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chandises qui arrivaient d’un lieu infecté ou soupçonné de contagion étaient soumis à un séjour plus ou m< ins long dans le lazaret . On appelait ce séjour quarantaine, parce que primitivement il durait quarante jours.
LAZARISTES. — Congrégation fondée , en 1625, par saint Vincent de Paul et approuvée, en 1632, par le pape Urbain VI II. Elle lira son nom de ce qu’elle fut établie dans l’ancienne léproserie de Saint-Lazare. Les 'prêtres de la mission , nom sous lequel on désignait encore les lazaristes, avaient pour but de travailler à l’instruction des habitants pauvres de la campagne. Ils s’engageaient à ne jamais prêcher dans les villes où il y avait un archevêché , évêché ou présidial.
LE COMTE (Monsieur). — Ce titre fut porté par deux comtes de Soissons , princes de la maison de Condé : le premier était issu du mariage du premier prince de Conde avec sa seconde femme princesse de la maison de Longueville.
«L’émulation, dit Saint-Simon (t. VII, p. 142), qui ne se trouve que trop souvent dans les cadets d’une autre mère et dans les principaux des partis différents, piqua ce prince de voir son aîné M. le Prince tout court, et le porta à imaginer sur cet exemple à se donner aussi un nom singulier. 11 se fit donc appeler M • le Comte tout court par ses domestiques , puis par ses créatures, par ses amis, enfin par la maison de Longueville et par ses parents. Rien n égale la promptitude et la facilité des Français à suivre les modes et à se soumettre aux prétentions. Sur l’exemple de ceux qui prirent cet usage et la connaissance que M. le comte de Soissons y était attaché , il prévalut bientôt partout. Comme il ne donnait ni rang ni avantage réel à ce prince, le roi laissa dire et faire, en sorte que non-seulement M. le comte de Soissons resta toute sa vie M . le Comte tout court, mais que cette dénomination passa après lui à M. son fils qui l’a conservée toute sa vie. Nul autre prince du sang ne portait alors le titre de comte. >» Cette branche de Condé s’éteignit en I64i ar la mort du comte de Soissons tué à la ataille de la Marfée, près de Sedan Une de ses sœurs porta le comté de Soissons au prince Thomas de Carignan Ce dernier laissa deux fils, dont l'un fut désigné sous le nom de comte de Soissons et épousa une nièce du cardinal Mazarin. « Ee roi (Louis XIV), dit Saint Simon (VU , 144), dans sa jeunesse et dans les premières années de son mariage , ne bougeait de chez cette comtesse de Soissons , dont la
faveur personnelle, jointe à la toute-puissance de son oncle , dominait la cour et en distribuait les agréments et fort souvent les grâces. Ce nom de comtesse de Soissons, dans un éclat si grand , lui fit imaginer d’abuser de la servitude française et d’adopter pour elle, sur l’exemple des comtes de Soissons , princes du sang, le nom de madame la Comtesse tout court, et pour son mari celui de M . le Comte . Elle hasarda de se faire nommer ainsi par ses domestiques et ses familiers. La fleur de la cour, qui abondait chez elle, n’eut pas plutôt aperçu cette ambition qu’elle s’y conforma. Le roi s’accoutuma à l’entendre sans le trouver mauvais, et cet usage s’introduisit. Son mari , de qui rien ne dépendait, n’y parvint pas si généralement , et ne <*écut pas assez pour le bien établir. Sa veuve étant tombée en disgrâce , l’usage s’interrompit ; elle redevint madame la comtesse de Soissons, puis par habitude, parmi beaucoup de gens , demeura madame la Com-
tesse jusqu’à sa fuite hors du royaume
Le roi avait bien envie d’introduire l’usage d'appeler M. le comte de Toulouse 3/. le Comte tout court. Parlant de lui il ne disait jamais que le Comte , et toute la maison de ce fils naturel ne disait jamais que M. le Comte tout court. Il y avait néanmoins deux princes du sang qui
{>ortaient les noms de comte de Charoais et de comte de Clermont, mais qui ne pointèrent que sur la fin de son règne, et qui étaient bis de la fille naturelle du roi madame la Duchesse, lesquels alors ni depuis n’ont pas songé à ce nom singulier. Je ne sais comment il est arrivé que le comte de Toulouse, M . le Comte tout court dans le désir et dans la bouche du roi et dans celle de toute la marine, n’a jamais pu l’être dans le public, excepté un très-petit nombre de bas courtisans , et qui encore n’osaient le hasarder hors de la présence du roi, ni comment ce monarque, si flatté, si redouté, dont les moindres désirs étaient adorés, n’a jamais pu venir à bout de ce qui tout de plain-pied avait réussi à la nièce du cardinal Mazarin, femme d’un prince de la maison de Savoie, par le chausse-pied de la conformité du nom de comtesse de Soissons. »
LECTEUR. — Clerc engagé dans les ordres mineurs. Voy. Ordres mineurs.
LECTEURS ROYAUX. — Le titre de lecteurs royaux fut donné, dès l’origine, aux professeurs du collège de France (voy. Collège de France). Jacques Colin le portait dès 1530 (voy. Gouget, Bibl. franc. 9 t.Xl, p.398 et 399).Primitivemr¥U
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le titre de lecteur notait pas parement honorifique. Il fut d'usage pendant longtemps de faire des lectures à la table des rois , et cette coutume existait encore à l’époque de François 1er.
LECTIONNAIRE. — Livre de liturgie.
Voy. Rites ecclésiastiques.
LE DUC (Monsieur). — Ce titre désigna pendant quelque temps les fils aînés des princes de Condé. U fut donné à quatre princes de cette maison , si l’on en croit Saint-Simon ( t. VU, p. 143).
Après avoir rappelé que ce nom fut d’abord porté par le duc d’Enghien, Louis de Bourbon, qui devint le grand Condé, il ajoute.* « Ce hom tout court de M. le Duc a passé depuis , comme de droit acquis , aux fils aines des deux derniers princes de Condé , en sorte qu'il y en eut quatre de suite aopeîés M. le Prince, quatre M. le Duc et deux M. le Comte. » A la mort du quatrième prince de Condé en 1709 , son fils conserva le nom de M . Le Duc , sous lequel il a été désigné toute sa vie. Il fut dans la suite premier ministre de 1723 à 1726.
LÉGAT. — Les légats sont les envoyés des papes près des souverains étrangers. On trouve des exemples très-anciens de missions confiées à des légats , puisque des envoyés du pape assistaient au concile de Nicée (325). Mais ce fut surtout au xi® siècle et principalement sous le pontificat de Grégoire VII que les légats commencèrent à résider dans les royaumes chrétiens pour y représenter l’autorité pontificale. Le pape contera souvent ce titre à des évêques ou à des abbés français. Ainsi Hugues, évêque de Die, fut légat de Grégoire VII en France et investi des pouvoirs les plus étendus pour la réforme du clergé. Plus tard on appela nonces les représentants du souverain pontife. Dans certaines circonstances les papes envoient des légats extraordinaires choisis parmi leurs confidents et en quelque sorte à. leurs cotés; c’est pour ce motif qu’on les appelle légats à latere ou latérales ( pris aux côtés ou pape ) , et quelquefois ablégats . Ces ambassadeurs sont toujours choisis parmi les cardinaux. L’ancienne monarchie, qui redoutait les empiétements de la cour de Rome, n’autorisait un légat à se présenter en France qu’à certaines conditions, il fallait d’abord que le roi eût agréé sa personne et qu’ensuite les bulles qui contenaient ses pouvoirs eussent été vérifiées au parlement qui constatait qu’elles ne renfermaient rien de contraire aux libertés de V Eglise gallicane (voy. ce
mot). Quand les légats avaient été agréés, ils faisaient une entrée solennelle dont le cérémonial était réglé avec un soin minutieux. Ils avaient le droit de faire porter la croix devant eux. excepté en présence du roi.
LÉGATION. — Ce mot désigne tantôt la mission confiée par un souverain aux ministres chargés de le représenter près des cours étrangères, tantôt les fonctionnaires attachés à une ambassade.
LÉGENDE. — On entend ordinairement par légende le récit de la vie d’un saint; ce mot vient du latin legendum ou legenda , parce que la vie des saints devait être lue aux offices et pendant les repas. J’ai déjà indiqué au mot iiagioguapiie l’importance de ces légendes pour l’histoire du moyen âge. Au xmi® siècle , Jacques de Voragine fit un recueil des vies des saints sous le titre de légende dorée , ouvrage qui eut un prodigieux succès jusqu’au xvic siècle. — On appelle encore légende les mots gravés circulairernent sur les médailles autour des tètes et des types. Chaque médaille porte deux légendes, celle de la face et celle du revers. Celle de la face donne ordinairement le nom et les titres des personnages, et celle du revers est relative à l’explication du type.
LÉGION D’HONNEUR. — Cette décoration civile et militaire a été instituée par Bonaparte premier consul le 19 mai 1802. Dans l'organisation primitive, la légion dr honneur était divisée en seize cohortes qui répondaient à seize divisions des départements de la France. Les grades étaient : légionnaire , officier , commandant et grand officier . La légion ne devait se composer que de six mille quatre cent douze membres. Chaque cohorte devait comprendre sept grands officiers, vingt commandants, trente officiers et trois cent cinquante légionnaires. Dans la suite, ce nombre a été de beaucoup dépassé, et les différents grades ont été ceux de chevalier, officier , commandeur , grand officier et grand-croix . On exigeait primitivement vingt-cinq ans de services civils ou militaires, sauf les actions d’éclat et les cas exceptionnels, pour obtenir le titre de légionnaire. Le temps de services exigés a été réduit à vingt ans par une ordonnance de la Restauration. Sous l’empire la décoration de la légio n d'honneur consistait en une étoile à cinq rayons doubles surmontés de la couronne impériale. D’un côté était l’effigie de l’empereur avec cette légende : Napoléon , empereur des Français , et de
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l'autre une aigle avec cette exergue :
Honneur et patrie . La décoration était en or pour les officiers et les hauts dignitaires, en argent pour les simples chevaliers. Les chevaliers et les officiers la portaient et la portent encore suspendue a la boutonnière par un ruban rouge mais les officiers ont de plus une rosette! La décoration est suspendue en sautoir au cou des commandants par un ruban plus large. Pour les grands-officiers do I ordre, 1 insigne est , outre la croix d’or une plaque en argent; enfin les grandscordons ou grands-croix portent l’aigle de la légion suspendue h un large ruban rouge qui passe de l’épaule droite au côté gauche. Il y avait primitivement une dotation attachée à chaque grade, et chaque cohorte avait la sienne en domaines nationaux ou étrangers. Enfin Napoléon institua plusieurs maisons d’éducation pour les filles ou parentes des membres de la légion d* honneur ( voy . Écoles, S VI). La restauration maintint l’ordre’ delà
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de Henri IV. Le roi fut déclaré chef, souverain et grand-maître de l'ordre, qui était administré, sous l’autorité royale par le grand chancelier de la légion cl honneur. Les dotations de l'ordre furent considérablement réduites, et les nouveaux membres , à l’exception des sous-olïiciers et soldats, ne devaient plus recevoir de traitement. Depuis 1818 l'effigie de Napoléon a été rétablie snr les insignes de l’ordre qu’il avait fondé. « L’institution de la légion d’honneur , dit M. Thiers dans son Histoire du consulat et de l’empire , ne compte guère plus de quarante ans , et elle est déjà consacrée comme si elle avait traversé les siècles ’ tant elle est devenue, dans ces quarante ans, la récompense de l’héroïsme, du savoir, du mérite en tout genre 1 tant elle a été recherchée par les grands et les princes de l’Europe , les plus orgueilleux de leur origine ! Le temps, juge des institutions, a donc prononcé sur l’utilité et la dignité de celle-ci. Laissons de côté 1 abus qui a pu être fait quelquefois d'une telle recompense , à travers les divers régimes qui se sont succédé, abus inhérent à toute récompense donnée par des nommes à d’autres hommes , et reconnaissons ce qu’avait de beau , de profond , de nouveau dans le monde une institution tendant à placer sur lu poitrine du simple soldat, du savant modeste. la même décoration qui devait figurer sur la poitrine des chefs d’armée de3 princes et des rois! liecon uaissons
que cette création d'une distinction honorifique était le triomphe le plus éclatant de l égalité même, non de celle qui coalise les hommes en les abaissant, mais de celle qui les égalise en les élevant: reconnaissons enfin que si, pour les grands dignitaires de 1 ordre civil ou mili taire , elle pouvait bien n’être qu’une sans action de vanité , elle était pour le simple soldat rentré dans ses champs,
I aisance du paysan, en môme temps que la preuve visible de l’héroïsme. >»
LEGIONS DÉPARTEMENTALES. — Une ordonnance royale du 3 août 1815 avait institue des légions départementales , au nombre de quaire-vingt-six, qui devaient comprendre deux bataillons d’infanterie de ligne , un bataillon de chasseurs à pied, une compagnie d’éclaireurs à cheval et une compagnie d’artillerie. Chaque légion portait le nom d’un des départements. Cette organisation, après avoir subi plusieurs modifications , a fait place aux régiments actuels.
LÉGIONS PROVINCIALES.— Corps d’infruiterie organisés par François 1er en 1d32. il y avait sept légions provinciales forte chacune de six mille hommes. Elles portaient le nom des provinces suivantes : i° Bretagne ; 2° Normandie ; 3° Picardie • 4° Bourgogne, Champagne et Nivernais; 5° Dauphine, Provence, Lyonnais, Auvergne ; 6° Languedoc; 7° Guyenne. Voy.
Armée.
LÉGISLATION. — On entend ordinairement par législation l’ensemble des lois qui régissent un pays ou une matière spéciale. Dans ce dernier sens , on dit la législation civile , religieuse , etc. Voy Lois.
LÉGISLATURE. — Ce mot désigne tout a la fois les assemblées chargées de faire les lois et le temps pendant lequel siègent les corps législatifs.
LÉGISTES. — Les légistes commencèrent à prendre une grande importance au xiii° siècle. L’étude du droit romain se répandait alors dans la France et les rois en encourageaient le progrès favorable à leur puissance. Les hommes de loi , qu’on appelle juristes , jurisconsultes, légistes f chevaliers ès lois , devinrent bientôt les conseillers des souverains. On les voit déjà près de saint Louis. Pierre des Fontaines, qui rédigea les Conseils à un ami : Philippe de Beaumanoir, qui écrivit les Coutumes du Beauvoisis , eurent une grande influence sur la législation de saint Louis. Mais ce fut principalement à l’époque de Philippe
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le Bel que dominèrent les chevaliers ès lois. Enguerrand de Marigny, Guillaume de Nogaret, Pierre Flotte, Raoul de Presles , Pierre de Latilly étaient les plus éminents parmi ces légistes qui travaillèrent avec la plus énergique persévérance à élever sur les ruines de la féodalité l’autorité royale. Ils avaient puisé dans Pétude-du droit romain cette conviction que la volonté du roi est la loi vivante et ils traduisirent ce principe de la loi romaine en ces termes ; si veut le roi , si veut la loi . Autorité absolue du roi, image de Dieu sur la terre, tel fut leur principe, et ils en poursuivirent énergiquement la réalisation. Ils parurent vaincus après la mort de Philippe le Bel et la réaction féodale les persécuta cruellement. Mais leurs maximes leur survécurent, animèrent les corps judiciaires , parlements , chambres des comptes , conseil d’Élat, et en exclurent peu à peu les nobles pour n’y laisser que des légistes , vainqueurs de l’opposition aristocratique. M. Aug. Thierry a vivement caractérisé le rôle des légistes dans son Essai sur V Histoire du tiers état , p. 27-30.
LÉGITIMATION. — La légitimation ou reconnaissance des enfants bâtards par leur père ne date que du règne de Constantin. Ce prince l’introduisit par une loi qui ne fut admise dans le droit canon qu’en 1 i 8 1 - Le bâtard né d'homme et de femme libres et légitimé par acte authentique devenait habile à recevoir tous honneurs et offices. * Selon aucuns , dit Bouteiller ( Somme rurale , livre II), cette légitimation le peut habiliter à posséder et à recevoir échéance pour père et pour mère. » César , duc de Vendôme , fils de Henri IV et de Gabrielle d’Kstrees est le premier bâtard d’un roi de France qui ait été légitimé . Louis Xiv suivit l’exemple donné par Henri IV. Les princes légitimés , comme on appelait les fils bâtards de ce roi, furent comblés de faveurs dans les derniers temps de son règne. 11 leur donna le pas sur les ducs et pairs , et par son testament il assignait au duc du Maine et au comte de Toulouse une place importante dans le conseil de régence. Mais le testament fut cassé par le parlement aussitôt après la mort de Louis XIV, et les princes légitimés furent réduits au rang de leur pairie. Le dépit jeta le duc du Maine dans la conspiration de Cellamare ( 1717-1718), et lui attira une disgrâce complète* Dans les lois modernes , la légitimation n’a lieu que par l’union du père et de la mère de l'enfant, reconnu ( Code Napoléon, art. 33i et 332).
LÉGITIME (La). — Part de patrimoine revenant aux cadets. Voy, Cadets.
LÉGITIMÉS. — Enfants naturels reconnus par leur père en vertu d’un acte authentique et devenus aptes h succéder.
LE GRAND (Monsieur). — Ce titre désignait, dans l’ancienne monarchie, le grand écuyer. Cinq-Mars , célèbre par sa faveur et sa mort tragique, est presque toujours appelé dans les Mémoires contemporains M . le Grand .
LEGS. — Disposition testamentaire par laquelle on laisse à un particulier ou à un établissement tout ou partie de ses biens. Voy. Testament.
LEGS PIEUX. — Donation aux établissements ecclésiastiques. Voy. Donations.
LEMNISQUE. — Le lemnisque était une petite ligne ou barre horizontale entre deux points dont les copistes du moyen âge se servaient pour marquer la différence des interprétations.
LENDIT. — Voy. Làndit.
LÉONINS ( vers). — Vers latins, qui riment au milieu et h la tin ou seulement à la fin comme les vers français. On prétend que le nom de léonins donné à ces vers vient d’un religieux de Saint-Victor, nommé Léonins , qui se rendit célèbre au xne siècle par des vers latins qui rimaient à chaque hémistiche. Pasquier cite comme exemple de vers léonins dans ses Recherches de la France (chap. xvui) le distique suivant :
Dccmon langue^#* ,* monachus tune esse vol ebat ;
Ast ubi conva/uit , mansit ut ante fuit y
Comme modèle de vers latins rimant seulement à la tin , on peut citer les vers suivants d’un moine bordelais qui vivait au commencement du x\* siècle :
Helîconîs rivulo modico conspersus ,
Vereor ne pondéré sim verborum mersus >*
6ed quia jam l ibitur mundus univers us ,
lncipe menalios mecum, mca tibia, versus .
La renaissance mit un terme à ces rhythmes barbares et ramena à Limitation élégante et savante de la poésie latine.
LE PREMIER ( Monsieur). — Titre donné, dans l’ancienne monarchie, au premier écuyer qui était chef de la petite écurie. Béringen , premier écuyer de la petite écurie pendant une partiedu règne de Louis XIV, est appelé ordinairement A/, le Premier dans les Mémoires du xvue siècle. — Ge titre était quelquefois donné , dans les parlements , au premier
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président, spécialement dans le parlement d'Aix.
LÉPREUX, — Yoy. Ladres et Léproserie.
LE PRINCE ( Monsieur ). — Ce nom désignait, principalement û l’époque de Louis XI V, le chef de la maison de Coridé. Saint-Simon en explique l'origine dans ses Mémoires ( t. VII , p. t4o et suiv.) : «Le prince de Condé, frère du roi de Navarre et oncle paternel d’Henri IV, se fit chef des huguenots. Il était seul du sang royal dans ce parti, qui s’accoutuma, en parlant de lui, à ne le nommer que M. le Prince ; il était comme le leur ; aucun du parti n’approchait de lui en naissance ni en autorité ; son nom était leur honneur, leur grandeur et en partie leur force. Cet usage prévalut et si bien ( tant une fois établis, ils ont de force sur la multitude ! ) qu’après la bataille de Jarnac où ce prince mourut en 1569\ son fils, succédant au nom du prince de Condé , ne fut appelé dans le parti que M. le Prince, quoiqu'il ne pût passer alors pour chef du parti. Ce second prince de Condé mourut à Saint-Jean d'Angely, le 5 mars 1588 , à trente-six ans , et laissa un fils posthume , qui fut le troisième prince de Condé , père du héros et grand-père de celui dont on vient de rapporter la mort. Avec le nom de son père, il hérita de l'habitude générale , et fut comme lui appelé M. le Prince tout court, et n’ayant au-dessus de lui que le roi , ce même usage se continua qui a duré toute sa vie , et qui a passé à son fils et de celui-ci à son petit-fils. » Cet usage cessa à la mort du quatrième prince de Condé arrivée en 1709. C'est encore Saint-Simon qui nous l’apprend ( t. VII , p. 154 ) : « A la mort de Al. le Prince dernier, le roi , dans l’idée que le nom singulier de M . le Prince avait été porté par le premier prince du sang , et en dernier lieu par celui qu'il avait fait tel sans l’être , ne voulut pas qu'il passât à M. son fils , à qui le nom de M. le duc tout court qu'il portait passa. »
LÉPROSERIE. — La lèpre faisait, au moyen âge , de tels ravages en France que l’on fonda, pour isoler les lépreux et préserver les autres hommes de la contagion , des hôpitaux situés hors des villes et appelés léproseries , ladreries ou maladrenes . Les rois et un grand nombre de seigneurs dotèrent richement ces hôpitaux Les lépreux y étaient conduits en procession et avec des cérémonies, dont les anciens rituels nous ont conservé le détail. U** urètre allait
chercher le lépreux dans le lieu qu'il habitai tfet le conduisait à l’église étendu sur une èivière et couvert d’un drap noir, comme un mort. Il chantait le Libéra en faisant la levée du corps. A l'église, on célébrait la messe indiquée par le rituel pour ces cérémonies. Après la messe, on portait le lépreux , toujours couvert d’un drap noir, à la porte de l’église; le prêtre l’aspergeait d’eau bénite, et on le conduisait processionnellement hors de la ville en continuant de chanter le Libéraetc. Lorsque le cortège était arrivé â l'hôpital situé hors de la ville , le prêtre adressait les défenses suivantes au lépreux qui se tenait debout devant lui : « Je te défends d'entrer dans les églises , aux marchés, aux moulins, fours et autres lieux , dans lesquels il y a affluence de peuple. Je te défends de laver tes mains et les choses nécessaires pour ton usage dans les fontaines et ruisseaux, et, si tu veux boire, ta dois puiser l’eau avec un vase convenable. Je te défends d’aller en autre habit que celui dont usent les lépreux. Je te défends de toucher aucune chose que tu veux acheter avec autre chose qu’avec une baguette propre pour indiquer que tu les veux acheter. Je te défends d’entrer dans les tavernes et maisons hors dans celle en laquelle est ton habitation, et, si tu veux avoir vin ou viandes , qu’ils te soient apportés dans la rue. Je te commande, si aucuns ont propos avec toi ou toi avec eux , de te mettre au-dessous du vent, et ne faut que tu passes par chemin étroit pour les inconvénients qui en pourraient advenir. Je te commande que, le cas advenant où tu sois contraint de passer par un passage étroit où tu serais contraint de t’aider de tes mains , ce ne soit pas sans avoir des gants. Je te défends de toucher aucunement enfants quels qu'ils soient, et de leur donner de ce que tu auras touché. Je te défends de manger et boire en autre compagnie que de lépreux, et sache que quand tu mourras et sera séparation de ton âme et de ton corps , tu seras enseveli en ta maison , à moins de grâce qui te serait accordée par le prélat ou ses vicaires. »
Lorsque vers le xvic siècle la maladie de la lèpre fut devenue plus rare , les biens affectés aux léproseries ou mala dreries furent usurpés par quelques puissants seigneurs François Ier et Henri IV s’efforcèrent par leurs édits de mettre un terme à ces abus. Le second ordonna, par un édit du mois de juin 1606 , « qu’il serait procédé par son grand-aumônier, se»
vicaires et commissaires, à la réformation générale de ces abus , à l’audition et