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NOM ' ' NOM

sauce et d’habitation, du caractère, de la profession , des vêtements ou de quelque cause accidentelle. Tels sont les noms de Leroux , Lenoir, Levilain , Lejeune v Le-* vieux, Lenormand , Lebreton, Lebon, Lemauvais, Lefèvre, Lebarbier, etc., etc. Le continuateur du Roman de la Rose , qui s’appelait Jean , nous apprend qu’il fut nommé Clopinel > parce qu’il était boiteux , et de* Mehun , Menu ou Meung , du lieu où il était né :

Et puis viendra Jean Clopinel Auteur gentil, auteur isnel (galant)

Qui naistra dessus Loire , à Mehun.

Noms tirés du latin. — Plusieurs noms furent tirés du latin et se formèrent quelquefois du génitif, comme Ta remarqué l’abbé Lebœuf dans son Histoire d' Auxerre , où il en cite un certain nombre d’exemples : Pierre Le Blanc devint Petrus Albi , Guillaume Le Bègue , Guillelmus Blesi , etc.

Ce fut la mode, surtout à l’époque de laRenaissance, de traduire les noms français en grec, en latin et même en hébreu ; ainsi Mélanchton est la traduction en grec de Schwartzerd ( terre noire ). On alla même jusqu’à changer les noms de baptême , Pierre et Jean , en Petreius et Janus , comme on peut le voir dans »e Journal de Trévoux ( septembre 1741 ). Le dernier lils de Henri II, connu dans la suite sous le nom de duc d’Alençon , fut appelé Hercule; ce ne fut que plus tard qu’il prit le 71 om de François. De Thou cite, en 1565 , un Asdrubal de Médicis. C’est pour un pareil motif que le maréchal de Cossé avait pris le nom de 7Ymoleon . On a vu ces changements de noms se renouveler à l’époque de la révolution. Les noms de Gracchus , B ru tu s y Aristide , etc., remplacèrent souvent alors les anciens noms de baptême. — On pourra consulter sur les noms au moyen âge un travail de Sirmond intitulé De propriis nominibus mediæ ætatis, t. I de l'édition des oeuvres de Sirmond, Paris, 1696.

Surnoms . — On voit par un passage d’un roman du xv* siècle, intitulé Le Jouvencel , que les surnoins étaient fort communs au moyen âge , surtout parmi les gens de guerre, et devenaient souvent des noms propres. Le Jouvencel obtient de son capitaine la permission de

Sarcler le nom , sous lequel il s’était abord fait connaître. « Vous devez savoir, lui dit le capitaine, que de coutume les capitaines et chefs de guerre ne sont pas nommés par leurs noms, si ces noms ne sont bien courts, comme Galiot , Salzard, Gascon, Poton , Blosset , Talbot Floauet, etc. Mais on les nomme aucunes

fois par le nom de leurs seigneuries , comme Montgascon , Gaucourt, Wilby , Scales , Dunoys , etc. Aucunes fois on les nomme par le nom des pays dont ils sont, comme l’Aragonais , Navarrot , le Galois , le Barrois, le Béarnais et autres; aucunes fois, pour le3 imperfections qu’ils ont, comme Le Bègue de Vilaines, Jehan te Baveux, le Manchot, le borgne Clisson , le borgne Foucault, et plusieurs autres. Je vis un capitaine qui , en son enfance, avait nom Étienne de Vignoles , et toutefois depuis qu’il se mit à suivre la guerre jusques à sa mort on le nomme La Hire . »

Changement de nom. — Dès la fin du xve siècle les rois seuls autorisaient les changements de nom. Louis XI accorda, en 1474 , à un de ses secrétaires nommé Decaumont le droit d’écrire son nom en deux mots de Chaumont ( Ordonn. XV11I, 40-41). Le même roi autorisa, au mois d’octobre 1474 son valet de chambre, Olivier le Mauvais, à prendre pour lui et sa postérité le nom < V Olivier le Daing ( ibid ., 58-59).

Une ordonnance rendue par Henri II à Amboise le 26 mars 1555 défendit de changer de nom sans autorisation royale. Il fallait en adresser au roi la demande qui était examinée en chancellerie. Les états généraux de 1614 furent obligés de réclamer (art. 162 de leurs cahiers de doléances ) pour « qu’il fût ordonné à tous gentilshommes de signer en tous actes et contrats le nom de leurs familles et non de leurs seigneuries , sous peine de faux et d’amende arbitraire. » Louis XIII rendit à cet effet une ordonnance le 19 janvier 1629. Malgré toutes ces précautions , 011 altérait sans cesse les noms de famille par intérêt ou par vanité. Molière s’est moqué de cet usage dans TÉcole des Femmes :

Quel abus de quitter le vrai nom de ses pères Pour en vouloir prendre un bfLti sur des chimères i De la plupart des gens c’est la démangeaison ;

Et, sans vous embrasser dans la comparaison.

Je sais un paysan qu’on appelait Gros-Pierre, Qui , n’ayant pour tout bien qu’un seul quartier

do terre ,

Y fit tout &, l’entour faire un fossé bourbeux Et de monsieur de l’isle en prit le nom pompeux.

I, a Bruyère s’est également moqué de 1 usage de changer son nom par vanité : « Certaines gens, dit-il (chap. De certains usages)y portent trois noms de peur d'en manquer ; ils en ont pour la campagne et pour la ville, pour les lieux de leur service ou de leur emploi. D’autres ont un seul nom disyllabe qu’ils anoblissent par des particules , dès que leur fortune devient meilleure. Celui-ci , par la suppres-

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