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vaient pas d'autre tapis. En 1208, Philippe Auguste ordonna de donner aux pauvres de l’Hôtel-Dieu , toutes les fois qu’il sortirait de Paris, la paille qui aurait servi à joncher ses appartements.
Les salles des collèges étaient également tapissées de foin et de paille, et une des rues de Paris où se trouvaient jadis des écoles en a conservé ie nom de rue du Fouare. Les cabaretiers étaient aussi tenus de fournir la jonchée à ceux qui fréquentaient leur taverne. Cet usage commença à se perdre dès le temps des croisades. Les seigneurs avaient vu , en Orient, de riches tapis et des pavés en mosaïque. Ce luxe d'ameublement s’introduisit peu à peu en Europe et des châteaux descendit aux maisons des bourgeois. Aux dalles on substitua des pavés vernissés qu'en hiver l'on recouvrait de tapis. Les jonchées ne furent plus en usage que dans les écoles et les tavernes , où on les trouve pendant tout le moyen âge. Les poésies d'Eustache des Champs prouvent que, môme sous Charles VI . on couvrait encore de feuillage le sol des appartements.
JONGLEURS. — Les jongleurs ( joculatores ) étaient , comme leur nom l’indique, des bateleurs et baladins qui amusaient le peuple par leurs farces, lis eurent un grand succès aux xie et xn« siècles. Quelquefois ils accompagnaient les troubadours et les trouvères et remplissaient par des tours les intermèdes entre les chants du poêle. On appelait encore comirs ces espèces de bateleurs.
11 semble même qu'à la longue les troubadours et les trouvères dégénérèrent en jongleurs. Parmi les conseils donnés à un troubadour du xmc siècle , se trouvent les suivants : « Sache bien trouver, bien rimer, bien proposer un jeu-parti; sache jouer du tambour et des cymbales et faire retentir la symphonie; sache jeter et retenir de petites pommes avec les couteaux , imiter le chant des oiseaux, faire des tours avec des corbeilles, faire attaquer des châteaux, faire sauter au travers de quatre cerceaux , jouer de la citole et de la mandore , manier le manicorde et la guitare, garnir la roue avec dix-sept cordes, jouer de la harpe , et bien accorder la gigue pour égayer l’air du psaltérion. Jongleur, tu feras préparer neuf instruments de dix cordes. Si tu apprends à en bien jouer4 ils fourniront à tous tes besoins; fais aussi retentir les lyres et résonner les grelots. »Aux fôtes du mariage de Robert, frère de saint Louis, les ménestrels {illi qui dicuntur ministkelli ) , qu’on peut
considérer comme les successeurs des troubadours, étaient de véritables jongleurs : l’un traversait les airs sur une corde; d'autres chevauchaient des bœufs couverts de drap écarlate et sonnaient du cor à chaque plat que Ton servait sur la table du roi ( cornicantes ad sin gula fercula quæ apponebantur régi in me ns a ).
JOUR DE L’AN. — Le premier jour de janvier était, dès les temps les plus reculés, un jour de fête. Le second concile de Tours , tenu en 567, interdit les cérémonies païennes qui se célébraient ce jour-là en l’honneur de Janus. Il confirma une ordonnance rendue antérieurement par l'Église pour imposer un jeûne de trois jours avant le icr janvier et détourner les peuples par cette pénitence de rendre un culte aux faux dieux. Un synode tenu à Auxerre eu 578 prohiba également les pratiques idolàtriques et les travestissements qui avaient lieu au 1er janvier. Cette assemblée condamna le culte rendu aux arbres et aux fontaines et l’usage de se travestir en bêtes. Ces coutumes disparurent peu à peu; niais d'autres empruntées également au paganisme restèrent. Telles furent les étrennes ou aguignettes ( voy. Aguignettk et Glu). Pendant les siècles mômes où le commencement de l’année était fixé à Pâques ( voy. Année ) , on donnait toujours les étrennes au 1er janvier. Dans l'inventaire des livres de Jean de France, duc de Bcrri , il est question d’un livre de Valerius Maximus , historié et écrit de lettres de cour , garni de quatre fermoirs d'argent émaillés aux armes de monseigneur, lequel sir Jean Courau lui envoya à étrennes , le premier jour de janvier HOi. Cependant à cette époque l'année commençait à Pâques. On trouvera d’autres preuves de cet usage réunies dans plusieurs dissertations sur le jour des étrennes qui ont été publiées par M. Le Ber, t. X du recueil des meilleures dissertations relatives à l’histoire de France .
JOURNAL. — On a quelquefois appelé journal un récit qui expose les événements jour par jour, ainsi le journal de Henri III, le journal des audiences du parlement, etc.
JOURNAL. — Les journaux ou feuilles périodiques destinées à répandre les nouvelles ne remontent en France qu’au commencement du xv:ie siècle. Le Mercure de France est le plus ancien journal français ; commencé en 1605 , il fut continué jusqu’à la Un de l’année 1644. Viçt
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ensuite la Gazette de France , fondée en 1 63 1 par Théophraste Renaudot. Le Journal des Savants , établi par Denis Sallo , commença à paraître le 5 janvier 1665. En 1702 , il lut placé sous la surveillance du chancelier et les auteurs furent rétribués par la chancellerie ; depuis cette époque jusqu'à fi os jours, le Journal des Savants n’a souffert qu'une interruption de juillet 1792 à septembre 1824 ; il se publie encore aujourd’hui sous la direction du ministre de la justice, garde des sceaux. A côté de ces journaux censurés , il circulait au milieu du xvii* siècle des gazettes à la main dont quelquesunes sont parvenues jusqu’à nous ;• elles furent prohibées avec une grande sévérité dès que Louis XIV eut rétabli l’ordre et effacé les dernières traces de la Fronde. Le Mercure de France reparut en 1672 sous le titre de Mercuïre galant . Bayle publia, en 1687, un journal littéraire intitulé Nouvelles de la république des lettres . En 1701, les jésuites fondèrent un journal ou plutôt un recueil littéraire sous le nom d ajournai de Trévoux . On y trouve beaucoup de dissertations intéressantes sur des questions de littérature, d’histoire, d'érudition et de philosophie. J /Année littéraire , rédigée par Fréron , fut fondée en 1754 et continuée jusqu’en 1790.
Les journaux , dont nous venons de parler, étaient des recueils ou des feuilles qui se publiaient périodiquement une fois par semai ne ou par mois. Le premier journal quotidien fut le Journal de Paris qui commença à paraître le 1er janvier 1777. 11 ne devait s'occuper que de questions d'art ou de littérature; la Gazette de France restait toujours le seul journal donnant des nouvelles politiques. La révolution de 1 789, en proclamant la liberté de la presse, a multiplié les journaux.
Le Moniteur uni verse Z. fondé en 1789, est resté un recueil des documents les plus précieux et les plus authentiques de l'histoire moderne. Les excès du journalisme , qui produisit pendant la révolution des pamphlets monstrueux sortis de la plume de Marat, d'Hébert (le Père Du chesne) , etc., amenèrent, sous le Directoire, le Consulat et l’Empire, des mesures répressives. Les journaux devinrent alors plus littéraires que politiques. En 1798 fut fondé le Journal de la Kbrairie qui paraît encore aujourd’hui et forme un curieux catalogue de tovues les publications françaises depuis plus d'un demi-siècle. Le Journal des Débats , qui date du 21 janvier 1800 , mérite aussi une place dans cette histoire rapide du journalisme; depuis son origine jusqu'à
nos jours il a compté parmi ses rédacteurs des écrivains éminents qui ont exercé une grande influence sur la littérature française. Pendant la période de gouvernement parlementaire, qui s’étend de 1815 à 1848 , le journalisme joua un rôle important; il n’est pas de mon sujet d’indiquer en détail les nombreux journaux organes des diverses opinions. Je me bornerai à rappeler quelques-unes des conditions que les divers gouver nements ont imposées à la liberté de la presse.
La censure , abolie en 1791, fut rétablie en fait sous le Directoire et en droit sous le Consulat. A l'époque impériale un censeur fut imposé à chaque journal, «a restauration proclama la liberté de la presse. «Les Français , disait Louis XVIIÏ dans la déclaration de Saint-Ouen, ont le droit de publier et de faire imprimer leurs opinions en se conformant aux lois qui doivent réprimer les abus de cette liberté. » La censure préventive fut établie par une loi du 21 octobre 1814. La loi du 9 novembre 1 S 1 5 aggrava la sévérité des mesures préventives. Suspendue à l’avénement de Charles X, la censure fut bientôt rétablie. La charte de 1830 (art. 7 ) l’abolit; mais il fallut bientôt réprimer les excès de la presse par les lois et imposer des conditions aux journalistes. Les principales furent; le dépôt d’un cautionnement pour répondre des amendes auxquelles les délits de la presse pourraient donner lieu; un gérant responsable contre lequel sont dirigées les poursuites auxquelles le journal peut donner lieu ; le dépôt d’un exemplaire du journal signé en minuté par le gérant; enfin le droit de timbre .
JOURNAL , JOURNÉE. — Ces mots désignent souvent une mesure agraire, l’espace de terre qu'on pouvait labourer en un jour. — On emploie aussi le mot journalier pour indiquer un ouvrier qui travaille à la journée.
JOURNALISTE. — Écrivain qui travaille à une feuille quotidienne ou périodique.
Voy. Journal.
JOURNÉES. — Ce mot est consacré, dans Thistoire de France, pour désigner des événements importants, surtout à l'époque de la révolution. On dit la journée des barricades , la journée des dupes, les journées de septembre , etc.
JOURNÉES FEUDALES. — On appelait ainsi les assises de la justice temporelle de l'évêché de Metz.
JOUR.S (Grands). — Voy. Grands jours.
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JOURS (Hauts). — Les hauts jours , en Normandie , étaient les deux saisons où les maîtres des eaux et forêts tenaient leurs assises.
JOURS FÉRIÉS. — Jours de fêtes consacrés à des cérémonies religieuses ou nationales. Les dimanches sont les jours fériés consacrés à des cérémonies religieuses. Le concordat n’a conservé que quatre autres fêtes religieuses regardées comme obligatoires : Noël, l’Ascension 1 Assomption et la Toussaint. La réduction du nombre des jours fériés avait déjà eu lieu sous Louis XIV, malgré une opposition assez vive. Le roi, sur les représentations de Colbert qui se plaignait de voir trop de joui s enlevés au travail, avait obtenu de l’archevêque de Paris le retran chement de dix-sept fêtes ( Mémoires de Louis XIV, t. II, p. 238).
JOYEUSE. — Épee de Charlemagne.
Voy. Epee. — Le mot joyeuse désigna par la suite 1 epee de tout guerrier célèbre.
JOYEUX AVÈNEMENT. — Le droit de joyeux avènement était un impôt que Eon payait à l’avénement du roi ou d’un seigneur féodal. Dans l’origine cet impôt qui rappelait l’or coronaire ( aurum coronarium ) des Romains, se composait aes présents offerts au nouveau souverain. 11 a ete payé pour la dernière fois sous e règne de Louis XV.
~p.artie de * église qui séparait e choeur de la nef; c’était là que le diacre isau 1 évangile, et le nom de jubé vient de la formule que prononce le diacre en demandant au prêtre sa bénédiction avant de lire I évangile. Cette prière commenco par les mots : Jubé , Domine, benediccrc.
JOUTE. — Jeu d’exercice dans jequel un petit nombre de chevaliers luttaient les uns contre les autres. «La joute dit Sainte-Palaye ( Mémoires sur l’ancienne chevalerie, t. 1 , p. 153, Paris, i78i ) était proprement le combat à la lance’ seul à seul; on a étendu la signification de ce mot h d’autres combats, suivant 1 abus des anciens écrivains, qui, en confondant ainsi tous les termes, ont souvent mis de la confusion dans nos idées. >> On distinguait la joute du tournoi, en ce que dans le tournoi plusieurs combattaient en même temps (voy. Tournois), tandis que dans la joute il n’y avait en présence que deux adversaires ou du moins un petit nombre de combattants. La joute était regardée comme inférieure au tournoi; en effet , dans un ancien traité que cite du Gange ( v® J us ta ) il est dit que si un noble homme tournoie et qu’il ait payé son heaume, il est affranchi du heaume de la joute, c’est-àdire de payer un droit aux hérauts d’armes pour le heaume qu’ils suspendaientmais que le heaume de la joute ne peut affranchir celui du tournoi. Philippe le Bel interdit temporairement les joutes, comme les tournois , par une ordonnance de 1312 (voy. Ordonn. des rois de Fr.,
I, 509). Les conciles prohibèrent aussi les joutes, comme on le voit dans les canons cites par D. Martêne ( Aniplissima collectif , VIII, cap. cxxxii ).
JOYAUX. — Ce mot est dérivé, par du Cange , de joyæ , que l’on employait, dans la basse latinité, pour jocalia. « Je veux, dit dans son codicille Henri, comte de Rouergue, que mes joyaux soient por. tés à ma fille. » fVolo quod jovæ méat deferautur fxliæ meæ. )
i — Le jubilé chrétien , imitation
du jubile des Juifs, fut institué en 1 300 par le pape Boni face VIII qui en fixa le retour a cent ans. Une multitude innombrable do pèlerins se rendit à Home pour obtenir les indulgences plénières promises par le pape. Clément VI décida, en 1350 que le jubilé reviendrait tous les cinquante ans; Grégoire XI en fixa le retour a trente-trois ans , et Pie II à vingt-cinq ans. Le nom de jubilé n’a été adopié que sous le pontificat de Sixte IV en 1473. Il fut pendant longtemps d’usage de faire a l’époque du jubilé , le pèlerinage de Rome. Charles VI plaça des gardes sur la frontière pour s’opposer à la sortie des pèlerins ( 1399-1400 ) et surtout au transport de l’argent hors du royaume.
« Dans le même temps, dit Froissart à l’année 1399 , arriva l’ouverture de la grande indulgence de Iiome qui donna sujet aux chrétiens de se préparer pour aller saluer et visiter l’église du prince des apôtres; mais, comme il se fût fait pour cela un grand transport d’argent hors du royaume , il fut fait défense aux Français d’y aller et l’on envoya exprès des gardes sur les frontières pour empêcher qu’on en pût sortir. >> Outre les jt*~ bilés revenant à époque fixe, il y a des jubilés établis pour les circonstances solennelles, telles que l’avénement des papes , les guerres saintes, etc.
JUDICATURE (Offices de). — On désignait sous ce nom tous les offices de juges qui, depuis le xvi° siècle, étaient soumis à la vénalité. Voy. Offices.
JUGE. - — Le mot juge a eu plusieurs significations. On entend généralement par juges ceux qui administrent la justice (voy. Justice et Tribunaux). Mais à l’é-