NOE
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souveraines , les offices de président et de conseiller ne transmettaient la noblesse qu’au second ou au troisième degré: c'était une noblesse graduelle .
NOÇAGE. — llepas nuptial que , dans quelques pays, et principalement en Bretagne , les curés exigeaient primitivement en nature et qui plus tard avait été converti en argent. — Le mot noçage désignait aussi dans certaines coutumes le droit qu'avait le seigneur d’assister aux noces de ses vassaux. Le seigneur liautjusticier, ou, eu son absence, le sergent ou huissier de sa justice devait être convié à la noce huit jours avant la célébration du mariage pour accompagner la mariée à l’Église ; il prenait place à dîner avant le marié ; il amenait deux chiens courants et un lévrier qui étaient nourris pendant le repas des noces ; après le dîner, le seigneur ou son représentant avait le droit de chanter la première chanson. Un arrêt du parlement de Paris rendu le 6 mars 1601 ordonna que ces coutumes fussent observées, attendu qu’elles étaient mentionnées dans les aveux rendus par les vassaux.
NOCES. — Voy. Mariage.
NOËL. — On a prétendu que ce mot était dérivé de nouvel à cause de la bonne nouvelle qui fut alors annoncée aux bergers et bientôt répandue dans le monde entier. L'usage des trois messes qui se célèbrent pour la fête de Noël est venu de Borne. On les disait à cause des trois stations indiquées par les papes pour le service divin ; la première à Sainte -Marie- Majeure , pour la nuit; la seconde à Saint-Athanase , pour le point du jour, et la troisième à Saint-Pierre, pour la messe du jour.
Noël n’était pas seulement, au moyen âge, une des fêtes les plus solennelles" de l’Eglise ; ce fut, pendant plusieurs siècles et jusqu’à une époque récente, l’occasion de réjouissances de famille. Au xme siècle, dit Sainte-Palaye (v° Noël), on donnait à ses amis, pour les fêtes de Noël , des gâteaux appelés nieules ( voy. ce mot) et un poulet rôti. On chantait des cantiques appelés Noëls , où la naissance du Christ, l'adoration des mages et des bergers étaient célébrées dans un langage naïf.
« En ma jeunesse , dit Pasquier ( Recherches de la France , livre IV, chap. xvi ), c'était une coutume que l’on avoit tournée en cérémonie de chanter tous les soirs presque en chaque famille des Noëls, qui étoient des chansons spirituelles faites en l’honneur de N. S.; lesquelles on chante encore en plusieurs églises, pendant crue
l'on célèbre la grand' messe e jour de Noël, lorsque le prêtre reçoit les offrandes. » Chaque province avait ses Noëls , et, ceux de la Monnoie en patois bourguignon ont beaucoup de réputation. La bûche de Noël ou Tréfoir (voy. Tréfoir) donnait lieu à une fête de famille; on appelait la bénédiction du ciel sur la maison. La distribution du pain de Calandre avait le même but.
Cette fête marquait si bien l’allégresse universelle en souvenir de la régénération du monde par la naissance du Christ, que le mot Noël devint synonyme de réjouissance. Aux entrées des rois et dans toutes les solennités , le cri de Noël! Noël! retentissait sur les places publiques. Pasquier ( Recherches , ihid.) en cite plusieurs exemples : « Aux registres de la chambre des comptes , le greffier soucieux d’enregistrer ce qui se fais oit de solennel dans la ville de Paris, récitant le baptême de Charles VI dans l’église de Saint-Paul, dit que le 3 décembre 1368 naquit Charles sixième qui fut tenu sur les fonts en l’église Sainl-Paullès-Paris par Charles, seigneur de Montmorency et que lors y avoit une grande multitude de peuple qui commença de crier Noël. Jean, duc de Bourgogne, après avoir fait assassiner le duc d’Orleans, revint dans Paris. Monstrelet dit au chapitre xxxvu du premier livre que les Parisiens en furent si joyeux, qu’à son arrivée les petits enfants crioiem par les rues Noël. En l’an j 429, Philippe, duc de Bourgogne , ramena sa soeur au duc de Bedford dans Paris, à la venue duquel fut faite moult grande joie des Parisiens , dit le même Monstrelet, si y crioit-on Noël par tous les carrefours par où ils passoient. Quand Charles VII lit son entrée dans Paris en 1437 , il y avoit , ait le même auteur , si grande multitude de peuple par les rues, qu'à peine pouvoit on passer, lequel en divers lieux crioit è haute voix tant qu'il pouvoit Noël pour la joyeuse venue de leur roi et naturel seigneur et de son fils le Dauphin. »
Le commencement de l’année était fixé à Noël à l’époque de Charlemagne (Voy.
Année).
NOIR (Code). — Voy. Nègre.
NOMBRAGE. — Office et salaire des officiers féodaux ou sergents appelés numeratores ; ils étaient chargés décompter les gerbes de blé et les autres produits de la récolte, afin de prélever ce qui eu revenait au seigneur en vertu du droit de Champart (voy. ce mot). — Le mot nom brage ou nombraige désignait même quelauefois le droit qu’avait le seigneur
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de percevoir ces dîmes qu'on appelait dîmes nombrées. Dans une charte de Tannée 1361 , on lit ; toutes les rentes , cens et nombraiges , etc. Voy. du Cange, v° Nu merarium.
NOMBRE D'OR. — Le nombre d’or est une période lunaire de dix-neuf années dont on se servait pour déterminer les nouvelles lunes. IL était ainsi nommé, à ce que Ton croit , parce que Ton écrivait en caractères d’or, dans les anciens calendriers, le jour des douze mois solaires ou tombait la nouvelle lune de L'un ou de l'autre de ces cycles. Dans ces dix-neuf années il y en avait douze appelées communes , et sept ei nbolimiques ou intercalaires, parce qu'elles étaient composées de treize mois au lieu de douze. On avait cru ainsi établir une concordance parfaite entre le calendrier lunaire et le calendrier solaire. Mais le cycle lunaire dépassait de plus dùjne heure le cycle solaire. La réforme de Grégoire XII l modifia sur ce point le calendrier ecclésias tique et réforma cette irrégularité.
NOMINAUX. — Philosophes du moyen âge qui prétendaient que les idées générales n'etaient que des mots (jlatus vocis). Voy. Sciences, § Philosophie .
NOMS. — Les Romains portaient plusieurs noms , et cet usage adopté par les Gallo-Romains se conserva sous la domination des Francs. Les bummes de race noble avaient trois noms. Ainsi Tévêqne historien , Grégoire de Tours , s'appelait Georgius Florentins Gregorius , Le premier nom était le prénom , le second le nom de la gens , et le troisième, appelé aynomen , distinguait les diverses branches de la nens .
Noms chez les Francs . — Chez les Francs, le nouveau-né recevait un nom la neuvième nuit, après sa naissance, comme le prouve le paragraphe 5 du titre XVI de la Loi salique . Les parents se réunissaient et donnaient un nom à l’enfant.
Cette cérémonie était accompagnée de grandes réjouissances. On ne connaissait pas alors ce qu'on a appelé depuis nom de baptême. Quelquefois le nom n'était donné à l'enfant que plus tard : le fils de Chilpéric, avait déjà quatre mois, lorsque les grands de Neustrie se réunirent pour lui donner le nom de Clotaire (Chlotarium vocitarunt, Grégoire de Tours, livre VII , chap. vu). Dans la suite le nom se donna au baptême. Flodoard, dans sa chronique à Tannée 945, dit que la reine Gerberge donna naissance h un fils qui fut appelé Charles à son baptême ( qui Caroli&s ad catechizandum vocatus est).
Les Francs ne portaient qu'un nom , comme Clovis , Caribert9 Clotaire (voy.
la signification de ces noms, p. 769). Charlemagne introduisit à sa cour l'usage de prendre un surnom; lui-même se faisait appeler David ; Alcuin portait le nom d'Albinus, etc.
Noms à l’époque féodale . — A l'époque féodale, c'est-à-dire vers le xie siècle * les propriétaires ou seigneurs féodaux portèrent deux noms ; le premier donné suivant l'ancien usage et le second j,iré de la terre qu'ils possédaient. Chez *les Romains , c'était le propriétaire qui imposait son nom à la terre : les prés de Mu dus ( prata Muda) , etc. Dans le système féodal, où la terre avait une si haute importance (voy. p. 409), elle donna son nom au seigneur. Il faut cependant établir ici une distinction. Au sud de la Loire, dans les provinces de droit écrit ou romain , il était depuis longtemps d’usage de prendre plusieurs noms , comme chez les Romains (voy. Mabiilon, De rediplom ,9 p. 59, 92, 93). Mais au nord de la France, on ne porta généralement qu'un 'nom jusqu'au xn° siècle. Depuis cette époque, les surnoms tirés de la seigneurie, de la dignité ou de l’office devinrent des noms génériques et les signes distinctifs des familles nobles. Les nobles portèrent souvent trois noms : le nom de baptême, le nom commun à toutes les branches de la famille et enfin le nom de la seigneurie qui variait suivant les domaines des diverses branches. On trouve^ au moyen âge, des exemples de nobles qui tiraient leur nom du lieu , où ils avaient été faits chevaliers. Ainsi Laurent du Plessis ayant été fait chevalier au Morf , dans les pays d’outre-mer, lui et ses enfants furent appelés du Plessis du Morf ( Sainte-Palaye , v° Noms),
Les évêques comme les rois gardèrent l'ancienne coutume de ne signer que leur» noms de baptême avec celui de leur évêché. On ne commença à mettre dans les actes le nom de famille des femme» que vers 1620 ou 1630 ; jusqu'alors on ne les désignait que par leur nom de baptême.
Noms des vilains. — Quant aux noms des vilains, ils n'eurent de la fixité qu'à partir de l’époque où l'on tint des registres de VEtat civil (voy. ce mot ).
Quelquefois le nom propre était tiré du nom du père et de la mère réunis. Le nom de Marcabrus dérivé de Marc et de Bruna peut en servir d'exemple (Sainte- Palaye, \° Noms), Les noms des vilains étaient généralement tirés ou des noms de leurs pères et mères ou de quelque signe physique , de Tàge, du lieu de nais-