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LÉZE-MAJESTÉ. — Voy. Lèse-Majesté.
LIARD. — Petite monnaie, dont le nom paraît une contraction de li-hardis ; on prétend que les premiers liards furent frappés sous Philippe le Vlardi. D’autres soutiennent que les liards étaient primitivement une monnaie des derniers ducs d’Aquitaine. Si l’on en croit une troisième opinion, liard était synonyme de noir ou monnaie de billon en opposition avec li-blancs ( monnaie d’argent). Enfin , selon quelques écrivains, les liards tiraient leur nom de Guignes Liard , natif de Cremieu en Viennois qui frappa les premiers liards . Vov. Monnaie.
LIBELLE. — Le mot libelle désigna primitivement un grand nombre d’actes de nature très-diverse ; il y avait des libelles d’accusation, d’hérésie, de réconciliation , de protestation, de requête, d’anathème . de confession , de pénitence ou plutôt d’absolution , de profession monastique, de fidélité, d’abdication, etc. (D. de Vaines, Dictionnaire de diploma tique ). En matière civile, il est question de libelles d’avocats qui ressemblent aux facturas (voy. ce mot)*; de libelles cm -
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phyteotiques, qui sont de véritables baux ; de libelles préceptoriaux , qui équivalent à. des assignations; de libelles de proclamation et de réclamation , qui emportaient toujours quelque idée d'accusation et qui répondaient à ce qu'on appelait autrefois complaintes , en style de palais ; de libelles de comparution à l'effet de citer en justice un contumace ; de libelles de répudiation ; de libelles de dotation , etc. ( D. de Vaines , ibid .).
Le mot libelle est pris ordinairement dans le sens de pamphlet. Les anciennes lois laissaient à l'arbitraire des juges la peine qui devait être infligée à l’auteur du libelle , et cette peine était souvent la mort. L'imprimeur était quelquefois poursuivi avec la même rigueur. Ainsi , en 1649, un imprimeur, nommé Morlot , lut condamné à être pendu pour avoir im primé un libelle intitulé : La custode du lit de la reine. Il ne dut son salut qu’à une émeute qui dispersa les archers, au moment où il était conduit au supplice.
LIBÉRAL, LIBÉRALISME. — On a donné le nom de libéral à un parti qui se manifesta principalement sous la restauration et dont la tendance générale était le triomphe des principes posés par l’Assemblée constituante en 1789- A la tête du parti libéral étaient le général Foy, Casimir Périer, Benjamin Constant, Laffitte , etc. Réunis pour attaquer la restauration, ils ne tardèrent pas à se diviser après la victoire , et la révolution de juillet 1830 montra combien de nuances diverses renfermait le libéralisme . C’était un parti bien plus qu’une doctrine.
LIBERTÉ. — La liberté réglée est celle qui donne à un citoyen le droit de vivre en sécurité sous la tutelle de la loi lorsqu'il y conforme ses actions. L'histoire de France présente , dans son développement, la conquête successive des plus importantes libertés: i° de la liberté civile accordée aux esclaves \voy. Esclavage) ; 2° des libertés politiques obtenues par les bourgeois ( voy. Commune et Assemblées politiques) ; 3° de la liberté de conscience proclamée par l’édit de Nantes (1598).
Mais jusqu'en 1789, il y avait plutôt des libertés privilégiées qu’une liberté réelle protégeant les droits de tous les citoyens. Ainsi le clergé avait ses immunités, la noblesse ses privilèges , la bourgeoisie ses communes et ses corporations industrielles; mais il n’y avait pas de liberté réelle garantissant l’égalité de tous les citoyens devant la loi. L’Assemblée constituante frappée surtout des dangers du despotisme proclama le principe de liberté et l’exagéra dans. ses applications.
La liberté politique ou droit pour les citoyens d'intervenir dans le gouvernement fut garantie par la tenue périodique des assemblées nationales. La liberté religieuse fut définitivement proclamée. La liberté individuelle , si souvent violée par les lettres de cachefl devint un des articles des nouvelles constitutions. La liberté de la presse fut aussi accordée. Mais comme cette liberté dégénéra bientôt en licence , il fallut que des lois en continssent et en réglassent l’exercice. Depuis cette époque , quoique plusieurs des libertés conquises aient été temporairement suspendues, les diverses constitutions ont proclamé le maintien des principes de 1789 , et par conséquent de la liberté politique , de la liberté religieuse , de la liberté individuelle et de la liberté de la presse . Le but qu’elles ont poursuivi avec plus on moins de succès a été la conciliation du principe d’autorité avec la liberté .
LIBERTÉ (Arbre de la). — L’usage do planter des arbres comme signe de la joie populaire est immémorial. On le trouve chez lesGaulois comme chez les Romains.
Jusqu'aux derniers temps de l’ancienne monarchie, les clercs de la basodie plantaient chaque année un mai (voy.
Mai) dans la cour du palais. Pendant la révolution , on planta des arbres de la liberté comme signes de joie et symboles d’affranchissement. Cet usage a été renouvelé en 1848. La plantation des arbres de la liberté était accompagnée de cérémonies dans lesquelles intervenaient toutes les autorités et même le clergé.