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béralions des cliver» examinateur* déterminèrent le roi à décider qu'on prépare rait , à Blois, un convoi pour secourir Orléans, et qu'on tenterait de l'introduire dans cette dernière ville, sous la conduite de Jeanne. On donna à Jeanne ce qu'on appelait alors un élat , c'est à- dire, des gens pour sa garde et pour son service. Un écuyer, deui pages, deux hérauts d'armes et un aumônier furent attachés à sa personne. Le roi lui fit faire une armure complète. Elle demanda un étendard, et désigna la manière dont on devait le peindre (i). Les Orléanais, instruits de ce qui se passait à ( hinon, attendaient avec impatience l'effetdes prédictions et des promesses de Jeanne. Celle ci, arrivée à Blois avec tout l'équipage «l'un chef de guerre, en prend de suite le rang et l'autorité; mais, avant de rien entreprendre contre les Anglais, elle dicte une lettre qu'elle adresse aux généraux de cette nation réunis devant Orléans, et les somme, au nom du roi du ciel, d'abandonner le siège de celte place, et de rendre les clefs de toutes les autres villes qu'ils avaient prises en France. A la téte d'un bataillon qu'elle vient de former, elle quitte Blois , pleine de confiance dans la protection du Très- Haut; et ses soldats partagent son enthousiasme. Elle traverse les lignes des ennemis; et, à la vue de leurs forts, le 29 avril 1429, elle entre dans Orléans, armée de toutes pièces, précédée de sou étendard, ayant Dunois à ses côtés, escortée des principaux seigneurs de la cour de Charles VII , et conduisant avec elle le convoi préparé à Blois. Dès ce moment , les Orléanais se crurent invincibles, et le furent en effet. Dès lors aussi , tout ce qui se passa dans Orléans se fit au nom de Jeanne et sous son commandement. Elle renouvela d'abord vis-à-vis des Anglais la sommation qu'elle
(1) Cet étendard était en toile blanche, frangée en soie ; sur un champ blanc, semé de fleurs de lys, était figuré le sauveur du monde, assis aur son tribunal dan» les nuées du ciel , et tenant un globe dans ses mains ; à droite et à gauche étaient représentés deux anges en adoration, dont l'un tenait une fleur de lys, sur laquelle Dieu semblait répandra •es bénédictions. Les mots Jésus et Marie étaient écrita à cdté.
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leur avait faite, et leur envoya une seconde lettre par ses deux hérauts d'arme». Les Anglais, violant le droit des gens, retinrent l'un de ses hérauts; et ils l'auraient fait périr, si Dunois n'eût pareillement gardé comme prisonnier des hérauts anglais. Cependant, Orléans recevait de nouveaux renforts de troupes. Jeanne commandait en chef, et se tenait entre la ville et les ennemis. Jusqu'alors, on n'avait pas osé insulter les bastides ou petils forts qui appuyaient la circonvallation des Anglais. Quelques jeunes seigneurs français, emportés par leur ardeur, attaquent une de ces bastides en plein midi , sans s'être concertés avec Jeanne, et sont repoussés. Elle s'était retirée pour se reposer. Le bruit de la déroute l'éveille. Elle s'arme , vole au lieu du combat, et arrête les fuyards. Sa présence ranime leur courage , et le fort est emporté. Elle voulait profiter de l'ardeur des troupes pour en escalader un second. Les généraux qui l'accompagnent ne sont pas de sou avis pour le moment; mais, quelques jours après, elle revient à la charge contre une des principales bastides. Au fort dé l'assaut, une terreur panique saisit les soldats français : ils abandonnent l'attaque. Jeanne les ramène, plante elle-même son étendard sur la brèche : les Anglais sont vaincus, et les Français entrent dans le fort. C'est dans cette action que Jeanne reçut une blessure au pied. Après ce succès, Jeanne fait redemander son héraut aux Anglais, et il lui est rendu. D'autres forts encore sont emportés par les Français. Jeanne se présentait toujours la première à l'attaque, et restait la dernière sur le champ de bataille pour protéger la rentrée des troupes dans la ville. Enfin, il ne restait aux Anglais que le fort des Tourelles , qui fermait feutrée du pont d'Orléans du coté de la Sologne; et de ce poste, le mieux fortifié de tous, dépendait le succès de la levée du siège. Jeanne, dans un conseil, fait décider l'attaque de ce fort, contre l'avis et les craintes de quelques généraux. Ce poste était défeudu par l'élite des troupes anglaises. Le y mai , elle sort de la ville à la tête des soldats, traverse la circoiivallation, et marche fièrement à l'assaut du boulevard , qui couvrait
le fort des Tourelles. Elle en dirige l'attaque avec une habileté qui étonne les capitaines les plus expérimentés. Mais les Français sont repoussés. Jeanne alors se précipite dans le fossé, saisit une échelle, l'élève avec force et l'applique contre le boulevard. Frappée en cet instant, au-dessus du ein entre le cou et l'épaule, par une flèche, elle l'arrache elle-même, se fait panser légèrement, reparaît au moment où la confiance des troupes commençait à se ralleutir, les ranime, et emporte le boulevard. Les Anglais se réfugient dans le fort; mais bientôt il est au pouvoir des Français; et Jeanne, après avoir fait jeter quelques poutres sur le pont, que les Orléanais avaient rompu pour empêcher les Anglais de pénétrer dans la ville, rentre triomphante dans Orléans, aux acclamations des habitants qu'elle venait de délivrer. En effet, après cet échec, les Anglais sentirent qu'ils ne pouvaient plus continuer le siège «et le levèrent, le 8 mai (i). La blessure de Jeanne était profonde: mais elle ne fut pas jugée dangereuse, et ne l'empêcha pas de courir à de nouveaux exploits. Elle se rendit d'abord à Loches, pour annoncer à Charles VII l'heureuse délivrance d'Orléans. Elle lui fut présentée, le 5 juin. Elle désirait que l'on marchât droit sur Reims, pour y faire sâcrer le roi ; mais l'exécution d'un projet aussi hardi effrayait Charles et son conseil. Les instances de Jeanne triomphèrent de toutes ces difficultés : il fut décidé qu'on marcherait effectivement vers la Champagne, et qu'avant le départ, on reprendrait les villes dont les Anglais s'étaient rendus maîtres aux environs d'Orléans. Les Anglais , après la levée du siège d'Orléans , s'étaient retirés, les uns sous les ordres de Talbot, vers Meun et Beaugency, et les autres, commandés par le comte de Suffolk, vers Jargeau. Cette dernière ville était en la possession des Anglais. Jeanue d'Arc, accompagnée du duc d'Alen-
(i) Tous les ans, à pareil jour, le 8 mai, une procession solennelle se fait à Orléans en commémoratiou de ce grand événement, et l'éloge de Jeanne d'Arc est prononcé dans l'église cathédrale de cette ville, en présence de toutes les autorités.
çon, de Du n ois, de la Hire et d'autres guerriers distingués, se porte sur Jargeau , où elle arrive, le 1 1 juin , et l'assiège. Elle y court un grand danger. Montée, pendant l'attaque, sur le dernier degré de l'échelle, elle fait floter son étendard. Uue flèche le déchire : une pierre l'atteint elle-même à la téte. Son casque rompt la violence du coup; mais elle est renversée. En se relevant, elle s'écrie : « Amis, »amis! sus, sus! Mou seigneur a condamné les Anglais : »ils sont à nous »ï et, le 14 juin, elle emporte la ville. La prise de Beaugency et de Meun-sur-Loire suivit de près celle de Jargeau. Les Anglais abandonnèrent la première de ces villes, le 16 juin, et se retirèrent dans le château et dans le fort qui défendait la tête du pont. Le château et le fort capitulèrent le lendemain ; et bientôt les Français entrèrent dans Meun. ïalbot se replia sur la Beauce par le chemin de Jauville ; et l'armée anglaise, fortifiée, tant par les garnisons des places qu'elle avait été forcée d'abandonner que par un secours de 6000 hommes que le duc de Bedfort lui avait envoyé, était bien supérieure en nombre à l'armée française, quoique le connétable de Richemont fût venu joindre cette dernière avec îaoo hommes levés en Bretagne. Jeanne et ses braves compagnons d'armes poursuivirent l'ennemi ; et déjà l'avant-gardc de l'armée française n'était qu'à une demi- lieue de Patay, où toutes les forces anglaises se trouvaient réunies, et où elles voulaient se retrancher. Les généraux français hésitaient à livrer bataille. Jeanne promet la victoire : « 11 faut «combattre les Anglais, s'écrie-t-elle , fussent -ils pendus «aux nues, nous les aurons. » Le combat s'eng.ige. Jeanne y fait de* prodiges de valeur : les Anglais sont vaincus. a5oo des leurs restent sur le champ de bataille, et 1200 sont faits prisonniers (1). Le général ïalbot est du nombre
(1) « Un Français qui conduisait plusieurs captifs en frappa un à la
• têlf avec tant «le force, que l'infortuné tomba expirant à ses pieds. Té*
• moin de cette inf mie, Jeanne d'Arc, indignée, s'élança de «on cbe-
• val, couiut au secours de l'Anglais, le souleva dans ses bras; et, tan-
de ces derniers. L'armée victorieuse retourna à Orléans; 4 et de là, Jeanne alla à Sully sur-Loire , où Charles TII s'était rendu , pour annoncer à ce monarque les succès de la journée de Palay. Elle revint bieniôt à Orléans, d'où elle dirigea sur Gien toutes les troupes et munitions nécessaires pour l'expédition de la Champagne. Le conseil du roi avait d'abord pensé qu'il fallait, avant de marcher sur Aeims, soumettre Cosne et la Charité; mais Jeanne obtint qu'on ne s'occupât de cet objet qu'après le sacre du ; monarque. L'armée royale partit de Gien, sous les ordres de Jeanne, le 28 jdin , et s'arrêta à Briare, où le roi la suivit le lendemain. Auxerre refusa d'ouvrir ses portes aux Français; mais, en consentant à leur fournir des vivres, cette place évita les malheurs d'un siège. L'exemple d' Auxerre engageaTroyes a résister. Charles VIÏ s'était fait précéder danscette ville par ses hérauts d'armes, et avait fait sommer les hahitantsdclerecevoir; mais cette sommation était restée sans effet. L'année du roi campa autour de la ville, et en ferma toutes les issues. Jeanne fit décider l'assaut. La veille du jour où il devait avoir lien , elle prit son étendard , assembla les troupes, leur ordonna de s'approcher de la ville, et leur fit apporter leurs tentes au bord des fossés. Elle fit préparer des fascines pour les combler, et passa toute la nuit à diriger les travaux , avec une activité et un zèle infatigables. Le 9 juillet au matin, Jeanne crie à l'assaut, fait sonner les trompettes, et s'avance au bord des fossés, « son étendard à la main. Les Anglaiset les Bourguignons, qui défendent la place, sont effrayés de ces dispositions, et Troyes ouvre ses portes an roi, qui y entre le 1* juillet, ayant Jeanne d'Arc à ses côtés. L'armée se porta ensuite sur Chnions , qui se soumit. Jeanne marchait toujours en avant. A son approche, la garnison de Reims sortit de la
»dis que par ses ordre» on s'efforça it de le rappeler à la vie , elle lui son - • tenait la tétc, et loi prodiguait les plus tendres consolations {Histoire md« Jeanne d'Are, par M. Lebrun dos CharmcUcs , tom. /, f*g. »»!,)•
ville. La plus grande partie des habitants vint offrir ses hommages au roi. Ce prince entra dans Reims, le 16 juillet, et fui sacré, le lendemain, en l'église cathédrale. Jeanne était présente à cette cérémonie, tenant son étendard à peu de distance du roi et de l'autel. Après le couronnement du monarque, elle lui demanda, avec de vives instances, la permission de se retirer, sa mission se trouvant remplie. Elle était empressée de rentrer dans sa première condition et au sein de sa f «mille; mais Charles VII s'y refusa. Jeanne d'Arc, se voyant forcée de céder aux volontés de son roi , resta dan9 les rangs de l'armée; mais, ayant rempli ses promesses, celle de la levée du siège d'Orléans, et celle du sacre du roi. elle ne se mêla plus de la direction des opérations militaires; elle se contenta de partager les dangers des expéditions ordonnées par les généraux, en s'exposaut toujours la première. Elle se trouva à la soumission des villes de Soissons, de Château- Thierry et de Provins, les ai , a4 et *5 juillet. Le i3 août, l'armée royale s'avança, parla Ferté Milon, vers Crépy en Valois, d'où Charles VII envoya ses hérauts d'armes sommer la ville de Compiègne de se soumettre. Cette ville ouvre ses portes au roi, et Beauvais suit son exemple. Le duc de Bedfort, mallre de Paris, s'effraye des progrès de l'armée française, et prend le parti de sortir de la capitale et de diriger ses troupes sur Sentis, dans l'espoir de fermer au rot le chemiu de la Normandie. Talbot , délivré de sa captivité, était dans les rangs anglais. De son côté, l'armée française se rapproche de Senlis, et vient camper à trois lieues au sud-est de cette ville, près du mont Piloêr. Un combat s'engage entre les deux armées, mais il n'est point décisif. Jeanne, accompagnée de Dunois et de La Hire, se distingue au milieu de la mêlée, tantôt ramenant au combat les soldats dispersés, tantôt frappant de sa lance les guerriers qui osent l'attaquer. Les Anglais rentrent dans Senlis, et Charles VII se retire à Crépy. Crcil, Aumale, Torcy. Estrepagny et Château Gaillard , forteresse qui n'est éloignée de Rouen que de sept lieues , sont successivement pris par les Français. Le roi se rendit 4
Coin [i iè tic ; mais bientôt , informé que le duc de Bedfort portait se» forces en Normandie pour défendre cette province, il résolut de quitter Compiègnc et de se rapprocher de Paris. Il se rendit maître de Senlis, el de là s'avança sur Saint Denis, qni lui ouvrit ses portes, le a5 août. Le 7 septembre, Jeanne, entourée de La Hirc, de Xaintrailles et d'autres guerriers illustres, prend Saint - Denis , et vient occuper le village de la Chapelle Le lendemain, Paris est attaqué; et Jeanne d'Arc , sur le bord du fossé qui défendait les remparts de cette ville, et au milieu d une grêle de traits, anime les soldats français, et dirige les travaux qui se font pour combler le fossé et préparer l'assaut. « Rendez la ville au roi de France, » criait-elle aux Parisiens, lorsqu'un trait d'arbalêtre la blessa à la cuisse. Obligée, par la douleur que lui causait sa blessure, et par la quantité de sang qu'elle perdait, de quitter la place, elle se retira dans un endroit écarté, où le duc d'Alençon vint la chercher pour la reconduire à Saint-Denis. L'attaque tentée contre Paris n'eut point de succès; et Jeanne, témoin de ce premier échec qu'éprouvait Charles VII, depuis la levée du siège d'Orléans, voulut de nouveau abandonner la carrière militaire; mais le roi s'opposa une seconde fois à sa retraite. Sa blessure fut guérie au bout de cinq {ours; et, le conseil du roi ayant décidé qu'il était h propos de ramener l'armée vers la Loire, ce monarque quitta Saint- Denis, le îa septembre, et se rendit d'abord à Gieu, puis à Mehun-sur-Yevre (1). Le roi désirait reprendre successivement Cosne, la Charité et Saint-Pierrele-Moutier. On attaqua d'abord celte dernière place,
(i) C'est dans cette ville que Charles VII, voulant récompenser d'nnc manière éclatante les services éminenta que Jeanne d'Arc lui avait rendus, accorda, en décembre i4*9» *» cette héroïne et à toute sa famille, de* lettres de noblesse, avec tous les privilèges et honneurs attachés à cette faveur; étendit ces privilèges à toute leur postérité en tique tant masculine que féminine à perpétuité, et leur donna le nom de du Lys , avec arme» d'azur, à uneépée d'argent en yai , croisée et pommetée d'or ; soutenant de la pointe une couronne d'or, et côtoyée dedeu.v fleurs de lys, aussi d'or. "» ' 1
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et c'était à Jeanne d'Arc et au seigneur d'Albret que le roi avait confié cette expéditon. Saint - Pierre - le - Moutier fut pris d'assaut. Jeanne ne fut pas aussi heureuse à la Charité. L'armée française tut forcée d'en abandonner le siège. Jeanne fut alors chargée de se porter sur nie -do- France, que le duc de Bourgogne menaçait avec une asses forte armée, et où les Anglais avaient déjà obtenu plusieurs avantages. On ne donna à Jeanne qu'un petit corps de troupes, et quelques chefs de guerre pour l'accompagner. En passant à Laguy, elle rencontra Franquet d'Arras , homme d'armes au service du duc de Bourgogne , et dont les troupes, composées d'excellents archers, firent sur celles de Jeanne une décharge terrible, qui mit beaucoup de soldats français hors de combat. Jeanne déploya dans cette circonstance autant de courage que de sans froid, soutint ses troupes, et remporta la victoire. Franquet d'Arras fut fait prisonnier. La ville de Compiègne était alors dégarnie de troupes. Jeanne apprend que l'armée du duc de Bourgogne et l'armée anglaise réunies assiègent cette place. Elle vole au secours de Compiègne , et s'y t enferme , avec Xaintrailles et d'autres chevaliers. On lente une sortie contre les ennemis. Le a4 niai ■ |3o , Jeanne sort des murs de Compiègne, accompagnée de plusieurs capitaines et de 600 hommes d'armes; elle attaque à F improviste le quartier de Baudon de la Noielle , établi à Ma rigny et commandé par Jean de Luxembourg , l'un des officiers principaux du duc de Bourgogne. Les soldats de ce poste crient aux armes ; et bientôt les troupes de cet officier, cantonnées à Clairay, se précipitent hors de leurs quartiers et accourent au secours de leur général. En mé* me temps les Anglais se rangent en bataille. Les Français, s'apercevaut alors qu'Us allaient avoir toute l'armée ennemie à combattre, se retirent vers la ville. Jeanne, qui, daus aucune occasion, n'avait montré plus de hardiesse et de vaillance que dans celle-ci, et qui même avait deux fois repoussé les ennemis, marchait la dernière , se retournant sans cesse et faisant face anx Bourguignon* qui la poursuivaient. Elle voulait couvrir la retraite des
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siens, et les ramener sans perte dans la place. Les Anglais s'avancent alors à grands pas pour couper le chemin à sa troupe, qui , effrayée par ce mouvement, se précipite en tumulte vers la barrière du boulevard de la ville. Les Bourguignons font une décharge terrible sur la queue de l'escadron français, et y jettent un grand désordre. Les soldais de Jeanne sont saisis d'épouvante, et fuyent ou sont fait* prisonniers. Elle seule continue à se défendre, son étendard à la main; mais bientôt une foule d'ennemis l'entoure : elle les repousse avec son épée, et parvient à gagner le pied du boulevard ; mais la barrière se trouve fermée. Jeanne fait des prodiges de valeur, et cherche alors à prendre la fuite, pour éviter la captivité*. Un archer la saisit par son habit et la fait tomber de cheval. Elle est au pouvoir de ses ennemis , qui la désarment sur le champ; et on l'emmène à fliarigny, où on la confie à une garde nombreuse. Jean de Luxembourg fit renfermer Jeanne d'Arc, d'abord au château de Beauljeu, puis dans celui de Beaurevoir . à quatre lieues de Cambray. De là, on la transporta à Arras, et ensuite au Crotoi, citadelle située à, l'embouchure de la Somme. Les Anglais, qui avaieut juré une haine implacable à Jeanne, et qui voulaient la perdre, employèrent toutes sortes de moyens pour la tirer des mains de Jean de Luxembourg, et y parvinrent enfin à prix d'argent. Une somme de 10,000 1. fut compléeà cet officier, et l'héroïne d'Orléans fut livrée aux Anglais, qui la conduisirent à Rouen, et l'enfermèrent dans la grosse tour du château. Le 3 janvier i43o (v. st.), le roi d'Angleterre ordonna la mise en jugement de sa prisonnière; et bientôt commença ce procès monstrueux qui a couvert d'opprobre les juges qui y ont participé, et qui fit périra Rouen, sur un bûcher, le 5j mai i45i , l'infortunée Jeanne d'Arc, procès dont les pièces originales , conservées à la postérité, démontrent ses vertus et son innocence, et portent au plus haut degré d'évideuce historique les faits qui ont signalé sa carrière militaire. Lorsque Rouen fut rentré, en ■449» sous la domination de Charles VII, ce prince, par lettres-patentes du 1 5 février de cette année, ordonna la
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révision du procès : cette révision se fit de la manière la plus solennelle; et la mémoire de Jeanne fut vengée, par arrêt du 7 juillet i$56. Le jugement qui Pavait condamnée fut déclaré l'œuvre du dol, de la calomnie et de l'iniquité la plus manifeste; en conséquence, il fut cassé et anullé. Des monuments furent ensuite élevés à la gloire de Jeanne d'Arc, lant à Rouen, sur la place même où elle avait subi sonsupplice, que sur le pont d'Orléans (1). (Chronique du temps, Histoire de Charles V II, par Alain Chartier; Histoire de France9 par Mézeray; autre, par Villaret ; autre, par Anquetil', Histoire de Jeanne d'Arc, par M. Lebrun- des-Char mettes; Dictionnaire historique publié , en 1783 , par une société de gens de lettres, et Biographie universelle, ancienne et moderne, tom. XXI, pages 49 1 et suivantes.)
(1) Ce fut en i4&8 que Charles VII fit ériger à Orléans un monument à la mémoire de Jeanne d'Arc. Ce monument, renversé, en i56*7, pendant les guerres de religion, fut refondu en bronze, en 15^1 ; et, après avoir été successivement déplacé du pont et rétabli dans la principale rue de la ville d'Orléans, il a été détruit, en 1793. En i8o5, les Orléanais ont érigé, sur la plus grande place de cette ville, une statue en bronze à leur libératrice.
Un autre monument, en l'honneur de Jeanne d'Arc, existe à Domremy, lieu de sa naissance. L'humble chaumière où elle avait vu le jour a été religieusement conservée par les habitants de ce hameau, jusqu'à l'époque de l'invasion des puissances en France, en 181 5. Un militaire, propriétaire de cette chaumière, refusa d'abord l'or de l'étranger, qui lui en offrait un grand prix. Un si noble désintéressement a été récompensé par le roi , et une école de jeunes filles a été fondée par S. M. autour du berceau de Jeanne. En même temps, le conseil -général du département des Vosges a voté une statue à l'héroïne d'Orléans, et l'inauguration en a eu lieu à Domremy, le 10 septembre 1820. (Moniteur du 18 septembre 1820.)
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M A C DONALD ( Etienne - Jacqu< s - Joseph - Alexandre ) , duc de Tarente , pair et maréchal de France , naquit à Sanccrre en Berry, le 17 novembre 1765 (1). Après avoir terminé ses études, Il enira, avec le grade de lieutenant, dans le régiment d'infanterie irlandaise de Ditlon. En 1784* il servit, sous M. de Maiflebois, dans la légion qui devait appuyer le parti des patriotes en Hollande. Lors de la révolution française, il en adopta les principes avec modération. L'intelligence et la bravoure qu'il déploya à la bataille de Jemmapes, le 5o octobre 1792, le firent remarquer, et lui valurent le grade de colonel du régiment d'infanterie ci-devant Picardie. Nommé, peu de temps après, général de brigade, et employé en cette qualité à l'armée du Nord , il enleva aux ennemis les postes de Commines , de Warne ton et de WarwicL. Il se trouva , en octobre 1795 . à la prise de Menin par le général Souham , et s'y distingua. Commandant l'avant-garde, il suivit l'armée anglaise depuis Yaleucicnnes jusqu'au-delà de l'Ems, et battit le duc d'Yorck en plusieurs occasions. Il fit la campagne de i;94 à l'armée du Nord, prit part au combat de Rouler», le i3 juin, et concourut à l'investissement de Bois-le-duc, au mois de septembre. Employé à la même armée, en 1795, il fit, sous les ordres du général en chef Pichegru , la céJèbre campagne de Hollande. Il s'empara de Thicl, le 9 janvier, et de Verdun , le ai du même mois. Il ouvrit la conquête entière de la Hollande à l'armée française, en exécutant le hardi passage du Waal sur la glace et sous le feu des formidables batteries de Nimègue et de Kokerdum. Ces brillantes opérations le firent nommer
(1) Il est issu d'une famille noble d'Irlande, qui partagea l'exil et 1» malheurs de Jacques II , roi d'Angleterre , et qui suivit ce monarque en France, où elle n'établît.
général de division. Il commanda en cette qaalité à Cologne et à Dusseldorff, en 1796. Il servit ensuite aux armées du Rhin et d'Italie , et continua de s'y distinguer. Il fut chargé, conjointement avec le général Duhesme, de remettre au directoire-exécutif, les drapeaux que le corps législatif avait décernés aux armées du Nord et de Rhinet- Moselle, et cette remise eut lieu le t8 février 1798. L'armée française , sous tes ordres du général Alexandre Berthier, s'étant emparée des états romains, en 1798, Macdonald eut le gouvernement de ce pays. Des mécontents en grand nombre s'insurgèrent de tous cotés, et coururent aux armes. M action a ld marcha contre eux avec quelques bataillons, les atteignit à Faventino, et les dispersa. Bientôt de nouveaux rassemblements ayant eu lieu à Frosinone , Macdonald s'avança contre cette ville, dont il brisa les portes , malgré le feu de mitraille que firent les insurgés. Tous ceux des habitants trouvés en armes furent passés an fil de l'épée, et leurs maisons livrées aux flammes. Sur ces entrefaites , le roi de Naples fit marcher au secours de Rome une armée de 80,000 hommes, commandée par le général Mack , qui entra dans la capitale des états du pape. Le général napolitain se mit à la poursuite des troupes de Macdonald, avec /jo,ooo hommes détachés de son armée, et attaqua les Français, le 5 décembre, dans les environs de Civita-Castellana. Macdonald, n'ayant sous ses ordres que 6000 combattants, ne se laissa point effrayer par la supériorité numérique de ses adversaires; et , quoique bientôt il se trouvât enveloppé de tous côtés, il parvint , à force d'habileté et par de pavantes manœuvres, à sortir, sans perte notable, de cette position critique. Il défit ensuite les Napolitains près d'Otricoli, les mit en fuite après un combat sanglant, et s'empara de la ville , où il fit plus de 2000 prisonniers. Il y enleva aussi 8 pièces de canon , 3 drapeaux et 5oo chevaux. Une des colonnes ennemies en retraite , ayant été cernée dans Calvi par le général Maurice Mathieu, fut sommée de se rendre, et proposa des articles de capitulation. Macdonald , arrivant alors , envoya au commandant napolitaiu un ultimatum
couçu en ces termes : « La colonne prisonnière à discrétion ou passée au fil de l'épée » : elle se rendit sur-lechainp. Les troupes napolitaines ayant été obligées de rétrograder et d'évacuer Home, les Français y rentrèrent, le i5 décembre. Le général Macdonald traversa, le même jour, le Ponte-Molle, pour marcher avec ses troupes contre le corps napolitain que commandait le général comte de Damas, émigré français : ce corps ennemi fut le seul qui fit bonne contenance; il fut sauvé par la fermeté de son chef, et se retira en bon ordre. Macdonald se porta ensuiie sur Capoue, et fit, dans les premiers jours de janvier 1779, la reconnaissance de cette place, qui tomba bientôt après au pouvoir des Français. Par suite d'une mésintelligence entre Slacdonald et Champiounet, le premier de ces deux généraux donna sa démission. Championnet ayant été destitué et arrêté à Naples, le 16 mars, par ordre du directoire-exécutif, Macdonald eut le commandement en chef de l'armée de Naples. Il venait de soumettre laCalabre, lorsque les défaites du général Schérer en Italie l'obligèrent d'évacuer entièrement le royaume de Naples. Il prit avant son départ tontes les mesures convenables pour assurer la tranquillité de la capitale. Réunissant toutes les troupes qui se trouvaient sur son passage, il traversa la Toscane; et, lorsqu'on le croyait cerné et obligé de capituler, il marcha avec audace sur le derrière de faite gauche des ennemis, qu'il culbuta, le 12 juin. Il se dirigea ensuite sur Parme, et rassembla, le i5 du même mois, toutes ses forces auprès de Plaisance, où il avait espéré recevoir des nouvelles du général Noreau , qui commandait l'armée d'Italie. Se trouvant alors en présence des Austro- Russes, commandés par le général Soworow, Macdonald, dont les forces étaient inférieures, n'en prit pas moins la résolution de combattre ses adversaires, et même de les prévenir dans l'attaque. 11 s'établit, le 17 juin, sur la rive droite de la Trebbia , fit attaquer le général autrichien OU en avant du Tidone . et le força de se replier sur Castel- San-Giovani. Le 18, fut livrée la bataille de la Trebbia,
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qui fut très sanglante , et dura jusqu'à la nuit, sans avoir un résultat décisif : les deux partis rentrèrent dans leurs positions respectives. Macdonald, qui, avec moins de 3o,ooo hommes , avait soutenu , sans perdre de terrain, le choc de 5o,ooo alliés, pouvait, sans nuire à sa réputation, renoncer à repousser ses nombreux ennemis; mais il craignait, en se retirant, de compromettre l'armée de Moreau, qu'il supposait en marche pour se joindre à lui. Cette Considération et l'espoir de voir arriver Moreau sur les derrières des Austro- Russes, engagèrent Macdonald à recommencer son attaque, le 19 juin. Ce combat, dans lequel les Français et leur digne chef rirent des prodiges de valeur, fut aussi meurtrier que celui de la veille; il n'eut pas de résultat plus décisif, et les deux armées rentrèrent encore dans leurs premières positions (1). Le général Macdonald, souffrant d'une blessure reçue quelques jours auparavant devant Modène, faillit être tué par les éclats d'un obus qui tomba à ses côtés. Il voulait persister à rester dans sa position de la Trebbia. pour y attendre le général Moreau, et était même tenté de livrer un quatrième combat ; mais un conseil de guerre, qu'il assembla à Plaisance, ayant été d'avis de la retraite, l'armée se mit en marche à minuit, et prit la route de Parme. Macdonald arriva, le 23, sur les bords de la Secchia, força le passage de cette rivière, entra, le ^4 , dans Modène , et vint à bout d'effectuer quelques jours après sa jonction avec Moreau , dans les états de Gènes. Le mauvais état de sa santé obligea alors Macdonald de quitter l'armée : il se rendit en France. 11 commandait à Versailles lors de la journée du 18 brumaire an 8 (9 novembre 1799), et il seconda de tout son pouvoir la révolution opérée par Buonaparte. Le général en chef Mo*
(1) La bataille de la Trebbia, qui dura trois jours, fut livrée sur le môme terrain où Annibal avait vaincu, deux raille ans auparavant, le consul romain Sempronius. On calcule que pendant ces trois jours, H fut brûlé 5 millions de cartouches et tiré 70 mille coups de canon.
reau le choisit pour un de ses lieutenants, et lui confia le commandement de l'aile droite de l'armée du Rhin. Par arrêté du premier consul Buunaparte, eu date du 24 août 1800, le général Macdonaid fut nommé général en chef de l'armée de réserve qui prit ensuite le nom d'armée des Grisons. Cette armée, forte de 12 à i5,ooo hommes, était destinée à lirr les armées d'Allemagne et d'Italie, en même temps qu'elle opérerait une diversion importante dans le Tyrol. Après avoir pénétré dans les Alpes- Rhétiennes, vers les premiers jours de septembre , Macdonaid fit occuper le Voralberg et la vallée de Coire. Le 26 novembre, une colonne de son armée arriva au village de Splugcn , et, le 27* elle se mit en marche pour tenter te passage de la montagne de ce nom. Outre les obstacles que |e terrain présentait à chaque pas , les soldats français eurent à lutter contre une tourmente atrreuse. Une avalanche énorme se détache de la crête la plus élevée du mont, roule avec fracas, coupe la colonne, et entraîne une trentaine d'hommes qui restent ensevelis sous la neiçe. Le passage est cependant effectué. Les 2 et 3 décembre, deux autres colonnes arrivent par le même chemin , mais avec moins de difficulté, au sommet du Splugen. Macdonaid, marchant avec son état-major eu tête d'une quatrième colonne, s'engage , le 4 ♦ dans le même passage ; mais une tourmente plus violente encore que la première vient l'assaillir, ainsi que ses troupes. Les guides, pris dans le pays , refusent d'avancer; et l'ouragan ayant enlevé les jalous, il devint très-dangereux de se hasarder sur un chemiu couvert de neige et eutouré de précipices. Celte situation était d'autant plus critique que si l'on risquait de périr en marchant en avant, le défaut de subsistances devait faire mourir de faim l'armée à Splugen. Eutrc ces deux extrémités, Macdonaid n'hésite pas à ordonner le passage. Il donne luimême l'exemple du courage et de l'intrépidité; et, une pioche à la main, il se fraye un chemiu. Enfin on arriva, après des peines iuouies , à l'hospice qui se trouve au sommet du mont; et , le 6 décembre, toute l'armée des Grisons avait passé le Splugen. Il avait fallu employer pour
le passage du matériel les mêmes moyens que ceux dont l'armée de Buonaparle s'était servie au fameux passage du Saint -Bernard. Macdonald su reudit maître de tout le val Canonica. Après avoir tenté inutilement de se porter sur Trente par le glacier du mont Tonal, qui offrait une route plus directe, mais impraticable, il prit le parti de pénétrer par le col de San-Zeno, de remonter la Cheiza et d'arriver dans la vallée de Sarca. Cette manœuvre hardie s'exécuia à travers des blocs de glace qu'il fallait tailler, des rocs escarpés et des montagnes de neiges. Macdonald arrive à Store, le 5 janvier 1801 , et entre dans Trente, le 6, après avoir fait 40 milles en trente-quatre heures, et enlevé de vive force, chemin faisant, la position de la Rocca d'Auto, défendue par de bons ouvrages, et celles de Piève et de San - Alberto, que les Autrichiens avaient fortifiées avec le plus grand soin. Les marches habiles et rapides que Macdonald avait faites, et qui se combinaient avec les opérations du général Moncey, mettaient le général Laudon entre deux feux; mais le commandant autrichien se retira de ce mauvais pas , en faisant usage d'une ruse de guerre peu loyale, c'est-à-dire, en obtenant de Moncey une suspension d'armes, dans la supposition qu'il fit d'un armistice signé pour l'armée d'Italie. Macdonald manœuvra alors pour occuper la vallée de la Drave, afin de couper toute communication entre les armées autrichiennes d'Allemagne et d'Italie : il eût exécuté ce projet, sans l'armistice de Trévise conclu entre les généraux en chef Brune et Bellegarde. Ainsi fut terminée cette campagne, qui tiendra toujours une place remarquable dans l'histoire de la guerre de montagnes. Nommé ministre plénipotentiaire prèsla cour de Danemark, Macdonaldse rendit à Copenhague. A son retour en France, il fut fait grand officier de la Légion - d'Honneur. Quelque temps après, il défendit avec autant de courage que de générosité le général en chef Moreau, pour lequel il manifesta hautement le plus vif intérêt. Ce dévouement le fil tomber eu disgrâce près de Buonaparte, qui éloigna Macdonald de sa cour, et cessa de l'employer. En 1809, Napoléon, qui avait à soutenir ▼11. 38
la guerre d'Espagne, et qui se préparait à marcher au secours du roi de Bavière, son allié, dont les étals étaient envahi» par les armées autrichiennes, se vit obligé de rappeler les habiles généraux qui avaient précédemment conduit les Français à la victoire. Macdonald fut du nombre de ceux remis en activité , et on l'envoya servir en Italie, sous les ordres du prince Eugène, vice-roi de ce pays, qui lui confia le commandement de l'aile droite de son armée.Les Autrichiens, commandéspar l'archiduc Jean, ayant opéré un mouvement rétrograde, à mesure de l'approche des troupes du vice-roi , le maréchal Macdonald fit exécuter, le 14 mai, le passage de l'Izonso, et prit position le même jour à Gorizia, où il s'empara de 11 bouches à feu de gros calibre, et d'une assez grande quantité de mu* nitions. Un détachement qu'il dirigea en même temps sur Trieste occupa cette ville, le 16. Après la bataille de Tarvis, gagnée le 18, Macdonald se mit à la poursuite des Autrichiens dans la direction de Laybach. Il cerna le camp retranché que les ennemis occupaient près de celte ville, et obligea le général Meerfeld de se rendre prisonnier avec les 4°°° hommes qu'il commandait , et d'abandonner 63 bouches à feu , ainsi que des magasins considérables. Il s'empara de Gratz, le 3o mai, et y séjourna le temps nécessaire pour achever la réduction de la Styrie, et faciliter la jonction du corps que le maréchal Marmont amenait de la Dalmatie. Il rejoignit ensuite, vers le 10 mai, l'armée du vice-roi , qui se portait sur la Hongrie. Il arriva sur le champ de bataille de Raab, le 14 juin , au moment où la défaite des Autrichiens était déjà certaine. Il se trouva à la bataille de "Wagrain, le 6 juillet; marcha, avec les divisious Broussier , Seras et Lamarque, sur le centre de l'armée autrichienne, le força au village de Sùssenbrunn, et s'empara du village de GerasdorfT. Napoléon, témoin des efforts faits en cette circonstance par les troupes de l'armée d'Italie, voulut les récompenser dans la personne du chef qui les avait si bien dirigées; et, dès le lendemain, il nomma le général Macdonald maréchal d'empire, sur le champ de bataille de Wagram , et le créa duc de Ta-
rente. Après l'armistice conclu à Znaim , dans la nuit du 11 au ta juillet» Macdonald alla prendre possession de la citadelle de Gralz, évacuée par les troupes autrichiennes. Dans les derniers jours du mois de mai 1810, il remplaça le maréchal Augereau dans le commandement en chef du corps de l'armée d'Espagne , stationnée dans la Catalogne. Il réussit d'abord à ravitailler la place de Barcelonue, malgré les bandes de miquelets qui inondaient tous les passages. U se réunit ensuite, dans Lérida, au général Suchet. Il battit les Espagnols dans les combats de Cervera , de l'Abisbal et de Wals. Vers la fin du mois de mars 181 1, il partit de Lérida pour se rendre à Barcelonne, chef-lieu de son gouvernement de Catalogue. Chemin faisant, la brigade italienne, qui faisait partie de son corps d'armée, fut accueillie à Manrèse par une grêle de balles, et beau* coup de soldats furent égorgés par les paysans : Manrèse fut livré aux flammes. Au mois d'avril de la même année, le fort de Figuières ayant été livré par trahison aux Espagnols, le maréchal Macdonald le reprit par capitulation, le 10 août suivant. Employé à la grande-armée de Russie, en 181a, il y eut le commandement en chef du io« corps, composé d'une division française et de deux divisions de troupes prussiennes. Il passa le Niémen à Tilsitt , le >4 juin ; marcha sur Aossiéna , capitale de la Samogitie, s'en empara, et quitta cette ville, le 4 juillet, pour se porter en avant. Il remporta à Eckau un avantage marquant sur les troupes russes. Il s'empara de Duoabourg, dont il fit raser les fortifications; occupa Mittavr, et fit observer Riga. Vers la fin de décembre , il occupait devant cette place la ligne de Fréderichstatt à Miltaw. Il battit, le a6 du même mois, le corps du général russe Lackow à Piklupenen, près de Tilsitt. Le 3o du même mois, le général Yorck, qui commandait les Prussiens, sépara ses troupes du 10' corps français , après une convention faite à Touragen avec le général russe Diebtich- Malgré cette défection , le maréchal Macdonald opéra sa retraite avec beaucoup d'honneur, et arriva à Kcouigsberg, le 3 janvier 18 1 3. L'armée ayant été réorganisée après la
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fatale retraite de Moscou , le maréchal Macdonald reçut le commandement en chef du 1 l* corps, fort de 18,000 hommes. Il battit , le 29 avril , à Mersebourg, le corps prussien du général Yorck. Il contribua au succès des journées de Lulzen et de Bautzen. Après la rupture de l'armistice conclu , le 4 juin, et expiré, le 16 août, Napoléon l'envoya commander son corps de troupes dans la Silésie. Le maréchal Macdonald , se trouvant alors dans un pays trèsdifficile et presqu'entièrement inondé par les eaux pluviales, fut obligé de l'évacuer, après le funeste combat de la Kalzbach, livré le 26 août. Il combattît avec intrépidité au combat de Vachau , le 16 octobre , ainsi qu'à la bataille de Léipsick. A cette dernière affaire, il se trouva posté d'abord à Holzhausen , puis à Statteretz , où il essuya un feu terrible de la part des ennemis. Après la défection des Saxons, il eut, conjointement avec le prince Poniatowski, le commandement de l'extrême arrière-garde de l'armée , dont il fut chargé d'assurer la retraite. Le pont de l'Elster ayant été coupé, il se trouva obligé de passer cette rivière a la nage. Il prit partr, le 3o ootobre , à la bataille de Hanau , et s'y distingua. L'armée française ayant été obligée de repasser sur la rive gauche du Rhin , le maréchal Macdonald fat envoyé à Cologoe, pour y organiser une armée; mais , n'ayant pu réunir que des forces insuffisantes , les puissances alliées le forcèrent de quitter la ligne du Rhin et de rentrer dans l'intérieur de l'ancienne France , où il continua de faire la gauche de la grande-armée. Il signala.de nouveau ses talents militaires pendant la campagne en France, en 1814; repoussa avec succès tous les efforts du général prussien Blucher, et se distingua particulièrement au combat de Nangis, le a? février. Il se trouvait à Fontainebleau , auprès de Napoléon , lorsque celui-ci fit son abdication, à laquelle le maréchal contribua beaucoup. Ayant envoyé, aussitôt après, son adhésion au gouvernement des Bourbons, Macdonald fut nommé membre du conseil de guerre, le 6 mai; créé chevalier de Saint- Louis, le a juillet suivant, et élevé à la pairie, le 4 jan-
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vîer (1). Il obtint aussi le gouvernement de la il' division militaire (Bourges). En i8i5, lors du débarquement de Buonaparte à Cannes, le maréchal Macdonaldfut nommé commandant de l'armée du Gard, sous les ordres de S. A. R. Mgr. le duc d'Angooléme. Il se rendit aussitôt à Lyon, où il joignit, le 8 mars, S. A. R. Monsieur; mais la défection des troupes ayant rendu inutiles les mesures qu'il avatt prises pour s'opposer à la marche de l'usurpateur, U revint à Paris , où le roi lui donna le commandement en chef de l'armée qui, sous les ordres de S. A. R. Mgr. le duc de Berry, se réunissait sous les murs de Paris. S. M. s'étant décidée à quitter sa capitale dans la nuit du 19 au 20 mars, le maréchal Macdonald 1 accompagna jusqu'à Menin, et rentra ensuite en France. Il refusa tout emploi sous Buonaparte, rentra dans la classe des simples particuliers , et se contenta de faire le service de grenadier dans la garde nationale parisienne. Après la seconde restauration, le maréchal Macdonald fut chargé du commandement de l'armée française, retirée derrière la Loire, et en opéra le licenciement. Au mois de juillet de la même année, S. M. le nomma grand-chancelier de l'ordre royal de la Légion - d'Honneur. Au mois de septembre suivant, il fut nommé l'un des quatre majors-généraux de la garde royale. Le 5 octobre suivant, il devint membre du conseil privé du roi. Il reçut le titre de commandeur de Tordre royal et militaire de Saint-Louis , en 1816, et celui de grand'eroix du même ordre, en 1820. S. M. le créa chevalier commandeur de l'ordre du Saint-Esprit , le 3o septembre de cette dernière année. (Moniteur, états militaires , annales du temps.)
MAGALOTTI, voyez de Babdi.
(1) Macdonald avait été fait grand-officier de la Lrgi on -d'Honneur, le 14 juin 1804, et grand-cordon de cette même légion, le 1 4 août
M AI G N ART de Bebniekes de Louvigny, fut créé maré~ chal-de-camp,\e 20 février 1734» etobtint le grade de lieutenant-général, le 18 octobre de la même année. {Chronologie militaire, tom. F, pag. i83.)
db MAILLÉ (Urbain) , marquis de Brézé, maréchal de France, fut fait capitaine de chevau-légers, en 1617.
11 devint, le a5 septembre 1620, capitaine de la garde du corps de la reine-mère. Nommé gouverneur de Saumur et de son ressort, par provisions données à Fontainebleau , le 28 avril 1626 , il conserva ce gouvernement jusqu'à «a mort. Il fut fait capitaine de la 3* compagnie française des gardes- du- corps du roi , à la mort du marquis de Mauny, par provisions données à Paris, le 20 septembre 1627. Il leva, par commission du même jour, un régiment d'infanterie de son nom , et servit sous le roi au siège de la Rochelle , après lequel son régiment fut licencié, au mois de novembre 1628. Il suivit le roi au Pas-de- Snie, qu'on força, le 6 mars 1629; puis en Languedoc, aux sièges de Privas et d'Alais, où le roi donna la paix aux calvinistes. Il eut , le 26 décembre , un brevet de conseiller-d'état. Créé maréchal-de-camp, en i63o, il marcha au secours de Casai , et combattit au pont de Carignau. Il fut envoyé ambassadeur extraordinaire auprès du roi de Suède, en i63a; et, à son retour, la même année, il se trouva, le i<r septembre, à la rencontre de Castelnaudary. On le fit gouverneur de Calais et du pays reconquis, par provisions du 28 octobre. Élevé au grade de maréchal de France , par état du même jour, il se démit , au mois de novembre suivant, de la compagnie des gardes - du-corps , et fut créé chevalier des Ordres du roi , le 1 4 mai 1 633. Il rétablit son régiment d'infanterie, par commission du 26 septembre 1654. Commandant l'armée d'Allemagne, conjointement avec le maréchal de la Force, par pouvoir du
12 octobre , il força un quartier des Impériaux devant Heidelberg, et reprit cette ville, le 23 décembre. Spire fut aussi reprise, le 21 mars i635. Commandant de l'armée conduite d'abord en Flandre, puis en Hollande, conjoin-
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tement avec le maréchal de Châtillon , par pouvoir du i5 avril, le maréchal de Maillé défit, le ao mai, à Aveio, l'armée d'Espagne, qui eut 4000 hommes tués : on prit aussi aux Espagnols 1 4 pièces de canon, et on leur fit 900 prisonniers. Il commanda seul cette armée, au mois d'août, et passa l'hiver en Hollande, en qualité d'ambassadeur extraordinaire. Au retour de son ambassade , le cardinal de Richelieu, son beau-frère , le relégua dans son gouvernement de Saumur, où il resta jusqu'au mois de juillet i636. On le nomma pour commander l'armée de Picardie, conjointement avec le maréchal de Chaulnes, par pouvoir du 4 de ce mois ; puis sous les ordres du comte de Soissons , par autre pouvoir du 7 juillet. Il eut le commandement i?e l'armée de Hollande, conjointement avec le maréchal de Châtillon , par pouvoir du !" août; mais il ne fit aucun usage de ces différents pouvoirs. On lui donna le gouvernement-général de la province d'Anjou , et le gouvernement particulier de la ville et du château d'Angers, sur la démission du cardinal de la Valette , par provisions données le 19 septembre, registrées au parlement de Paris, le 24 novembre. Il se démit alors du gouvernement de Calais. 11 ne servit point en 1637. Nommé pour commander l'armée sur les frontières de Luxembourg, par pouvoir du 26 avril i638, il en remit le commandement à un maréchal-de-catnp , sans prendre congé du roi, ni du cardinal, et se relira dans une de ses terres en Anjou (1). Il commanda l'armée du lloussillon , sous M. le prince de Condé, par pouvoir du 26 avril 16^1, et l'armée de Champagne, avec le maréchal de Châtillon , par pouvoir du 1" juillet. 11 ne joignit ce maréchal qu'après la. bataille de Sédan. Nommé commandant de l'armée de Picardie, conjointement avec le duc de la Meiileraye, par autre pouvoir du 1" août, il prit seul la ville de Lens en trois jours : cette
(1) Il arait appris que les maréchaux de U Force et de Châtillon commanderaient avec lui; maïs il voulait commander *cul, et n'était point, selon son expression , Ut* de comyagni:
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conquête obligea les E>pagnols d'abandonner leurs relranchementsdevant Aire. Les deux maréchaux, s'étant réunis, brûlèrent les faubourgs de Lille, ravagèrent la campagne, assiégèrent Bapaume, et la prirent, le 1 8 septembre (1). Créé vice- roi de Catalogne , après que cette province se fut soumise au roi, par provisions du 17 octobre, le maréchal de Brézé s'y rendit en novembre, et y commanda pendant l'hiver. Le 20 décembre, il combattit, près de Collioure, un corps de troupes espagnoles. Dans celte affaire , qui dura depuis huit heures du matin jusqu'à la nuit, la perte fut égale des deux côtés, et le maréchal eut un cheval tué sous lui et un second blessé. Brézé battit ensuite i5oo fantassins et a5o chevaux de la garnison de Perpignan, tua 400 hommes, repoussa le marquis de Torracuse , qui avait attaqué plusieurs fois ses retranchements, et le poursuivit avant que celui-ci pût gagner Perpignan avec un convoi. Cependant, Torracuse ayant mis en déroute la cavalerie française, le maréchal de Brézé, avec 18 cavaliers seulement et ses gardes, continua de charger les Espagnols , et eut encore un cheval tué sous lui : le convoi ennemi rentra dans Perpignan. Le maréchal de Brézé reprit ensuite la ville de Sainte- Marie. Il se démit de la vice-royauté de Catalogne au mois de juin 1642, et quitta le service. Il se démit aussi de son régiment, au mois de novembre i645, et du gouvernement d'Anjou, au mois de septembre 1649. *l mourut, le i3 février i65o, âgé de 53 ans. {Chronologie militaire, tom, II, pag. 498 -, Histoire de Louis XIII , par le Père Griffèt; Dupleix, le Fassor, Mémoires du Père d'dvrigny; l'abbé le Gendre , Histoire des Grands-Officiers de la Couronne, Bauclas, Mercure français,)
(1) Le Père Griffet se trompe, lorsqu'il écrit, t. XV, p. 355 de l'Hisloire de Louis XIII, queUmaréchai de Brézé était farti avant te siège de Bapaume pour aller commander eu Catalogue, en qualité de vice roi. Bapaume se reudit, le 18 septembre. Les provisions de la vice-royauté pour le maréchal de Brété sont du 17 octobre, et il ne partit qu'en novembre.
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de MAILLÉ (Armand), duc <U Brézé, lieutenant-général, et lîls du précédent, naquit en 1619, et fut d'abord connu hou s le nom de marquis de firézé. 11 leva, en iG34» un régiment d'infanterie de son nom, composé de 12 compagnies de 100 hommes chacune, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Il servit, en i655, à l'armée commandée par les maréchaux de Chatilion et de Brézé, et combattit, à Avein , contre les Espagnols. Il fut nommé grand-maître et suriutend tnt deîa navigation, en survivance du cardinal de Richelieu, son oncle, par lettres du 22 juin i63o\ Il servit au siège de Corbie , la même anné; aux sièges de Landreeies, de Maubeuge et de la Capelle, en 1637; a« siège de Saint Orner, en i038, et au siège d'Hcsdiu, en 1639. Il commanda ensuite les galères de France. Nommé, en 1G40, pour commander l'armée navale, il combattit et délit la flotte espagnole, auprès de Cadix, le 22 juillet. Le marquis de Brézé se signala pendaut ce combat par une grande intrépidité. Après la victoire, il fit preuve d'humanité : ses brûlots ayant porté le feu parmi les bâtiments ennemis, il recueillit sur son vaisseau tous les Espagnols qui, pour se soustraire aux flammes, s'étaient jetés a la mer. Il sauva de même le neveu de l'amiral espagnol, qui fut pris nu, au moment où il se lançait dans les flots, lui donna uu de ses habits, une épée, un riche baudrier, et le renvoya à Cadix, sur un navire anglais, capturé avant la bataille. Le roi envoya le marquis de Brézé, en qualité d'ambassadeur, en Portugal, daus l'année 1641. En 1642, le marquis de Brézé battit, les 3o juin et i" juillet , la flotte d'Espagne, qui venait secourir la ville de Perpignan. Il fut fait grand-maître, chef, et surintendant-général de la navigation et du commerce de France, à la mort du cardinal de Richelieu , le 5 décembre 164a. On lui donna le gouvernement-général du pays d'Aunis, de la Rochelle, de Brouage et des îles adjacentes, également vacant par la mort de ce cardinal. Le cardinal lui ayant donné, par son testament, le duché-pairie «le Fronsac, il fut reçuenqualitédeducetpairau parlement de Paris, le 3o avril 1643, et prit alors le nom de duc de Dre zé. Corn -
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mandant l'armée navale , par pouvoir du 1 1 août suivant, il défit les Espagnols ù la vue de Carlhagènc , le 3 septembre , leur prit un vaisseau de 46 canons et une galiote de 3o. Avec la même armée navale, il concourut, en 1644» au siège de Tarragonc. Il ne fit aucune expédition , en 1645. Commandant encore l'armée navale, en 1646, il fut créé lieutenant-général, le 28 février, pou* commander, sous le priuce Thomas, Tannée d^ terre que l'on joignait à celle de mer. Il eut un pouvoir du a 4 mars, pour, conjointement avec le priuce Thomas et M. d'Argcnson, surintendaut des armées, traiter avec le Pape, le Grand- Duc et les autres princes et états d'Italie. Il combattit, sur les côtes de Toscane, la Hotte espagnole, qui fut mise en fuite, le 14 i«m. Il fut tué, à cette affaire, par un coup de canon. (Chronologie militaire, lom. IF,pag. 5o; le président Hénault , Dupleix , Mémoires du Père Griffet, Mémoires du Père d'Avrigny, Histoire des Grands- Officiers de la Couronne y Histoire de Louis le Grand, par le marquis de Quincy.)
de MAILLEBOIS, voy ez des Marets.
de MAILLY (Augustin-Joseph) , marquis d'Hautcourt , maréchal de France , naquit le 5 avril 1708, et entra au service, daus les mousquetaires, en 1726. Il lut fait enseigne au régiment de Maiily infanterie, le i5 mars 1728. Il passa guidon de la compagnie des gendarmes de la reine, avec rang de lieutenant f le 5i mars 1733, et servit, la même année, au siège de Kehl. Il fut fait sous-lieutenant de la compagnie des chevau-légers de Ben y, avec rang de rnestre- de-camp de cavalerie, le *5 mars 1734; servit à l'attaque des lignes d'Ëtllingcn et au siège de Philisbourg, et se trouva à l'affaire de Clauseu, en 1735. Devenu capitaine-lieutenant de la compagnie des gendarmes de Berry, le 16 avril 1708, il passa, au mois d'août 1741» à l'armée de Westphalie, sous les ordres du maréchal de Blaillebois. Il fut fait capitaine-lieutenant de la compagnie des gendarmes écossais, le 11 janvier i?43» en se démettant de sa compagnie de Berry. Il marcha , au mois d'août de
DES GKN FR Vï'X FRANÇAIS. Zoj
la même année, avec l'armée de Westphalie, sur les frontières de la Bohême et de la Bavière; s'y distingua à la tête de plusieurs détachements, et rentra en France , au mois de janvier 1745. Créé brigadier, le 20 février suivant, il joignit Tannée du Rhin, au mois de juillet, et contribua à la défense de l'Alsace. Employé à la même armée, en 1 7 j > , il commanda un corps de gendarmerie à l'attaque des lignes de Weissembourg, battit un corps ennemi, et le repoussa dans les lignes. 11 servit ensuite au siège de Fri bourg. Employé à l'armée de Flandre, en 1745, il combattit à Fontenay, et servit aux sièges des villes et citadelles de Tournay, d'Oudenarde et de Dendermonde. Déclaré tnaréclial-de-camp, le 16 août, il se trouva en celte qualité au siège d'Ath. Employé à l'armée d'Italie , en 1746, il y commanda un corps séparé, avec lequel il combattit à la bataille de Plaisance. Il se trouva au passage du PÔ, où il fit l'arrière-garde de l'armée, et au combat du Tidon. Il concourut ensuite à la défense de la Provence, sous les ordres du maréchal de Belle-Isle. Il coutiuua d'être employé à l'armée d'Italie, en 1747 ; se trouva à la reprise des lies Sainte- Marguerite, et commanda une colonne, au passage du Var, le 5 juin. Avec le corps séparé, qu'il commandait, il contribua à l'attaque des retranchements du col de l'Assiette, et fit l'arrière-garde lors de la retraite de l'armée. Il commanda ensuite un corps de troupes au camp de Yars, qu'il préserva des incursions de* ennemis, au moyen des lignes qu'il fit construire depuis Besançon jusqu'en Savoie. Il côtoya , plus tard , l'armée française jusque dans le comté de Nice, et se trouva à la journée de Roya, où les ennemis furent forcés. Il obtint le commandement d'Abbeville, le 1" septembre de la même année. Employé à la même armée, en 1747» il fut déclaré lieutenant-général, au mois de décembre. On le fit inspecteur-général de la cavalerie et des dragons , le a 1 mai i/49* I* ont*nt Ie gouvernement du Roussillon , le 8 août suivant , et commanda dans cette province. Il se rendit en Es- pagne pour y complimenter, de la part du roi, l'Infante duchesse de Savoie » et reçut ensuite cette princesse en
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Roussillon. Il conclut, en i?5o, au nom du roi , un traité particulier avec l'Espagne, pour redresser les limites des Pyrénées. Pendant la durée de son gouvernement en Roussillon, il procura à cette province rétablissement d'une académie militaire pour la noblesse, ainsi que celui de plusieurs hôpitaux. et manufactures. Employé au camp de Sarre- Louis, au mois de juillet 1754, il passa à l'armée d'Allemagne, le 1" mars 1757, y servit d'abord dans un corps de troupes que commandait le prince de Soubise; joignit ensuite la grande-armée, et se trouva à la bataille d'Hastembech. Après cette affaire , il alla rejoindre l'armée du prince de Soubise, sur les frontières de Saxe ; combattit à Rosbach, y fut blessé et fait prisonnier. Échangé, en 1759, il fut employé à l'armée d'Allemagne, en 1760 et 1761, et y commanda avec succès plusieurs détachements. Il fut créé chevalier de Saint-Louis, le 26 mai 1776. Élevé à la dignité de maréchal de France, le a5 juin 1783, il prêta serment, en celte qualité, le 14 du même mois. Pendant la guerre de l'indépendance de l'Amérique, à laquelle la France prit part, il fut chargé de ta défense des côtes, et ne négligea rien pour remplir tous les devoirs attachés à cette mission importante. Ce fut à ses soins que l'on dut alors le rétablissement si utile de Port- "Vcndrtr. Le roi Louis XVI lui confia, en 1790 , le commandement de Tune des quatre armées décrétées par l'assemblée nationale, et celui des 14' et i5- divisions militaires. 11 donna sa démission, le 9.2 juin de la même année, aussitôt qu'il eut connaissance du départ du roi et de la famille royale. A la journée du 10 août, le maréchal de Maitly, apprenant que la vie de son souverain était en danger, se rendit , malgré son grand âge , au château des Tuileries, et, parvenu jusqu'auprès de Louis XVI , il tira son épée, mit un genou en terre; et, s'adressant au roi : a Sire, lui » dit-il, nous venons relever le trône ou mourir à vos cô- »tés. » S. M. daigna alors le charger du commandement des troupes qui se trouvaient au château. Le maréchal dirigea la courageuse, mais inutile défense qu'y firent nu corps de gentilshommes et les gardes suisses. Un peloton,
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d'insurgés étant parvenu à s'introduire dans le château , le maréchal de Mailly fut sur le point d'être massacré à coups de hache ; mais il fut sauvé de ce péril par le généreux dévouement d'un citoyen qui parvint à le soustraire aux assassins et à le conduire à son hôlel (i). Huit jours après, le maréchal de Mailly fut arrêté et conduit à sa section, où l'on se disposait à l'envoyer à l'Abbaye : un des commissaires s'y opposa. Le maréchal alla se réfugier, avec toute sa famille, à Mareuil en Picardie. Arrêté de nouveau, Je 26 septembre 170/5 , il fut conduit dans les prisons d'Arras, traduit au tribunal révolutionnaire,, et décapité le a5 mars 1794- Il monta sur l'échafaud avec le sang-froid et le courage qu'il avait déployés dans les combats. Il reçut le coup mortel, après avoir crié vive le roi , et dit d'une voix forte : « Je meurs, fidèle à mon roi, comme l'ont toujours • été nies ancêtres.» (Etats militaires, tableau historique de la noblesse, par fVaroquier, pag. a5o; Moniteur, annales du temps , Biographie universelle , ancienne et moderne , tom. XXVI, pag. 247.) ^
dît MAINE (Léonor-Marie) , comte du Bourg, maréchal de France t naquit le \(\ septembre *655. Il entra page du roi, en 1671 ; passa aux mousquetaires, en 1675; suivit, la même année, le roi au siège de Maestricht, et s'y trouva à l'ouverture de la trauchée et à l'attaque de l'ouvrage à corne. Il se siguala, en 1674, à l'expédition de la Franche-Comté, et partagea les dangers et la gloire d'une action très vive qui se passa à la galerie du mineur. Devenu aidc-de-caïup du marquis de Renel , il servit au siège de Limbourg, qui capitula, le 31 juin 1675. 11 obtint une compagnie au régiment de cavalerie de Servon , le 23 septembre; servit à la prise de Condé, de Bouchain et d'Aire. A la levée du siège de Maestricht, eu 1676, l'arrière-garde du maréchal de Schomberg ayant été attaquée au pas-
(1) Ce citoyen reftisa les récompenses que le maréchal voulait lui doo<ner, et s'obstina à taire son
sage de la ftlehaigue , le comte du Bourg, qui y commandait une garde ordinaire de cavalerie, chargea les ennemis avec avantage. Il passa , le ier septembre , avec sa compagnie dans le régiment Mestre - de - camp - général de la cavalerie. Il se trouva, en 1677, au sléSe (ie Valencieunes, à la bataille de Cassel, et à la prise de Saint- Orner. Il obtint , par commission du aa juin de la même année , le régiment Royal cavalerie, vacant par la démission du marquis de Montrevel. Il servit, en 1678, au siège et à la prise de la ville et du château de Gand, elau siège d'Ypres. Il passa en Allemagne dans l'armée commandée par le maréchal de Créquy, et y servit au siège du fort de Kehl. Pendant le siège du fort de l'Étoile, endeça du Rhin, le comte de Mercy, qui commandait dans Strasbourg, pour l'empereur, éiant sorti de cette place avec i5oo chevaux, le comte du Bourg, à la tête de la cavalerie de Tannée, renversa ce détachement, le poursuivit jusque dans les chemins couverts de la ville, tua un grand nombre de cavaliers, et en fit 3oo prisonniers. Cette action, faite en plein jour, à la vue de la tête de la tranchée, obligea le commandant du fort de l'Étoile de capituler. Le comte du Bourg marcha, sur la fin de Tannée 1679, sous les ordres du maréchal d'Ilumières , aux sièges de Hombourg et de Bitche. Il servit au camp d'Artois, en 1681 , et au camp de Flandre, en 168a. Employé à l'armée de Flandre, en i683, sous le maréchal d'Humières, il se trouva au siège de Courtray. Les ingénieurs qui conduisaient ce siège ayant été tous blessés, le comte du Bourg en dirigea les travaux. 11 servit au siège de Luxembourg , sous le maréchal de Créquy, et à la prise des villes de Phi lisbourg, Manheim, Spire, Worms, Oppenheim et Franckenlhal. Le comte du Bourg fut détaché à Hailbron, avec le commandement de la cavalerie; et, malgré la rigueur de la saison et la résistance des ennemis , il leva pendant ap, jours des contributions jusques dans les pays de Bareuth, d'Anspach, de Nuremberg, de Donawert et «l'Augsbourg. Créé brigadier, le 10 mars 2690, et inspeceur-général de la cavalerie, par ordre du 19 avril, il ser«
vit dans l'armée d'Allemagne, qui couvrit la frontière. Eu 1691, il commanda, pendant quelques jours, un quartier au siège de la ville de Rions, et concourut à l'attaque de l'ouvrage à corne. Il passa ensuite en Allemagne, sous le maréchal de Lorges, qui se tint sur la défensive. Il se. démit, à la fin de la campagne , de l'inspection-générale de la cavalerie. Employé dans l'armée d'Allemagne , sous le môme général , il combattit à l'escarmouche de la petite Hollande, le 2 septembre 1692. Il contribua, le 17, à la défaite de 6000 Allemands, qui furent mis en fuite à Pforbtzem. Créé maréchal-dc-camp, par brevet du 3o mars 1694? il fut employé en Allemagne, sons les maréchaux de Lorges et de Choiseul, et y concourut à ia prise d'Heidelbcrg , de Wingemberg, enlevé d'assaut, d'Eppenheim, de Weiuhcim et de Darmstadt, au mois de juillet. Employé en Alsace, pendant l'hiver, sous les ordres du maréchal d'Huxelles, il servit en Allemagne, en 1694, et combattit à AVisIok. Créé directeur-général de la cavalerie, par ordre du 21 décembre, il fut employé, en i6q5, 169^ et 1697, dans la môme armée, où il ne se fit aucune expédition jusqu'à la paix de Riswik. Employé en Allemagne, sous M. le duc de Bourgogne, par lettres du 21 juin 1701 , il passa dans le pays de Luxembourg , sous les ordres du maréchal de Taliart, et commanda un corps de cavalerie, sur la Meuse, au camp de Richel, entre Liège et Maestricht, où il se retrancha le reste de la campagne. Il se démit, au mois de décembre, du régiment Royal eu faveur de son fils. Créé lieutenant-général des armées du roi, par pouvoir du 29 janvier 1702, il servit à l'armée d'Allemagne , fit construire un pont de bateaux à Neubourg sur le Rhin, pour établir de l'autre côté de ce fleuve une armée qui pût charger les ennemis, campés pour lors au débouché d'Huningue , où se donna le combat de Frédtlingen , le 14 octobre : le comte du Bourg s'y signala. Employé à l'armée de Bavière , sous le maréchal de, Villars, en 1703, il commanda la tranchée, le jour où l'on attaqua l'ouvrage à corne du fort de Kehl, qui fut emporté d'assaut, le 9 mars. Il commanda l'aile gauche de la
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cavalerie à la première bataille d'Hochstedt, le 20 septembre. 11 marcha ensuite au siège de Kcmpten sur l'Iler. Au siège d'Ausgbourg, j! fit L'ouverture de la tranchée. 11 était encore de tranchée, lorsque cette place se rendit le i4 décembre. Employé à l'armée de Bavière, sous le maréchal de Marchât, il combattit à la seconde bataille d'Hochsledt, le i5 août 1701 ; marcha à la tète de l'aile gauche de la cavalerie, conduisit 54 escadrons contre 82 escadrons des Impériaux commandés pnr le prince Eugène, les rompit, passa le ruisseau de Plainteim, et prit en flanc l'infanterie ennemie. Ayant alors reçu l'ordre de ne pas avancer plus loin, il commanda l'arrière-garde de sa troupe , et fit une retraite de deux lieues dans la plaine, sans que l'ennemi osât Tinquiéter. 11 dégagea chemin faisant 3 bataillons bavarois qui étaient prisonniers, et qui avaient été désarmés par 1 5 escadrons des Impériaux, que le comte du Bourg défit entièrement. Après la perte de la seconde bataille d'Hochstedt, il rassembla la cavalerie, marcha toute la nuit en côtoyant l'armée victorieuse, repassa le Danube à Ulm, sauva les caissons qui en étaient partis chargés de pain , les fit reconduire dans cette place , sous une escorte de 5oo chevaux, et se rendit ensuite en Alsace. Employé sur la Moselle, sous le maréchal de Villars, en 170a, il commanda, dans la Lorraine allemande, un corps de cavalerie, avec lequel il arrêta le comte de Nassau-Weilbourg, qui marchait au secours de Hombourg, dont le marquis de Refugefaisait le siège : Hombourg capitula, le 26 juillet. Employé dans la môme armée, en 1706, il fut chargé, avec un corps séparé, d'observer les mouvements des ennemis, qui avaient conservé un pont de bateaux sur le Rhin à deux lieues audessus du Fort-Louis. Il chargea, le 1" mai, 800 chevaux des ennemis, qui lui disputaient le passage de la Montre, leur tua ou leur prit 200 hommes, et mit le reste en fuite. Il investit, le 3, la redoute de Slalmal, la battit avec 3 pièces de canon , la força de se rendre , le 5, et y Tit 60 prisonniers , avec le commandant. Il obtint , par provisions du 25 juillet, le gouvernement de Bapaume, vacant par la mort du marquis de Googis. Il servit, sous le
maréchal de Villnrs, à l'attaque des lignes de Stolhoften , le 22 mai 1707. Pendant l'hiver, il commanda en Alsace, sons le même maréchal , par ordre du 5i octobre. Il servit , en 1708, sur le Rhin, sous les ordres de l'Électeur de Bavière et du maréchal de Berwich , à la tête d'un corps séparé, avec lequel il garda les lignes de la LauteM; L'Électeur de Bavière et le maréchal de Berwick, ayant quitté l'armée, au mois de septembre, le comte du Bourg la commanda en chef jusqu'au 10 décembre, qu'il en fit la séparation. Employé en Allemagne, en 1709, soi h le maréchal dé Harcourt, il battit le général Mercy à Rumersheim, le 26 août. Mercy, s'étant avancé entre Brisach et Huningue, vis-à-vis l'île de Neubourg, y avait jeté un pont, et avait marché avec ce qu'il avait rassemblé de troupes contre le comte du Bourg, que le maréchal de Harcourt avait détaché avec 18 escadrons, 6 bataillons et 4<"> grenadiers; Les deux troupes s'étant rencontrées entre Hormstadt et Rnmersheim , le comte du Bourg se mit au centre à la tête de son infanterie, essuya une décharge générale des ennemis, marcha à eux la baïonnette an bout du fusil , pénétra dans leurs bataillons , les enfônça , et lés contraignit de prendre 14 fuite. L'ennemi perdit en cette occasion 1800 hommes tués, ôutVe 600 qui se noyèrent, 3700 qui furent faits prisonniers, 12 drapeaux, 8 étendards, 2 paires de tymbales, 4 pièces de canon , 700 cuevadx, 2* bateaux dé téuivre, et 5oo chariots chargés de vivres et de munitions de guerre. On reprit aussi tous les otages que les Impériaux avaient enlevés dans la Haute Alsace, et 10Ù8 les équipages, parmi lesquels on trouva, dans la cassette du Comte de Mercy, le projet que les ennemis avaient formé sur la Branche-Comté, ainsi qué la manière dont ils devaient afc rendre maîtres de Besançon. La victoire du comte du Bodrg déconcerta le général Mercy. Il commanda, pendant l'hiver, én Alsace, par ordre du 20 octobre. Le roi le nomma chevalier de ses Ordres, et lui donna, le 1 8 novembre, un brevet qnîrai accordait deux des piècés de cdhOn prises au combat de Rumersheim. Il servit, en 1 7 10, sous lëmaréchal dè Harcourt; commanda un corps séparé, et
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observa les ennemis. Le roi le reçut chevalier de ses Ordres , le i" janvier 1711. Employé dans l'armée d'Allemagne, sous l'Électeur de Bavière, et les maréchaux de Harcourt et de Besons, il commanda pendant l'hiver en Alsace , sur la Sarre et sur la Moselle , par ordre du 28 octobre. Il obtint, par provisions du 8 mars 1712, le gouvernement de Beffort, vacant par Ja mort du sieur de Moreton. Il remit alors le gouvernement de Bapaumc, et garda jusqu'à sa morteeluide Beffort. Il servit à l'armée du Rhin, sous les maréchaux de Harcourt et de Besons, et commanda pendant l'hiver en Alsace, en l'absence de ces deux maréchaux. Employé, à l'armée du Rhin , en 1713 , sous les maréchaux de Villars et de Besons, il ouvrit la tranchée au siège de Landau : la garnison demeura prisonnière de guerre. Détaché ensuite avec un corps de troupes, il assura la navigation du Rhin, nécessaire à la subsistance de l'armée. Avec 4° bataillons et 60 escadrons, il chassa les ennemis des retranchements qu'ils défendaient dans les montagnes au-dessus de Fribourg , dont on avait résolu le siège ; investit cette place, et y ouvrit la tranchée : la ville se rendit, le 1" novembre. Après le départ du maréchal de Villars pour Rastadt, où l'on devait traiter de la paix, le comte du Bourg eut le commandement de toute l'armée jusqu'à sa séparation. On lui donna le commandement en Alsace pendant l'hiver. La paix ayant été conclue, en 1714., il fut chargé par le roi, au commencement de 1715 , de l'échange des places de guerre , sur le Rhin , et de la restitution de la Bavière et du Haut-Palatinat que l'empereur devait faire à l'Électeur de Bavière. Créé maréchal de France, par état donné à Versailles, le 2 février 1724, il prêta serment, le i3 août. Il eut le commandement dans les Trois-Évêchés, sur les frontières de Luxembourg et de la Sarre, par commission du 19 février 1727. Il obtint le gouvernement-général d'Alsace, vacant par la mort du maréchal d'Huxelles, par provisions du 11 avril 1730. Il commanda un camp dans et tic province, par pouvoir du 2 août 1752. Il mourut à Strasbourg, le. j5 janvier 1759 {Chronologie militaire , tom. III , pag. 212;
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son état de maréchal de France ; Gazette du temps , Journal historique de Louis XIV , par le Père Griffet ; Histoire militaire de Louis XIV, par M. de Quincy ; Bauclas, le président Hénaut, Histoire de France, par Anquetil , tome VII, pag. 242 cl 27a.)
du MAINE (Antoine) , du bourg de VEspinassc, fut créé maréchal-de-camp, le 6 décembre 1621. Il mourut vers i635. (Chronologie militaire,, tom. Kl, pag. 74.)
du MAINE, voyez de Bourbon.
de MAINEV1LLE > voyez de Rokchebolles.
le MAIRE de Boulàn de Parist-Font4ine , fut créé maréchal-de-camp, le 20 avril i652. (Chronologie militaire , tom. VI , pag. 542.)
de MAISON (Nicolas- Jean , marquis), pair de France et lieutenant-général , naquit le 19 décembre 1770. Il entra dans la carrière militaire , au commencement de la révolution, fil avec distinction plusieurs campagnes comme officier d'infanterie, et devint aide-de-camp du général Bernadotte. En 1796, il était adjoint aux adjudants-généraux. Il se trouva, le 2 juillet, au passage du Rhin, sous les ordres du général Jourdan , et y commanda l'attaque de droite, qui fut dirigée sur Bendorf. 11 fut fait adjudantcommandant , le 10 juillet 1799. En i&o5, étant alors premier aide-de-camp du maréchal Bernadotte, il fit la campagne contre F Au triche; et, dans le mois de novembre, il fit prisonniers de guerre, sur la route de Brunn à Iglau, 55o cavaliers ennemis des régiments de la Touf dragons et de Hohenlohe cuirassiers. Promu au grade de général de brigade, il commanda une brigade d'infanterie légère pendant la campagne de 180*. contre les Prussiens, et se trouva à différents combats, qui eurent lieu à la grandearmée. Il fit la campagne de Pologne, en 1807, comme chef de l'état- major du corps commandé par le maréchal prince de Ponte-Corvo. Employé, en 1808, à l'armée d'Espagne , sous les ordres^du maréchal Victor * il se fit re-
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marquer à la bataille d'Espinosa-de-Los-Monteros , le 10 novembre , et chassa les ennemis des montagnes escarpées qui avoisinent cette ville. Chargé par Napoléon de s'emparer des faubourgs de Madrid, du côté de la route de France, il remplit celte mission avec succès, concourut ensuite à la prise de Madrid , et fut blessé. Il fut créé commandant de la Légion-d'Honneur, le 22 du même mois de novembre. Employé à la grande-armée, en 1812, il commença la campagne contre la Russie, dans la division du général Verdier, qui faisait partie du corps du maréchal Gouvion-Saint-Cyr. Nommé général de division, le 21 août, il remplaça le général Verdier, qui avait été blessé, commanda sa division au combat de Polosk, le 18 octobre, et s'y distingua, en défendant, avec une bravoure extraordinaire, une batterie dite de la Tuilerie, que les troupes du général russe Wittgenstein attaquaient vigoureusement. It donna de nouvelles preuves de courage et de talents militaires au combat de Toltowa. Napoléon récompensa ses services, en le créant baron d'empire. En 181 5, après la retraite de Moscou, le général Maison fut employé dans le 5* corps d'armée , aux ordres du général Lauriston. Il fit repasser l'Elbe à sa division, le 23 mars, et occupa Mockern Jusqu'au 28. Le 27 août , il attaqua la tête de pont de YVettin , sur la Saale, canonna vivement les Prussiens qui la défendaient et les força de se retirer, après qu'ils eurent brûlé le pont construit par eux. A l'affaire de Haiuau, le 26 mai, le général Maison déboucha avec sa division, et arrêta la cavalerie prussienne : le colonel Dolss, qui commandait cette cavalerie, fut tué. Le général Maison commanda sa division , le 16 octobre de la même année , à la bataille de "Wachau, où il se distingua, et fut blessé la main. Il fut créé grand-officier de la Légion-d'Honneur , le 28 septembre de la même année, et grand'eroix de l'ordre de la Réunion , le 21 novembre suivant. Napoléon lui conféra , vers la même époque , le titre de comte. Dans la uouvclle organisation de l'armée, faite en décembre i8i3, par Napoléon, le général Maison: fut chargé du commandement du 1" corps placé à la gau-
che, et destiné à défendre le Rhin , ainsi qu'à protéger la Belgique. On av.iit établi à Anvers le quartier- général de ce corps, qui était composé des cadres de deux divisions <Je la jeune garde, des dépôts des 17* et 1 Y di\ irions militaires et de 800 chevaux. Le général Maison forma un camp volant pour assurer les communications entre Anvers et Berg op-Zoom; et, pendant les dix premiers jours de janvier 1814, malgré les escarmouches qui eurent lieu entre ses troupes et celles du général prussien Bulow, il acheva tous ses préparatifs de défense. Anvers fut mis à l'abri d'une attaque de vive force; et lVscadre qui se trouvait dans le port ayant été désarmée et blindée dans le bassin, n'eut plus rien à craindre d'un bombardement. Les événements militaires qui se passaient sur d'autres points, et plus particulièrement encore les forces nombreuses que les ennemis firent marcher en Belgique , déconcertèrent les mesures prises par le général Maison; et il se vit obligé d'abandonner successivement ses positions, de se rapprocher des anciennes frontières de la France, et de concentrer sa petite arméee sous les murs de Lille. Voulant opérer sa jonction avec la division du général Roguet, qui se trouvait à Gand , il fil marcher ses troupes eu avant, le 25 mars; et après avoir culbuté les partisans du major Hellwig, il entra dans Menin et Courtray. Le lendemain, il s'empara de Gand , malgré la résistance d'un pulk de Cosaques et d'un régiment d'insurgés belges. Il envoya un détachement qui rouvrit les communications avec Anvers, et se renforça, parce mouvemeut, de 4<>oo fantassins, a5o chevaux et 14 bouches à feu. Il avait voulu tenter un coup de main sur Tournay; mais ayant été informé que la garnison de cette ville avait reçu des renforts, il se replia sur Lille. Il conclut, le 7 avril, avec les généraux des troupes alliées un armistice indéfini, et par lequel on fixa la ligne de démarcation des territoires que devaient occuper les deux corps d'armée. Les troupes sous ses ordres ayant été excitées par des malveillants à se révolter contre le gouvernement des Bourbons, que l'on rétablissait, le général Maison essaya de ramener ses soldats par des exhortations
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paternelles, et prit ensuite des mesures énergiques qui ini timidèrent les mutins et les firent rentrer dans l'obéissance. 8. A. K Monsieur, lieutenant-général du royaume, daigna lui écrire, le 19 avril, une lettre de satisfaction pour la couduite qu'il avait tenue à Lille. Le général Mai* son fut créé chevalier de Tordre royal el militaire de Saint- Louis, le ier juin suivant. S. M. Louis XVIII l'éleva à la dignité de pair de France, le 4 du même mois, et le créa grand-cordon de l'ordre Royal de la Légion-d'Honneur, le 33 juillet suivant. 11 fut nommé gouverneur de la première division militaire (Paris), au mois de mars 181 5. Dans le même mois, Buonaparte, qui avait fait une invasion en France, s'avançant sur Paris, Maison fut désigné par le roi pour commander , sous les ordres de Mgr. le duc de Berry, le corps d'armée qui devait être rassemblé sous les murs de la capitale. Les officiers en demi-solde, faisant partie de ce corps, s'insurgèrent, et se disposaient même à retenir le général prisonnier; mais celui-ci , se jetant furtivement sur le cheval d'un lancier d'ordonnance, parvint à s'échapper. Dans la nuit du ao mars, il suivit le roi qui quittait alors Paris, et se rendit en Belgique. Buonaparte prononça sa destitution , le 7 avril. Après la seconde restauration, le général Maison rentra en France, à la suite du roi, et reprit son commandement de la 1" division militaire. Il fut nommé l'un des membres du conseil de guerre qui devait juger le maréchal Ney, el qui se déclara incompétent. Le roi le créa commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 3 mai 1816; lui conféra le titre de marquis, le 3i août 1817, et lefitgrand'croix de l'ordre de Saint-Louis, le 3o septembre 1818. Le marquis de Maison se trouve maintenant classé parmi les lieutenants-généraux disponibles. {Etats militaires , Moniteur, annales du temps.)
de là MAISON-ROUGE, voyez Bardet. .
fie MALAN, voyez le Bereiîr.
DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 3l9
de MALET (Jean), sire de Gr avilie, fut créé grandmaître des arbalétriers , par provisions du i* août i4ï*5. (Chronologie militaire , tom. III ,pag. 47 2«)
de MALET de li Jorie (Henri- Joseph , comte) , maréchal-de-camp, naquit le 14 juin 1758. Il en^ra au service, le 28 juillet 1775, en qualité de sous lieutenant au régiment de cavalerie de, Mgr. le comte d'Artois, et fut fait capitaine au même régiment, le ai avril 1779. Il fut agréé, en 1785, par S. A. R. Monsieur (aujourd'hui Louis XVIII), pour être l'un de ses chambellans. Il devint m 1réchal - général - des - logis de Tannée , f>ar commission du 11 octobre 1788, et servit, en cette qualité, dans les troupes commandées par le prince de Condé au camp de Saint-Omer. On remploya, en la môme qualité, et par lettres du 7 juillet 1789» dans le corps de troupes rassemblé à Versailles, sous les ordres du maréchal prince de tirogiie. Il émigra, au mois d'octobre 1791, à la suite de Monsieur, et commença la campagne, comme aide-decamp de ce prince, qui le nomma ofïicier supérieur, lieutenant de la compagnie des grenadiers d ordonnance. Cette promotion eut lieu le 3o juillet 1792, et donna au comte de la Jorie le rang de mestre-de-camp, à partir du même jour. Il Unit la campagne en celte qualité. En 1814, après la restauration du trône des Bourbons et le retour du roi en France, le comte de la Jorie fut créé chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, le 3o août. Il reçut sa retraite, à la même époque, dans la compagnie des grenadiers à cheval de la garde royale, commandée par M. de la Roche- lacquelein. 8. M. le nomma maréchal-de:cauip honoraire , le 3i décembre suivant. Il jouit maintenant de la retraite de ce dernier grade, à laquelle il a été admis après 19 ans 4 mois et 17 jours de service. (Etats et brevets militaires, Moniteur, tableau des pensions , Dictionnaire universel de la noblesse de France, parle chevalier de Coût' celles,; Paris, 182a , tom. V, pag. 108.) . ,
fit MÀLORTIK de BotDviLLE (Jacques -Gustave), fut créé maréchal de-camp, le 8 mard 1718. Il mourut le 5o août 1729. [Chronologie militaire , tom» Vil, pag. aa.)
de MALVES, voyez de Beixisse*.
de MAPfaRBE, voyet de Boeel.
M AMIES (Charles-Antoine), comte), lieutenant général, naquit à Aurillitc en Auvergne, le 14 ociobre 1777. Appartenant â une famille distinguée ddns la robe, il fit ses études au collège royal d'Aurillac. A l'âge de i5 ans, il fut nommé élève à l'École de Mars par les administrateurs du département du Cantal , et suivit alors les cours d*artilleric. Lors de la dissolution de cette école, le gouvernement ayant décidé que les élèves qui se seraient le plus fait remarquer par leurs connaissances seraient incorporés dans les cadres de l'armée, avec le grade de sous-lieutenant , le jeune Manhes, alors élève Instructeur, fut envoyé dans le 3* bataillon du Cantal (depuis 26* régiment d'infanterie de ligne). Arrivé à ce corps, le 6 avril 1795 , il fit les campagnes dés années I795, 179(1 et 1797 a l'armée de Rhin et Moselle, et celle des années 1798, 1^99 et 1800 à l'armée d'Italie. Il se distingua à la bataille de Novi, où il fut blessé d'un coup de feu à la jambe droite. A peine rétabli dé cette blessure, il reioignit, le 24 décembre 1799, sou bataillon, alors employé dans la rivière de Gènes; et, à ROri arrivée , il fut élevé au grade de lieutenant par le choix de ses compagnons d'armes. A cette époque, les troupes qui occupaient la Ligurie éprouvaient toutes sortes de privations; et une maladie contagieuse, qui eu était la suite* déeimait journellement les braves que te fer ou le feu des Autrichiens n'avaient point atteints à Novi- Les différents corps de l'armée rédigèrent des adresses énergiques pour faire connaître leur position, et Manhes fut l'auteur de celle qui fut signée à Nice- par l'un de ces corps. A l'affaire des Gravières; près Su*e, en 1800, étant à la tête d'une compagnie de grenadiers, il entra, des premiers, dans les redoutes ennemies, qui furent emportées
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d'assaut. Le général de brigade Mi chu ml , instruit de la valeur de ce jeune officier, se l'attacha en qualité d'aide-decamp, le 2 janvier 1801. Manhes quitta alors son régiment, dans lequel il laissa d'honorables souvenirs. Le brevet de capitaine, qu'il reçut le 6 juin 1806, fut le prix de ses services pendant les campagnes des années 1801, 180a, i8o3, 1804, i8o5et 1806, à l'armée d'Italie, à celle d'observation, et à la grande armée : il s'était trouvé à la célèbre bataille d'AusIerlitz. Déjà il avait reçu, en 1804, la décoration de la Légion -d'Honneur. Il fit la campagne de 1806 à 1807 contre la Prusse, et y mérita le grade de chef d'escadron , qui lui fut conféré le 4 avril de cette dernière année. Peu de temps après, il passa aide-de-camp du grand-duc de Berg (Murât) , et se trouva en celte qualité à toutes les affaires qui eurent lieu à la grande-armée jusqu'à la paix de Tilsitt. Il obtint, vers ce temps, une dotation en Westphalie. Il suivit le grand-duc de Berg en Espagne. Les événements qui se passèrent alors à Aranjuez faillirent coûter la vie au priuce de la Paix. Arraché des mains des gardes du-corps du roi Ferdinand, ce prince se cacha dans la maison royale de Casa-del-Campo , où Murât lui donna un asile. Napoléon ayant ordonné au grand-duc de Berg de faire accompagner le prince espagnol jusqu'à Bayonne, par un officier brave et intelligent, Manhes fut chargé de cette mission. Il parvint à vaincre tous les obstacles que les circonstances attachaient au voyage de Madrid à Bayonne, et reçut de Napoléon des témoignages de satisfaction. Le roi et la reine d'Espagne lui manifestèrent également beaucoup de bienveillance. Après sa mission , Manhes vint à Paris, où il fut, bientôt après, destiné pour accompagner, comme aide-de-camp, le grand -duc de Berg, auquel Napoléon venait de donner le trône de Naples. A son arrivée dans cette capitale, Joachim nomma le capitaine Manhes chevalier de l'ordre royal des Deux-S»ciles, et lui conféra le grade de colonel. Manhes , après s'être trouvé à la prise de l'île de Capri et à différents combats contre les Anglais, fut chargé d'une mission importante dans les Abbruzzes. Il s'en acquitta à la satisfaction gêné-
vu. 4>
raie, et reçut, comme récompense, le grade de général de brigade, que le rot de Naples lui accorda. Les habitants des Àbbruzzes lui décernèrent aussi le diplôme de premier citoyen, et de libérateur de celle province. £n 1810, le général Munîtes quitta le commandement des Abbruzzes, pour être employé à l'expédition contre la Sicile. Après avoir réuni toutes les embarcations et les autres moyens d'exécution dans le port de Tropea, il leur fît passer le cap Vaticano, devant les forces navales anglaises. Il se trouva à tous les combats qui se livrèrent alors sur le canal de Messine. De tout temps et sous tous les gouvernements, les Calabres ont été continuellement désolées par des bandes de brigands. Ces bandes profitèrent de l'absence du roi, pendant l'expédition contre la Sicile, pour se porter aux. plus grands excès. Joachim, voulant les détruire, envoya contre elles le général Manhcs , qui, dans l'exécution de cette mission, aussi difficile qu'importante, justifia pleinement la confiance du gouvernement napolitain. Les mesures qu'il prit pour ramener la tranquillité dans ces provinces, y ont rendu son nom historique pour les habitants. Le district de Castrovillari lui offrit un sabre magnifique, portant cette inscription : Per la restabilita tranquitlità -, U distrttto di Castrovillari risconoscenle. Toutes les communes s'empressèrent de témoigner leur reconnaissance au général Manhes , et la ville de Cosenza , capitale des Calabres, inscrivit son nom parmi ceux des premiers citoyens. Lorsque la pacification des Calabres fut totalement achevée, Joacbim éleva le général Manhes au grade dégénérai de division, et lui donna une dotation avec le titre de comte. En 1811, le général Manhes fut pourvu d'un grand commandement, celui des 2*, 4* et *>* divisions territoriales, formant à peu près les deux tiers du royaume de Naples. Dans cet emploi important , il se concilia l'estime des habitants, et fit partout respecter l'autorité du souverain. En 1812, lorsque les troupes françaises furent rappelées du royaume de Naples, Joachim chargea le comte Manhes de les remplacer, dans leurs positions sur le canal de Messine , par des corps que ce général avait sous ses
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ordres , cl qui se composaient en partie de nouvelles levées, ainsi que de gardes civiques organisées régulièrement par lui. Le général Mannes repoussa toutes les tentatives que les Anglais firent alors contre les Calabres. Ce fui par l'intercession du général Manhes que la plus grande partie des émigrés put jouir de la faveur de retourner dans ses foyers, et ils lui durent des secours de toute espèce, qu'il s'empressa de leur prodiguer pendant son commandement dans les Calabres. Vers la fin de 1814, le roi ayant fait revenir le général Manhes à Naples, pour lui confier les fonctions de premier inspecteur-général de sa gendarmerie , il perfectionna l'organisation de cette arme. Il fut décoré alors du grand-cordon de l'ordre des Dcux-Sicîïes. En i8i5, Joachim s'élant décidé à agir ofTensivement contre l'Italie, confia au général Manhes le commandement supérieur de Naples et de la iw division territoriale, formée des deux arrondissements de Castellamare et de Pozzuoli , ainsi que des Iles de Capri, d'Ischia et de Procida. A cette même époque, le gouvernement français n'avait à Naples ni ambassadeur ni consul, et tous les Français, établis en grand nombre dans ce pays, se trouvaient privés d'un prolecteur de leurs droits et de leurs fortunes. S'étant réunis, et après avoir jeté un coup d'œil sur ceux de leurs compatriotes qui se trouvaient à Naples, ils décidèrent d'envoyer une députation au général Manhes, pour le prier d'agréer la haute marque de confiance qu'ils lui accordaient, en offrant de se placer sous sa protection spéciale- Le général Manhes reçut avec le plus vif intérêt ce témoignage d'estime et de considération, et sa conduite prouva qu'il en était digne. La perte de la bataille de Tolentitto , livrée le 3 mai 1 8 1 5 , ayant fixé le sort de farinée napolitaine et celui de Murât , le général Manhes fut d'abord envoyé sur Liri, pour s'opposer à la marche du corps autrichien commandé par le géuéral Nugent ; mais il revint bientôt après reprendre le gouvernement de Naples, et ce fut à son incroyable activité que l'on dut la tranquillité dont il fit jouir cette capitale dans des circonstances aussi difficiles. Instruit de la fuite de Mural, le général Manhes demanda un
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passe-port, qui lui fut accordé, le 19 mai au soir; et, dans la nuit, il s'embarqua, avec sa famille (1), à bord d'un chébec portant pavillon anglais, qu'il avait fait fréter pour son compte. Les Anglais apportèrent quelques difficultés au départ de ce bâtiment ; mais elles furent levées dans la journée du 20, et le général Mannes fît mettre de suite à la voile, bien que les vents fussent contraires. Le 21 au matin , en passant devant l'île d'Ischia , une barque de pêcheurs aborda le bâtiment, et le colonel Bonafoux , reconnaissant le général Manhes, n'hésita point à lui dire qu'il venait demander, pour le roi Murât , une place dans le chébec : Manhes reçut avec joie le prince malheureux. On débarqua à Cannes, le 25 mai au malin, et quelques jours après le général Manhes quitta cette ville , où il laissa Murât, et se rendit à Marseille. Il se trouvait dans cette dernière ville au moment où le maréchal Brune venait de la quiller, pour se porter sur le Var, et où les Marseillais se soulevaient contre Napoléon. Le général Manhes fut arrêté; mais, s'étant fait conduire chez le vicomte de Bruges, commissaire du roi dans le Midi, et lui ayant offert ses services pour la cause des Bourbons, il fut mis en liberté. Il se rendit à Gènes et de là à Lyon. Cette dernière ville était alors occupée par les Autrichiens, et le général Manhes y vit sa liberté un moment compromise; mais s'étant présenté à son compatriote M. le comte de Fargues, maire de Lyon, il lui remit, le i5 août i8i5, une lettre adressée à S. M. Louis XYI1I, par laquelle le comte Manhes sollicitait l'honneur d'être employé. Il se trouvait à Paris quand, par une décision ministérielle, tous les officiers furent obligés d'aller habiter le lieu de leur naissance : Manhes se rendit en conséqueuce à Aurillac , et y résidait lors des événements qui eurent lieu dans le département de l'Isère. En 1816, il obtint la permission de fixer son domicile à Paris. Il fut admis au service de Frauce, avec son grade de lieutenant -général , le 25 décembre de la
(1) U avait épousé à Naples la fille du prince Pignatelli-Cerchiara.
même année. S. M. Ta créé officier de la Légion-d'Honneur, et chevalier de Tordre royal et militaire de Saint- Louis. Il est maintenant classé parmi les lieutenants-généraux disponibles. (Etats militaires , Moniteur \ annales du temps.)
MANIGAULT-GAULOIS (N....), général de brigade, naquit à la Flèche, dans la province du Maine, le 1 4 avril 1770. Il entra au service à l'âge de 18 ans, en 1791 , comme sergentau 1" bataillon des volontaires nationaux de son département (la Sarthe). Il passa , le i(r avril 1792 , souslieutenant au 43* régiment d'infanterie de ligne, dans lequel il fut fait lieutenant , le 5 novembre suivant, et capitaine, le 5 septembre 1795. Il fut nommé adjudant-général chef de bataillon provisoire, le 29 mars 1794 > et confirmé dans ce grade, le 3o octobre suivant. Il obtint le grade d'adjudant-général chef de brigade , le i3 juin 1796, et devint chef de la ir" demi-brigade d'infanterie légère, le i3 novembre 1797. On le nomma colonel, le 14 mai i8o3, et il fut promu au grade de général de brigade, le 29 août de la même année. Il fit en ces diverses qualités les campagnes de 1792 à 1801 aux armées du Nord, d'Allemagne, d'Angleterre, de Sambre-et- Meuse, du Rhin et de la Moselle. Il fut employé , en 1808 et 1809, à l'armée d'Espagne. A l'époque des premières guerres de la révolution , il se signala par un trait de générosité qui n'était point alors sans danger. Étant entré à Coblcntz avec l'armée française, il voulait empêcher les soldats de piller une maison, lorsqu'il reconnut parmi ceux qui l'habitaient trois émigrés qui avaient été ses camarades de collège, et qui réclamèrent aussitôt sa protection. Ils auraient été fusillés, si le chef de bataillon Manigault-Gaulois ne les eût cachés et ne leur eût fait obtenir, à force de démarches, des passe-ports, au moyen desquels ils parvinrent à échapper à une mort certaine. Dans une autre circonstance, il donna des preuves d'un grand désintéressement. Il avait préservé du pillage un riche couvent de moines, en y plaçant des sauvegardes. Par reconnaissance, le supérieur lui offrit une voiture
magnifique, allelée de 4 chevaux du plus grand prix. Il refuse d'abord; mais, pressé plus vivement, il se détermine à accepter, vend aussitôt la voiture et les chevaux, et en distribue le prix à ses soldats , qui , dit-il , en s'adressanl aux moines, l'avaient aussi bien mérité que lui. S'étant distingué en plusieurs occasions pendant la campagne de 1706» le général Marceau l'appela près de lui en qualité d'adjudant-général provisoire, et le fit confirmer dans ce grade. Manigault- Gaulois resta constamment près de Marceau jusqu'à la mort de ce général, qui fut tué, le 22 septembre i;90\ Vers la fin de 1808, Napoléon, passant à Burgos qnc revue de troupes de nouvelles levées, dont le général Manigauh-Gaulois avait le commandement, témoigna sa satisfaction de la belle tenue et de la discipline qui régnaient parmi les troupes; puis il ajouta : « Général, je suis content »de vous ; depuis long- temps je n'ai que des éloges à don- • ner à votre conduite; dans peu, vous recevrez des témoignages de ma satisfaction; pour l'instant, que désirez- »vous?i> Modeste autant que brave , le général ne demanda rien pour lui ; mais il sollicita et obtint des récompenses pour ses deux aides -de- camp. Après cette revue, ManigauIt-Gaulois reçut, conjointement avec les autres généraux de brigade de la division Merle, l'ordre de se porter .sur la Corognc, afin de culbuter les Anglais dans la mer. Il eut le commandement de l'avant-garde de cette expédition ; et ce fut en remplissant sa mission avec tout le zèle dont il avait déjà donné tant de preuves, qu'il reçut le coup mortel à la bataille d'Avisa, le 16 janvier 1809. Chéri de ses soldats et estimé de ses chefs , ainsi que de ses camarades, sa dépouille mortelle reçut d'eux des témoignages marquants du plus sincère regret. On lui rendit les honneurs funèbres à Saint-Jacques de Compostelle en Galice. Le général Manigault-Gaulois avait été nommé membre de la Légion-d'Honneur, le 12 décembre i8o3, et commandant de la même Légion, le i5 juin 1804 (1). {Etats et brevets militaires 9 Moniteur, annales du temps,)
(1) Napoléon, pour rendre hommage à la mémoire du général Ma-
de MAN1M0NT, voyez d'Auge».
MANTE VILLE (Nicolas) , grand-maître d'artillerie , fut pourvu de cette charge, sur la démission de Mathieu de Beauvais, par provisions données à Paris, le 4 n™i i4*5. Le duc de Bourgogne le fit destituer. Il mourut au mois de septembre 1421. (Chronologie militaire, tom. III,
Paë- 4>4 )
de MANTOUE, voyez Gokzagtje.
MARANSIN (Jean-Pierre, baron), lieutenant-général, né àTarbts, entra au service, le i3 février 1792, comme volontaire national, dans un des bataillons de son département (Hautes- Pyrénées). L'énergie qu'il avait déployée dans une adresse, par laquelle il appelait ses jeunes coucitoyens à la défense de la patrie, lui attira de leur part une confiance qu'ils manifestèrent en l'élevant de suite au grade de capitaine. Peu de temps après, ils le nommèrent chef de bataillon ; mais Maransin préféra rester le compagnon d'armes du brave La Tour-d'Auvergne, capitaine de grenadiers, avec lequel il s'cfForça de rivaliser de dévouement et de courage. A l'armée des Pyrénées, Maransin, suivi par 5 compagnies de son bataillon, repoussa, le i3 septembre 1793, le régiment d'Africa, mû attaquait le camp d'Aynhoun, et s'empara du village d'Urdach , ainsi que des approvisionnements qui s'y trouvaient. Lors de l'attaque d'Yrali, le chef de bataillon du Peyron, qui commandait la colonne chargée de cette expédition, ayant été tué, Maransin prit sa place, pénétra dans le fort, brûla les magasins de la marine , et fit éprouver aux ennemis une perte de plus de 4 millions de francs. Le 19 juillet 1794 , il enleva, malgré une résistance des plus opiniâtres, le camp de la légion ennemie dite de Saint-Simon, se saisit
nigault- Gaulois, conféra à son fils le titre de baron, par lettres du 4 août i3i3, et y joignit une dotation de iooo francs de revenus en Hanovre.
de la caisse militaire , et en Ht la remise an général Higonnet. Employé à l'armée de l'Ouest, en 1795, il parvint, dans le mois d'octobre, à faire entrer un convoi de grains dans Lever, après avoir repoussé, avec 5 compagnies de grenadiers, qui formaient l'escorte de ce convoi, les attaques de 4000 Vendéens commandés par Charette. Étant passé , dans la même année , à l'armée du Rhin , il traversa laKintzig, le 5 décembre, avec 2 bataillons d'infanterie légère, et s'empara de la ligne de circonvallation que les Autrichiens avaient établie autour du fort de Kr Kl. Le 5 janvier 1796, il défendit, avec 200 hommes, les ouvrages d'Herlering, attaqués par t\ bataillons de grenadiers hongrois. Employé à l'armée du Danube, en 1799» il soutint, le 25 avril , avec sa compagnie et quelques fuyards qu'il avait ralliés, les charges d'une nombreuse cavalerie autrichienne, sauva les débris de la division Ferino, qui avait été mise en déroute, et reprit 6 pièces de canon. Ce fut alors qu'il accepta le grade de chef de bataillon , qu'on lui ofFrit de nouveau , et comme récompense de ses services. Le 25 septembre de la même année, étant à la tête de son bataillon et de 3 compagnies de carabiniers, il passa le premier la rivière de la Limath, et culbuta les Russes des positions qu'ils occupaient (1). Quelque temps après, il traversa le premier le Rhin , et s'empara de Schaffhousen. A la bataille de Mœskirch, le 5 mai 1800, il protégea les débris de la division dont son bataillon faisait partie. Cinq tours après, il fut enveloppé et attaqué à Memmingen par des forces supérieures , aux ordres du général Kray ; mais il parvint à tenir tête aux ennemis pendant deux heures, et à sauver son bataillon (2). Les talents militaires qu'il
(1) Le général en chef Masse n a lui adressa, dans cette occasion , une lettre des plus honorables, dans laquelle on lisait ce qui suit: «Vous
• avez acquitté votre dette envers la patrie; c'est à moi de remplir la
• sienne envers vous.... Vos chefs vous ont distingué au milieu de vos
• braves camarades, et ilb ont apprécié vos travaux. .
(2) Vers ce temps , les membres de l'armée ayant été invité* à voter
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avait déployés le firent passer successivement aux grades de major et de colonel. Employé, en cette dernière qualité, à l'armée de Portugal , il s'y distingua en de nombreuses occasions. Placé à la tête d'une troupe assez considérable pour agir séparément , et faisant la guerre dans un pays où, le plus souvent, il ne pouvait compter que sur ses propres ressources, le colonel Maransin montra la science du général unie au courage du soldat. Il se trouvait à Mirlola, dans l'Alentéjo, province alors entièrement révoltée, à 45 lieues de Lisbonne , où était le quartier-général en chef de l'armée française , et ne pouvait réunir qu'environ 1600 hommes, lorsque le général Speucer , qui avait soulevé les Algarves, s'avança sur lui , à la tête de 5ooo Anglais. La ville de Béja , l'une des plus considérables de l'Alentéjo , et dont les remparts étaient en bon état, avait chassé la garnison françjise et reçu dans ses murs 4000 miliciens , avec lesquels elle s'opposait à la retraite de Maransin. Celui-ci ne se laisse point ébranler par la position désespérée dans laquelle il se trouve ; et, communiquant à ses soldats le courage qui l'anime, il inarche sur Béja, l'emporte d'as- » saut, sans artillerie, et passela garnison au Pi} de l'épée. La prise de cette ville imposa à l'ennemi, pacifia la province, et favorisa la marche de la colonne de Maransin sur Lisbonne. Pour témoigner à Maransin sa satisfaction d'une action aussi courageuse , le général en chef Junot le pomma gouverneur d' kl vas; mais le débarquement des Anglais vint presque aussitôt changer cette disposition. Maransin avait été salué par Junot du surnom de brave des braves, et désigné pour commander les grenadiers réunis : il se montra digne de cet honneur à la bataille de Yimeiro. 11 venait d'être promu au grade de général de brigade, lorsque le maréchal duc de Dalmatie le chargea d'une expédition dans la Serania de Ronda. 11 y prit de vive force
sur la proposition do décerner le consulat à rie au premier consul Buonaparte, le «nef de bataillon Maransin fut du petit nombre des militaires qui su prononcèrent pour la négative.
vu. 4?
33û DICTIONNAIRE HISTORIQUE
Abodonalez, Grazaleina, Ville- Longe et Cortez, et défit complètement, sousGaucin , le général espagnol Gonzalès. Au combat de Trigueros, il délogea la division du général Ballesteros des fortes positions qu'elle occupait, la mit en déroule, et obligea ses débris à se réfugier eu Portugal. Au siège de Badajoz, il commandait la tranchée le jour où cette place importante capitula, quoiqu'elle fût défendue par 270 pièces d'artillerie , et une garnison plus nombreuse d'un tiers que les assiégeants. Bientôt après, le général Maransin eut une autre occasion de déployer ses talents militaires. Le chef espagnol Zayas venait de débarquer, près de Moguer, avec 5ooo hommes, taudis que le général en chef Blacke était, avec un pareil nombre de troupes, en vue de Huebla , et que Ballesteros arrivait sur l'Odieb avec sa division. Pour empêcher la jonction de ces divers corps et couvrir l'Andalousie , le général Maransin part de San-Lucar, et, en deux marches forcées, il joint les troupes de Zayas, les met en fuile, et les force de regagner précipitamment la mer : c'est à celte affaire que le beau corps de cavalerie des Cortez fui détruit. Maransin se porte aussitôt sur Huebla; mais le général Blacke , instruit de la défaite de Zayas, et sentant toute L'inutilité de sa tentative, leva l'ancre et retourna à Cadix. A l'approche des Français, Ballesteros se dirigea vers les montagnes de Frégenal. Maransin t'y suivit, le chassa de ses positions, et l'obligea de se replier au-delà de Zerès-de-los-Cabelieros. A la bataille d'Albuhera, le général Maransin soutint, avec la a* division de l'armée, les efforts de l'armée anglo-por- • tugaise, qui déjà avait mis du désordre dans la 1'* division française; il rétablit le combat; et . par une charge vigoureuse, exécutée à la baïonnette, il décida le glorieux suocès de cette journée, pendant laquelle il reçut une blessure grave. Chargé du commandement de la province de Malaga, il la défendit, avec le 5B* régiment de ligne et le ai* de dragons, contre les troupes du général Ballesteros, fortes de ?ooo hommes d'infanterie et de 900 chevaux. Au combat de Cartna, il soutint, avec moins de 1800 hommes, tous les efforts du général espagnol, et reçut dans cette
journée un coup de feu au travers du corps. Il repoussa ensuite, avec le 58e régiment d'infanterie et quelques Français établis dans Malaga et organisés eu gardes nationaux, les attaques dirigées par les Espagnols contre cette ville. Le général Maransin administra la province de Malaga avec une justice et une intégrité qui lui concilièrent l'estime et Pafflclion des habitants. Il sut y faire aimer et respecter le nom français, et y laissa personnellement des souvenirs honorables. Nommé général de division, le 3o mai i8i3. il commanda eu cette qualité Tavant-garde de Tannée française à la bataille de Vittoria. Depuis cinq heures du matin jusqu'à trois heures de l'après-midi, il se maintint dans la position qu'il occupait, malgré les attaques de l'ennemi. Se trouvant enveloppé par deux lignes anglo-espagnoles, et dans une situation presque désespérée, sou courage s'accrut en proportion du danger; et, redoublant d'efforts, il parvint à contenir le général anglais Hili. Il rompit ensuite la ligne qui s'opposait à sa retraite, et rejoignit le gros de l'armée avec son artillerie. Au col de Maïa, il eut encore a combattre le général Mil!, qu'il culbuta à la baïonnette, et auquel il prit 5 pièces de canon et 700 hommes. Pendant la bataille de Toulouse, Maransin défendit, contre le même général anglais, les approches du faubourg Saint -Cyprien. Après l'abdication de Napoléon, le général Maransin fit sa soumission au gouvernement de S. M. Louis XVIII , qui le créa chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 24 août 1814, et commandeur de Tordre royal de la Légiou-d'Honneur, le i5 décembre suivant. Buonaparle ayant envahi le territoire français clans les premiers ioursde mars i8i5 , le général Maransin, qui commandait alors la 1* subdivision de la 10* division militaire, fut chargé par S. A. R. Mgr. le duc d'Augoulêmo de presser le départ des volontaires royaux, qui devaient se rendre à l'armée de ce prince. Lorsque la famille royale eut quitté la France, le baron Maransin fut employé par Buonaparte au commandement des gardes nationales de la 7e division militaire, avec lesquelles il seconda les opérations militaires du général Suchet.
A Tépoque de la seconde restauralioii du trône des Bourbons, il commandait la 19' division militaire, dans laquelle il licencia plusieurs régiments. Il usa de tout son ascendant sur les troupes pour maintenir l'ordre, et surtout pour faire rentrer dans le devoir deux escadrons de chasseurs à cheval , qui avaient méconnu l'autorilé à Bourganeuf. Remplacé dans son commandement, en 1816, et dénoncé au ministère de la police générale , il fut arrêté et détenu à Tarbes pendant quatre mois, à la suite desquels on le rendit à la liberté. Il est classé maintenant parmi les lieutenants-généraux disponibles. {Etats militaires, Moniteur, annales du temps.)
MARC (Raimond), grand-maître d'artillerie, exerça cette charge, en l'absence de Philibert de Malans, par commission du u\ avril 1 j "> r> . Il mourut le 17 septembre suivant. (Chronologie militaire , tom. III, pag. 4? 5.)
M ARCEAU (Maurice),#eWra/ de division, naquit à Char- Ires, en 1769. Destiné par son père à 1 "élude des lois, sa passion pour l'état militaire l'emporta sur l'autorité de sa famille; et, dès Page de i5 ans, il s'engagea comme soldat dans le régiment de Savoie-Carignan. Il étudia, sans maître, les mathématiques, et se livra avec ardeur à la lecture des ouvrages des graods capitaines, anciens et modernes. Son goût pour l'étude le fit distinguer par M. de Serent, colonel de son régiment , qui le fit sergent. En 1789, il obtint un congé, et se rendit à Pari'-. La révolution, qui éclata alors, fit concevoir à Marceau l'tspoir de devenir autre chose qu'un soldat; et il marcha, le 1 1 juillet, à la téte d'un détachement de la section de Bon-Conseil, pour s'opposer à i'approehe des troupes que la cour faisait avancer sur la capitale. Marceau se rendit à Chartres, sa ville natale, au moment où, sur tous les points de la France, on armait des bataillons de volontaires nationaux pour voler à la défense des frontières. Il fut nommé , par le choix de ses concitoyens, commandant du bataillon que le département d'Eure-et-Loir veuait de former. Il conduisit ce bataillon sur les frontières du Nord , et y servit sous les
ordres du général La Fayette. Ce général ayant été obligé de fuir pour dérober sa téte aux factieux1, l'armée qu'il commandait se disposait à le suivre, lorsque Marceau sortant des rangs, la fureur dans les yeux et la pointe du sabre sur la poitrine d'un officier qui entraînait ses soldats, s'écrie : « Français I il est un devoir plus sacré que l'amour • ' pour son général : celui de ne pas laisser cetle frontière «découverte. » A ces mois, toute l'armée s'arrête. Marceau se trouvait dans Verdun lors du siège de cetle ville par les Prussiens : il opina dans le conseil de défense pour une vigoureuse résistance. La reddition de la place ayant cependant été résolue, il fut chargé, comme le plus jeune officier de la garnison, de porter la capitulation au roi de Prusse. Il avait perdu à ce siège ses équipages, son argent et ses chevaux. • Que voulez vous qu'on vous donne ?» lui dit un représentant du peuple. — - * Je ne veux, répond » Marceau, qu'un sabre nouveau, pour venger notre dé- » faite. » Nommé lieutenant-colonel de la légion germanique, il fut envoyé, avec ce corps, dans la Vendée. Bientôt il s'y attira l'inimitié du représentant du peuple Bourbotte, qui le fit arrêter comme traître à la patrie , et mettre en jugement. Sa défense simple et persuasive le fit acquitter. Il marcha ensuite vers la ville de Saumur^ alors attaquée par les royalistes. Il se trouvait hors de cette ville, accompagné seulement de 7 cuirassiers, lorsqu'il vit un détachement qui entraînait prisonnier ce même Bourbotte, naguère son accusateur. Marceau charge sur les Vendéens , parvient à enlever le représentant du milieu de ceux qui l'emmenaient, le fait monter sur son cheval, et le force de s'échapper, en disant : « Il vaut mieux qu'un soldat «comme moi périsse, qu'un représentant du peuple. » Un cuirassier blessé offre alors son cheval à Marceau , qui se fait jour à travers l'ennemi et regagne Saumur. En 179^, il était devenu général de division, lorsqu'il concourut, sous les ordres du général en chef Rossignol , a la bataille d'Antrain , gagnée sur les Vendéens, le 18 novembre. Nommé commandant en chef, par intérim , de l'armée de l'Ouest, il livra des combats journaliers aux troupes roya-
listes. Il déploya plus particulièrement sou courage et ses * talents militaires à la bataille du Mans, où on le vit charger lui-même et enfouccr les ennemis. Un trait de générosité qu'il fit alors faillit lui devenir funeste. Quoiqu'il existât une loi qui punissait de mort le républicain qui faisait grâce à un Vendéen , Marceau sauva la vie à une jeune tille , qui , tout armée, vint se jeter à ses pieds et se mettre sous sa protection. Dénoncé pour celte cause, il allait être envoyé au supplice, lorsque le représentant Bourbotte, qui lui devait la vie, accourt de Paris, se présente au tribunal, demande les pièces du procès et les déchire. Marceau passa ensuite à l'armée des Ardennes, où il signala son arrivée par la prise de Thuin. Employé à l'année de Sambre-et- Meuse, en 17941 il y prit, avec les généraux Championnet, Bernadette cl Kléber, une part très-glorieuse aux grandes batailles qui furent livrées à cette époque. A la bataille de Fleurus, le 2G juin, il commanda l'aile droite de l'armée, enfonça l'ennemi, le força à la retraite, et eut 2 chevaux tués sous lui. Sa division , qui se trouvait la plus exposée, fut presque entièrement détruite; et il combattit alors comme un simple soldat, à la téte de quelques bataillons. Dans les batailles livrées sur les rivières d'Ourthe et de la Roër, il guida le bouillant courage des avant-gardes, dont les victoires précédaient toujours l'arrivée du gros de l'armée française. Chargé de s'emparer de Coblentz, il précède sa division, suivi d'un petit nombre de soldats, escalade les forts qui environnent celte ville, et se rend maître de la place, le 20 octobre 1794, malgré la vive résistance de 1 5,ooo Autrichiens, qu'il force de repasser sur la rive droite du Rhin. Avec une partie de sa division, il assiégea le fort d'Ehrenbreitstein , et poussa les travaux d'attaque avec autant d'intelligence que d'activité. L'armée française ayant été obligée de rétrograder sur la rive gauche du Rhin, en 1795, le général Marceau commanda l'arrière-garde. Chargé parle général Kléber, sous les ordres duquel il servait, défaire mettre le feu à tous les bateaux qui étaient sur la Sieg, au moment où il jugerait que le corps de Kléber aurait passé le pont de Neuwied, Marceau
confia l'exécution de cette disposition à un officier du génie , qui, calculant mal les instants, fit incendier trop tôt ces bateaux, de sorte que l'armée se trouva fortement compromise. Désépéré de cet événement , Marceau voulait se brûler la cervelle, lorsque Rléber, détournant le pistolet, le lui arrache, et lui dit : « Jeune homme, allez-vous
• faire casser la tète en défendant ce passage (Rléber le lui
• montrait), avec votre cavalerie; c'est là qu'il est permis
• de mourir. » Puis, embrassant Marceau, Rléber ajouta : « Est-ce que vous ne comptez plus sur votre ami , sur votre
• frère d'armes? Est-ce que vous avez oublié Rléber? Mon-
• tons à cheval, et tout sera réparé. » En effet, les deux généraux marchent ensemble à l'ennemi, qui fut contenu pendant deux jours, temps nécessaire à la reconstruction du pont de Neuwied , incendié par les bateaux enflammés qui l'avaient abordé en dérivant. Le 10 novembre, Marceau attaqua et déposta les Autrichiens des gorges de Stromberg. Il attaqua , le 7 décembre , un corps ennemi à Sulzbach, et lui fit éprouver une perte (considérable. A l'ouverture de la campagne de 1796, sur le Rhin, Marceau eut, sous les ordres du général en chef Moreau, le commandement de l'aile droite, forte de près de 3o,ooo hommes répartis en trob divisions; ils devaient marcher sur le Haut-Rhin et observer un corps de 20,000 Autrichiens que l'archiduc Charles avait laissé devant Mayence. Une portion des troupes commandées par Marceau ayant été appelée au siège d'Ehrenbreitstein, ce général n'eut plus à sa disposition que 1 4,000 hommes. Quelque temps après, le corps d'observation aux ordres de Marceau fut porté à 29,000 hommes. Il prit, le 26 juillet, le fort de Rœnigslein, dans lequel on trouva 20 bouches à feu en bon état. Avec une partie de ses troupes, Marceau investit la place de Mayence, et en contint long- temps la nombreuse garnison. L'armée de Sambrc-et-Meusc s'étant repliée sur la Lahn, Marceau dut effectuer sa retraite , et la fit sur Limbourg. Il livra près de cette ville deux combats, dans lesquels il déploya sa valeur et ses talents accoutumés. Ces combats eurent lieu vers le milieu du mois de septembre
1796. Chargé par le général Jourdan du soin d'arrêter les mouvements de l'archiduc Charles, en escarmouchant avec lui , pendant que les autres divisions de l'armée passeraient le défilé d' Altenkirchen, Marceau se mit àl'arrière-garde de l'armée, qui était alors le poste le plus dangereux, et sut inspirer à ses troupes une telle ardeur, que l'ennemi, malgré sa supériorité , n'osa les entamer. Cependant l'archiduc Charles ayant fait avancer ses colonnes, Marceau, qui allait entrer dans le défilé, reçut de Jourdan l'ordre de s'arrêter pour contenir encore les Autrichiens, en attendant qu'on lui envoyât du secours. Sans s'effrayer des nombreux adversaires qui allaient foudre sur lui, Marceau ne s'occupa qu'à faire ses dispositions pour les recevoir vigoureusement. Pour mieux reconnaître l'ennemi qui s'approchait , Marceau s'avance près des éclaireurs autrichiens, accompagné du capitaine de génie Souhait et de deux ordonnances. Dans ce moment, un hussard de Kayser vient caracoler devant lui, pour le distraire, pendant qu'un chasseur tyrolien , embusqué derrière une haie, tire sur Marceau un coup de carabiue, dont la balle traverse le corps du général. Marceau fut transporté mourant à Altenkirchen , où Jourdan s'empressa de l'aller visiter. Témoin du désespoir de ses amis et connaissant tous les regrets que sa perle inspirait à l'armée, le jeune guerrier, que la mort n'effrayait pas, s'écria : « Je suis trop rengretté; pourquoi me plaindre? Je suis bien heureux, • puisque je meurs pour la patrie.» L'armée française, forcée de quitter Altenkirchen, y laissa Marceau, que la gravité de sa blessure empêchait de transporter. Jourdan le recommanda aux soins généreux des officiers autrichiens; mais cette précaution était superflue; car Marceau avait inspiré une telle estime dans l'armée autrichienne, qu'un capitaine des hussards de l'empereur vint s'informer avec intérêt de la santé du blessé. Le général Haddick témoigna personnellement à Marceau combien il prenait part à son malheur; et le général Kray, respectable vétéran de l'armée autrichienne, lui donna des marques particulières et bien touchantes de ses regrets. Marceau expira, le 21 sep-
lembre, à lMge de 27 ans. Le prince Charles permît que la dépouille mortelle du jeune héros fût rendue à ses compagnons d'armes, et accompagna cette permission de témoignages honorables de l'intérêt que Marceau lui avait inspiré. Le corps fut accompagné jusqu'à Neuwied par un détachement de cavalerie autrichienne, et fut ensuite déposé dans le fort de Pétersberg, près de Coblentz : ce fort prit alors le nom de Fort- M arceau. L'armée française éleva à Marceau plusieurs monuments; et celui où reposent ses cendres fut construit sur les dessins du général Kléber. On lui érigea aussi une pyramide, à la place où il avait reçu le coup mortel. En 1799, un décret du sénatconservateur ordonna que les restes du général Marceau fussent réunis à ceux des généraux Hoche et Chérin, dans un mausolée élevé sur les bords du Rhin. {Etals militaires, Moniteur, annales du temps.)
de la MARCHE, voyez Botterel et de Bodrbon-Conty.
de MARCHIN ou MARSIN (Jean-Gaspard-Ferdinand , comte) , commandant d'armée , uaquit dans le pays de Liège. Il passa au service de France, en i635, en qualité de lieutenant-colonel du régiment de cavalerie liégeoise, que le colouel Moullard avait levé, par commission du i"r septembre de la même année. Il servit, en i636, à l'armée de Hollande, sous les maréchaux de Chili! Ion et de Brezé. Il fut fait, le 10 avril 1637, mestre-dc~camp du régiment de cavalerie liégeoise, à la mort du colonel Moullard. Il servit, la même année, à l'armée de Bourgogne, et y concourut à la prise de plusieurs places. Employé avec son régiment à l'armée de Piémont, en 1639, il se trouva , en 1640, à la défaite du général Legauez par le comte de Harcourt. Il servit, en 164 1 , au siège de Turin , au secours de Chivas et à la prise de Coni. Passé à l'armée de Catalogne, eu 164*2 , il combattit à la journée de Vais , où les Espagnols furent défaits. En 1643, ils marcha avec l'armée d'Italie, au siège et à la prise de Trin. En 1644 > il leva nu régiment d'infanterie allemande, par commission du 3o janvier, et fut créé maréehal-de camp le même jour. Commandant les trouvu. 45
pes allemandes an service du roi, du côlé de la liesse , il le* conduisit à l'armée de Champagne, commandée par le duc d'Eughien, et y servit comme maréchal-de-camp. Il fut admis, le 16 juillet 1645, dans le corps de la noblesse du pays de Liège et du comté de Loos. Il combattit, la même année, à la bataille de Nordlingue, et y fut blessé. Il servit, en 1646, à l'armée de Flandre, sous le duc d'Enghien , et concourut à la prise de Fumes et de Dunkerque. Créé lieutenantgénéral , le 20 janvier 1647, ^ a" 1 servir en cette qualité à l'armée de Catalogne, et se trouva au siège de Lérida, par M. le prince de Condé. La valeur qu'il déploya au siège de Tortose, en 1648 , lui valut le gouvernement de cette place , que le maréchal de Schombcrg lui donna , le a5 juillet. Eu 1G49, "* commanda en chef l'armée de Catalogne , en l'absence du même maréchal. Les Espagnols menaçant Barcelonne , il y fit entrer un puissant secours, et prépara de tels moyens de défense, que les ennemis n'osèrent entreprendre le siège de cette place. Le duc de Mercœur ayant eu, par pouvoir du 5 novembre, le commandement de l'armée de Catalogne, il fit arrêter, au mois de février i65o, le comte de Marchin, à cause des liaisons que celui-ci entretenait avec le prince de Condé, alors en état de révolte contre le roi. Marchin, fut conduit à la citadelle de Perpignan, et on lui ôta, par ordre du 1* mars, ses régiments d'infanterie et de cavalerie. Rendu à la liberté en même temps que le prince de Condé, aa mois de mars 1 65i , il fut fait meslre-de-camp d'un régiment de cavalerie. Nommé lieutenant et capitaine-général des armées du roi en Catalogne, par pouvoir du 6 avril de la même année, il se jeta de nouveau dans le parti du prince de Condé, auquel il conduisit une portion des troupes qu'il commandait, et qui lui confia ses intérêts secrets clans laGuienne, avec mission d'y activer les opérations de la guerre. Il passa avec ce prince au service d'Espagne, en ib'55 , et y fut fait capitaine-général des armées , par décret du i3 juin de la même année. Après la soumission de Bordeaux aux armées du roi, le comte de Marchin quitta celle ville, avec la permission de se relirer en Flau-
drc auprès du prince de Condë, et d'emmener les régiments, les gardes et les gendarmes qui appartenaient à ce prince et au duc d'Enghien. 11 secourut Yalenciennes , au mois de septembre i656. 11 fut nommé commandant de toutes les forces, tant de terre que de mer, de Charles II, roi d'Angleterre, sous les ordres des ducs d'York et de Glocester, par pouvoir donné à Bruges, le 10 mars i6.r>^. Il reçut l'ordre de la Jarretière, au mois de février i658 , et fut créé comte de l'empire, par diplôme de l'empereur Léopold, donné à Francfort, au mois d'août de la même aunée. 11 ne fut point compris dans l'amnistie accordée par le traité des Pyrénées aux adhérents du prince de Condé. Il fut nommé général des armées du roi d'Espagne, aux Pays-Bas, au mois de février 1667, et devint conseiller de ce prince , au conseil suprême de la guerre. Il tenta inutilement de secourir la ville de Lille, assiégée par les troupes du roi, et fut battu devant cette place, sur le canal de Bruges, le 5i août , par le marquis de Créquy. Marchai commaudait à cette affaire un corps de Gooo chevaux espagnols, sur lequel Créquy fit 5ooo prisonniers. Le comte de Marchin fut obligé de se sauver à pied , et se retira derrière Gand. Il mourut le g mars 1673. {Chronologie militaire, tom. I, pag. 524; Mémoires du Père d'Avrigny, le continuateur du Père Daniel, le président Hénatdt, Larrey, Histoire militaire de M. de Quinçy, Gazette de France, Histoire de France, par Anquetil.)
de MARCHIN ou MARSIN (Ferdinand, comte), maréchal de France , et fils du précédent, naquit à Malines, le 10 février i656. Il passa au service de France aussitôt après la mort de son père, et fut pourvu de la compagnie des gendarmes de Flandre à sa création , par provisions du 12 avril 1 6 7 3 . Il servit à la tête de cette compagnie, pendant les campagnes de Flandre , en 1673, 1674» 1676* et 1677, et s'y trouva à plusieurs batailles , sièges et prises de places. Créé brigadier des armées du roi , par brevet du 24 août 1688, il commanda la gendarmerie, en 1689, à l'armée d'Allemagne. Il servit, en 1690, en Flandre, sous
le duc de Luxembourg, à la bataille de Fteurus, le l" juillet, et y fut blessé, En 1691, il se trouva au siège de Mous, d'où il alla servir à Tannée de la Moselle, sous le maréchal de Boufllers. Employé à Tannée de Flandre, en 1692, il combattit à Sleinkerque, le 5 août. Promu au grade de maréchal-de-cainp, par brevet du 3o mars 1693, il servit à la bataille de Neerwinde, le 29 juillet ; au siège et à la prise de Charleroi, le 1 1 obtobre. En 1694 , il se trouva à la célèbre marche de l'armée française de Vignamont au pont d'Espierre, le 22 août et les jours suivants. Employé à Tarniée de la Meuse, sous le maréchal de Boufllers, en 1695, il observa les ennemis. Créé directeur-général de la cavalerie, par ordre du 14 novembre , il passa en Italie. Il y servit, en 1696, au siège de Valence, qui finit par la paix que l'empereur et le roi d'Espagne acceptèrent, le 7 octobre. 11 servit, en 1697, sous le maréchal de Catinat, an siège d'Ath , qui fut pris le 5 juin. La paix se conclut à lliswick. Au mois de février 1698 , il se démit de la compagnie des gendarmes de Flandre, et servit au camp de Coudun près de Compiègne. Il passa dans le Milanais , et y fut employé, par lettres du 26 décembre 1700. Il obtint le grade de lieutenant-général des armées du roi, par pouvoir du 28 juin 1701. Nommé ambassadeur extraordinaire auprès de Philippe V, il arriva à la cour de ce prince , au mois d'août, et Taccompagna à Naples. Il eut sa première audience, au mois d'avril 1702; et, le 22 mai, il reçut un pouvoir pour commander à Naples. Il en partit avec le roi d'Espagne, au mois de juillet, et combattit aux côtés de ce prince à la journée de Luzzara, où il eut deux chevaux tués sous lui. Rappelé en France , au mois de décembre , le roi le fit chevalier de ses Ordres, le 2 février 1703. Il servit dans Tannée d'Allemagne, sous M. le duc de Bourgogne et le maréchal de Tallart, au siège et à la prise do Brisack, qui capitula le 6 septembre. Nommé maréchal de France, par état donné à Fontainebleau, le 12 octobre, qui fut adressé par le roi à l'Électeur de Bavière, et pour commander l'armée sous l'Électeur, par pouvoir du i3, il combattit à la bataille de Spire , le 14 novembre, eut part
à la prise de Landau , le 16 , et partit pour prendre la place du maréchal de Yillars. Avant son départ, il apprit de la bouche de l'Électeur de Bavière que le roi l'avait déclaré maréchal de France (i). Il en fit les premières fonctions au siège d'Augsbourg qu'entreprit l'Électeur : cetle place se rendit, le 14 décembre. Il y commanda pendant l'hiver. Il continua de commander l'armée en Bavière, en 1704. H commanda la droite de l'armée, le i3 août, à la bataille d'Hochstedt, où il fut blessé; conserva pendant toute l'action l'avantage sur les ennemis, et fit sa retraite en bon ordre. Il commanda l'armée du Rhin, par pouvoir du 4 avril 1705. Il obtint le gouvernement de Valenciennes, par provisions du 2G ; s'empara des postes de Seltz, AVerdt, où il prit 400 hommes , et s'empara ensuite de "Weissembourg et des lignes ennemies. Pendant l'hiver, il commanda en Alsace. Commandant sur le Rhin, en 1706, avec le maréchal de Villars, et sur la Moselle, par pouvoir du 27 avril, il passa la Moutre, après que son avantgarde eut défait 800 chevaux qui lui en disputaient le passage, et entra, le ier mai , dans les retranchements de Drusenheim, que le prince de Bade abandonna avec tant de désordre, qu'on y trouva les tentes de ses troupes encore tendues , avec une grande partie des munitions et du bagage. Celte retraite dégagea le fort Louis du Rhin , qui avait été bloqué pendant tout l'hiver. Il passa au commandement de l'armée d'Italie, sous M. le duc d'Orléans, par pouvoir du 5 juillet. Blessé à l'attaque des retranchements devant Turin , le 7 septembre , et fait prisonnier, il mourut, le 9 septembre 1706, des suites de ses blessures. {Chronologie militaire , tom. III , pag. 167 ; Mémoires du Père d'Avrigny, Journal du Père Grijfet , Histoire militai* re de M . de' Quincy^ l'abbé le Pipre de NœuJ'ville , le président Hénault, Bauclasj Gazette de France.)
(i) Bauclas, tora. II , pag. 3fi5, fixe la date de 8a promotion au mois de novembre : elle est du la du mois précédent.
de la MARCK (Robert, III" du nom), maréchal de France , descendait d'une ancienne et illustre maison de la Weslphalie, qui, chassée de ses possessions , vint chercher un asile à la cour de Louis XI. Il fut connu sous le nom de seigneur de Fleurantes, jusqu'à sa promotion à l'état de maréchal de France. En idi3, il se trouva, avec le seigneur de Sédan , son père, et le seigneur de Jamets, son frère, à la bataille de Novarre, perdue le 6 juin, par la Trimouille. A cette affaire, les Suisses, maîtres de l'artillerie française, l'avaient tournée contre l'infanterie de France, et les gendarmes, se trouvant alors arrêtés par des fossés, ne purent soutenir cette infanterie, qui plia. Le seigneur de Sédan apprenant que ses deux fils ne combattent plus, et les croyant morts, prend 100 hommes d'armes, s'avance malgré les fossés, perce le gros des Suisses victorieux, les écarte, trouve ses deux fils étendus par terre, et les fait emporter : le seigueur de Fleuranges avait reçu 46 blessures. Fleuranges montra la môme fermeté à la bataille de Marignan , les 1 3 et 14 septembre i5i5. Les Suisses avaient espéré pouvoir, sous l'ombre d'un traité, surprendre François Itr; mais Fleuranges découvrit leur marche, et vint aussitôt en instruire le roi. A la première journée de Marignan , le roi, averti du désordre de son avant-garde, se détacha du corps de bataille, avec 4000 lansquenets, qu'on appelait les bandes noires, et qui étaient commaudés par Robert II, comte de la Marck, et par Fleuranges, son fils. Les lansquenets forcèrent les Suisses de repasser le fossé, et d'abandonner 4 pièces d'artillerie qu'ils avaient prises. Fleuranges fut chargé de bloquer le château de Crémone, qui se rendit au roi, le 4 octobre. A la mort de Guillaume de la Marck, seigneur de Montbazon, son grand-oncle, le roi lui donna la compagnie des Cent-Suisses de sa garde, par provisions expédiées à la Tour-du-Pin , le 9 juin i5i6. Il reçut le collier de l'Ordre du roi, en i5i8. L'empereur Charles V, mécontent du duc de Bouillon, s'empara, en 1322, du duché de Bouillon, et fit prisonnier Jamets, second fils du duc. Fleuranges s'enferma dans le château de Jamets, et conserva celte place à son père. Prisonnier à la
journée de Pavie, le 24 février i5û5, il fut conduit à l'Écluse, en Flandre (1). Le roi lui accorda la place du maréchal de Foix Lescun, par état donné à Acqs, le 25 mars 1526(2). Il obtint, au mois de novembre suivant, les chàtellenies de Château-Thierry et de Châtillon-sur-Marne. Le comte de Nassau, général de l'empereur, marchant, en i556, vers Saint - Quentin , dans le dessein d'assiéger celte ville, le maréchal de la Marck s'y jeta. Le comte de Nassau prit alors un autre parti : il investit Péronne. Dès que le maréchal en eut avis, il y courut. Péronne fut vivement attaquée , et le comte de Nassau la battit avec 72 pièces de canon. Cette place, sans dehors, avait pour toute défense une muraille et des marais, dont les ennemis eurent le secret de dessécher une partie. Trois grandes brèches étant pratiquées à la muraille, le comte de Nassau fit donner l'assaut, le 20 août, S' jour du siège. Il fut repoussé, avec perte de 5oo hommes. Le comte de Nassau continua cependant de canonner la ville en plusieurs endroits différents, et, au bout de cinq jours, elle se trouva ouverte de toutes parts. Le maréchal de la Marck défendit les brèches par de bons retranchements, malgré le feu du canon ou des arquebusades , qui ne cessait ni le jour ni la nuit. Le 25, le comte de Nassau, voulant obliger les assiégés à diviser leurs forces, présenta l'escalade, non-seulement aux brèches, mais encore aux lieux où la muraille était entière. Les Impériaux montèrent trois fois, sans succès, à l'assaut des brèches. La constance des assiégés ne rebuta point le comte de Nassau. Le feu parti de la grosse tour du château lui ayant tué beaucoup de monde au second assaut, il entreprit de la miner; mais le maréchal
(1) 11 y écrivit l'histoire des choses mémorables arrivées en France, en Italie et en Allemagne depuis l'an i5o3 jnsqu'en i5ai , sous le titre du Jeune Aventureux,
(a) L'abbé le Gendre renvoie, sans fondement, sa promotion à l'année iS3o, et le Dictionnaire des marèehaussics la porte à i5a5, 1020' ou i53o, au gré de ses lecteurs.
de la Marck fit surprendre les mineurs, dont plusieurs furent tués, et quelques-uns faits prisonniers, avec l'ingénieur. On contiuua de ruiner les ouvrages des ennemis. Cependant la poudre manquait au maréchal de la Marck, et à peine lui en restait-il assez pour soutenir un assaut. Le duc de Guise se chargea d'en faire transporter dans la place, et y réussit. Une nouvelle mine, ménagée par le comte de Nassau, sous la grosse tour du château , ayant sauté, le 5 septembre, remplit le fossé et ouvrit un large chemin aux assiégeants : 4 enseignes d'infanterie en profitèrent pour donner tête baissée dans le château. La Marck les tailla en pièces, ou les mit en fuite. Le comte de Nassau, après avoir tenté inutilement un autre assaut, le S, feignit d'en hasarder un nouveau trois jours après; mais il décampa pendant la nuit, et se retira sur les terres d'Espagne ( i ). Le maréchal de la Marck mourut, au mois d'août 1537. (Chronologie militaire , tom.il, pag. 224; Histoire de France , du Père Daniel; le président Hénault , Mézerayy Dupleix , Histoire militaire des Suisses, Histoire des Grands- Officiers de la Couronne.)
de la MARCK (Robert, l\* du nom), maréchal de France y et fils du précédent, fut appelé dans sa jeunesse seigneur de Fleuranges, puis maréchal de la Marck, et enfin maréchal de Bouillon. Il fut créé chevalier de l'Ordre du roi, et nommé capitaine de 5o lances. Il devint capitaine de ht compagnie des Cent-Suisses de la garde ord.uaire du roi, le 1e1 janvier 153?, à la place de son père. On le créa maréchal de France, par état donné le 29 avril i547, à la place du maréchal d'Aunebaud, dont la charge n'avait point été remplie depuis qu'il s'en était démis, eu
(1) A la première sommation de se rendre que le comte de Nassau avait laite aux habitants de Pérou ne, on lui avait répondu, au nom du maréchal, qu'il n'entrerait dans Péruune qu'en passant sur le ventre au commandant et à la garnison. Le siège de Péronnc avait répandu la consternation dans Paris. Sa prise aurait facilité les courses des ennemis jusqu'aux portes de cette capitale.
DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 5/j5
i544* H obtint des bienfaits du roi, au mois de juin 1 547» les seigneuries et châtellenies de Château -Thierry et de Châtillon-sur-Marne. Le 26 du même mois , le roi ayant formé trois départemens dans le royaume, pour le maintien de la discipline des troupes, le maréchal de Bouillon eut dans le sien la Bourgogne, la Champagne, la Brie, et les pays enclavés dans ces provinces. Il rendit au pape .Iules JII l'obéissance filiale, en i55o, au nom du roi, dont il était l'ambassadeur. En 1 .'>."»••. il servit à la prise de Metz. Celte même année, il reprit le château de Bouillon , et toutes les autres places de son duché , que l'empereur tenait par usurpation depuis 3o ans. Le roi lui avait accordé des troupes pour cette expédition, après laquelle il lui donna le rang de duc en France. Il fut fait lieutenant-général en Normandie, par lettres registrées au parlement de Rouen, le 10 décembre de la même année. Chargé de défendre Hesdin, en i553, il employa tout son monde, et travailla lui-même à réparer les brèches et à faire des retranchement»; mais, malgré tous ces travaux, que le canon ennemi rendit inutiles, il se trouva réduit à l'obligation de capituler. Les assiégeants prévinrent la capitulation, forcèrent et pillèrent la ville, et prirent le maréchal. On le conduisit à l'Écluse, en Flandre, où il demeura jusqu'à près la trêve , conclue à Yaucelles, le 5 février *556. Il mourut quelques jours après, en arrivant à Guise. (Chronologie militaire , tom. Il, pag,tô$; Histoire de France, du Père Daniel; Dupleix , le président de Thou , Histoire des Grands - Officiers de la Couronne, l'abbé le Gendre, Dictionnaire des Maréchaussées , Davila, d'Jubigné, la Popelinière.)
de la MARCK , voyez d'Aeemibbg. v
de MARCOGNET, voyez Binet.
de MAKEIL, voyez de Chaumost.
de MARESCOT (Armand-Samuel, comte), pair de France
et lieutenant général de génie, naquit à Tours, le 1" mars vu. 44
1^58. Après avoir fait ses éludes au collège de la Flèche, il entra à l'école Militaire, d'où il sortit au commencement de 1776. Ses parents lui ayant laissé le choix de son état, il embrassa la carrière militaire, et se détermina, par inclination , pour Parme du génie. Les connaissances qu'il y déploya le firent arriver assez rapidement au grade de capitaine, et ce fut dans ce grade qu'il commença à servir dès les premières campagnes de la révolntion française. Il se trouva à la déroute de Marquait), le 29 avril 1792 , sous les ordres du général Théobald de Dillon, qui fut massacré par ses propres soldats. Marescot lui-même eut peine à échapper à la fureur des assassins de son général. 11 mit en état de défense la place de Lille, ainsi que la partie des frontières du Nord qui avoisinent cette ville. Chargé de diriger l'arme du génie, pendant le siège de Lille par le duc Albert de Saxe-Teschen, il contribua puissamment à la belle défense que fit la garnison de cette place, et y fut blessé. Après la levée du siège, il voulut être employé dans l'armée du Nord, qui se portait en avant; mais, n'ayant pu obtenir d'y être attaché comme officier de génie, son désir de faire la guerre le détermina à suivre , en qualité d'aide-de-camp, le géuéral Champmoriu, son ami. Il dirigea, de concert avec M. Dejean , le siège de la citadelle d'Anvers, dont les Français s'emparèrent par capitulation, le 29 novembre 1792. Après avoir pris part, en 1795, aux combats livrés par le général Fichegru à Lille, Meniu , Turcoing et Armentières, il obtint le grade de chef de bataillon du génie, et fut envoyé au siège de Toulon, pour y diriger cette arme. Il s'y distingua, particulièrement en faisant fermer, au moyen d'une ligne de ctrconvallation , les issues par lesquelles la garuisou de Toulon pouvait le plus facilement effectuer des sorties. Il reçut à ce siège une légère blessure. Au commencement de 1794» 'a place de Maubeuge étant étroitement serrée par les Autrichiens, Marescot y fut envoyé, èt donna tous ses soins à la défense de cette place, qui ne fut débloquée qu'après la bataille de FJeurus. Le i5 juin de la même année , il accompagna le général Jourdan dans une reconnaissance géné-
raie des dehors de la place de Charleroi , et ordonna do suite les travaux nécessaires pour faire le siège de cetle ville. Il fit démolir les parapets d'une ancienne redoute, qui gênait pour la marche des attaques. Il fît ensuite rassembler, dans les villages voisins , les échelles et les fascines dont on avait besoin pour donner l'assaut : Charleroi capitula, le 25 du même mois. Les succès de ces deux derniers sièges valurent le grade de colonel à Marescot, qui fut chargé par le gouvernement de reprendre C\ places fortes, dont les ennemis venaient de s'emparer sur la frontière du Nord. Il commença ses opérations par le siège de Landrecies, et ce fut là que, s'éloignaut de la routine ordinaire, il porta hardiment sa première parallèle à i5oo toises de la place, au lieu de 3ooo que prescrivaient les règles et les usages. Les assiégés, entendant le travail des assiégeants, firent uti feu terrible de leur artillerie; mais, l'ayant dirigé pour que leurs projectiles tombassent à la distance de 5ooo toises, il fut sans effet, et les travailleurs n'eurent qu'une treutaine d'hommes tués ou blessés : la place se rendit le 7* jour. Marescot ne déploya pas moins de talents au siège duQuesnoy, soit en choisissant parfaitement ses poinls d'attaque, soit en dounant le change aux assiégés, et fai-. sanî ouvrir des fausses tranchées pour attirer l'attention de la garnison d'un côté de la ville, tandis que d'un autre il ouvrait la véritable tranchée : la place capitula, le 12 août, après 20 jours de siège. Le général Marescot fut récompensé des services importants qu'il venait de rendre, par le grade de général de brigade. Il se prépara alors à assiéger Yalenciennes et Coudé. Le gouverneur de la première de ces 2 places se rendit après une courte résistance, le 28 août, et celui de Coudé ouvrit ses portes à la première sommatiou qui lui fut faite de se rendre. Le général Jourdan, à la tète de l'armée de Sambre-et-Meuse , ayant rejeté les alliés au-delà du Rhin, résolut, au mois de novembre , d'entreprendre le siège de Maestricht , et chargea le général Marescot d'en diriger les travaux. Cette entreprise était alors très-difficile , non-seulement à cause de la force de la place, mais encore parce que la saison, qui
était très- avancée et surtout très - pluvieuse , rendait les tranchées presque impraticables. Marescot surmonta toutes les difficultés; et, par le moyen d'un plan d'attaque très-savant, et dont il était Pauteur, l'ouverture delà tranchée fut complètement dérobée aux assiégés, et la place fut obligée de capituler, le 3 novembre, après avoir essuyé un bombardement qui avait incendié beaucoup de maisons. Marescot fut promu au grade de général de division du génie, le 8 novembre 1794. En 1795, le comité de salut public, craignant pour la place de Landau, en confia la défense au général Marescot. Cette place fut un moment cernée par les ennemis, qui ne l'attaquèrent point en règle, quoiqu'elle n'eût qu'une garnison de 1200 hommes, ce qui était à peu près le tiers des forces suffisantes pour faire le service dans le cas d'un siège. Avec d'aussi faibles moyens, Marescot osa tenter des sorties, et parvint à éloigner les 6000 ennemis qui bloquaient Landau. Il parvint aussi à maintenir ses communication avec Strasbourg, à favoriser l'arrivée des convois , et à pousser des postes jusqu'à Spire. Il fut employé ensuite à la défense du fort deKehl. Nommé, dans la même année 1795, commandant de l'arme du génie à l'armée des Pyrénées -Occidentales, il fit les préparatifs du siège de Pampelune, et allait continuer ce siège, lorsque la paix se fil avec l'Espagne : le général Moncey le chargea de l'exécution du traité. En 17966! 1797, il commanda le génie aux armées d'Allemagne, du Rhin et du Danube. On l'y vit tantôt occupé de mettre en état de défense la frontière du Rhin, et tantôt prendre part aux combats dont elle fut le théâtre. Marescot, qui s'était fait remarquer par Buonaparte pendant le siège de Toulon , fut nommé, en 1798, membre d'une commission chargée de tous les préparatifs de l'expédition projetée contre l'Angleterre. En 17999 il fut porté , par le suffrage des deux conseils du gouvernement, sur la liste des candidats pour une place vacante an directoire -exécutif. Il servit , cette même année, comme commandant du génie, à l'armée d'Helvétie , sous les ordres du général Masséna. Il fut ensuite nommé membre du comité militaire établi près du
directoire -executif; mais il n'exerça cette fonction que pendant très peu de temps, ayant été envoyé pour défendre la forteresse de Mayence, sur laquelle on craignait que les ennemis ne fissent quelque tentative. Après la journée du 18 brumaire an 8 (9 novembre 1709), Buonaparte, devenu premier consul, nomma le général Marescot premier inspecteur du génie , et lui confia en cette qualité le commandement dn corps du génie et l'administration des fortifications (i). En 1800, Marescot accompagna Buonaparte à l'armée d'Italie. Chirgé par le général en chef Berlhier de faire une reconnaissance exacte de toutes les parties des montagnes que cette armée devait passer pour pénétrer en Italie, il s'acquitta de cette mission avec une grande intelligence , et ce fut d'après son rapport , et ses réponses aux questions que lui adressa le premier consul , que l'ordre de franchir le mont Saint Bernard fut donné. 11 concourut, avec le général d'ariillerie Marmont , à l'attaque du fort de Bard. L'armée ayant pénétré en Italie, Marescot fit la campagne qui se termina par la célèbre bataille de Marci.go. En 1802, il fut nommé commandant général du génie à tous les camps assemblés pour une expédition contre l'Angleterrc. En 1804, il fut fait grand officier de la Légiond'Honneur, et fut élu , dans la même année, candidat au sénat-conservateur, parle département de Loir et- Cher. Il devint grand-cordon delà Légion-d'Honneur , le 1 février i8o5. Au mois de septembre de la même année , il accom • pagna Napoléon à la grande-armée d'Allemagne, et revint en France, en 1806. Employé, en 1808, à l'armée d'Espagne, il y fut chargé, d'après les ordres de Napoléon , d'inspecter les fortifications de Cadix et les côtes méridionales de l'Espagne. En attendant qu'il pût remplir cette mission, le général Marescot joignit, en Andalousie, le corps d'armée' que commandait le général Dupont. Il si-
(1) Cet emploi était équivalent à celui du directeur-général des fortifications , qu'ont exercé autrefois les maréchaux de Vauban et d'Àifeid.
gna, comme témoin, à Andujar, le 22 juillet, la capitulation dite de Baylen, à laquelle il avait pris part, et en vertu de laquelle les troupes du général Dupont devaient être transportées en France. A la suite de cette capitulation, le général Marescot tomba dans la disgrâce de Napoléon; et, rentré en France, il y fut traité avec une rigueur excessive. Il fut d'abord incarcéré à Paris, puis détenu à Tours, et ne recouvra ses litres, son rang et son activité qu'après la restauration du trône des Bourbons, en i8i4- S. M. Louis XVIII le nomma premier inspecteur du génie de ses armées, et l'envoya, comme commissaire, dans la 20* division militaire (Périgueux). Le général Marescot fut créé chevalier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, le i" juin, et revêtu du titre de comte, le 2/§ septembre suivant. Le roi le nomma membre de la commission chargée de déterminer le classement des places de guerre. Il obtint la décoration de graud'eroix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 27 décembre de la même année. £11 18 1 5 , pendant l'invasion de Buonaparte sur le territoire français, le général Marescot refusa, après le 20 mars, de se reudre aux armées de l'usurpateur ; mais ayant cependant été employé par Buonaparte, il perdit de nouveau son activité, à la seconde rentrée du roi dans ses états. S. M. l'a créé pair «le France, le 5 mars 1819. [Moniteur , tutanoiits du temps.)
des MARETS (Jean- Baptiste -François), marquis de Maiilebois , maréchal de France, naquit à Paris, le 5 mai 1682. Il entra aux mousquetaires, le 18 juin 1698; passa soijs-lieuteuant dans le régiment du Roi infanterie , au mois d'août 1699, et luttait sous-lieutenant réformé au même régiment, le 25 octobre 1700. Il servit, en 1701 , à l'armée de Flandre , commandée par le maréchal de Bouftlers, et fut employé à la même armée, sous M. le duc de Bourgogne. Il combattit à Nimègue, le 11 juin 1702. Devenu colonel du régiment de ïouraine, par commission du 28 février 1703 , il servit à l'armée d'Allemagne , sous M. le duc de Bourgogne et sous le maréchal de Tallart ,
H s'y trouva à plusieurs affaires , sièges et prises de places. Employé à Tannée de Savoie, eu 1704 , sous le duc de la ' Feuillade , il servit au siège de Suze, emporta à la tête des grenadiers la hauteur de la Brunette. Il soumit ensuite la vallée de Saint- Marliu, et força le poste de Rochetaille dans la vallée d'Aost. Il prit, au commencement de la campagne de 1705 , le château de Castello; servit au siège et à la prise de Villef rauche et de son château , et à la prise de Nice, le 9. Il conduisit Tavaut-garde de l'armée pendant neuf jours qu'elle marcha pour joindre le duc de Vendôme, et se trouva au siège de Chivas, qui capitula, le 28 juillet. Il combattit, le 19 avril 1706, à Calcinato, où le comte de Reventlau fut défait. Au siège de Turin, il força, à la tête des grenadiers, les lunettes de l'avantchemin couvert et une conlre-garde. A cette action, il fut blessé et presque enseveli dans une mine. 11 combattit , le 7 septembre, à l'attaque des lignes de Turin et à la levée du siège; commanda Tarrière-garde de l'armée lors de sa relraite; fit travailler en diligence au chemin de la vallée de Pérouze, et le rendit praticable à l'artillerie et aux équipages, qu'on aurait abandonnés, faute de ce passage. Employé à Tannée du Dauphiné, sous le maréchal de Tessé, en 1707, il contribua à la levée du siège de Toulon, par le duc de Savoie et le prince Eugène, le 22 août. Il culbuta ensuite Tépée à la main trois bataillons allemands retranchés à la Grand'Croix au haut du Mont-Cenis. Il servit, en 1708, à la défense de Lille; et, s'y étant signalé dans une sortie, le 11 septembre, le roi Téleva au grade de brigadier par brevet du 19. 11 fut un des otages après la capitulation, qui eut lieu le 25 octobre. Il obtint la charge de bailli et le gouvernement de Châteauneuf en Thimcrais, par provisions du 10 mars 1710. Il fut fait maître de la garde-robe du roi , par provisions du 22 mars 1712. Il servit en Flandre, la même année, sous les maréchaux de Villars et de Montesquiou. Destiné avec 13 bataillons pour la défense de Alaubeuge que les enuemis menaçaient d'un siège, il sortit de cette place après le combat de Denain, le 24 juillet, et marcha aux sièges et à la
55â DICTIONNAIRE HISTORIQUE
prise de Douai, du Quesnoy et de Boucha in. Pourvu de la charge de lieutenant-général au Haut-Languedoc, sur la démission du marquis d'Alègre, son beau-père, par provisions données à Marly , le 19 janvier 1710 , il prêta serment, le 5 février , et ses provisions furent enregistrées au parlement de Toulouse, le 10 décembre, et à Montpellier, le ao février 1714* U servit, en 1713, à la prise des villes de Spire, Worms, de Kayserslautern et de Landau ; à la défaite du général Vaubonne, dont on força les retranchements, et à la prise de Fribourg-, ainsi que du fort et des châteaux. Créé maréchal- de-camp, par brevet du 8 mars 1718, il se démit du régiment de ïourainc II obtint le gouvernement de Saint-Omer, par provisions du 10 août 1723. On le reçut chevalier des Ordres du roi, le 3 juin 1724* Envoyé comme miuistre plénipotentiaire à la cour de Bavière, en 1726, pour le traité de Hanovre, il commanda en Dauphiné a son retour. Promu au grade de lieutenant-général des armées du roi, par pouvoir du 22 décembre 1731 , il fut employé à l'armée d'Italie, par lettres du 6 octobre 1733. Il investit, le 11 novembre, Gerrad'Âdda , qui capitula , le 28. Il concourut à la prise de Pizzighitone et du château de Milan , en décembre i7a3, et à celle de Trezzo, de Leno et de Fuenles , au commencement de janvier 1734» Le 5, il fit la garnison de Sarravalle prisonnière de guerre. Il se rendit maître de Tortonne, U 28, et du château , le 4 février. 11 continua d'être employé à cette armée, par lettres du 1" avril. Les ennemis ayant détaché, le 25 mai, 200 dragons pour attaquer le château de Colorno , le marquis de Maillebois, qui commandait le camp de Sacca, y accourut avec 4 compagnies de grenadiers, tomba 6ur le détachement ennemi, le mit eu déroute, et tua ou blessa i5 dragons* Ms ennemis ayanl fait marcher, le 1" juin, 4000 hommes d'infanterie et 1200 cuirassiers avec 6 pièces de canon contre ce château, le marquis de Maillebois s'avança avec 10 compagnies de grenadiers et les piquets de son camp, pour favoriser la retraite de l'officier qui commandait dans Coloruo : elle se lit eu bon ordre. 1^ 4, à la tê& de 20 compagnies de grena-
diers et de 20 piquets, il marcha à Coiorno; entra dans la partie de ce bourg , qui est en-deçà de la Parma ; pénétra de maisons en maisons, eu chassa les ennemis, et étendît ses troupes par la droite et la gauche le long de la chaussée , pour masquer te pont de Coiorno , et pour occuper plus sûrement le pont' de pierre qui est sur l'Oruo. Il attaqua ce dernier pont, et renversa tes ennemis, qui, en se retirant , essuyèrent tout le feu des grenadiers, placés au centre avec le marquis de Maitiebois. Ils se renfermèrent dans le château et dans le jardin, d'où ils continuèrent de tirer jusqu'à la nuit. Cependant, le marquis de Maillebois ayant fait établir deux ponts sur l'Orno, à quelque distance du château, l'infanterie et la cavalerie y passèrent, et allèrent camper vis-à-vis la Parma. Le 5, au matin, 2000 des ennemis se présentèrent vis-à-vis des deux ponts ; mais le marquis de Maitiebois les contraignit de se retirer. Il se disposait à passer la Parma, au-dessus de Coiorno, lorsqu'il apprit que les Impériaux abandonnaient cette place. Il commanda aussitôt des détachements pour les poursuivre. Le 29, le comte de Mercy aitaqua l'armée française, à Parme : le marquis de Maillebois commanda la droite pendant presque toute l'action, et y fut blessé. Détaché , le 19 juillet , pour se saisir de la ville et de la citadelle de Modène , il s'en empara , le 20 , par capitulation. 11 obtint le gouvernement de. Douay, par provisions du i5 août, et se démit du gouvernement de Saint-Omer. Il commanda, le 16 septembre, l'arrière-garde, pendant la marche que firent les armées de France et de Piémont sur Guastalta, après la surprise de la Secchia, en présence des Impériaux. A la bataille de Guastalla, le 19, les ennemis se portèrent, par leur gauche, sur le chemin de Luzzara; le marquis de Maillebois, qui s'y trouvait avec 4 pièces de oanon, a bataillons du régiment du Maine et le régiment de Nivernais, soutint trois de leurs charges, marcha sur la chaussée, les prit en flanc et de front, les culbuta, et les contraignit de fuir : la bataille finit par cette action. Il fut détaché, le 20, avec G bataillons et 2 régiments de cavalerie, pour passer le Pô, et pour se joindre, sorl'Oglio,
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au corps de troupes commandé par le marquis de Sandri* court. On le détacha encore, le 3o, à la tête de 6 bataillons et de 10 escadrons, pour faire le siège de la M irandolc. Dès le 3* jour du siège, il s'était établi sur le chemin couvert de cette place , et la brèche étant assez avancée , il avait tout préparé pour la descente du fossé; mais, ayaut appris, le 12 octobre, que les Impériaux marchaient au secours des assiégés, et que leur armée était très-supérieure en nombre à ses troupes, il prit le parti de se retirer et de reconduire ses troupes à Modène. Il fut encore employé à l'armée d'Italie , par lettres du i,r avril i?35. A la tête du corps de réserve, composé de deux brigades d'infanterie, de six escadrons et de deux régiments de dragons, il marcha, le 29, surReggiolo, qu'il battit avec son canon depuis le matin du 3i jusqu'à huit heures, que le commandant de ce château se rendit à discrétion. Il s'avança de là, le 1" juin, à Bondanelle, pour y faire construire sur la Secchia un pont, par lequel on pût communiquer avec les Espagnols, qui étaient arrivés de l'autre coté de cette rivière. Le 6, à la tête des grenadiers de l'armée, il s'empara, pendant la nuit de toutes les cassines qui étaient depuis Quingentoli jusqu'aux portes de Révéré. Il entra, le y9 dans cette place que les ennemis avaient abandonnée. On le laissa, le 9, dans le camp de San-Benedetto avec 12 bataillons, 8 escadrons et 100 hussards pour garder le Pô depuis la Secchia jusqu'à Borgo-Forte. Commandant le corps de réserve sous M un loue, dont il forma le blocus, il fit attaquer, au mois de juillet, trois patrouilles qui sortaient tous les jours de cette ville, tua une partie des hommes dont les patrouilles se composaient, et s'empara du reste. Dans la nuit du 9 au 10 septembre, les Impériaux détachèrent du côté de la Ferrara un corps d'infanterie; mais ils s'en éloignèrent aussitôt que le marquis de Maillebois eut fait soutenir ce poste par quelques compagnies de grenadiers. Les troupes françaises étant sorties du Mautouan après l'armistice , il les commanda dans le duché de Milan, en 1700' , et rentra en France avec elles au mois d'août. Il commanda en Dauphiné , par commission du 5
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novembre, et se démit, le même jour, en faveur de son fils de la charge de maître de la garde-robe du roi. Il demeura en Dauphiné jusqu'au mois de janvier 1739, époque à laquelle il fut nommé pour aller commander les troupes du roi dans Pile de Corse, par pouvoir du 1" mars. Il arriva en Corée, le ai, et soumit Bastia, le i5 avril. Les rebelles ayant attaqué , le 18 mai , le poste de Ficabruna et l'Herniitage de Saint-Antoine, le marquis de Maillebois y envoya deux détachements qui dissipèrent les insurgés. Le 19, ces derniers tentèrent de surprendre un autre poste du côté de Nebio, et prirent la fuite à l'arrivée du renfort que le marquis de Maillebois détacha pour soutenir la garnison. Le 2 juin, il marcha, avec toutes les troupes qu'il avait à Bastia, jusqu'à la chapelle, de Saint- Nicolas à l'extrémité du Nebio. Le 3 , a la pointe du jour, il les partagea en plusieurs corps. Les rebelles, attaqués dans les gorges et sur les hauteurs de San-Jacomo et de Bigomo, furent forcés de se soumettre, de fournir des 0tages, et d'apporter leurs armes. Les détachements du marquis de Maillebois eurent le même succès à Monte* Maggiore, à Catari, au couvent de Murcasso, à Monticello, à Santa-Reparata, au couvent d'Aregno et à Sant-Antonino : le reste de la Balagna prit aussi le parti de la soumission , et cette province fut presque entièrement désarmée. Il campa , le 17, à Pastoreccia, où il reçut les armes des Pièves de Rostino, de Cazaçoni, de Talcini> d'À^ mena et de Cortè. Les Pièves de Cazinca , de Moriani , de Tavagua apportèrent aussi leurs armes, et donnèrent des otages. Les Pièves d'au-delà des montagnes vinrent en foule, au mois de juillet , remettre leurs armes; et la communication commença à se rétablir dans toutes les parties de Pile de Corse : cette Ile se trouva totalement pacifiée, au mois d'octobre, par la réduction des postes de Talaro et de Ziccarro. L'inquiétude de ces peuples fit renaître quelques troubles dans les années suivantes; mais le marquis de Maillebois en arrêta les progrès. H commanda dans cette île, jusqu'à ce qu'ayant été créé maréchal de France, par état donné à Versailles, le 11 février 1741 ,
registré au siège de la conoétablie, le i3 octobre 17471 H revint en France. II prêta serment, le 19 juin 1741. Il eut le commandement de l'armée de la M u>e , par pouvoir du ao juillet, et partit de Paris, le a6aoùt, pour aller prendre des quartiers d'hiver dans la Westph ilie. Il continua de commander cette armée, en 17 ]i9 et la conduisit par la Bavière au secours de Prague. Étant parti d'Amberg, le 16 septembre, il arriva, le 19, à Weidhausen. Après avoir reconnu les retranchements faits par les ennemis dans la gorge de Roschamp, et défendus par 10,000 hommes, il' s'empara du défilé de Meringue, le ai. Le même jour , il fît forcer 4<>o hommes, retirés dans la ville de Plan, de capituler et de se rendre prisonniers île guerre. Il rassembla toutes ses troupes à Meringue pour déboucher dans la plaine. Il passa l'Éger, le 10 octobre; attaqua la ville d'EHenbogen , défendue par 4600 Croates ou Pandours et 160 hussards, s'en rendit maître, et y prit 5 canons. Il chassa ensuite 1200 hussards de la ville de Falkenaw, où il campa, le 11. Le grand duc de Toscane ayant fait couper par les troupes autrichiennes tous les défilés qui conduisent du cercle d'EHenbogen à celui de Saatz, le maréchal de Maillebois retourna sur trois colonnes vers Égra, où il arriva,' le ao. Le 24, il se remit en marche pour se rendre à Amberg. 11 passa le Danube avec son avaut-garde, le 7 novembre, et se rendit à Ingelfingen, où il rem 1, le ao, le commandement de l'armée française au maréchal de Broglie. Il eut, le 7 octobre 1 744» un pouvoir pour servir dans l'armée du Rhin, commandée par le roi , et concourut au siège de Fribourg. Le roi lui donna, pendant l'hiver, le commandement de l'armée du Bas-Rhin , par pouvoir du i** novembre. Fribourg capitula,'le 6, et les châteaux se rendirent, le a5. L'électeur et le chapitre de M.tyence ayant refusé de remettre au maréchal de Maillebois le fort de Kœnigslein, les Français investirent cette place, le 37 mars 1745. Les batteries furent entièrement établies , le 3o j et le gouverneur capitula. Le maréchal de Maillebois fut nommé pour commander l'armée d'Italie , sous les ordres de l'infant don Phi-
lippe, par pouvoir du 1" avril. Il se saisit, le 6 juillet* de la vallée de Spioo, et détacha , le 9, 4 bataillons et 1200 hommes de cavalerie, qui chassèrent les ennemis de Beslagno et d'Acquy : le château de cette dernière place se rendit, le 10, à discrétion. Le 24, le maréchal de Maillebois fit investir Saravalle. La garnison capitula, le 2 août, et se rendit prisonnière de guerre. Il assiégea Tortonne , le 6, et fit ouvrir la tranchée, dans la nuit du 8 au 9. La villa capitula, le 14, et la garnison se relira dans le château dont on forma aussitôt le siège. Le maréchal étant à la tranchée, le 19, se porta jusqu'au pied de l'escarpement pour examiner de plus près les ouvrages de l'ennemi , auxquels il résolut d'attacher le mineur : le château capitula, le 3 septembre. On y trouva 40 pièces de canon , des vivres pour 4 mois et une grande quantité de munitions de guerre. Il prit la ville de Plaisance à discrétion , ainsi que le poste de Piovera ; soumit le Plaisantin et le Parmesan, passa le Pô, et se rendit maître de Pavie, le 22 : 600 hommes de la garnison furent prisonniers de guerre; 400 autres s'enfermèrent dans le château qu'on emporta. Il battit, le 27, l'armée du roi de Sardaigne à Rivaronne^ lui tua 3oo hommes, et en fit i5oo prisonniers. Il investit ensuite Alexandrie , et y fit ouvrir la tranchée , dans la nuit du 6 au 7 octobre : cette ville capitula, le 12. Valence se rendit, le 5o, à discrétion ; Asti, le 17 novembre, et Cazal, le 29. Créé grand d'Espagne de la première classe , par décret du mois de décembre, le roi permit au maréchal d'accepter cet honneur, parbrevet du 8 janvier 174^. Maillebois continua de commander l'armée d Italie, sous les ordres de l'infant don Philippe, pendant la campagne de 1746. Pour obliger les ennemis de lever le siège de Valence , il passa la Bormida le 1" mai, se porta sur le Tanaro , attaqua le pont que les Piémontais y avaient construit et les enchâssa. La garnison de Valence capitula, la nuit du 1" au 2. Le maréchal fit investir la ville et le château d'Acqui , qui capitulèrent , le 4. Il occupa , le 6, les postes de Pouzoue et de Ter zo et les hauteurs d'Alicé ; attaqua, le 10, Montaboni; tua aux Piémontais 4o hommes , et eu fil 100 prisonniers»
Le 1 7, il fit sauter les fortifications d'Acqui , et repoussa les ennemis, qui tentèrent de s'emparer du pont que les Français avaient sur la Bormida. Ayant marché par Tortonne , il se joignit aux Espagnols, le 14 \uio. On força, le i5, les ennemis d'abandonner les cassines qu'ils avaient fortifiées. / Le 16, le maréchal passa le Refude en bataille. Au moment où il se disposait à soutenir une colonne espagnole, il s'aperçut que la cavalerie ennemie et le feu prodigieux d'une batterie commençaient à mettre cette colonne en déroute. Il se mit à la téte des dragons , qu'il fit combattre à pied , et arrêta l'impétuosité de la cavalerie autrichienne; mais un nouveau corps de cavalerie, prenant en ilanc l'infanterie du maréchal , y mit un désordre qu'il ne fut pas possible dë diminuer. Le maréchal prit un drapeau qu'il porta en avant de la ligne, dans l'espérance de ranimer le courage des troupes et de les ramener à la chargé; mais n'ayant pu y réussir, il se retira en-deçà de Refudo , et ce ne fut que derrière la -N avilie qu'il parvint à rallier les troupes : cette action se passa à San-Lazaro. Le maréchal, pour regagner Plaisance, résolut de passer le Po; et, dès le 8 du mois d'août , vers le soir, on remplit d'infanterie uu grand nombre de barques préparées dans l'embouchure de Lambro. Ce convoi partit à minuit , et battit les détachements ennemis qui gardaient la rive droite du Pô. A huit heures du matin, le 9, les ponts étant établis, le reste de l'armée, ainsi que l'artillerie et les équipages, effectuèrent leur passage. Le maréchal s'empara par un détachement du poste de la Stradella. Le général Rotta attaqua, le 10, l'armée française et espagnole; mais on le contraignit de repasser le Tidon avec perte de 6000 hommes. Le maréchal de ftlaillebôis, obligé par les circonstances de se retirer dans le comté de Nice, fit une retraite d'autant plus belle, qu'il avait le roi de Sardaigne en ilanc , les troupes de la reine de Hongrie eu queue, et que les vaisseaux anglais l'inquiétaient à sa gauche. Il repassa le Var, à la fin d'octobre, fortifia Toulon, et mit Antibes, ainsi que les autres villes de Provence , en état de se défendre. 11 remit, le ai novembre, le commandement de
l'armée au maréchal de Belle-Isle, et ne servit plus. Il se démit en faveur de son fils, au mois de juin 1753, du gouvernement de Douai, et au mois de décembre 1755, de la lieutenance-générale du Haut-Languedoc. Il obtint, à la mort du maréchal de Coigny, le gouvernement-général d'Alsace , par provisions données à Versailles, le 19 décembre 17%, et se démit, au mois de janvier 1760, de la charge de maître de la garde-robe du roi. Il mourut à Paris, le 7 février 176a. (Chronologie militaire» tom. HI, page 32o; son état de maréchal de France , Bauclas, Moréri, mémoires du temps, le président Hénault, Histoire de France, par Anquetil, tom. FUI ; Biographie universelle, ancienne et moderne , tom. XXV 7, pag. a4o.)
de MARGARIT de Bièvre (Joseph), marquis d'Jguilar, naquit en 160a. Il fut créé lieutenant- général des armées du roi , le 28 avril i65 1 , et mourut à Perpignan , le 17 juillet i685. {Chronologie militaire , tom. IV pag. 10 1.)
de MARILLAC (Louis, marquis), maréchal de France, naquit en Auvergne, au mois de juillet 157a. Il servit comme volontaire au siège de Laon , en 1694; au combat de y Fontaine-Française, en i5q5; au siège de la Fère, en 1596, et au siège d'Amiens, en 1597., Après la prise de cette dernière ville, il obtint une compagnie de chevau- légers. Il devint gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, en 1598, et sous lieutenant de la compagnie des gendarmes du duc d'Anjou, en 1608. Le roi l'envoya dans les cours de Savoie , de Mantoue , de Florence , et près la république de Venise, en 1611. Il fut nommé, en 1616, ambassadeur en Lorraine , en Allemagne et en Italie , au sujet de la paix de Loudun. Créé maréchal- de-camp, et commissaire-général des camps et armées , en 161 7, il servit en cette qualité à l'armée de Champagne, commandée par le duc de Guise , et le maréchal de Thémincs. Il marcha au siège de Montauban, investi le 17 août 1621, et y fut blessé. Il se trouva au siège de Monheurt, rendu au roi le 1 2 décembre. Il se jeta, le 14 avril i6aa, dans l'île Periés, qu'il défendit contre les attaques de Soubise. Il passa, le 16 , avec le roi,
dans l'ile de Riés , où Ton tua i5oo rebelles : on en fit un .pareil nombre prisonniers de guerre. Il commanda l'attaque de la gauche au siège de Royan, que le roi prit, le 1 1 mai; se trouva à l'assaut qui emporta Nègrepelisse , le 2 juin; au siège de Saint- An ton in , rendu au roi à discrétion, le 22, et au siège de Montpellier, qui rentra dans l'obéissance , le 19 octobre. Il commanda en chef au pays Messin, en 1624. Il y commanda aussi sous le duc d'Angouléme , en i6a5. Le roi le nomma au gouvernement de la ville et de la citadelle de Verdun , par provisions du 19 avril. Il leva un régimeut d'infanterie, par commission du 29. 11 obtint la lieutenancegénérale desÉvêchés de Mets, Toul et Verdun, sur la démission de Montigny, pur provisions du 25 mai, et continua d'y commander, sous le duc d'Angouléme, en 1626. Employé comme maréchal-de-camp à l'armée d'Aunis, il se siguala au siège de la Roehelle, et à la prise de l'île de Ré, en 1627. Ou licencia son régiment au mois de novembre 1628 , après la prise de la Rochelle. Le roi le fit alors capitaine-lieutf nant de la compagnie des gendarmes de Marie de Médicis. Il commanda en chef l'armée de Champagne , en 1 b'29. Il la conduisit en Languedoc, au siège de Privas, que la gitrnUou et les habitants abandonnèrent , après un assaut , pour se retirer au fort de Tou- Ion, qu'ils rendirent au roi , le 29 mai. La conduite et la valeur de Marillac à ce siège déterminèrent le roi à le nommer maréchal de France, par état donné au camp devant Privas , le 1" juin. Il prêta serment, le 3. Il commanda, en i63o, une petite armée en Champagne, pour défendre la frontière contre les entreprises de l'empereur. Il eut ordre de mener ses troupes en Piémout : il s'y rendit pour secourir Cazal. S'étant déclaré l'ennemi du cardinal de Richelieu , ministre absolu et tout-puissant sous Louis XI 11 , il fut arrêté au camp devant Folizzo, le 22 novembre (1),
(1) L'historien de» Grands Officiers de la Couronne, et l'auteur dû Dictionnaire des maréchaussées qui l'a copié , datent sa détention du 5o octobre. C'eut une méprise.
et conduit au château de Sainte- Ménéhould : on le transféra à la citadelle de Verdun , et L'on y établit uue chambre pour le juger. On le traduisit ensuite au château de Pontoise, de la à Ruel, où l'on établit une nouvelle chambre , qui instruisit son procès : il fut condamné à mort, pour crime de péculat, le 8 mai i632, et eut la tête tranchée, le 10 mai i63a (1). (Chronologie militaire, tom. II, pag. 4 76, fournalde Bassompierre, Dupleix, Hist. de Louis XIII, du Père Griffel, le Vassor, l'abbé k Gendre, Mercure français. Histoire des Grands-Officiers de la Couronne. Moréri, Biographie universelle, ancienne et moderne, tome XXV II , pag. 148.)
de MARIN , voyez dc Boi<zet.
db MARMONT, voyez de Viesse.
de MARNAYS (Jean-Baptiste), comte de la Bastie-Vercel, fut créé maréchal-de-canip , le i** février 1719. Il mourut , le 1 2 janvier 1752 , à l'âge de 68 ans. [Chronologie militaire , tom. VII, pag. 44.)
de MARNAYS de la Bastie , (Joseph), chevalier de Saint- André, fut créé maréchal-de-camp , le 20 février 1734. Il mourut, le 18 octobre 1742, âgé de 71 ans. [Chronologie militaire, tom, VII, pag. 100.)
de la MARQUE - D'ARROUZAT (Jean -Batiste-Isidore, baron), maréchal-de-camp , naquit à Drazon, le 25 août 1762. Il entra au service, le 1* septembre 1791, et fut alors nommé capitaine au ier bataillon du département des Landes. Il fit la guerre à Tannée des Alpes; se trouva au siège de Toulon ; servit à l'armée d'Italie pendant les premières campagnes , puis en Égypte , en Allemagne et en Espagne, jusqu'en 1814. Au combat d'Arcole, il avait fait 200 pri-
(1) Le chevalier du guet qui le conduisait au supplice lui ayant dit *
• J'ai grand regret de vous voir ainsi. . - . Aye*-en regret pour le roi,
• et non pour moi » , répondit le maréchal.
sonniers et pris lui-même un commandant autrichien. Sa belle conduite à la bataille de Wagram , où il commandait le 3' régiment d'infanterie légère, lui valut la décoration de la Légion-d'Honneur que* Napoléon lui accorda, le 16 juin 1809. Il fut en même temps titré baron d'empire, avec dotation. Il se distingua, le 5 mai 1811, au combat de Fignierre, et le 24 iauvier 181 5, à la bataille d'AlUfulla. A cette dernière affaire, étant à la tête de 2 bataillons, il enleva les positions de l'ennemi et fit i5oo prisonniers. Créé maréchal-de-camp , le 24 mai 1812, il commanda à Lértda, en 1 8 1 5. Pendant l'invasion de Buooaparte en France, eu 18 15, il eut le commandement des gardes nationales du 9e corps d'observation, sur le Var. {Etals militaires, annales du temps,)
de MARQUESSAC , voyez de Hautefoet.
de MARSAN, voyez de Lorraine, .de MARSIN, voyez de Mârckin.
de MARTANGES, voyez Bouet.
MARTEL (Philippe-André), maréchal-de-camp, né à Rives, en Dauphiué, le 5i juillet 1771, entra au service, comme lieutenant , à la formation du 4* bataillon des volontaires de l'Isère, le i3 novembre 1791. Ce bataillon fut incorporé, le 27 février 1794 > dans la 46* demi brigade de ligne, devenu 39% où Martel obtint le grade de capitaine, le 17 août 1796. Nommé adjoint à l'état- major de la 5' division militaire, dite de Lombardie (Italie), au mois de novembre 1797, il y fut employé jusqu'au 10 juillet 1801 , époque à laquelle il devint aide-de-camp du général de brigade Fiorella. Ce général, étant passé au service du royaume d'Italie, en qualité de lieuteuant-général, Martel l'y suivit comme aide - de-camp , et avec le grade de chef dVscadron , qui lui avait été conféré, le 24 mars 1804. Nommé adjudant-commandant le 2 février 1807, il fut promu au grade de général de brigade, le 11 juillet
1811, et breveté maréchal-de-camp, au service de France, le 3o décembre 1814. Il a fail la campagne de Savoie en 179a, et celle des Alpes, et s'rst trouvé au siège de Toulon, en 1793. 11 a aussi fait les campagnes d'Italie en 1794, i^g5, 1796, 1797, 1798 et 1791. Il fut fait prisonnier de guerre à Turin, le 21 juin de cette dernière année, et sortit des prisons d'Autriche, le 6 mars 1801. Il fut encore employé à l'armée d'Italie, en i8o5; et, dans cette campagne, il remplît les fonctions de chef d'état-major de la division Fiorella. Il a fait, à l'armée de Dalmatie, commandée par le duc de Raguse, les campagnes de 1806, 1807 et 1808, en qualité de chef d'état - major du général de Lauriston, puis du général Clauzel, qui succéda à ce dernier dans le commandement des étals de Raguse et de Cataro , où Ton faisait la guerre contre les Russes, et les Monténégrins, leurs alliés. Employé, en 1809, à l'armée d'Italie, commandée par le prince Eugène, il y servit comme chef d'état-major de la division Severoli. Le 16 avril , à la bataille de Sacile, l'adjudant-commandant Martel marcha à la tête du 1" régiment de ligne italien. Au moment où ce régiment chargeait à la baïonnette un ennemi très-supérieur en nombre, et qui menaçait de forcer les Français dans leurs positions, Martel reçut un coup de feu qui lui fracassa le sinus frontal; et, la balle étant restée dans la tête, cè ne fut que . 5o jours après que Ton parvint à l'en extraire. A peine rétabli , il demanda au prince Eugène d'être de nouveau employé à l'armée active, et servit en effet comme chef d'étatmajor des troupes aux ordres du général Vial, commandant l'expédition du Tyrol , pays alors insurgé en faveur de l'Autriche. La partie méridionale de cette province ayant été, à la paix, réunie au royaume d'Italie, elle forma le département du Haut-Adige. Le prince vice- roi en Confia le commandement à l'adjudant-commandant Martel, qui conserva cet emploi jusqu'à la fin de 1810. A celte dernière époque, il fut rappelé à Milan , où le vice-roi lui confia les fonctions de chef d'état-major de la 1" division militaire. En 181 1, il fut nommé aux mêmes fonctions près d'une division de l'armée active, forte d'environ i5,ooo hommes,
564 lUCTIOMUIEE HISTORIQUE
composée de 3 brigades, doDt a d'infanterie et une de cavalerie, et commandée par ie comte Sevcroli. Celte division se rendait à l'armée d'Espagne, et ce fut pendant la route que Martel reçut sa nomination au grade de général de brigade, et eu même temps l'ordre de retourner en Italie. Armé à Milan, on l'envoya prendre le commandement du département du Tagliamentq , auquel fut réuni celui du Passeriano. En février 1812, le général Martel passa au commandement du Haut- Adige, devenu important par le passage des troupes qui se rendaient alors à la grande-armée. Le 1" juillet, il eut ordre d'aller prendre, à Ancéne , le commandement de la 1" brigade de la ae division active , qui s'organisait. A son arrivée, et en attendant que sa brigade fût mise en mouvement, le général de division Barbou , sous les ordres duquel il se trouvait, lui confia le commandement des départements du Musona et du Trotito, où des bandes de brigands, soudoyées par l'étranger, troublaient la tranquillité : bientôt le calme y fut rétabli par les soins du général Martel. Il fil la campagne de 1 8 1 5 . en Allemagne, à la téte de la 1" brigade de la division Fontanclli, faisant partie du 4* corps, qui concourut aux succès des journées de Lulzeu et de Bautzen : un armistice fut alors conclu. A la reprise des hostilités, le 4* corps, qui avait ses cantonnements en Silésie, fut un de ceux qui , sous les ordres du maréchal Oudinot , se portèrent sur Berlin. Cette entreprise échoua, et l'on rétrograda sur Wittemberg. Le maréchal Ney, étant venu prendre le commandement en chef des 4% 7* et i2- corps, marcha en avant, le 5 septembre, et repoussa tous les avant -postes ennemis au-delà de Zana. Le leudemain, jour de la bataille de JutlerbocL, la division Foutanelli faisait Pavantgarde du 4' corps , et la brigade du général Martel formait l'avaut-garde de celte division. Dès huit heures du matin, on rencontra les Prussiens, qui étaient postés sur les hauteurs de Dennevitz, en avant de Julterbock. Le 4' corps ne tarda pas à se trouver engagé sur toute sa ligue; et, malgré la supériorité des forces uumériques de l'ennemi , qui avait une artillerie formidable, ce porps, seul, et pen-
DES GÉNÉRAIT* FRANÇAIS. 365
dant long- temps, tint tête jusqu'à l'arrivée des ?• et 12* corps, qui avaient ordre de se rendre sur ce point, mais dont les mouvements avaient été retardés. La victoire paraissait certuine, lorsque le désordre se mit dans quelques divisions du corps plaeé à la gauche du 4*- L'ennemi en profita; et, pour résister à ses efforts, la division Fontanelli dut ce former eu carré, tandis que , près de là , et sur un plateau à droite du carré, le général Fontanelli, avec une valeur héroïque , dirigeait le feu de l'artillerie qui restait à sa division : une partie de ses pièces avait été démontée par le feu de l'ennemi , et un grand nombre de ses artilleurs tués. La division, accablée et presune enveloppée par les masses de l'ennemi, se maintint, ainsi formée, et sous le feu le plus meurtrier, jusqu'au moment où la retraite fut déterminée. Elle suivit le mouvement de l'armée, qui se dirigeait sur Dahm , et marcha en assez bon ordre, quoique harcelée de tous côtés par les troupes légères qui couvraient le pays. Arrivé à Dahm, le général en chef donna des éloges an général Fontanelli. Dans cette journée , la division éprouva des pertes considérables, en hommes tués ou blessés. Avant de se former en carré, un de ses généraux de brigade, et la plupart des officiers supérieurs, avaient déjà été blessés. Le général Martel eut un cheval tué sons lui, dans le carré, et reçut un coup de feu dans le bras gauche. Ses habits et le cheval -qu'il montait furent criblés de balles. Malgré sa blessure, il resta constamment à la tête de sa brigade. Le 5 octobre , le 4* corps, occupant la position de Wartembourg, fut vigoureusement attaqué par les Prussiens : ceux-ci furent plusieurs fois repoussés ; mais, ayant forcé le passage de l'Elbe sur plusieurs points, et meuacé les flancs du corps français, on dut abandonner la position. La division Fontanelli fil alors l'arrièregarde; et la brigade Martel, quoique serrée de près par l'ennemi, se retira lentement le long de la digue de l'Elbe, et toujours en combattant. Le 16 du même mois, le général Martel se trouva à la bataille de Leipsick. Le 17, il occupa, avec sa brigade, le village de Lindenau. Le 18 au matin, la position en avant de Lindenau fut prise par la division
qui, le même jour, se retira sur Lutzen. Le général Martel se trouva, le 3o, avec la division Fontanelli, à la bataille de Hanau. Le 3i, celte division fut laissée en arrière pour occuper Hanau, pendant que le reste des troupes du 4* corps effectuait le passage de la Kinlzig. Dientôt elle fut assaillie par l'armée austro-bavaroise, qui pénétra de tous cotés dans la ville de Hanau, ouverte et sans défense. La division Fontanelli, qui se trouvait dans une position critique, était restée sous les armes; mais, ayant à faire a l'armée ennemie toute entière , et d'ailleurs extrêmement affaiblie par les pertes qu'elle avait essuyées pendant la campagne, elle ne put opposer qu'une faible résistance aux masses d'infanterie, de cavalerie , et d'artillerie , qui pénétraient dans l'intérieur de la ville par toutes les avenues. Elle perdit du monde, surtout au passage de la Kinlzig; et le général Martel, qui s'était arrêté à la tête du pont avec quelques troupes pour défendre l'approche, y fut sabré par les hussards hongrois , et fait prisonnier, avec un de ses aides-de-camp, qui venait d'être grièvement blessé. Il rentra en France après la restauration du trône des Bourbons, en 1814. Les officiers français, venus du service d'Italie, ayant été, par une disposition du roi, reconnus dans leurs grades et portés à leur rang sur les tableaux de l'armée , le général Martel se retira dans ses foyers, où il resta en non activité jusqu'en i8i5. Le 29 avril de cette année, il reçut, du ministre de la guerre de Buonaparte, l'ordre de se rendre au G* corps dit armée d'observation du Jura, où il commanda la 2* brigade de la division Abbé. Le 29 juin , à l'affaire de Foussemagne , il reçut une forte contusion au-dessous du genou gauche: quelques instants après son cheval fut frappé par un boulet. Le 5 juillet au malin , tandis que le général en chef Lecourbe se portait en avant d'Essert, sur la route de Paris, pour protéger l'arrivée d'un convoi de subsistance que l'on attendait de Vésoul, le général Martel, avec trés-peu de monde , fut chargé de faire une fausse attaque sur le village de Bavillier, dominé par des hauteurs boisées où il y avait de l'artillerie , et dont l'entrée était défendue par une but te
DES GÉNÉRAIT* FRANÇAIS. 36^
couverte d'arbres épais. Ce mouvement avait pour objet d'attirer sur ce point l'attention de l'ennemi, qui y avait concentré des forces considérables. Le but fut rempli , et le convoi entra à Belfort dans la moirée. Le général Martel se retira alors avec sa troupe. Le lendemain, d'après les ordres du général en chef, le général Martel enleva le village de Bavillier, en tournant les positions de l'ennemi, qui, menacé sur ses derrières, se retira en toute hâte. Quelques jours après, à la nouvelle de la seconde rentrée du roi , un armistice fut conclu , et le licenciement de l'armée ayant ensuite eu lieu , le général Martel rentra dans la disponibilité , où il se trouvait avant les événements du 20 mars. {Etats et brevets militaires , Moniteur, annales dit temps.)
de la MARTINIÈRE , voyez Boivin.
M A SC ARE L de Boisgeoffboy (Pierre), fut créé marêchal-de-camp , le 20 juillet i65i. [Chronologie militaire , tom. VI) pag. 3o8.)
de la MASSAYS , voyez Ampboux.
MASSÉ N A (André), duc de Rivoli et prince d'Essling, maréchal de France, naquit à Nice, le 6 mars 1768 , d'une famille également adonnée aux armes et au commerce. Ayant perdu de bonne heure ses père et mère , il fut privé d'une éducation convenable au rôle que la fortune lui destinait. Il fit, très-jeune encore, deux voyages de long cours avec un de ses parents , capitaine de vaisseau. A l'âge de 17 ans , sa vocation l'appelant au service de terre , il entra comme soldat dans le régiment Royal- Italien , au service du roi de Sardaigne , et dans lequel un de ses oncles paternels était capitaine. Il obtint dans ce corps le grade de caporal, et il a souvent répété qu'aucune des promotions dont il fut ensuite l'objet , ne lui avait fait autant de plaisir que celle de sous - officier. S'étant distingué par son zèle et sa bonne conduite, il Tut fait sergent et passa ensuite adjudant-sous-officier. Le grade de sous -lieutenant lui avait été promis; mais ne l'obtenant point, il se re-
buta, quitta le service piémontais, en 1789, et se retira à Nice. La révolution française ayant éclaté, Masséna en embrassa les principes avec ardeur, reprit du service, et fat nommé adjudant-major de L'un des bataillons fournis par le déparlement du Var. Il fut fuit chef de bataillon le 1" août 1792, par le choix de ses compagnons d'armes. Il commanda dans ce grade le centre de Farinée d'Italie, au camp de Fotig isse. Les talents militaires dont il donnait jou nu llemenl des preuves le firent nommer général du brigade, le 22 août 1 795 , et général de division, le 20 décembre suivant. Employé à l'armée du Var, puis à celle d'Italie, il prit la plus grande part à toutes les affaires qui eurent lieu, soit lors de l'envahissement du comté de Nice, soit au siège de Toulon , soit enfin lorsque l'armée attachée à la cime des Alpes disputait à des ennemis très-supérieurs en nombre l'entrée du territoire français. La première opération qui eut quelque importance majeure fut celle qui eut lieu au commencement d'avril 1794. L'armée piémontaise, qui se trouvait postée, alors, sur les h tuteurs fortifiées en avant de Saorgio , avait plusieurs fois été attaquée de front et avait toujours résisté. Masséna la tourna avec un corps de 18 à 20,000 hommes, qu'il feignit de diriger contre Oneille; remonta les vallées de la Roya, de la Nervea et de la Taggis ; emporta de vive force les montagnes de Ponte-di-Nave, et enleva Ornea et Garenio, dans la vallée du Tanaro, pendant qu'une colonne de droite s'avançait sur Loano. Les enuemis, voyant leur communication directe avec Turin fortement menacée par les mouvements de Masséna, se hâtèrent d'occuper le col de Tende ; mais bientôt le général français les en chassa. La position de Saorgio tenait encore; et, quoiqu'elle fût abandonnée à ellemême, son attaque n'en présentait pas moins de grandes difficultés. Les représentants du peuple en mission près de l'armée ordonnèrent cependant d'enlever ce fort important. Le commandant piémontais, entouré de troupes françaises , se laissa iutimider par quelques démonstrations, et rendit la place qui se trouvait parfaitement approvisionnée, et qui servait de dépôt à l'arméé ennemie. Par le rt;-
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mitât des opérations de M asséna, les Français, ayant rejeté cette année ennemie dans le Piémont, se trouvèrent maîtres de tout le revers des Alpes maritimes, et purent occuper la rivière de Gènes, ainsi que d'excellentes posisitions depuis Loano jusqu'au col de Tende. Pendant cette même expédition, Masséna avait enlevé aux Piémontais une soixantaine de pièces de canon , beaucoup de prisonniers et des magasins assez considérables. Dans le courant du mois de septembre de la même année 1794? un corps auxiliaire autrichien , s'étant rapproché de la rivière de Gènes , sembla vouloir menacer Savone. Le général en chef français , Dumerbion , résolut de reconnaître et d'ar- l rêter ce mouvement; et à cet effet, il porta le général Masséna sur la gauche des Autrichiens à Carcare, dans la vallée de la Bormida. Masséna chassa les ennemis de toutes leurs positions, les atteignit et les battit à Cuiro, le 21 septembre. Il poursuivit ensuite les Autrichiens jusqu'à Dego., dont il s'empara, et les força de se replier jusqu'à Acqui. En 1795, Masséna, qui commandait toujours la droite de l'armée d'Italie , eut à soutenir plusieurs combats contre les forces très-supérieures des Austro-Sardes. Il résista , avec gloire , à l'attaque vigoureuse que le général ennemi Dewins fit, le 19 septembre, contre la position de fiorghetto , où cette droite de l'armée française s'était concentrée et fortifiée; et dans cette circonstance Masséna prouva que les Français pouvaient s'illustrer également par la défense comme par l'attaque. Des renforts, arrivés de l'armée des Pyrénées, ayant mis l'armée d'Italie en état de faire quelque entreprise, le général en chef Schérer, qui , à l'exemple de ceux qui l'avaient précédé dans le commandement de cette armée , plaçait sa principale confiance dans Masséna , le chargea de faire toutes les dispositions pour une attaque projetée. Elle avait pour but de chasser les Autrichiens de la rivière de Gènes , et de débarrasser l'armée française des attaques qu'ils n'avaient cessé de faire contre elle depuis l'ouverture de la campagne. Masséna réunit alors les dent divisions qu'il commandait vers Castel Vecchio, au centre, par lequel il »e pro-
posait «l'attaquer l'ennemi : la division Augereau fut placée à droite dans l'endroit où se tenait le général en chef, sur les bords de la mer, et la division Serrurier occupa la gauche, du côté de Grenio. La bataille de Loano fut livrée à la fin de novembre, et Masséna y culbuta le centre des ennemis dans les vallées du Tanaro et de la Bormida. Il allait tomber sur l'aile gauche des Autrichiens, qu'Auge» reau attaquait vivement, et compléter ainsi la défaite de l'armée ennemie, lorsqu'un orage épouvantable suspendit son mouvement et sauva les Autrichiens. Cependant Masséna, qui jugeait bien le terrain sur lequel il opérait, se hâta de prévenir le général Dewins au col de San-Giaco* rao, lui prit 4$ pièces de canon , et l'empêcha de réunir ses troupes. Une des colonnes autrichiennes fut alors jetée sur Acqui , et l'autre sur Ceva ; et presque toute l'artillerie ennemie, au nombre d'environ 100 pièces, tomba au pouvoir des Français ; 5ooo Autrichiens furent faits prisonniers : l'ennemi avait en outre perdu environ 4000 hommes tués. Après cette brillante affaire , dont le mérite appartient principalement à Masséna, qui en avait préparé les dispositions et qui les avait exécutées, l'armée française, maîtresse de la rivière de Gènes, prit ses quartiers d'hiver, et se prépara à la mémorable campagne de 1796. Dès l'ouverture de cette campagne, Masséna participa beaucoup au succès des combats de Montenotte, de Cairo, de Dego et du Tanaro. Il enleva Cherasco. Le général en chef Buonaparte , qui, depuis long-temps, avait apprécié les talents de Masséna, lui confia le commandement de l'avant-garde de l'armée. Ce fut avec sa division , un corps de greuadiers et un corps de cavalerie qui composaient cette avant-garde, que Masséna força je passage du fameux pont de Lodi , qu'il enleva Pizzighitone , et qu'il entra le premier dans le Milanais. Il prit ensuite une part très-brillante à tous les faits d'ar-mes de cette campagne, l'une des plus célèbres dans les aunales de la guerre. Par son audace, son infatigable activité et. ses savantes dispositions, Masséna seconda parfaitement les hautes concep-
lions stratégiques du général en chef (1). Pendant que Buonaparte parcourait l'Italie pour faire face aux ennemis qui se présentaient , Masséna se trouvait constamment aux prises avec les Autrichiens aux déhouchés du Tyrol et du Frioul. Lonato, Castiglione, Rovcredo, Bassano, Ccrea , Saint-George, la Brenta, Galdiero, le trois journées d'Àrcole , Rivoli, la Favorite, Longara, Saint-Daniel, la Chiusa,Tarvis, Villacb, Neumarck, Hundsmarck, etc., furent le théâtre des glorieux exploits de la division de Masséna , qui ne s'arrêta qu'à ?.5 lieues de Vienne (2). Le général Berthier s'était porté avec une partie de l'armée d'Italie, dans les États romains, où il avait proclamé le gouvernement républicain. Lorsque ce général demanda à se débarrasser du commandement difficile dont il était chargé , M asséna fut désigné pour le remplacer. Il trouva une armée exaltée par ses victoires récentes, par les proclamations de Buonaparte , par sa conquête de Rome, et par celte délivrance du Capitole qu'on lui avait promise depuis longtemps. D'un autre côté, elle était irritée par les exactions- dont elle était témoin, au milieu de ta misère et du déuûment auxquels on l'abandonnait. Travaillée tout à la fois par les menées des révolutionnaires italiens , des intrigants français, des partisans du gouvernement papal, et des agents de l'étranger, il était difficile d'y rétablir l'ordre- et la subordination. L'arrivée de Masséna à Rome
(1) fce général Buonaparte écrivait- à Masséna : • Vous comptez per- .sonnellemcnt pour 6000 hommes de plus dans votre commandement ;
• et pui«. v,ou* et vos hra*es, comptez encore pour le double de vos fot- .qes réelles. .
C'est dans le cours de cette, campagne que Masséna reçut du général en chef Buonaparte le surnom d'enfant oltcri <h ia victoire. Organe de la reconnaissance nationale , le gouvernement adressa à Masséna 1rs lettres les plus honorables, et lui décerna des armes d'honneur. Masséna fut porté à la candidature pour le directoire-exécutif. On lut donna à Paris une fôte brillante, lorsqu'il vint apporter la ralifica.- Jioii de 1'çmpereur d'Autriche à un traité de paix auquel Masséua avait si puissamment contribué par ses victoires.
augmenta encore l'agi talion, parce qu'une partie des troupes qui composaient la garnison appartenait à la division du général Bernadote, qui, pendant la précédente campagne , s'était trouvée en rivalité avec celle de M asséna. Les officiers de la garnison, voulant protester contre les brigandages qui avaient eu lieu, s'assemblèrent tumultueusement au Panthéon, et rédigèrent une adresse au nouveau géuéral en chef. Cette démarche, qui avait tous les caractères d'une insubordination, et dont les résultats pouvaient être très- funestes, encourut le blâme de Massé* na, qui rejeta l'adresse, et ordonna que les troupes sortissent de Rome le lendemain. Celles-ci, égarées et comme poussées par un esprit de vertige, s'obstinèrent à vouloir rester. Rome se trouvait alors dans l'état de fermentation le plus terrible. D'un côté , les habitants des faubourgs et ceux des campagnes étaient prêts à se soulever contre l'armée; et de l'autre, les troupes, refusant d'obéir à leur général, allaient se trouver sans chef et par conséquent sans direction. Deux partis étaient sur le point d'en venir aux mains, lorsque Massé h a eut la gloire de vaincre lui-même l'inflexibilité de son caractère: il quitta Rome trois jouraaprès y être arrivé, et remit le commandement de l'armée au général Dallemagne,qui eut bientôt à combattre les insurgés romains. Masséna, tout irrité qu'il devait être de la conduite des troupes, fut cependant assez généreux pour intercéder auprès du gouvernement français en faveur des officiers qui, parleurs mauvais exemples , s'étaient rendus bien plus coupables que les soldats. La guerre s'étant rallumée en Europe, Masséna reçut d'abord le commandement de l'armée de Suisse, sous les ordres de Jourdan , général en chef des armées du Danube et d'Helvétie. Bientôt après, il eut le commandement en chef de ces deux armées. C'était le commandement le plus important que le gouvernement eût voulu jusqu'alors confier à un seul général; car il comprenait la majeure partie des troupes françaises, et s'étendait depuis Dueseldorff (sur le Rhin) jusques à Tlsère, et embrassait ainsi toute la frontière de l'Est, avec une partie du territoire de la république française. La coalition , armée con-
ire la France, cherchait à mettre à exécution le projet (qu'elle n'a jamais abandonné depuis le commencement de la révolution jusqu'à la chute de Buonaparle) de pénétrer en France par le centre des frontières de l'Est. Elle voulut alors réunir ses forces d'Allemagne et d'Italie dans la Suisse , et de là percer par la Franche -Corn té. Les circonstances étaient opportunes pour l'exécution du plan des alliés, en ce que les Français, battus presque de tous côtés, cédaient le terrain , et laissaient déborder la Suisse. M asséna, seul, déconcerta les projets de la coalition, et rendit inutiles toutes les dispositions du priuce Charles, généralissime des armées ennemies. Il arrêta d'abord l'archiduc à chaque pas, et lui disputa avec acharnement ohaque partie du territoire suisse. A la bataille de Zurich , et aux combats livrés dans le Mutlenthal, il détruisit l'armée russe, commandée par le maréchal Souworow, ainsi qu'une partie de l'armée autrichienne : la France fut ainsi sauvée, parMasséna, d'une invasion qui paraissait imminente. Elle se trouvait encore menacée d'un grand péril, en 1799, soit par les ennemis du dedans, soit par les armées autrichiennes, soit enfin par les armements de l'Angleterre , et ceux des émigrés français , lorsque le général Masqua , qui avait été envoyé à l'armée d'Italie, le a8 décembre 1799, arrêta , sous les murs de Gènes, l'armée aulricbienue , commandée par le général Mêlas, qui.se disposait à envahir les provinces méridionales de la France. Après avoir batlu, au mois d'avril 1800, à trois reprises, les Autrichiens sous les murs de Gènes, il poussa la défensive autour de celte ville immense, au-delà de tout ce qu'on pouvait espérer; et, par sa ténacité et son habileté dans le genre de guerre qu'il fit alors, et qui fut considéré comme le plus difficile de tous , il gagna du temps, et donna au premier consul Buonaparte celui de créer une armée , et d'aller écraser les armées ennemies à Marengo. La garnison de Gènes, épuisée par de nombreux combats, et par les privations de toute espèce auxquelles elle avait élé long -temps en proie, fut enfin obligée de céder à la force des circonstances, quelques jours avant la
bataille de Marengo; mais le général M asséna n'avait capitulé qu'eu dictant lui* même des conditions à ses ennemis , et en recevant de leurs généraux les plus brillants témoignages de considération. Dans l'entrevue qui eut lieu entre lui et les généraux autrichiens , il se montra tellement supérieur à l'adversité, qu'on eût pu croire que c'était l'ennemi qui capitulait (i). Le commandement en chef de la glorieuse armée qui venait de vaincre à M are» go, fut la récompense que le premier consul donua à Masséua pour sa belle conduite dans Gènes. Cependant le gouvernement consulaire de Buonaparte s'établissait. M asséna, qui u'avait combattu que pour la république, et à qui il était bien permis de croire que le salut de la patrie ne dépendait pas des services d'un seul homme, s'abstint de paraître à la nouvelle cour, et de toute participation aux affaires pendant le consulat. Il refusa même de voter, dans la question du consulat a vie , en faveur de celui dont il avait été l'ami et le compagnon d'armes. Au corps-législatif, dont il était membre, il se moutra constamment en opposition avec le consul. Lors du procès de Moreau , Masséna, qui cependant n'avait jamais été lié avec ce général, se prononça hautement en sa faveur. Quoi qu'il en fût, Buonaparte, ne pouvant oublier les importants services rendus par Masséna, le plaça des premiers sur la liste des maréchaux d'empire, créés en 180.4. Masséna fut aussi nommé grand-officier de
la Légion -d'Honneur, le 14 juin de la même année, et
(1) Dans la capitulation proposée par les généraux ennemis, se trouvait pour premier article : € que l'armée retournerait en Fiance , mais que
• son général resterait prisonnier de guerre. • A cette occasion, le lord Keilh écrivait à Masséna : • Vous valez seul 20,000 hommes. • Au moment où la capitulation allait être conclue, une clause faillit la rompre: on refusait de laisser partir 8000 hommes des troupes française» par terre. Masséna, reprenant sa fierté, sortit en laissant ces adieux aux généraux ennemis : « Vous ne voulez pasr Eh bien, messieurs, a de-
• main. • Cette fermeté imposa aux généraux ennemis, et le traité fut »igué. A chaque article contesté, le lord Kcith répétait : • Monsieur
• le général, voire défense est trop héroïque, pour que Ton puisse rien
• vous refuser. '
grand-cordon de la môme Légion, le a février i8o5. Dans cette dernière année , l'Europe entière , réunie dans la 5' coalition, menaça de nouveau l'indépendance de la France. Masséna, qui depuis long* temps n'avait pas vu Napoléon, reçut, de Boulogne, Tordre d'aller prendre le commandement de Tannée d'Italie. Il s'agissait pour Masséna , sinon de sauver encore une fois la France entière, au moins de couvrir une partie de son territoire; car, dans le plan de la coalition , son armée principale , commandée par le prince Charles, et renforcée par les troupes russes, anglaises et napolitaines, ainsi que par des insurrections préparées de tous côtés eu Italie , devait pénétrer en France par le Lyonnais, après que la Lombardie serait envahie. Masséna, avec une armée qui ne s'élevait pas à 4o mille hommes, eut à lutter contre des forces plus que doubles des siennes, et contre les talents et la réputation de l'archiduc Charles, qui les commandait. Pour empêcher ce prince de pénétrer en Italie , le retenir dans les pays vénitiens, et s'opposer à ce qu'il marchât au seco urs de la capitale de l'Autriche, contre laquelle Napoléon s'avançait, Masséna, arrangeant à sa manière un système d'opérations, attaqua le prince Charles et le força de se retrancher et de concentrer ses forces. Il lui livra la bataille de Caldiero, dont le résultat servit à remplir le but que Masséna s'était proposé. Il enleva ensuite les deux corps ennemis d'Hillinger et de Rohan. Enfin, lorsque l'archiduc voulut marcher au secours de Vienne, Masséna s'attacha à ses pas et le retarda, par des combats journaliers, à Yiceiice, à San-Pietro-in-Gu, sur laBrenta, et sur le Tagliamento. Le prince Charles, ainsi harcelé, ne put ni arriver pour sauver Vienne, ni inquiéter les derrières de la grande-armée française, ni enfin se réunir aux forces austro-russes , que Napoléon battit complètement à Âuslerlitz, le a décembre
1805. Après la paix de Presbourg, Masséna fut chargé, en
1806, de conquérir le royaume de Naples, et d'installer Joseph Buonaparte sur le trône de ce pays. A l'approche de l'armée commandée par Masséna, les Anglais et ^Russes se hâtent de s'embarquer, et tous les corps de l'armée
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napolitaine prennent la fuite. La ville et le royaume de Naples occupés, un seul point résistait encore; mais ce point était la forteresse de Gaête, second Gibraltar pour la force et la position, et qui paraissait presque imprenable. Il fallait, pour arriver à cette place, aborder une près* qu'île garnie d'une triple ligne de remparts, à plusieurs étages , et s'avancer au travers d'une langue de terre fort étroite et de rochers escarpés, le tout bordé des deux côlés par la mer, et défendu en flanc par les vaisseaux anglais Gaête était en outre défendu par une garnison nombreuse et par la marine anglaise. Aussitôt que les préparatifs du siège furent faits , Masséna se rendit devant la place, et la pressa si vivement, avec une artillerie formidable, qu'en peu de jours il la mit aux abois. Sur ces entrefaites, les Anglais, qui veuleut à tout prix sauver Gaëte, cherchent à opérer une diversion, descendent en Calabre, insurgent ce pays et menacent Naples. Le roi Joseph demande alors des troupes à Masséna : mais celuici, qui ne veut pas, en affaiblissant son armée, être contraint de lever le siège de Gaëte, envoie un de ses aidesde-camp au roi et l'assure que cette place sera prise sous deux fois vingt quatre heures. En effet, elle capitule au moment ou Masséna allait s'en rendre maître par un assaut. Dans cette conquête, Masséna se montra aussi habile dans l'art difficile de prendre des places, qu'il l'avait été, à Gènes, dans celui de les défendre. Elle assura la possession du royaume de Naples, et contribua beaucoup à apaiser l'agitation qui régnait dans la capitale et dans les provinces. Masséna marcha ensuite dans les Calabres , au secours du général Régnier, qui y avait été battu par les Anglais. Ceux-ci se rembarquèrent à l'approche de Masséna. Il pénétra cependant dans les Calabres, s'empara de Lauria , dont les- insurgés avaient fait leur place d'armes , et dans laquelle ils se défendirent à outrance. Il fut obligé d'y donner d'abord des preuves de sévérité envers les rebelles; mais il manifesta ensuite une clémence et une modération qui achevèrent de pacifier ces deux provinces. Il fut appelé, en 1807, à la grande-armée d'Allemagne, où
DES GÉNÉRAUX FIIANÇAIS.
les Français avaient trouvé, en Pologne, des adversaires redoutables dans les Russes, et surtout dans les rigueurs de la saison. Arrivé à Osterode, après la bataille; d'Eylau, Napoléon lui donna le commandement de l'aile droite de sou armée. Masséna fut chargé de contenir les Russes, qui pouvaient tenter de tourner la ligne d'opérations de celte armée; de les empêcher de faire des détachements Contre les corps que commandait Napoléon; et enfin, d'imposer aux troupes autrichiennes, qui, placées à quelque distance de Varsovie , et toujours prêtes à prendre parti contre les Français, semblaient épier le moment favorable. Masséna pourvut à tout, fit fortifier les bords de la Vistuleet de laNarew, contint les attaques des Russes à Werbiza, à PultuscL et à Ostrolenka, et les retint devant lui par l'effet de ses démonstrations. Il suivit ensuite le mouvement de la grande-armée, lorsqu'elle se portait Sur Grodno ; et il était déjà arrivé sur le Bober. lorsque sa marche se trouva arrêtée par suite d'un armistice conclu entre les armées belligérantes, et qui fut auîvi de la' signature d'un traité de paix. Le titre de duc de Rivoli, que Masséiaa reçut alors avec une dotation considérable, fut une récompense qui, en consacrant ses anciens comme ses nouveaux serviefet, rappela le souvenir d'une des batailles glorieuses où l'éminant talent de Masséna s'était montré dans tout son éclat( i). Dans une entrevue que Masséna avait eue à Osterode avec Napoléon , leur ancienne amitié s'était renouvelée. Masséna, de retour à Paris, se rapprocha de la cour; mais, peu fait pour elle , il y prit à peine part à quelques plaisirs bruyants. Étant à la chasse, il reçut dans l'œil gauche un coup de fusil tiré par mégarde par le prirfee Berthier : cet œil demeura privé de la vue. En i8</8, lorsque l'attaque contre l'Espagne eut lieu, Masséna devait être chargé du
(1) Les armoiries que Buonaparte altacha au~iîtrc de duc de Rivoli offraient à l'imagination quelque cho»e dp grand et de très -honorable pour l'illustre guerrier auquel elles étaient destinées : c'était une victoire jAanant au-dessus de la terre , portant des p aimes et distribua m des couronnes.
commandement en chef des armées destinées à agir dans la Péninsule» mais les préparatifs faits clans le Nord pur les souverains coalisés empêchèrent l'exécution de cette disposition. Dans la campagne de 1809, contre l'Autriche, Masséna fut encore un des principaux lieutenants de Napoléon (1). Chargé d'abord du commandement de toutes les troupes qui se trouvaient réunies sur la rive droite du Danube, il livra, aux Autrichiens, le combat de PfaftVnhoffen, participa aux batailles de Landshutt et d'Eckmùhl , poursuivit les corps de Hiller et de l'archiduc Jean, força la position inexpugnable d'Ébersberg , sur la Traun , et y livra un combat fort brillant, dans lequel la division Claparède, qui se trouvait momentanément sous ses ordres, fit des prodiges de valeur. Peu de temps après, M asséna tourna la ville de Vieuue et s'empara du faubourg de Léopoldstadt. Chargé de faire construire le pont d'Ébersdorffet d'opérer le grand passage du Danube, il déboucha sur la rive gauche du fleuve, avec le 4" corps qu'il commandait en chef, sa cavalerie légère et les cuirassiers aux ordres du général Espagne, Ces troupes furent attaquées le 2 1 mai, par l'armée autrichienne, cl résistèrent seules : Masséna eut tout l'honneur de cette, première journée. Le lendemain 22, le 2* corps d'armée et la garde impériale vinrent joindre le corps de Masséna , qui se trouva chargé de la défense d'As-r pern. Ce fut sur ce village que, dès la pointe du jour, se dirigèrent les principales forces des Autrichiens. Attaqué tout à la fois en tête et par les deux flancs, Masséna fit une défense telle qu'on n'en vit jamais de plus acharnée dans les affaires de postes. Daus l'espace de deux jours, le village fut pris et repris 14 fois; et chaque maison, chaque rue, l'église ^le clocher devinrent le théâtre de furieux combats. Tout leyillage était en feu; et cependant l'intrépide Masséna courait de tous côtés, l'épée à la main, au
(1) On assure que lêwprince Charles, sachant Masséna arrivé à l'armée, dit avec humeur: «Voilà encore ce Masséna; j'espérais en fi Ira • débarrassé par lo coup* de feu qu'il a reçu dada l'œil. •
milieu des (lamines, donnant des ordres partout où il faJfait se défendre ou attaquer. Tous ses aides-de-camp sont blessés à ses côtés et beaucoup de personnes tombent mortes autour de lui. Masséna seul n'est point atteint (1). Il parvient à enlever d'un seul coup 1,200 hommes et 6 pièces de canon à une colonne qui pénétrait dans le milieu du village. Lorsque Napoléon sut que les ponts construits sur le Danube étaient coupés, et qu'il fallait renoncer pour le moment aux grands résultats, que déjà il avait cru tenir, il prit ses mesures pour arrêter la poursuite de l'archiduc Charles, s'opposa d'abord à l'attaque des réserves autrichiennes, et confia ensuite la direction du combat à Masséna, qui se trouva chargé du commandement de toutes les troupes placées sur la rive gauche du Danube. Napoléon fit appeler à plusieurs reprises le maréchal Masséna dans l'île de Lobnu, pour concerter avec lui toutes les dispositions du mouvement rétrograde. Masséna conserva la position d'Aspern pendant toute la nuit suivante, et fit ensuite sa retraite sur Pile de Lobau, dans un tel ordre, qu'il ne laissa pas aux ennemis un seul de ses blessés , ni rien de ce qui dépendait de son matériel. Sa bonne contenance empêoha l'archiduc de venir l'attaquer dans l'île, comme on pouvait craindre qu'il le fît : l'action militaire que nous venons d'analyser fut nommée par les Autrichiens, bataille d'Aspern, et par les Français , bataille d'Esling. Pendant que Napoléon , sur la rive droite du Danube , préparait les éléments d'une nouvelle attaque , Masséna gardait l'île de Lobau , présidait à ses fortifications et aux préparatifs d'un nouveau passage. Il faisait en même temps enlever les Iles environnantes, par son aide-de-camp , le chef de bataillon Pelet ( depuis maréchal-de-camp ), qui fit aussi toutes les reconnaissances de l'île : 40 jours se passèrent ainsi au bi vouac,cn combats presque continuels sur le Danube L'enne mi travaillait de sou côté; mais chacun de ses ouvrages tut dé -
(i) Jamais il n'a reçu la moindre blessure, quoiqu'il se soit très souvent exposé aux plus grands dangers.
vaste et signalé dans le plnsgrand détail à l'état-major impérial. M asséna iil avec Napoléon plusieurs reconuaissances( i ). Dans la dernière de ces reconnaissances, faites la veille de la bataille deWdgram, Masséna tomba sous son cheval, etfut très-violemment froissé. Malgré ses souffrances, il ne s'occupa que du combat du lendemain , et ne voulut pas s'absenter. Ce fut dans une calèche , tirée par [\ chevaux , qu'il procéda aux mouvements de la gauche de l'armée dans les mémorables batailles d'Enzertdorffet de Wagram (a). Masséna eut encore ce iour-là la tâche difficile de soutenir, avec son 4° corps, les efforts de- l'ennemi dirigés sur la gauche de l'armée française dans la direction de Yienne et de Lobau. Ce corps arrêta les Autrichiens; mais il fit des perles considérables , et tous les officiers de l'élat-major de Masséna fureut blessés. Le lendemain, Massénafut chargé par Napoléon de poursuivre l'archiduc Charles, qui opérait sa retraite avec un ordre admirable. Néanmoins il le poussa vivement et l'attaqua avec succès à Korueubourg , Slockercau , Hollabrùnn , Scbœngraben , Guntersdorff et Zuaim. Le combat fut vivement disputé, et Masséna « toujours souffrant, fut obligé de se faire mettre à cheval pour diriger sa cavalerie, qui, en chargeant, coupa et enleva nue colonne de grenadiers hongrois (3). Un armistice vint mettre un terme aux hostilités. Dans le cas où la guerre eût alors recommencé avec l'Autriche, Masséna devait marcher en Bohême avec environ 80,000 hommes; mais la paix fut siguée à Vienne. Masséna reçut de Napoléon le titre de prince d'Ësting, auquel fut attachée la possession , pour lui et ses descendants, du superbeebâteau deThouars.
(1) Dans l'une d'elles, Napoléon, s'appuyant sur Masséna, dit à ceux qui l'entouraient : ■ Voici mon br.»s droit. •
{1) Dans cette journée, Masséna, ayant eu besoin de l'assistance de son médt cin , un jeune aide-major nommé Rrisset n'hésita pas à parta* fier les dangers que courut l'illustre guerrier, et se plaça sur cette calèche, autour de laquelle vint pleuvoir une grêle de boulets.
(5) Au moment où Masséna quittait sa calèche, un boulet vint en enlever le fond , à la place même qu'il avait occupée.
Eu 1810, Napoléon tourna toutes ses vues contre la Russie; et ne pouvant, en conséquence, aller terminer lui-même la guerre d'Espagne, il y envoya Masséna , en le chargeant spécialement de s'attacher à l'armée anglaise, de la poursuivre jusqu'aux confins du Portugal , et de la forcer à se rembarquer. Le commandement suprême de toutes les armées françaises en Espagne eût été nécessaire à Masséna pour obtenir, par une unité de mesures, les résultats que demandait Napoléon : ce défaut d'unité entrava la marche des opérations. Les corps d'Aragon, du midi, du centre, et les réserves du nord, devaient à la vérité concourir à ces opérations; mais descirconstances imprévues, les besoinsdu • service et la diversité des commandements retinrent chacun de ces corps dans leurs contrées respectives; et lorsque Masséna arriva en Espagne, il se trouva avoir à faire seul les sièges de Ciudad Rodrigo et d'Almeida, et même les préparatifs du premier de ces sièges, qui avaient été totalement négligés. Il fallut perdre à tout cela un temps précieux , en sorte que , du mois d'avril au mois de septembre, le général anglais Wellington eut le temps de se retrancher et de recevoir des reulorts. Masséna dut enfin pénétrer en Portugal, avec son seul corps d'armée, fort tout au plus de 58 mille hommes, et ayant à lutter contre 100 mille Anglo - Portugais , et contre la population armée d'un pays que le général anglais avait fait dévaster avec la plus grande rigueur, pour ôter toutes ressources aux Français. L'intérieur du Portugal n'était pas connu , et il n'en existe pas même encore de cartes bien exactes. Masséna se trouvait entouré de gens qui, bien qu'ils eussent pris part aux premières expéditions faites contre ce royaume, ne purent lui donner que des notions presque toutes fautives. Il pénétra cependant dans le pays avec son audace ordinaire, et attaqua Wellington à Busacco, le 27 septembre 1810; mais, ayant éprouvé une résistance très- forte, il tourna la position le lendemain, et rejeta le général anglais sur Coïmbre, et de là sous les murs de Lisbonne. Arrivé devant cette dernière place, le général Masséna trouva trois rangées de lignes insurmontables, garnies par i5o
mille hommes, et hérissées de canons. Masséna, avec une poignée de monde (sa faible armée avait été réduite par les tombais et les marches), ne voulut cependant pas reculer, et campa audacieusement devant cette masse imposante d'ennemis, qui, s'ils l'eussent voulu, auraient pu l'envelopper et le détruire. 11 y resta pendant deux mois dans une position insultante pour son adversaire , qui croyait n'avoir pas laissé pour deux jours de vivres dans tout le pays que Masséna avait traversé. Le maréchal séjourna encore pendant six autres mois, soit devant les lignes, soit à Santarem, à une marche en arrière de Lisbonne. Dans cette dernière position , où les plus hardis se trouvaient alarmés et prétendaient être au bout de toutes ressources , Masséna attendait le corps du maréchal Mortier, celui du général Drouet, et des renforts de toute espèce qu'il avait demandés à Paris. Rien de tout cela ne lui arriva ; et les secours sur lesquels il comptait reçurent ou prirent d'autres destinations. Masséna résolut alors de se jeter de Tau- Ire côté du Tage, et fut secondé dans ce projet par le général d'artillerie Éblé , qui fit construire un équipage de pont considérable. L'entreprise que Masséna projetait n'était pas sans dangers. Non-seulement il se trouvait abandonné du dehors, mais encore il éprouvait des résistances dans sa propre armée. Le maréchal Ney, particulièrement, refusa deux fois, et très - formellement , d'obéir aux ordres que Masséna lui transmettait. Le dévouement du 6e corps pour le maréchal Ney était au-dessus de toute expression, et pouvait faire tout craindre. Cependant Masséna n'hésita point à ôter le commandement au maréchal Ney, et à lui donner l'ordre de quitter l'armée : la fierté de Ney dut céder à l'inflexibilité de Masséna. Dans l'état où se trouvaient les choses et les esprits, Masséna se détermina à quitter le Portugal ; mais il opéra son mouvement rétrograde, devant les forces de Wellington, avec un talent qui fit de celte retraite un chef-d'œuvre de stratégie. Masséna ne laissa en arrière ni un malade, ni un canon , ni un bagage. Quelques combats vigoureux et des dispositions parfaitement faites, continrent la poursuite de Wellington, et
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Masséna ramena dans la province de Salamanque son armée, qui avait le plus grand besoin d'être reposée et refaite. Les Anglais, profitant de l'éloignementde l'armée française, assiégèrent Almeida ; mais le maréchal Masséna ne voulut pas leur laisser prendre celte place , qui depuis long-temps était destinée à être démantelée à cause de son voisinage de Ciudad-Rodrigo. Il se porta donc en avant pour en retirer la garnison commandée parle brave général Brenier ; et profitaot d'une faute grave que Wellington avait faite en prenant une position que condamneraient les règles de la guerre, il fit une attaque oblique sur la droite du général anglais, qui fut renversée et battue à Fuente-d'Onoro, le 3 mai 1811. Wellington se trouva au moment d'éprouver une perte totale : mais il fut sauvé par le défaut d'harmonie des généraux français, qui, fatigués de cette guerre, voulaient, les uns quitter Tannée pour rentrer en France, et les autres se hâter d'aller regagner le midi de l'Espagne. Masséna lui-même commit la faute de ne pas diriger en personne les divisions qui devaient achever la défaite du général anglais. Masséna avait cependant rempli le but de son dernier mouvement, en réprimant, du moins pour quelque temps, l'ardeur des Anglais, et en retirant la garnison d'Almeida. Depuis long-lemps, les ennuis et les désagréments que lui causait la guerre de Portugal, l'avaient porté à demander son rappel en France : il le trouva à Ciudad-Rodrigo le 10 mai. Cette campagne de Portugal avait été très -fatigante; et Masséna, en y montrant toute l'activité de sa jeunesse, avait singulièrement affaibli ses forces physiques. Rentré en France, il y tomba malade, et il se trouvait dans cet état lors de la guerre de Russie en 1812. 11 fit cependant demander à Napoléon d'être employé à cette expédition ; mais, au lieu de cela, Buonaparte le chargea du commandement de la Provence (8e division militaire ) , alors menacée par les armements de l'Angleterre, dans la Méditerranée, et qui le fut plus tard par les insurrections de la Toscane, et du littoral de Gènes, et par les armées napolitaines. Eu îSi /j, lors de la
première restauration du trône des Bourbons, le maréchal M assena exerçait encore les fonctions de ce commandement, dans lequel il fut maintenu par 8. M. Louis XVIII, qui le créa commandeur de l'ordre royal et militaire de S. -Louis, le il\ septembre de la même année. Le roi lui ayant accordés des lettres de naturalisation , elles furent enregistrées à la chambre de pairs le 20 décembre. Il se trouvait dans son commandement de la 8* division militaire ( Marseille ) , lors du débarquement de Buonaparte, à Cannes, en mars 181 5 ; et il prit alors des mesures pour arrêter la marche de l'usurpateur. Il n'arbora le pavillon tricolore , à Marseille, qu'après la capitulation de S. A. R. Mgr. le duc d'Angoulêmc. Pendant les cent jours, i Très la étranger à tout service militaire. Buonaparte le créa membre de sa chambre des pairs. Aussitôt après la seconde abdication de Napoléon, le gouvernement provisoire donna au maréchal Masséna une marque de haute confiance en lui confiant le coinmamlementen chef delà garde nationale parisienne. Masséna justifia cette confiance , en maintenant l'ordre et la tranquillité dans cette immense capitale. Il remit ensuite ce commandement au lieutenant-géuéral comte Dessoles. Nommé membre du conseil de guerre , chargé de iuger le maréchal Ney, il se réousa pour cause d'ancienne inimitié. En 181 5, il fut dénoncé à la chambre des députés, par quelques habitants de Marseille, qui l'accusaient de n'avoir pas secondé les mesures de S. A. R. Mgr. le duc d'Angoulême, à l'effet d'arrêter la marche de Napoléon. Le maréchal Masséna publia à ce sujet un mémoire justificatif de sa conduite. Il mourut, à Paris, le 4 avril 1817, à la suite d'une longue et cruelle maladie. Le roi ordonna à son ministre de la guerre de transmettre à la famille de Masséna le bâton de maréchal de France, que ce guerrier n'avait pu recevoir des mains de S. M. , à cause de sa maladie, et ordonna qu'il en fût fait usage lors de sa pompe funèbre. Le corps du maréchal Masséna a été déposé dans le cimetière du P. La Chaise , où on lui a élevé un beau mausolée de marbre blanc. Le maréchal Masséna était chevalier de l'ordre da
Saint-Hubert, grand'croix de l'ordre de la Fidélité de Bade, et grand-cordon de l'ordre de Saint-Étienne de Hongrie (1 ).
{Etals militaires , Moniteur, annales du temps).
de MASSIGE , voyez d'Alamoiït.
de MASSILIAN, voyez d'Audibert.
M ASSOL (Honoré-Louis-Augustin) , lieutenant-général, naquit le i3 lévrier 1747 , à Villeneuve-les-Volx , département des Basses- Alpes. Il entra au service, en janvier 1767, dans le corps des carabiniers de Mgr. , comte de Provence (aujourd'hui Louis XVIII). Après une revue, passée par le roi Louis XV, au camp de Compiégoe , au mois d'août de la même année , il quitta ce corps, avec l'autorisation, du ministre de la guerre, pour entrer dans le régiment de Forez infanterie, dont M. de Faure, son parent, élait lieutenant-colonel. Il alla joindre ce régiment à Bastia (Corse), le 7 janvier 1771. Il y fut nommé caporal, le ai janvier 1773; sergent, le l* août 1774, et reçut, le 25 août 1775, son congé absolu, dans le régiment d'Angoumois, qui avait
(1) La nature avait tout fait pour Masséna; l'éducation n'avait pu rien opérer sur lui. Né avec un caractère indomptable et une ardeur qui nu se ralentissait jamais, il était doué d'une grande perspicacité, d'une conception vaste , d'un jugement rapide, d'une mémoire sûre, de beaucoup d'esprit et de fiuesse. C'était dans les grands dangers qu'éclatait tout le feu de son génie, que tempérait an rare sang-froid. 11 improvisait eu quelque sorte le* batailles avec beaucoup de bonheur, marchait droit à son but, était ardent, opiniâtre, et cependant savait changer à proposes mesures , lorsqu'il le jugeait nécessaire. Persuadé qu'il devait toujours vaincre, il préférait l'offensive, et fut presque toujours vainqueur. Il était humain, généreux, aimait à faire du bien, et pardonnait facilement. Sou caractère était tourné vers la gaieté. Il n'aimait point la cour, était d'une fierté intraitable avec les courtisans, et ne se plaisait qu'au milieu de ses compagnons d'armes. Il poussait souvent la vivacité trop loin; mais rarement pour toute autre chose que pour les affaires du service , encore était-il le premier à revenir et h faire des léparatîon» à ceux qu'il croyait avoir olfi n^és. Son âme , forte et élevée, ne plia jamais *ous l'autorité de Buonaparte, et sa correspondance avec celui-ci fut toujours noble et fière.