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8a DICTIONNAIRE HISTORIQUE
vers le Jourdain. Les Ottomans se réunirent dans la plaine de Faouli à 18,000 Samaritains ou Naplouzains, et attaquent à leur tour la colonne du général Kléber, forte seulement de 2000 fusiliers. Kléber est d'abord repoussé ; mais, lorsqu'il apprend que le général en chef Buonaparte est arrivé avec quelques troupes, à la distance d'une demilieue, il attaque etenlèveà la baïonnetle le villagede Faouli, passe tout ce qu'il rencontre au fil de l'épée, marche au pas de charge .sur la cavalerie ennemie, la culbute et la met en pleine déroute : cette brillante action reçut le nom de bataille du Mon t-Thabor. Kléber rendit encore de grands services pendant le siège de Saint-Jean-d'Aere , et, lorsque ce siège fut levé, il commanda l'arrière-garde et protégea très-efficacement la retraite de l'armée. Rentré en Égypte, il donna de nouvelles preuves de valeur et de conduite à la bataille d'Aboukir,où l'armée turque fut défaite. Le général en chef Buonaparte, ayant pris la résolution de repasser en France, écrivit, le 21 août suivant, au général Kléber, pour lui remettre le commandement de l'armée d'Orient. Dans la position où se trouvait alors cette armée , ce commandement était plutôt un fardeau qu'une faveur. Les troupes étaient affaiblies par de nombreux combats et par les marches qu'elles avaient faites dans le désert. Elles étaient, en outre, dénuées d'argent et de munitions, et presque sans espoir de voir arriver des secours à temps opportun. Cependant l'armée ottomane , forte de 80,000 hommes, et ayant 60 pièces de canon, s'avançait, sous la conduite du grand-vizir, par la route de Damas. Bientôt le fort d'El- Arisch fut en son pouvoir, et une partie de PÉgypte se soulevait en sa faveur. Dans ces circonstances difficiles, Kléber crut devoir faire à la conservation de ses troupes, le sacrifice de la gloire qu'il pouvait encore acquérir en combattant les Osmanlis, et entra en négociation pour l'évacuation de l'Égypte. Après quelques pourparlers entre les plénipotentiaires nommés par Kléber et le Commodore anglais Sidney-Smith, stipulaut au nom du grandvizir, on conclut à El-Ariscli , le 24 février 1800 , une convention honorable pour l'armée française, qui devait être
transportée en Franceavec armes et bagages. Fidèle à ce traité, K lé lier venait de livrer aux Ottomans tous les forts de la Haute-Egypte, aiusi que la ville de Damiette, et se disposait à évacuer le Caire, lorsque l'amiral anglais Keilh lui écrivit qu'un ordre de sou gouverueuieut lui défendait de permettre l'exécution d'aucune capitulation , à motus que l'armée française ne mit bas les armes et ne se rendit prisonnière de guerre. Indigné d'une telle perfidie , Kléber se sert de la lettre de lord Keith comme d'un manifeste qu'il fait publier dans son armée, en se coutentant d*y ajouter cette seule phrase '.«Soldats! ou ne répond à une telle lettre que »par des victoires; préparez -vous à combattre. »II fait en même temps rompre les conférences, et charge Mustapha- Pacha de dire au vizir que, si l'armée ottomane ne se met de suite eu marche pour retourner jusqu'aux frontières de Syrie , les Français sauront l'y contraindre. Sur le refus du vizir, Kléber fait ses préparatifs d'attaque ; et, développant sa petite armée dans les plaines de Coubé, il enlève d'abord le village de Matarieh, où était retranchée l'avant -garde turque, commandée par Nasif- pacha, et forte de 6000 hommes d'infanterie , d'un gros corps de cavalerie et de 16 pièces d'artillerie. En Rapprochant de l'obélisque d'Héliopolis, le 19 mars 1800, Kléber aperçut l'armée ottomane en bataille; et, quoiqu'elle eût des forces décuples de celles dont il pouvait disposer, il ne balança pas à l'attaquer immédiatement et avec la plus grande impétuosité. Après l'avoir battue sur ce point, il se mit à sa poursuite» s'empara du camp de El-hanka, emporta le fort de Belbeys, obligea cette multitude d'eunemis à s'enfoncer dans le désert, et entra en vainqueur dans Salahich,où ses troupes se saisirent de tout le bagage des Ottomans et firent uu butin immense. Pendant que Kléber menait battant l'armée turque, une insurrection, fomentée depuis quelque -temps au Caire et à Boulacq, prenait de plus en plus un caracière alarmant. Nasif^pacha , vaincu à Matarieh , s'était jeté dans la viUe du Caire; et, devenu l'âme de l'insurrection , il avait armé toute la population , jusqu'aux vieillards , aux femmes et aux enfants. Aussitôt après avoir di*.
persé l'armée du vizir, Kléber marcha contre le» rebelles, et les somma vainement de se rendre. Il s'empara d'abord de Boulacq ; et, après avoir encore offert un pardon qui fut refusé, il ordonna le bombardement du Caire, où il entra de vive force. Cette opération terminée, l'Égyptc fui réellement conquise une seconde fois, et Kléber ne s'occupa plus que du soin de la bien administrer. Il parvint bienldt à acquérir l'amitié des beys et l'estime des Égyptiens, et il régnait réellement sur cette partie de l'Orient, tant par sa démenée que par la terreur de ses armes. Le 3 juin ï8oo, il entreprit une tourriée, au moment même où il méditait un traité séparé avec les Turcs, qu'il voulait détacher de l'Angleterre. Après avoir passé, le i4 juin» dans l'île de Raouda, la revue d'une légion grecque qu'il avait formée, il revint au Caire pour voir les embellissements qu'on faisait à son hôtel. En se promenant, le même jour, sur la terrasse de son jardin , il y fut assassiné de quatre coups de poignards, par un Turc d'Alep, tiommé Soleyman, âgé de 24 ans, et qui fut, à ce qu'il paraît, poussé à cette action atroce par fanatisme. Les restes de Kléber furent rapportés à Marseille , après l'évacuation de l'ÉgypIe; et ils étaient presque oubliés dans le château d'If, lorsque S. M. Louis XVIII ordonna, en 1818 , qu'ils fussent re. cueillis, pour être déposés dans un monument, dont l'érection, dans la ville de Strasbourg, fut en même temps prescrite (1). {Etats militaires, Moniteur, annales du temps. Biographie universelle, ancienne et moderne, tom. XXII 9 pag. 40o.)
(1) Klébe r avait reçu de la nature une taille majestueuse (il avait prèi de six pied»), beaucoup d'expression et de fierté dans le regard, et une voix qui, tantôi par sa doureur lui conciliait tous les cœurs, et tantôt par son éclat suffisait pour arrêter les séditions et couvrir le* murmures des soldats. Il joignait l'enthousiasme d'une âme indépendante et élevée au sang-froid d'un homme absolument maître de lui-même. En le voyant, on aurait dit qu'il était né pour commander; et, quand il se trouvait au milieu de ses soldats, il semblait le dieu des batailles. Ses troupes le désignaient souvent sons le nom de dieu Mars; et Buonaparte lui-même, qui l'avait vu souvent au champ d'honneur, disait de cet illustre guer.
de LA AGIS, voyez Delaage.
LXBASSÉ , voyez de la Bisses.
LA KO R DE , voyez db la Boade.
LACOUR, voyez de la Cors.
dis LACS d'Arcambal (N....), maréchal- de -camp, servait depuis long temps, et avùt passé par divers grades» lorsqu'il fut créé brigadier des armées du roi, le 22 janvier 1^69. Il devint mestre-de-camp commandant du 6* régiment de chasseurs à cheval , en 1779, et obtint le grade de maréchal-de-camp, le r* mars 1780. Il mourut avant 1791. ( Etats militaires . )
LA FAYETTE , voyez Mottiee.
LAFERONNAYS, voyez Feeeok.
db LAFERRIÈRE-l'ÉVÊQUE (Louis-Marie, comte) lieutenant- général , naquit à Redon, le 9 avril 1776. Il entra au service, en 1702, comme sous lieutenant au 99* régiment d'irifanterie; fit deux campagnes avec ce corps, et devint ensuite aide-de-camp du général Monnet, avec lequel il servit aux armées de l'Ouest, où il fut nommé commandant
rïer : • Un jour de combat , rien n'est beau comme Kléber. » Habituellement juste et équitable, Kléber se laissait cependant entraîner quelquefois a la colère, et sa franchise était brusque et sans ménagement; mais ausû la fierté de son âme était bans faiblesse. Il montra constamment, dans sa vie militaire et privée, le mépris des richesses et l'horreur de la rapine et du hrifranda?e. On peut avec justice dire de Kléber qu'il fut l'un des plus grand» hommes de guerre de la révolution , et que dans tous les temps la France s honorera de l'avoir compté parmi ses plus illustre* guerriers.
des guides du général en chef Bernadotte. ftesté sans emploi aptes la suppression de cette troupe, il obtint, en 1802, un brevet de chef d'escadron au a* régiment de huoards, qu'il alla rejoindre dans le Hanovre. Il devint major, en i8o5 ; et ce fut en cette qualité qu'il commanda le 5° régiment de hussards . le \.\ octobre 1806, à la bataille d'Iéna, où il reçut une blessure grave. Nommé colonel du même régiment, le 8 mars 1807, et créé officier de la Légion- d'Honneur, le 29 mai suivant, il passa en Espague avec son corps, se di>tingua en différentes occasions, et particulièrement à la bataille de Tudela, ainsi qu'à la retraite de Portugal , sous les ordres du maréchal M asséna. Il reçut alors une nouvelle blessure qui le força de s'éloiguer de l'armée. Il fut créé baron d'empire, par Buonaparte; obtint la décoration de commandant delà Légion d Honneur, le 19 décembre 1808, et fut doté sur des domaines situés eu Westphalie. Promu au grade de général de division, en 1811, et élevé quelque temps après à la dignité de comte, il devint, en 181a, commandant des grenadiers à cheval de la garde impériale, se distingua à la téle de ce corps pendant les campagnes de Saxe et de France, et se fit surtout remarquera l'affaire de H m. m. En 1814, il combattit à Champ Àubert, et délogea de Reims le corps russe du géuéral Saint- Priest. À la bataille de Craone, il eut une jambe emportée d'un coup de canon. Après la déchéance de Buonaparte , et la restauration du trône des Bourbous, le général Lafcrrière fut nommé, le ier juin 1814, inspecteur-général de cavalerie dans les i3* et 39" divisions militaires. Il fut créé chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, le 19 juillet de la même année, et graud-oflicier de la Légiou-d'Honneur, le 27 décembre suivant. En janvier i8i5, le maréchal Soult, ministre de la guerre, lui confia le commandement de l'école de cavalerie établie à Saumur. Pendant les cent/ours^ Buonaparte le nomma membre de sa chambre des pairs , et le conserva dans le commandement de l'école d'instruction des troupes à cheval. Le comte de Laferrière n'a pas été compris dans le nombre des pairs de France créés ou
maintenus par le roi. Il a élé fait commandeur de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, le 18 mars 1818. En 1819, il fut autorisé par S. M. à accepter une épée, dont la ville de Saumur loi faisait don. Il avait cessé alors de commander l'école d'équitation établie dans cette ville. {Etats mi' titaires , Moniteur, annales du temps.)
LAFITTE ( Michel- Pascal , baron) , maréchal-de-camp, naquit à Dax, le 28 septembre 1774. Au commencement de la révolution française , la patrie ayant été déclarée en danger, le jeune Lafilte quitta ses études pour marcher contre les ennemis de la France, et s'enrôla , en 1791, dans le 2* bataillon de son département (les Landes), qui fut, plus tard, incorporé dans le 10e régiment de ligne. Nommé capitaine, le 17 avril 1793, il fil les campagnes de 1792 et 1793 à l'armée des Pyrénées- Occidentales; celles de 1794 et de 179) à l'armée de l'Ouest; et celles de 1796 jusqu'en i8o5 aux armées de Rhin -et- Moselle , d' Angleterre, du Danube et du Rhin, et au camp de Saint-Omer. Sa bonne conduite pendant toutes les campagnes que nous venons de citer , et surtout la bravoure qu'il déploya à la bataille d'Austerlitz, le 2 décembre i8o5, lui valurent le grade de chef de bataillon au io* régiment de ligne , qui lui fut conféré sur ce champ de bataille célèbre : mais, par une de ces erreurs assez communes aux armées, surtout après une grande bataille, le brevet qui lui fut expédié pour ce grade, ne donna à sa nomination que la date du 3 janvier 1806. Employé , en 1806 et 1807, à la graiide- armée , il y fit les campagnes de Prusse et de Pologne, et se trouva aux principales affaires qui eurent lieu pendant cette guerre. Il commanda son bataillon, en 1808, aux camps de Stettin et de Charlottembourg, en Prusse. Il fit la campagne d'Autriche, en 1809, à la grande-armée, où , après la bataille d'Eckmûhl , dans laquelle il s'était distingué, il fut nommé , le a3 avril, colonel du 7*' régiment d'infanterie de ligne, qu'il commanda à la bataille de Wagram , le 6 juillet suivant. Napoléon récompensa les services du colonel Lafitte, en le créant
baron d'empire à la fin de cette campagne. Lafitte fut employé avec son régiment, en 1810 et 1811, au camp de Boulogne. Il fit avec ia grande - armée la campagne de Russie, en 181a , et s'y distingua en plusieurs occasions. Nommé général de brigade, le 8 mars 18 15, il continua de servir à la grande-armée d'Allemagne, fil la campagne de Saxe, dans le corps d'armée aux ordres du général Lauriston, et douna de nouvelles preuves de dévouement et de bravoure. Pendant le cours de ces diverses Campagnes, Lafitte avait partagé plus d'une fois la gloire et les dangers des braves de l'armée française. Il avait reçu une balle à l'épaule droite à la bataille de Moeskirch, le 5 mai 1800. Un coup de biscaïen l'avait frappé au bras droit, le 8 février 1807, à la bataille d'Eylau. Une balle l'avait atteint à la cuisse droite, le a* avril 1809, à la bataille d'Eckmûhl ; et il avait été blessé à la cuisse gauche, par une balle, à la bataille de Smolensk, le 17 août 1812. Enfin il fut blessé d'un coup de feu à la jambe g turhe, en combattant à la bataille de Léipsick, le 19 octobre 1 8 1 3 ; et, par suite de cette blessure, il demeura prisonnier de guerre des ennemis. Il avait été fait commaudaut de la Légion-d'Honneur, en récompense de si s services à la bataille de Smolensk, et avait obtenu la décoration de la Couroune-de-Fer, pendant la campagne de Silésie, en i8i3. Rentré en France en 1814, après la restauration du trône des Bourbons, S. M. Louis XVIII le créa chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, le 19 juillet 1814, et lui confia le commandement du département de l'Ardèche. Il exerçait ce commandement, en 181 5, lors de l'invasion de Bonaparte sur le territoire français, et il prit d'abord toutes les mesures convenables pour empêcher des réactions : mais sur la fin du mois de mars . l'approche de quelques troupes bonapartistes le détermina à s'éloigner de Privas. Ces troupes s'élant dispersées, le général Lafitte rentra dans le chef-lieu de son commandement, d'où il se rendit à Paris vers la fin d'avril, en vertu d'un ordre du ministre de la guerre de Bonaparte , qui lui enjoignit d'aller se mettre à la tête d'une brigade que l'on devait organiser
pour servir dans l'armée active. La formation de cette brigade n'ayant point eu lieu , le générale Lafitte fut envoyé à Sentis , pour y concourir à quelques levées d'hommes, et il rejoignit ensuite Tannée sous les murs de Paris. Lors du licenciement général, il fut autorisé a se rendre dans ses loyers avec le traitement de non-activité. Il a depuis été classé parmi les maréchaux-de-camp disponibles. {Etais militaires , Moniteur, armait s du temps.)
LAFOND-BLANHC f Guillaume- Joseph ), lieutenantgénérai naqtiit à Villeneuve - d'Ageu , le a5 juillet 1775. Il entra au service , en 179a, comme sous- lieutenant au 5* régiment de chasseurs a cheval , fit la campagne de cette année à Tannée du Nord, ci combattit à la bataille d'Hondscoote. Il fut blessé à la prise de Fumes, le 3i mai 1793. Étant passé à l'armée d'Italie, il se distingua à Taffaire d'Anguiari . sur TA lige ; et , quoique déjà blessé à la figure, il attaqua et combattit corps à corps un commandant de hussards hongrois, le terrassa et le fil prisonnier. Il fut nommé capitaine sur le champ de bataille , et passa à Tétat-maior de la division Augereau. Après le traité de Campo-Formio, il fit partie de l'expédition d'Ëgypte , eu qualité d'aide - de • camp du chef de l'état -major général Berlhier. Il se trouva à la prise d'Alexandrie, et fut grièvement blessé au combat de Damanhour. Nommé chef d'escadron au vo* régiment de dragons , il combattit souvent à la tête de ce corps, contre les Mamelucks, pendant l'expédition de Buonaparte en Syrie. Sa Conduite distinguée en différentes occasions le fit nommer adjudant-général chef de Tétat - major de la cavalerie. A la bataille d'Alexantlrie d'Égyptc . il se trouva enveloppé de toutes parts; et , quoiqu'il eût été blessé d'un coup de lusil qu'il avait reçu a bout portant . au travers du corps, et qu'il eût reçu plusieurs coups de baïonnette, il refusa de se rendre et parvint à se faire jour à coups de sabre. Il fut nommé colonel du 14* régiment de dragons , avec lequel il revint en France , après Tévacualiou de l'Egypte. H commanda son régiment à la bataille d'Austerlilz , le 2 décembre 180D,
et y mérita d'être nommé commandant de la Légion- d'Honneur, le a5 du même mois. Il se rendit de suite à Rouie, près de Joseph Buona}>arte, dont ii était devenu l'écuyer. 11 concourut à la conquête du royaume de Naples, et tut créé maréchal-de camp, le i*' septembre i8ob\ On l'envoya , au commencement de 1807, dans les Calabres, où il pacifia le pays, après avoir détruit de nombreux rassemblements d'iusurgés. Après cette expédition , qui lui avait fait beaucoup d'honneur, il obtint le commandement de Naples, et fut fait chef d'état - major du gouvernement. 11 devint aussi premier écuyer de la reine de Naples. Ayant suivi Joseph Buonapartc en Espagne, le général Lafoud- Blauiac fut nommé gouverneur de Madrid , en 1810. Il a fait, preuve des plus grands talents militaires pendant la guerre contre -les Espagnols et leurs alliés. On le créa lieutenaut-général , le a5 novembre i8i3. Rentré en France après la bataille de Vittoria , il reçut le commandement de la cavalerie du corps d'armée que le prince Borghèse commandait en Italie. En 1 S 1 4 , il commanda la ^subdivision de la 1 1* division militaire. S. M. Louis \V 1 1 1 le créa chevalier de Saint- Louis, le 10 décembre de la même année. En 18 15, pendant \escent jours, Buonapartele nomma iuspecteur-général de la cavalerie dans le 4* arrondissement, composé des 9*, 10e et 11" divisions militaires. Le général La fond - Blaniac a cessé d'être employé après la seconde restauration , et il est maintenant classé parmi les lieutenants-généraux disponibles. ( Etals militaires, Moniteur, annalès du temps.)
LAGARDE (Martin , baron) , maréchal-de-camp, naquit à Lodève, le i5 mai 1770. Il entra au service, le 3o juillet 179a, eu qualité de sous-lieutenant au 1 3* régiment d'infanterie de ligne (ci- devant Bourbonnais), et passa lieutenant à la 26* demi - brigade d'infanterie de ligne, le ai mais 1794» H fut fait capitaine d'état- major , le ai novembre 179*». et devint chef de bataillon aide-de-camp du général Morand, le 1a juin 1800. On le nomma colonel du ai' régiment d'infanterie légère, le 4 mars «^07; et il
fut promu an grade dégénérai de brigade, le 5o mai i8i3. Depuis son entrée au service jusqu'à cette dernière époque, il a servi sans interruption aux armées du Rhin, de la Moselle, de Sambre-et Meuse, d'Italie, dÉgyple et des côtes de l'Océan, à la grande- armée d'Allemagne et à celle d'Espagne. Il s'est trouvé à un grand nombre de combats et de batailles livrés pendant tout ce temps, et s'est distingué en plusieurs occasions par beaucoup de valeur et de talents militaires. Il se fit particulièrement remarquer à l'armée d'Égypte, en 1800, dans un combat livré contre les troupes de Monrad-bey ; et sa conduite en cette circonstance lui valut d'être mentionné honorablement daiis le rapport officiel que l'on fit de cette affaire. On demanda en même temps pour lui le grade de chef de bataillon. Il a été blessé d'un coup de feu au bras droit à la bataille d'Austerlilz, le 3 décembre i8o5. On le nomma membre delà Légiou-d'Honneur, le 1G février 1804, et il obtint la décoration d'officier de la môme Légion, le 20 mai 1811, en récompense de ses services distingués à la bataille d'AIbnera , en Espagne. Après la restauration du trône des Bourbons, S. M.. Louis XVIII le créa chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, le 11 octobre 1814, et lui accorda la croix de commandeur de l'ordre de la Légion- d'Honneur , le 17 janvier 181 5. Pendant les cent jours, le général Lagarde fut employé daus la 1 V division d'infanterie au 3' corps de l'armée du Rhin ; et il reçut alors une blessure à la poitrine. Il a été depuis classé parmi les maréchaux-de-camp disponibles. (Etats militaires, Moniteur, annales du te mps.)
de LA-GENESTE , voyez Duchamp.
LAG RANGE , voyez db la Gbingk.
LAHURE (Louis-Joseph , baron) , lieutenant -général , naquit à Mons, en Belgique, le 29 décembre 1767. Après la révolution qui eut lieu dans cette province, en 1790, il vint en France, et y contribua à organiser la légion que
l'on forma avec des réfugiés belges. Il fit, nvec ce corps , et au grnde de capitaine, la campagne de 1792 contre les armées coalisées. Nommé chef de bataillon , au mois de janvier 1793, il se distingua, à la tête d'un corps de tirailleurs, sur la frontière du Nord. En 1794» il commanda un corps de troupes légères, et eut une grande part aux succès remportés pendant cette campagne par le général en chef Pichegru. Après l'entrée des Français à Amsterdam, Lahure ayant été chargé par Pichegru d'aller s'emparer de la Nord-Hollande, conçut le projet de se rendre maître de la flotte hollandaise, alors retenue au flelder par les glaces. A cet effet , il imagina de faire monter ses tirailleurs à pied en croupe sur les chevaux d'un détachement de hussards; et ce fut ainsi qu'il aborda la flotte ennemie, dont il se saisit. Cette expédition lui fit le plus grand honneur, non-seulement par rapport à l'intelligence qu'il y montra, mais encore par la modération, le désintéressement et l'humanité qu'il eut occasion de déployer en cette circonstance. En effet , devenu maître de la vie d'un certain nombre d'émigrés français, réfugiés dans la Nord-Hollande, il les sauva des fureurs révolutionnaires auxquelles ils étaient exposés , et leur fit prodiguer des secours et des consolations. Ayant en même temps à sa disposition des valeurs immenses, qui faisaient partie de la fortune publique ou de celles des particuliers, il conserva intactes les riches captures qu'il avait faites, et qui furent remises en entier aux agents du gouvernement. Cette dernière circonstance est d'autant plus remarquable et digne d'éloges, que les troupes légères queoornmandait Lahure se trouvaient alors dénuées de tout, et que loin de songer à se procurer par le pillage ce dont elles avaient besoin, on les vit, à l'exemple de leur chef, respecter scrupuleusement les richesses conquises par leur valeur (1). Après la mémora-
(1) Parmi les choses capturées, se trouvaient de» bâtiments anglais et des marchandises appartenant aux sujets de S. M. britannique. Tout fut également respecté par les troupes au* ordre* de Labure.
ble campagne de Hollande. Lahure lut nommé, le 5 juillet 1795, chef de la i5e demi- brigade d'infanterie légère, à la tête de laquelle il continua de servir, avec distinction, aux années d'Ail, magne et d'Italie. Il fit la campagne de 1797, dans le royaume de Naples, et obtint un sabre d'honneur, qui lui fut d» cerné pour une action d'éclat. En 1 7 9. il déploya beaucoup de valeur à la bataille de la Trebia. où, à la tête de l'avant-garde qu'il commandait, il s'empara d'une batterie ennemie. Il reçut une blessure grave d.ins cette brillante action , qui lui valut d'être nommé général de brigade sur le champ de bataille : cette blessure l'a empêclu* depuis lors de servir activement aux armées. Il fui porté sur la liste nationale du département de Jemmapes, comme absent pour le service public, et cette inscription étail alors d'autant plus honorablequ'un seul individu par département pouvait être admis à l'obtenir. En 1801, il fut nommé membre du corps-législatil par le déparlement de Jemmapes , et il fut l'un des candidats présentés pour la présidence qu'obtint M. de Fontanes. Il a constamment fait partie de cette assemblée législative, au moyen de réélections successives , et jusqu'à la dissolution de l'empire, opérée par la chute de Napoléon Buon a par te. Ses fonctions de législateur ne l'ont pas empêché de servir activement dans l'intérieur, où il eut divers commandements. Lors des deux invasions de la France par les puissances alliées , en 1814 et 18 5, le général Lahure commandait le département du Nord , et il donna alors des preuves éclatantes de son dévouement à sa patrie, en sacrifiant la plus grande partie de ses propriétés, qu'il fit inonder, pour gêner les mouvements de l'ennemi. Ou lui dut à cette même époque, la conservation de plusieurs places importantes, et celle de» riches matériaux qu'une d'elles, surtout, renfermait, et qui auraient été infailliblement enlevés par les troupes alliées. Le général Lahure a été nommé commandant de la Légion-d'Houncur à la création de cet ordre , et il a obtenu le titre de baron d'empire, en i8i3. Il a été reçu chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint -Louis , en 18 14 > par S. A. R. Mgr. le
f)4 MCTIONIUIRE HTSTORIQtnT.
duc de Berri. Devenu étranger, du moment où la Belgique cessa d'app»irtenir à la France, le général La hure: sollicita et obtint, en 1814, des lettres de naturalisation.
11 a été admis, en 1818, à la retraite de maréchal- decamp, avec le grade de lieutenant- général. ( Étais militaires, Moniteur, annales du temps. )
de LAIGLE, voyez i»es Acres.
LALAING d'Audenarde (N..., comte), maréchal-de-camp , du 5 décembre 1812 . fut créé commandeur de Tordre royal de la Légion- d'Honneur, le 20 août 1814, et grandofficier du même ordre, le 20 août 1817. Il commande, en qualité de lieutenant, la compagnie de Noailles des gardesdu-corps du roi. Il est aussi commandeur de Tordre royal et militaire de Suint Louis. (Etats militaires, Moniteur.)
LALLEA1ANT- DE - NANTOUILLET (Aleiandre-Marie- Louis Charles, comte), lieutenant-général. Il émigra, en 1789; passa hors de France tout le temps de Tabsence des princes de la maison de Bourbon, et y rentra lors de la: restauration de 1814. Il fut nommé lieutenant-général , le
12 juin de la même année; créé commandeur de Tordre royal et militaire de St.- Louis, le 2") août suivant, et chevalier de Tordre royal de la Légion d'Honneur, h* 6 décembre. Lors de Tinvasion de Buonaparte sur le territoire français, en i8i5, il suivit S. A. R. Mgr. le duc de Berry, dont il était premier écuyer, et fut attaché à Télal-roajor de ce prince. Il obtint de S. M. Louis XVIII la décoration de gramKcrm* de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, le 3 mai 1816. Il a été nommé, au mois d'octobre 1820, premier gentilhomme de la chambre de S. A. R» Mgr. le duc de Bordeaux, fils du duc de Berry. (Etats militaires, Moniteur, annales du temps.)
LALLY (Thomas-Arthur), comte de Tollendalfy ou Toilendal, eu Irlande, naquit à Romans , eu Dauphiné; H fut baptisé le i5 janvier 1702. On a dit avec raison qu'il avait été soldat en naissant : car il eut, dès le i*r janvier
j 709, une commission de capitaine réformé au régiment d'infanterie irlandaise de Dillou , dont son pire ( sir Gérard Lally) était colonel-commandant, et dont le général Dillon, son oncle, était colonel-propriétaire. Il n'avait pas 8 ans, lorsque son père le fit camper auprès de lui à Gironne , eu septembre 1709, voulant, disait - il, lui faire au moins sentir la poudre , pour gagner son premier grade. Il avait à peine 12 ans, quand son père lui fit monter sa première tranchée à Barcelonne , eu 1714» et, après cette récréation de vacances , le renvoya au collège. Ce genre d'éducation développa bientôt chez le jeune Lally, un goût trèsvif pour la vie militaire : ce qui ne l'empêcha cependant pas de suivre avec ardeur ses études classiques, et de se familiariser avec une partie des langues vivantes de l'Europe, ainsi qu'avec l'histoire, lei mœurs et les intérêts des différents peuples. Doué d'une bonne mémoire, d'un coup d 'œil juste, d'une grande force de corps et d'une étonnante ac tivité d'âme, tout lui devenait facile ; et il réussissait aussi bien aux exercices corporels qu'à ceux de l'esprit. Il eût obtenu un prompt avancement dans le service militaire, sans la bizarrerie de sir Gérard Lally, qui s'y opposa. Pourvu d'une compagnie au régiment de Dillon, le i5 février 1728, il obtint l'aide - majorité de ce corps, le 26 janvier 1732. Il servit, en 1733, au siège de Kehl, et s'y distingua autant par sa brillante valeur que par sa rare instruction militaire. Use trouva, en 1734, à l'attaque des lignes d'Etlingen. Son père, alors brigadier des armées du roi , et auprès duquel il combattait, ayant été blessé, allait tomberai! pouvoir des ennemis, lorsque le jeuneLallyse jetaentr'euxetlui, .le couvrit de son corps, et, par un prodige de valeur, parvint à conserver la vie et la liberté à l'auteur de ses jours. Il marcha au siège de Philisbourg, en 1734; combattit à Clausen, en 1735, et repassa à une compagnie, le 1" novembre de cette dernière année. En 1737» il se rendit en Angleterre, pour s'y asstirer par lui-même de ce que le parti des Sluarts avait conservé de force, et revint en France , après avoir établi des correspondances avec les principaux partisans du roi Jacques III. Il fut fait capitaine des
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grenadiers de son réginent, le 6 février 17^8. Vers ce tenip«. le cardinal de Fleury, premier ministre, cherchait, parmi les étrangers attachés au service de France, un homme qui, par son nom, son esprit et son courage, pût et osât se charger d'une mission secrèie et périlleuse, celle d'alleren Russie, dans le double but de détacher cette puissance de son alliance avec l'Angleterre, et de lui en faire contracter une avec la France. Persuadé par MM. de Belle-lsle et de Chavigny, le ministre fit choix de Thomas- Arthur Lally, et celui-ci parvint à poser avec beaucoup d'habileté les hases de la négociation. L'indécision du ministre français, qui tardait toujours à s'e xpliquer définitivement , engagea Lally à quitter sans ordre la cour de Saint Péteisbourg, où il aurait tini par courir des dangers, et à rt venir en France. Il y remit au cardinal Fleury deux mémoires : l'un était une statistique intérieure de la Russie ; l'autre avait pour objet les relations extérieures, politiques et commerciales de cette puissance. Cependant le projet de négociation entamé par Lally s'évanouit, et la Russie se ligua contre la France. LaHy fut nommé major du régiment «le Ddlon . le 24 novembre 1741* el servit en celte qualité à la défi use de la Flan* ire, en 1712. Les talents qu'il y déploya déterminèrent le maréchal <ie Nouilles à le demauder pour aide major de son année, et ce fut comme tel que Lally se trouva à la journée de Dettingen, en 1743 (1). Ayant obtenu, le 19 feviier 174'»» «ne commission pour tenir rang de colonel d'infanterie, il fut encore employé comme aide-rnajor de l'armée de Flandre, que commandait le maréchal de Noailles , et y s-rvit aux sièges de Menîn, d'Ypres et du Fornes. Il marcha ensuite de Flandre en Alsace, et se trouva à TafFure d'H ignenau. On créa pour lui, par commission du 1" octobre de la
(1) II y rallia -plusieurs fois V armée dan* sa déroute , et ta sauva dans sa retraite, par l'avis qu'il ouvrit au &mseil de yuvrrt. après l'action. (Lettre particulière du maréchal de flioaillca, soua la date du 19 juin 1743.;
môme année, un régiment d'infanterie irlandaise do son nom. Il employa la saison d'hiver à la formation et à l'instruction de ce régimeul , qui, en quatre mois, fut parfaitement discipliné. La veille de la bataille de Fontenoy, Lally étant allé reconnaître par lui-même le champ de bataille , découvrit un chemin qui conduisait d'Anthoin à Fontenoy , et que l'ou avait faussement cru impraticable. Il jugea que Tannée française serait infailliblement tournée par ce chemin ; et ce fut sur son avis que l'on se rendit tnattre de ce débouché par 3 redoutes et 16 canons, auxquels sans contredit on dut le succès de la bataille (1). Pendant cette célèbre bataille de Fontenoy, la brigade irlandaise contribua puissamment à la victoire, en enfonçant , à la baïonnette, le flanc de la terrible colonne anglaise, pendant que le duc de Richelieu en foudroyait le front. Après le combat, Lally, blessé légèrement, était assis sur une caisse à tambour, environné d'un nombre cousidérable de soldats mutilés de son régiment , et ayant à ses côtés quelques officiers anglais, ses prisonniers, auxquels il prodiguait des secours. Le dauphin accourt à lui dans ce moment , et lui annonce d'avance les grâces du roi. «Monseigneur, dit Lally au prince, ces grâces sont «comme celles de l'évangile; elles tombent sur des bor- • gneg et des boiteux. » En disant ces mots, il montrait son lieutenant-colonel, qui avait reçu un coup de baïonnette dans l'œil , et son major dont la jambe était percée d'une balle. A l'instant même , le roi le fit appeler à la tête de l'armée * et le créa brigadier sur le champ de bataille. Peu de temps après, on sut que le petit-fils de Jacques II avait abordé en Ecosse , où il levait une armée en faveur de son père. Lally assiégea alors tous les cabinets de Versailles, avec un plan, pour envoyer 10,000 Français au secours du prince. Son projet fut saisi avec avidité ; une flotte fut préparée à Calais et à Boulogne, une armée rassemblée, et
(1) Ce soDt les termes d'une relation imprimée dans la correspondanî du maréchal de Saxe, tom. I, pag. 224.
vu. i3
^teîabibilomrjtfe
rembarquement fixé au mois de janvier i ;^*>. Le duc de Richelieu fut nommé commandant en chef de celle année, et Lally y eut le grade de maréchal-général- des logis (i). Le projet renconlra des obstacles; les vents contraires furent les plus grands, et Richelieu, ennuyé et malade, demanda son rappel; mais Topiniâtie Lally, qui avait pris les devants avec quelques piquets irlandais , joignit le prince anglais, et lui servit de conseil et d'aide de camp à la bataille de Salkii k, qui fut sa dernière victoire. Lally fit ensuite une course à Londres, puis en Espagne, de là en Flandre, et reviut à Londres, où sa tête était mise à prix. Prêt à être saisi, il se sauva, déguisé en matelot, et fut arrêté dans sa fuite par des contrebandiers qui l'enrôlèrent de force. Ceux-ci ayant fait connaître le dessein qu'ils avaient de se mettre à la recherche du brigadier Lally, dont la prise leur serait bien payée, Lally leur fit espérer un gain bien plus assuré sur les cotes de France, qu'il dit bien connaître, et leur servit de guide ; mais il les fit prendre par des bâtiments français , aussitôt qu'il le put, et obtint ainsi sa délivrance. Il avait encore réussi à obtenir du ministère français une nouvelle expédition en faveur des Stuarts , lorsque la perte de la bataille de Culloden vint ruiner toutes les espérances de cette maison. En 1747» Lally servit avec la plus grande distinction à la défense d'Anvers, à la bataille de Lawfeldt, et surtout au siège de Berg-op Zoom , où il se couvrit de gloire, et où il fui toujours agissant, tantôt dans la tranchée et tantôt dans les détachements. Il y fut blessé, et faillit un jour être englouti par l'explosion d'une mine. Après la prise de Berg-op- Zoom, que l'on enleva d'assaut, Lally alla ouvrir la trauchée devant le fort Frédéric- Henri, qui capitula le neuvième jour. Il ouvrit également la tranchée devant Lille, et
(1) Voltaire dit que Lally était i 'âme de l'entreprise , et qu'il déploya ■ un zèle et une audace capables d'exécuter le* plus grandes entreprises,
• un courage d'esprit opiniâtre et des mœurs douces, que tes malheur»
• altérèrent par la suite. »
courut de là au fur» de la ( roix : il voulait prendre à la fois ces deux place». Mécontent «l'une reconnaissance mal faite, il résolu! d'y aller lui-même, se h.igarda témérairement, et lomba presque seul au milieu d'un parti de hussards ennemis, qui le firent prisonnier. Échangé peu de temps après, il rejoignit le maréchal de Saxe, dont il devint le confident el l'un des principaux instruments dans la superbe opération de l'investissement de Maestricht, en 1 74®- Lally partagea, pendant le siège de cette place, avec le marquis de Cremilles, les fonctions de maréchal -général-deslo^is de l'armée. Il futble«sé; et, le 10 mai i?49« jour même de la prise de Maestricht, on le nomma maréchal-decamp hors ligne, de même qu'il avait été fait brigadier ( 1). On l'employa sur les côtes de la Picardie, sous les ordres du maréchal deBelle-Isie, par lettres du 3i décembre i?55. Appelé à Paris, au mois de juillet i?56, il apprend que le plan qu'il a précédemment donné d'une expédition dans le» Indes orientales est enfin adopté. Sur la proposition qu'on lui fait en même temps de le mettre à exécution, Lally accepte, et obtient le grade de lieutenant- général , le 19 novembre , avec un pouvoir du même jour pour commander les troupes que le roi faisait passer auxlndes orientales(2).
(1) Lorsqu'on 1755, on apprit que les Anglais s'étaient emparés de deux vaisseaux français sur les côtes de Terre Neuve, Lally fut mandé à Paris, et consulté sur les mesures à prendre: «Trois, répondit • il. «Descendre en Angleterre avec le prince Edouard; abattre la puissarce
• des Anglais dans l'Inde; attaquer et conquérir leurs propriétés en
• Amérique.» Lorsqu'il vit la majorité du conseil décider qu'il fallait tâcher d'obtenir satisfaction, et de prévenir la rupture : « Vous n'oblien-
• drez pas l'une, dit Lilly; vous ne préviemin z pas l'autre, et vous man*
• querez l'occasion de détruire votre ennemi. • Cette prédiction s'accomplit.
(2) La compagnie des Indes avait demandé 3ooo hommes des troupes du roi, pour être jointes aux siennes, et avait proposé de les mettre toutes sous le commandement de Lally. Le ministre d'Arg' nsoo, qui connaissait bien ce dernier, fit tous ses efforts pour qu'il n'eût pas le commandement. ■ Je sais mieux que vous, dit-il à cette occasion, ce
• que vaut M. de Lally, et de plus il est mon ami; mais il faut nous le
On le fit commandeur, puis grand'croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis; et on le nomma commissaire du roi , syndic de la compagnie, et commandant général de tous les établissement français aux Indes orientales. Après divers contre-temps , qui retardèrent rembarquement pendant 7 mois, l'expédition, à laquelle on avait d'abord destiné r> vaisseaux, 6 millions et 6 bataillons, et qui se trouvait ré Inite d'un tiers en toutes choses, partit enfin, le 2 mai 1757, et mit douze mois à faire une traversée qui eût été longue à sept mois. Les Anglais , que Ton avait voulu prévenir, étaient déjà dans l'Inde , depuis six semaines , lorsque l'expédition française y débarqua le 28 avril 1758, à 5 heures du soir. Trois heures après son arrivée, Lally envoya un détachement pour s'emparer de Gondelour; dont il se rendit maître le a mai. Il ordonna ensuite l'investissement du fort de Saint-David, surnommé le Btrg- . op-Zoom de ÏJtuie. Il entreprenait a lors d'assiéger, avec 6 mortiers, 22 canons et 2,200 hommes, une place couverte par 5 forts du côté attaquable, ayant ses remparts garnis de 194 bouches à feu et défendue par une garnison de 2,700 hommes. 11 emporta d'assaut tous les forts le 8 mai, fil la tranchée; et, malgré la disette de moyens el le refus qu'une partie de l'escadre fit de servir, il obligea le fort St.-
• laisser en Europe. C'est du feu que son activité. Il ne transige pas sur tla discipline; a en horreur tout ce qui ne marche pas droit; se dépite «contre tout ce qui ne va pas vite; ne tait rien de ce qu'il sait, et Pex-
• prime en de* termes qui ne s'oublient pas. Tout cela est excellent parmi
• nous; mais dans vos comptoirs d'Asie, que vous en semble? A ia pre-
• mière négligence qui compromettra le service du roi; à la première
• apparence d'insubordiuation ou de friponnerie, M. de Lally tonnera,
• s'il ne sévi! pas. On fera mauquer ses opérations pour se veuger de lui...
• Allez délibérer sur tout cela, et revenez me voir. • La compagnie persista. • Messieurs , dit M. d'Argenson , veus le voulez , je ru 'en lave les
• mains. Tenez-vous pour bien avertis, et mandez à vos agents de mar-
• cher droit. Quant à nous (s'adressant au duc de Pitz- James et au comte »de Thomoad), prêchons à notre ami la modération, même en faisan!
• le bien, et la patience, môme en voyant faire le mal. »
David de se rendre à discrétion , le 2 'juiu (1). Après en avoir ordonné le raseineut, il marcha sur Devicotte. qui ouvrit ses portes : 70 pièces d'artillerie, des magasins et un territoire considérable furent le fruit de celte troisième conquête. A peine 38 jours s'étaient écoulés depuis le débarquemeut, que toute la côte de Commande! était nettoyée d'Anglais. Ceux-ci, tremblant pour Madras, se hâtaient d'y faire venir toutes les garnisons qu'ils retiraient de leurs places fortes du Nord. Lally, impatient de les assiéger dans leur capitale* poussa eu avant des détachements, et envoya ordre en même temps au lieutenant-colonel Bus* sy et au conseiller Moracin , qui commandaient les Français, l'un à Dekan et l'autre à Masnlipatam, de venir le joindre avec leurs troupes (2). Cependant le comte d'Aché, qui commandait l'escadre, déclara, le 17 juin, qu'il n'était pas en état de seconder le siège de Madras; et d'un autre côté, Leyrit , gouverneur de Pondichéry, annonça qu'au-delà de i5 jours, il ne se chargeait plus ni de payer, ni de nourrir Parmée. Désappointé par toutes ces circonstances, Lally accueille la proposition qu'on lui fait d'aller, à 5o lieues de là, exiger du rajah de Tanjaour i3 millions dus par ce prince à la compagnie des Indes. Il part, manque de tout à quatorze lieues de Pondichéry, et voit ses troupes rester douze heures sans manger. Dans leur fureur, les soldats mettent trois fois le feu à Devicotte. Le rajah ayaut nié sa dette, Lally marche sur Tanjaour, en force les faubourgs, et s'y établit. Il fait battre la ville en brèche ; mais , à la nouvelle que l'escadre a essuyé une défaite (c'était la seconde) , et que Karrical et même Pondichéry sont menacés, le conseil de guerre, assemblé par Lally, décide, le S août, une retraite qui s'exécute dès le lendemain à la pointe du jour. Instruite de ce mouvement par
La réussite seule de l'entreprise, dit le comte d'Estaing, a pu en
• apprendre la possibilité. •
(a) « Toute ma politique, leur écrivait Lally, est dans ces cinq mots;
• ils sont sacramentels : Ptus d'Anglaù dont la jxnintuU. •
un événement imprévu (i), lu garnison de Tanjaour, forle de il) ,ooc> hommes conduits par des officiers anglais, débouche ée toules les poites de la ville et tombe sur Lally, qui parlout repousse les ennemis et parvient à exécuter une retraite longue et difficile. Il sortit enfin de cette contrée, après en avoir levé environ 5oo,ooo francs , et fait vivre ses armées pendant 2 mois aux dépens du pays. Toujours plein de son projet contre Madras, Lally veut y suivre les Anglais : mais l'escadre refuse de nouveau sa coopération à cette expédition , et quille Pondichéry. Cependant Lally guette le moment de l'hivernage de la flotte anglaise ; et le jour même où elle appareille pour Bombay, il dirige son armée en 5 colonnes sur les 4 places fortes qui couvraient la nababie d'Arcate et sur la capitale. Bientôt il est maître de toutes ces places, et assure les revenus du pays à la compagnie des Indes. Ci- fut dans Arcateque le lieutenant* colonel Bussy joignit enfin le général Lally; mais Bussy ne cessa dès-lors de demander son renvoi dans leDekan, avec un tiers de l'armée destinée à agir contre les Anglais. Lally, qui ne songeait qu'à prendre Madras, crut obtenir l'assistance de Bussy, en lui donnant le grade de brigadier: mais bientôt Bussy, persistant toujours à ne vouloir agir que dans le Dekan, ces deux hommes devinrent inconciliables. Les troupes du roi se prononcèrent pour Lally, et celles de l'Inde pour Bussy. Cependant Lally ayant proposé de nonveau une tentative sur Madras, tout le conseil se rallia au
(1) Cinquante cavaliers tanjaourieng, qui s'étaient dévoués pour tuer le général français , se font conduire, le 10 au matin, à sa tente, sous prétexte de venir lui offrir leurs service». Lally sort de son lit, et, sans autre vêtement qu'un caleçon, va les recevoir. A peine parait-il que le chef de ces cavaliers fond sur lui, et lui décharge un coup de sabre que Lalty pare avec un bâton qu'il tenait à h main. L'assassin est lui-même abattu par un des gardes du général. Lally , après avoir été renversé par deux coups de pieds de chevaux, saisit un sabre et se bat à la tête de •es gardes. De 5o Tanjaourieng , a8 tombent a ses pieds, ai vont se noyer dans un étang , et le 5o« se fait sauter en l'air, en mettant le feu à un caisson d'artillerie. Ce fut cette explosion qui servit comme de signal à la garnison de Tanjaour.
DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. Io3
cri du comte d'£staing, qu'il valait mieux mourir d'un coup de fusil sur les glacis de Madras , que de faim sur ceux de Pondiehéry. On se cotisa : Bussy n'offrit rien , et Lally prêta 144,000 francs. Avec cette faible ressource, il met en mouvement 5ooo soldats blancs et 5ooo noirs, prend 4 places sur sa route et force la ville noire de Madras, le 14 décembre 1758. Il va de suite reconnaître le fort Saint- Georges; et, ayant reçu d'Europe un million de livres qui lui venaient fort à propos, il fit ouvrir la tranchée devant ce fort, défendu par une garnison de 5ooo hommes. Quatre fois l'armée ennemie qui était en campagne se présenta pour faire lever le siège, et autant de fois elle fut mise en fuite. Enfin Lally était parvenu à ouvrir une brèche, et il projetait un assaut général pour la nuit du 16 au 17 février, lorsqu'une escadre anglaise, composée de 6 vaisseaux, vint inopinément ravitailler Madras, et y jeter 600 Anglais, ainsi que des munitions de toutes espèces. Celte circonstance obligea Lally de lever le siège , le 17 février, et de retournera Pondiehéry. Le ^octobre, une révolte éclata pour la dixième fois dans l'armée, à laquelle il était dû 10 mois de paie. Lally eut encore recours aux cotisations volontaires, donna pour sa part 5o,ooo francs, et rétablit l'ordre parmi ses troupes. Il enleva les magasins anglais à Cangivaron, et forç t Vandravachi l'épée à la main, en entrant le premier par une brèche, où de 7 volontaires 3 tombèrent morts à ses pieds. Le 27 janvier 1760, Lally est battu sous les murs de cette place, moins par Ténorme supériorité des Anglais que par la défection de sa propre cavalerie, qui quelque temps après se vendit aux chefs noirs, et disparut. Le 18 m.irs de la même année , deux escadres anglaises commencèrent le blocus et l'investissement de Pondiehéry. Lally soutint un long blocus, pendant lequel la famine et la discorde se réunirent pour l'accabler (1). Le i3 janvier 1761 , Pondiehéry étant menacé d'une escalade de nuit , Lally se fit porter sur les
(1) La haine dont il était devenu l'objet croissait à chaque mesura
remparts, où , de ses mains affaiblies, il distribua sa dernière pièce de vin aux canonniers exténués. Le 14, le conseil le somma de capituler; mais le commandant anglais Coote voulut que les Français se rendissent prisonniers de guerre. L'armée anglaise était forte de i5,ooo hommes, et la flotte en contenait 17,000 répartis sur 14 vaisseaux. Lal- Jy n'avait de son côté qu'euviron 700 hommes , parmi les* quels on n'en pouvait compter 5o en état de se bien défendre. La garnison de Poudichéry avait mangé les plus vils animaux, dévoré le cœur des arbres , et il ne restait, le 1 5 janvier, que 4 onces de riz par tête. Dans cet état affreux, Lally remit Pondichéry aux Anglais, le 16. Il faillit périr, dans la soirée du 18, sous le fer d'une troupe d'assassins qui se ietèrent sur lui, au moment où on le transportait à Madras. Le 10 mars, il fut embarqué, à peine convalescent, sur un mauvais bâtiment marchand, sans provisions, et mis à la gamelle d'un patron hollandais. Il arriva, le 23 septembre, prisonnier à Londres, où il apprit qu'un orage se formait en France contre lui. Les ministres britanniques, eu lui refusant la liberté, lui permirent cependant d'aller en France, prisounier sur parole. Il couruts'y présenter au gouvernement; dénonça, comme homme du roi, les délits de ses subalternes, et se soumit lui-même à la preuve des accusatious intentées contre lui. Pendant un an, on lui promit justice, et on tâcha même de le réconcilier avec ses enuemis (1). Ayant appris qu'une lettre de cachet avait été lancée contre lui, il refusa de s'évader, et alla au coutraire à Fontainebleau, où se trouvait la cour. 11 écrivit aussitôt au duc de Choiseul : rapporte ici ma tétc et mon innocence. Deux jours après , il se constitua volontairement prisonuier à la Bastille, où il resta, pendant
qu'il croyait devoir prendre pour assurer le salut de la ville. Menacé d'assassinat, le 7 octobre, et atteint de poison , le 8, il était succombant et alité , le 4 décembre.
(1) Bussy, qui était un des principaux , avait dit : «Il faut que la tète • de Lally tombe, ov la mienne. •
DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. lo5
19 mois, sans même être interrogé ; ce fut le hasard seul qui lui fit donner des jugea. On trouva dans les papiers du jésuite Lavaur, mort en 1763, un libelle contre Laliy : et cette pièce servit à dresser une plainte en concussion et haute trahison contre le général prisonnier. Dans ce procès* on vit les individus accusés par Laliy devenir accusateurs, et être même admis à témoigner contre lui. Enfin, après a ans d'instruction et de débats, pendant lesquels on avait refusé à Laliy l'assistance d'un conseil , et malgré les conclusions du doyen des substituts qui avait demandé Vabsoluiion entière sur toute autre partie que ta partie Militaire* pour laquelle le roi serait supplié de nommer un conseil de guerre, l'avocat-général donna ses conclusions à mort. Le lundi , 5 mai 1766, fut pris pour le jour de l'interrogatoire. Apercevant la sellette, Laliy découvrit sa tête et sa poitrine, montra ses cheveux blancs et ses cicatrices, et s'écria *. Voila donc la récompense de 55 ans de services ! Les récusations qu'il proposa lurent toutes rejetées; et, le tendemain 6 mai, il fut absous du crime de haute trahison et île coucussiou; mais condamné à être décapité, comme convaincu d'avoir trahi les intérêts du roi (1). Lorsqu'on lui lut son arrêt, et en entendant ces derniers mots, Laliy s'écria d'une voix tonnante : Cela n'est pas vrai! Jamais! jamais! Après avoir exhalé son indignation contre le rapporteur de son procès et contre ses juges, il se renferma en lui-même, et marcha pendant quelques minutes, la main dans ses habits et sur son cœur; puis, feignant de s'agenouiller, il s'enfouça dans le sein un compas qui pé-
(1) Cet arrêt excita un cri d'horreur et de surprise. Le jeudi, 8, le maréchal de SoubUe, à la suite d'un conaeit-d'état, se jeta aux genoux du Louis XV, et lut demanda, aw nom de V armée , ta grâce du gênerai Laliy. Le ministre de la guerre en fit autant ; mais le roi dit : C'est vous qui i' 'avez J ait arrêter. Il est trop tard. Ils l'ont juoè! Ils l'ont juge! Quelque temps api es, le même prince dit à l'oreille du duc do Noaillt-s : lis l'ont massacré; et, quatte ans plus tard, il dit publiquemenl au chancelier Maupeou : « Ce sera tien vous qvi en répondrez , et non pas moi. •
vit. »4
né Ira de quatre pouces, mais qui n'atteignit point le cœur. Son confesseur parut alors , et Lally, aidé des conseils de la religion, se résigna à la mort. 11 était dans cette disposition, lorsqu'un bourreau vînt lui présenter, par ordre, un bâillon. Ses ennemis firent même avancer de six heures l'exécution; et, au lieu de le conduire au supplice dans sa voiture, comme on le lui avait fait promettre, ou l'y mena en plein jour dans un tombereau. Arrivé au lieu fatal , Lally pardonna a ses ennemis et à ses juges, et reçut le coup mortel , le 9 mai 1766 (1). En 1778, sur une requête juridique, présentée au conseil du roi parle comte de Lally-Tollendal , fils du général Lally, alors devenu majeur, et aujourd'hui marquis et pair de France, des commissaires furent nommés pour examiner le procès. Après trentedenx séances de ces commissaires, le roi, en son conseil, et à l'unanimité de 72 magistrats, cassa l'arrêt du parlement de Paris , du (S mal 1766, et tout ce qui l'avait suivi. De ce moment la mémoire du général Lally fut réhabilitée complètement (2). Le roi daigoa en cette circonstance témoigner sa satisfaction particulière delà conduite du comte de Lally-Tollendal, et dans les lettres et brevets délivrés pour consacrer la réhabilitation de Lally père, S. M. fit insérer ces mots remarquables : « Nous avons applaudi à «sa piété filiale, etc.» {Chronologie militaire, tant. V, pag. 72; mémoires et annales du temps , Biographie universelle , ancienne et moderne , lom, XXIII , p. 238.)
de LAMBERCOURT,™>jez Boumbl.
de LAMBERT(Jean), marquis de Saint-Bris9 lieutenantgénéral, naquit au château des Escuyers, en Périgord , le u5 septembre 1 586. Élevé page du roi Henri IV, en 1598,1!
(1) Le prêtre qui Pavait assixté écrivit aux amis de la victime : « Il s'est • frappé en héros, et s'est rcpenli en chrétien. »
(a) L'opinion publique avait depuis 13 ans fait elle-même cette réhabilitation.
alla faire ses premières armes en Hollande , sous le prince Maurice de Nassau , et servit dans le régiment de M. de Châtillon , en i6o5, avec le grade d'enseigne. Il se trouva au siège de Juliers et à toutes les opérations de guerre. M. de Bassompierre , qui l'avait fait, en 1610, lieutenant de sa compagnie de gendarmes, le rappela près de lui et l'employa à l'affaire de Chanlay, en mai 16 1 5 , et au combat de Nanteuil , près Pamprou , en Poitou , où il fut grièvement blessé , le 7 janvier 1616(1). M. de Bassompierre, ayant été pourvu de la charge de colonel -général des Suisses , donna à M. de Lambert le commandement et la conduite de 2000 hommes de pied Baisses, par commission signée du roi, le 26 octobre 1616, pour se rendre à Saint-Jean-de-Laune. De là, M. de Lambert vint rendre compte au roi de l'état des vieux régiments qui se désorganisaient. S. M. lui douna la charge de capitaine d'une compagnie de gens de guerre au régiment de Piémont, par provisions du 16 juillet 1620 qu'il leva à ses frais et conduisit au combat du Pont-de-Cé, où il se distingua, le 7 août suivant. Il fut un des gentilshommes qui accompagnèrent M. de Bassompierre dans son ambassade d'Espagne , en février 1621. Trois mois après, le traité étant signé, il revint à son régiment, avec lequel il se trouva au siège de Saint- Jean-d'Angely, qui capitula le a5 juin; à la prise de Nérac, où il se distingua au combat du 24; au siège de Montauban et à celui de Monheurt. Il combattit à la prise de Riez, en avril 1622. Il commanda ensuite, au siège de Tonueins, un bataillon de son régiment sous les ordres du duc d'Elbceuf : la place capitula le 4 ma' > après une vigoureuse résistance. Il se trouva à la prise de lloyan , le 1 1 mai suivant , et à celle de Négre-Pelisse , enlevé de forcée avec le château, le 10 juin. Le roi le choisit au siège de Montpellier pour donner l'assaut, avec 200
(1) Bassompierre rapporte dans ses Mémoires, ctlit. petit in 12, 169a, tom. /, *pag. 585, que II. de Lambert reçut une mousquetade , chargée de dragées, qui lui fit plus de 60 trous, dont ncamnoios aucun ne fut dangereux.
>o8 MCTIONNAIIIK HISTORIQUE
hommes, aux dehors do la villr, qu'il força de capituler, le 19 octobre. Sa compagnie, par ordonnant du 26 juin 1624, fui doublée el composée de» soldat les plus vaillant* r l les piusagncrris qu'il put réunir, et avec lesquels il donna de nouvelles preuves de sa valeur au siège delà Rochelle» en 1O27 et 1(128 • ainsi qu'à la prise de Privaset d'Alais,eu 1629. Il contribua, en ib'3o, à la conquête de la Savoie jusqu'au traité de Qoérasque, signé au mois de mai 16 3i. Il combattit à Veillane. Il servit à Tannée commandée par le maréchal de la Force, en 1602; à la défaite du vicomte de l'Est range près de Privas, et au combat près Remoulins. Il marcha , en 16 5, sous le même général, à la conquête de la Lorraine. Il fut nommé lieutenant-colonel du régiment de Piémont , par provisions du 24 août i634« H se trouva à la prise de Bitche, de la Mothe, et eut part au secours qu'on donna à Heidelberg et à Philisbourg, en décembre de la même année. Nommé maréchal- de-camp , par brevet du 5i mars i63ô, il reçut, le même jour, l'ordre de se rendre à Mézières et à Charleville, pour commander dans ces deux places, et sur toute la frontière. Après avoir pourvu à leur sûreté, il se rendit, en exécution d'un nouvel ordre du 21 avril , à l'armée commandée par les maréchaux de Chàtillon et de Brezé. Il commandait l'aile gauche à la bataille d'Avein , où les Espagnols furent déiaits , le 20 mai i635. Il alla ensuite joindre, avec l'armée française, le prince d'Orange , campé près de Maeslricht, qui lui fit l'honneur de lui écrire plusieurs fois dans le courant du mois d'août et de septembre, pour combiner ses allaques sur l'ennemi, avec le corps de cavalerie que M. de Lambert commandait. Après la levée du siège . de Louvain et la prise du fort de Schein ( ù il était , M. de Lambert resta seul commandant l'armée franc lise en Hollande jusqu'au printemps suivant, époque à laquelle elle revint en France. M. Lambert, ayant reçu l'ordre du roi , du 3o avril i636 et ses instructions particulières pour assembler, sur les confins de la Bourgogne et de la Champagne, une armée qui devait être commandée par M. le ^>riuce de Condé , il se rendit à Langres, d'où il conduisit
l'armée devant Doits dont il forma le siège. Dans une sortie* le 5 juillet, il repoussa avec vigueur 8 à 900 hommes de la. garnison Apte* la levée de ee siège, il lut charge, par provisions et lettres particulières du roi des 20, 23 et 24 août i63(>, d'effectuer la retraite ( il le fil en hon ordre) , de ramener l'armée à Seitli», et de là de se rendre à Amiens, pour y recevoir de nouvelles instructions. Il reprit Roye et MonldHier, et commanda le hlocus de Corbie . qui se rendit , le jo uovembre , ce dont S. M. lai fit témoigner son entière satitj action , plus que d'aucun (1). Il recul ensuite des ordres du 7 décembre , pour s'établir à Charle ville, cl pour veiller à la sûreté de Mézières, Mont-Olympe, Rocroy et autres places de ce côté-la. Chargé, l'année, d'après, d'assembler l'armée à Oiscmont près Abbeville , il prit, par ordre du 20 juin iGS?, le commandement de six régiments d'infanterie et six cornettes de cavalerie pour aller joindre dans le Boulonnais l'armée des États. Il revint de là, en juillet, attaquer et prendre Dourier et Auxi-lc- Château. 11 se trouva à la reddition de Landrecies, prit d'assaut le château de Biez, en Artois; s'empara de Mauheuge cl vint au siège de la Capelle, où il commanda une attaque et contribua à la prise de cette place, dont le roi lui donna le gouvernement par provisions du 23 septembre 1607 : il quitta alors le régiment de Piémont. Il fut chargé, par ordre du 16 janvier i636, d'iuspecter toutes les garnisons de la province de Picardie , et se trouva au siège de Saint - Orner. Le maréchal de Brézé ayant quitté le coni- x mandement de l'armée en Picardie, le laissa à M de Lambert , ce qui fut confirmé par une lettre particulière du roi du 7 août i638. Nommé capitaine d'une compagnie de chevau légers de cent maîtres, par commission du 22 février 1639, M. de Lambert servit à l'armée de Flandre et d'Artois, sous le maréchal de la Meilleraye, et marcha au
(1) Lettre originale de M. de Noyer», et rapport du cardinal de fli;cbelieu au roi.
siège de Hesdin, qui fut pris le 29 juin suivant (1). Trois mois après, il obtint, à la mort du cardinal de la Valette , le gouvernement-général du pays Messin , et le gouvernement particulier des ville et citadelle de Metz, par provisions du 5 octobre i65q. Ce fut le cardinal de Richelieu qui lui en donna le premier la nouvelle, par une lettre trèshonorable qu'il lui écrivit de Grenoble où le roi était alors.
II fut nommé, le 19 janvieri64<>, capitaine d'une nouvelle compagnie de la garnison de 200 hommes de guerre à pied, et mestre de-camp d'un régiment composé de vieilles compagnies, par commission du 17 juillet 164». Il s'empara, le 28 du même mois , de la ville de Nomeny. Dans le courant des années 1640, 4»» 42 ct 43, il reçut un très-grand nombre de lettres du roi Louis XIII ( toutes conservées en originaux ), concernant les fonctions de son grade et les affaires de sou gouvernement. La reine régente lui en adressa aussi plusieurs, après la mort de ce prince. Il eut l'honneur d'avoir sous ses ordres M. de ïurenne , et de correspondre dans les opérations de guerre avec le grand Condé. Ce fut pendant le siège de Thionville , commandé par ce jeune prince, en 1643, que Henri de Bourbon écrivit à M. de Lambert, pour lui recommander son fils, dans les termes les plus flatteurs. Il se démit, en mai 1644 j de son gouvernement, sans cesser d'être en activité. Il fut employé, dès le 21 du même mois, comme maréchal- de -camp, à l'armée de fil. le duc d'Orléans , et servit au siège de Gravelincs, où se signala tout ce qu'il y avait de grand dans le royaume; cette place se rendit le 2b juillet 1644 (2). Employé à la même armée en ib45, M. de Lambert se distin-
(1) Dans une attaque qu'il commandait à ce siège, il fut assez heureux pour que la place lût prise de son côté, et que le roi y entrât par sa bruche, sur laquelle S. M. donna à M. delà Meilieraye le bâton de maréchal de France, le 29 juin i65g.
(1) Ce fut à ce liégc que les maréchaux de Gassion et de la Meillerave eurent un démêlé qui divisa l'armée. Le» deux partis allaient se char* gur, lorsque le marquis de Lambert, qui n'était encore que marc-
gua au passage de la rivière de Colme , ouvrit le 4 juillet la tranchée devant Mardick, fut chargé de reconnaître et d'attaquer le fort de Linck, dont il obligea la garnison de se rendre le 23 , et se trouva à la prise de Bourbourg. Créé lieutenant-général des armées, par brevet du 6 mai 1648, il fut nommé le môme jour, par le roi, pour commander, en Italie, l'armée de terre, jointe à l'armte de mer, èn l'absence ou sous l'autorité du prince Thomas de Savoie , et reçut en même temps l'ordre et les instructions particulières de S. M. pour cette expédition. Il était à l'attaque du fort Saint-Philippe d'Orbitello , qui ne réussit pas. Il contribua à la prise de Victri, concourut à celle de l'île de Procida , et à l'escalade de Salerne qu'on tenta sans succès. Le roi ayant ju^é à propos de rappeler son armée , en laissa la conduite au marquis de Lambert, qui effectua la retraite sans aucun échec devant des ennemis beaucoup plus forts en nombre et en moyens. Dans la guerre civile qui survint quelque temps après, sa fidélité fut mise à l'épreuve; mais il refusa le bâton de maréchal de France, que Gaston , duc d'Orléans, lui fît otTrir, pour l'attirer dans sou parti. Le roi , Payant su, fit expédier pour lui, à son insu, le 21 novembre i65i, un brevet de chevalier-commandeur de l'ordre du Saint-Esprit , et S. M. lui en donna elle-même Je premier avis, par une lettre très-honorable, et datée du 21 février suivant. {Lettre conservée en original.) Jean de Lambert passa les dernières années de sa vie, dans ses château et terre de Saint-Bris , au comté d'Auxerre, érigés* en marquisat en sa faveur, en février 1644? et y mourut le 23 octobre i665, âgé de 79 ans. {Chronologie militaire , lom. If, pag. 09 ; Titres de famille , brevets , commissions , lettres particulières des rois , princes et mi-
«hal-de-camp , les arrêta, et défendit aux troupes, de la part du roi, de reconnaître ces maréchaux pour leurs chef*. A l'instant, les troupes obéissent, les maréchaux se retirent, et l'armée est sauvée par cet acte de vigueur et d'autorité. Le roi, Louis XIV, eut connaissance de ce fait, et en parla plus d'une fois avec estime. Ce trait est rapporte par le président Hënau! et plusieurs autres historien», sous la date de 1G44.
nistres, le tout produit en original ; Mémoires du temps , le président Hénault , Mémoires de Bassompierre , Armoriai général, in-folio , reg. il, partie ** ; Histoire de France, par sinquetil.)
de LAMBERT (Henri), marquis de Saint-Bris , lieutenantgénéral , fils du précédent, naquit le 5 novembre i63i. D'abord me*tre-de-camp du régiment d'infanterie qui tenait garnison à Metz, sur la démission de son père; et par commission du 7 mai 1648 , il s'en démit, au mois de juin 10*49, el obtint une compagnie au régiment royal cavalevie, en conservant sa commission de mestrc-de-camp. Ii servit en Guienne, en i(55o, et en Flandre , sous le maréchal d'Aumout, en i65i, lise trouva au combat de Saint- Antoine, à Paris, en 1602, el contiuua de servir, sous le maréchal de Turenne, jusqu'à la paix. Nommé capitaine d'une compagnie de chevau-légers, par commission du 25 juin i653, il se distingua particulièrement à la bataille des Dunes, en i058. Sa compagniefut réformée leiSavril 1661. Il leva un régiment de cavalerie de son nom, par commission du 8 juillet 1667, et servit en Flandre et en Franche- Comié, en 1668. Son régiment ayant été réformé le 24 mai, il servit comme capitaine jusqu'à ce que, par lettres du 7 août 1671, il rétablit son régiment avec lequel il fut employé sous M. le prince de Condé^en 1(172. 11 suivit S. M. à !a guerre de Hollande, passa la Meuse le 24 mai, se trouva au siège de Wesel, à celui d'Émericket au fameux passage du Rhin, le 12 juin. Employé ensuite sous le maréchal deTurenne, il servit au siège et à la prise deNinicgue, le 9 juillet; de Oèvecœur, de l'Isleet de laviliede BomimUe 26 j^eptembre; à la poursuite des troupes de Brandebourg sur la fin de la campagHe ; à la prise d Unua, de Cainen, d'Altoua, de Zoesl, de Xoesler, de Bielefeld, et à la marche du maréchai de Turenne dans la Frauconie, laThurin^e et la Messe, en 1673. Créé brigadier de cavalerie , par brevet du i3 lévrier 1G74» il concourut aux sièges cl à la prise de Besançon et autres places de la Franche- Comté. Passe delà a l'armée d'Allemagne, sous le maréchal de Turenne, il
combattit à Sintzheim, le 16 juin, et à Ladcnbourg: rendit de» services importants à l'affaire d'Enshcim , le 4 octobre; à Aftulhausenet au combat sanglant de Turk <*im, le fi juillet 1675. Cinq jours après la mort de M. de Turcnne. se donna « Je i" août, le combat d'Altenheim, où M. de Lambert soutint avec sa brigade l'attaque des ennemis et les repoussa. Il contribua, la même année, à la levée des sièges d'Hagueoau et de Saverne par les ennemis. Il combattit à Kokesberg, sous le maréchal de Luxembourg, en 1676. Promu au grade de maréchal de-camp, par brevet du 2 5 février 1677, N *ul employé à l'armée d'Allemagne, sous le maréchal de Créquy. Il était à la canonnade du camp du prince Charles de Lorraine, à la réduction du prince de Saxe- Eiienacki et au siège de Friboorg-cn Brisgau. Il eut, le 14 novembre, jour de la prise de cette place, le commandement delà ville et celui de la frontière d'Alsace, et conserva l'un et l'autre jusqu'en 1680 Employé à la même armée, en 1678, il eut part à l'attaque du poui de llhiofeld et des retranchements de Seckingeo, qu'on força; à la défaite du duc de Lorraine; à la prise du fort de Kehl et du château de Ltchlemberg. Il fut envoyé à Bayoïuie, en 1680, pour commander un corps de troupes qui était sur cette frontière, d'où il fut rappelé pour commander dans le pays et comté de Chini. On lui donna le gouvernement delà ville de Longwy, vacant par la démission deM.deCatinat, par provisions du 21 février 1680, et il obtint lo commandement du camp de la Saône, par ordre du 28 avril 168a* Créé lieutenant-général des armées du roi, par pouvoir du '25 juin 1C82, et employé, par lettres du 5 avril 1684, sous le maréchal de Créquy, il servit, en sa qualité do lieutenant générai, au siège de Luxembourg, oru il monta la tranchée el contribua à la prise de la place, qui se soumit le 4 juin. Il fut nommé, par provisions du 12 du même mois, gouverneur et lieutenant-général des ville et duché de Luxembouig. comté de Chini, et autres lieux dépendants de la province de Luxembourg. Il est mort dans son gouvernement, le 1" août 1U8O, universellement regretté. Sa Majesté, en considération de ses services signalés , donna Vil. i»
il4 DICTIONNAIRE HISTORIQUE
6000 francs de pension à son fils et à sa veuve (1). {Chronologie militaire, toni. lVt pet g. 5 1 7 ; titres, brevets, commissions ; généalogie de sa maison , le tout produit en original ; états militaires , mémoires du temps , dépôt de la guerre.)
de LAMBERT (Henri-François), marquis de Saint- Bris, plus connu sous le nom de marquis de Lambert, lieutenant-général, fils du précédent, naquit le 1 3 décembre 1677. 11 commença à servir, en 1G93, dans la première compagnie des mousquetaires du roi ; se trouva au siège de Huy, pris le 2Î juillet; combattit à Neerwinde, le 29; entra sous lieutenant au régiment du roi, en 1694; fit la campagne de Flandre; se trouva au siège de Dixmude et au bombardement de Bruxelles, en 1695 ; obtint une lieutenance au même régiment, le 27 décembre, et continua de servir à l'armée de Flandre, en 1696. Colonel du régiment de Périgord infanterie , par commission du 2 février ib'97, il le commanda à Parmée de Catalogne, et se trouva au siège et à la prise de Barcclonne, qui se rendit, le 10 août. Passé en Italie, au mois de décembre 1700, il y' conduisit son régiment, augmenté d'un 1* bataillon; combattit à Chiari, le 1" septembre 1701; contribua, en 1702, à la défaite des ennemis à San-Vittoria, le 26 juillet; servit au siège de Luzzarra ; combattit sous cette place. le 1 5 août ; marcha au siège de Guastalla, dont la prise fut suivie de celle de Borgoforte. Il était à la défaite du général Staremberg, près de Stradella ; au combat de Castelnovo de Bormia; à la prise de Nago et d'Arco, dans le Trentin ; à la prise d'Ast, et à la soumission de Villeneuved'Ast, en 1703. Il servit très-utilement dans l'attaque des poste!* occupés par les ennemis sur le Pô. Il fut employé
au siège et à la prise de Verceil, d'Yvrée , de sa citadelle
(1) Il avait épouse, en iGfC, Anne le Margucnat de Courcelles, connue sous le nom de la marquise de Lambert, auteur des Avis d'un* mèr* à son /î/.î et à sa fitU.
et de son château, en 1704. H commandait un détachement de grenadiers de l'armée au siège et à la prise de Vérue , en avril 1705 , et à l'attaque de la communication de cette place avec l'armée des ennemis, lorsque l'ouvrage fut emporté d'assaut. Il se trouva aussi à la bataille de Cassano. Il obtint le grade de brigadier d'infanterie, par brevet du 4 octobre 1705. Il servit en cette qualité au siège de Turin , au combat sous cette ville, en 1706, et commanda la gauche de la tranchée à la première attaque des contre-gardes. Employé, en 1707, à l'armée d'Espagne, il servit d'abord dans le corps des troupes assemblées dans la Navarre, sous 1rs ordres de M. de Legall; joignit ensuite l'armée commandée par M. le duc d'Orléans; se trouva au siège et à la prise des ville et château de Lé rida, où il monta la tranchée, le 12 octobre. Employé à la même armée en 1708, il fut détaché, le 1" juin, du camp de Ginestar, sous les ordres du marquis de Gaëtano, lieutenantgénéral des armées d'Espagne, pour chasser les ennemis de Falcète, où- ils étaient au nombre de 1200 fantassins, 4oo chevaux et 1200 miquelets. Les Français arrivèrent à Falcète, le 2, à cinq heures du malin; fil. de Lambert commandait l'infanterie. Il attaqua sur-le-champ les ennemis, qui eurent 5oo hommes tués, et leur lit u'oo prisonniers, du nombre desquels étaient le commandant et 55 officiers avec leurs bagages, leurs munitions et beaucoup d'armes. Le marquis de Lambert marcha ensuite au siège de Tortose , où il monta plusieurs tranchées, cl d'où il fut envoyé par M. le duc d'Orléans pour porter au roi la nouvelle de la réduction de cette place, le 1 1 juillet 1708. Il continua de servir à la même armée, sous le maréchal de Besons, qui se tint sur la défensive, en 1709. Nommé maréchal-dé-camp, par brevet du 29 mars 1710, il se démit du régiment de Périgord; fut employé dans son grade à l'armée du Dauphiué, sous le maréchal de Berwick, celte année et la suivante, et à l'armée de Flandre, sous le maréchal de Villars, eu 1712. Il combattit à l'affaire de Dcnain, et contribua à la prise de Douay, du Quesnoy et de Bouchaiu. Il fut décoré, sur ces entrefaites,
1 iG DICTIONNAIRE HISTORIQUE
delà croix de Saint-Louis. Employé à l'armée de la frontière d'Espagne , sous le maréchal de Berwick, en 1719, servit au siège et à la prise de Fonlarabie, des ville et château de Saint-Sébastien, et au siège de Roses, et il obtint, par provisions du 11 décembre 1719, le gouvernement de la ville d\Auxerre, qui fut créé en sa faveur. S. M. le nomma lieutenant-général des armées, par lettres d> 5o mars 1720. Il est mort à Paris, le 21 avril i?54r faisant par son testament, comme parent, un legs considérable au marquis de Lambert qui suit. (Chronologie militaire , tom. V, pag. 91 ; titres , brevets, commissions, produits en original; mémoires et annales du temps , généalogie de famille, états militaires, dépôt de la guerre.)
de LAMBERT ( Henri -Joseph), marquis de Lambert, maréchal-de-tamp , issu d'une branche cadette de la famille des précédents, naquit le 11 juillet 1738. Il commença à servir en qualité de cornette dans le régiment d'Alsfeld dragons, par brevet du 16 juin» 1748. Il passa avec le môme grade dans celui deHarcourt cavalerie, eu 1756; fut capitaine au même régiment, en avril 1757; commença dans ce grade les campagnes de la guerre de* sept ans; se trouva à Haslenbeck, au camp de Closlerseven et à la marche sur Zell. Nommé guidon de gendarmerie de la maison du roi, compagnie d'hommes d'armes d'Orléans, avec rang de lieutenant-colonel, par brevet du 21 août 1759 , il fit avec autant de zèle que de distinction les fonctions d'aide-maréchal-des-logis de l'armée. Attache à l'état-major de M. le maréchal de Broglie, il se trouva aux affaires de Corbach, de Warbourg et de Clostercamp, en 1760; se distingua à Gnîinberg, le 21 mars 1761, dans une charge que fit le régiment d*Autichamp dragons, auquel il s'était joint. Le maréchal de Broglie l'envoya avec des instructions à Corbach et au château de Waldeck, dont le chevalier d'Origny faisait lever le blocus. Cet officier étant dangereusement blessé, M. de Lambert lit avancer des détachements jusqu'aux portes de Fritzlar, pour inquiéter l'ennemi. Ce fut au retour de cette expédition
que le maréchal de Broglie envoya le marquis de Lambert porter au roi la nouvelle de la levée du siège de Cassel et de la retraite de l'ennemi, en mars 1761. S. M. le nomma mestre-de-camp à la «aile du régiment d'Aulichamp dragons, par commission du i5 avril suivant. De retour a l'armée, il continua d'y servir dans son grade, sous les ordres du maréchal de Broglie, qui l'envoya , avec des instructions particulières, à l'armée du prince de Soubise , le jour de l'affaire de Ftliinghausen, à laquelle il prit part, avec l'arrière- garde commandée par M. de Vogué. Il fit à l'armée jusqu'à la paix le service de colonel, par commission du a'* juin 1762, et fut nommé, le 1* décembre suivant, mes:re-de-camp commandant du régiment de Berry cavalerie, fonction qu'il conserva jusqu'en 1780. Il avait été décoré, quoique fort jeune, de la croix de Saint Louis, en 176*3. Il fut nommé brigadier des armées, le 3 janvier 1770. Dans la vue d'une descente en Angleterre, on rassembla, en 1778, sur les côtes de Bretagne et de Normandie, deux corps d'armées commandés par le maréchal de Broglie. Le marquis de Lambert fut nommé premier aide faisant les fonctions de maréchal-général- des-logis, par lettres du 1" juin 1778, en l'absence du comte de Broglie. L'année suivante, il fut nommé, par lettres datées du 1" juin, adjoint maréchal-général-des logis au corps d'armée commandé par M. le comte de Vaux, depuis maréchal de France; fut fait commandeur de Tordre de Saint-Louis „ le '25 août de la même année; maréchal- de-camp, le 1" mars 1780, et inspecteur-général des troupes du roi , le 5 juillet suivant : il l'était encore en 1789. Choisi pour être un des officiers-généraux composant le conseil de la guerre permanent, créé le 9 octobre 1787, on lui confia le gouvernement de la citadelle d'Arras , en 1788. 11 fut employé, la même année, comme maréchal-de-camp, au camp près Saint-Omcr, aux ordres de M. le prince de Condé , par L itres du 7 août. Les princes français ayant émigré, le marquis de Lambert sort it de France, et entretint une correspondance suivie avec LL. AA. RR. , qui le nommèrent leur ministre auprès du roi de Prusse, pendant la campa*
Il8 DICTIONÎTAÏRE HISTORIQUE
gne de 1793, qu'il fit au quartier-général de l'armée prussienne, se trouvant à tous les combats et opérations de guerre, qui commencèrent par le siège de Longwy. Les notables habitants de cette ville furent les premiers qui exprimèrent les sentiments dont ils étaient pénétrés pour le roi, par une adresse (1), qu'ils chargèrent le marquis de Lambert , qui les avait amenés avec douceur à cette démarche, de remettre à S. A. R. RIossieur (aujourd'hui Louis XVIII) , comme un témoignage de leur fidélité et de leur respect envers leur seul et légitime souverain. Monsieur daigna lui en exprimer sa satisfaction par une lettre extrêmement flatteuse (à). Ce fut dans ces circonstances que le marquis de Lambert reçut une lettre de la part de l'impératrice de Russie, qui lui annonçait «que son fils
• aîné qui servait dans ses armées, venait de périr glorieu-
• sèment dans une bataille en Podolie (3), et que, pour
(1) Voyez la correspondance originale des émigrés, in-8°, 1795, V partie, pag. a , 3, a54 et 359.
(a) Cette lettre est ainsi conçue : « Je vous envoie, mon cher marquis,
• ma réponse aux habitants de Longwy ; j'espère que vous eu serez aussi » content que je l'ai été de la vôtre. Je n'ai pas besoin de vous dire coin- » bien je le suis de votre conduite en cette occasion; mais je vous assure
• que noua le sommes infiniment....
• Adieu, mon cher marquis ; vous connaissez mon amitié pour vous.
• À Ettanges, ce 5 septembre 179a.
> Signé Loois-STAMSLAS-XAViBft. »
(3) Ce fut à cette occasion que Mgr. le comte d'Artois l'honora de la lettre suivante :
« J'ai appris, mon cher Lambert, la përte que vous venez de faire; •croyez que j'en éprouve la peine la plus sensible, et que je partagerai
• toujours bien sincèrement tout ce qui vous affectera. Mous mu h me
• charge de vous assurer des mûmes sentiments, et en vérité nous vous
• le devons bien.
• Adieu , mon cher Lambert, ne doutez jamais de tous mes senti*
• ments pour vous.
• Ettanges, ce 7 septembre 179a.
• Signé le comte d'Aatots. »
DES GENERAUX FRANÇAIS. 1 Tj)
* ajouter à son armée un officier d'un mérite reconnu, elle » lui proposait d'entrer à son service en qualité de général- «major»; mais ce ne fut qu'après avoir fait la campagne de 1793, que le marquis de Lambert alla à Ham , pour obtenir l'agrément et prendre les instructions du roi Louis XVIII pour Pétersbourg. Il arriva dans cette capitale, en février 1794 L'impératrice l'accueillit avec bonté, l'honora de sa confiance , en l'admettant dans sa société, et l'employant en plusieurs circonstances importantes, comme un des principaux agents des princes français. Paul I*r ne fut pas moins favorable à M. de Lambert ; il lui confirma la propriété d'une terre, dont son auguste mère lui avait fait don, et le fit chef d'un régiment dont il adressait directement 1rs rapports à S. M. I. el au grand-duc Alexandre. Paul I* ayant permis, vers la fin de 1790, à Louis XVIII, d'avoir un ministre auprès de lui , le roi écrivit à M. de Lambert pour lui proposer cette honorable mission, La lettre de ce monarque, datée de Mittau , du 4 février 1800, est conçue dans les termes les plus flatteurs et les plus honorables. La santé de M. de Lambert et des circonstances particulières ne lui permirent pas d'accepter cette faveur distinguée ; mais l'empereur Alexandre ne le traita pas avec moins de bonté que de considération. Des affaires de famille l'avaient appelé en France; mais à son retour, il tomba malade à Graudenz, en Prusse, où il termina sa carrière, le 19 janvier 1808, âgé de 69 ans et 6 mois. Le maréchal de* Corbière , gouverneur de la ville et de la forteresse, le fit inhumer dans le chœur de l'église catholique, avec tous les honneurs dus à son rang et à son grade. {Titres, brevets et lettres particulières, le tout produit m original; états militaires, mémoires et annales du temps.)
de LAMBERT (Marie Charles, comte), lieutenant-général, fils du précèdent, et né à Paris, le i5 juillet 1773, était enseigne au régiment des gardes-françaises avant la révolution. Il fit la campagne de 1792, étant aide-dc camp de son père , ministre des princes français à l'armée prus- •ienne. Il passa avec leur agrément au service de Russie,
en? 1790, avec le grade de major; fit la guerre en Pologne et en Perse, oii il commandait , en 1797, un régiment de Cosaque». Ii fit plusieurs autres campagnes, où il commanda et combattit avec beaucoup de distinction; fut blessé plusieurs fois dangereusement , et obtint les décoratious de divers ordres étrangers. Il parvint au grade de lieutenant-général des armées en Russie, et à celui d'aide-decamp-général de l'empereur Alexandre , qu'il suivit dans 5a dernière campagne, après laquelle il fut nommé, par le roi Louis XVI II , commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, par brevet du 21 septembre 181 5. 11 est retourné en Russie, autorisé par S M. à y rester au service de l'empereur Alexandre. Il y commande une division militaire. (Titres originaux , étals militaires, aimanach de la cour de Russie, mémoires du temps, Biographie des hommes vivants ,1818.)
LAMBIN (Étienne), grand-maître et visiteur-général de Varlilltrie. de France , fut pourvu de cette charge , après la destitution de Mathieu de Beanvais , par provisions du 4 septembre 141 1* et prêta serment , le 7 du même mois. Cette charge lui fut ôtée au mois de janvier 141 3. (Chronologie militaire y tom. III, pag. ^3.)
LA MESS AN , voyez de Béow.
de LAMETH (Charles), baron de Bussy-Lameth , maréchal-de-camp, servait dès 162a, dans une compagnie de chevau-lêgers qu'avait le baron de Laraeth , son père. Il contribua, la même année, à la défaite de 4 o hommes qui voulaient se jeter dan* la ville d'Uzès, assiégée par le duc de Montmorency. Il obtint, en 1624, la compagnie de chevau-légcrs de son père, et la commanda dans les guerres contre les religlonnaire*, en 1625 et 1626; au siège de la Rochelle, en 1627 et 1628, et dans le Piémont, en 11)29 et i63o. Pendant ces diverses campagnes, le comte «;e tiussy- Lamclh se distingua en dillerenle* occasions. Il fut uommé mestre-de-camp d'un régimeut d'infanterie de son nom, sur la démission de son père, par com mission et
1)ES GÉNÉRAUX FRÀ*ÇAÏ3i IQï
provisions du 8 juillet 1 63 1 ; il commanda ce régiment, •wi i63a, à la prise de Trêve?», où il tint ensuite garnison. L électeur de Trêves, ayant fait sou entrée dans la capitale de i»on électorat , le 4 octobre i633, en douna le gouverneineut au comte de Bussy- Lameth , qui y commandait alors pour le roi. Le comte de Bussy -Lameth fut blessé, eu i634, au siège de la Mothe, riù il avait conduit une partie des troupes qu'il commandait à Trêves. Après la prise dn la Mothe, il retourna dans son gouvernement. Ou le créa maréchal-de-camp , par brevet du 3 octobre de la mémo année. Pendant un voyage qu'il fut obligé de faire à Coblcntz, au mois de mais i635. les Espagnols profitèrent de son départ pour surprendre Trêves, et s'en emparèrent le *j»6 du même mois, malgré la vrgoureuse résistance du baron de Bussy Lameth , lits du comte, qui fut obligé île se rendre prisonnier de guerre avec toute la garnison. Le comte de Bus-y - Lameth continua de commander à Coblentz jusqu'au mois de mars iG3G, époque a laquelle il abandonna cette place, pour se jeter dans Hermeiistein, qu'il défendit, conjointement avec M. de la Sakidie, peudant plus de 18 mois , contre les attaques des Impériaux. Après avoir souffert dans Hermensteiu toutes les horreurs de la plus cruelle famine, le comte de Bussy-Lametli et la Saludic en sortirent, le 27 juin i63? : ils avaient obtenu une capitulation très - honorable. Le comte de Bussy* Lameth se rendit à l'armée de Picardie, et y servit au siège de la Capelle, où il fut tué le 10 septembre 1637. ( Chronologie, militaire, lom. ïl, pag. io3j mémoires du temp s , Gazelle de France.)
de LAMETH (Augustin), marquis de Boule, maréchalde-camp, et parent du précédent, était sergent dé bataille, lorsqu'il obtint le grade de maréchul-de-camp. par brevet du 3o septembre 16.U. On lui donna, par provisions du 6 Ifévrier i6B5, et sur la démission du duc deChaulnes, le gouverileiUènt de Doullcns, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 9 mars 169^. Le marquis de Baule était alors dans la ^(i' année de son âge. Quelques auteurs lui ont mal ru. ifi
à propos donné la qualité de lieutenant-général. (Chronologie militaire y tom* > pag. 5 18, Gazette de France, mémoires du temps, )
ni LANGE AC , voyez l'Esmnassi.
de LANGERON, voyez Ajuxault.
de LANGERON (Gaspard - Louis, chevalier), maréchalde-camp , naquit à Landau, en Alsace, le 1" janvier 1772. 11 entra au service, le a3 juillet 1787, dans le 49' régiment d'infanterie, passa au 101* de la même arme, le 14 ;»vril 1791, puis dans la légion des Alpes, le 10 octobre 1792. 11 fut fait sous-lieulenaut , le 20 juin 1793; lieu enant, le 11 août 17949 et deviut capitaine, le 22 août suivant, par le choix des officiers de la légion des Alpes ( depuis 23* régiment d'infanterie légère). M. de Lungeron y fut nommé chef de bataillon, le i5 août 1806, et obtint le grade de colonel sur le champ de bataille, le 9 juillet 1809* Il prit le commandement de la 2' demi -brigade d'infanterie légère, le 7 septembre de la même année , et fut nommé colonel du 4* régiment d'infanterie légère , le 3 août 1811. On le promut au grade de maréchal-de camp, le 26 février 1 8 1 4 - Pendant la durée de ses services militaires, le chevalier deLaugeron a fait les campagnes de-1795, à l'armée des Alpes; de 1794 et 179,5, sur le Rhin; de 1796 et 1797, aux armées des Alpes et d'Italie. Il a été employé , en Corse depuis 1798 jusqu'au 11 novembre i8o5, et a servi en Italie, en 1806. Il a fait la guerre dans le royaume deNapleset dans les Calabres, en 1807 et 1808; à la grande-armée d'Allemagne, en 1809; en Espagne et en Portugal, en 1810, 1811, 1812 et 18 15, et enfin dans l'intérieur delà France, en 1814. Pendant cette dernière campagne, on lui donna, le G mars, le commandement de la
division de réserve de Paris. Dans les combats nombreux auxquels il a pris part, le chevalier de Langerou a été blessé d'un coup de feu , le 28 mai 1807, à l'affaire de Milen en Calnbr*. Il a reçu deux coups de feu à la bataille de
Raab , le i4 juin 1809; et il a encore été blessé de deux autres coups de f. u : l'un à une affaire qui eut lieu en Portugal, le 5 mai 1812; l'autre en Espagne, le 19 juin i8i3. Parmi les actions militaires qui le firent distinguer , et qui lui valurent des récompenses, nous citerons celles qui suivent. A la prise du Mont-Cenis, le 3 mai 179^, étant à la tête de i5 hommes d'avant garde, il fit prisonniers 200 grenadiers piémontais, et s'empara de 2 pièces de canon. Il combattit avec beaucoup de valeur a l'affaire de Saint- Michel, et aux batailles de Raab et de Wagram, en 1809. Il déploya à la bataille de Fueute-de-Onoro , en Espagne, en 181 1, des talents militaires qui le firent proposer alors pour le grade de maréchal - de -camp par le maréchal prince d'Essling, sous les ordre* duquel il servait. Il fut nommé membre de la Légion d'Honneur, le 28 juin i8o5; obtint la croix d'offioier de la même Légion, le 8 juin 1809, et fut titré chevalier d'empire avec dotation, le i5 août de celte dernière année. Après la restauration du trône des Bourbons, S. M. Louis XVIII le créa maréchal-de-camp, le 26 février 1814, et lui accorda la croix de chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 3o octobre suivant. Le chevalier de Langeron a eu, par ordonnance royale du 19 mars 181 5, le commandement du département de l'Aisne , qu'il a conservé jusqu'au 10 août suivant. A cette dernière époque, et par ordre de S. M. , il remit aux troupes alliées la place de Laon qu'il avait conservée intacte. Quant à la place importante de la Fère, qui se trouvait aussi sous le commandement du chevalier de Langeron, elle fut préservée de l'occupation enuemie par l'exécuiion des mesures que le chevalier de Langero/i avait prescrites à l'officier qui était chargé de la défendre. Le chevalier de Langeron fut adjoint à l'inspection-générale de l'infanterie, en Corse, par ordonnance du ai août 1816. Il fut employé dans la même Ile, par ordonnance du 2 janvier 1817, et continua d'y être adjoint à l'inspectiongénérale des troupes. On le chargea de cefte inspection, en 1819, et il fut nommé commandant de l'une des subdivisions de la if division militaire, composée de l'Ile de
Corse, par ordonnance du ai avril 1820. En cette qualité, il commanda à Ajaccio , où il est encore employé. {Etats militaires, Moniteur, annales du temps.)
LANGLOIS , voyez do Bouchet.
hé LANMARY, voyez Beaufoil de Saint-Atjlaire.
LANNES (Jean), duc de Montebello, maréchal de France, et colonel- général des Suisses, naquilà Lectoure, eu Armagnac, le 11 avril i;6q. Il s'enrôla volontairement, en 1792, dans un bataillon de volontaires nationaux de sou département (Gers) , et fut fait sergent-major à la formation de son corps, avec lequel il alla servir à l'armée des Pyrénées-Orientales. Les talents militaires et le bouillant courage qu'il déploya dès son début dans la carrière des armes l'eurent bientôt fait remarquer; et, après avoir passé successivement et rapidement par tous les grades, il était déjà chef de brigade, en 1795. Réformé par suite du travail présenté à la convention nationale par le représentant du peuple Aubry, président du comité militaire , Latines s'indigna du repos auquel il semblait condamné; et, lorsque Buonapartc , général eu chef de l'armée d'Italie, lit un appel aux braves, il s'empressa de l'aller joindre comme simple volontaire. Le général Bannel, qui connaissait sa bravoure (t), le présenta à Buonaparte; et celui-ci, ayant bientôt apprécié le mérite de Lannes, l'employa dans son grade de chef de brigade. La campagne de 1796 ayant été ouverte en Italie, Lannes s'y fit remarquer dans plusieurs combats; el, après celui de Millesimo, où il s'élait particulièrement distingué, il fut nommé sur le champ de bataille chef de la 29' demi-brigade de ligue, dont le
(1) Kn 1795 , à l'attaque d'une redoute en avant de Loano, le général Bannel ayant été renversé d'un coup de Peu, le chef de brigade Lannes prit aussitôt le commandement de» troupes de cé général, et emporta successivement cinq positions retranchées, garnies de canuns, et placées les unes derrière les autres. , /
colonel avait été tué pendant faction. A la bataille de Bass mo, il enleva deux drapeaux. Le 17 avril , 6000 ennemis, ayant surpris les Français sur les hauteurs de Dego, s'emparèrent des premières positions. Lannes, qui venait d'être nommé adjudant -général, rallia avec beaucoup de sang froid et de bravoure les colonnes françaises . d'abord repoussées, et marcha ensuite avec elles contre leennemis, qui furent obligés de se retirer, «tprès avoir épronivé une perte assez considérable. Le 17 mai, il pas9» le Pô à la tôle d'une colonne de grenadiers, aborda le premier sur la rive opposée, fit charger de suite les ennemi» qui se trouvaient devant lui, les obligea de se retirer eu toute hâte, leur tua 5oo hommes, fit 1 5o prisonniers, et s'empara de 5oo chevaux, ainsi que de beaucoup de bagages. Cette action brillante, qui procurait à l'armée la lilierté de ses mouvements, couvrit de gloire le chef de brigade Lan nés : il reçut à cette occasion des éloges publics de la part du général Buonaparte. Chargé de reconnaître la rive gauche du Pô. il s'acquitta de celte mission avec autant d'intelligence qu'il avait montré de valeur. A la fa* mt'use bataille du pont de Lodi , Lannes fut un des offi tiers qui , en se précipitant à la téte des colonnes françaises, contribuèrent par leur exempte à exciter le courage des soldats et à leur faire remporter la victoire. Lannes fut un des officiers de l'armée d'Italie qui furent cités avec les plus grands éloges pour la conduite qu'ils avaient tenue, le 8 septembre , à la bataille de Bassano, où l'armée prit 1 drapeaux. Lors du mouvement insurrectionnel qui éclata en Lom hardie . et dont le centreétait à Pavie, Buonaparte, marchant contre cette ville, envoya le chef de brigade Larmes brûler le village de Binasco. Lannes concourut ensuite à la prise de Pavie , qui fut enlevée d'ass »ut. Ses services furent alors récompensés par le grade de général de brigade, qui lui fui conféré par Buonaparte. Lt; général en chef ayant ordonné, au mois de juin, l'investissement et le siège de la forteresse île Ma n loue, le chef de brigade Lannes, qui servait à l'avant-garde commandée par le général Dallemagne , se porta sur le faubourg Saint*
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Georges, l'enleva à la baïonnette , et se rendit maître de ia lêtc de pont. Emportés par un excès d'audace bien naturel à des soldats accoutumés à vaincre tous les obstacles, Lan nés et ses troupes voulaient marcher de suite en colonnes pour enlever Mantoue; mais le général en chef, jugeant à quels dangers ces braves allaient s'exposer, leur fit donner l'ordre de s'arrêter (i). Lannes fut blessé au combat du pont de Governolo , le a5 septembre, et reçut deux coups «le feu à la bataille d'Arcole, le 14 novembre suivant. Souffrant beaucoup de celte dernière blessure , et étendu dans «on lit, il apprend le lendemain, i5, que le combat devant le pont d'Arcole se continue , qu'il est terrible, et que le danger est grand pour l'armée française; aussitôt, il se fait donner ses armes , monte à cheval, se précipite au milieu des balles et de la mitraille, et reçoit à la téte du pont un coup qui le jeté par terre, sans connaissance. A peine guéri de ses blessures , Lannes marcha avec l'armée qui se portait sur Rome , et arriva le premier à Imola , dont il enleva les retranchements. La prise de cette ville détermina le souverain pontife à se soumettre, et à conclure un traité avec ie gouvernement français (2). Lannes eut ensuite le commandement d'une colonne mobile de 1300 hommes, avec laquelle il entra dans les fiefs impériaux, voisins de la république de Gènes. Il y prit de vive force le bourg d'Ar^enta, dispersa un grand nombre d'insurgés , fit arrêter et fusiller plusieurs chefs; et, par cette rigueur nécessaire, qu'il étendit jusqu'à Tortone, il ramena l'ordre et rétablit le calme dans cette contrée. Après la paix de Campo-Formio, Lannes revint à Paris, où on lui donna le commandement militaire des départements de la Drôme, de l'Isère , de l'Ardèche et du Gard. L'expédition d'Kgypte
(1) Quand on montra aux soldats les batteries dont le* remparts de Mantoue étaient hérissés et qui pouvaient les foudroyer : ■ A Lodi, ré» • pondirent i's, il y en avait bien davantage. »
(a) Lorsque ce traité fut conclu, Buonaparte envoya à Rome le général Lannes , qui reçut du pape un accueil très-distingué.
&yant été résolue, en 1798, Lan nés fut un des officiers supérieurs que le général en chef Buonaparte désigna pour en faire partie. Lannes fut employé dans la division du général KJéber , et se trouva à la prise de Malte. II prit part aux divers combats qui furent livrés contre les Mamelucks avant la prise du Caire. Il fut ensuite chargé de poursuivre les troupes ennemies aux ordres d'Ibrahim Bey. Il fit partie de l'expédition de Syrie, et y commanda une division forte de Q09 \ hommes. Il concourut a chasser les troupes d'Abdallah des hauteurs et de la ville de Gaza , le 20 février 1799, et prit part à l'investissement et à la prise . de Jafla , le 7 mars. Le 1 5 du même mois, à l'afFaire de Kakoum, il culbuta les ennemis, leur tua beaucoup de monde , et les poursuivit peudant l'espace de deux lieues dans les montagnes. Il se distingua au siège dcSaiut-Jeand'Acre, et conduisit, le 8 mai, aveo son intrépidité ordinaire, toute sa division à l'assaut général donué à cette place, sur la brèche de laquelle il monta des premiers: il fut grièvement blessé à cet assaut, qui échoua. Lors de la retraite des Français en Égypte, Lannes protégea la marche de l'armée par sa vigilance et par les bonnes dispositions qu'il sut prendre. A la bataille d'Ahoukir, le 24 juillet, Lannes fut dangereusement blessé, à l'attaque de la redoute, dont il parvint à emporter de vive force les retranchements. Il fut chargé de la conduite du siège du fort d'Aboukir , commença ses opérations, le 25 juillet, et les conduisit avec tant de vigueur et d'activité que les Turcs furent obligés de se rendre à discrétion, le 2 août. Il quitta l'Égypte, le 22 septembre, avec le général en chef Buonaparte , revint en Fiance, et prit une grande part à la journée du 18 brumaire (9 novembre 1799)* q"« vit élever Buonaparte à la dignité de premier consul de la république française. Dans cette journée, Lannes, qui avait alors le grade de général de division , commanda le quartier-général établi aux Tuileries. A la suite de cet événement, il fut envoyé à Toulouse, où il apaisa quelques troubles, et fut chargé du commandement des 9- et io* divisions militaires. Le 16' avril 1800, un arrêté du gou-
yeriiement le- nomma commandant en chef et inspectent* de la garde consulaire. A la formation de l'année de réserve, destinée à agir en Italie, nous les ordres du premier consul, le général Launes eut le commandement de Ta* vaut garde. Dès le 17 mai 1800, ayant déjà pénétré dans l'étroite vallée de la Drame, par le Col- Major, jusqu'à Saint-Pierre, où finit le chemin praticable, ii commença à gravir le mont Saint-Bernard. Aucun obstacle ne put arrêter ni lui , ni ses courageuses troupes. A peine arrivé à Et roubles. Lan ne* dirigea plusieurs bataillons et quelques pièces d'artillerie contre les Autrichiens qui se trouvaient dans la vallée d'Àost. 11 les débusqua de tous les points qu'ils y occupaient; et, le 20 mai , il était sur la route d'Yvré. Ayant eu ordre d'attaquer la ville et la citadelle de ce nom, que défendaient 4000 Autrichiens, il s'en rendit maître par escalade, le '25, et marcha rapidement sur Turiu. 11 côtoya ensuite le Pô, et repoussa tous les partis en* nemis qui se présentèrent pour passer le fleuve. S'étant avancé sur Pavie , il s'en empara sans beaucoup d'efforts, le 7 juin , et s'y saisit de 200 pièces de canon. Ayant passé le Pù au village de Belgioso, il enleva aux Autrichiens la position de Stradclla. 11 se porta, le 9 juin, sur Casleggio, et contribua puissamment à se rendre maître de ce pumt important, ainsi que de Moutebello. A la bataille de Marengo, Lannes commanda, en qualité de lieutenant-général du premier consul, les divisions Watriu et Matuoui. La garde des consuls fut placée en réserve derrière ce corps d'armée. Peudaut cette journée célèbre, le général Lannes se montra aussi bon soldat que grand capitaine. 11 y soutint pendant sept heures les efforts de l'armée autrichienne et de 80 pièces de canon dirigées contre Pavantgarde qu'd commandait. Il montra dans le moment le plus critique un calme et une sérénité qui rassurèrent ses soldats. Les consuls de la république, voulant lui donner une preuve toute particulière de leur satisfaction, lui décernèrent, le 5 juillet suivant, un sabre d'honneur, sur la lame duquel ils avaient fait graver ces mots : Bataille de Maren$o, commandée en personne par le premier consul , et
donné par le gouvernement de la république au général Lannts. De retour à Paris, après cette «lorieuse campagne, Lannes reprit le commandement en chef et l'in^pectiongénérale de la garde des consuls. Un arrêté du gouvernement le nomma, le i j novembre 1801, minisire plénipo» tentiaire envoyé extraordinaire en Portugal. Buonaparte* devenu empereur, sous le nom de Napoléon, l'éleva à la dignité de maréchal d' empire, le 19 mai 1804. Launes devint chef de la 9' cohorte de la Légiou-d'Honneur, et obtint le grand-cordon de cette Légion , le i*r février i8o5. Il reçut, dans la même année, du prince-régent de Portugal, la décoration de Tordre de Christ. Rappelé en France, il y commanda Pavant-garde de la grande-armée, qui marcha contre l'Autriche, à la fin de septembre i8o5. Il passa le Rhin à Kehl, le 25 du même mois, et se trouvait dès le 6 octobre à Neresheiui. Il pasea le Danube, le 8, à Donawerili, et contribua an succès du combat de Werlingen. Il concourut aussi à la défaite du général en chef autrichien Mark et à la prise d'Ulm. Il s'empara de Braunau , ville forlifiée, et dans laquelle il trouva des ressources, en subsistances, bieu importantes pour l'armée. Il s'y saisit aussi de 45 pièces de canon et de plusieurs mortiers (le tout approvisionné pour 40,000 coups), de 100 milliers de poudre, etd'unegrandequanlité de fusils et de cartouches. Il marcha ensuite sur Lintz, capitale de la Haute-Autriche , et y entra en vainqueur. Après la prise de Vienne, le maréchal Lannes, précédé de 3 brigades de cavalerie légère, se porta, le 1 5 octobre, sur Hollabrunn, où se trouvait l'arrièregàrde de l'armée russe qui était venue au secours des Autrichiens. Le 16, il s'engagea avec les Russes et les Français près d'Hollabrunn , uti combat dans lequel le maréchal Lannes déploya beaucoup de valeur et de talents, et dont le résultat fut une victoire de plus pour l'armée française. A la mémorable bataille d'Auzlerlitz , le a décembre i8o5, le maréchal Lannes commanda l'aile gauche de l'armée : les divisions sous ses ordres étaient celles des généraux Suchet et Cafarelli. Il contribua beaucoup aux succès de celte journée, dans Laquelle il eut deux de ses aides-de-camp
vu. I-
l3o DICTIONNAIRE HISTORIQUE
tués à ses cotés. S'étant jeté, à la suite de l'affaire, sur la route de Wischau , il y enleva, de concert avec les troupes de Murât, la plus grande partie du bagage des ennemis. Après l'armistice signé , le 7 décembre , il occupa la Moravie , avec ses divisions. À l'ouverture de la campagne de 1806 contre les Prussiens, il continua de commander l'aile gauche de l'armée française, et battit, le 9 octobre, Pavantgarde du prince de Hobenlohe. Le prince Louis de Prusse, qui la commandait, fut tué dans cette action. Elle coûta en outre aux ennemis 600 hommes tués, 1000 prisonniers et 3o pièces de' canon. A la bataille d'Iéna. le 14 octobre, le maréchal Lannes commanda le centre de l'armée, et déploya sa valeur et ses talents accoutumés : un biscaïen avait rasé sa poitrine et déchiré l'habit .sans toucher au corps. Le ai du même mois, les troupes sous ses ordres s'empa- Tèrent de la forteresse de Spandau , dont la garnison , forte de 1200 hommes, fut faite prisonnière de guerre , à l'exception des officiers, qui eurent la faculté de se retirer où ils voudraient. Le maréchal Lannes fit, à la grande-année, la campagne contre les Russes. 11 marcha d'abord sur Tliorn, que les ennemis abandonnèrent, et se porta ensuite sur Varsovie, où il entra, le 3o novembre 1806. Il battit les Russes à Pultusk , le 26 décembre, et les chassa de leur camp ainsi que de la ville. Il fut blessé dans ce combat, et fut obligé de retourner à Varsovie, pour y rétablir sa santé. Losrqu'il fut guéri, l'empereur lui donna le commandement du corps de réserve, composé des grenadiers aux ordres du général Ondinot , et le chargea de soutenir les opérations du 10" corps d'armée , employé au siège de Dantzick. En concourant à repousser une sortie que les Russes firent de leur camp de Newfahrwasser, le id mai 1807, le maréchal Latines fut effleuré par un boulet de canon qui venait de tuer le cheval du général Oudiuot. Après la prise de Dantzick, le 24 mai, le maréchal Lannes se hâta de rejoindre la grande-armée, avec les troupes sous son commandement, et prit part au combat de Heilsbe rg« le 10 juin. Il commanda le centre de l'armée à la bataille de Fiiedberg, le 14 du même mois, et repoussa tous les
DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. l3l
efforts que firent les Russes, dont la perte fut considéra bJe. Après cette glorieuse campagne, aux succès de laquelle il avait puissamment contribué, le maréchal Lannes fut nommé colonel général des Suisses, et prêta serment en cette qualité, le 2oseptembrei8o7.Eo 1 808, il suivit Napoléon à Tannée d'Espagne, et y prit le commandement d'un corps avec lequel il eut ordre, le 19 novembre, de diriger les attaques que la gauche de l'armée française devait faire contre les forces des généraux espagnols Caslanos et Palafox, qu'il battit complètement à Tudela , le 22 du même mois. Au second siège de Sarragosse, il prit, le 22 janvier 1809, le commandement en chef des 5* et 5* corps réunis, et dirigea toutes les opérations de ce siège. Dès le 27 du même mois, et après des actions très-meurtrières, une partie de la ville était envahie par les troupes françaises. A partir de ce moment, il s'établit dans la 'place un uouveau genre de guerre entre les assiégeants et les assiégés. Ces derniers étaient renfermés dans des maisons bien barricadées et crénelées, de sorte que, pour continuer à avancer, il fallait faire le siège particulier de chacune d'elles. De tels obstacles, sans cesse renaissants, fatiguaient les soldats français, et bientôt le maréchal Lannès eut besoin de toute la fermeté de son caractère pour lutter contre une opposition morale, qui, de la part de ses troupes, était peutêtre plus fâcheuse que la résistance opiniâtre des Espagnols. Ranimés parles allocutions vigoureuses et par l'exemple deteur chef, les Français continuèrent cependant à pousser successivement leurs travaux. Chaque jour on enlevait quelques maisons ; et enfin , le 20 février, la junte de Sarragosse envoya proposer une capitulation , qui fut signée, et à la suite de laquelle les Français occupèrent, le 21, tous les postes de la ville. Ainsi fut terminé l'un des sièges les plus mémorables dans l'histoire ancienne et moderne. La tranchée fut ouverte pendant 52 jours , dont 29 pour entrer dans la place , et 23 autres pour combattre de maison à maison. La garnison fut faite prisonnière de guerre; et l'on trouva dans la place u5 bouches à feu. Napoléon ayant organisé une armée pour repousser l'invasion
l5â DICTIONNAIRE HISTORIQUE
que les Autrichiens avaient faite en Bavière, le maréchal Lan nés reçut ordre de quitter l'Espagne et de se rendre à la grande-armée d'41tcnidgnc. It commanda les divisions Morand et Gudin à la bataille d'Abemberg, le 20 avril 1809; culbuta, détruisit ou fit prisonnières les troupes d'une division autrichienne. Il prit une part aciive à la bataille d'Eckmùhl , le aa. ainsi qu'au combat et à la prise de Ratishonne, te 73. Napoléon se proposant de marcher sur Vienne, le maréchal Lannes eut le commandement d'un corps d'armée formé de la division du général Saint-Hilaire, de deux divisions aux ordres du général Oudinot, et enfin de la légion Portugaise. Ce corps d'armée fut destiné à faire l'a va ut- garde . et commença, le 27 avril, son mouvement en avant de la rivière de l'Inn. Dès le 6 mai, il était arrivé à Môlk, après avoir attaqué et battu, la veille auprès d'Amsletlen, une portion de Purrière-garde autrichienne. Le 10, à neuf heures du matin, Napoléon parut aux portes, de Vienne avec. le corps du duc de Montebeilo, qui fit de suite sommer cette ville d'ouvrir ses portes : elle fut bombardée, et capitula , le ta ( 1). Le maréchal Lannes combattit avec sa valeur ordinaire à la bataille d'Essling, le ai mai; et ce fut la division Boudet , alors placée sous ses ordres, qui défendit avec beaucoup de fermeté et de courage le village d'Ëssling. Le combat ayant recommencé sur le même point, le lendemain aa, le maréchal Lannes fut chargé par Napoléon de partager en deux l'armée autrichienne , en traversant son centre. Le duc de Montcbello se mit alors à la téle de la division Saint- Hilaire , ayant à sa gauche les troupes du général Oudinot, à sa droite la division Boudet, et derrière lui une masse de cavalerie placée dans les intervalles de Tin-
(1) L'archiduchesse Marie-Louise, qui depuis épousa Napoléon, était alors malade de U petite vérole dans le chah au impérial de Vienne. Un parlementaire étant venu annouc« r qu'elle se trouvait exposée au feu de l'artillerie française, Napoléon , par égard pour crtte princesse, fit changer la direction de» batterie», de manière que le palais fût épargné.
DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. l33
fanterie. 11 s'avança dans le meilleur ordre, ayant «on froni garni d'une nombreuse artillerie, dont* le générai lariboissière dirigeait parfait» meut le feu. Tous les efforts des troupes autrichiennes, à la tête desquelles l'archiduc Charlesélail venu se pl acer,ne purent an êler la marche de la colonne commandée par le maréchal Lannes, et bientôt la ligne ennemie fut rompue, eu butée et mise en déroute. Encore quelques efTorts, et la victoire la plus complète couronnait la valeur des Français . lorsque l'on apprit que les ponts jetés sur le Danube avaient été rompus par des bateaux chargés de pierres, que l'ennemi avait fait lancer contre eux. Cet événement empêchant l'arrivée des troupes, de l'artillerie et des munitions qui devaient seconder l'attaque, si glorieusement commencée contre les Autrichiens, Napoléon fit arrêter le mouvement de celles de ses divisions qui combattaient ; et l'archiduc Charles, eu capitaine habile, mettant à profil les circonstances qu'il avait préparées, reprit l'offensive, et attaqua vigoureusement les deux villages d'Aspern et d'EssIing. Les Français , obligés de ménager leurs munitions , qu'ils ne pouvaient plus renouveler, n'opposèrent à leurs adversaires que les terribles baïonnettes, dont ils savaient si bien se servir; et, quoiqu'ils fussent exposés au feu épouvantable que faisaient les Autrichieus, ils ne tiraient que lorsque les colonnes ennemies arrivaient à la distance de quarante pas. Ce fut alors que l'intrépide duc de Moutebelio, parcourant sans cesse le front de sa ligue et animant ses soldats par sa voix et par sou exemple, reçut un coup de canon qui lui emporta la jambe droite tout entière et la gauche au-dessus de la th< ville. On le transporta dans l'île de Lobau , où on lui fit l'amputation (1), et de là à Vienne, où il mourut, le 3i mai.
(0 Douze vieux grenadiers, tout couvert» de sang et de poussière, et noircis par la poudre qu'ils venaient de brûler, Formèrent avec leuis fu-
crui-é* et quelque» branche* de chêne un brancard dont ils se servirent pour transporter le guerrier qui les avait mentis si souvent à la victoire.
l34 DICTIONTrAIRE HISTORIQUE
Sa dépouille mortelle fut apportée à Strasbourg, transférée ensuite à l'hôtel des Invalides à Paris , et déposée avec les plus grands honneurs fuoèbres dans le Panthéon. Le maréchal Lannes jouissait de la réputation bien acquise d'être l'un des plus braves et des plus intrépides officiers de Tannée frauçaise. (Moniteur, étals militaires, annales du temps.)
LAPL ANCHE (N...., baron), maréchal-de-camp, naquit à Verliaguet, en Languedoc, le 14 juin i?55. Il entra au service , le 28 février 1 7^6 , comme cavalier dans le 4" régiment de cuirassiers, et y fut fait brigadier, le 11 février 1781; fourrier, le 9 septembre 1784» et adjudant, le 18 octobre 1787. Il devint sous-lieutenant au même régiment, le i5 septembre 1791; lieutenant, le 10 mai 1792; capitaine, le 17 juin de cette dernière année, et chef d'escadron, le 25 juillet 1794. La bonne conduite qu'il avait tenue et les talents militaires qu'il avait déployés lui valurent le grade de chef de brigade de son régiment, le trt août 1794 <> et celui de maréchal-dc-camp, le 22 septembre 1804. H a fait avec distinction les campagnes de la révolution, depuis 1793 jusqu'en 1810; s'est fait remarquer en plusieurs circonstances, et particulièrement, le 25 janvier 1807, au combat de Mohrungcn , où il eut un cheval tué sous lui, en exécutant une charge contre les Russes. Il servait alors sous les ordres du prince de Ponte-Corvo, qui le mentionna d'une manière fort honorable dans son rapport olïiciel sur cette affaire. Il a été admis à la retraite, le 1" juin 1810, après 34 ans de services, pendant les-
Napoléon, ayant aperçu ce cortège, s'avança au-devant, et se précipita sur le maréchal Lannes, qui en ce moment était presque évanoui par la perte de son sang. D'une voix étouffée par le* larmes, Napoléon s'écria à plusieurs reprises : « Lannes, mon ami , me reconnais-tu ?.... Cest > l'empereur.... C'est Buonaparte.... C'est ton ami....» A ers mots, le maréchal, entr' ouvrant ses paupières, rappela ses esprits, fit quelque» efforts et voulut parler; mais il ne put que lever se» bras affaiblis et le* passer au cou de Napoléon.
DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. l35
quels il reçut plusieurs blessures. Le général Laplanche a été créé commandant de la Légion-d'Honneur, le i \ juin 1804 , et baron d'empire, le ai septembre 1808. Sa Majesté Louis XVIII lui a accordé la croix de chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, le 1" novembre 1814. {Etats militaires y Moniteur.)
de LARNAGE , voyez Bruniei.
de LAROCHE-JACQUELEIN, voyez du Verger.
de LASSALLE-CEZEAU (François), maréchal- de-camp, naquit à la Graulet, près Gondrin, le 29 octobre 174 1 • H entra au service, le 14 février 1758 , comme enseigne dans le régiment d'Angoumois, où il fut fait capitaine, le 24 mars 1769. Il devint lieutenant -colonel de ce môme régiment, qui portait alors le n 80 des corps d'infanterie de ligne, le 5 février 1792 ; fut nommé colonel du même régiment, le i5 mai 1793, et obtint le grade de général de brigade, le 25 juin suivant. Il fut suspendu de ses fonctions par suite d'une réorganisation de l'état major de l'armée des Pyrénées- Occidentales , à l'époque du 14 avril 1794. Par un arrêté du comité de salut public, du 27 novembre suivant, il fut autorisé à prendre sa retraite, et admis à la pension , sur le vu de certificats constatant l'impossibilité où il était de continuer un service actif. Pendant la durée de son activité, il avait fait partie de l'armée du Bas -Rhin, depuis le 26 août 1760, jusqu'au 26 février 1762. Il s'était embarqué pour Saiot-Domiugue, le 10 janvier 1763, et était revenu en France, le 4 juin 1767. Il a fait à l'armée des Pyrénées-Occidentales la campagne de 1793 et celle de 1794 jusqu'au 26 avril. Il y commanda l'avant-garde à la conquête de la vallée d'Aran, le 3o mars 1793, et prit les villes de Boussost et de Vieille. Il a commandé, dans leVal-Cailos, une expédition, qui fut mentionnée honorablement dans les annales du temps. 1) a commandé aussi une colonne à l'affaire du 22 juin 1793, lors de l'expédition sur la Croix-des-Bouquets, eu
l36 . DICTIONNAIRE HISTORIQUE
avant de Saint-Jrau-de-Luz , et y contribua à enlever la redoute dite fie Louis Ai/ Pendant l'hiver de i;g3 à 179$, il commanda le camp dit des Sans-Culottes, vis-à-vis Irun; repou**a lesattaquesdrs Espagnols, en différentes occasions, et particulièrement le i5 décembre 179^, ainsi que dans le mois de j nvier 1794. Ces deux actions sont citées dani les bulletius de la convention nationale. Le général de LassalIr-Cézeau est chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis. (Etats et brevets militaires.) *
de LASSEGAN , voyez de là Barthe.
de LATOUR, voyez db la To*b.
de LAUBADÈRE, voyez Tennet.
db L AU BAT, voyez CHASSELocr.
db LAUNE, voyez Bas.
de LAURENS, (N....), chevalier d1 Ampus, avait été lieutenant - colonel du régiment d'infanterie de Languedoc, lorsqu'on le créa brigadier, le aa janvier 1769. 11 fut promu au grade de maréchal-de-camp % le 1" mars 1780. (Etats militaires.)
de LAURISTON, voyez Law.
de LAUTREC , voyez Foix.
de L AL ZI ÈRES (Gui, ou Guinot), grand-maître de l'ar. tillerie , fut nommé maître et visiteur-général de l'artillerie de France , à la mort de Brussac , par provisions données à Creil, le ai awril 1490. Il prêta sermeut le 7 mai. (Chronologie militaire , tom. 111 , pag. 479.)
de LAUZIÈRES(Pons), marquis de Thé 'mines , maréchal de France, fit ses premières armes en Languedoc, à l'âge de 17 ans, sous le maréchal de Damville , et se trouva, en 1570, îô^a, i575, i57|, 1675 , 1576, 1578, 1579 et i584,
à différents combats, ainsi qu'aux sièges et à la prise d'un assez grand nombre de villes de cette province. Après la conquête de CJermont- Lodève, le maréchal de Montmorency l'y laissa pour gouverneur, avec 100 soldats de garnison. La guerre l'étant rallumée, Thémines servit, sou4 ce maréchal, el contribua, en i585, 1 586 et i588, à li soumission de beaucoup de villes. En .591 , il était sénéchal du Qnercy et capitaine d'une compagnie de 5o hommes d'armes. En la même année, il défit, dans deux combats, 2000 hommes de pied et 4<>o chevaux, commandés par Moolpezat et le marquis de Villars, son frère, qui s'étaient emparés de quelques places du Quercy pour les ligueurs : il* perdirent , à la seconde action , 1200 hommes et tout leur bagage. Thémines, nommé gouverneur de Montauban , se mit en campagne , au mois de mars 1692, et prit sur les ligueurs plusieurs forts situés aux environs de celle ville. Il jeta, 6iir la lin de juin, 5o arquebusiers dans Villemur, assiégée par Autoine -Scipion , duc de Joyeuse, et engagea le duc d'Épernon à secourir la place. A l'approche du secours, Joyeuse leva le siège. Thémines entreprit celui du château de la Cour; mais Joyeuse, à la tète de 400 chevaux et de 800 arquebusiers, le surprit, le S juillet, lui tua ôoo hommes, lui prit son bagage, ainsi que deux coulevrines, ^et le harcela dans sa retraite. Thémines, toujours en pembattaut . gagne un bois, rallie sa troupe, charge à ytsn lour les ligueurs, les poursuit jusqu'aux portes de Montels, reprend ses coulevrines, et fait quelques prisonniers. Le duc d'r.pernon ayant quitté l'armée, Joyeuse ta ramène devant Villemur, reprend le siège de cette ville, le 10 septembre, et la fait battre en brèche, le 1 7 Thémines rassembl . .alors 120 cavaliers et 200 arquebusiers; entre, le 9, dans Villemur; soutient et repousse, le 20, l'assaut donné par Joyeuse. Il fait une sortie, le 21; bat le régiment que les Toulousains envoyaient à Joyeuse, comble les travaux des as-iégeants, et les force de retirer leurs batleri» s et de changer de camp. Les royalistes s'étant approchés de l'armée de Joyeuse . il s'ensuivit un combat dans la journée du 19 octobre. Thémiues sort d« vu. iS
la place avec sa garnison, et pousse les ligueurs, qui, se voyant entre deux feux, prennent la fuite, laissent au vainqueur 28 enseignes ou drapeaux, deux coulevrines, leurs équipages et 2000 morts, du nombre desquels fut Joyeuse. Thémines soumit au roi le Quercy, dont il posséda long-temps le gouvernement. Nommé chevalier des Ordres du roi, on le reçut , en cette qualité, le 5 janvier 1697. Il arrêta , par ordre du roi, M. le prince de Condé, le 1" septembre 1616, et fut créé maréchal de France le même jour. Nommé, par pouvoir donné à Paris, le 18 janvier 1O17, pour commander l'armée de Champagne, sous le duc de Guise, il leva, par commission du 5 février, un régiment d'infanterie. Il s'empara de Riscourt, de Rosoi et de sou château. Il investit Château- Porcien , le i5 mars; et sur l'avis qu'il eut que les princes avaient résolu d'enlever le canon du roi que l'on faisait venir de Châlons , il s'avança, avec 3oo chevaux, jusqu'à six lieues de cette place, escorta cette artillerie, et la conduisit au camp devant Château- Porcien : cette ville se rendit, le 29 , et *on château, le 3o. Le duc de Guise et le maréchal de Thémines y entrèrent, le3i. Après avoir pris Cisigny , qui ouvrit ses portes , le 3 avril , l'armée y séjourna jusqu'au 8, et assiégea Relhel, le 9. Thémines, allant reconnaître la place, repoussa une «ortie des assiégés , et leur tua 5o hommes de pied. La cavalerie ennemie s'avançant alors pour soutenir l'infanterie, Thémines la chargea, et la contraignit de se retirer en désordre : Rethel se soumit, le 16. La mort du maréchal d'Ancre, tué le 24 avril, finit sur-le-champ la guerre, et on licencia le régiment de Thémines, le i** mai. Choisi, le 26 avril 1619, pour commander en Guienne, Thémines rétablit son régiment, le 3 mai 1620. Jl eut encore un pouvoir pour commander en Guienne, le 3 juillet suivant, et pour s'opposer aux seigneurs qui armaient en faveur de Marie de Médicis. A la fin de la campagne, on licencia de nouveau son régiment. Le roi ayant destitué le marquis de la Force du gouvernement de la Navarre et du Béarn, après la révolte de celte province , donna ce gouvernement au maréchal de Thémines, par provisions du 2* avril 1621.
Thémines commanda l'armée de Guienne, sous le duc de Mayenne, par pouvoir donné au camp devant Saint-Jeand'Angély , le 17 juin. Il la commanda seul, après la mort du duc de Mayenne. Au siège de Montauban , dans uuc sortie que les assiégés firent, le 17 septembre, ils auraient encloué tous les canons , si le maréchal de Thémines ne les eût contraints de rentrer daus la place. Il lit sauter, le
10 octobre , par une mine, l'ouvrage qui couvrait la demilune d'un bastion. Au mois de décembre suivant, il assiégea et prit la ville de Borniquet. Il obtint la lieutenancegénérale de la Guienne , sur la démission du maréchal de Roquelaure, par provisions du 22 janvier 1622, regislrées au parlement de Bordeaux, le s 5 février, et se démit alors du gouvernement du Béarn et de la Navarre. Le duc d'Elbœuf eut le commandement de la Basse -Guienne, et lo maréchal celui de la haute. Ils attaquèrent Tonneins, le i5 mars, forcèrent six barricades , emportèrent la ville basse» ainsi que le château et le bourg de Cujet, et obligèrent le commandant de se retirer dans la ville haute. Les assiégés repoussèrent l'assaut qu'on donna , le 28. Le marquis de la Force ayant marché au secours de Tonneins, le duc d'Elbœuf et Thémines lui tuèreut 400 hommes, et lui enlevèrent un moulin qu'il avait fortifié : ils le battirent une seconde fois, le 3o avril, lui prirent 3oo hommes, tousse* capitaines d'infanterie, 4 drapeaux, et 3o cavaliers. Tonneins capitula , le 4 mai , et Thémines investit Saint-Antonin , au commencement de juin. Le roi arriva, le i3, devant cette place, qui se rendit à discrétion , le 23. Louis XUI, pour empêcher les calvinistes du Haut-Languedoc de secourir les rebelles du Bas- Languedoc, laissa Thémines aux environs de Montauban, avec un corps de troupes. Commandant l'armée du Languedoc, en 1625 et 162G, Thémines défit Montbrun, qui était sorti de Montauban , le 6 juin , et le poursuivit jusqu'aux portes de cette ville. IL prit Bonuac d'assaut, le 22, et le château de Saint- Germier, le 28 : s'étant avancé, le 29, pour reconnaître Castres»
11 battit et tua le commandant de la cavalerie de cette place, qui avait fait une sortie, avec 5o chevaux. Thémines corn-
j4° dictionnaire historique
rocnça, le 3o, à ravager les environs de Castres. A la lôle d'un détachement , il attaqua , le 1" juillet, à deux lieues de eetle ville , 800 hommes de pied ci 60 chevaux, qui marchaient au secours des assiégés; mais il les chargea trois fois , sans pouvoir les rompre , et ils entrèreut , dès le lendemain, dans la place. Tout étant sa -cage et détruit aux environs de Castres, le maréchal de Thémines décampa, le 9 juillet. Il assiégea, le 1 i, Suint-Paul et Lamiatte , deux t illes séparées seulement par la chaussée d'un mtulin. Le i5, le maréchal étant à dîner auprès de la batterie, une monsquetade cassa le verre qu'il avait à la main. Les assiégés, forcé* dans Saint- Paul, se retirèrent à Lamiatte, qui capitula, le 16 jniltet. Thémines s'empara du Tillet, que les calvinistes abandonnèrent à l'approche du détarhi ment que le maréchal y envoya. Ayant appris que le duc de Rohan s'avançait avec des troupe* , Thémines marcha à lui, et força plusieurs places qui s«- trouvaient sur son pas«i tge. Le duc de Rohan se logea alors dans Vianes, place située sur une moiuagne presque inaccessible, et défendue par le bourg de Pierresegade, fort par son a>sietle, par des palissades et de bons retranchements. Thémines attaque Pierresegade . le 29; s'en rend maître, l'épée à la n>ain,mal»ré un» grêle de mousqtietades et defauconneanx; lue 2 capitaines, 2 lieutenants, 4 enseignes, 70 soldats, prend 1 dr.ipean, et brûle le bourg sous les yeux du duc dr Rohan. Celui ci ayant détaché un gros d'infanterie sur les gardes avancées du maréchal, Thémines accourt, repousse cette infanterie, et la force de reirtrer dans le château de Vianes. Il assiégea, le 2 \ août, la ville de Calmont; mais, le troisième jour du siège, les habitants y mirent eux mêmes le feu, et s'enfuirent : on tailla en pièces une partie des fuyards, il emporta d'assaut le fort des Bourrets, le 5 septembre. Les rebelles abandonnèrent d'Aubonnes, Lasborde et Sivarat, villes du comté de Foix , après les ;,voir brûlées, et se retirèrent au IVlas-d'Azil. Les forts de Cabre et «le Camarade se réndirenl à Thémines. Il investit le Mas-d'Azil, le i5 septembre ; mais les pluies continuelles grossissant lariwère, et inondant la tranchée, Thémines,
DES GENER AUX FRANÇAIS. l4 1
après avoir tenté, le 12 octobre, un assaut qui ne réussit point, leva le siège, le 18. Il commanda l'armée du Poitou, de Saintonge et d'Aunis, après la mort du maréchal de Praslin , par pouvoir du io février 1626. Thémines serra de si près tes Rochelais, que, n'osant sortir du côté de la terre, et n'ayant plus, de vaisseaux pour courir sur mer, ils se soumirent aux conditions qu'il plut au roi de leur imposer. Au mois de mars suivant , le roi ayant fait arrêter le' duc de Vendôme, gouverneur de Bretagne, confia ce gouvernement au maréchal de Thémines , par provisions données à Blois, le 23 uin. rcgistrées au parlement de Rennes, le i3 juillet. Thémines fit son entrée à Rennes, le 21 avril 1627. Il s'était démis, au mois de janvier précédent, de la lienienance-générale de Guienne. 11 leva , en Bretagne et en Normandie, 4000 hommes, qu'il espérait cocidoire lui même au secours de l'Ile de Ré; et il s'occupait, en attendant, de construire .111 fort a Morbihan , pour y recevoir l'armée navale d'Espagne, lorsqu'il tomba malade, et mourut à Auray, le 1" novembre 1627, âge de 74311s. (Curo* notogie militaire, tom. 11, pag. 4 14 ; Mercure Jrunûai* , Histoire de Louis MU, du Père Grtjf'tt , à la suite du Pire Daniei\ Histoire du Languedoc , Dupteix , Levassor, Mémoires de Sully, dtAubigné, Davila, l'abbé le Gendre, Histoire des Grands- Officiers de la Couronne , Bauclas', Moréri.)
de LAUSUN, voyez Catmont.
de LAVAL- MONTMORENCY (Urbain), marquis de Bois- Dauphin , maréchal de France , servit au siège de Livron, en 1^74, et à celui de la Fère, en i58o. Il suivit , en 1587, le duc de Guise , sous les ordres duquel il se signala aux combats de Vimori et d'Auneau. A la journée dite des Barricades, le 12 mai i588, il se saisit de la place Maubert; ce qui donna le temps au peuple de tendre des chaînes à travers les rueset d'eu fermer^ passage. Henri III Je fit arrêter à Blois, lors de la tenue des Étals* au mois de décembre de la même année, mais le relà< ha ensuite sur sa parole. Bois-Dauphin se jeta aussitôt dans le parti de
la ligue. En 1 589 , il défendit la vallée du Mans, contre Henri IV, auquel il la rendit, le 2 décembre, après cinq jours de siège. Il combattit à Ivry, le i3 mars 1590, y fut blessé à la te te, et fait prisonnier. Il marcha, en 1591, avec le duc de Parme, au secours de Rouen. Servant, en 1692, sous le duc de Mercœur, il obligea le prince de Dombes de lever le siège de Craon; chargea Tarrière-garde de ce prince dans la retraite effectuée , le 24 mai ; s'empara de Château-Gontier, et prit ou tailla en pièces, à Ambrières, près de Mayenne, 5oo Anglais qui avaient échappé à la défaite de Craon (1). Le marquis de Bois-Dauphin rentra au service du roi (Henri IV) en 1595, et lui remie les villes de Sablé et de Château-Gontier. Il fut fait alors conseiller-d'état , puis créé chevalier des Ordres du roi , le 5 janvier 1597. Élevé à la dignité de maréohal de France» par état donné au camp d'Amiens, le 25 juillet de la même année , il prêta serment le 7 août , et fit enregistrer son état à la connétablie, le 20 octobre. Il devint capitaine de 100 hommes d'armes, et fut nommé ambassadeur à la cour de Vienne , en 1G01. Il obtint le gouvernement et la lieulenance-générale de l'Anjou , à la mort d'Antoine Silly de la Rochepot, par provisions données à Fontainebleau, le 4 octobre 1609, registrées au parlement de Paris, le 26 novembre suivant. Nommé, le 4 août 161 5, lieutenant-général commandant l'armée que le roi opposait à celle des princes mécontents, il eut ordre de couvrir Paris, d'arrêter les ennemis, et de ne point hasarder de bataille. Il s'a*»
(1) Dans la Chroneiegie militaire de Pinard, à l'article du maréchal de Bois-Dauphin , on trouve, pag. 39a, une note de laquelle il résulterait que ce dernier n'aurait point été créé maréchal de France par le duc de Mayenne , chef du parti de la ligue, en 159a. Cependant l'auteur de la Fie de* flemme* illustres, tom. XIX, pag. i94ï les Mémoires de Sully, tom. I, pup;. 268, note 39»; le Père Daniel, dans son Histoire de France, tom. XII, pag. 486; de Thou, tom. XI, pag. 777, et enfin Anquctil, dans son Histoirede France, tom. VI, pag. io4» s'accordent à dire que le maréchal de Bois-Dauphin fut un des 4 maréchau* nommés par le duc de Mayenne.
DES GENERAUX FRANÇAIS. 1 j5
sura de Creil-sur-Oise, en chassa le commandant, qui était tout dévoué aux mécontents, et prévint le prince de Condé, qui avait des intelligences dans la ville de Sens. Il enleva le quartier du duc de Piney-Luxembourg , et s'empara de l'argent, ainsi que des équipages. Il mit des troupes dans Gien , où quelques habitants avaient été séduits par tes mécontents. Il dégagea les carabiniers du roi qui se trouvaient investis à Housson; canonna l'armée ennemie pendant trois heures, près de Bony, lui laissa passer la Loire, les 28 et 29 octobre, et s'avança vers le Poitou, pour eu fermer l'entrée aux mécontents. On lui ôta , la même année, le commandement de l'armée. Le maréchal de Bois-Dauphin reçut la reine-mère au pont de Cé, à la tête de i5oo hommes à cheval , et^e démit, en faveur de cette princesse, du gouvernement ae l'Anjou, au mois de juin 1619. Il se retira ensuite à Sablé, où il mourut, le 27 mai 1629. {Chronologie militaire, tom. H, pag. 5gi ; Fie des Hommes illustres, Histoire de France du Père Daniel, Davila, d'Aubigné, la Popelinière, Mer cure français, Mémoires de Castelnau , Histoire militaire des Suisses , Dupleix , Levassor, Vabbè le Gendre, de Thou, le président Hénaut, Histoire des Grands- Officiers de la Couronne, Bouclas , Moréri,Hist. de France, par Anquetil, t. FI.)
de LAVAL de Mohtmorewct ( Guy -Claude- Rolland) , dit ffltffXl*le comte de Laval, naquit le 5 novembre 1677. Il entra sous-lieutenant au régiment du roi, le 14 avril 1694; servit, la même année, à l'armée de Flandre , et se trouva à la marche de Vignamont au pont d'Espierres, le 22 août. Nommé lieutenant au même régiment, le 27 décembre 1695, il servit au bombardement de Bruxelles, dans la tnême année, puis à l'armée de Flandre, en 1696. Il se trouva, en 1697, au siège et à la prise d'Ath, et fut employé au camp de Coudum , en 1698. Devenu capitaine au régiment du Roi, le ^février 1701, il servit en Flandre, sous le maréchal de Boufllers. Il leva, par commission du 14 juin 1702, un régiment d'infanterie de sou nom, avec lequel il servit en Flandre, en 1704. U fut fait lieutenant-
l44 DICTIONNAIRE HISTORIQUE
colonel du régiment d'infanterie «le Bourbon, le 24 mars 1 7<>5 ; servit à l'attaque des lignes de Wi issembourg , l<* 5 juillet; marcha de là en Dauphiné, et se trouva à la prise de Sun ci no el de MoiHmeillau. Au siège de Nice, qui se rendit, le 4 janvier 1706, il recul deux atteintes de boulets, Tune au col , l'autre entre le corp^ el le bras droit 1 et fut, toute sa vie, incommodé de cette dernière blessure. Il commanda différents détachements qui furent envoyés d.ms les montagnes et dans les plaines du Piémont, et marcha à l'attaque des lignes devant Turin , le 7 septembre. Il servit à la levée du siège de Toulon • par les ennemis , en 1 707 ; à l'armée du Rhin, en 1708, et à celle de Flandre, en 1709. Il concourut, pendant cette dernière année, à la défense deTournay; et, ayanWté chargé de soutenir l'ouvrage à corne des Sept- Fontaines , il le défendit pendant dix -huit jours avec la plus grande valeur : il y eut la main gauche écrasée par uu éclat de bombe. Il fut créé brigadier, le 29 mars 1710, et employé, la même année, à l'armée de Flandre. Il se distingua, en 171 1, à l'attaque du fort d'Arleux, que l'on emporta de vive force, le 5 juillet ,et fit dans cette journée 1000 prisonniers de guerre. En 1712, il battit, le 10 juillet, un corps de 3ooo ennemis, qui s'étaient retranchés dans des jardins, pour soutenir un fourrage , près de Valenciennes. Il combattit à Denain, le 24 du môme mois, et se trouva à la prise de Marchi nues, le 3o. Le 8 septembre suivant , jour de la prise de Dou.iy, il entra , par la gorge de la demi-lune verte, où il se retrancha. Il concourut à la prise du Quesnoy , el eut ensuite le commandement de cette place. Employé à l'armée du Rhin , en 1713, il y eut part à la soumission de S;»ire, de Wormfl et de Rayserslautern. Il servit au siège de Landau, qui se rendit, le 20 août ; emporta d'assaut le pâté , attaqua et prit la contre-garde qui couvrait l'un des bastions attaqués. Il se signala à la défaite du général Vaubonne , le 20 septembre, et au siège de Fribourg, où il reçut uu coup de mousquet dans la mâchoire, le t3 octobre. 11 fut créé maréchal-de-camp , le rr février 1719, et obtint, par provisions du 23 janvier 1722, le gouvernement de Philippeville,
dans lequel il resta presque toujours. Employé à l'armée du Rhin , en 17541 il servit à l'attaque des lignes d'Etllingcu; fut employé au siège de PhilUbourg, où il monta la tranchée , les a et 4 juillet, et s'empara de l'ouvrage nommé la Petite - Hollande. Il marcha ensuite au siège de "Worms. Créé lieutenant-général, le i"août 1734, il continua de servir en celle qualité jusqu'à la paix de 1735. It commanda au pays Messin, par commission du 16 août 1 74 1 , jusqu'au 1 cr mai 1 744 < époque à laquelle on lui donna le commandement de la Lorraine. Il obtint le gouvernement de Béthune , par provisions du 20 septembre suivant , en remettant celui de Philippeville. Créé maréchal de France, par état donné au camp d'Hamal, en Brabant, le 17 septembre 1747, il quitta le commandement de la Lorraine, le 3i octobre suivant, et prêta serment comme maréchal de France , le 3 décembre. Il mourut, le 14 novembre 1751 , dans son château de ChâJons, au Maine, à l'âge de 7/1 ans. {Chronologie militaire, tom. III , pag.36g; mémoires du temps 9 Gazette de France.)
de LAVAL de Raitz (Cilles, comte), maréchal de France , était l'un des seigneurs qui défendirent Orléans contre les Anglais, en 1428 et 1429. Il se signala, dans cette dernière année, aux assauts de la ville de Jargeau et du pont de M L'un , et à la prise de Beaugency. Créé maréchal de France, le ai juin 1429, il représenta un des pairs de France au sacre de Charles VII, le 17 juillet suivant. Le roi, pour cet effet , le décora du titre de comte. Le comte de Dunois était accompagné du maréchal de llailz, lorsqu'il battit le duc de Bedfort à Lagny, en itf>2. Le maréchal de Raitz ayant été convaincu de magie, fut brûlé vif à Nantes, par ordre du duc de Bretagne, le 23 décembre i44o. {Chronologie militaire , tom. Il , pag. 162; le Gendre , Histoire des Grands- Officiers de la Couronne , Bauclas , Morcri, Dupleix, Mézeray, Histoire de France du Père Daniel.)
de LAVARDIN, voyez de Beàumanoir.
th. . 19
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LAW de Lacriston (Jacques François), comte de Tancarville , connu d'abord sous le nom de chevalier Law, et maréclial-dc-camp , naquit le 20 janvier 1724» d'une maison d'Écosse très-ancienne et fort illustre , dont cette branche Tint s'établir en France, au commencement du dixhuitième siècle. Les services qu'il y rendit à la compagnie des Indes le firent nommer colonel, en 1765. Il fut reçu, en 1766 , major-général , et commandant des troupes du roi dans l'Inde. On le créa brigadier d'infanterie, le 16 avril 1767, et maréchal de-camp, le i" mars 1780. La date de sa mort ne nous est pas connue. Il était décoré de la croix de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis. ( Etait militaires, Dictionnaire de la noblesse , par de la Chesnaye- Desbois , tom, Vlll tpag. 589; Dictionnaire universel de la noblesse de France, par le chevalier de Cour celles, tom. 111,
LAW de Laueiston (Jacques- Alexandre- Bernard, marquis), lieutenant général , et fils du précédent, naquit le 1" février 1768. Il embrassa de bonne heure la carrière militaire, et servit d'abord dans l'artillerie, où il obtînt un avancement rapide. En i;cp , il était capitaine d'artillerie, et il fut l'un des officiers cités pour leur belle conduite pendant la défense de Valenciennes. Ses talents militaires le firent distinguer par le général en chef Buonaparte, qui , devenu premier consul , le prit pour l'un de ses aides-decamp. En i8oo,Lauristonétaitdéjàélevéaugradedegénéral de brigade et commandait en cette qualité l'école d'artillerie de la Fère. Dans la même année , il fut chargé de mettre la place de Belle- Isle-en- Mer en état de défense En avril 1801, il fut envoyé, par le premier consul, à la cour de Copenhague, et reçut un accueil très-distingué du prince royal de Danemark. Le 10 octobre suivant, il arriva à Londres , porteur de la ratification du traité de paix entre la France et l'Angleterre (j). Il fut ensuite envoyé en Ita-
(0 II fut reçu avec enthousiasme par le peuple de Londres , qui co»«
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lie, en qualité de commandant du dépôt d'artillerie de Plaisance (i). Il fut fait commandaut de la Légion-d'Honneur, le i4 juin 1804. En 180^1 eut le commandement des troupes qui montèrent à bord de l'escadre de Tarn irai Villeneuve. Cette escadre appareilla de la rade de Toulon, le 18 janvier, fit voile pour la côte d'Espagne, et se trouva devant le port de Carthagène, le 7 avril suivant. Il prit part au combat naval de Trafalgar ; et, après la malheureuse issue de cette affaire, il revint à Paris, où il eut, bientôt après, Tordre de rejoindre la grande-armée d'Allemagne. Il avait été créé général de division , le 1" février. Ayant rejoint le grand-quartier-général de Napoléon, il fut nommé , au mois de novembre suivant , gouverneur- général de la place de Braunau, dont on s'était emparé sur les Autrichiens, et qui par sa position, ses fortifications et ses approvisionnements , était une conquête importante pour l'armée française. Il fut chargé, eu mai 1806, de la prise de possession des arsenaux et des magasins de Venise , en exécution du traité conclu à Presbourg. L'empereur de Russie, ayant éludé pendant long-temps, puis définitivement refusé la ratification d'un traité conclu aveo la France, le 20 juillet, ordonna à ses troupes d'occuper les bouches du Cattaro. Cette agression détermina Napoléon à faire occuper de son côté la république de Raguse. Le général Lauristou fut chargé de cette expédition , et se mit en marche sur les états ragusains, en mai 1807. Arrivé à Raguse , le 26 de ce mois , il y reçut avis que les Monténégrins s'avançaient en force, secondés par quelques troupes
pa les train des chevaux, et traîna sa voiture jusqu'à Pbôlel de M. Otto, chargé d'affaires de France, et de là che» le lord Hawkesburv, sécrétaire-déut.
(1) Les auteurs de la Biographie des Hommes vivant* , tom. IV, psg. 234 , disent que le premier consul ne lui donna cette mission que parce qu'il voulait l'éloigner momentanément, à cause d'une altercation assea vive qui avait eu lieu entre MM. de Lauriston et de Gaulaincourt, à l'occasion de l'arrestation du duc d'Enghien , que M. de Lauriston improuvait hautement.
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russes, pour s'emparer du Vieux-Raguse. Il se hâta de faire occuper ce point par 2 compagnies du 5e régiment de ligne, et 4 pièces de canon , sous les ordres du capitaine Serrant. Le 5o, l'avant garde des Monténégrins, forte de 1000 hommes, se présenta et attaqua les avant-postes français, en poussant des hurlements effroyables: les Français, exaltés par quelques actes de férocité commis par les Monténégrins, s'élancèrent sur eux au pas de charge, les repoussèrent jusqu'aux contins du Callaro, et tuèrent le chef de cette horde de barbares. Le même jour, quelques frégates russes voulurent attaquer le poste de Santa-Croce, qu'elles croyaient sans artillerie ; mais le général Lauriston y avait t'ait placer t\o pièces de gros calibre, dont la seule vue fit prendre le large aux bâtiments russes. Après ces affaires, le général Lauriston fit occuper tout le territoire de la république de Raguse. Le général Marmont, étant venu prendre le commandement en chef en Dalmatie , fit partir les troupes sous ses ordres, dans la nuit du 29 au 3o septembre, pourse porter contre euviron 6000 Russes et 10,000 Monténégrins réunis à Castel- Nuovo. Le général Lauriston, ù la tête des grenadiers et voltigeurs des 5% 2j€ et 79' régiments, s'avança sur les postes russes ; et, soutenu par le 1 1" régiment , s'empara du col de Débilibrich , malgré la résistance opiniâtre des Monténégrins, qui perdirent environ 3oo hommes tués ou blessés. Il concourut ensuite à l'attaque dirigée contre Castel- Nuovo , et fut particulièrement rhargé de celle des hauteurs qui dominent cette ville : on se retira , après avoir brûlé le faubourg de Castel-Nuovo, ainsi que les villages qui environnent cette place. En 1808, le général Lauristou , après avoir accompagné Napoléon dans tes états de la confédération du Rhin, le suivit en Espagne. 11 se trouva' à l'attaque de Madrid, au mois de décembre, et contribua à la prise des faubourgs situés sur la route de Vrance, en soutenant et protégeant, avec quelques escadrons et 4 pièces d'artillerie , la brigade du général Maison , spécialement chargé de l'attaque de ces faubourgs. En 1809, il fut employé dans l'année d'Italie, commandée par le priuce Eugène, et suivit cette armée dans sa marche eu Hou-
grie. A la bataille de Raab, gagnée sur les Autrichiens, le '4 juin , les troupes commandées par le général Lauriston formaient l'extrême gauche de l'armée, et observaient la place de Raab. Chargé par Napoléon de la direction du siège de celte ville, Lauriston Ht d'abord sommer le gouverneur de se rendre; et, sur son refus, Ht canonner la place avec tant d'activité, du i5 au 22 juin, qu'elle fut obligée de capituler. Les français y entrèrent, le 24» et y prirent 18 pièces d'artillerie de gros calibre , beaucoup de munitions et des magasins considérables de vivres et d'habillement. A la bataille de Wagram, le b' juillet , il reçut de Napoléon l'ordre de se mettre à la tète d'une batterie de 100 pièces d'artillerie, de marcher au trot à l'ennemi, et de s'avancer, sans tirer avant d'être arrivé à demi- portée de canon. Il exécuta cet ordre, fit à propos commencer un feu terrible qui éteiguit celui des Autrichiens, et porta la mort dans leurs rangs : cette attaque eut le plus grand succès, et contribua beaucoup au gain de la bataille. Il obtint, dans cette même année . le titre de comte. En février 18 1 1, il remplaça, à Saint-Pétersbourg, M. de Caulaincourt, ambassadeur de France en Russie , et resta près de l'empereur Alexandre jusqu'à la rupture entre les deux puissances, en 1812. Après la prise de Moscou, Napoléon l'en* voya, le 5 octobre, auprès du général en chef russe Kulusow, pour proposer un armistice : une suspension d'armes tut effectivement conclue. Lorsque l'armée française quitta Moscou, pour faire celte retraite qui lui fut si fatale, le général Lauriston commanda l'arrière-gardc. Au commencement de 18 13, le général Lauriston organisa à Magdebourg les divisions qui devaient former le 5e corps d'armée, dont on lui donna le commandement à l'ouverture de la campagne. Ce corps, composé des divisions Maison, Puchtod elRochainbeau, était fort de 18,000 hommes. Le * géuéral Lauriston marcha , le 27 avril, sur AVettin, obligea l'ennemi de brûler un pont et s'empara de la tête de ce pont. 11 se porta, le 28, sur Hall, et fit évacuer la tête de pont occupée par les Prussiens, qu'il culbuta. 11 prit part, sous les ordres du prince Eugène , à la bataille de
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Lutzen, le a mai, et à celle» de Bautzen el de Wurtschen, les 20 et 21 de ce mois. Employé dans te corps d'armée du maréchal N«y, il effectua , de concert avec le général Régnier, le pasxage de la Neiss et celui de la Queiss, les 24 et 25 du même mois. Après avoir repoussé sur Olza, un corps de troupes prussiennes, rencontré près de Neukirchen , le général Luuriston occupa breslau , capitale de la Silesie : il s'y trouvait encore Un s de la signature de l'armistice conclu le 2 juin. Les hostilités recommencèrent le ai août suivant , et le général Lauriston fut employé dans l'armée de Silésie, sous les ordres du duc de Tarente. Il contribua à forcer le général prussien Blucher, de se retirer, le 22, derrière la Kalzbaeh. Commandant provisoirement les 5* et il" corps, pendant l'absence momentanée du maréchal duc de Tarente, il attaqua les Prussiens ù Goldberg, le 23, et les contraignit de faire une retraite précipitée sur Jauer: cette journée coûta à l'ennemi environ 7000 hommes tués, blessés ou prisonniers. Il commanda le 5* corps d'armée à la bataille de la Kalzbaeh, le 26; et, après avoir combattu toute la journée, avec une grande vigueur, le corps russe du général Langeron , il fit sa retraite par Prausnitz. Attaqué le lendemain matin, aux portes de Goldberg, par uq ennemi trois fois plus nombreux, Lauriston, qui n'avait point de cavalerie pour le soutenir, ne put continuer son mouvement rétrograde qu'en sacrifiant 18 pièces de canou que les mauvais chemins le forcèrent d'abandonner : il arriva le même iour devant Lowemberg. A la bataille de "Wachan, le iG octobre, le général Lauriston défendit très glorieusement la position de Liberwolkowilz, d'où il repoussa tous les efforts des Prussiens. Il déboucha ensuite de ce village, se rendit mattre du bois de Gross- Possna, et concourut à eulever le village de Gossa. Il combattit avec beaucoup de distinction à la bataille de Léipsick, le 18 du même mois, et y prit part à la vigoureuse défense du village de Preybsteyde. Il fut fait prisonnier dans cette désastreuse j umee, et conduit à Berlin , où on le traita avec beaucoup d'égards. Rentré en France après la restauration du trône des Bourbons, S. M. Louis XVIII le créa
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chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 1" juin 1814» et grand-cordon de Tordre royal de la Légion- d'Honneur, le 29 juillet suivant. Après la mort du général Nansouty, il devint capitaine lieutenant de la compagnie des mousquetaires gris, et prêta serment en cette qualité, le 26 février i8i5. A l'époque du 20 mars de la même année, il suivit la maison du roi jusqu'à Béthune , reviut ensuite à Paris, ne remplit aucunes fonctions pendant l'occupation de la France par Buon.iparte, et resta à sa terre de Richemont. Après la seconde restauration, il présida le collège électoral du département de l'Aisne, et fut créé pair de France, le 17 août. Il prit , au mois de septembre suivant, en qualité de lieutenant-général, le commandement de la 1" division d'infanterie de la garde royale. Le roi le nomma, le 12 octobre, membre de la commission chargée d'examiner la conduite des officiers de tout grade, pendant les cent jours. En 1816, il présida les conseils de guerre chargés de juger l'amiral Linois, le colonel Boyer et le général Laborde. Il fut créé commandeur de l'ordre royal et militaire deSt.-Louis, le ornai. S. M. lui conféra le titre de marquis, en 18 1 7. Ses lettres-patentes furent enregistrées à la chambre des pairs, le i5 janvier 1818, et entérinées , le 2 mai suivant. Il présida, en 1820, le collège électoral du département de la Loire -Inférieure. II fut nommé ministre secrétaire-d'état au département de la maison du roi , le 1" novembre de la même année, et prêta serment en cette qualité, le 18 du même mois. {Etats militaires, Moniteur, annales du temps .)
de LEAUMONT- PUIGAILLARD (Jean), commandant d'armée, servit d'abord comme capitaine de 5o hommes d'armes dans les armées de Henri III , et combattit souvent les calvinistes. Sous les ordres du duc de Montpensier, il surprit, dans la nuit du 5 mai i5(>a, la ville d'Angers, qui fut forcée, malgré la vigoureuse résistance des habitants. Puigaillard permit d'abord aux protestants de s'assembler hors des murs; mais ensuite, par condescendance pour les catholiques, qui voulaient se venger de la profa-
nation et du pillage récent de leurs églises , il chassa entièrement d'Angers les religioonaircs, et ne fut que trop bien ser\i dans l'exécution des ordres qu'il donna à cet égard ; car ses soldats, sans égard pour le r ing, le sexe et l'âge, traitèrent tout avec la plus affreuse barbarie. Le château de Rochefort, près d'Angers, se rendit à Puigaillard, le 4 juillet , sur l'espoir du pardon donné au commandant et à la garnison : le commandant périt cependant par le supplice de la roue, et ses soldats furent pendus. Le 27 septembre, Puigaillard entra dans la ville de Craon; et, pour y punir les excès commis contre les catholiques, il usa de représailles terribles envers les calvinistes. En 1 5(58 , étant à la tête de 2 cornettes détachés, il fut rencontré par les rcligionn aires, près de La ville de Sorgues. Il se fit alors un retranchementà la faveur de son bagage, qu'il perdit, ménagea adroitement sa retraite, et conserva toute sa troupe. En 1569, il prit, à composition , le bourg de Tiffangcs et les villes de Montaigu et deBeaufort. Il fut, dans la même année, l'un des commandants des troupes qui assiégèrent sans succès la ville de Niort. Il se jeta ensuite dans Mirabeau , pour le défendre. En i5?o, il conduisit au comte de Lude, eu Poitou, 5ooo hommes de pied et 800 lances. Avec une partie de cette troupe, il se rendit maître de Moric , de la Grève et de Talmond. Du Poitou, il passa en Saintonge, où il prit Chisay. Après ces expéditions, il joignit ses troupes à celles d'un capitaine sur lequel il comptait, et tous deux de concert tombèrent sur les calvinistes, qui s'épouvantèrent et prirent la fuite. Il se sépara ensuite du capitaine qui Pavait accompagné ; et , pour engager une action générale, il se saisit des avenues qui conduisent du Poitou à la Rochelle. Il construisit à Luçou un fort dans lequel il logea 4 compagnies, et qui, par son emplacement, coupait les vivres aux ennemis. Par une ruse de guerre, il fit courir le bruit que l'amiral Coligny avait remporté une victoire sur les troupes royales; et ce fut un motif pour engager les calvinistes à attaquer le for' de Luçon : c'était où Puigaillard les attendait. La Noue, l'un des capitaines calvinistes, ayant marché du côté de Luçon, Puigaillard rassembla
tontes ses forces; et sans prendre aucun repos ni nourriture, il se rendit en deux jours et deux uuits devant Sainte- Gemme, à une lieue de Luçon. Il avait fait jouer mille ressorts pour tromper La Noue ; mais tous ses stratagèmes tournèrent eontre lui; ses troupes, fatiguées d'une longue marche, furent défaites, et perdirent 5oo hommes. PuigaiU lard s'enfuit à Foulenay, d'où il se retira vers iMozeuil. Il y insulta une maison où s'étaient renfermés un ministro protestant et quelques soldats, qu'il tailla en pièces. Il prit ensuite Saint-Maixent et la ville de Maran»; mais il évacua cette dernière, après en avoir brûlé les maisons, parce qu'il échoua contre le château. Il se présenta bientôt après, avec 700 chevaux , aui portes de la Rochelle, et fut sur le point d'y prendre la reine de Navarre, qui en était sortie pour aller à la promenade. Créé maréchal-de-camp, en 1573, il servit en cette qualité au siège de la Rochelle , où il fol blessé. Il leva , le 1" mars i5;4, en Poitou, un régiment d'infanterie, qui fut licencié après la campagne de 1575. Il servit, en i5j4 , en qualité de maréchal- de* camp, sous le duc de Monlpensier , et, en 1575, sous te duc de Guise , en Champagne. Au siège de Brouage , commencé le ai juin 1577 , et qui se rendit le 28 août, il poussa la tranchée jusqu'au fossé. 11 fut fait maréchal-général des camps et armées, conjointement aveo M. de Lenoncourt, le 2 octobre, sur la démission du baron de Diron. On le créa chevalier des Ordres du roi, le 3i décembre i58o. Il commanda l'armée de Picardie, en qualité de maréchal général des camps et armées du roi, par pouvoir du i5 février i583. 11 mourut en décembre i58/|. {Chronologie militaire , totn. I , pag. 3 \ 6 ; de Thou , le Pire Daniel, Davila , la Popeliniere, d'Juùigné , Histoire des Grands-Offi~ ciers de la Couronne ( 1 ) .
(1) Le Père Anselme, dans non Histoire tUt Grandi -Officier t de ta Couronru, donne à Puifiaillard le litre de conseiller. d'état et privé, <it de gouverneur fttnjfff, «n ,$84 : c'est par erreur.