JUI
plice d*un enfant égorge le vendredi saint. De là la haine qui poursuivait les juifs et les persécutions dont ils furent victimes. En 1009, on leur imputa la profanation du saint sépulcre par le calife Hakem ; ils furent proscrits et massacrés dans un grand nombre de villes. En 1095 et 1096 , le départ des croisés fut signalé par un massacre général des juifs. A Béziers , depuis le dimanche des Hameaux jusqu'au samedi après Pâques, on courait sus aux juifs, leurs maisons étaient démolies et eux-mêmes exposés à de brutales attaques. A Toulouse, un juif était souffleté chaque année, à Pâques, à la porte de la cathédrale. Dans la plupart des villes, lorsqu’un juif était livre au supplice, il était pendu entre deux chiens.
Les juifs étaient tenus dès le xne siècle de porter un signe distinctif, appelé rouelle ( pièce de drap jaune en forme de roue). Lorsque le pape Innocent II lit son entrée solennelle à Saint-Denis au commencement du xii« siècle, les juifs vinrent lui offrir une rouelle. « Que le Dieu tout-puissant ôte le bandeau de vos yeux, » leur dit le pape (Suger, Vie de Louis le Gros). En H82, Philippe Auguste les chassa de ses domaines ; mais ils achetèrent leur retour en il 98. Du reste, en les rappelant, Philippe Auguste prit des précautions contre leursexactions usur aires. Deux hommes probes furent chargés dans chaque ville de garder le sceau des juifs et de s’assurer de la loyauté de leurs transactions. Ce fut l’origine de la chancellerie des juifs. Philippe Auguste leur défendit de prêter en prenant pour gages des ornements d'église, un soc de charrue, des vêtements ensanglantés. Les juifs avaient obtenu , quoique à des conditions très-dures , une situation légale. Elle leur fut enlevée en 1223. «11 y eut accord, dit M. Beugnot (les Juifs d'Occident , p. 90), il y eut accord entre Louis VI 1 1 et les barons de France pour ramener les juifs à l’état de servitude dont Philippe Auguste les avait tirés. » On annula les obligations envers les juifs qui remontaient au delà de cinq ans, et le sceau de leur chancellerie fut supprimé. Ils tombèrent à l’état de serfs.
Les biens meubles des juifs appartenaient au baron sur les terres duquel ils habitaient. Les Etablissements de saint Louis ( livre I , chap. cxxvii) le disent formellement: les meubles aux juifs sont au baron. Le juif était réellement serf du ée.gneur. Une ordonnance de saint Louis datée de 1230 (t. V, p. 421 , des Historiens de France par André du Chesne et Recueil des ordonn ., t. I, p. 53) défend de retenir le juif d’un autre. « Per-