‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 52 sur 224 · LOT · texte numérisé non relu

LOT

LOI

grand que dans les loteries dont les mises sont fixées. 11 se calcule par la différence entre la proportion dans laquelle on paye au joueur le sort heureux qui a fait sortir son numéro de la roue . et la chance que ce dernier avait contre lui en y mettant. Ainsi, dans la loterie royale de France , qui était de cette seconde espèce, l'extrait ne se payait que quinze fois la mise, quoique la chance du joueur eût été de aix-huit contre un ; et le quaterne, qui se payait soixante-quinze mille fois la mise, présentait au joueur qui le poursuivait une chance défavorable de deux millions cinq cent cinquante-cinq mille cent quatre-vingt-neuf contre un.

« En 1656 , des lettres patentes autorisèrent rétablissement d'une loterie proposée par l’Italien Tonti, qui adonné son nom aux tontines (voy. Tontine), et dont le produit était destiné ù la construction d'un pont de pierres entre le Louvre et le faubourg Saint-Germain, le pont de bois qui y était auparavant ayant été consumé par un incendie. Ce projet n’eut pas de suite. »

Loterie royale . — I, a première loterie royale tirée en France le fut h l’ improviste, en 1660, dans un moment d’enthousiasme occasionné par le mariage de Louis XIV et la publication des fêtes de la paix. Le parlement, qui depuis quelques années s’opposait avec force à l’établissement de divers jeux de ce genre, voulut bien permettre celui-ci , sans tirer à conséquence. Entin, une grande loterie de dix millions de livrés fut ouverte à l’hôtel de ville de Paris, en 1700, et depuis ce temps le tirage des loteries a été fréquent en France. On remarque le préambule de l’arrêt du conseil d’Êtat, rendu à cette occasion : « Sa Majesté ayant remarqué l’inclination naturelle de la plupart de ses sujets à mettre de l’argent aux loteries particulières, et désirant leur procurer un moyen agréable et commode de se faire un revenu sûr et considérable pour le reste de leur vie , et même d’enrichir leur famille en donnant au hasard, a jugé à propos d’établir à l’hôtel de ville de Paris une loterie royale de dix millions, etc .»

Au xvine siècle, l’Italie, ù laquelle François 1er avait emprunté cette institution, fournit de nouveaux perfectionnements h la loterie . En 1758, Benedetto Gentile imagina une loterie qui fut introduite d’abord sous le titre de loterie de l'École militaire , et plus tard sous celui de loterie royale de France (1776). La passion du jeu fut alors portée à son comble. « La frénésie du jeu, dit le i Mercure du 16 octobre 1779 , qui n’avait ja-

mais été qu’un vice des particuliers, devint tout à coup un vice du gouvernement. En sorte que le mot de jeu n'a plus rien conservé de sa signification primitive ; c’est aujourd’hui un objet de spéculations profondes , une grande affaire d’État. Le jeu est h nos yeux une sorte d’idole qui a ses temples, ses prêtres, ses adorateurs, ses jours de solennité; on annonce ses faveurs au bruit des instruments militaires (il était d’usage que les fanfares et les tambours de la ville lissent retentir leurs instruments à la porte des bureaux de loterie où des lots considérables avaient été gagnés ). On couronne de guirlandes les tableaux où sont déposés ses oracles ( l’auteur fait allusion à la coutume qui existait alors de placer à la porte des buralistes les numéros qui étaient sortis et de les entourer de rubans). On affiche de nouvelles espérances dans nos rues et nos carrefours; ses inscriptions brillent de toutes parts ; partout on entend retentir la voix de ses hérauts; partout on rencontre de nouveaux pièges tendus à la crédulité publique. »

La loterie , supprimée en 1793, fut rétablie le 9 vendémiaire an vi ( septembre 1797). Maintenue sous F empire et la restauration , elle reçut même de nouveaux développements; et, au lieu d’un bureau il y en eut cinq , à Bordeaux, Lille, Lyon, Paris et Strasbourg. Chaque bureau faisait un tirage tous les dix jours, de sorte qu’il y eut quinze tirages par mois au lieu d’un seul. Voici quelle était l’organisation de la loterie royale (la roue renfermait quatre-vingt-dix numéros, dont cinq étaient tirés au hasard par un enfant qui avait les yeux bandés et qui était entouré d’hommes délégués par le gouvernement pour prévenir les fraudes. Les. cinq chances favorables étaient extrait simple, ambe , terne , quaterne , quine . L’extrait simple était la sortie d’un numéro sur lequel on avait joué une somme désignée. L’ambe était l’assemblage de deux numéros gagnant; le terne, de trois; Je quaterne de quatre, et le quine de cinq. En faisant sa mise, on choisissait les numéros que l’on voulait , de 1 à 90 , et on les chargeait de telle somme que l'on voulait. On était libre de ne joùer que l’extrait, l’ambe, le terne ou le quaterne. On avait interdit le quine, et on ne pou vait jouer plus de i 2 francs sur le quaterne. Le gain pour chaque combinaison, était dans les proportions suivantes :

L extrait rapportait

L’ambe. .

Le terne

Le quaterne. . . . .

15 fois la mise, 270 »

Le gouvernement du roi Louis-Philippe s’honora par la suppression de l’institution immorale de la loterie ( 1er janvier 1839).

Les loteries de la cour furent à la mode du temps de Louis XIV. Elles étaient d’une grande magnificence ; on composa même à ce sujet une comédie en i670.

De nos jours , après la suppression de la loterie royale , on a vu s’organiser des loteries particulières, inspirées tantôt par la charité, tantôt par une spéculation d’autant plus odieuse qu’elle se cachait sous l’apparence du bien public.

LOUIS D’ARGENT. — Pièce de monnaie que l'on commença à frapper, en 1641, sous Louis XIII. l.es louis d'argent devaient être de la valeur de soixante, de trente, de quinze et de cinq sous. Dans la suite le louis d’argent de soixante sous s’est appelé écu blanc ou petit écu. Antérieurement le mot écu désignait spécialement l’écu d’or. — Les louis de cinq sous étaient une petite monnaie d’argent, dont le commerce fut important au xviie siècle dans les échelles du Levant. Les Turcs appelaient ces monnaies timtnins et les trouvaient si belles qu’ils n’en voulaient pas d’autre. Les femmes mêmes les portaient dans leur coiffure et sur leurs vêtements. Les Français profitèrent de la vogue des louis de cinq sous et les vendirent pour dix sous ; mais cette monnaie finit par être décriée.

LOUIS D’OU. — On commença à frapper des louisd’oren I640(édit du 31 mars) sous le règne de Louis XIII. On raconte que le surintendant Bullion , ayant donné à cette époque un dîner ù. plusieurs seigneurs de la cour, fit servir au dessert trois bassins remplis des nouvelles pièces d’or, et leur dit d’en prendre autantqu’ils voudraient. On mit en circulation , vers Je même temps, des demi-louis, des quadruples etdes pièces de dix louis. Le louis d’or valait vingt-quatre livres.

LOUIS ( Chevaliers et ordre de Saint-).

— L’ordre royal et militaire d<» Saint- Louis fut institué par Louis XIV, en 1693, pour récompenser les militaires qui se distinguaient dans les armées. Voy.

Chevalerie (Ordres de).

LOUPS-GAROUS. — D’après certaines croyances superstitieuses, les loups-garous sont des esprits malins, travestis en loups et parcourant la nuit les villes et les campagnes. Voy. Superstitions.

LOUVE I IER. — Officier chargé de détruire les loups. Les lois des barbares accordaient des récompenses à ceux qui

tuaient les loups dontl’espèce s’était multipliée d’une manière effrayante. Charlemagne avait ordonné aux comtes qui gouvernaient les provinces, d’établir, dans chaque gouvernement, deux louvetier* pour détruire ces animaux. La récompense accordée pour une tête de loup fut confirmée sous la troisième dynastie. La dignité de grand louvetier de France paraît remonter jusqu’au xv« siècle, quoique . selon quelques auteurs, elle ne date que du règne de François Iee. Antoine de Crèvecœur fut nommé grand louvetier de b rance , en 1477. Le grand louvetier prêtait serment entre les mains du roi et recevait douze cents livres de gages. Il y avait dans les provinces des lieutenants de louveterie (, voy. Guyot, Traité des ofpces , II, i3). Un règlement du mois o août 1814 réorganisa le service de la louveterie, qui, depuis 1830, a été rattaché à l’administration des eaux et forêts. Aujourd’hui encore une prime est accordée pour la destruction des loups.

LOUVRE. — L’existence d’un palais royal , si tué sur la rive droite de la Seine et appelé Louvre paraît remontera une très-haute antiquité. On a donné de ce nom beaucoup d’étymologies qu’il n’est pas de notre sujet de discuter. Philippe Auguste fit bâtir en ce lieu une forteresse , qui était achevée dès le commencement du xme siècle. Ce Louvre fut agrandi par les successeurs de Philippe Auguste, et Charles V y établit la première bibliothèque publique. Sous François Ier, Pierre Lescot donna les plans de l’aile méridionale dulourre actuel, qui fut construit sous Charles IX. Jean Goujon et d’autres artistes célèbres ont orné ce monument avec la richesse d’imagination qui distingue les monuments de la Renaissance. Louis XIV fit commencer, en 1665 , le carré du Louvre en face de Saint-Germain l’Auxerrois. La colonnade fut construite sur les dessins de l’architecte Perrault. En 1804 , l’empereur fit travailler à l’achèvement du Louvre ; les travaux, interrompus jusqu’en 1852 ont été repris de nos jours et on peut espérer de voir bientôt terminé ce magnifique monument.

LUC (Académie de Saint-). — Association de peintres qui avaient saintLucpour patron. En i39i, le prévôt de Paris fit dresser les statuts de la corporation des peintres ou Académie de Saint-Luc. Ils furent confirmés par Charles VII (1430), Henri III ( 15831 et Louis XIII ( 1622 ). Louis XIV autorisa V Académie de Saint- Luc , par déclaration du 17 novembre 1705. à distribuer tous les ans, le iour de

Page 1