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JUG

poque carlovingienne , on appelait juges des intendants des domaines royaux.

«Ces juges , dit M. Guérard, avaient la police et la Justice dans les domaines qu’ils étaient chargés d'administrer.

Charlemagne , dans le capitulaire de vil lis , leur enjoignait de présider au labourage, à la moisson, aux vendanges, etc.

Ils devaient acheter ou préparer les provisions de bouche, percevoir les poulets et les œufs dus à l’empereur et les vendre, lorsqu’ils ne servaient pas pour sa table ; entretenir les bâtiments royaux et clôtures , cuisines , brasseries , boulangeries , pressoirs et tout le mobilier; veiller, en outre , à l’entretien des viviers , vacheries , porcheries, bergeries ; à celui des boucs, des chèvres et des chiens; surveiller et diriger les ateliers d’hom mes et de femmes ; préparer les chariots et les approvisionnements de guerre; élever des chevaux; nourrir des poules , oies , paons, faisans, canards , pigeons, perdrix, tourterelles, vautours etéperviers ; cultiver, dans les jardins, toutes sortes de plantes, telles que lis, rosiers, herbeau-coq , sauges, etc.; ainsi que des arbres fruitiers et autres, tels que pommiers, poiriers, sorbiers, lauriers, pins, etc. Entin ils étaient tenus de rendre, tous les ans , au roi un compte général de l’administration de ses terres , et de lui adresser des états particuliers des manscs vacantes et de tous les achats des serfs. » (Prolégomènes du polyptyque d'Irminon par M. Guérard, p. 439-440.)

JUGE D’ARMES. — Louis XIII créa, en 1615 , an juge d'armes pour réformer les abus et usurpations d'armes ou armoiries et constater les véritables. Cette charge, remplie d'abord par François Chevriers de Saint-Ma u ri s , fut exercée après sa mort par les d’Hozier, dont la science héraldique était célèbre.

JUGE D’INSTRUCTION. — Juge qui, sur un réquisitoire du ministère public, décerne les mandats contre les inculpés, les interroge, ainsi que les témoins, et s’efforce par l’examen des pièces et les questions adressées aux inculpés et aux témoins d’arriver à la connaissance de la vérité, et de constater s’il y a lieu de poursuivre. L’information terminée, le juge d’instruction fait son rapport à la chambre du conseil qui prononce sur le sort de l’inculpé. Voy. Justice,

S iv.

IUGE MAGE (judex major). — Lieutenant général du sénéchal de Provence.

On trouvera dans les suppléments de du Cange une liste des juges mages ( v° Ju-

dices majores ). — 11 y avait encore des juges mages ou grands juges dans d’autres villes, par exemple à Cluny.

JUGEMENT DE DrEU. — Le jugement de Dieu n’avait pas lieu seulement par le duel , ou combat judiciaire (voy. Duel), mais encore par les épreuves ( voy. Op*.dalie).

JUGEMENTS DE LA MER. — Les jugements de la mer ou rôles d’Oleron formaient un véritable code maritime adopté sur les côtes de l’Océan dès le xiic siècle. La première copie authentique de ce.* lois est de 1266. Les jugements de h\ mer ont été publiés dans la Collection des lots maritimes , par M. Tar dessus.

Voy. Marine.

JUGES DE PAIX. — Magistrats établis par un décret du 5 août 1790 pour exercer dans chaque canton les fonctions de juges; ils sont nommés par l’empereur et sont amovibles. Les jupes de paix prononcent sur toutes les actions personnelles ou mobilières en dernier ressort, jusqu’à cent francs, et, avec appel , jusqu’à deux cents francs. Leurs attributions sont très-variées et comprennent les discussions qui peuvent s’élever entre les domestiques , ouvriers et maîtres , entre les locataires et propriétaires , etc. Les juges de paix ont aussi la police judiciaire dans leurs cantons.

JUGLERIE ( Droit de ). — On donnait ce nom , dans certaines parties de la France, à un droit qu’on appelait ailleurs mets de mariage , repas de noces , prestation de viande . Les nouveaux mariés étaient tenus de donner h manger pendant huit jours à une espèce de jongleur envoyé par le seigneur et chargé de courir et de chanter devant les mariés. — On appelait aussi juglerie ou jonglerie le droit que les jongleurs payaient au seigneur d’un lieu pour y faire leurs tours. Une charte de Philippe le Bel , datée de 1298, donne à Louis comte d’Êvreux, plusieurs liefs, avec la boucherie, les ventes et la juglerie ( du Cange, v° Joglaria ).

JUIFS. — § Ier. État des juifs pendant le moyen âge . — Les juifs ont été pendant fe moyen âge condamnés à un état d’infériorité et d’oppression qu’attestent tous les documents de cette époque. Ce n’est pas seulement à la haine religieuse qu’il faut attribuer les persécutions dirigées contre eux. Leurs habitudes d’usuriers contribuaient encore à les rendre odieux au peuple qui rejetait sur eux toutes les calamités et leur attribuait d’atroces usages, et entre autres le sup-

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