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Y inscription des rues s’est étendu de Paris à la plupart des villes de province.
NUMISMATE , NUMISMATIQUE. — On appelle numismatique la science qui
traite des monnaies et des médailles (voy. Médailles et Monnaies). Les numismates sont ceux qui s'occupent se recherches sur ces matières. Voy. Revue nuni.y par MM. de La Saussaye et Cartier.
O DE NOËL. — On appelle O de Noël les antiennes qui commencent par 0(0 Adonaï ! O rex gentiuml etc.'). La première est chantée le i5 décembre et la dernière le 23. L’usage des O de Noël vint d’Espagne , où il avait été établi par le dixième concile de Tolède en 656.
O SALUTARIS. — L’usage de chanter l’O salutaris hostia à. l’élévation ne date que du commencement du xvi« siècle. Un chanoine de l’église de Sens , qui a écrit les vies des archevêques de cette ville raconte le fait suivant : « En 1512 , après la bataille de Haven ne. lorsqu’un traité eut été conclu entre Maximilien et les Vénitiens contre le roi Louis Xll , ce prince obtint des évêques de France que chaque jour à l’élévation dans les églises cathédrales on chantât ce verset :
O salutaris hostia Quæ cæli pandis ortium , liella proniant hoslilia ,
Da robur, fer auxilium.
Les chantres de la chapelle royale, au lieu de ces mots fer auxilium , disaient: Serva lilium (conserve les lis). » Ces détails sont donnés par Pierre Pitbou, dans son Glossaire des capitulaires , v» Missa .
OBÈANCIER (Grand). — On donnait le nom de grand obéa?icier au pi'emier dignitaire du chapitre de Saint-Jean de Lyon. Ce mot paraît une altération d’obediencier , nom qui servait à désigner les religieux qui allaient desservir une église par ordre de leur supérieur.
OBÉDIENCE. — Ce mot qui , dans l’ancienne langue française , était synonyme d’obéissance ne s’était conservé que dans l'Église et avec des significations très-diverses. Obédience signifiait tantôt l’autorité d’un supérieur, tantôt la soumission due à un supérieur, tantôt une permission accordée par un supérieur. Un religieux ne pouvait voyager sans avoir obtenu de son supérieur une lettre d'obédience . — On appelait encore obédiences les maisons , églises , chapelles et métairies , auxquelles on préposait des religieux.
Dans les premiers siècles de la vie monastique , les prieurés n’étaient que des
obédiences (voy. du Cange, v° Obedientia ). — A l’époque du grand schisme d’Avignon, on distinguait les diverses contrées chrétiennes en pays de l 'obédience de Clémenc Vîlet de Vobédience d’Urbain VI, selon qu’ils reconnaissaient l’autorité de l’un ou de l’autre de ces papes. — On appelait encore pays dfobédience avant la Révolution les provinces de France qui n’étaient point comprises dans le concordat de François 1er, telles que la Bretagne, la Provence et la Lorraine. Le pape pouvait y conférer les bénéfices vacants pendant huit mois de l’année. — Enfin on nommait ambassadeur d' obédience l’ambassadeur que le roi de Naples envoyait au pape pour présenter la haquenée que ce prince devait au pape comme hommage pour un royaume placé sous sa suzeraineté.
OBÈLE. — I Sobèle était un signe employé dans les manuscrits anciens pour indiquer un mot surabondant, une fausse leçon, un vers déplacé, etc. Il avait la forme d’une broche ou d’un flèche.
OBIT. — Les obits étaient des offices funèbres célébrés en mémoire et pour l’âme d’un fondateur ou d’un bienfaiteur. Ils étaient quelquefois accompagnés de cérémonies singulières. Ainsi un chanoine d’Êvreux , nommé Jean Bouteille, avait fondé un obit pendant lequel on étendait sur le pavé, au milieu du chœur, un drap mortuaire ; aux quatre coins ou mettait quatre bouteilles du meilleur vin , et une cinquième au milieu , le tout au profit des chantres qui assistaient au service. Il y avait à Paris Y obit salé. Il se célébrait dans la cathédrale de Paris en mémoire de Louis XII et de son père Charles, duc d’Orléans. Le nom d'obit salé venait de ce que Louis XII , en le fondant, avait accordé aux chanoines de Notre-Dame deux muids de sel à la gabelle , en payant seulement le prix du marchand. \Y obit salé fut célébré jusqu’aux derniers temps de l’ancienne monarchie. Dans la distribution des deux muids de sel; chaque dignitaire du chapitre avait quatre minots de sel , et les chanoines chacun deux. — On appelait aussi obit l’anniversaire de
mort d'un personnage en l'honneur duquel on devait célébrer un service funèbre.
OBITUAIRE. — Registre dans lequel on inscrivait les obits dus aux fondateurs ou bienfaiteurs d'une église ou d’une maison religieuse. On trouve souvent dans les obituaires des renseignements précieux pour l’histoire du moyen âge.
OBLATION. — Ce mot a eu différentes significations. On appelait oblation tout ce qui était offert k l'église en pur don. Primitivement les prêtres ne vivaient que des oblations et du casuel. Il y avait un officier ecclésiastique spécialement chargé de recevoir les offrandes et appelé oblationnaire. — Les oblations étaient encore un droit levé en certaines circonstances par les seigneurs. — La partie de la messe qui suit immédiatement l’Evangile ou le chant du Credo se nomme oblation , parce que le prêtre offre d’abord le pain destiné au sacrifice posé sur la patène , puis du vin mêlé d’un peu d’eau dans le calice qu’il tient quelque temps élevé au milieu de l’autel. — Enfin on appelait oblation , au moyen âge , l'action de consacrer un enfant au service des autels. Les enfants, ainsi offerts, se nommaient oblats .
OBLATS. — Le mot oblat ( oblatus , offert, présenté ) avait des acceptions trèsdiverses. On appelait oblats des enfants qui étaient dévoués par leurs parents au service des autels. On les conduisait à l’autel, et on leur enveloppait la main dans un des coins de la nappe (voy. du Cange, v° Oblati). Cet usage remontait k une époque fort ancienne. Salvien parle déjà des enfants que leurs parents consacraient à Dieu et il les nomme oblati .
h’oblation était souvent un moyen de se mettre sous la protection d’une église; Elles procuraient une sorte de mainbour ecclésiastique ( voy. Mainbour ). On en prouve des exemples dans les anciennes formules. Le père, tenant son fils par la main, s’avançait vers l'autel, et, enveloppant cette main dans le voile blanc qui le recouvrait, jurait en présence de l’abbé et sur les reliques des saints que l’enfant vivrait soumis à la règle jusqu’à sa mort, sans jamais songer à secouer le joug salutaire qui lui était imposé. Dès lors l’enfant était irrévocablement engagé. Ce fut ainsi que Suger fut dévoué à Saint-Denis , et élevé comme oblat dans le monastère dont il devint abbé dans la suite.
Guibert de Nogent cite encore une autre forme à'oblation. Il raconte qu’en 1099 , comme Bernard , abbé de Saint-Martin ,
parcourait les obédiences ou prieurés qui dépendaient de ce monastère, deux jeunes gens s'offrirent à lui spontanément pour devenir serfs de Saint-Martin ; se tenant debout devant l’abbé, et portant suivant l’usage quatre deniers sur leur tête, ils se déclarèrent serfs de Saint-Martin (Œuvres de Guibert de Nogent , Paris, J65i, p. 588, B, 2). Les quatre deniers représentaient, d’après du Cange (v° Oblati ), le cens que ces oblats devaient chaque année payer à l’Église ou au monastère dont iLs devenaient serfs. — On donnait encore le nom d 'oblats ou moines laïques à des soldats infirmes qui étaient nourris dans les monastères où ils étaient chargés de services inférieurs. Voy. In valides.
Missionnaires oblats . — Il s’est formé de nos jours sous le nom de missionnaires oblats de Marie- Immaculée , une société de prêtres pour les missions dans les paroisses rurales et dans les villes principales de province. Cette société a été fondée k Aix, en J8i5, par l'abbé Mazenod qui en rédigea les constitutions approuvées par le saint-siège en 1826. D’après les lettres apostoliques du 2i mars, les oblats de Marie-Immaculée doivent se consacrer : 1° au ministère des missions paroissiales dans les diocèses ; 2° à la direction des grands séminaires et à l’enseignement de la théologie ; 3° aux soins spirituels accordés de préférence aux jeunes gens, aux pauvres et aux prisonniers ; 4° enfin aux missions étrangères. En 1841, sur la demande de l’évêque de Montréal, les oblats de Marie - Immaculée envoyèrent une première colonie de missionnaires au Canada. Depuis cette époque l’institut des oblats a pris un tel développement qu’il a fallu le diviser par provinces. Chaque maison reconnaît maintenant, outre son supérieur local, un supérieur provincial pour les divers établissements de la province et le supérieur général pour toute la congrégation. Il y a, dans les pays d'outre-mer, des vicariats et des missions qui ne sont en relation qu’avec le supérieur général et ses assistants. Indépendamment des séminaires de Marseille, d’Ajaccio, de Fréjus et de Valence, les oblats comptent aujourd’hui quatorze maisons démissionnaires en France, quatre en Angleterre , une en Écosse, cinq établissements aux États-Unis et huit missions dans le Canada et autres possessions anglaises.
OBLIÀGE , OBLIAU. — Dans certains lieux on offrait annuellement au seigneur des pains ronds et plats que l’on appelait oblies et par corruption oublies (voy . Nour-