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argent sur leurs vêtements , excepté aux filles de joie et aux filous, « en qui , disait l’édit , nous ne prenons pas assez d’intérêt pour leur faire l’honneur de donner aitention à leur mise. » En 1636 , Louis Xlll publia aussi une loi somptuaire qu’il fut obligé d’annuler deux ans après. Sous Louis XIV, plusieurs émis rendus en J 672, 1687, 1689, 1700 défendirent .la fabrication de certains meubles d’argent massif et delà vaisselle d’or ; voy. les détails dans la Vie privée des Français , par Le Grand d’Aussy).

S H. Lois somptuaires relatives aux repas . — D’autres lois somptuaires eurent pour but de réformer le luxe des festins. Ce genre de luxe remontait à une époque très-ancienne. Sidoine-Apo.linaire, écrivain du vc siècle, parlant des repas de Tbéodoric 11 , roi des Wisigoths dit qu’on y voyait X élégance grecque et I’abondance gauloise. Les Francs imitèrent les Gaulois pour l’abondance des repas.

Luitprand , au ixe siècle , dit que c’était l’usage des Francs de servir beaucoup de mets (Cibaria multa , secundum Fr ancor um consuetudinem , ministrabat). Ce luxe des repas consistait plus dans la quantité que dans la qualité des mets.

Philippe le Bel s’efforça de le réprimer. En 1294, il publia une loi somptuaire par laquelle il défendait à tout sujet de se faire servir, pour un repas ordinaire, plus d’un mets et d’un entremetset, pour les grands repas, plus de deux mets avec un potage au lard. Les conciles rendirent aussi des décrets pour s’opposer aux dépenses excessives de la table. Un concile tenu à Compiègne en 1303 défendit à tout ecclésiastique d’avoir à ses repas plus de deux plats avec un potage. On permettait d’aj«*uter un entremets dans le cas où il surviendrait quelqu’un. Ces prohibitions de l’autorité civile et ecclésiastique n’atteignirent pas leur but. Un ouvrage publié en j 3 4 ‘2 , sous le titre de Modus et ratio , déplore le luxe des festins, et parlant du dîner d’un archevêque, dit qu’on y servit trois paires de potages , de diverses couleurs, sucrés et sursemés de graines de grenade , avec six paires de mets ( douze plats d’entrées), sans compter Ventremets (le second service ) où il y avait des plus riches viandes (Le Grand d’Aussy , Vie privée des Français ).

Charles IX chercha encore par une loi somptuaire rendue en 1563 , à réprimer le luxe de la table ; il défendait de servir à la fois, dans un même repas, chair et poisson, et ne permettait pour les noces et festins que trois services, y compris le dessert, de six plats chacun. Un ouvrante

qui parut du temps même de Charles IX C Discours sur les causes de lf extrême cherté qui est aujourdfhui en France , Paris, 1574) prouve que les lois somjituaires de ce prince eurent peu d’efficacité. Ce livre qui est rare et curieux, d’après le jugement de i\l. Leber, renferme le passage suivant : « Nous voyons qu’on ne se contente pas en un dîner ordinaire d’avoir trois services ordinaires : premier de bouilli , le sec ond de rôti , et le troisième de fruit, et encore il faut d'une viande en avoir cinq ou six façons, avec tant de sauces, de hachis, de pâtisseries, de toutes sortes de salmigondis, qu’il s’en fait une grande dissipation. Chacun aujourd’hui se mêle de faire festins, et un festin n’est pas bien fait, s’il n’y a une infinité de viandes sophistiquées pour aiguiser L’appétit et irriter la nature. Chacun aujourd’hui veut aller dîner chez le More, chez Sanson 9 chez Innocent et chez Havart , ministres de volupté et de dépense, qui en une chose publique bien policée et réglée seraient bannis et chassés, comme corrupteurs des mœurs. » Il serait difficile de trouver ailleurs, comme le remarque M. Leber, les noms des plus célèbres restaurateurs de Paris sous Charles IX.

Une ordonnance déLouu Xlll, en 1629, défendit de dépenser plus d’un écu pour un repas fait hors de sa maison ; si Von donnait un dîner chez soi, on ne devait avoir que trois services ; à chaque service qu’un seul rang de plats, et dans chaque plat six pièces au plus. Cette dernière prescription s’explique par l'usage où l’on était d’accumuler un grand nombre de pièces de viande dans un même plat. Les Contes d' Entrant* l , publiés en 1587, prouvent qu’on faisait servir sur tes tables de grands plats garnis de bœuf, de mouton, de veau et de lard, avec beaucoup d’herbes et de racines cuites. On appelait mets les plats ainsi chargés. Boileau , dans la description d’un repas burlesque, fait allusion à ces mets qui formaient de véritables pyramides de viande :

Sur un lièvre, flanqué de six poulets étiques. S’élevaient trois lapins, animaux domestiques, etc.

Les lois somptuaires de Louis XIII n’eurent pas plus de succès que celles de ses prédécesseurs.

LOMBARDERIE. — Droit que payaient les Lombards ou marchands italiens aux foires de Champagne pour y faire leur commerce. Yoy. du Cange ( v° Longo bardi).

LOMBARDS. — Le nom de Lombards était, au moyen âge, synonyme d’usurier et emnloyé comme un terme de mépris.

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