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Ces airs étaient souvent faibles et languissants; mais le récitatif était touchant et quelquefois même sublime.
Lulli forma une nombreuse école. Campra , Colasse , Destouches , Mouret, Dernier, Clérembaut, Montéclair, Dabousset, Ratistin , Lalande, Marais, Forquerey , Marchand , Couperin , Batiste , Senailler, Le Clair, Rebel, Francœur, etc., s’efiorcèrent d’imiter Lulli à diverses époques et avec plus ou moins de célébrité.
Rameau les éclipsa tous , et tit pour ainsi dire de la musique un art nouveau. On oublia les beaux récitatifs de Lulli pour se livrer aux charmes d’une harmonie inconnue jusqu’alors. Rameau était âgé de cinquante ans, lorsqu’il donna, en 1733, Hippolyte et Aride , son premier opéra. Vingt compositions de ce genre qui succédèrent à cet opéra, mirent le sceau à sa réputation. Cependant il a éprouvé, à son tour, le sort de Lulli; la lus grande partie de sa musique est ouliéé. Gluck créa la musique dramatique.
Sous son impulsion , les instruments de l’orchestre devinrent des voix sensibles, qui rendaient des sons touchants ou terribles, et qui s’unissaient toujours à l’action pour en fortifier ou en multiplier les effets. Cependant Gluck fut vivement attaqué. Piccini et Sacchini, qui étaient venus à cette époque même s’établir en France, se mirent à la tête de ses adversaires. Les Piccinistes et les Gluckistes formèrent deux camps rivaux. La dernière moitié du xvm° siècle fut encore illustrée par d’autres maîtres, entre lesquels on remarque surtout Grétry , Méhul et Lesueur. En 1784, on avait organisé une école de musique indépendante des maîtrises des cathédrales. Elle exista, de 1784 à 1789 , sous le nom d 'Ecole royale de chant, détruite en 1789, elle ne fut rétablie qu’en 1793.
Conservatoire de musique. — La Convention organisa le 18 brumaire an n (novembre 1793) un Institut national de musique, qui fut complété deux ans après et prit le titre de Conservatoire de musique. Il se composait de cent quinze artistes , et formait des élèves pour toutes les parties de Fart musical. Les élèves devaient être au nombre de six cents; ils furent réduits à trois cents en 1802. Réorganisé en 1808 , le Conservatoire eut quatre cents élèves et forma à la déclamation tragique et comique, aussi bien qu’à toutes les parties de Part musical. De 1815 à 1830 , le Conservatoire fut désigné sous le nom d'Ecole royale de musique. U reprit, en 1830 , le nom de Conservatoire qu’il a conservé jusqu’à nos jours. Depuis sa création cet établisse-
ment a rendu les plus grands services à Part musical. Dirigé, dans l’origine, par Gossec, Méhul , Chérubini , il forma d’excellents artistes. Les opéras de Joseph , Euphrosine , Stratonice, par Méhul; Télé maque , Paul et Virginie, les Bardes , par Lesueur ; Médée , Lodoïska , par Chérubini ; Aline, par Berton ; la Dame Blanche , par Boïeldieu , illustrèrent la fin du x\Tiue siècle et le commencement du xix® siècle. Les élèves de ces maîtres ont dignement soutenu leur réputation jusqu’à nos jours. En même temps, les œuvres les plus éminentes des maîtres allemands et italiens ont été exécutées d’une manière remarquable par les artistes français.
On pourra consulter sur l’histoire de la musique en France, outre les ouvrages souvent ciiés de M. Bottée de Toulmon , le Parnasse français de Titon du Tillet , Paris, 1732; les Progrès de la musique sous le règne de Louis le Grand , Paris, 1735 ; l'Essai sur les goûts ancien et moderne de la musique française , par Colin de Blamont , Paris , 1754 , in-4°; V Essai sur les révolutions de la musique en France , Paris, 1776 , in-12 ; ouvrage attribué à Marin on tel :,Fétis, Biographie des musicieiis ; Labat, Etudes philosophiques et morales sur T histoire de la musique , Paris, 1852; de Coussemaker, Histoire do V harmonie au moyen âge , Paris, 1852.
MUTATION (Droit de). — Droit que l’on paye pour une succession. Voy. Succession.
MUTILATION. — Supplice qui consiste dans la perte d’un membre. Voy. Supplice.
MUTUEL (Enseignement). — Mode d’enseignement dans lequel un certain nombre d’élèves, appelés moniteurs, sont chargés de suppléer le maître et d’instruire leurs condisciples. Cette méthode a été préconisée par l’Anglais Lancaster, et introduite en France vers 18 15. L’abbé Gauthier, le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, M. de Gérandoet un certain nombre d’autres personnes zélés pour l’instruction de l’enfance adoptèrent V enseignement mutuel et formèrent une association pour le propager en France. En peu de temps les écoles d’ enseignement mutuel se multiplièrent; on en comptait plus de deux cents en 1818 , plus de cinq cents en 1 819 et près de deux mille en 1821. Mais, après 1830, la vogue de Renseignement mutuel ne se soutint pas , et bientôt les écoles oh l’on suivait cette méthode furent réduites à la moitié environ du chiffre qu’elles avaient atteint sous la restauration. Il s’est formé du mélange de Renseignement