LAZ
coup plus récente que les services intérieurs furent rendus par des domestiques gagés , que l’on appela laquais et valets. Le second mo: dérivé évidemment de varlet ; le premier est tiré, selon quelques auteurs , du mot allemand knecht qui signifie serviteur. Du temps de Henri IV on appelait naquets les garçons de
f>aume. Ce mot, dans lequel le knecht alemand se reconnaît facilement, a été transformé en laquet qu’on a écrit plus tard laquais . Le mot laquais se trouve fréquemment dans Brantôme. Dans les vies des capitaines français , il parle plusieurs fois des désordres causés par les laquais . L’usage de se faire accompagner de laquais devint plus commun au xvii® siècle. On eut grands et petits laquais , et les comédies de Molière attestent assez que cette coutume avait passé de la noblesse à la bourgeoisie.
LARGESSE. — C’était l’usage, au moyen âge , dans les circonstances solennelles , aux tournois , au sacre des rois, etc., de jeter de l’argent au peuple. Les hérauts d’armes criaient : Largesse ! largesse 1 et semaient des pièces d’or et d’argent qu’ils puisaient dans des coupes ou lianaps. On a prétendu que l’usage des largesses avait été abandonné depuis l’entrevue de François Ier et de Henri VIII au camp du Drap d’or ( 1520). C’est une erreur. On le retrouve jusqu’au xvnie siècle : au mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette , on jeta encore de l’argent au peuple.
LATIN. — L’usage du latin dans les tribunaux fut aboli par l’ordonnance de Villers-Coterets rendue par François 1er en j 539.
LATIN (Empire). — On donne ce nom à l’empire que fondèrent, en i204,les croisés, maîtres de Constantinople, et qui fut détruit en 1261. Les empereurs latins furent tous Français.
LAUl) (Croix de Saint-). — Lacroix ie Saint-Laud d’Angers était une des reliques les plus renommées du xve siècle. On prétendait que celui qui avait violé un serment prêté sur cette croix mourait dans l’année. De là la crainte qu’avait Louis XI de jurer sur la croix de Saint- Laud.
LAUDES. — Partie de l’office divin qui suit immédiatement les matines; le nom est tiré du latin laudes , parce qu’on y célèbre surtout les louanges de Dieu.
LAVEMENT DES PIEDS. — Dans l’ancienne monarchie , il était d’usage que les vois lavassent le jeudi saint les pieds de douze pauvres qui représentaient les
douze apôtres, et les servissent à table avec tous les princes et grands seigneurs de la cour. On fait remonter cette coutume au roi Robert qui nourrissait tous les jours jusqu’à trois cents pauvres à sa table, et qui , revêtu d’un cilice, les servait le jeudi saint et leur lavait les
f lieds. L’usage du lavement des pieds par e roi s’est conservé en France jusqu’en 1830. Depuis cette époque, cette cérémonie n’a plus été faite que par les évêques.
LAZARE ( Saint). — Il existait autrefois, aa’'s la partie septentrionale de Paris , u ne léproserie appelée Saint - Lazare , dont le nom a passé à un des nouveaux quartiers de cette ville. C’était à Saint-Lazare que se rendaient ordinairement les rois et reines de France pour recevoir le serment de fidélité des Parisiens , avant de faire leur entrée dans la capitale. On avait construit pour les rece\oir un bàiiment spécial appelé le Logis du roi. En J 632, la maison de Saint- Lazare fut donnée à saint Vincent de Paul qui y établit sa congrégation des missions. On y joignit une maison de correction, et pendant la révolution Saint- Lazare devint une des prisons de Paris. L’église de Saint-Vincent de Paul a été etnstruite sur la hauteur où s élevait le Logis du roi .
LAZARE ( Ordre de Saint-). — Les chevaliers de Saint-Lazare , qui avaient surtout pour but de soigner les lépreux, furent institués dès le xn® siècle. En U54, le roi Louis VII leur donna un domaine près d’Orléans. Supprimé en i490, rétabli au xvie siècle et confirmé, en 1 664, par Louis XIV. Yordre de Saint- Lazare a existé jusqu’à la révolution. Gautier de Sibert, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres , a publié, en 1774 , une Histoire des chevaliers de Saint-Lazare.
LAZARE (Chevaliers de Saint-). — Yoy.
Ciievaleiiie (Ordres de).
LAZARET. — On appelle lazaret des bâtiments isolés où l’on séquestre pendant un temps déterminé les hommes et les choses qui proviennent de pays où régnent des maladies contagieuses. Dès le temps des croisades on avait fondé, sous l’invocation de saint Lazare, âe s hospices spéciaux pour les lépreux ; de là est venu le nom de lazaret. On trouve un lazaret à Venise dès le xv® siècle Mais, en France, ce fut seulement api ès l’épidémie de 1588 qu’on bâtit un lazaret à Marseille. On en établit successivement dans les ports principaux, à Toulon, à Bordeaux, au Havre, etc. Les hommes et les mar-