‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 47 sur 224 · LIVRE PARISIS ET LIVRE TOURNOIS · texte numérisé non relu

LIVRE PARISIS ET LIVRE TOURNOIS

— A partir du règne de Philippe Auguste, on se servit surtout en France de la livre parisis et de la livre tournois ; la seconde était en usage dans le nord et la première dans le sud. La livre parisis valait un cinquième de plus que la livre tournois . Voy. Monnaie.

LIVRE ROUGE. — Livre dans lequel Louis XV et Louis XVI avaient écrit leurs dépenses particulières. Il tirait son nom de ce qu'il était relié en maroquin rouge. Les dépenses de Louis XV étaient inscrites sur les dix premiers feuillets; celles de Louis XVI dans les trente-deux suivants. Le reste était en blanc. Chaque article était écrit ordinairement de la main du contrôleur général et parafé par le roi. La Convention fit imprimer le Livre rouge . Le total des dépenses particulières de Louis XVI, depuis le 19 mai 1774 jusqu’au 16 août 1789, s'élevait à deux cent vingt-sept millions neuf cent quatre-vingt-cinq mille sept cent seize livres dix sous un denier.

LIVRÉES. — Au moyen âge, les rois et seigneurs étaient dans l’usage, à certaines fêtes , de livrer des robes à leurs serviteurs et aux seigneurs de la cour. On sait que saint Louis profita de cet usage pour entraîner à la croisade un certain nombre de seigneurs qui se montraient indécis. 11 fit broder des croix sur les robes qu’il leur livra , suivant la coutume, et ils se crurent engagés d’honneur à suivre saint Louis dans son expédition d'Orient. De cet usage vint le nom de livrées pour les vêtements des gens attachés aux princes et aux nobles , etc.

Les couleurs de chaque famille distinguaient les livrées . Elles étaient quelquefois mi-parties, et les pages, varlets, damoiseaux avaient souvent au xive siècle, une jambe rouge et l’autre bleue, verte ou jaune. Les livrées devinrent un signe de faction. L’écharpe blanche des Armagnacs était célèbre au xv* siècle. A P-épo-

que de la Fronde, les écharpes bleues indiquaient les partisans de Monsieur (Gaston d’Orléans ) et les écharpes isabelles les partisans du prince de Coudé.

LIVRET. — Petit livre sur lequel sont .nscrits les noms des ouvriers, le lieu de leur naissance, leurs services, leur signalement , etc. L’origine des* livrets remonte' au xvmfl siècle 11 existait sous le régime des corporations des coupes d'acquit qui retenaient les apprentis dans le métier qu’ils avaient appris. Les lettres patentes du 12 septembre 1781 substituèrent aux congés d’acquit les livrets qui existent encore aujourd’hui. L’avantage des livrets est évident : le livret permet au maître de connaître tous les antécédents de l’ouvrier, et est pour l’ouvrier honnête et intelligent un certificat de moralité et de capacité.

LODS ET VENTES. — On désignait sous ce nom un droit que l’on payait à la vente d'un héritage censier, ou compris dans la censive ( vu y. ce mot ). Quelques coutumes désignaient le droit de lods et ventes par le nom ü'hoyxyieurs ; d’autres, par celui d’accordemant ; d’autres enfin par celui de gants et venues. On l’appelait accorderaient surtout dans les lieux où , la somme n’étant pas déterminée d’une manière précise ; on la faisait alors régler par un avis de prud’hommes; elle s’élevait assez ordinairement au douzième du prix de la terre. Les honneurs en étaient le sixième dans plusieurs coutumes. Le douzième était plus souvent la mesure du droit de gaiits et ventes; les gants néanmoins étaient quelquefois payes séparément. Ce dernier nom venait de ce que primitivement les seigneurs prenaient des gants pour donner l’investiture aux nouveaux possesseurs ou plutôt de oe que le gant transmis était un signe d’investiture féodale.

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