‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 57 sur 224 · MA · texte numérisé non relu

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ments étaient chargées de fleurs de lis d’étain doré. Les cheminées tenaient presque toute la largeur des salles, et les chenets de fer étaient d’une pesanteur considérable. »

Les boutiques des grands magasins sont un perfectionnement très-moderne de nos maisons. Jusqu’au xvme siècle , les boutiques n’étaient que des salles du rez-dechaussée , entièrement ouvertes pendant Je jour pour la commodité des acheteurs et fermées la nuit pour la sûreté des marchandises qui y étaient déposées. Aujourd'hui d’élégants vitrages et des ornenements décorent les boutiques où se vendent les objets de luxe.

Le verre, quoique connu des anciens, a été très -peu employé avant le xivc siècle dans les maisons. Il était réservé pour les vitraux des églises et les palais des rois. Au commencement du xve siècle, les vitres étaient encore un luxe si rare que le duc de Berry en ayant fait placer à son château de Winchester (Bicêtre) , près de Paris, on les enlevait pendant l’hiver pour ne pas les exposer aux intempéries de la saison. Dans les maisons ordinaires, on se servait de châssis de papier huilé ; aujourd’hui les habitations des moindres ouvriers sont éclairées par des vitres.

Dans le principe , chaque maison n’avait qu’un chautfoir ou chauffe-doux ; toute une famille et quelquefois plusieurs s’y réunissaient. Ce ne fut qu’au xvnc siècle que l’on multiplia les cheminées et qu’on en plaça dans toutes les pièces importantes des maisons. Les poêles sont plus modernes en France que les cheminées ; ils viennent de l’Allemagne. L’usage des tuyaux pour répandre la chaleur et éloigner la fumée, est également un emprunt fait à ce pays. Les poêles revêtus de faïence ont souvent reçu des formes élégantes et sont devenus un ornement pour les habitations. Pendant longtemps le nom de poêle a été donné à la pièce où l’on se chauffait et que l’on appelait à une époque plus reculée étuve . « Pour la distribution intérieure des habitations, dit l’auteur d’un Essai sur la vie privée des Français , la France ne doit qu’à ellemême la perfection à laquelle elle est parvenue. Elle a tiré très-peu de secours, à cet égard, des architectes grecs et romains. La façon de vivre de ces anciens peuples était si différente de la nôtre, que les pièces de leurs appartements ne pouvaient être les mêmes. Les palais d’Italie ne nous ont pas fourni de meilleurs modèles, à cause de la différence du climat; et nous pouvons dire que la distribution de nos appartements bous appartient d’autant plus qu’elle tient

à nos mœurs. » Les plaques de marbre, les lambris, les boiseries , les sculptures et peintures à fresque ont été employés avec goût pour orner les habitations splendides. On a fait un objet de luxe de cet instrument de sûreté , .composé de pièces de fer, que nous nommons serrure. Mais ce n’est pas dans cette seule partie que l’art de la serrurerie a été employé à l’ornement des maisons ; il a procuré de magnitiques balcons , et servi à décorer les croisées et les rampes des escaliers.

L’art des jardins d'ornement ne date pas, en France, d’une époque ancienne.

Jusqu’au xvn® siècle , on ne songeait qu’à tirer un parti utile des parcs et des clos. La Quintinie publia, à cette époque, des instructions sur les jardins fruitiers et potagers et sur les ornements que l’art peut ajouter à la nature. Le Nôtre suivit les leçons de la Quintinie et dessina les jardins dont on admire encore la majestueuse simplicité. Vers la fin du xvin® siècle, le goût des Français se modifia. On trouva monotone la régularité des parcs et des jardins tracés au xvnc siècle; on emprunta aux Anglais leurs lignes sinueuses , leurs accidents de terrain , leurs bosquets touffus semés sur de vastes pelouses.

MAISON CARRÉE. — On désigne sous ce nom un édifice antique isolé , ayant la forme d’un carré long, qui se trouve à Nîmes. C’est le monument le plus beau et le mieux conservé de tous les édifices romains de la Gaule. On place ordinairement la construction de la Maison carrée sous le règne d’Adrien ; on croit que c’était un temple. Colbert avait forme le projet de transporter la Maison carrée à Versailles; on devait numéroter les pierres et reconstruire l’édifice ; heureusement les architectes jugèrent l’exécution de ce projet impossible. La Maison carrée sert maintenant de musée; elle a été souvent reproduite par la gravure.

On en trouvera une représentation exacte et détaillée dans Clérisseau, premier cahier des Antiquités de la France.

MAISON CENTRALE. — Prison où sont détenus les condamnés dont la peine excède un an. Voy. Prison.

MAISON D'ARRÊT. — Prison où sont détenues, pendant l’information, les personnes accusées d’un crime ou d’un délit.

MAISON DE CORRECTION. — Prison où sont enfermés les mineurs de moins de seize ans, qui, acquittés comme ayant agi sans discernement, ne peuvent sans inconvénient être remis à leurs parents.

On enferme aussi dans les maisons de

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