MAC
MAD
MAC-ADAM , MACADAMISAGE. — On appelle Mac-adam ou macadamisage une invention de Mac-Adam, qui consiste à empierrer u ne chaussée avec des cailloux, purgés de toutes les parties de terre , craie , argile et de substance quelconque ayant affinité avec l’eau, et brisés en fragments dont la niasse n’excède pas six centimètres cubes un qnart, et dont le poids ne dépasse pas six onces. On étend sur l’aire de la chaussée une première couche de ces fragments de cailloux.
Cette première couche est battue ou aplatie avec un lourd cylindre en fer. On dépose ensuite successivement d'autres couches qui sont soumises à la même pression, de manière à former une chaussée imperméable à l’eau et par conséquent à l’abri de la gelée et du dégel qui détruisent ordinairement les chaussées en pierre. La France a depuis quelques années emprunté à l’Angleterre le macadam, et on l’a appliqué à plusieurs rues et aux boulevards de Paris.
MACARONIQUE ( Style). — On appelle macaronique une poésie burlesque dans laquelle on fait entrer beaucoup de mots de la langue vulgaire auxquels on donne une terminaison latine. On peut ciier comme exemple de style macaronique le vers suivant sur l’effet du tocsin :
Toxinumque alto troublantem corda clochcro.
Le style macaronique est venu de l'Italie où le mot macarone désigne un homme grossier. Ce fut d’abord un poète de Mantoue, Théophile Folingi , qui appela macaronique le poème qu'il publia sous le nom de Merlin Coccaie. Un Provençal, nommé Antoine Arène , imita Folingi.
MACHECOULIS ou MACHICOULIS. - Fortification du moyen âge. Les machecoulis ou mâchicoulis étaient des balcons munis d’un parapet et formant un système de défense continu. On pouvait lancer des projectiles sur les assaillants par les vides laissés entre les mâchicoulis. Voy. Châteaux- forts , fig. G.
MACHIAVÉLISME. — Politique, égoïste et perfide, dont le Florentin Aicoias Machiavel a donné le précepte dans l’ouvrage intitulé du Prince ou de la manière d1 acquérir et de conserver des 'principautés. Catherine de Médicis a été accu-
sée d’avoir introduit en France cette politique italienne. Le mot machiavélisme se trouve déjà dans des pamphlets du XVIe siècle, quoiqu’on ait prétendu dans un ouvrage récent qu’il était d’invention moderne.
MACHINE HYDRAULIQUE. — Machine qui sert à conduire ou à élever l’eau. La machine de Marly est une des plus célèbres ; elle date de 1676 et fut mise en activité en 1682. On s’occupa, dès 1784, de remplacer cette machine qui était trop compliquée et dont les frais étaient trèsconsidérables ; ce projet fut repris en 1SO8 et le système de roues et d’engrenages a été remplacé par une machine à vapeur.
MACHINE INFERNALE. — On trouve, dans l’histoire de France, deux exemples de machine infernale . En 1693 , les Anglais employèrent une machine infernale pour brûler la ville de Saint-Malo. Cette machine qui avait été inventée par un protestant français au service de l’Angleterre ne réussit pas. La seconde machine infernale fut dirigée contre Napoléon Bonaparte, alors premier consul, le 3 nivôse an ix ( 24 décembre 1S00) ; elle était renfermée dans un tonneau et fi!
explosion dans la rue Saint-Nicaise ; elle renversa un mur en pierres, tua plusieurs personnes et ébranla plus de quarante maisons; mais déjà la voiture du premier consul avait dépassé le lieu d’ex- , et il échappa au danger.
MACHINES, MACHINISTES. — Voy.
Théâtre.
MACHINES DE GUERRE. — Voy. Armes.
MAÇON. — Les maçons formaient au moyen âge une corporation qui avait pour patron saint Biaise. La corporation des maçons de Paris avait le siège de sa juridiction au palais de justice.
MAÇONNERIE (Maître des œuvres de ).
— C'était le nom que portaient autrefois les architectes ; on les appelait aussi simplement maîtres des œuvres.
MAÇONS ( Francs-). — Voy. Sociétés SECRÈTES.
MADAME. — Ce nom était donné, dans l’ancienne monarchie, à la princesse qui
MAD
MAD
avait épousé le premier frère du roi.
Ainsi Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, est ordinairement désignée, dans les mémoires de l'époque de Louis XIV, par le titre de Madame . Cependant, comme le nom de Madame s’appliquait en général à toutes les lilies de France, il en résulta souvent que plusieurs princesses le portèrent en même temps. C'est ce que remarque Saint-Simon , si versé dans toutes ces questions d'étiquette. « l)e tout temps , dit-il (Mémoires, VII, 167), les filles de France ont été appelées Madame , par le respect de leur naissance, et tout court Madame , parce que n'ayant point d’apanage comme les Dis de France, elles n’ont point de nom que celui de leur baptême et celui de France. Ainsi il peut y avoir, et il y a maintenant ( sous le règne de Louis XV )
f)lusieurs Madame tout court, qui pour es cadettes ne peuvent être distinguées que par leur nom de baptême, et il ne peut y avoir qu'une madame par son mari , parce qu’il n’y a qu’un seul prince qui soit Monsieur tout court. » Voy. Monsieur.
MADAME ROYALE. — Titre donné quelquefois aux lilies des rois de France.
Ainsi la princesse, lille de Louis XVI et de Marie-Antoinette , était généralement désignée sous le nom de madame royale .
MADELINIERS. — Ouvriers qui fabriquaient au moyen âge de grandes coupes à boire appelés madelins , maderins et mazelins . 11 est probable que ce nom était une altération des vases myrrhins, célèbres dans l'antiquité. On a supposé que les madtlins étaient en agate onyx; il y en avait aussi en bois. « Des madeliniers crieurs , dit M. Hercule Géraud, parcouraient les rues et réparaient, à la porte des maisons , avec du fil de cuivre ou d’argent, les coupes endommagées. »
MADELONETTES ou MAGDELONNET- TES. — Ce nom , diminutif de celui de Madeleine , désignait une maison religieuse fondée en 1618, et destinée à servir d'asile à des femmes qui y expiaient leurs fautes par la pénitence, ou de prison à des lilies débauchées. Des religieuses de la Visitation de Saint-Antoine furent placées à la tète de cette maison. On distinguait trois classes dans *es Madelonettes : i° les filles enfermées ; c’était la catégorie la plus nombreuse ; 2° les filles repenties, qui formaient une congrégation et étaient vêtues de gris ; 3° les religieuses. Depuis 17 95, la maison des madelonettes est devenue une prison.
MADEMOISELLE. — Le nom de made-
moiselle tout court était réservé aux petites-filles de France. Cet usage ne remonte pas au delà du xvne siècle. La fille du premier lit de Gaston, frère de Louis XIII , est la première princesse qui se fit appeler Mademoiselle . « Elle voulu!, dit Saint-Simon ( VII , 167-168 ) , une distinction au-dessus de sa belle-mè^e et de ses sœurs . bien que de rang égal , et à l’exemple au singulier nom de Monsieur et Madame tout court, elle voulut être nommée tout court Mademoiselle . Cela n’ajoutait rien à son rang; elle était bien l'aînée; point d'autres petites-filles de France que les filles de Gaston ; ceprince était chef des conseils, lieutenant général de l’État pendant la minoritéde Louis XIV, et alors craint et ménagé de tous les partis. Ce nom unique et nouveau passa donc avec la même facilité que les autres dont on vient de parler; et comme elle ne se maria point, à son grand regret, elle fut tout court Mademoiselle toute sa vie, quoique J/onsfeur, frère de Louis XIV, eût des filles. Ce n'est pas qu’il ne le trouvât fort mauvais , et qu'il ne fît appeler tant qu'il put l'aînée de ses filles, l'une après l'autre, que Mademoiselle tout court. Mais jamais oeia ne prévalut , et tout ce qu'il put obtenir de l’usage fut que peu à peu , pour distinguer la fille de Gaston de la sienne, on se mit à dire Mademoiselle de la sienne, et la Grande M ademoiselle de l'autre , dont la taille était en effet fort haute. Jamais Monsieur n'osa proposer qu’elle ajoutât un nom à celui de mademoiselle . Ce nom de mademoiselle tout court passa ainsi dans l'esprit de tout le monde pour être affecté à la première petite-fille de France, comme on s'était persuadé que monsieur tout court était le nom distinctif du premier frère du roi. » Saint-Simon raconte ensuite comment M. le Duc, pendant son ministère ( 1723-1725) , fit donner ce nom de mademoiselle à une princesse de la maison de Condé. « Le monde cria, murmura; il n'en fut autre chose, et mademoiselle de Charolais est demeurée mademoiselle tout court par brevet. »
MADEMOISELLE. — On donnait autrefois ce nom aux bourgeoises mariées. Le titre de madame était réservé pour les femmes nobles. Voy. Dames et Damoiselles.
MADRIGAL. — Petit poëme qui exprime un sentiment tendre , une idée gracieuse et quelquefois un cloge délicat avec un tour ingénieux , comme dans cette pièce de Clément Marot :
Amour trouva celle qui m’est amère :
( Et j’y étais ; j’en sais bien mieux le compte}.
MÀG
MAI
« Bonjour, dit-il , bonjour, Vénus rua mère.. » Puis tout & coup il voit qu’il se mécompte ;
Dont la douleur au visage lui monte D’avoir failli, honteux Dieu sait combien.»
— Non, non. Amour, lui dis-je , n’ayez honte ; Plus clairvoyant que vous s’y trompent bien-
On diffère sur Pétymologie du mot madrigal ; une des opinions le fait venir de Madrid , parce que cette espèce de poésie serait originaire d'Espagne et aurait été importée en France au xvie siècle.
MAGE ( Juge). — On donnait le nom juge mage (judex major') au lieutenant générai du sénéchal de Provence. Cluny et quelques autres villes avaient aussi des juges mages. Voy. duCange, v° J udices majores .
MAGICIEN , MAGIE. — Voy. Sciences OCCULTES.
MAGISTRAT (Le). — On appelait quelquefois le magistrat le corps de ville ou ensemble des magistrats municipaux.
Ce mot avait encore cetie signification au xvnc siècle: Pellisson , dans ses Lettres historiques , t. I. p. 33 et 34, parle d’un démêlé entre le conseil souverain de Tournai, le magistrat ou réunion des magistrats municipaux de cette ville, et le chapitre, pour savoir lequel de ces corps haranguerait le roi le premier.
MAGISTRATS, MAGISTRATURE.— Voy.
Tribunaux.
MAGNÉTISME ANIMAL. — Le magnétisme animal a joué un si grand rôle en France , dans la première partie du règne de Louis XVI, que nous ne pouvons nous dispenser d’en dire quelques mots. Un médecin allemand , nommé Antoine Mesmer, prétendit qu'il existait dans tous les corps un fluide subtile qui expliquait la plupart des phénomènes de la vie et qu’on pouvait communiquer ce fluide magnétique animai dans certaines ciroon stances , et par des opérations particulières. En 1 778, Mesmer se rendit à Paris et y trouva des adeptes. Il y fonda une espèce de société secrôie, désignée sous le nom d'ordre d’harmonie. Ce fut alors que Mesmer prétendit opérer des cures merveilleuses au moyen du baquet magnétique. On appelait ainsi une grande cuve remplie d’eau sulfureuse , et garnie d’un couverclequetraversaientdes tiges de fer recourbées qui servaient de conducteurs au fluide magnétique animal . A chacune de ces tiges était suspendu un cerceau ne les malades attachaient à une partie e leur corps. Ils s’asseyaient en cercle autour du baquet, et, les pieds placés sur un coussin de paille, ils formaient une chaîne en se tenant par le pouce et le
doigt indicateur. Les sens étalent en même temps charmés par les sons d’une musique douce et par des chœurs invisibles ; la lumière était répandue dans la salle avec mystère de manière' à frapper l’imagination des spectateurs. L’élite de la société parisienne se pressa autour du baquet magnétique, et éprouva les ef~ fets du merveilleux fluide. 1/ Académie des sciences et la faculté de médecine se montrèrent moins crédules, et un rapport des commissaires de ces deux corps condamna, en 1784 , le mesmérisme et traita de chimériques les cures obtenues par ce moyen. Cependant le magnétisme animal a continué d’avoir de fervents adeptes, parmi lesquels se fit remarquer à la tin du xvm« siècle le marauis de Puységur. Il plongeait les adeptes dans un sommeil magnétique, et prétendait qu’ils voyaient à distance, lisaient dans l’avenir et découvraient dans le corps des malades les organes lésés. Le magnétisme a conservé jusqu’à nos jours un grand nombre de partisans, et on a même prétendu récemment (i£53) qu’il s’exerçait sur les corps inanimés et pouvait leur imprimer des mouvements. Voy. Mesmer ou le magnétisme animal, par Bessot, i vol. in- 16, 1853.
M AH EUT RE , MAHOITRE. — On désignait sous le nom de maheutre ou mahoitre , au xve siècle, un nourpoint rembourré qui faisait paraître les épaules larges et carrées. Monstrelet parle de ce vêtement à l’année 1467. Les gens de guerre surtout portaient des maheutres , eton rtnitmêmepar leuren donnerlenom.
Un pamphlet célèbre qui parut à Tepoque de la Ligue (1593 est intitulé : Dialogue d'entre le maheutre et le manant.
MAL — Le mois de mai , où s’épanouit le printemps, était célébré chez les païens par des ceremonies et des coutumes dont on retrouve des vestiges au moyen âge.
Le ier mai était dans beaucoup de contrées , un jour férié. Les paysans étaient dans l’usage de planter un arbre qu’on appelait le" mai II y eut même des contrées où cet usage devint une obligation féodale, enire autres àChàteauneuf. Beaucoup de redevances se payaient à la même époque et on les appelait, dans la basse latinité, maiagium (voy. du Gange, v° Maiagium ). Le ter mai , le maître des forêts recevait, sur la table du roi , au bord de la forêt de Fontainebleau, les redevances qui consistaient en gâteaux , jambons , vin , etc.
C'était aussi l’usage, au Ier mai, d’aller présenter le mai , ou , comme on disait alors, esmayer. Souvent le mai que Ton
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offraitainsi était un défi. Un chroniqueur du xve siècle , Lefèvre de Saint-Remy, parle de cette coutume à l’année 14 1 4 : « Messire Hector, bâtard de Bourbon, manda à ceux de Compiègne que le premier jour de mai il les irait esmayer, laquelle chose il lit, moma à cheval, ayant en sa compagnie deux cents hommes d'armes des ^plus vaillants avec une belle compagnie de gens de pied, et tous ensemble chacun un chapeau de mai sur leur harnais de fête , allèrent à la porte de Compiègne, et avec eux portaient une grande branche de mai pour les esmayer . »
La coutume* de planter un mai dans les villes subsistait encore au xvne siècle. En 1610, on en planta un dans la cour du Louvre. Les Bazochiens avaient aussi coutume d’en élever un dans la cour du Palais, qui en reçuL même le nom de cour du mai .
La corporation des orfèvres de Paris était dans l'usage de faire un présent, tous lés ans, à l’église de Notre-Dame, le premier jour de mai. En 1449 . ils offrirent un arbre vert qu'on nomma le mai verdoyant. Dans la suite , ils élurent, pour présenter le mai, deux d’entre eux qu'on appela les princes du mai . En J499, ils ajoutèrent au mai une œuvre d'architecture en forme de tabernacle, avec des sonnets, rondeaux et autres pièces de poésie. En 1533 , le tabernacle fut orné de petits tableaux représentant l’histoire de l’Ancien Testament. En 160S, ils offrirent, avec le tabernacle, trois tableaux. Enfin le présent de mai fut converti en un tableau voiif qu’on appela tableau de mai; le sujet était tiré ordinairement des Actes des apôtres. Le tableau de mai restait exposé devant le portail les premiers jours du mois, etpendant le reste de mai il était suspendu dans la cnapelle de la Vierge. Piganiol de la Force a donné une description des tableaux de mai dans sa Description historique de Paris .
MAI (Champ de). — Sous les Carlovingiens , les assemblées politiques se tenaient au mois de mai et furent appelées champ de-mai. Napoléon tint aussi un champ-de-mai à son retour de l'ile d’Elbe, en 1815. Voy. assemblée.
MAIGNANS. — Vieux mot qui s'est conservé dans quelques provinces de la France pour désigner les chaudronniers ambulants. On écrivait aussi maignens .
MAIL. — Jeu d'exercice qui avait beaucoup d’analogie avec le jeu de paume.
Voy. Jeux , § Ier. — On appelait et on appelle encore mails des allées plantées
d'arbres. Ce nom vient de ce qu'on s’y livrait autrefois au jeu du mail.
MAILLE. — Petite monnaie de billon qui avait cours au moyen âge sous les rois capétiens; c'était la plus petite monnaie. Aux xvue et xvmc siècles , la maille n'était plus qu’une monnaie de compte, ou monnaie imaginaire, estimée la moi-!
tié du denier tournois ou la vingt-quatrième partie du sou tournois.
MAILLES (Cotte de). — Armure do mailles de fer entrelacées. Voy. armes.
MAILLET. — Long marteau qui était autrefois en usage dans les combats. On le nommait aussi mail . Jean V, duc de Bretagne appelant aux armes les communes de son duché , leur ordonna de se munir de ni ails de plomb . Au combat des Trente, en 1351 , où les champions de Charles de Blois et de Jean de Montlort se signalèrent par leur valeur, l'Anglais Billeford se servait d'un maillet ou poids de vingtcinq livres. Les Parisiens qui se révoltèrent en 1381 tirèrent le nom de mailla tins des maillets de fer ou de plomb dont ils s'étaient emparés.
MAILLOTINS. — On appelle maillotins les rebelles qui, en i38i , au commencement du règne de Charles VI, forcèrent l’arsenal de Paris, où ils s’emparèrent de maillets de plomb que Charles V y avait fait déposer.
MAIN DE JUSTICE. — La main de justice était une verge surmontée d’une main ouverte, symbole du droit de justice. C’était un des attributs des rois de France; ils sont ordinairement représentés sur les sceaux et les médailles portant l’épée et la main de justice. « La main de justice , dit Millin , se trouve pour la première fois sur le sceau de Hugues Capet, depuis lequel elle ne paraît plus jusqu’à Louis X, dit le Hutin. Ce dernier et ses successeurs jusqu’à Charles VI, la portèrent à la main gauche et le bâton royal dans leur droite. On croit communément que Charles vi est le premier qui a introduit l'usage de porter le sceptre avec la main de justice. Ce prince est représenté avec ces deux symboles sur quelques - unes de ses monnaies.
Henri V, roi d'Angleterre , qui se disait roi de France, fit représenter sur ses sceaux deux mains de justice, pour manifester son autorité dans i'un et l'autre royaume. «
MAINBORÉ. — Homme placé sous la tu telle ou mainbour d'un seigneur. Voy* Mainbour
MAINBOUR , MAINBOURNIE , MANBUR- NIE. — Les mots mainbour , mainbour nie y manburnie , et dans le latin du moyen âge mundeburdis , signifiaient tutelle et protection. C'était l’usage, pendant l’époque d’anarchie qui suivit l’invasion , de se placer sous la tutelle d’une église ou d’un homme pui-ssant ( voy.
Ahriman). On appelait encore la mainbour recommandation. Le mainboré était protégé en justice et dans toutes les circonstances par le seigneur qui Bavait pris sous sa tutelle. Charles Martel écrivit aux évêques, ducs, comtes et principaux officiers des Francs pour leur signifier qu’il avait pris sous sa mainbour ou défense ( mundéburgo vel defensione) l’apôtre de la Germanie, Boniface, afin qu’iL pût aller partout en sûreté et ne reçût aucun dommage. On trouve dans les Formules de Marculfe le modèle de l’acte par lequel on se plaçait sous la mainbour d’un seigneur. Le voici :
« Comme il est bien connu à tous que je n’ai pas les moyens de nie vêtir et de me nourrir, j’ai demandé à votre pitié , et telle est ma volonté, que, selon que je pourrai vous servir et mériter de vous , vous ayez à m'aider et à m’entretenir d’habits et d’aliments. Et, de mon côté, je m’engage , tant que je vivrai , à vous rendre, comme un homme libre , service et obéissance , et à ne jamais me soustraire à voire pouvoir et 7tiainbour , mais à rester tous les jours de ma vie sous votre protection.» Cette for mule prouve que la mainbour était distincte de l’obnoxiation et que le mainboré restait libre, quoique soumis à certaines obligations envers son seigneur. L’expression de mainbournie ou manburnie resta longtemps dans la langue française. On lit encore dans Froissart : fussent en garde , baille , tutelle , cure , manburnie.
MAINBOURNIE. — Yoy. Mainbour.
MAIN-FERME. — Concession à vie ou héréditaire faite à condition de certaines redevances. La niahi-ferme était opposée , dans les coutumes du moyen âge, à la 7nain-morte. Dans un ancien acte on lit ces mots : « La 7nain-ferme que nous a donnée Otbert en mourant près de Vendôme. » Le même acte parle d'une 7nain ferme de terre censive „ équivalant à la terre qu’on peut labourer en un jour, avec trois arpents de prés. C’est de là qu’est venu le mot fer7ne pour terre louée à raison d'un cens ou redevance.
MAIN GARNIE. — Terme employé, dans les coutumes du moyen âge . pour désigner le seigneur qui ne plaidait contre
son vassal que main garnie , c’est-à-dire après avoir saisi le tief qui relevait de lui. En général , l’expression main gar - 7iie signifiait la possession de la chose contestée. Quand on faisait une saisie de meubles , on disait qu’il fallait garnir la main du roi .
MAIN HARMONIQUE. — Nom que Gui d’Arezzo donna à la gamme qu’il inventa et qu’il représenta sous la figure d’une main gauche , sur les doigts de laquelle étaient marqués tous les tons de la gamme.
MAINLEVÉE. — Acte qui annule une saisie ou une opposition.
MAINMISE. — Saisie et spécialement saisie féodale.
MAINMORTABLÉS , MAINMOR.TE. — Les mots mai7i7norte , gens de main - 7ti or le , maùimor tables avaient deux significations dans l’ancienne organisation de la France. Ils désignaient : i° les corporations ecclésiastiques , les corps de ville , les collèges , hôpitaux en un mot toutes les corporations tant ecclésiastiques que laïques ; 2° les gens de condition servile, qui étaient sujets de corps envers leurs seigneurs. Nous parlerons successivement de ces deux espèces de mawimor tables.
§ Ier. Mainmor tables appartenant à des corporations laïques ou ecclésiastiques. — On appelait gens de 7nain7norte ou mainmor tables les membres des corporations laïques ou ecclésiastiques , parce que les biens ne sortaient plus de leurs mains, quand ils y étaient entrés. Ils avaient la 7nain vive pour recevoir, et 7 norle pour rendre. L’État ou le seigneur, duquel relevaient les biens de mainmorte , étaient privés de tous les droits qu’ils percevaient sur les domaines pour relief (voy. ce mot ), lods et ventes ( voy. ce mot) , et en général pour toutes les transactions auquel un domaine pouvait donner lieu. Aussi les corporations étaient-elles obligées, lorsqu'elles acquéraient une propriété, de payer une indemnité au seigneur, et soumises en outre à un droit qu’on appelait amortissement. U était généralement du tiers du prix pour les fiefs et du cinquième pour les biens tenus en roture. 11 est déjà question de terres de mainmorte dans l’édit de Pistes rendu par Charles le Chauve en 863. D’après certaines coutumes , la corporation donnait au seigneur un homme vivant , mourant et confisquant (voy. Homme vivant , mourant et CONFISQUANT ).
Comme l’Église acquérait touiours. sans
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jamais aliéner, on craignit, dit Fleury ( Institution au droit ecclésiastique , 2e partie, chap. xn), qu’elle ne se rendît à la fin propriétaire de tous les immeubles ou* de la plus grande partie.
« Le public en souffrirait , ajoute le même écrivain ; car il est utile, selon nos mœurs, qu’il y ait toujours beaucoup de terres dans le commerce. Les rois ont donc fait aux ecclésiastiques, et particulièrement aux communautés , des défenses générales de faire de nouvelles acquisitions, et pour en être dispensé, il faut obtenir des lettres-patentes , qui ne s’accordent qu’après que l’on a payé ramoriissement an roi et l’indemnité au seigneur. » L’édit de 1749 , enregistré le 2 septembre, connu sous le nom d’édit de mainmorte , augmenta encore les difficultés qui s’opposaient à l’acquisition de nouvelles propriétés par les corporations laïques ou ecclésiasiiques. Louis XV y défendait à tous les gens de mainmorte d’acquérir, posséder, ni recevoir, à l’avenir, aucuns fonds de terre, maisons, rentes foncières même constituées sur paiticuliers , sans lettres patentes , etc. « Le motif de cet édit , dit Barbier (Journal, III , io3 ) , est la conservation des biens dans les familles et l’intérêt des seigneurs dans la mouvance desquels pourraient être les biens donnés aux gens de mainmorte ou acquis par eux. »
§ II. Mainmortables de condition servile. — Les gens de condition servile étaient appelés mainmortables , parce qu’on les regardait comme morts quant aux fonctions civiles et politiques. Cette étymologie, qui est la plus vraisemblable, n’a pas toujours été adoptée. Si l’on en croit Laurière , « le nom de mainmorte vient de ce qu’après la mort d’un chef de famille sujet à ce droit , le seigneur venait prendre le plus beau meuble de sa maison , ou , s’il n’y en avait pas , on lui offrait la main droite du mort, en signe qu’il ne le servirait plus. » Il est remarqué dans une chronique de Flandre , ajoute le même auteur, qu’Adalbéron , évêque de Liège, mort en ti4 2, abolit une ancienne coutume, du pays de Liège, qui était de couper la main droite à chaque paysan décédé, et de la présenter au seigneur envers lequel il était mainmortable , comme siçne qu’il ne serait plus sujet à la servitude. Les mainmortab les ne pouvaient pas tester, et les seigneurs s’emparaient de droit de leur héritage.
On distinguait deux classes parmi ces mainmortables : les uns ne Fêtaient que pour leurs propriétés, et ils pouvaient devenir libres en y renonçant; les autres étaient serfs de corps et attachés à, la
terre , ou , comme on disait , à la glèbe ; ils ne pouvaient obtenir la liberté que par un affranchissement auquel le seigneur donnait son consentement. Le mainmortable , qui restait absent plus de dix ans perdait son héritage, d’après la coutume de Bourgogne. La mainmorte existait clans presque toute la France, et a duré jusqu’au règne de Louis XVI dans les domaines royaux. Ce prince l’abolit par un édit du mois d’août 1 779. Cet édit et le préambule font le plus grand honneur à Louis XVI et à ses ministres ; nous en citerons un extrait. « Nous n’avons pu voir sans peine, disait le roi dans le préambule, les restes de servitude qui subsistent dans plusieurs de nos provinces ; nous avons été affecté en considérant qu’un grand nombre de nos sujets, encore servilement attachés à la glèbe, sont regardés comme en faisant partie , et confondus pour ainsi dire avec elle ; que , privés de la liberté de leurs personnes , ils sont mis eux-mêmes au nombre des possessions féodales ; qu’ils n’ont pas la liberté de disposer de leurs biens après eux, etc. » F.n conséquence, le roi abolissait dans toute l’étendue de ses domaines la mainmorte et la condition servile , ainsi que tous les droits qui en étaient les suites et dépendances. Le parlement n’enregistra pas- sans opposition l’édit royal et il y ajouta cette clause : sans que les dispositions du ])résent édit puissent nuire aux droits des seigneurs. Aussi la mainmorte subsista-t-elle dans certaines provinces et spécialement en Franche-Comté jusqu’à la nuit du 4 août
MAINMORTE. — Voy. Mainmortables.
MÀ1NTENEURS. — Membres de l’académie des jeux floraux de Toulouse. Voy. Jeux floraux.
MAIN SOUVERAINE. — On appelait main souveraine l’autorité du juge royal en matière de liefs. Lorsqu’un seigneur refusait sans cause légitime de recevoir son vassal à foi et hommage , la réception avait lieu par main souveraine, c’està-dire par le juge royal.
MAIN TIERCE. — Personne entre les mains de laquelle on dépose un objet en litige.
MAINS DE ROIS. — On était dans l’usage , au moyen âge, d’indiquer les chemins à l’aide demains de bois , comme on le voit dans le roman de Perce forêt cité par Sainte-Palaye (v° Mains ). La n ef des fols , ouvrage composé vers 1500, contient une figure de ces mains de bois .
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MAIRE. — Ce mot , qui vient du latin major et qui indique une supériorité, a eu des acceptions très-diverses. Les maires ou intendants des capitulaires n’étaient que des officiers ruraux. « Que nos maires ou intendants, dit Charlemagne ( CapiL I, ann. 8t3, c. 1 9 ) soient probes, instruits , et pruden ts ; qu’ils sachent rendre compte de leur gestion à nos commissaires et faire les ser vices demandés par les localités ; qu’ils veillent à l’entretien des batiments ; qu’ils nourrissent des cochons ; qu’ils aient s<*în des chevaux et des autres animaux domestiques, des jardins et des abeilles , des oies et des poules , des viviers et des poissons , des pêcheries et des moulins; qu’ils défrichent les terrains incultes et amendent les terres cultivées; qu’ils entretiennent dans les forêts un manse royal garni d’habitants avec des viviers garnis de poissons ; qu'ils plantent des vignes et fassent des vergers, etc. >» Ces maires -intendants sortirent de la condition inférieure ou nous les montrent les capitulaires, et M. Guérard a retracé leurs progrès dans le passage suivant des Prolégomènes du cartulaire de Saint-Père de Chartres , S 54 :
« C’étaient, dans l’origine , des officiers ruraux , de condition servile, semblables aux viltici des humains qui habitaient les terres de l’abbaye et conduisaient les travaux que les serfs et les autres hommes de pôte t voy. Hommes de coups) faisaient pour l’abbe ou les moines. Mais ils conquirent rapidement la liberté , et si l’on compare leur état snus Charlemagne , tel qu’il est donné par le polyptyque de l’abbé Irminon avec celui dont ils jouissaient pendant le xie et le xne siècles , on ne pourra s’empêcher d’ètre étonné du chemin qu’ils ont fait. Il ne s’agit plus, comme jadis , d’humbles tenanciers, soumis envers l’abbaye à des redevances onéreuses ainsi qu’a des services pénibles et de tous les jours; ce sont maintenant des propriétaires et des personnages établis comme de petits seigneurs dans les terres de leur office, qu’ils se sont en grande partie appropriées, ou dont ils ont rendu la possession héréditaire dans leur famille. Quoiqu’ils soient souvent déclarés ne tenir leur emploi qu’à vie, ils le transmettent ou s’efforcent de le transmettre à leurs descendants comme un héritage.
Ils ont avec l’abbé et les moines des contestations fréquentes et violentes , composent ou luttent d’autorité avec eux.
Leurs tenures . quoique d’un genre servile, sont au fond de petits fiefs pour lesquels ils font foi et hommage , et qui les mettent en possession de plusieurs droits
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judiciaires ou autres , tels que ceux d’assigner et de contraindre en justice les hommes de leur mairie , de lever et de percevoir des taxes. Quant à leurs devoirs, ils étaient devenus en grande partie purement féodaux , et , lorsque les maires avaient payé une certaine rente, donné un cheval ou rempli quelques autres obligations annuelles et fixes, ils étaient à peu près quittes envers l’abbaye et ne lui devaient plus qu’une assistance générale à l’exemple des vassaux. Ils n en restaient pas moins ses hommes , quelquefois avec la qualité de serfs , vivant dans sa dépendance , et ne pouvant en sortir ni se marier sans la permission de l'abbé ou du chapitre. Ges entraves à leur liberté, peu profitables d’ailleurs au monastère, étaient encore pour eux très-gènantes ; car on les voit faire de grands sacrifices pour s’en délivrer et. pour obtenir leur complet affranchissement. »
Ces officiers ruraux, qui étaient tenus dans une si étroite dépendance, ne ressemblent guère aux magistrats des communes affranchies ( voy. Communes). Les maires des communes libres étaient presque toujours nommés par les pairs ou principaux bourgeois. Cependant saint Louis se réserva la nomination des maires de Normandie qu’il devait choisir entre trois candidats présentés par les prud’hommes de chaque commune ( Ordonn .
I , 83 et 84). Dans ca suite , la plupart des mairies furent supprimées et remplacées par des administrations municipales qui dépe ridaient plus directement de la royauté. Enfin Louis XIV créa, en 1692, des charges de maires à la nomination du roi.
C’était à la fois une mesure fiscale et un moyen d’étendre la puissance monarchique. Les nouveaux maires étaient nommés à vie. Mais comme le roi voulait encore tirer quelque argent de ces offices de nouvelle création, on imagina, en 1706 , de rendre les mairies alternatives et triennales. Les maires furent pendant tout le xvme siècle à la nomination du roi. L'Assemblée constituante rendit aux communes le droit de choisir leurs magistrats municipaux. Depuis cette époque, le principe de l’élection des maires et celui de la nomination de ces magistrats par le pouvoir central ont tour à tour prévalu. Aujourd’hui le maire est nommé par le pouvoir exécutif dans les villes do plus de 20 000 âmes et dans tous les chefs-lieux de départ, etd’arrond.
D’après les lois modernes, les maires sont chargés, sous l’autorité de l’administration supérieure, de la publication et de l’exécution des lois et règlements.
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ainsi que des mesures de sûreté générale. Leurs attributions spéciales embrassent la police municipale et rurale , la voirie municipale, la conservation et l'administration des biens de la commune, la gestion des revenus communaux, la surveillance des établissements communaux et de la comptabilité communale, la proposition du budget communal et l'ord* financement des dépenses, la direction des travaux communaux , le soin de passer les baux , souscrire les marchés , accepter les legs , faire les acquisitions , défendre la commune en justice, etc. Le maire est tout à la fois un représentant de l’autorité centrale dans la commune et un magistrat chargé de veiller aux intérêts purement municipaux.
MAIRES DIT PALAIS. — On a désigné sous le nom de maires du palais des officiers royaux , qui, sous la dynastie mérovingienne, exercèrent un pouvoir presque absolu. Primitivement les maires du palais n’étaient que les intendants ou majordomes de la maison royale {majores domus regiæ ); mais, à la faveur des guerres civiles, de la prépondérance des ieudes et de l’anarchie qui désola la Gaule aux vi« et vu® siècles, ces officiers royaux devinrent les véritables chefs de l’État. Dès l’année 6i4 , Warnachaire, qui avait livré Brunehaut à Clotaire II, avait considérablement accru l’autorité des maires du palais : mais ce frit surtout après la mort de Dagobert (638), lorsque commença la triste période des rois fainéants , que les maires du palais devinrent les véritables souverains de la France, Les derniers Mérovingiens n’étaiem que des fantômes de rois que les maires du palais tenaient relégués dans quelque métairie. Les rois fainéants en sortaient deux fois par an , sur un chariot traîné par des bœufs, allaient présider l’assemblée générale des Francs ou champ de mars (voy. Mallum) et rentraient ensuite dans leur obscurité. Les maires du palais avaient soin de les entretenir dans cette indolence et de les entourer de plaisirs qui les énervaient. Presque tous ces rois fainéants moururent avant l’àge de vingt ans.
Il faut établir une distinction entre les maires du palais de Neustrie et ceux d’Austrasie, les premiers, parmi lesquels on distingue surtout Erkinoald ou Àrchambaud et Ébroïn (659-681), s’efforcèrent de relever Pautorité royale dont ils étaient les dépositaires : ils luitèrent énergiquement contre les Ieudes. Les maires d’ Austrasie ne suivirent pas le même système; ils appartenaient presque tous à la
maison d’Héristal qui exerçait une grande autorité sur les populations établies entre la Meuse, le Rhin et la forêt des Ardennes. Pépin de Landen ou Pépin le Vieux , son l\ls Grimoald et son petit-fils Pépin d’Héristal, s’unirent étroitemen t avec l’aristocratie austrasienne et s’en servirent pour s’emparer de l'autorité souveraine. Dès 679, les rois mérovingiens disparaissent de la Neuslrie. En 687, Pépin d’Héristal triompha des Neustriens à la bataille de Textry, et jusqu’en 7i4,il régna sur l'empire franc. Son fils Charles Martel eut la même puissance et s’illustra par la victoire de Poitiers sur les Arabes; enfin Pépin le Bref, dernier maire du palais , fit déposer Childéric III et monta sur le trône (752). — L’histoire des maires du palais a été écrite en allemand par Pertz et traduite en français par M. Deromme.
MAÏS. — Plante originaire d’Amérique et désignée quelquefois sous les noms de ble de Turquie , blé d' Inde , blé d' Espagne. Ckarapier, qui écrivait en 1560, parle du maïs comme d’une importation récente. « Quelques gens , dit-il , au défaut . de blé, en font du pain , et je l’ai vu employer ainsi dans le Beaujolais. Mais il est moins fait pour les hommes que pour les bestiaux qu’il engraisse pr omptement, et surtout pour les pigeons qui l’aiment beaucoup. » Le maïs est aujourd’hui cultivé dans une partie considérable de la France etsert principalement à engraisser les bestiaux.
MAISON. — Les maisons ou habitations des Français ont varié suivant les conditions et les époques. 11 est probable que, dans l’origine, les Gaulois n’habitaient que de misérables chaumières. Si l’on veut retrouver leurs habitations primL tives il suffit de considérer les demeures actuelles des paysans ; les toits couverts de chaume rappellent les nids des oiseaux qvii ont d’abord servi de modèles aux chaumières. On voit par les Commentaires de César que les Gaulois en étaient encore à cet art primitif. Les métairies où vivaient les premiers rois francs n’avaient pas un aspect plus élégant; ils les préféraient cependant aux palais et aux splendides villæ bâties par les Romains. Les habitations des villes ne différaient pas de celles des campagnes. Lorsque Julien habitait Lutèce, au iv® siècle, les maisons n’étaient que des buttes.
Elles étaient construites en bois et les intervalles remplis de terre glaise mêlée de quelques brins de paille; c’est ce qu’on appelle aujourd’hui torchis . Elles n’avaient qu’un rez de chaussée, surmonté tout au plus d’un grenier. Jusqu’au