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saint Luc, deux médailles ôrargcnx aux élèves qui se seraient distingués par leurs progrès dans les arts du dessin. A cette époque V Académie de Saint-Luc compienaitdes peintres, des sculpteurs, des graveurs, des marbriers , etc.
LUMINAIRE. — Les luminaires entretenus dans les églises étaient quelquefois d’une grande splendeur au moyen âge.
Un règlement fait, en 840, par Aldericou Audry, évêque du Mans, ordonnait qu’il y eût toutes les nuits dans sa cathédrale quinze luminaires , dix d'huile et cinq de r.ire pendant matines. Les dimanches il devait y avoir trente-cinq luminaires, trente d’huile et cinq de cire. Le lu minaire \augmentait d’éclat selon 1 importance des fêtes. Enfin, aux grandes solennités , il se composait de deux cents lumières, dont cent quatre-vingt-dix d'huile et dix de cire. O11 s’explique d’ailleurs cette abondance de lumières par la nécessité d’éclairer les cgli>es pour les offices de nuit si communs à cette époque. — Par extension, on donnait le nom de luminaire aux biens d’une paroisse ou fabrique (voy. du Cange, v° Luminare) , et on appelait lurhinier celui qui les administrait.
LUNDI. — Le lundi ou jour de la lune ( Iwnæ dies) était regardé, au moyen âge, comme un jour néfaste , au moins dans certaines contrées; c’est ce qui résulte d’un passage des poésies de Bertrand de Bcrn cité par Sainte- Palaye, v° Lundi .
LUNE. — La lune était adorée, comme une divinité, par les Gaulois. Il existait un oracle de cette déesse dans Pile de Seyn ( Sena ) sur les côtes de la petite Bretagne. Des druidesses y remplissaient les fonctions sacerdotales.
LUNETTE. — Partie des fortifications.
Voy. FOPCTlFiCATlONS.
LUNETTES. — Les lunette s ordinaires, dont on attribue l’invention au Florentin Salvino, mort en 1317, étaient d’un usage commun en France au xive siècle. On croit môme reconnaître les lunettes dans les miroirs dont il est question dans le roman de la Rose . Eustachedes Champs, poète de la fin du xiv® siècle, parle positivement de lunettes dont on a besoin à cinquante ans pour grossir les objets; les lunettes dès cette époque se portaient dans la rue. L’ouvrage deGuy deChauliac, intitulé la grande Chirurgie , parle de l’usage des lunettes comme établi en France en 1363. Au xve siècle, il est
Îuestion de lunetiers . La Chronique de ouis XI, par J. deTroyes, parle d’un
jeune écolier nommé maître Pierre Le Mercier, fils d’un lunetier du palais.
Lunettes d'approche. — Les lunettes d’approche ou télescopes ne datent que du commencement du xvne siècle ou du moins ne furent connues en France qu’à cette époque. Le président Jeanninchargé de négociations à la Haye , écrivait à Henri IV, à la date du 28 décembre 1608 : « Ce porteur qui s’en retourne en France est un soldat de Sedan , lequel a servi pendant quelque temps dans lacompagnie de M. le prince Maurice. Il a plusieurs inventions pour la guerre et sait faire cette forme de lunettes trouvée de nouveau ( récemment ) en ce pays par un lunetier de Mildehourg ( Middelbourg, cap .taie de laZélande), avec lesquelles on voit de fort loin. Les États ( gouvernement des Provinces-Unies ) en ont commande deux pour V. M. à l’ouvrier qui en est l’inventeur. Nous n’eussions emprunté leur faveur pour en avoir, si l’ouvrier en eût voulu (aire à notre prière ; mais il l’a refusé, nous disant avoir reçu commandement expr ès de n’en faire pour qui que ce soit. » Henri IV répondit le 8 janvier 1609 : « J’aurai à plaisir de voir les lunettes, dont votre lettre fait mention, encore que j’aie à présent plus grand besoin de celles qui aident à voir de près que de loin. » On attribue ordinairement la découverte des lunettes d’approche à un ouvrier d’Alkmaar (et non de Middelbourg ) , nommé Jacob Metzu ou Metius; on les nomma lunettes de Hollande ou de Galilée , parce qu’en 1610 ce savant Italien publia des observations sur cette découverte. Dès 1609, on vendait à Paris des lunettes d’approche. Depuis cette époque . les lunettes d’ approche ont reçu des perfectionnements dont nous n’avons pas à nous occuper dans ce dictionnaire.
LUTÈCE. — Nom primitif de Paris.
Quelques écrivains font dériver ce mot de lutum (boue ), et , quoique la vanité nationale se soit révoltée contre une pareille étymologie elle n’est pas sans vraisemblance. Lutèce était renfermée dans l’île de la Cité. Julien qui l’avait habitée en parle dans ses lettres. « Je me trouvais , dit-il , pendant un hiver, à ma chère Lutèce ( c’est ainsi qu’on appelle la ville des Parisii ). Elle occupe une île au milieu d’une rivière; des ponts de bois la joignent aux deux bords. Rarement la rivière croît ou diminue , telle elle est en été, telle elle demeure en hiver; on en boit volontiers l’eau très-pure et trèsagréable à la vue. La température de l’hiver est peu rigoureuse , à cause, disent les gens du pays, de la chaleur de