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tête du régiment suisse. L’état-major des Cent-Suisses comprenait un capitainecolonel, quatre lieutenants, dont deux français; deux enseignes, cleux aidesmajors , huit exempts qui dataient de 1615, quatre fourriers et six caporaux; la compagnie des Cent-Suisses se composait en tout de cent vingt-sept hommes. Elle fut supprimée en 1792, puis rétablie en 1814, sous le titre de Compagnie des cent gardes suisses ordinaires du corps du roi y et portée à cent trente-huit hommes. En 1815, la compagnie des Cent-Suisses comprit trois centdix gardes , dont quarante-deux officiers ou ayant rang d’officier. Elle se composait indifféremment de Français et de Suisses. L’habillement des Cent-Suisses était l’habit bleu de roi , le collet et passe-poil écarlates , les boutons jaunes, le pantalon blanc en grande tenue, bleu de roi en tenue ordinaire, bonnet d’oursin avec plaque aux armes de France. Ils portaient le fusil de dragon et le sabre-briquet. Ce corps fut définitivement licencié le il août 1830.
Gentilshommes à bec-de-corbin. — Les gentilshommes hbec-de-corbin formaient deux compagnies de la maison militaire du roi. Ils tiraient leur nom de leur hallebarde en forme de bec-de-corbin. La première compagnie , forte de cent gentilshommes, fut instituée par Louis XI en 1478. Charles VIII établit la seconde en 1497. Supprimées sous Louis XIII , ces deux compagnies furent rétablies sous Louis XIV, et enfin licenciées définitivement en 1776, sous le ministère du comte de Saint-Germain. Les gentilshommes à bec-de^corbin précédaient le roi dans les grandes cérémonies en marchant deux à deux. /
Gendarmes de la maison du roi . — Les geîidarmes de la garde du roi dataient du règne de Henr. IV ( 1609). Ce roi créa la compagnie des gendarmes pour le dauphin, son fils, qui fut plus tard Louis XIII. Cette compagnie fit partie sous ce dernier prince de la maison militaire du roi, et jusu’au règne de Louis XIV, les gendarmes e la garde eurent le passur leschevau-légersde la garde et sur les gardes du corps. La compagnie des gendarmes de la garde se composait de deux cent dix hommes divisés en quatre brigades. Les officiers supérieurs étaient le capitaine-lieutenant, deux capitaines sous -lieutenants , trois enseignes et trois guidons. Le capitaine était toujours en fonction auprès du roi. Chaque matin , un gendarme, en habit d’ordonnance , venait recevoir les ordres du roi. Les armes des gendarmes de la garde étaient l’épée et le pistolet ; en 1747, on leur donna des fusils. Leurs étendards
étaient de satin blanc relevé en broderie d’or avec des foudres pour emblème et ces mots pour légende : Quo jubetiratus Jupiter (nous volons partout où l’ordonne Jupiter irrité). En temps de paix, ces étendards étaient toujours déposes dans la chambre etdans la ruelle du lit du roi. Les chevaulégers de la garde avaient seuls le meme privilège.
Le costume des gendarmes de la garde était habit, doublure, culottes et bas rouges; parements coupés de velours noir, et poches en travers; galons et brandebourgs d'or en plein; boutons et boutonnières d’or ; ceinturon couvert de galons d’or; veste couleur de chamois, bordée et galonnée d’or; chapeau bordé d’or et plumet blanc, cocarde noire. L'équipage du cheval était de drap écarlate , bordé et galonné d’or. Les gendarmes de la garde Jurent supprimés par une ordonnance datée du 30 septembre 1787. Ils furent rétablis par une ordonnance du 15 juin 1814 et formèrent deux escadrons ou quatre brigades. Ils portèrent alors l’habi t rouge, collet, parements et revers noirs, galons sur les parements, les revers et les poches de l'habit, épaulettes et aiguillettes en or, casque orné de l’ancienne devise de la compagnie, bottes à l’écuyère, manteau blanc. Ils étaient armés de sabres et de pistolets. Ce corps a été supprimé par ordonnance en date du 1er septembre 1815.
Chevau-légers de la maison du roi. — Les chevau-légers de la garde dataient de la fin du xvic siècle. En 1575, d’O, gentilhomme ordinaire de la chambre de Henri III, commandait une compagnie de chevau-légers ; mais on n’est pas sûr que ce soit la même compagnie qui fut incorporée par Henri IV dans la maison militaire du roi. Il est plus vraisemblable que ces chevau-légers de la garde faisaient partie de l’armée du roi de Navarre, et qu’en 1593, Henri IV en lit une compagnie spéciale de sa garde ; il leur accorda des privilèges semblables à ceux des gentilshommes à bec-de-corbin. Auxviu® siècle, la compagnie des chevau-légers formait quatre brigades qui faisaient tour à tour le service auprès de la personne du roi. Pendant la guerre, il y en avait trois en campagne. On ne pouvait entrer dans les chevau-légers de la garde qu’en faisant preuve d’une noblesse centenaire, constatée par les généalogistes.
Les étendards des chevau-légers étaient déposés en temps de paix dans la ruelle du lit du roij ils étaient de taffetas blanc brodé d’or et d’argent. Au milieu, était un cartouche octogone dans lequel on voyait la foudre avec ces mots : Sensere gigantes
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(les géants en ont ressenti les coups)* Les armes offensives de ce corps étaient le sabre, le fusil et les pistolets; les armes défensives , une plaque de fer ou plastron et une calotte de fer. L'uniforme des chevau-légers de la garde était habit écarlate, doublure blanche; parements blancs; poches en travers, galons d’or en plein et brandebourgs d’or sur le tout; boutonnières d'argent, boutons or et argent; ceinturon blanc brodé d'or avec un petit brodé d'argent dans le milieu ; veste blanche, galonnée et bordée d’or; plumes et cocarde blanche; bottes fortes. J/équipage du cheval était de drap écarlate galonné d’or. Les clicvau-légers de la garde furent supprimés en 1787, rétablis en iSi4 et définitivement supprimés en 1315. 11 y avait d’autres corps de chevau-légers qui ne faisaient point partie de la maison du roi ; il en sera question à l'article Organisation militaire.
Mousquetaires . — Les mousquetaires formaient deux compagnies de la maison militaire du roi. On les distinguait, d’après la couleur de leurs chevaux , en mousquetaires gris et mousquetaires noirs. Les premiers avaient été établis en 1622; les seconds en 1660. On trouve dans les mémoires de Puységur l’origine delà première compagnie des mousquetaires. « Après la réduction de Montpellier, disent ces Mémoires, le ï*oi marcha droit à Avignon, et, pendant sa marche , il ôta les carabines à la compagnie des carabins et les remplaça par des mousquets. » De là vint le nom de mousquetaires donné à ce corps de la maison du roi. En 1646, Mazarin lit licencier la compagnie des mousquetaires pour diminuer les dépenses; mais elle fut rétablie en 1657. La secondecompagnie des mousquetaires avait été organisée pour Jecardinal Mazarin qui la donna au roi, en 1660; elle lit partie, depuis cette époque, de la maison militaire du roi. Elle fut mise sur le môme pied que la première, et le roi s’en déclara capitaine en 1665. Chaque compagnie était composée de deux cent cinquante hommes. Il y avait souvent des surnuméraires; c’étaient des jeunes gens de famille noble qui servaient en qualité de cadets dans les régiments delà maison du roi. Il fallait passer par ces écoles de cadets pour parvenir aux grades militaires.
L’uniforme de la première compagnie ou compagnie des mousquetaires gris était habit d’écarlate brodé d’or, boutonnières d’or, boutons dorés, chapeau bordé d’or, bas rouges, plumet blanc, soubreveste bleue doublée de rouge, brodée d’argent , la croix blanche fleurdeli-
sée , avec des flammes rouge et argent.
Leurs chevaux gris étaient couverts de housses écarlates brodées d’or. La seconde compagnie portait à peu de chose près le même uniforme que la première.
Seulement, les broderies étaient d’argent au lieu d’or. Les drapeaux des mousquetaires étaient à fond blanc. Celui de la première compagnie avait pour devise une bombe en l’air lancée par un mortier avec cette légende : Quo ruit et lethum ( partout où elle s'élance , elle porte la ?7iort ). Le drapeau de la seconde présentait un faisceau de douze flèches empennées, la pointe en bas , avec cette devise : Alterius Jovis altéra tela ( nouvelles armes du nouveau Jupiter ). Réformés en 1775 et licenciés en 1791, les mousquetaires de la maison duroi furentrétablis en 18 14 et supprimés en 1815.
Grenadiers de la maison du roi. — Louis XIV établit en 1676 une compagnie de grenadiers de la maison du roi , qui devait combattre à pied et achevai en tête de la maison du roi. Elle fut supprimée en 1775 , rétablie en 1789, et licenciée en 1792. Les grenadiers à cheval reparurent dans la garde consulaire et dans la garde impériale; ils y formaient un régiment.
Ce corps fut maintenu, en 1814 , dans la maison militaire du roi ; mais il fut définitivement licencié en 1815.
MAISON DE LA REINE. — La maison de la reine comprenait environ quatre cent cinquante personnes. Le grand aumônier était le premier officier de la chapelle. Les autres officiers ecclésiastiques étaient : le premier aumônier, l'aumônier ordinaire honoraire, l'aumônier ordinaire en charge, le confesseur , les aumôniers de quartier, le prédicateur ordinaire, le chapelain ordinaire et les chapelains de quartier, les clercs de chapelle ordinaires, les clercs de chapelle de quartier et deux sommiers, l’aumônier clés pages de la reine, les précepteurs des pages servant par semestre. Je n’ insisterai pas sur les charges de chevalier d’honneur, de maître d'hôtel, gentilshommes servants , écuyers , officiers de la chambre, delà bouche, de l’écurie , des bâtiments, etc. Ce serait une fastidieuse répétition de ce que nous avons dit antérieurement. Quant aux dames de la maison de la reine , les principales étaient la surintendante de la maisoji de la reine , la dame d’honneur > la dame d’atours; il y avait douze dames du palais qui avaient remplacé les filles de la reine (voy, Fïllesbe la reine), et un grand nombre de femmes de chambre.
La surintendante et la dame d’honneur
étaient ordinairement prises parmi les femmes d'un rang élevé. On cite comme une glorieuse exception Mme de Guerchcville que Henri IV plaça auprès de Marie de Méditas , quoiqu’elle ne fCit pas d’une haute noblesse, mais parce qu’il avait éprouvé qu’elle était réellement clame d’honneur . La charge de surintendante de la maison de la reine était plus récen te que cell e de dame d’honneur. Com me les attributions étaient à peu près les mêmes, il en résulta des conflits qui troublèrent la cour. On en trouve la preuve dans un passage des Mémoires de Mmc de Motteville qui fait en même temps connaître les premières surintendantes de la maison de la 7’eine(édit. Petitot , 11e série, t. XL, p. 117) :
«La duchesse de Navailles, dame d’honneur de la reine, avait eu d’abord la princesse palatine (Anne de Gonzague ) pour surintendante. La dernière qui avait eu autrefois cette charge dans la maison de la reine mère était Mme de Chevreuse , veuve du connétable de Luynes, son premier mari; elle Pavait exercée alors avec tous les avantages tant des honneurs que du service. La duchesse de Navailles ne laissa pas de. s’opposer à la première possession que la princesse palatine en voulut prendre. Elle soutint que Mmc de Chevreuse était favorite quand elle exerça cette charge, et que les grandes prérogatives dont elle avait joui étaient plutôt une usurpation qu’une possession légitime. La princesse palatine, soutenue par la reine mère, l’emporta néanmoins sur les principales fonctions de cette charge que la dame d’honneur lui disputait, et il fut dit, avantquele cardinal Mazarin mourût, que Mu,e la princesse palatine recevrait les serments de tous les officiers, commanderait dans la chambre et aurait les honneurs. »
Quand le cardinal mourut, la princesse palatine se démit de la charge de surintendante entre les mains de la comtesse de Soissons. Bientôt les querelles recommencèrent entre la dame d’honneur et la nouvelle surintendanle.
« Le roi leur permit de chercher les preuves de leurs prétentions, soit dans la chambre des comptes, soit dans leurs lettres de nomination. Celles de la dame d'honneur, dont la charge a été de toute ancienneté la plus belle qu’une femme de qualité puisseavoir àlacour, luiétaient favorables. Elles lui donnaient les honneurs avec la fonction décommander dans la chambre et de recevoir les serments des officiers, sans qu’il fût marqué dans les lettres des surintendances, qui étaient des charges érigées nouvellement, que les
rois eussent eu aucune intention d’ôter ces avantages aux dames d’honneur, et néanmoins la pratique avait été différente de ce qui était écrit, en la personne delà dernière surintendante, de Luynes.
Ces dames furent quelque espace de temps en paix ; mais sur les preuves elles se défendirent le mieux qu’elles purent. La duchesse de Navailles batailla en femme de coeur et d’esprit. Le roi, dont les intentions étaient droites , ayant écouté de part et d’au ire , régla les fonctions de la surintendante et de la dame d’honneur.
IL donna à la première les honneurs de présenter la serviette, de tenir la pelote, et de donner la chemise, avec le commandement dans la chambre et les serments ; et tout le reste à la dame d’honneur, c’est-à-dire servir à table, la préférence dans le carrosse et dans le logement , bien entendu qu’en l’absence de la surintendante, la dame d’honneur ferait toutes les fonctions ensemble. »
En 1679 , M,,,e de Montespan fut nommée sur intendante de la maison de la reine . Cette charge, supprimée dans la suite, fut rétablie au mariage de Louis XV, et enfin Mmc de Lamballe l’exerça à la cour de Marie-Antoinette.
Le dauphin, la dauphine, les enfants et les filles de France avaient une maison analogue à celle du roi et de la reine. Voy. pour les détails Guyot , Traité des droits , fonctions , franchises , exemptions , prérogatives et privilèges annexés en France à chaque dignité , à chaque office , et à chaque état , soit civil , soit militaire, soit ecclésiastique , t. 1 et U. Paris , 1786 et
MAISONS (Petites-). — Hôpital où l’on enfermait les fous. Boileau s’est servi du mot Petites-Maisons dans ce sens :
D’où vient, cher Le Va-yer,que l’homme le moin%
sage ,
Croit toujours seul avoir la sagesse en partage, Et qu’il n’est point de fou, qui, par belles ruisons Ne loge son voisin aux Petites-Maisons ?
MAITRE. — Le titre de maître était, au moyen âge , une qualification honorifique qui s’est conservée pour quelques professions, entre autres pour celle d’avocat. — Ce mot s’emploie encore dans les campagnes pour caractériser un chef do famille et d’exploitation rurale. — On appelait maître , au moyen âge, les docteurs dans une des facultés des universités.— Le nom ôemaître désignait aussi un cavalier, parce que primitivement iL était accompagné d’écuyers et d’archers.
(Voy. Armée). — Enfin on appelait maître l’artisan qui avait obtenu des lettres de maîtrise, Voy. Corporation.
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MAlTPtE ÈS ARTS. — Gradué des anciennes universités qui pouvait, à la suite d’épreuves soutenues avec succès enseigner les humanités et la philosophie. Le mot arts était synonyme de lettres dans l'organisation primitive des universités.
Le grade de maître ès arts était d’abord conféré par le recteur à la suite d’une thèse de philosophie. Plus tard , les candidats furent soumis a deux examens , l’un devant des juges de leur nation , l’autre devant quatre examinateurs tirés des Quatre-Nations de l’université de Paris ( voy. Université ), et devant le chancelier de Notre-Dame ou de Sainte-Geneviève. C’était le chancelier ou son remplaçant qui remettaitau candidat le bonnet de maitre ès arts , lorsqu’il avait soutenu les épreuves avec succès. L’université lui faisait expédier le diplôme.
MAITRE DE CHAPELLE. — Officier de la maison du roi chargé de diriger la chapelle-musique. Cette office fut supprimé en 1761.
MAITRE D’HOTEL. — Les maîtres d’hôtel présidaient au service de table. Voy. Maison du roi et Table.
MAITRE-QUEUX. — Cuisinier en chef.
Voy. Queux#
MAITRE ( Grand ) des arbalétriers. — Commandant en chef de l’infanterie française depuis le règne de Louis IX jusqu’au xvic siècle. Le grand maître des arbalétriers avait sous ses ordres nonseulement l’infanterie, mais les charpentiers, maîtres d’engins, fossiers, etc., en un mot tout ce qui, dans les armées modernes, serait désigné sous les noms de génie et dy artillerie. C’était lui qui plaçait les sentinelles ou , comme on disait alors, les escoutes , recevait du roi le mot d’ordre, et, en cas de prise d’une ville ou chàteau-fort, il avait toutes les machines de guerre qui s’v trouvaient.
Voici d’après Pouvrage de M. de Saint- Allais, intitulé de V ancienne France , la série chronologique des grands maîtres des arbalétriers: Thibaut de Montléart, sous saint Louis; Renaud de Rouvray ou Rouvroy, en 1274; Jean le Picard , en 1298 ; Jean de Burlas jusqu’en 1301 ; Pierre de Courtisot, en 1303 ; Thibaut, sire de Chepoy, amiral de France et grand maître des arbalétriers, en 1304 ; Pierre de Gàlard, seigneur d'Espieux et de Limenil,de i3to à 1331 ; Robert de Houdetot sous le règne de Jean ; Louis de Henneberqüe, à la même époque ; Étienne de la Baume- Montrevel , dit Le Galois, mort vers 1360; Baudouin de Lens, sire d’Annequin, tué à Cocherel (1364);
Nicolas de Ligne, seigneur d’Ollignies , sous Charles V; Marc Grimaldi , à la même époque ; Mathieu de Roye , dit Le Flamant, mort en 1380; Hugues de Ciiatili.on , seigneur de Dampierre, qui assista à la bataille de Rosebecq en 1382 ; Guichard Dauphin, mort en 1403 ; Renaud de Trie, mort en 1406; Jean de Hangest, mort en 1 406 ; Jean de Bueil , tué à la bataille d’Azincourt en 1415 ; Jean de Hangest, deuxième du nom, sous Charles VI ; David de Rambures , même règne; Guillaume de Grasménil, même règne; Jean de Torsay, mort en 1428 ; Jean Malet, seigneur de Graville , mort en 1449 ; Hugues de Lannoy, mort en 1456 ; Jacques delà Baume-Montrevel, mort en 1466; Jean d’Auxy, mort en 1471; Jean d’Estouteville , mort en 1494. Aimar de Prie , mort en 1526, fut le dernier grand maitre des ai'balétriers . Cet office fut remplacé par celui de grand maître de l’artillerie. Voy. Grand maître DE L’ARTILLERIE.
MAITRE (Grand) de l’artillerie. — Voy.
Grand maître de l’artillerie.
MAITRE (Grand) de France. — Grand officier de la couronne. Voy. Officiers ( Grands ).
MAITRE ( Grand ) de la garde-robe. — Voy. Garde-robe.
MAITRE ( Grand) de Malte. — Chef de l’ordre de Malte. Voy. Malte (Ordre dej.
MAITRE (Grand) de l’Université. — Chef de l’Université impériale établi en 1808. Voy. Instruction publique.
MAITRE DE CHAMBRE. — Nom donné au eamérier ou secrétaire des prélats.
MAITRE DE LA CHAMBRE AUX DE- NIERS. — Membre d’une commission spéciale chargée de surveiller la comptabilité de la maison du roi. Ce titre était encore employé, au xvne siècle, dans la maison du roi. Mlle de Montpensier dit, dans ses Mémoires (édit. Petitot, t. III , p. 48 : <c Esselin , maître de la chambre aux de nier s de chez le roi, m’avait fait prier d’aller faire collation a sa maison d’Essonne. »
MAITRE DE LA MILICE. — Ce nom était donné dans l’empire romain aux gouverneurs militaires de quelques provinces , et, entre autres , au gouverneur de la province armoricaine appelée dans la suite Bretagne.
MAITRE DES CÉRÉMONIES.— La charge de grand maître des cérémonies fut établie par Henri III en 1585 (2 janvier). On trouve antérieurement, sous Henri 11%
des officiers que Ton peut considérer comme des maîtres des cérémonies , niais le titre et la charge ne datent que du règne de Henri III. Le grand maître des cérémonies prêtait serment entre les mains du grand maître de la maison du roi. Sa principale fonction était de régler Tordre des cérémonies et de fixer les rangs et préséances. Aux premières et dernières audiences des ambassadeurs , il les recevait au bas de l’escalier, et les accompagnait en marchant un peu devant à droite. Lorsqu’il allait porter aux cours supérieures , telles que parlement, chambre des comptes, cour des aides, etc., les ordres du roi, il prenait place entre les deux derniers conseillers, et parlait assis et couvert , ayant l’épée au côté et le bâton de cérémonie en main. Les insignes de la dignité du grand maître des cérémonies étaient un bâton couvert de velours noir dont les extrémités étaient en ivoire. Il y avait un maître des cérémonies qui avait les memes fonctions que le grand maître. — Voy. pour les détails le Cérémonial de France , par Théodore Godefroy, ire édit.; Paris, 1619, in-4°; ?e édit.; Paris, 1649, 2 vol. in-folio. Cette seconde édition fut donnée par Denis Godefroy, fils du précédent.
MAITRE DES OEUVRES. — Ces mots sont souvent employés, au moyen âge, pour désigner les architectes. C’est une abréviation pour maîtres des œuvres de maçonnerie .
MAITRE DES ENGINS. — Ingénieur en chef. Au moyen âge on appelait engins les machines de guerre.
MAITRES D’ÉCOLE. — Voy. Instruction publique, enseignement primaire.
MAITRES DES COMPTES. — Magistrats de première classe de la chambre des comptes. Voy. Chambre des Comptes.
MAITRES DES POSTES. - Voy. Postes.
MAITRES DES REQUÊTES. — Les maîtres des requêtes (m agistri libellorum supplicum) remontaient à une très-haute antiquité et étaient chargés primitivement de recevoir les plaintes et requêtes que Ton présentait aux rois , de les examiner et d’en rendre compte. Dans l’origine, les rois de France rendaient euxmêmes la justice, et tenaient leurs plaids. Joinville nous représente encore saint Louis siégeant sous le chêne de Vincennes. Lorsque les rois ne pouvaient recevoir eux-mêmes les requêtes de leurs sujets et leur rendre justice sommaire, ils commettaient pour cet office des jurisconsultes , qu’on appela maîtres des requêtes
de V hôtel, et quelquefois juges des plaids de la porte ( voy. du Cange , dissertation sur les plaids de la porte ). Ces magistrats avaient droit de juridiction sur tous les officiers de la maison du roi. Jusqu’en 1344 , il n’y eut que huit maîtres des requêtes. Dans la suite le nombre de ces magistrats fut porté jusqu’à soixantedouze, et même quatre ►vingt-Viuit servant par quartier. Les maîtres des requêtes étaient chargés de faire des inspections ou chevauchées dans les provinces. Un arrêté du conseil du 23 mai 1555 prouve que la plupart des maîtres des requêtes étaient employés aux chevauchées : de vingt-quatre qu’ils étaient alors, Henri II n’en retint que quatre auprès de sa personne. Un édit antérieur du même prince (édit d’août 1553 enregistré au parlement de Paris le 7 septembre de la même année ) ordonnait qu’au commencement de chaque année le doyen des maîtres des requêtes fît , avec le garde des sceaux , le département des quartiers des maîtres des requêtes , et que dans chaque quartier il y en eût six chargés d’aller faire des chevauchées dans les ressorts des parlements de province. Les villes et provinces du ressort du parlement de Paris devaien t être i n spectées par les 7naitres des requêtes , lorsqu'ils iraient et retourneraient. On retrouve presque ici les Missi dominici de Charlemagne et les enquêteurs royaux do saint Louis. Les ordonnances d'Orléans (art. 53) et de Moulins ( art. 7) renouvellen t les mêmes prescriptions sur les chevauchées des maîtres des requêtes. Ce fut du corps des maîtres des requêtes que Richelieu tira presque toujours les intendants des provinces et les commissaires pour les tribunaux extraordinaires.
A l’époque où les fonctions publiques furent mieux réglées , sous Louis XIV, les maîtres des requêtes eurent deux attributions principales, outre les missions extraordinaires qui leur étaient confiées dans les provinces : 1° Ils siégeaient alternativement pendant trois mois au conseil du roi, oii ils étaient chargés des fonctions de rapporteurs ; 2° Ils rendaient alternativement la justice pendant trois mois au tribunal appelé les requêtes de Vhôtel. Il est nécessaire d’insister sur cette double fonction des maîtres des requêtes : au conseil du roi (voy. Conseil d’Etat) où Ton s’occupait de finances, d’administration intérieure et de procès , ils n’avaient pas voix délibérative ; ils se bornaient à exposer l’afifaire, et les conseillers prononçaient. Ils recevaient leurs instructions du chancelier, et devaient assister ce magistrat lorsqu’il tenait le sceau
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( voy. Chancellerie), Ils remplissaient encore au sceau les fonctions de rapporteurs , et rendaient compte des évocations, lettres on règlement de juges et autres actes concernant la justice. Le chancelier leur demandait leur avis sur les lettres de rémission qui étaient présentées au sceau. La juridiction spéciale des maîtres des requêtes , appelée requêtes de V hôtel , était ordinaire et extraordinaire. La juridiction ordinaire leur donnait le droit de connaître en première instance des causes des princes , des officiers de la couronne, des commensaux de la maison du roi et d’autres personnes qui avaient droit de commit timus, tant au grand qu'au petit sceau. Les appels des sentences qu’ils rendaient dans ces affaires étaient portés au parlement. La juridiction extraordinaire des maîtres des requêtes était souveraine : elle portait sur les différends qui s’élevaient A raison du titre des offices royaux; sur les procès que leur renvoyait le conseil d’État; sur les falsifications de sceaux et en général sur toutes les procédures relatives au sceau, ainsi que sur les privilèges accordés aux auteurs et aux libraires pour l'impression d’un ouvrage. Les maîtres des requêtes devaient être au moins sept pour juger en matière extraordinaire , et dans ce cas ils prenaient le titre de maîtres des requêtes souverains en cette partie. Ainsi rapporteurs au conseil d'Etat, juges aux requêtes de l’hôtel, chargés de missions dans les provinces oîi ils représentaient l’autoritc centrale, les maîtres des requêtes tenaient une grande place dans les institutions de l’ancienne monarchie.
Les maîtres des requêtes étaient regardés comme faisant partie du parlement.
Ils pouvaient siéger, mais seulement au nombre de quatre, à la grand’ chambre , tant aux audiences qu'aux conseils, après les présidents et au-dessus des conseillers. Ils avaient droit d’induit (voy. Inihjlt ) comme les présidents et conseillers du parlement.
Cette institution à la fois judiciaire et administrative disparut avec l’ancien régime (1791), et les maîtres des requêtes annexés au conseil d’Étal , depuis le rétablissement de ce conseil en 1799 , n’ont jamais eu le même caractère. Ils sont simplement chargés de présenter le rapport de certaines affaires sur lesquelles le conseil prononce et ils n’ont voix délibérative que pour les affaires dont ils ont fait le rapport. Voy. Conseil d’État.
MAITRES DES EAUX ET FORÊTS. — Voy. Eaux et Forêts.
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