‹ Dictionnaire historique des institutionsChapitre 73 sur 224 · NATIONALE · texte numérisé non relu

NATIONALE

MILICE CHRÉTIENNE (Ordre de la). — Le duc de Nevers établit, en 1616, un ordre de chevalerie religieuse sous le titre de la milice chrétienne ou de la conception immaculée de la Vierge. L’abbé de Marolles parle, dans ses mémoires, de cet ordre de la milice chrétienne , et en fait connaître le but : il s’agissait d’aller au secours des chevaliers chrétiens opprimés par les Turcs. Le duc de Nevers équipa cinq vaisseaux dans ce but; mais ils lurent détruits par un incendie. On renonça à l’entreprise , et 1 ^ ordre de la milice chrétienne fut abandonné.

MILICIENS. — Nom donné aux soldats enrôlés dans la milice.

Louis XIV réunit deux fois les miliciens ; la première en 1688 , lorsque la France était menacée par la ligue d’Augsbourg. La levée se fit par généralité ; chaque village fournit un ou plusieurs hommes tout armés et tout équipés pour deux ans. On leva ainsi vingt-cinq mille hommes partagés en trente régiments. On les licencia à la paix de Ryswick (1697). Les milices furent encore levées dans la guerre de succession d’Espagne ; mais on ne les enrégimenta point ; on en lit seulement des recrues pour les régiments ordinaires. Une ordonnance du 12 novembre 1733 prescrivit la levée de nouveaux bataillons de milices dans les provinces ; on organisa cent vingt-trois bataillons de miliciens de six cent quatre- vingt-quatre hommes chacun. Les intendants étaient chargés de faire la répartition du nombre d’hommes que chaque village devait fournir ; on devait choisir d’abord les garçons de seize à quarante ans et à leur défaut les hommes mariés. Un tirage au sort désignait ceux qui devaient partir, le

MIN

MIL

temps de leur service était fixé à cinq ans.

Chaque bataillon de miliciens se subdivisait en douze compagnies. Chaque compagnie était commandée par un capitaine, un lieutenant , deux sergents , trois caporaux , trois anspessades ; il y avait quarante-huit fusiliers et un tambour. La solde était de deux livres dix sous par jour pour les capitaines , de treize sous quatre deniers pour chaque lieutenant, de dix sous pour les sergents , de sept sous six deniers pour les caporaux, de six sous six deniers pour les anspessades, de cinq sous six deniers pour chacun des fusiliers et de sept sous six deniers pour le tambour. Le commandant du bataillon recevait la solde de capitaine et de plus quarante sous par jour; le major cinquante sous. Les paroisses étaient tenues de fournir à chaque milicien , lorsqu'il fallait entrer en campagne, une veste et une camisole d'une étoffe ordinaire du pays, une paire de souliers, une paire de guêtres, deux chemises de toile et un liavresac; enfin huit livres en argent , dont trois livres étaient remises au milicien et les cinq autres appliquées aux frais des commissaires chargés de la levée des troupes. Ces fournitures pouvaient être renouvelées d’année en année. Pour le reste de l'habillement et de l'armement, l'État fournissait à chaque milicien un justaucoups de drap doublé de serge, une cartouche (ou giberne) , un ceinturon de buffle avec un porte-baïonnette et un porte-épée, une épée et un fusil. I^es miliciens , désignés par le sort, étaient considérés comme déserteurs et punis de mort, s’ils abandonnaient les drapeaux. En 1741, au commencement de la guerre de succession d’Autriche, le nombre desmiliciens fut porté à soixantedix-neuf mille soixante-douze hommes divisés en cent douze bataillons. Enfin, pendant la guerre de sept ans, en 1758 , les bataillons de la milice furent composés de sept cent vingt hommes répartis en huit compagnies de fusiliers de quatrevingt-dix hommes chacune. En 1762, le corps des miliciens était de quatre-vingtonze mille cent quarante-deux hommes , parmi lesquels on avait choisi onze mille huit cent soixante-douze grenadiers répartis en onze régiments de grenadiers royaux ; il y avait deux mille deux cent trente officiers.

MILLÉSIME. — Chiffre qui marque l’anuee oh une pièce de monnaie a été fabriquée, on ne la désignait autrefois que par le nom du prince régnant ou des magistrats monétaires ; mais depuis l'ordon-

nance de Henri II , eu 154T , le millésime se met en chiffres arabes du côté de l’écusson , après la légende. Déjà antérieurement à cette ordonnance, Anne de Bretagne avait fait mettre, en 1478, un millésime sur les monnaies qu'elle fit fabriquer.

MILLIAIRES (pierres). — Pierres placées de mille pas en mille pas sur les voies publiques des Romains. On gravait sur ces pierres milliaires la distance parcourue depuis Rome. La Gaule avait ses pierres milliaires comme ses voies romaines. En 1757 , on découvrit entre Montélimart et Valence un militaire haut de huit pieds sur lequel on lisait sextum milliarium. On en voit encore dans les environs de Langres, de Soissons, etc.

En 1804, en creusant les fondements d'une maison, près de Caen, on a trouvé un cippe ou colonne militaire qui porte le nom de Trajan.

MIMES — Les mimes , qui, sans le secours de la parole , exprimaient , avec une rare perfection , les divers sentiments des hommes, étaient très-recherchés sous l'empire romain et avaient éié introduits en meme temps que les mœurs romaines dans la Gaule. Les barbareseuxmêmes se plaisaient à ce genre de spectacles. Dans une lettre de Théodoric, ro: des Ostrogoths,à Clovis, on lit : <c Je vous envoie un homme habile, qui joint Part d'exprimer les sentiments par les gestes et les mouvements du visage à l'harmonie de la voix et au son des instruments. J'espère qu’il vous amusera, et je vous l'adresse avec d’autant plus de plaisir que vous avez paru le désirer. » Les conciles renferment un grand nombre de dispositions contre les mimes . Charlemagne les nota d infamie et leur refusa le droit de se porter accusateurs. Malgré toutes cea prohibitions, les mimes avaient toujours un grand succès. Agobard, archevêque de Lyon au ix° siècle, se plaignait qu'on dépensât beaucoup plus pour eux que pour les pauvres. Les jongleurs du moyen âge héritèrent des mimes de l'antiquité ; mais ils ne tombèrent pas dans les mêmes excès et ne s'attirèrent pas les mêmes anathèmes. Voy. Jongleurs.

MINAGE (Droit de). — Droit que les seigneurs prélevaient sur la mine de blé pour le mesurage. \.e minage devint dans la suite un droit domanial. — Tenir à mi nage , c’était tenir une ferme à charge de livrer par an tant de mines de blé.

MINARDE. — Ordonnance du parlement de Paris rendue à l'occasion de l'assassinat du président M tiard qui fut tué le

MIN

MIN

12 décembre 1559, lorsqu’il revenait de l’audience du soir. Pour prévenir de pareils attentats. le parlement ordonna que l’audience du soir se terminerait à quatre heures au lieu de se prolonger jusqu'à cinq.

MINÉRALES ( Eaux). — Voy. Eaux minérales.

MINES. Richesses minérales de la France. — On appelle mines les terres qui contiennent en liions, en couches ou en amas, de l’or, de l’argent, du platine, du mercure, du plomb, du fer, du cuivre, de l’étain , de la houille , etc. Les mines ont été , à toutes les époques , une partie de la richesse de la France. Dans l’antiquité, la Gaule, si l’on en croit Diodore, ne produisait point d’argent; mais For y était en telle abondance qu’il suffisait pour s’y enrichir de ramasser celui qui était charrié par les torrents et les rivières. Strabon prétend que quelques contrées méridionales de la Gaule, répondant à la Lozère et à l’Aveyron, avaient des mines d’argent. Àusone appelle le Tarn aurifer (rivière qui roule de l’or). Pline et Athénée parlent aussi des richesses minérales de la Gaule. Aussi n’est-on pas étonné de voir les Gaulois posséder des trésors considérables; Cépion aurait enlevé , d’après les historiens anciens , de la seule ville de Toulouse cent dix mille livres pesant d’or. Ces mines d'or et d'argent ont presque entièrement disparu. Il n'y a plus aujourd’hui de mines d’or ni d'étain en exploitation. A peine trouve-t-on çà et là quelques paillettes d’or dans les torrents qui descendent des Pyrénées. Les mines d’argent se réduisent à un petit nombre de liions tellement appauvris que les frais d'exploitation en absorbent entièrement le profit. Les principales sont celles de Vialas et de Villefort dans le département de la Lozère. Les mines de cuivre sont plus abondantes. On en trouve à Saint-Bel et Cbessy (Rhône), dans les Basses-Pyrénées et dans les Hautes- Alpes. Il y a des mines de plomb à Poullaouen et àHulgoet (Finisterre), à Villefort (Lozère) et à Vienne (Isère). Les mines de Hulgoet et de Poullaouen ont surtout une grande importance ; elles occupaient jusqu’à neuf cents ouvriers, en 1828, et livraient annuellement au commerce plus de cinq mille quintaux métriques de plomb et environ cinq cents Kilogrammes d’argent.

Les mines de fer sont beaucoup plus nombreuses; on en trouve dans les départements de la Haute-Marne , de la Haute-Saône, de la Nièvre, de la Côted’Or, de la Dordogne, de l’Orne, de la

Meuse, de la Moselle, des Ardennes, de l’Isère, du Cher, de l’Aude, des Pyrénées- Orientales , de l’Ariége et de la Haute- Vienne. D’après un compte que l’administration a fait imprimer, en 1841 , les établissements français avaient produit, en 1833, delà fonte, du fer et de l’acier

{>our une somme de cent vingt-sept milions quatre cent quatre -vingt- quatre mille sept cent vingt -six francs. Les mines de houille , qui ont une si grande importance pour l’industrie, sont aussi abondantes en France; on en exploite à Anzin (Nord), dans la Moselle, au Creusot (Saône-et-Loire), à Dieuze (Nièvre) , à Saint-Étienne et Rive-de-Giers (Loire), près d’Alais (Gard), près de Lodève (Hérault), à Aubin (Aveyron), à Figeac (Dordogne ) , à Saumur ( Dordogne ) et à Mon trelaix (Loire-Inférieure). La valeur de la houille fournie par les mines a été appréciée, en 1839, par l’administration des ponts et chaussées, à vingt-six millions sept cent soixante-dix-sept mille neuf cent soixante-dix francs.

Les carrières, qui ne se confondent pas entièrement avec les mines , renferment les ardoises, les grès, les pierres à bâtir, marbres, granits, pierres à chaux, pierres à plâtre, marbres, craies, sables, pierres à fusils, kaolin, terres de poterie, etc Les Vosges fournissent des granits et des porphyres. La Manche, la Meuse , les Ardennes , les Pyrénées , Maine-et-Loire ont des ardoisières. On trouve des pierres à bâtir dans les départements de la Seine, de la Seine-Inférieure, de l’Eure, du Calvados, etc.; des pierres lithographiques à Chàteauroux , Dijon , Belley; des pierres meulières à la Fertésous-Jouarre ; du kaolin ou terre à porcelaine, à Sain t-Irieix (Haute-Loire), des grès à Fontainebleau, du plâtre et des terres argileuses à Paris, à Aix, etc.

Exploitation des mines. — Pendant une grande partie* dusunoyen âge, l’exploitation des mines ne dépendait que des seigneurs féodaux. La royauté ne s’empara qu’assez tard de cette partie des richesses de la France. Ce fut sous Charles VI, en 1413. que fut reconnu le droit royal pour l’exploitation des mines . Le dixième du produit de toutes les mines fut dès lors réservé à la royauté. Louis XI alla plus loin ; il voulut transformer en un service public ce qui n’avait été jusqu’alors qu’une branche d’industrie privée. Il nomma une commission chargée de la recherche des min^s ; les propriétaires de mines furent tenus de faire, dans un délai déterminé, ia déclaration des mines qui leur appartenaient. S’ils no pouvaient pas se charger de l’exploitation

des mines^ l’État devait l’entreprendre, et la commission était chargée d'aviser aux moyens. Ce service était dirigé par un général-maître gouverneur et visiteur des mines , qui avait droit de juridiction. Cependant, malgré les encouragements de Louis XI, l’exploitation des mines resta infructueuse. Louis XII et François 1er accordèrent vainement de nouveaux encouragements à cette branche d’industrie ; ils n'eurent pas plus de succès.

Marino Cavalli , qui fut ambassadeur en France sous le règne de François Ier (1546), parle dans la relation de son ambassade ( Relations des ambassadeurs vénitiens , I, 255 ) des richesses minérales de ce pays , et prouve qu’on était bien loin à cette époque d’en connaître la valeur et d’en tirer tout le parti possible : «La France, dit-il, n'a d’autres mines que des mines de fer ; pour l'or, elle en tire d’Espagne et de Portugal , et elle donne ses draps en échange. L’argent, le cuivre , une grande partie de l’étain viennent de l’Allemagne; une autre partie de l'étain et tout le plomb viennent de l’Angleterre. »

Vainement, sousHenrilI, on forma une compagnie unique pour exploiter toutes les mines de France ; vainement le gouvernement accorda à cette compagnie de grands privilèges. Elle ne tarda pas à se dissoudre. Par un édit du 26 mai 1563 , Charles IX créa un intendan t des mines et minières de France, et donna cette charge à Claude Grippon de Saint-Julien (de Thou, livre XXXV). En même temps, le roi se réservait le dixième du produit des mines découvertes ou à découvrir, comme il avait été stipulé par Pordonnance de 1413. L'édit de Charles IX fut enregistré au parlement le i«r août 1563.

Sous le règne de Henri IV, en 1601, une ordonnance, œuvre de Sully, prescrivit la recherche des mines de la France. Une commission fut nommée à cet effet, et, après des fouilles et des études minutieuses dans les diverses parties de la France, elle arriva aux résultats suivants, d’après la Clironolbgie septennaire de Palma Cayet : aux Pyrénées, talc (espèce de pierres) et cuivre, or et argent; aux montagnes de Foix, grès et pierres pré cieuses ; près de Carcassonne, argent; aux Cévennes, étain et plomb ; en Auvergne, fer; à Annonai, plomb; en Lyonnais, près de Saint-Martin, or et argent; en Normandie, argent et étain ; en Brie et en Picardie, marcassites ou minerai d’or et d'argent. L'annonce de la découverte de mines d'or et d'argent éveilla l’avidité des courtisans. Le grand écuyer Bellegarde se fit donner la surveillance

des mines; Busé, secrétaire d'État eut la place de lieutenant général des mines , et Beringen , premier valet de chambre, l’intendance générale; mais on ne tarda pas à reconnaître que l'exploitation des mines exigerait des frais considérables et rapporterait peu. De Thou conseilla do les abandonner, et son avis fut suivi.

Aux états généraux de 1614, les propriétaires de mines demandèrent l'abolition du droit royal et l'autorisation d’employer les vagabonds et les condamnés aux travaux des mines . Le gouvernement ne voulut pas renoncer au droit qu’il avait reconquis depuis 1413. Des demandes semblables se reproduisirent encore à plusieurs époques et notamment en 1698. Enfin, un arrêt du conseil, du 14 janvier 1744, défendit à tous propriétaires , et même aux seigneurs haut-justiciers, d’exploiter les mines sans avoir obtenu une concession royale. L'assemblée constituante déclara ( loi du 28 juillet 1791) que les mines étaient à la disposition de la nation ; cependant elle autorisa les propriétaires à les exploiter sans concession jusqu’à une profondeur de cent pieds. Pour pénétrer au delà, il fallait obtenir une concession avec des formalités que le législateur avait déterminées. Après plusieurs actes moins importants, une loi du 21 avril 1810 a réglé l'exploitation des mines , qui ne peut avoir lieu qu’en vertu d’une concession délibérée en conseil d'Ëtat. Toutefois , pour exploiter des carrières de pierres, de craie, de sable, de marne, il suffit de faire une déclaration préalable, afin que l’administration puisse exercer la surveillance qu’exige la sécurité publique. Les ingénieurs des mines sont chargés de surveiller ces exploitations.

Voy. Mines (Ingénieurs des).

MINES (Art militaire). — Les mines employées dans l’art militaire furent longtemps des galeries souterraines que l’on creusait sous les murs ou sous les remparts d’une ville assiégée. On soutenait les terres et les murailles par des excavations à mesure que le travail avançait; lorsqu'il était fini, on mettait le feu aux étançons, et le mur s’écroulait. Ce fut de cette manière que , sous le règne de Philippe Auguste, on s'empara du château de Boves , près d’Amiens. Quelquefois on poussait la mine jusqu’au milieu de la place assiégée, et on pratiquait ensuite une ouverture pour se rendre maître de la ville.

Vers la fin du xve siècle, on commença à charger les mines avec de la poudre.

On attribue l’invention ou du moins le

MIN

MIN

perfectionnement de ce genre de mines à Pierre de Navarre. Il lit sauter, au moyen d'une mine ainsi chargée, les murs du château de l’OKuf , fort ou citadelle de Naples (1503). En France, les mines ne devinrent d’un usage commun que vers la fin du xvi« siècle. Aux mines un opposa les contre-mines, dont le but est de découvrir les mines de l'ennemi au moyen d’une galerie souterraine. Au siège d’Ostende, qui dura trente -neuf mois, en 1604 , et où chaque parti épuisa les ressources de l’art militaire, on lit jouer, dit-on, jusqu’à soixante-dix mines et contre-mines ( de Thou , livre CXXX ). Un corps spécial de l’armée fut chargé des mines et des contre-mines , et est désigné sous le nom de corps des mineurs. Il en est question dès la fin du xvie siècle. De Thou ^livre LXXXV) parle, à l’année 1586, d’un corps de mineurs qui lut organise dans les Pays-Bas pour forcer le prince de Parme à lever le siège de Nuits, Le corps des mineurs fut d’abord réuni à l’artillerie, et, en 1758, au génie militaire. Après plusieurs variations dans l’organisation et les attributions de ce corps, les mineurs ont été définitivement réunis aux sapeurs du génie. Une compagnie de mûxeurs marche en tète de chaque bataillon des sapeurs du génie.

MINES (École des). — I/e’co le des mines fut établie en 1781 et destinée à former des ingénieurs des mmes ; elle n’avait d’abord que deux professeurs. Elle a été réorganisée en 1810 ; elle a été alors divisée en deux écoles. Tune établie à Paris sous le titre d'Ecole impériale des mines et destinée à former des ingénieurs des mines, l’autre a Saint-Étienne s<*us le titre d'Ecole des mineurs. La première admet, à coté des élèves sortis de l’école polytechnique et destinés à devenir ingénieurs des mines, des élèves externes, ijui reçoivent, à leur sortie de l’école , s’ils ont fait preuve de connaissances suffisantes, un diplôme constatai) t leur aptitude et leur degré d’instruction. Ces élèves peuvent se présenter comme directeurs u’exploitations et d’usines métallurgiques ou être employés dans la construction et l’exploitation des chemins de fer. L école des mineurs , établie à Saint- Étienne , est destinée à former des directeurs d'exploitations et d’usines métallurgiques ainsi que des conducteurs garde-mines. Les élèves sont externes et suivent les cours pendant trois ans.

MINES ( Ingénieurs des ). — Les ingénieurs des mines furent établis en 1783 ; il n’y en avait d’abord que quatre. Ce corps

fut réorganisé en 1810; il comprit des ingénieurs ordinaires et des ingénieurs en chef divisés en deux classes et résidant dans les lieux qui leur ont été assignés par le ministre. Les inspecteurs généraux résident à Paris et peuvent être chargés d'inspections extraordinaires. Un conseil général des mines résidant à Paris dirige tout ce service. Les ingénieurs des mines rendent compte aux préfets des travaux relatifs aux exploitations des mines et veillent à l’exécution de tous règlements qui les concernent.

MINEURS (Art militaire). — Voy. Mines (Art militaire).

MINEURS. — On appelle mineurs les personnes qui n’ont pas atteint l’àge de la majorité. Nous avons parlé ailleurs de l’àge auquel la majorité avait été fixée , et, qui a varié aux diverses époques de notre histoire. Voy. Majorité.

Les lois se sont toujours occupés des mineurs ou sous-âgés , comme on les appelait au moyen âge. Elles ont réglé les conditions de la tutelle, les personnes auxquelles elle était déférée et l’àge auquel elle cessait. Dès le xm« siècle Beaumanoir, dans l’ouvrage intitulé Cou tûmes de Beauvoisis ; ehap xv et xvi ), traite des mineurs , et, d’après l’opinion de M. Beugnot ( t. I , p. 224, de l’édition des Coutumes de Beauvoisis , donnée par la Société de l'Histoire de France ), aucun jurisconsulte de cette époque n’a mieux parlé du bail , de la garde et de la tutelle. Personne , d’après ce jurisconsulte, ne pouvait sans son consentement être chargé de la tutelle d’un mineur: c’était une charge qu’en général on ivacceptait pas volontiers; car lorsqu’on était investi de la tutelle, il fallait payer au seigneur du fief un droit de rachat et répondre des biens des mineurs . On était tenu de fournir à leur entretien, et on ne pouvait aliéner aucun de leurs héritages. Le même auteur établit la différence qu’il y avait entre la baillie ou bail et la garde (chap. xv, § X). Ce sont des détails dans lesquels nous ne pouvons entrer à cause des bornes imposées à ce dictionnaire. — Suivant la Coutume de Beauvoisis , la minorité des garçons cessait à quinze ans accomplis , et celle des filles à douze ; mais il y avait sur ce point, comme sur beaucoup d autres, des variétés intimes entre les diverses coutumes. Les lois féodales donnaient aux seigneurs la tutelle de leurs vassaux ou vassales mineurs ; on l’appe/ait garde-noble . Ils percevaient à leur profit les revenus des biens des mineurs a condition de veiller à leur défense et de pourvoir à leur en-

tretien. Ils avaient le droit de marier leurs vassales mineures (voy. Mariage), et pouvaient toujours s’opposer à un mariage qui aurait fait passer dans des mains ennemies le fief d’un de leurs vassaux. La coutume de Normandie attribuait, au suzerain, à l’exclusion de tout autre seigneur, la garde-noble des vassaux et des vassales mineurs. « En vertu de l’usage des fiefs, dit le Laboureur ( Traite de la Pairie, p. 221-222, cité par Sainte- Palaye), Je roi, comme duc de Normandie , a la garde des biens de ses vassaux mineurs pour dédommageaient du service de vassal qu’ils ne peuvent faire. »

MINEURS (Ordres ). — Les ordres mineurs sont ceux que reçoivent les ecclésiastiques entre la tonsure et le diaconat ; ce sont ceux de portier, de lecteur, d’exor ciste et d’acolyte.

MINEURS (Frères). — Ordre religieux établi par saint François o’Assise et approuvé. en 1223, par le pape Honorius 111. On appelait encore ces moines franciscains et cordeliers ; ils s’établirent en France sous le règne de saint Louis. Voy. Abbaye et Clergé régulier, y° Franciscains, p. 167, 2e Col.

MINIATURES. — Peintures qui accompagnent les manuscrits et qui tirent leur nom de ce que primitivement elles se composaient de simples traits tracés avec le minium ou cinabre. Ce luxe bibliographique remontait à une époque fort ancienne. Ovide nous en donne une idée dans la première élégie de son livre qu’il envoie à Rome, lorsqu’il dit que sa parure doit être conforme à l’état d’exil où se trouve son maître; « que sa couverture no soit point en couleur pourpre ; que le titre soit sans vermillon et les feuilles sans cëdria; que les deux faces ne soient point polies par la pierre ponce, etc. » Les miniatures , qui accompagnent les manuscrits du moyen âge (voy. Manuscrits), ne sont pas curieuses seulement comme œuvres d’art; elles donnent encore une idée des mœurs et des usages de ce temps. Telles sont , entre autres, les miniatures du Froissart de la Bibliothèque impériale qui éclaircissent plusieurs points des antiquités de la France et de l’Angleterre. Un des manuscrits les plus curieux pour les miniatures est le livre d’heures d’Anne de Bretagne, dont les marges sont ornées à chaque page défigurés de plantes differentes avec l’insecte qui s’en nourrit et de peintures isolées qui représentent les mystères de la passion, la vie de sainte Anne et les travaux des douze mois de l’année.

MINIHIS. — Asiles religieux en Bretagne. Voici comment en parle dom Lobineau dans son Histoire de Bretagne (l. I , p. S 46 ) : « Les minihis étaient des lieux qui avaient été consacrés par la demeure ou par la pénitence de quelque saint, et ces lieux étaient quelqueb »is d une grande étendue. Les ecclésiastiques prétendaient

que c’étaient des asiles inviolables La

ville de Saint-Malo, comme bâtie dans une île qui avait été sanctifiée par le séjour que plusieurs saints y avaient fait, jouissait tout entière de ce droit d’asile, et les criminels, de quelque nation qu’ils fussent, ne pouvaient plus être punis ni même arrêtés , dès qu’ils s’étalent réfugiés à Saint-Malo. » Il y avait encore des minihis à Tréguier, à Kidillac ou Tridillac. Saint -Fol de Léon, à Saint-Thomas, à Benodet, C.uernenez, Loc-Konon, Lamineur, etc On iFest pas d’accord sur l’étymologie du mot 7ninihis ; les uns le font dériver des mots celtiques menech-ti ( maison de moine ) ; d’autres, comme dom Lobineau. de manw h-li {canton de terre affranchi ). Les ducs de Bretagne s’efforcèrent souvent de restreindre les privilèges des minihis. François 11, duc de Bretagne, obtint, en 1 475, du pape Sixte IV l’autorisation de bâtir un château fort sur un fonds qui dépendait du minihis de Saint-Malo Voy. du Gange, v° Me nehis, Minihis , Munhyl , et un article de M. Ch. de Beaurepaire, intiiuLé Essai sur l'asile religieux publié dans YEcole des Chartes , t. V, 2e livraison, de la 3* série.

MINIMES. — Ordre religieux institué par saint François de Paule dans la Calabre sa patrie vers 1440 , approuvé en 1473 par une bulle du pape sixte IV en date du 22 mai et confirmé par les papes Alexandre VI et Jules IL Cet ordre tira son nom du latin minimi < les plus petits), parce que ces moines s’abaissaient audessous de tous les autres religieux. Ils s’établirent en France à la fin du règne de Louis XI et y furent désignés sous le nom de bons hommes . Leurs maisons se multiplièrent rapidement, et au xvm« siècle , ils avaient, en France, onze provinces : celle de Touraine comptait vingt six couvents ; celle de France ou Paris , vingt-trois couvents ; celle d’Aquitaine, quinze couvents; celle de Lyon, quinze couvents ; celle de Provence, quinze couvents; celle de Champagne, douze couvents; celle de Franche-Comté, dix couvents ; celle de Flandre, onze couvents ; celle d’Auvergne , six couvents ; celle de Lorraine, seize couvents; celle Bourgogne, onze couvents. En tout, cent soixante couvents ,

MIN

MIN

MINISTÈRE PUBLIC. — Magistrature établie près des tribunaux pour défendre la cause de Pordre public et poursuivre les infractions aux lois. On appelait autrefois les magistrats chargés du ministère public gens du roi , parce que c’était au nom du roi qu’ils requéraient l’application des lois. Voy. Gens du roi.

MINISTÈRES, MINISTRES. —Les ministères ou départements ministériels sont les différentes administrations centrales qui dirigent tous les services publics.

Les ministères et les ministres occupent une place si importante dans les institutions de la France, qu’il est nécessaire de nous y arrêter. Il y a eu de tous temps des ministres ou grands dignitaires chargés de surveiller l’administration générale du royaume , mais leurs attributions étaient le plus souvent vagues et confuses. Les rois francs avaient près d’eux des référendaires , des apocrtsiaires , et autres conseillers dont il serait souvent difficile de déterminer les fonctions. Ainsi on appelle vaguement Eligius ou saint Eloi ministre de Dagobert, sans pouvoir préciser la nature de son ministère . Il en était de même sous les premiers Capétiens. On donne le nom de ministre à Suger sous Louis VI et Louis Vil , à Georges d’Amboise sous Louis XII , etc.; mais quoique ces personnages aient eu une importance réelle (voy. Ministres, premiers ), on ne peut sous aucun rapport les comparer aux ministres secrétaires d’ElOit dont il est ici question. Ces derniers n’ont commencé à jouer un rôle considérable qu’au xvtc siècle, et l’organisation des ministères n’a été complète qu’à l’époque de la révolution. Pour traiter* ce sujet avec ordre, il est nécessaire d’exposer la formation des ministères ou secrétairies d'Etat depuis le xvie siècle jusqu’à la révolution française et ensuite leur organisation depuis 1789 jusqu’à nos jours.

§ I. Ministères jusqu’à la fin du xviiic siècle. — Origine des ministères . — Les secrétaires d’Etat portèren t d’abord le nom de clercs du secret ; ils n’étaient que trois au temps de saint Louis ; ils prirent un peu plus d’importance sous Philippe le Bel, et c’est même ordinairement à ce prince qu’on en attribue l’institution. Mais ils ne devinrent puissants qu’au xvie siècle. Florimond Robertet, secrétaire d’Etat sous Louis XII, fut le premier qui contresigna les ordonnances du roi.

Henri II fixa le nombre des secrétaires d’Etat à quatre par une ordonnance de 1547 et augmenta leurs honoraires. La division de leurs attributions était à cette

époque purement géographique. Ainsi, Bochetel avait dans son département la Normandie, la Picardie, l’Angleterre et l’Ecosse; Clausse, la Provence , le Languedoc , la Guienne, la Bretagne , l’Espagne et le Portugal ; de L’Aubespine, la Champagne , la Bourgogne , la Bresse, la Savoie, la Suisse et l’Allemagne; du Thier, le Dauphiné , le Piémont, Rome, Venise et l’Orient. Une pareille division supposait à chaque ministre une capacité universelle ou le réduisait au rôle d’un simple secrétaire de correspondance.

Henri III voulut la modifier par plusieurs ordonnances rendues à Blois aux mois de mai et de septembre 1588 ; mais les troubles qui suivirent paralysèrent toutes les réformes. Ce fut seulement au xvne siècle que les ministères commencèrent à s’organiser. 11 y eut des charges spéciales pour la maison du roi et pour les affaires ecclésiastiques. En 1619, un seul secrétaire d’Etat fut chargé de la guerre et de la correspondance avec tous les chefs de corps. En 1626 , il y eut un ministre des affaires étrangères chargé de diriger toutes les relations extérieures. Ce fut surtout à l’époque de Louis XIV que les attributions des ministres secrétaires d’État furent plus nettement déterminées. Les affaires étrangères, la guerre, la maison du roi à laquelle on réunit les affaires ecclésiastiques , et enfin la marine formèrent les départements des quatre secrétaires d’État. Les finances dépendaient du contrôleur général (voy. Contrôleurgénéral) et la justice du chancelier (voy. Chancelier ). Ainsi , il y avait en réalité six ministères à l’époque de Louis XIV.

Les postes , la direction des bâtiments publics , le commerce , les colonies , les haras, les manufactures, l’instruction publique, n’appartenaient spécialement à aucun ministère. On n’avait pu d’ailleurs se délivrer entièrement de l’ancienne division géographique ; elle avait été conservée pour l’administration intérieure.

Les généralités ( voy. ce mot ) , qui formaient alors les principales circonscriptions administratives de laFrance, étaient partagées entre les quatre secrétaires d’Etat. Tous les quinze jours, il se tenait* en présence du roi , un conseil des dépêches (v oy. Conseil d’État ) , où l’on réglait toutes les affaires relatives à l’administration intérieure du royaume. Ces décisions , prises en commun , maintenaient du moins l’unité administrative.

Un profond secret couvrait toutes les af-* faires. Louis XIV l’imposait comme un| des premières conditions du gouvernement. 11 demandait aussi à ses ministres l’activité et la dignité, dont il ’eur don-

naît l'exemple. « Il a fallu que je lui ordonnasse de se retirer, dit-il en parlant d’Arnauld de Pomponne ( Mémoires de Louis XIV , t. UT, p. 458 ) , parce que tout ce qui passait par lui perdait de la grandeur et de la force qu’on doit avoir en exécutant les ordres d’un roi de France qui n’est pas malheureux. » Mais si Louis XIV exigeait beaucoup de ses ministres , il les comblait d'honneurs. « Il se persuadait, dit Saint-Simon ( Mémoires , XIII, 17), que leur grandeur n’était que sa grandeur propre. De là, rautorité personnelle et particulière des ministres montée au comble jusqu'en ce qui ne regardait ni les ordres ni le service du roi , sous l'ombre que c'était la sienne ; de là , leurs richesses immenses et les alliances qu'ils firent tout à leur choix. » Ce fut sous ce règne que l'on commença à donner aux secrétaires d’État le titre de monseigneur (voy. ce mot).

Organisation des 7ni?iistères sous Vancienne monarchie . — L'organisation des ministères ne fut plus moditiée avant l’époque de la révolution française. Voici , d'après Guyot ( Traité des offices, livre I, chap. lxxix), quelles étaient, en 1 787 , les attributions des quatre secrétaires d'Etat: i° Le secrétaire d’Etat, qui avait le département des affaires étrangères , avait aussi celui des pensions et des expéditions qui en dépendaient. La Guienne haute et basse , les intendances de Bayonne, Auch et Bordeaux, la Normandie , la Champagne , la principauté de Bombes , le Berry, et la partie de la Brie qui dépendait de la généralité de Chàlonssur-Marne étaient du ressort du ministère des affaires étrangères. 2° Le ministre de la maison du roi était chargé des affaires ecclésiastiques et de ce qui concernait les protestants ; il avait dans son département la ville et généralité de Paris , le Languedoc haut et bas , avec la généralité de Montauban, laProvence, la Bourgogne, la Bresse, le Bugey, le Valromey, le pays de Gex , la Bretagne , le comté de Foix , la Navarre , le Béarn , le Bigorre, le Nebouzan , la Picardie , le Boulonnois, la généralité de Tours, l’Auvergne qui comprenait la généralité de Riom, la généralité de Moulins qui comprenait le Bourbonnais , le Nivernais et la haute Marche , la généralité de Limoges qui comprenait i’Angoumois et la basse Marche, les généralités de Soissons et d'Orléans , le Poitou , la Saintonge , l’Aunis , Brouage, et les îles de lthé et d'Oléron.

3° Du ministère de la marine dépendaient les fortifications des ports, le commerce maritime, les colonies, les pèches de la morue, du hareng, de la baleine, etc..

les consulats et la chambre de commerce de Marseille. 4° Le ministre de la guerre avait dans son département les maréchaussées, espèce de gendarmerie départementale (voy. Maréchaussée), l'art\llerie, les fortifications des villes de guerre, les haras, les postes et les états-majors; cependant les gouverneurs-généraux, les lieutenants-genéraux des provinces et les lieutenants de roi (voy. ces mots) ne dépendaient pas de ce ministre. Les trois évêchés ( Toul , Metz et Verdun ) , la Lorraine , le Barrois, l’Artois, la Flandre, le Hainaut , le Cambrésis , les pays d’entre Sambre et Meuse et d'outre-Meuse > l’Alsace,^ Franche-Comté, le Roussillon, le Dauphiné, la ville de Sédan avec ses dépendances et File de Corse, étaient compris dans le département du ministre de la guerre. Cette énumération suffit pour montrer combien les attributions des divers ministères étaient encore vagues et confuses à l’époque de la révolution française.

Il est difficile de dresser une liste complète des ministres d’après leurs divers départements. Nous empruntons à l'ouvrage de M. de Saint-Allais intitulé De Vancienne France ( t. II , p. 186 et suiv. ) la liste suivante des ministres secrétaires d’Êlat depuis l'ordonnance de 1547 jusqu'à la révolution :

Liste des ministres des affaires étrarigères sous Vancienne monarchie. — Guillaume Bochetel, seigneur de Sussy, secrétaire des commandements et finances du roi; Henri U lui avait assigné la direction des affaires étrangères pour les royaumes d’Ecosse et d'Angleterre; il mourut en 1558. Côme Clausse , seigneur de Marchaumont, fut chargé des relations avec l'Espagne et le Portugal jusqu’à sa mort arrivée en 1558. Jean du Thier, seigneur de Beauregard , avait les affaires étrangères du Piémont, des Etats de l’Église," de Venise et du Levant ; il mourut en 1559. Claude de L'Aubespine, seigneur de Hauterive , gendre de Guillaume Bochetel, dirigeait les relations avec la Savoie, l’Allemagne et la Suisse. Ce fut lui qui rédigea, en 1559 , les articles du traité de Cateau-Cambrésis, et le signa, comme secrétaire d’État. 11 mourut en 1567. Jacques Bourrus, seigneur de Villeines, succéda à Guillaume Bochetel son beau-père, en 1558, et eut, comme lai la direction d'une partie des relations extérieures; il fut, en outre, chargé des affaires du concile de Trente, et dressa les mémoires et instructions pour les ambassadeurs qui représentèrent la France dans cette assemblée. Il mourut en 1567. Florimond Kobertet, baron

d’Aîïuie, petit-fils du célèbre Florimond Ce secrétaire d’Etat, qui a ?aissé des Robertet, secrétaire d’Etat sous Louis Xlï, mémoires intéressants, n’eut jamais la remplaça du Thier, et eut, comme lui, direction delà politique extérieure; Madans son département , l’Ualie, le Pié- zarin et son secrétaire particulier de mont et le Levant. Il fut envoyé en Pié- Lionne se Vêlaient réservée. Brienne se mont, en i562, pour obtenir Turin, Quiers, bornait à signer les dépêches officielles. Pignerol et autres places que le traité de Henri Louis de Loménie , comte de Cateau-Cambrésis donnait à la France; Brienne, fils du précédent , avait obtenu , en 1564 , il négocia avec la reine Elisa- en i65i , la survivance de la charge de beth d’Angleterre pour la restitution du son père; mais il n’en exerça les fonc- Havre de Grâce, il mourut en juin 1569. tions que peu de temps, et sans aucun Simon de Fizes. baron de Sauves, fut se- crédit. On a aussi de lui des mémoires

crétaire d’Etat de 1567 à 1579, et chargé des relations extérieures avec le Danemark, la Suède et la Pologne. Claude de I/Aubesplne , baron de Chàieauneuf, fils d’un des secrétaires d'Etat nommés plus haut, eut, de 1560 à 1570, la direction des relations avec l’Allemagne, F Espagne, les Pays-Bas, l’Angleterre et l’Ecosse. Nicolas de Neuville, seigneur de Villeroy, gendre de Claude de L’Aubespine, premier du nom, fut fait secrétaire d'Etat le 1 1 novembre 1567, à V âge de vingt-quatre ans. On prétend que ce fut lui qui commença a signer pour le roi. Voici l’anecdote racontée à cette occasion : Charles IX aimait passionnément le jeu de paume, et Villeroy lui ayant présenté plusieurs dépêches à signer au moment où il songeait a partir pour ce jeu. Signez pour 7 noi, lui dit Charles IX. — Eh I bien , mon 7nai tre , reprit Villeroy, puisque vous le voulez, je signerai . Eloigné du ministère, en 1588, Villeroy y rentra en 1594, à l’époque où Henri IV triompha de la Ligue. Il travailla à la paix de Vervins, et conserva, sauf une courte interruption, la charge de secrétaire d’Etat jusqu’à sa mort , arrivée en 1617. Louis Revol, appelé au ministère en 1588 , dirigea les affaires étrangères jusqu’à sa mort , en 1594. PierrcT Buulart, vicomte de Puisieux , fut secrétaire d'Etat, de J617 à 1624 ; il fut disgracié en 1624, et mourut en 1640. Nicolas Pothier , seigneur d’Ocquerre, avait dirigé, de 1622 à 1626, une partie des relations extérieures ; il mourut en 1628. Raymond Piielvpeaux , seigneur de La Vrillière, concentra entre ses mains , en 1626 , sous le ministère de Richelieu, la direction de toutes les affaires étrangères ; Raymond Phelypeaux mourut en 1629. Claude Bouthillier. seigneur de Pont-sur-Seine , succéda, en 1629 , à Raymond Phelypeaux clans la direction des affaires étrangères. Il fut disgracié en 1643, ainsi que son fils Léon Bouthillier, comte de Chavigny, qui, deuuis 1632 , avait été associé à son père. Henri-Augasie de Loménie , c«»mie de Brienne, fut ministre des affaires étrangères de 1643 à. 1663; il mourut en 1666.

fort curieux, publiés par M. F. Barrière.

Hugues de Lionne, marquis de Fresnes, avait été formé à la politique par Mazarin. Il fut le véritable ministre des affaires étrangères de 1661 à 1671, quoiqu’il n’ait eu le titre de secrétaire d’Etat qu’en 1663- U déploya dans cette administration de remarquables talents. Les négociations relatives à la succession d'Espagne ( t. I et II ), publiées par M. Mignet. ont mis dans tout son jour la supériorité de de Lionne comme ministre des affaires étrangères. Il mourut en 1671. Son fils, Louis Hugues de Lionne, avait obtenu la survivance de la charge de son père ; mais il ne s’en montra pas digne, et fut remplacé par Simon Aknauld , mar quis de Pomponne. Ce dernier fut ministre des affaires étrangères de 1671 à i679 ; disgracié à cette époque* il fut rappelé en 1696, et conserva la direction des affaires étrangères jusqu’à sa mort arrivée en 1699 Charles Colbert, marquis de Croissy , frère puîné du contrôleur général des finances, fut appelé au ministère des affaires étrangères en 1679, et y resta jusqu’à sa mort, en 1696. Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy, fils du précédent, a été un des plus célèbres ministres des affaires étrangères. Associé à son père, Colbert de Croissv, dès l’année 1689, il devint secrétaire d Etat à la mort de Simon de Pomponne, et resta seul chargé de la direction des affaires étr angères jusqu’à l’époque de la mort de Louis XIV. Il fut disgracié en 17 16 , et vécut jusqu’en 1746 ; il a laissé des mémoires très-estimés. Le marquis d’üx elles, maréchal de France, fut président du conseil des affaires étrangères lorsqu’on substitua des conseils aux ministères. de 1 7 1 6 à 1718. Guillaume Dubois , qui devint plus tard archevêque de Cambrai , cardinal et premier ministre, fut ministre des affaires étrangères de 1718 à 1 723% Il eut pour successeur Pleuriau, comte de Merviile, qui se démit de la charge de secrétaire d'Etat en 1727. Ciiauvelin eut le département des affaires étrangères de 1727 à 1737. Amelot de Chaillou le remplaça de 1737 à 1744.

Après lui vinrent Le Voyer de Paulmy, marquis d’Argenson, de 1744 à 1747 ; Brulart, marquis de Sillery, de 1747 à Ï75 I ; BARBERIE DE SAINT-CONTES!*, de 1751 à 1754 ; Rouillé, comte de Jouy . de 1754 à 1757 , et François Joachim de Pierres , cardinal de Demis, de 1757 à 1758; ce dernier ministre est surtout connu par les charmes de son esprit. Le duc de Cnoiseul, son successeur, dirigea la politique de la France de 1758 à 1770 ; il est célèbre par la conclusion du pacte de famille , qui réunit, en 1761, les diverses branches de la maison de Bourbon , et par la résistance qu’il opposa aux intrigues de la Russie en Pologne. Louis Piielypeaux, comte de Saint-Florentin, ministre de la maison du roi , administra par intérim les affaires étrangères de 17 70 à 1771. Emmanuel Armand de Vignerod, du Plessis-Richelieu, duc d’Aiguillon, petitneveu du cardinal de Richelieu, devint ministre des affaires étrangères en 1771, et conserva cette charge jusqu’en 1774.

11 ne sut ni prévoir ni empêcher le partage de la Pologne. Disgracié à l’avénement de Louis XVI , il mourut en 1788. Charles Gravier de Vergennes, ministre des affaires étrangères de 1774 à 1787, a laissé la réputation d’un négociateur habile. Il eut pour successeur le comte de Montmorin, de 1787 à 1791. Monimorin fut le dernier ministre des affaires étrangères de l’ancienne monarchie, il donna sa démission le i4 novembre 1791, et fut une des premières victimes des massacres des 2 et 3 septembre 1792.

Liste des ministres de la guerre sous V ancienne monarchie. — Avant le règlement du 15 septembre 1588, il n’y avait pas de ministère spécial de la guerre.

Chacun des secrétaires d’Etat s’occupait de toutes les parties de l’administration , guerre, finances , marine, etc., dans un certain nombre de provinces qui lui étaient assignées. Henri NI tenta le premier de donner aux differents ministres des attributions spéciales; il chargea de l’administration de la guerre Louis Revol qui conserva ce departement de 1589 à 1594. Malgré la tentative de Henri III, les attributions des divers ministères continuèrent à être confuses jusqu'à l’époque de Richelieu. Nicolas de Neuville, seigneur de Villeroy, et Pierre Biulart, marquis de Sillery, dont il a été question plus haut, furent chargés d’une partie clés attributions du ministère de la guerre ; mais ce fut surtout Sublet des Noyers qui eut, sous Richelieu, de 1636 à i643 y la direction de l’administration militaire. Il fit fortifier un grand nombre de places. Disgracié peu

de temps après la mort de Richelieu* il mourut en 1645. Il eut pour successeur Michel LeTellier, marquis de Barbezieux , qui remplit les fonctions de ministre de la guerre d’abord par simple commission, de 1643 à 1646, puis en titre d’office , de iG46à 1662; il obtint, en 1662, que son fils, le marquis de Louvois, lui fût adjoint, et bientôt il lui abandonna entièrement l’administration de la guerre ; Michel Le Tellier , fut nommé chancelier en 1677 , et vécut jusqu’en i 685# Son fils, François Michel Lk Tellier, marquis de Louvois, n’avait que vingt et un ans, lorsqu’il fut appelé à diriger avec son père les affaires militaires. 11 déploya une merveilleuse activité et contribua puissamment aux succès du règne de Louis XIV. Excellent pour organiser une armée, il devint funestô à la France, lorsqu’il eut la principale influence, et que par ambition il précipita Louis XIV dans des guerres interminables. L’historien italien Vittorio Siri l’a bien caractérisé en l’appelant le plus grand et le plus brutal des commis Louvois mourut en 1691 , et eut pour successeur son fils Louis François Marie Lb Tellier, marquis de Barbezieux. qui avait obtenu la survivance de la charge de son père dès 1681. Barbezieux fut ministre de la guerre de I69i à 1 70 1, époque de sa mort. Chamillart, de 1 70 1 à 1709, et Voysiîs , de 1709 à 1 7 1 5 , furent chargés de l’administration militaire.

Pendant les premières années de la régence du duc d’Orléans, on substitua au ministère de la guer re un conseil pour les affaires de )a guerre composé du maréchal de Villars, président, du prince de Conti , du duc de Guiche, des marquis de Puységur, de Joffreville, de Biron, de l.évi, de Saint-Hilaire, d’Asfeld, et de MM. Le Blancet de Saint Contest. En I7i8, les charges de secrétaires d’Êtat ayant été rétablies, Claude Le Blanc fut nommé secrétaire d’Etat au département de la guer re. Disgracié et enfermé à la Bastille, de 1723 à 1725, il rentra au ministère en 1726, et y resta jusqu’à sa mort en 1728. Pendant son emprisonnement, le ministère de la guerre lut confié à François Victor Le Tonnelier de Breteuil, qui se démit de la charge de secrétaire d’État en 1726 , fut rappelé au ministère en 17 40, et mourut dans l’exercice de sa charge en 17 43. Nicolas Pmsper Bàuyn d’Angervilliers succéda à Claude Le Blanc en 1728 , et mourut en 1740.

Après le second ministère de Le Tonnelier de Breieuil. Marc Pierre Le yoyek dk Paulmy , marquis d’Argenson , frère du ministre des affaires étrangères ( cité

MIN

MIN

p. 797), fut appelé au ministère ae ra guerre, et le remplit de 1743 à 1757. Il prit une part glorieuse à la victoire de Fontenoy (1745), et établit une discipline sévère dans l'armée. Disgracié en 1757, il mourut en 1764. Son neveu, Antoine René Le Voyer d'Argenson, marquis de Paulmy, avait obtenu la survivance de sa charge et la remplit pendant une année (1757-1758). 11 eut pour successeur Louis Charles Auguste Fouquet, duc de Belle- Isle, maréchal de France, qui mourut en 1761. Le duc de Ciioiseul, tdéjà ministre des affaires étrangères (voy. 197), devint en outre ministre de la guerre en 1761. Il s’occupa activement de la réorganisation de l'armée, et principalement de l'artillerie et du génie. Après la disgrâce de Choiseul , le marquis de Monteynard fut appelé au ministère de la guerre (1771), mais il fut renvoyé en 1774, et remplacé par le duc d’AiGUiLLON, qui était déjà ministre des affaires étrangères (voy. p. 797). Après la mort de LouisXV ( 1774), le comte duMuy fut nommé ministre de la guerre; il lit place, dès l’année suivante, au comte de Saint- Germain, qui, dans un ministère de deux ans (1775-1777), tenta de nombreuses reformes; il échoua en voulant introduire dans l'armée française la discipline prussienne et l’usage des coups de plat de sabre. Le prince de Montbàrrey, qui lui avait été adjoint dès 1776, lui succéda en 1777, et donna sa démission en 1780. 11 périt sur l'échafaud révolutionnaire en 1794. Le marquis de Ségur (Philippe Henri) fut appelé, en 1780 , au ministère de la guerre et y resta jusqu’en 1787. Le comte de Brienne le remplaça en 1787, et fut renvoyé, avec le cardinal de Brienne son frère, en 1788. Le comte de Puységur fut ministre de la guerre de 1788 à 1789. Le duc de Broglie (Victor François), son successeur, ne resta que quelques jours au ministère (du 12 juillet au 2 août 1789). Le comte de la Tour du Pin le remplaça et remplit les fonctions de ministre de la guerre de 1789 à 1790 ( 16 novembre ). Il périt sur l’échafaud en 1794 , et peut être considéré comme le dernier ministre de la guerre de l'ancienne monarchie.

Liste des ministres de la marine sous V ancienne monarchie . — Jusqu’en 1669 , il n’y eut pas, en France, de secrétaire d'État spécialement chargé de la marine , quoique Richelieu eût compris toute l’importance de ce service et eût équipé des flottes considérables (voy. p. 744). Lorsque Louis XIV prit la direction du gouvernement en 1661, Hugues de Lionne, marquis de Fresne, ministre des affaires étrangères (voy. p. 796) avait la marine

mms son département. Il consentit , en 1669 , à ce qu'elle en fût détachée en faveur de Colbert , contrôleur-général des finances, moyennant une somme de deux cent mille livres. Jean-Baptiste Colbert est un des ministres qui ont le plus fait pour la grandeur maritime de la France (voy. p. 745). Il mourut en 1683. Son fils , J. B. Colbert, marquis de Seignelay, lui succéda ; il avait été formé aux affaires par les soins de son père , et il s’en montra digne ( Ibidem ). Après sa mort, en 1690 , la marine passa à Louis Phelypeaux , comte de Pontchartrain, puis, en 1699, à Jérôme Piielypeaux, comte de Pontchartrain, fils du précédent. Ce dernier donna sa démission , en 1715 , après la mort de Louis XIV. Jusqu'en 1 7 1 8 , il n’y eut pas de secrétaire d'Êtat chargé de la marine; elle fut, comme les autres ministères, dirigée par un conseil. En 1718, Fleuriau d'Armenonville fût nommé ministre de la marine; il eut pour successeur, en 1722, son fils Fleuriau d'Armenonville, comte de Morville, qui passa l’année suivante (1723) au ministère des affaires étrangères. Jean-Frédéric Piielypeaux de Pontchartrain , comte de Maurepas, fils de Jérôme Piielypeaux, administra la marine de 1723 à 1749.

Rouillé, comte de Jouy, lui succéda et s’efforça de relever la marine ; il fut remplacé , en 1754 , par Maciiault, ancien contrôleur-général des finances , puis ministre de la marine de 1734 à 1754. Vinrent ensuite Peirenc de MoRAS,de 1757 à 1758 ; le marquis de Massiac (1758) ; Berryer, de 1758 à 1761, et enfin le duc de Choiseul ( 1761-1766). Ce fut pendant cette période que la marine française essuya les désastres de la guerre de sept ans. Le duc de Choiseul se démit, en 1766, du ministère de la marine en faveur de son cousin, César-Gabriel de Choiseul, • duc de Prasiin. En 1770, le département de la marine fut rattaché momentanément au contrôle général et administré par l'abbé Terray; il passa ensuite à Bourgeois de Boynes qui le conserva jusqu'en 1774. A l'avénement de Louis XVI , Turgot fut appelé au ministère de la marine , et bientôt remplacé par Sartine qui contribua puissamment à relever la marine. Le marquis de Castries lui succéda en 1781 et resta au ministère jusqu'en 1787. Après lui , César-Henri de La Luzerne, fut le dernier ministre de la marine de l'ancienne monarchie ; il donna sa démission le 20 octobre 1790.

Liste des ministres de la maison du roi sous Vancienne monarchie . — Le ministère de la maison du roi fut créé en 1589. Ses attributions subirent plu-

MIN

MIN

sieurs changements; nous avons indiqué plus haut ( p. 795 ) en quoi elles consistaient vers la fin du xvme siècle. Il était spécialement chargé de l'administration de la maison civile du roi (voy. Maison ou roi,$I), des affaires générales du clergé , de la régie des biens des protestants fugitifs, des honneurs de la cour et des affaires de la noblesse. Les États généraux et provinciaux , certaines relations avec les parlements et autres cours de justice, avec les gouverneurs des provinces , les intendants , les administrations municipales, etc., dépendaient encore du ministère de la maison du roi. Henri III donna d'abord cette charge à Martin Buzé , seigneur de Beaulieu , en 1589. Henri IV la confia, en 1606, à Antoine de Loménie, seigneur de la Villeaux-Clercs; elle passa ensuite à son fils, Henri-Auguste de Loménie-Brienne , seigneur de la Ville-aux-Clercs, reçu en survivance de la charge de son père dès t6i5. Henri de Guénégaud , seigneur du Plessis , lui succéda en 1643, et ne quitta le ministère qu'en 1668. Ce fut le contrôleur-général, J. B. Colbert , qui acheta sa charge; il la transmit, en 1675, à son fils Seignelay qui la conserva jusqu'à sa mort en 1690. Balthazard Phelypeaux, marquis de Chàteauneuf , fut chargé spécialement des affaires de la religion protestante, de 1676 à 1700. Louis Phelypeaux, comte de Pontchartrain , administra le département de la maison du roi après la mortde Seignelay de i690à 1693 ; puis vinrent Jérôme Phelypeaux, de 1693 à 1699; Louis Phelypeaux , marquis de la Vrillière, de 1699 à 1718; Jean-Frédéric Phelypeaux, comte de Maurepas, de 1718 à 1749 ; Louis Phelypeaux, comte de Saint- Florentin et duc de La Vrillière, de 1749 à 1775 ; Lamoignon de Malesiierbes , de 1776 à 1783 ; Amelot de Chaillou, de 1775 à‘1776, Le TONNELIER DE BRETEüIL, de 1783 à 1787, Laurent de Villedeuil , de 1787 à 1789, et enfin Guignard de Saint-Priest, de 1789 à 1791. Le ministère de la maison du roi fut supprimé à l’époque de la révolution.

S II. Ministères depuis 1789. — L'organisation des ministères dans l'ancienne monarchie s’était toujours ressentie de la diversité des attributions des premiers secrétaires d'État et de la division géographique des départements ministériels (voy. p. 795). L'Assemblée constituante qui avait la volonté etla prétention de tout réorganiser modifia les ministères ; elle décida par la loi des 27 avril-25 mai 1791 que le roi aurait seul le droit de nommer et de révoquer les ministres ; mais elle laissa au pouvoir législatif le soin de sta-

tuer sur le nombre et la division rîevS départements ministériels. L'Assemblée créa six ministères , dont elle détermina les attributions. La justice^ l’intérieur y les contributions et revenus publics , la guerre, la marine et les affaires étrangères formèrent les départements ministériels. 11 fut décidé que le trésor aurait son administration particulière et ne dépendrait ni des ministres ni du roi , mais seulement de l'Assemblée nationale et de son comité des finances. Les mi nistres ne pouvaient être choisis parmi les membres de l'Assemblée nationale ; ils devaient contre-signer toutes les ordonnances et étaient responsables de leurs actes devant l'Assemblée.

Lorsque l’Assemblée législative eut suspendu Louis XVL de ses fonctions, en 1792, elle s'attribua le droit de choisir les ministres , et le 29 septembre delà même année, ils formèrent un conseil exécutif provisoire. La Convention supprima les ministères le 1er avril 1794 (12 germinal an n),et institua à leur place douze commissions exécutives, dont elle nommait les membres; le comité de salut public conservait la surveillance et la direction des commissions exécutives.

La constitution de l'an ni ( 1795) rétablit les ministères . Le Directoire avait droit de nommer et de révoquer les ministres qui ne pouvaient être pris parmi les membres des assemblées législatives. Le pouvoir législatif réglait le nombre et les attributions des ministres . La constitution de Fan vin maintint les ministères et laissa au pouvoir exécutif le soin d’en régler le nombre et les attributions. Sous le consulat et l'empire, le nombre des ministères fut porté à onze par la création d’un ministère du trésor public , d’un ministère de V administration de la guerre , d'un ministère des cultes, d'un ministère de la police générale et d'un ministère du commerce . Napoléon ajouta un ministère d'Etat qui avait le contre-seing de tous les actes du gouvernement et l'administration de la maison de l'empereur. Les chartes constitutionnelles de 18i4etdei830 reconnurent à la royauté le droit de nommer et de révoquer les ministres , et proclamèrent en même temps le principe de la responsabilité ministérielle. Le nombre des ministres a plusieurs fois varié; quelques ministères ont été supprimés, comme ceux du trésor, de la police générale , etc.; il a été créé , au contraire, des ministères spéciaux de l'instruction publique , des travaux publics , etc. Ce qu'il importe de remarquer ici , c’est que les attributions des divers ministères ont été nettement détermv~

MIN

MIN

nées, comme on peut s*en convaincre, en lisant les articles suivants. Les différents ministères comprennent autant de divisions qu’ils ont d’attributions spéciales , et chaque division est elle-même partagée en bureaux. Quant à la responsabilité ministérielle, l’article 13 de la Constitution promulguée le 14 janvier 1852 porte : « Les ministres ne dépendant que du chef de l’État; ils ne sont responsables que chacun en ce qui le concerne des actes du gouvernement; il n'y a point de solidarité entre eux ; ils ne peuvent être mis en accusation que par le sénat. »

Ministère des affaires étrangères . — Le ministère des affaires étrangères, qui , sous l’empire, portait le titre de ministère des relations extérieures, a pour mission de faire les traités et conventions d’alliance et de commerce avec les nations étrangères, d’entretenir avec elles les relations internationales au moyen des ambassadeurs et autres agents diplomatiques, de rédiger les instructions dont iis sont chargés, de conserver les traités et documents diplomatiques de tout genre, ainsi que les dépôts de cartes géographiques ou sont indiquées avec une grande précision les limites de la France. Il protège, dans les pays étrangers , les intérêts moraux et matériels de la France, favorise les relations commerciales avec les pays voisins , en un mot veille à ce que la France conserve son rang et son influence en Europe. 11 est question, au mot Relations extérieures, desagents diplomatiques qui représentent la France à l’étranger. Nous nous bornerons pour compléter cet article à rappeler Je nom des ministres des affaires étrangères depuis la révolution jusqu’en 1848 : Claude VALDEC DE LessART (1791-1792) , DUMOUKIEZ (1792), DE Cil AM BONN AS (1792),

Bigot de Sainte-Croix (1 792), Le Brun (1792-1793), DE FORGUES (1793), HERMAN, Buciiot , Mangouiut , Miot , Colciien (1794-1795); ces cinq personnages ne portèrent que le titre de commissaires ; de La Croix (1795-1797), de Talleyrand- PÉRIGORD ( 1797-1799) , IlElNIlARD ( 1799) , DE TALLEYRAND- PÉRIGORD (1799-1807),

Chàmpagny, duc de Cadore ( 1807-18j i ) , Maret, duc de Bassano (I8ii-i8i3), de Caulaincourt , duc de Yicence (1813- 1814), de Fa Forêt, comte de Bussière ( 1 8 1 4 ) , Durand de Mareuil (1814), dp; Talleyrand i i 8 i 4 ) , de Caulaincourt ( i 8 i 5), de Talleyrand ( 1815), de Bichelieu (1815-1818), DESSOLLES (1818-1819), Pasquikr (1819-1821), de Montmorency (1821-1822), de Chateaubriand (1822- 1824), DE DAMAS (*824-1828), DE LA FER-

RONNÀYS (1828-1829), PORTALIS (l829), DR POLIGNAC (1829-1830), BlGNON (1830) , Jourdan (1830), Mole (1830), Maison (1830), SÉBAST1ANI ( 1830*1832), DE BROGL1E (1832-1834% DE lllGNY (1834), BRESSON ( i 834 ) , Bernard ( 1834% de Bigny (i834- 1835% 1)E BrOGLIE (1835-1836), TH1ERS (1836 , Mole ( 1836-1839), Lannes, duc de Monlebello ( 1839) , Soult, duc de Dalrnatie (1839-1840), Tihers (1840), Guizot (1840-1848).

Ministère de la guerre . — Le ministère de la guerre fut maintenu par l’Assemblée constituante. En 1802 , Bonaparte , premier consul , divisa en deux ministères l’administration de la guerre. Il y eut un ministre directeur de l'administration de la guerre qui était spécialement chargé du matériel ; ainsi le service des vivres , des fourrages et des remontes, des hôpitaux militaires, de l’habillement des armées, des lits militaires, les indemnités de logement et de fourrages, les convois et transports, la surveillance des commissaires des guerres, des officiers de santé, etc., étaient dans ses attributions. Le ministre de la guerre était chargé de \a levée , de l’organisation, de l’inspection, de la surveillance, de la discipline et de la police des armées de terre ; il dirigeait le personnel et le matériel de l’artillerie et du génie ; les fortifications et les places de guerre, les poudres et les salpêtres, la garde consulaire, la gendarmerie, les troupes de ligne, la police militaire, les écoles, les emplois et récompenses militaires, la solde et les traitements extraordinaires et indemnités. Les retraites, l’admission dans les corps de vétérans et à l’hôtel des Invalides, les prisonniers de guerre, le dépôt et ies archives de la guerre étaient soumis à son autorité. Après la chute de l’empire, on lit cesser cette division dans les attributions du ministère de la guerre , eL l’adnnnistralion tout entière de la guerre fut confiée à un seul ministre. 11 en est encore ainsi aujourd’hui. Le ministère de la guerre a dans ses attributions : le personnel et le matériel de l’armée, le recrutement, la nomination aux divers grades, les mouvements des troupes, le service des vivres, le logement, l’habillement et l’équipement des armées, les hôpitaux militaires, les fourrages, la discipline militaire, les conseils de guerre, les prisons militaires, les grâces et commutations de peines, les prisonniers de guerre, la réserve, les transports, campements et ambulances, les fortifications, les dépôts d’artillerie, forges, fonderies

MIN

et manufactures d’armes, les poudres et salpêtres, les corps d’état-major, les écoles militaires et écoles d’application. L’école polytechnique, le musee d’artillerie, le dépôt des fortifications, l'hôtel des Invalides, le dépôt de la guerre. Je corps de la gendarmerie, la garde de Paris, les sapeurs pompiers de cette ville, l’intendance militaire , le domaine militaire, enfin la direction générale des affaires d-Algérie.

Voici La liste des ministres de la guerre de 1790 à 1848 : LA. TOUR DU PlN (l790) , Pu Portail (t790-i79i) , de Narbonne C i 79 1- 1 79*2) , de Grave (1792), Servan (l792>, DUMOURIEZ (1792), LAJARD (1792), Dabancchjrt ( 1792), Servan (1792), Pache (1792-1793), BOURNONVILLE 0793», BOU- Ciiotte (1793), Beauharnais (1793). De 1794 à 1795 , une commission exécutive fut chargée de l’administration de la guerre; on y remarqua surtout Carnot.

Aubert-Dubayet, ministre de la guerre ( 1 795-1 796), P ET 1 ET < 1796-1797;, SCllÉRER (1797-1799). MlLLET MUKEAU ( 1799), BëK- NADOTTE ( 1 799) , DüBOIS-CrANGÊ (1799- 1800), Bertiiier (1800), Carnot (i 800), Lacuéë ( 1800-1807), Bertiiier ( 1807), Clarke (1807-I8i4). Ministres de l’administration de la guerre: Dejean (i8i0- 18 13) , LàCUéE , comte de Cessac ( 1813 ) , Daru(isi3-isi4j. Ministres de la guerre : Dupont ( t s 1 4 ), Soult (isi4-isi 5), Clarke (1815), Davoust ( i 8 i 5), Gouvion Saint- Cyp, (1815-1817), Clarke (1S17-1819), La Tour-Maubourg (18191821), Victor, duc de Bell 11 ne (1821-1823», de Damas (1823-1824), Clermont-T onnerre ( 1S24- 1828), DE CAUX (1828-1829), BOURMONT ( 1829-1830 ), Gérard i i83o)? Soult (1830-1834), Gérard (i834 ). Mortier (1834-1835), Maison (1835-1836), Bernard ( 1 836- 1 839 ) , Despans - Cubières (1839) , Schneider ( i839-i84o), Despans- CUBIÈRES (1840), SOULT ( J840-1845 ) , Moline Saint -Yon ( 1845-1847 ) , Tuezel (1S47-1848).

Ministère de la Justice . — L’administration de la justice, avant 1789 , était dans les attributions du chancelier ( voy. Chancelier). Cet office de la couronne fut supprimé par une loi du 27 novembre 1790 , et le ministère de la justice fut établi l’année suivante. l)e iSo2 à 18 1 4, pendant une partie du consulat et sous l’enjpire. le ministre de la justice reçut le nom de grand-juge ; Les attributions du ministère de la justice sont : Pinsiitution des juges et autres magistrats nommés par l’empereur, le maintien de la discipline dans les tribunaux , la correspondance avec les procureurs généraux

MIN

et leurs substituts pour veiller à la répression des crimes et à l’exécution des lois, la nomination des officiers ministériels, tels que avoués, huissiers, etc., la surveillance exercée sur ces officiers et sur les notaires. C'est aussi du ministère de la justice que dépendent les recours en grâce, les commutations de peines, l’extradition des criminels, les demandes en réhabilitation , les frais de justice criminelle, les dispenses d’àge, de parenté et d’alliance pour mariage , les autorisations pour servir à l’étranger , les diverses lettres de naturalisation , l’autorisation accordée aux étrangers de s’établir en France , la réintégration dans la qualité et les droits de citoyens français. Le ministre de la justice est en même temps garde des sceaux; en cette qualité, il veille à la garde du sceau de l'État, l'appose sur les Lois, traités, lettres patentes et autres actes de chancellerie, promulgue les lois et en conserve les originaux. Le Journal des savants , qui se publie aux frais de l’État, dépend ainsi que l’aiiministration et la direction de l’imprimerie nationale, du ministère de la justice

Voici la liste des ministres de la justice de 1791 à 1848 : Duport-Dutektre ( 1791- 1792 ), Germain-Garnier (1792), Duran-

TIION (1792 , DE ROLY (1792), DàNTON (1792), GARAT (1792), GoiliER (1793), Herman ( 1794 ). Jusqu’en 1795 , une commission exécutive fut chargée de diriger l’administration de la justice. En 1795 , Merlin de Douai fut nommé ministre de la justice; après lui, Génisseux ( 1795- 1 796 ^ , Merlin de Douai ( 1796-1797), LàMBRECHTS ( 1797-1799) , CAMBACÉRÈS (1799), A BRI AL ( 1799- 1802), UEGNIER, grand-juge (1802-18U) . D ambra y, chancelier ( 1 8 î 4- 18 1 5) , Cambacérès (1815), PàSQUIER (l8l 5 ), BARBÉ-MàRBOIS (1815- 1816), DAMBRAY (1816-1818), DE SERRE (18I8-1821 , Peyronnet (I82i-i828), Portalis ( 1828-1829), CHÀNTELAUZE (1829- 1830). Dupont de l’Eure ( 1830) . Méril- HOU (1830-1831), BARTHE (1831-1S34), SAUZET ( 1834-1836), PERSIL ( 1836-1837) , B a rt hé (1837-1839), Martin du Nord (1839-1840), Vivien (1840), Martin du Nord u340~iS47), Hébert (1847-1848).

Ministère de V Intérieur . — Les attributions du ministère de l’intérieur étaient divisées avant la révolution entre les différents secrétaires d’Éiat (voy. p. 795). L’organisation rie ce ministère 11e date Hue de l'assemblée constituante. Il est charge de veiller k la tranquillité et à la sûreté intérieures, et de faire exécuter les lois de police générale, de diriger

802 MIN

l’administration départementale et municipale, de maintenir la division du territoire, de faire exécuter les lois pour les élections politiques, départementales et communales, de diriger les lignes télégraphiques, de surveiller l’administration des prisons, des hôpitaux, des établissements de charité, des monts-de-piété, de faire*exécuter les lois relatives aux gardes nationales, de constater le chiffre de la population par des recensements, d’entretenir les^dépôts de mendicité, de pourvoir aux fêtes publiques, de distribuer les récompenses pour les actions généreuses, de veiller à l’exploitation des théâtres, d’encourager les arts et les lettres, de conserver les monuments historiques et les archives départementales. Les ministres de l’intérieur, depuis la révolution jusqu’en 1848 ont été Valdec de Lessart (1791) , Cahier de Gerville (179i) , Roland ( 1792) , MOURGUES (1792; , TERRIER de Montciel (1792), Champion de Villeneuve ( 1792), Roland ( 1792), Garât (1793), Paré (1793), Herman (1794). La Convention ayant supprimé ies ministères chargea de l’administration une commission exécutive. Le ministère de l’intérieur fut rétabli en 1795 , et confié à Benezech (1795-1797). Après lui vinrent François de Neufciiateau (1797), Le Tourneux (1797-1798), François de Neufchateau (1798-1799), QüINETTE (1799), LAPLÀCE (1799), Lucien Bonaparte (1799-1800), CnAPTAL (1800-1804), CnAMPAGNY (1804- 1807), CKETET (1807-1809), BaCIIASSON DE Montalivet (1809-1814) , l’abbé de Montesquiou (i8i4), Carnot ( i 8 i 5), de Vau- RLANC (1815-1816), LâÎNÉ (1816-1818), D E- CAZES (1818-1820), SlMÉON (1820-1821), DE

Corbière ( 1821-1828 ) , de Martignac (1828-1829), DE La BOURDONNAYE (1829) , DE MONTBEL (1829-1830), DE PEYRONNET (1830), Guizot (1830), de Montalivet (1830-1831), Casimir Périer (1831-1832), de Montalivet (i832), Tiiiers (1832), D’ARGOUT (1832-1834), THIERS (1834), Màret , duc de Bassano (1834), Tiiiers (1834-1836), de Montalivet (iS36), de Gasparin (1836-1837) , de Montalivet (1837-1839) , DUCHATEL (1839-1840), DE RÉMUSAT (184 0), DUCIIATEL (1840-1848).

Ministère des Finances. — L’administration des finances était confiée, sous l’ancienne monarchie, aux surintendants et contrôleurs généraux des finances (voy. CONTKÔLEUR GÉNÉRAL et SURINTEN- DANT). 1/assembiée constituante établit, en 1791 , un ministère des contribution c et revenus publics , dont les fonctions devaient se borner à assurer l’assiette et la perception de l’impôt. Supprimé en 1794,

MIN

ce ministère fut rétabli par le Directoire sous le titre de ministère des finances. En 1802, ce département fut divisé entre deux ministres : il y eut un ministre des finances chargé du recouvrement des impôts, et un ministre du trésor qui s’occupait exclusivement des dépenses. Le but de cette séparation était que Pan des ministères servît de contrôle à l’autre. Ces deux ministères furent réunis sous la restauration et le sont encore aujourd’hui, Le ministre des finances a la direction générale des finances , proposition des lois pour l’assiette de l’impôt, pour la répartition et le recouvrement des contributions directes ainsi que pour la perception des contributions indirectes; il surveille toutes les administrations financières, telles que les administrations des impôts indirects , de l’enregistrement , des domaines , des postes , des eaux et forêts , des tabacs , des monnaies, la régie des douanes, etc. Les dépenses publiques , la répartition des fonds entre les divers ministères , la dette publique, les pensions civiles et militaires, la rédaction du budget de l’État, la surveillance des banques autorisées par l’État, les instructions adressées aux receveurs généraux et particuliers , aux payeurs des départements, etc., sont comprises dans les attributions du ministère des finances.

De 1791 à 1794, il y a eu cinq ministres des contributions publiques, savoir Tardé (1791-1792), CLAVIÈRE (1792), BEAU- LIEU (1792), Leroux de Laville (1792), CLAVIÈRE (1792-1793), et Destournelles (1793-1794). La Convention supprima ce ministère et donna la direction des finances à une commission exécutive. Le ministère des finances fut rétabli en 1795 et confié à Faypoult (1795-1796). Après lui, les ministres des finances furent Ra- MEL ( 1796-1799) v ROBERT-LlNDET (1799), Gaudin, plus tard duc de Gaëte (1799- 1814), le baron Louis (1814-1815), Gaudin (1815), Louis (1815), Corvetto (1815i8i8), Roy (1818), Louis (1818-1819), Roy ( 1819-1821), DE VlLLÈLE (1821-1828), ROY (1828-1829), DE MONTBEL (1829-1830), L ouïs ( 1 830), Laffitte (i 830-1 83 i ), Louis (1831-1832), Humann (1832-1834), Hippolyte Passy (1834) , Humann (1834-183 6), d’Argout (1836), Duchatel (1836-1837) , Lacave-Laplagne (1837-1839), Hippolyte Passy (1839-1840), Pelet de La Lozère (1840), IIumann (1840-1842), Lacave-Laplagne (1842-1847), DUMON (1847-1848).

Ministère de la Marine . — Les attributions du ministère de la marine fuient divisées pendant longtemps entre les di-

MIN

MIN

vers secrétaires d’Êtat. Elles étaient réunies, en 1661, au département des affaires étrangères. Colbert se les fit céder par de Lionne, en 16 69 (voy. p. 798), et depuis cette époque la marine forma un département distinct. L'assemblée constituante conserva ce ministère qui existe encore de nos jours sous le titre de ministère de la marine et des colonies. Il a dans ses attributions l'administration des ports et des arsenaux, la nomination de tous les officiers de mer et des employés des ports et arsenaux, les approvisionnements maritimes , les hôpitaux maritimes , les bagnes, la direction des forces navales et leurs opérations, la correspondance avec les consuls français, l'inscription maritime ou les classes pour le recrutement de la flotte, l'école de marine, la conservation des archives de la marine et des cartes maritimes , l’administration des colonies françaises, à l'exception de l'Algérie qui dépend du ministère de la guerre. Les ministres de la marine de 1791 à 1848 ont été Thénard (1791) , Bertrand DE MOLLEVILLE (1791-1792), LA- COSTE (1792), DUBOUCHAGE (1792), MONGE (1792-1793), Dalbarade (1793-1794). Une commission fut chargée de l’administration de la marine jusqu'en 1795. Tru- GUET (1795-1797), PLÉVïLLE LE PELLEY (1797-1798), Bruix (1798-1799), Bourdon de Vatry ( i 799) , Forfait (1799-1801), DECRÈS (1801-1814), MALOUET (1814), Beugnot ( 1 8 1 4), DECRÈS (18 1 5), Jaucourt (1815), DUBOUCHAGE (1815-1817), Gou- VION SàïNT-Cyr (1817), MOLÉ (1817-1818), Port al ( 1 818-1 821), Clermont-Tonnerre (1821-1824), Chabrol de Crüssol (1824- 1828), Hyde de Neuville (1828-1829), d’HaUSSEZ (1829-1830), SÉBASTIANI(1830), D'ARGOUT (1830-1830, DE RlGNY (I83l~ 1834), DUPERRÉ (1834-1836), ROSAMEL (1836-1839), Tupinier (1839), Duperré (1839-1840), Houssin (1840), Duperré (1840-1843), Poussin (iS43) , de Mackau (1843-1847), DE MONTEBELLO (1847-1848).

Ministère de V Agriculture, du Commerce et des Travaux publics . — Un ministère du commerce et des manufactures fut établi, en 1812, par l’empereur Napoléon. Supprimé en 1814, il fut rétabli en 1828 et supprimé de nouveau l'année suivante. Enfin depuis 1830 il a toujours subsisté, quoiqu'il ait subi dans son organisation quelques modifications , et même une suppression temporaire. Il est maintenant reuni aux travaux publics, et porte le titre de ministère de l'agriculture , du commerce et des travaux publics. Il a dans ses attributions la distribution des encouragements au commerce.

à l'industrie et à l'agriculture , les écoles d’agriculture et de commerce, les conseils supérieurs du commerce et de l'agriculture, la préparation des lois de douanes, la publication des documents statistiques sur l'agriculture, l'industrie et le commerce, l'organisation des chambres de commerce et des chambres consultatives des arts et métiers , les poids et mesures, les conseils de prud’hommes, les haras, les écoles vétérinaires, le conservatoire des arts et métiers, l'administration générale des ponts et chaussées , des mines et minières, la direction des bâtiments civils et des monuments publics, à l'exception des monuments historiques qui dépendent du ministère de l'intérieur, et des châteaux et palais impériaux placés dans les attributions du ministre d'État. Les cours d'eau , le dessèchement des marais, etc., dépendent du ministère de l'agriculture, du commerce et des travaux publics. Les ministres du commerce ont été Collin de SUSSY (1812-18 J 4) et DE SàINT-Criq (1828- 1829); les ministres du commerce et des travaux publics , MM. d'Argout (i83i- 1832), THIERS (1832-1834), Hipp. Passy (1834), DüCHATEL ( 1834), TESTE <1834), DuCHATEL (1834-1836) , H. PASSY (1836), Martin du Nord (1836-1839). A cette époque, les travaux publics furent sépares du commerce et de l'agriculture.

Ministres du commerce , MM. Cunin Gri- DAINE (1839-1840), GOUIN (1840), CUNIN Gridaine (1840-1848). Ministres des travaux publics , MM. DüFAURE (1839-1640), Jaubert (i340) , Teste (1840-1845), Du- MON (1845-1847), JàYR (1847-1848).

Ministère de l'Instruction publique et des Cultes. — Le ministère de l instruction publique ne date que de 1820; il fut établi par une ordonnance du 22 décembre 1820, et confié à M. de Corbière qui le conserva jusqu'en 1822. M. Frayssinous, qui le remplaça en 1822, ne porta d'abord que le titre de grand maître de TUniversité. En 1824, il fut nommé ministre des affaires ecclésiastiques . En 1828 , les affaires ecclésiastiques furent séparées de ['instruction publique, M. de Valimesnil fut nommé ministre de l’instruction publique , et M.Feutrier, évêque de Beauvais , ministre des affaires ecclésiastiques. En 1S29, les deux ministères furent de nouveau réunis, puis séparés en 1832, et enfin depuis 1848 réunis sous le nom de ministère de l’instruction publique et des cultes . A ce département ministériel ressortissent la plupart des établissements d'instruction publique , collège de France, écoles de médecine de

droit, facultés de théologie, des sciences et des lettres, école normale supérieure, lycées, collèges, écoles normales primaires, écoles primaires des divers degrés. Le ministre nomme et révoque les divers fonctionnaires de l'instruction publique. Les bibliothèques , le bureau des longitudes, les écoles des langues orientales, les observatoires, etc., dépendent de ce ministère. Ce département est chargé, comme ministère des cultes, des relations avec la cour de Rome, de la correspondance avec les archevêques et évêques, de l'exécution des lois qui assurent la liberté de conscience et la protection due aux différents cultes reconnus par l'Etat, de l’entretien des monuments consacrés au culte, en un mot de tous les détails de l'administration, en ce qui concerne les relations du temporel et du spirituel. Les ministres de l’instruction publique de 1820 à 1848 ont été Mi\l. de Corbière f 1820-1822 , Frayssiisous (1824- 1828) , DE Vàtimesnil ( 1 828 - 1 829 ) , Guer- NON-Ranville ( 1829-1830 ), BlGNON ( 1830), DE BROGLIE (1830), MÉRILHOU (l830), Bartiie (1831), DE MONTALIVET (1831- 1832), Girod de l'Ain (1832), Guizot (1832-1834), Pelet de la Lozère (1834), Guizot (i834-i836 ), Pelet de la Lozère (1836), Guizot ( 1836-1837), de Salvandy (1837-1839), VlLLEMAIN (1839-1840), COU- SIN (1840), VlLLEMAIN (1840-1845), DE Salvandy ( 1845-1848).

Le ministère de la police générale institué par le Directoire, en 1796, avait pour mission de veiller à l’exécution des lois relatives à la sûreté et à la tranquillité de l’État. Supprimé en 1818 , il a été rétabli en 1852 , mais pour peu de temps. Aujourd’hui la police générale est rattachée au ministère de l’intérieur. Les ministres de la police de 1796 à 1818 ont été : Camus (1796), Merlin de douai (1796), Cochon (1796), Le Noir Laroche (1797), SOTl IN (1797 ), DONDEAU (1798), Le CARLIER (1798), DUVAL (1798), FOUCHÉ (1799-1802). Le ministère de la police fut supprimé à cette époque et rétabli en 1804. Fouché (1804-1810), Savaki (1810- 181 4); nouvelle suppression du ministère; FOUCIIÈ ( 1815), DECAZES (1815-1818).

Ministère d’État. — Le ministère d'É tat a été institué par un décret en date du 22 janvier 1852, qui règle les attributions de ce ministère. Le ministre dy Etat* dit ce décret, aura: les rapports du gouvernement avec le sénat, le corps législatif et le conseil d’Etat ; la correspondance de l'Empereur avec les divers ministères ; le contreseing des décrets portant nomination des ministres , nomination des présidents du

sénat et du corps législatif , nomination des sénateurs et concession des dotations qui peuvent leur être attribuées, nomination des membres du conseil d’Ëtat ; le conlre-seing des décrets concernant les matières qui ne sont spécialement attri buees à aucun département ministériel la rédaction et la conservation des procèsverbaux du conseil des ministres ; la direction exclusive de la partie officielle du Moniteur ; l'administration des palais impériaux et des manufactures impériales. Les archives impériales y on t été annexées .

Le ministre d’État était spécialement chargé, de concert avec le ministre présidant le conseil d’État, de porter la parole au nom du gouvernement devant le Sénat et le Corps législatif. L’administration des palais impériaux, et les attributions relatives aux lettres, aux sciences et aux arts appartenaient au ministre de la maison de l'Empereur. Le ministère d’État a été supprimé.

Histoire des secrétaires d’Êtat , par Fauvelet du Toc, Paris, 1668 , 1 vol.

in-4.

Histoire des ministres dy Estât qui ont servy sous les roys de France de la troi sieswe lignée , par Ch. Gombault et V ancienne France (Paris, 1834, 2 vol. in-8), par Saint- Allais, quiaconsacié une partie du second volume à l’histoire des ministres secrétaires d'État.

MINISTERIALES. — Le mot ministe rialis , venant de minis ter ium (office), désignait toute espèce d'officier. « Parmi les ministeriales , dit M. Guérard ( Prolégomènes du polyptyque d’Irminon , p. 34i ), les uns étaient ordinairement des hommes libres, ayant des emplois publics ou domestiques, soit dans l’Etat ou dans le palais du roi, soit dans les églises ou dans les monastères; les autres, des hommes de condition servile, remplissant diverses fonctions dans les maisons ou dans les terres des seigneurs. Sont nommés ministeriales du roi , et doivent être rangés dans la première classe, les ducs, les comtes, les gouverneurs (gastaldii \ les vicaires ou viguiers ( vicarii ), les cenieniers ( centenarii >, etc., de même que les officiers supérieurs du palais ( mwiisteriales capitanei palatii ), tels que Vapocrisiarus , capeltanus ou custos palatii ( principal chapelain de l'empereur), le grand chancelier, le camérier ou chambellan, le comte du palais, le sénéchal, le bouieiller ou grand échanson , le connétable, le mansionnaire ou grand maréchal des logis , les premiers veneurs au nombre de quatre et le fauconnier etc. » On désignait en-

37fW

Mf!V

core, au xin® siècle sous le titre de ministerielles les grands officiers de la couronne : témoin une sentence de 1224, citée par du Cange (v° Pares ) , et où il est dit que les ministerielles , savoir le chancelier, le buuteiller, le chambellan et le connétable , ont le droit de juger les causes des pairs avec les pairs de France ^ quod ministeriàles prædicii debent interesse cum paribus Francise ad judi candum pares).

M1NISTÉRIAT. — Dignité de ministre.

Ce mot se trouve dans quelques écr its du xviie siècle, Le Journal des guerres civiles de la Fronde, par Dubuisson-Aubenay(Bibl. Maz., manuscrit, n° 1765, t. XV) s’exprime ai*«i a la date du 20 février 1651 : « Le parlement assemblé reçoit [communication] de la déclaration du roi touchant l'interdiction du ministériat et gouvernement en France à tous étrangers.» Ce Journal de Dubuisson-Aubenay, auquel je ferai de nombreux emprunts, est inédit. 11 a d'autant plus d autorité que Fauteur était gentilhomme du secrétaire d’Éiat Duplessis-Guénégand.

MINISTRES. — Voy. Ministères.

MINISTRES , MINI ST RERIE. — Dans plusieurs ordres religieux, le mot ministre désignait un supérieur. Chez les Franciscains , on appelait ministre le supérieur général ; chez les Mathurins, le supérieur de chaque maison se nommait aussi ministre y et la maison portait le titre de ininistrerie ou déparlement d’un ministre.

MINISTRES PLÉNIPOTENTIAIRES. — Agent diplomatique investi de pleins pouvoirs pour négocier et conclure des traités. Voy. Relations extérieures.

MINISTRES (Premiers). — On désigne sous ce nom, dans l’histoire de France, quelques hommes qui ont gouverné sous le nom des rois. Je n’insisterai pas sur les ministres des rois mérovingiens et carlovingiens , sur les référendaires , maires du palais , comtes pain tins , apocrisiaircs , qu’on ne peut assimiler aux premiers ministres de la monarchie capétienne. La plupart des premiers mmistres étaient ecclésiastiques, ainsi Suger, qui, sans avoir le titre officiel de premier ministre , en remplit les fonctions sous Louis VI et Louis Vil, était abbé de Saint- Denis; on peut encore citer le cardinal de La Balue , sous Louis XI; Guillaume Briçonnet, sous Charles VIH; Georges d’AMBoisE, sous Louis XU ; le cardinal de Tournon et l’amiral d’ANNEBAULT, sous François 1er. On peut iuger de la puis-

sance du cardinal de Tournon et de l’amiral d’Annebault par le passage suivant de l’ambassadeur vénitien Mavino Cavalli, qui visita la France en i546 {Pelotions des ambassadeurs vénitiens , 1. 286; :

« Le roi ( François Ier; se décharge presque entièrement du soin des affaires sur le cardinal de Tournon et l’amiral d’Annebault. Il ne prend aucune décision , il ne fait aucune réponse, qu’il n’ait écouté leur conseil : en toute chose, il s’en tient à leur avis; et si jamais (ce qui est fort rare) on donne une réponse A quelque ambassadeur, ou si l’on fait une concession qui ne soit pas approuvée par ces deux conseillers, il la révoque ou la modifie. Mais pour ce qui est des grandes affaires de l’État, de la paix ou de la guerre, Sa Majesté, docile en tout le reste , veut que les autres obéissent à sa volonté. Dans ce cas-là, il n’est personne à la cour, quelque autorité qu’il possède, qui ose en remontrer à Sa Majesté. » Les Guise, et principalement le cardinal de Lorraine, furent réellement premiers ministres , sous les règnes de Henri II, François II, Charles IX et Henri III.

Mais de tous les premiers ministres les plus célèbres furent les cardinaux de Rien elieu et Mazarin , le pi entier sous Louis XIII, de 1624 à 1 642 , et le second pendant la minorité de Louis XIV, de 1643 à 1661. Leurs caractères présentent le contraste le plus complet. Richelieu avait brisé les obstacles ; Mazarin s’efforça de les tourner « On vit alors, dit le cardinal de Retz, sur les degrés du trône, d’où l’àpre et redoutable Richelieu avait foudroyé plutôt que gouverné les humains, un successeur doux et bénin, qui ne voulait rien, qui était au désespoir que sa dignité de cardinal ne lui permît pas de l’humilier, autant qu’il l’eût souhaité devant tout le monde. » Ce portrait de Mazarin tracé par un ennemi ne doit pas faire oublier tout ce qu i! y a de grandeur réelle dans un ministre qui a conclu les traités de Westphalie et des Pyrénées et préparé le règne de Louis XIV.

Parmi les "premiers ministres, il faut encore citer le cardinal Dubois , à l’époque de la régence du duc d’Orléans; le cardinal de Fleury, sous Louis XV, et le cardinal Loménik df, Brienne, sous Louis XVI. Il y a eu quelques autres ministres dirigeants au xvm* siècle, particulièrement le duc de Bourbon, de 1723 à 1726 : le duc de CROISEUR, de 1758 à 1770, et le comte de Maurrbas, de 1774 à 1781. Je n’ai pas parlé du maréchal d’Ancre ( Concino Concini), qui eut une grande influence pendant la minorité de Louis XIII , parce que ce ne fut qu un

MIN

MIQ

favori. Sous le gouvernement parlementaire , de 1814 h 1848 , il y a eu un certain nombre de présidents au conseil des ministres , et, entre autres, le duc de Richelieu , le comte de Villêle , le duc de Polignac, MM. Laffitte, Casimir Périer , le maréchal Soult, le duc de Bkoglie, Molé, Thiers, Guizot.

MINISTRES D’ÉTAT. — Les ministres d'Etat, sous Pancienne monarchie et à l’époque du gouvernement parlementaire, avaient le droit d’assister au conseil des ministres, et prenaient part aux délibérations sur les affaires d’État sans avoir un département ministériel. Il serait difficile de marquer l’époque précise où le titre de ministre d'Etat a commencé à être employé. On peut assimiler aux ministres d'Etat quelques-uns des conseillers auxquels les rois capétiens accordèrent une influence prépondérante, tels que Guy de Montlhéry, sous Philippe Ier; Ansel de Garlande et Étienne de Garlande, son frère, sous Louis VI; Robert et Gilles Clément du Metz, sous Philippe Auguste ; Guérin, évêque ae Senlis, sous le même règne; Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis, sous le règne de saint Louis ; Pierre de La Brosse, sous Philippe III; Enguerrand de Marigny, sous Philippe le Bel ; Mathieu de Try et Pierre de Gaucourt, sous Philippe de Valois; Jean et Guillaume de Dormans, Philippe de Maizière, sous Jean et Charles V ; Olivier de Clisson , Le Bègue de Vilaine, Bureau de la Rivière, sous Charles VI; Pierre de Giac, La Trémouille , Louvet, Richemont, les frères Bureau, Jacques Coeur, sous Charles Vil ; Olivier le Daim, Philippe de Comines, sous Louis XI ; Anne de Montmorency, le maréchal de Saint-André, François et Henri de Guise, dans le cours du xyi° siècle.

Quant au titre même de ministre d’État y il ne se trouve guère antérieurement au xvii* siècle. Avant 1659, d’après Guyot ( Traité des offices , livre I, chap. lxxix), le roi donnait aux personnes qu'il élevait à la dignité de ministre d'Etat, des lettrespatentes qui leur en conféraient expressément la qualité. Vers cette époque, M. de Marca, archevêque de Toulouse, fut fait ministre d’Etat pour lever ses scrupules sur la non-résidence. « Mais depuis, ajoute le même auteur, le seul choix du roi imprime à ceux qui assistent au conseil d’État, le titre de ministres d'Etat; il s’acquiert par le seul fait, c’est-à-dire par l’honneur fait à celui qu’il y appelle de l’envoyer avertir de s’y trouver. Ce titre ne se perd point quand

on cesserait d’assister au conseil. Les ministres d'Etat sont assis et opinent sans se lever pendant la séance du conseil d’État, quoique le roi y soit présent. On leur a toujours donné le titre d'excellence. Le nombre des ministres d'Etat n’est pas limité, mais d’ordinaire il n’est que de sept ou huit personnes. » Il y a eu aussi des ministres d'Etat à l’époque du gouvernement parlementaire. Ils participaient aux délibérations du conseil des ministres.

Le ministère d'Etat, institué en 1852 (voy. p. 804), ne ressemblait que de nom aux ministères d9Etat de l’ancienne monarchie.

MINISTRES DU SAINT ÉVANGILE. — Nom donné par les protestants aux pasteurs charges des fonctions sacerdotales.

Les ministres sont choisis par le consistoire. Voy. Consistoires.

MINUTE. — Original d’un acte quelconque, d’un jugement, d’un testament, d’un procès-verbal, etc. Le nom de minute vient de ce que ces originaux étaient ordinairement d’une écriture plus menue , de même que les grosses tirent leur nom de ce que les caractères en sont plus gros et mieux formés.

MI-PARTIE (Chambre). — Le traité de Saint - Germain , en 1570 , et l’édit de Nantes, en 1598, accordèrent aux protestants, outre le libre exercice de leur culte en plusieurs lieux , des places de sûreté et des chambres mi -parties dans quelques parlements ; ces chambres , composées par moitié de cathodiques et de protestants pour juger les procès entre plaideurs de religion différente, furent instituées en Guienne,en Languedoc et en Dauphiné ; elles furent supprimées en

MI-PARTIE (Chaperon). — Il était d’usage, au xive siècle, de porter des vêtements mi-partie de diverses couleurs; quelquefois une moitié des chausses était rouge et l’autre jaune ou bleue (voy. Habillement). Ces modes bizarres se rattachaient, dans certaines occasions, à une pensée politique. Ainsi, lorsque le prévôt Marcel, en 1357, se mit à la tête de la faction démocratique, il fit prendre à ses partisans un chaperon mi-partie de rouge , couleur de Paris , et de bleu , couleur du roi de Navarre son allié. C’était le signe de ralliement de sa faction.

MIQUELETS. — Ce nom s’appliquait primitivement à des soldats espagnols qui combattaient en partisans. On organisa aussi des miquelets français, pendant le»

guerres de la lin du xvne siècle , au xvin° siècle et sous l'empire. Ces mique lets figurent en 1689, en 1744 et en 1808. Armés à la légère, et choisis parmi les montagnards habitués à chasser dans les Pyrénées , les miquelets renairent de grands services dans les guerres contre l'Espagne.

MIRACLES (Cour des). — Lieu oti se réunissaient les mendiants et vagabonds de Paris; il tirait son nom de la métamorphose qui s’opérait subitement dans leurs personnes et faisait disparaître leurs infirmités factices. La principale Cour des miracles de Paris était situé près de la rue Neuve Saint-Sauveur. On en trouvera la description dans les Antiquités de Paris, par Sauvai.

MIRAMIONNES, — Communauté religieuse établie, en 1665, par Mme de Miramion. Le but de cette institution était d'enseigner à lire et à écrire aux jeunes iilles pauvres ; de donner des secours aux malades et aux blessés ; de prendre des pensionnaires pour les élever chrétiennement , etc. Ce couvent, située sur le quai de la Tournelle, fut supprimé en 1790; on a établi dans la maison des Miramionnes la pharmacie centrale des hospices et hôpitaux civils de Paris.

MIRES. — Nom des médecins au moyen âge ( voy. Médecin)* On disait proverbialement :

Qui veut la guérison du mire

11 lui convient tout son mal dire.

MIROIR. — Ce mot était souvent employé , au moyen âge, pour désigner une compilation de faits ou de préceptes , un recueil de jurisprudence. Le Miroir de Saxe elle Miroir de Souabe sont les codes de la Saxe et de la Souabe au xme siècle. Vers la même époque , le savant dominicain , Vincent de Beauvais, composa sous le titre de Spéculum quadruplex ( quadruple miroir ) quatre traités ou miroirs ( Spéculum doctrinale , naturale , morale , historiale). Son contemporain, Guillaume Duranti , est aussi l’auteur d’un Miroir ( Spéculum judiciale , miroir de justice ), qui renferme un recueil complet des lois et de la procédure judiciaire de cette époque. On en trouvera une analyse dans le savant article que M. V. Le Clerc a consacré à Guillaume Duranti dans le t.XX del' Histoire littéraire de la France .

MIROIRS. — Les miroirs mentionnés avant le xvic siècle sont ordinairement des miroirs d’acier ou d’argent. Les comptes des rois de France en parlent souvent. Il est question , dans un compte

de 1398 , d’un miroir d'argent doré qui servait de oouvercle à une salière, et, dans un compte de 1412 d’un petit miroir à deux lunettes d’argent doré ( Comptes de V argenterie des rois de France publiés par M. Douët d'Arcq ). Le Roman de la Rose fait mention de miroirs ardents comme l’attestent ces vers ;

Autre viireor sunt qui ardent

Les choses, quand eus les regardent....

Il y avait aussi des miroirs qui présentaient des images multiples d’un même objet et étaient taillés à facettes. Le Roman de la Rose en parle également :

Autres font diverses ymnges Aparoir en divers estages.

Droites , bélongues et enverses Par compoaicions diverses ;

Et d’une en font-ils plusors nestre Cil qui des mi reors sunt mestre ;

Et font quatre icx en une teste.

MIROITIERS. — Ouvriers qui fabriquaient les miroirs; ils furent érigés en corporation en 15S1.

MIROI3ER DE FIEF. — Branche aînée dans une famille féodale. « En chacune branche de parage , dit Loysel ( Institute s coutumières , livre IV, titre 3, n° 77), elle s'appelait mirouer de fief par l’ancienne coutume du Vexin. » Voici comment La Thaumassière (Anciennes coutumes du Berri , chap. xxxvi,p. 47) explique le sens du mot miroir ou mirouer de fief . « Je crois, dit-il, que la portion ae l'aîné était appelée miroiter, parce que celle des puinés y était représentée comme dans un miroir .... Tous les puinés se voient dans la portion de l'ainé qui est le fief dominant, comme dans un miroir. Ils le regardent comme un centre commun ; et leur garant envers le seigneur supérieur. Ma conjecture est que c'est la raison pour laquelle les anciennës'coutumes l'appellent Mirouer de fief ; ce que je soumets à la censure des doctes. »

MISÉRICORDE. — On appelle miséricorde dans les églises le banc, sur lequel le clergé peut s'asseoir pendant les offices. Le nom de miséricorde donné à ces sièges vient de ce qu'ils ne servaient primitivement qu’aux clercs âgés et infirmes qui obtenaient, par grâce ( per misericor diamj , de rester assis pendant l'office. ( Vov. du Cange , y0 Misericordia . ) Ces miséricordes, comme les stalles dont elles font parLie sont quelquefois sculptées avec un grand soin et représentent des sujets tantôt religieux , tantôt profanes. On voit sur une des miséricordes de la cathédrale de Rouen, Aristote agenouillé avec une longue barbe et portant une

Page 1