.
YVES ( Saint ). — Saint vénéré particulièrement en Bretagne. La dévotion qu’on y montra pour saint Yves , dit D. Morice (Mst. de Bret., p. xxvR diminua le nombre de pèlerinages que l’on faisait àRome. T, es Bretons juraient surtout par saint Yves , comme on le voit dans la vie de Duguesclin par Ménard (p. 50 et 433).
YVETOT (Roi d’). — Un ancien poète normand dit en parlant du pays de Caux (Seine-Inférieure) :
Au noble paVs de Caux ,
Y a quatre abbayes royaux ,
Six prieurés conventuaux ,
Et six barons de grand arroî,
Quatre comtes, trois ducs, un roi.
Ce roi était le roi à'Yvetol (ou Ivetot, aujourd’hui chef lieu d’arrondissement dans la Seine-Inférieure ). Il est difficile de déterminer l’époque précise de la naissance de ce petit royaume plus connu par la chanson que par l’histoire. Si l’on en croyait la tradition, le royaume d’ Yvetot remonterait au vie siècle. On trouve, en effet, dans le glossaire de du Cange, au mot rex , une charte de Louis XI en date de 1464 qui confirme le royaume d' Yvetot et en fait remonter l’institu Lion à ClotaireIcr, fils de Clovis. Le roi raconte que Clotaire, à Vinstigation du pape et des cardinaux, accorda à Gaultier, seigneur d’Yvetot, de ne faire à L’avenir aucun hommage pour la terre et seigneurie d’Yvetot, et que, depuis cette époque, cette terre fut
appelée vulgairement royaume d’Yvetot, et fut toujours exempte de tous devoirs et hommages. Robert Gaguin , qui écrivait du temps de Louis XI et de Charles VIIÏ, raconte avec détails cette prétendue origine du royaume d} Yvetot. \\ dit que Gaultier, seigneur d’Yvetot , chambrier du roi Clotaire 1er, ayant été calomnié près de son maître, s'éloigna de la cour, et alla pendant dix ans combattre les ennemis de la foi dans des contrées étrangères. Après ce temps , espérant que la colère du roi serait apaisée, il revint vers la France en passant par Rome , où il obtint des lettres de recommandation pour le roi qui était alors à Soissons , capitale de ses États. Le seigneur d’Yvetot s’y rendit le jour du vendredi saint de l’année 536, et ayant appris que Clotaire était à l’église il fut l’y trouver., se jeta à ses pieds et le conjura de lui accorder sa grâce par les mérites de celui qui , en pareil jour, avait répandu son sang pour le salut des hommes ; mais Clotaire, l’ayant reconnu, bien loin d’accueillir sa prière, lui passa son épée à travers le corps. Gaguin ajoute qu’à la nouvelle d’un pareil attentat, le pape Agapet menaça le roi des foudres de l’Église , et que Clotaire effrayé voulut expier son crime en érigeant la seigneurie d’Yvetot en royaume, en faveur des héritiers et successeurs du seigneur d’Yvetot ; qu’il en fit expédier des lettres signées de lui et scellées de son sceau ; et que , depuis ce temps, les seigneurs d’Yvetot portent le nom de rois. «Et je trouve, par une autorité constante et indubitable , ajoute Robert Gaguin, qu’un événement aussi extraordinaire s’estpassé en l’an de grâce 536. »
Cette légende , racontée avec tant d’assurance par Gaguin, ne soutient pas l’exa-
zou
zou
inen de la critique. II n'en est question dans aucun des historiens contemporains.
Des témoignages positifs prouvent que le pape Agapet n’était pas à Rome au moment où Gaguin suppose que le seigneur d'Yvetot l’y rencontra. Quant aux combats du seigneur d’Yvetot contre les infidèles , c'est un souvenir des croisades.
Enfin jusqu’au xiv® siècle , il est souvent question des seigneurs d’Yvetot parmi les feudataires du duché de Normandie. Un seigneur d’Yvetot accompagnaitGuillaume le Bâtard , lorsqu’il envahit l’Angleterre en 1066. A l’époque de la conquête de la Normandie par Philippe Auguste (1204), les seigneurs d’Yvetot sont encore cités ; ils devaient servir en personne ou fournir un certain nombre d’hommes d’armes.
Même mention sous Philippe le Bel et jusqu’en 1370.
C’est seulement en 1392, si l’on en croit de La Roque ( Traité de la Noblesse , chap. xxvi, p. 98), que l’on trouve dans les registres de l’échiquier de Normandie un acte qui donne au seigneur d’Yvetot le titre de roi . Des lettres patentes de Charles VI , en date de 1401 , font défense aux officiers royaux de violer les privilèges d’Yvetot et sont confirmées par plusieurs actes postérieurs. Enfin, dans lesan nées 1 498 et 1 4 99, Jean Beaucher est qualifié roi d'Yvetot . Les chartes de confirmation des privilèges de ce royaume portent qu’il est affranchi de
toute espèce d’impositions; qu'il a une juridiction souveraine et ne doit hommage à aucun seigneur suzerain.
C’est donc, pendant la seconde moitié du xive siècle , entre les années 1370 et 1392, que se place la fondation de ce royaume , ou pour parler plus exactement, la concession de privilèges qui faisaient de la terre d’Yvetot un franc-alleu exempt de toutes les obligations féodales. Ce n’est pas le seul exemple de terres de cette nature que l'on trouve en France. Il y avait à Maude près de Tournai une terre gui portait le nom de royaume et qui cependant était si petite qu’on aurait pu à peine y trouver le labourage de trois charrues. La terre de Haubourdin près de Lille était aussi un franc-alleu. Henri de Navarre, à qui elle appartenait , disait qu’il ne la tenait que de Dieu et de son epée. Devenu roi de France, il la vendit avec tous les droits de souveraineté qui y étaient attachés. Les ducs de Bar et les damoiseaux de Commerci tentèrent aussi de se soustraire aux obligations féodales; mais ils furent moins heureux que les seigneurs d’Yvetot et l’indépendance de leurs domaines ne fut pas reconnue.
Voy. dans le recueil des Meilleures dissertations sur V histoire de France (t. XVIII) un mémoire de Vertot sur l’origine du royaume d’Yvetot suivi de remarques de M. Leber sur le même sujet.
ZIGEUNER, ZINGART. — Peuplades qui sont ordinairement désignés en France sous le nom de Bohèmes. Voy. Bohèmes.
Z00GUAPH1QUES (Lettres). — Lettres qui représentent des figures d’animaux et qui servent à orner les manuscrits du moyen âge.
ZOUAVES. — Troupe d’infanterie légère qui a tiré son nom d’une des tribus de l’Algérie. Les zouaves, qui furent organisés dès le 1er octobre 1830, se recrutent indistinctement de Français et d'indigènes de l’Algérie. Leur uniforme se com-
pose d’une veste à manches et d’un gilet en drap bleu fermé par devant , et sans manches ; d'un pantalon maure en drap garance ; d’une ceinture en toile de coton bleu ; d’une capote en drap brun ; d’un turban et d’une calotte rouge ; de souliers et guêtres en peau; d’un havre-sac et d’une giberne turque. Les zouaves , qui s’étaient signalés dans les guerres d’Algérie, ont déjà rendu d’importants services en Crimée et contribué puissamment à la victoire de l’Alma (1854), en gravissant par des pentes que les Russes avaient cru inabordables.
APPENDICE