KIR
iun9 chap. iy, art. 3). Les fourches patibulaires du seigneur châtelain avaient trois piliers ( coutumes de Tours , art. 64; de Loudun, chap. v, art. 6 ; d'Anjou, art. 43). Le baron avait quatre piliers et le comte six. Voy. Laurière, Glossaire du droit .
JUSTICIERS. — On donnait quelquefois le nom de justiciers -aux officiers de justice. Ainsi certaines chartes des rois et seigneurs sont adressées à leurs justiciers.
JUSTICIERS (Hauts). — Les seigneurs hauts justiciers étaient ceux qui jouissaient du droit de haute justice. Voy. Féodalité et Justice ( Haute
KYR 639
JUVEIGNERIES ou JUVEIGNEÜRIES. — Fiels tenus par des juveigneurs. Voy. JU- VEIGNEURS.
JUVEIGNEURS. — Les juveigneurs étaient des cadets de maison noble. Ce nom était encore usité au xvm* siècle; on le trouve dans Saint-Simon ( Mémoires % 11, 153, édit, in-8) : « Les juveigneurs où cadets de la maison de Rohan étaient semblables en tout et pour tout aux juveigneurs de toutes les autres maisons nobles de Bretagne. » Et au tome V, p. 210 : « Guérnéné relevait en juvei - ^neur du duc de Rohan, qui, pour les biens, représentait l'aîné de la maison. »
KÀRÀT. — Ce mot indique un certain titre et degré de perfection de l’or. Il vient, dit-on, de Carabe kouara , nom d’un arbre dont les fruits sont rouges comme du corail. Le fruit est une espèce de fève avec une marque noire dans le milieu; il est enfermé dans une coque ronde extrêmement dure. Les fèves du kouara ont servi de poids , dès la plus haute antiquité , dans ie commerce de l’or. Quand elles sont bien sèches, elles ne varient presque pas de poids. La lève du kouara est appelée karat , et ce dernier mot a servi par extension à estimer l’or plus ou moins fin ( Amusements philologiques, 2® édit., p. 312).
KERMESSES. — La Flandre française a conservé l’usage des kermesses ou fêtes champêtres qu’anime une joie bruyante et que l’on célèbre par de copieuses libations et des danses nationales. C’est dans ces fêtes que la Flandre manifeste son génie à la fois sensuel et jovial. La procession de Gaijant et de ses enfants est un souvenir des anciennes kermesses .
Cambrai , Valenciennes et bien d’autres villes célèbrent encore ces fêtes avec une pompe bizarre. ( Voy. Fêtes, § III. )
KEUR1E. — Charge de grand’queux (coquus) ou cuisinier de France. Voy. Queux.
KIOSQUE. — On donne ce nom à des pavillons entourés de jardins dont l’usage a été emprunté à la Perse. Le nom ne date guère que du siècle, où les récits
des voyageurs avaient mis à la mode quelques coutumes persanes.
KIRSCH-WASSER. — Cette liqueur, dont le nom est allemand et signifie eau de cerises, n’a commencé à être en usage en France que dans la seconde moitié du
xvih® siècle. Elle fut d'abord introduite, dit Le Grand d’Aussy ( Viepmvée des Français) , à. titre de remède , de digestif et de cordial. Elle ne payait point de droit d’entrée; mais les marchands de liqueurs s’en étant servis pour contrefaire le ma rasquin , elle fut soumise à un droit très-* fort. Le kirsch-ioasser se fabrique principalement en Lorraine, en Alsace, en Franche-Comté et surtout dans les mon • lagnes de la forêt Noire (pays de Rade et Wurtemberg), avec le fruit d’un cerisier sauvage, qui, distillé, donne une eau-devie claire et limpide, mais d’une force extrême.
KYMRYS. — Les Kymrys vinrent s’établir dans la Gaule septentrionale h une époque dont il est impossible de préciser la date. Ce peuple , qui est le même , diton , que les Cimmériens, les Cimbres et les Cambriens, s’étendit du Rhin à la Seine et forma un des principaux éléments de la nation gauloise. On lui attribue l’introduction en Gaule du druidisme, religion plus savante que celle des Gaéls qui n’adoraient que les forces de la nature , le soleil , la lune , les forêts , etc.
KYRTÉ ÉLÉÏSON. — D’après un Dictionnaire des origines , découvertes , etc., imprimé à Paris en 1777, le pape Grégoire le Grand introduisit dans l’Église latine l’usage de cette prière grecque.
Cependant un passage des lettres do ce pape ferait supposer que cette prière était usitée depuis longtemps. On lit, en effet, dans la lettre soixante-troisième du livre Vil : « Nous ne disons pas le Kyrie éléison , comme les Grecs. Chez les Grecs, tous le chantent en même temps; chez nous , le clergé commence , puis le peuple répond. »
LABADISTES. — Hérétiques qui parurent vers le milieu du xvn* siècle, et eurent pour chef Jean Labadie, qui avait été successivement religieux et ministre protestant à. Montauban. Ce sectaire enseignait, comme la plupart des mystiques, que la perfection consiste dans une union intime avec Dieu , qui affranchit Phommo des liens corporels et rend indifférents tous les actes des sens.
LABOURAGE. — Voy. Agriculture.
LADRE. — Ce mot vient du latin Lazarus , nom du pauvre mendiant qui se tenait à la porte du mauvais riche ( Évangile selon saint Luc , xvi , 20). Comme les lépreux invoquaient saint Ladre ou saint Lazare , on leur donna le nom do ladres. Au moyen âge ils étaient séquestrés dans des maisons appelées ladreries , léproseries , maladreries . Ces malheureux, quo Don désignait encore par le nom de vieseaux , étaient tenus de porter un costume spécial : un chapeau d’écarlate et un long bâton les faisaient reconnaître; le bruit de leur cliquette ou morceaux de bois qu’ils frappaient l’un contre l’autre, avertissait de leur approche, et les passants s’éloignaient pour éviter la contagion. Les ladres ne pouvaient se marier qu’entre eux ni pénétrer dans les églises au delà d'une place spéciale qui leur était assignée. Le Nouveau coutumier général , t. 1, p. 507, s’exprime ainsi à leur egard : •< Tous ceux qui sont atteints de la ladrerie doivent s’absenter du peuple et des assemblées, sans pouvoir venir dans les églises plus avant qu’aux portes des porches , ni dans les marchés ou dans les maisons d’autres gens en santé, lis ne peuvent faire aucune provision que pour leur consommation, sans qu’il leur soit permis d’envoyer le surplus au marché. » ( Coutume de Bcrghe-Saint-V inox 6 ans le Coutumier général. ) D’après la coutumo de Calais, ceux qui voulaient être reçus bourgeois devaient apporter un certificat contenant , entre autres choses qu'ils n’étaient issus m descendus dy aucuns qui aient été entachés de la maladie de lèpre. ( Coutumier général , t. I , p. 1 1 1 5 .) Lorsqu’il n’y avait pas de maladrerie où le lépreux put être enfermé, on lui bâtissait une maison qui était soutenue par quatre poteaux , et qui , à la mort du lépreux, devait être brûlée avec son lit et ses vêtements. Elle était construite
à vingt pieds du chemin. On lit dans la Coutume de Hainaut : « Si une personne est renommée d’être entachée de la maladie de la lèpre , les échevins dessous qui telle personne est résidante et demeurante, seront tenus, pour leur acquit, la mener aux épreuves, aux dépens des paroissiens, et, si icelle personne était trouvée entachée de ladite maladie, on lui devra bailler, pour une fois, si elle n'est du lieu , un chapeau , un manteau gris,unecliquette etunebesace etdequoi lui faire son service; lesquelles bagues et dépenses devront être prises sur les biens de l’aumône ou sur les manants du lieu paroissiens , en cas qu’ils n’eussent compétemment et pour y fournir. Lavillo sera tenue de faire à "la personne une maison sur quatre étages , ainsi qu’il a été accoutumé de faire, et, si le patient la veut avoir meilleure , faire la devra à ses dépens, à la charge, après sa mort, d’èire brûlée avec le lit et habillements ayant servi à. son corps. » On soumit ces malheureux au droit de morte -main , comme le prouve le chapitre iv de la coutume de Mo ns : « Une personne, dès qu’elle sera jugée ladre , doit la mortemain y comme si elle était morte sur tel état. »
Les lépreux , bannis de la société et séquestrés avec des cérémonies qui annonçaient qu’ils étaient morts pour le monde (voy. Léproserie), étaient regardés comme des ennemis et dans plus d’une circonstance on les accusa d’avoir empoisonné les fontaines. Ce fut surtout au xive siècle, sous le règne de Philippe le Long , que ces bruits se propagèrent. En 1321 , les lépreux furent accusés d’avoir reçu de l’argent des juifs pour empoisonner les sources et fontaines. On prétendait qu’ils y jetaient un sachet qui contenait du sang humain, de l’urine, des hosties consacrées, le tout séché et broyé. Sur ces accusations on arrêta partout les lépreux. Un chroniqueur du temps, continuateur de Guillaume de Nangis, rapporte qu’une lépreuse, sur le point d’être surprise , jeta derrière elle un chiffon lié qui fut aussitôt porté en justice et dans lequel on trouva une têie de couleuvre, des pattes de crapaud, et comme des cheveux de femme enduits d'une liqueur noire et puante, chose horrible à voir et à sentir. Le tout mis dans un grand feu, ne put brûler, « preuve