‹ Dictionnaire historique et biographique des géneŕaux FrancaisChapitre 7 sur 12 · VII · texte numérisé non relu

VII

doublé avec celui de Forez. Il devint commandant de la garde nationale de Teil, département de TArdèche, en 1790. Lors de la formation des corps de volontaires nationaux, en 17929 il fut promu au grade de lieutenant-colonel, commandant en chef le 1" bataillon de l'Ardèche. Employé , avec ce corps, à l'armée du Midi, commandée par le général Montesquiou, il fit la campagne, pendant laquelle on s'empara de la Savoie. Il commanda l'avantgarde de la colonne de gauche au siège de Lyon , s'empara du pos}e de la Maison -Brûlée, près du village d'Oullins; de la redoute des Vignes et du poste delà Maison -Henri. 11 passa, avec son bataillon , et sous un feu de mitraille très-vif, le pont de Perrache , et s'empara de la redoute qui le défendait. Il fut blessé grièvement à la tète et à la poitrine dans un combat qui eut lieu, le 29 septembre 1793. Le courage et l'audace qu'il avait déployés dans ces différentes affaires lui méritèrent le grade d'adjudant-général chef de brigade, qui lui fut conféré par les représentants du peuple près l'armée des Alpes, le 21 octobre de la môme année. Il fut créé général de brigade, parle conseil exécutif, le 23 décembre suivant , et fut nommé général de division près l'armée des Pyrénées -Orientales, sur la demande du général en chef Dugomier, le 22 février 1794* Le directoire-exécutif le confirma dans ce grade* par arrêté du 9 février 1796. A cette dernière époque, les Anglais effectuèrent un débarquement aux environs de Florensach et de Béziers, et enlevèrent une quantité considérable de bestiaux. Le général Massol fut alors chargé , sous sa responsabilité personnelle , par arrêté du comité de salut public, de la défense et de la sûreté du littoral de la Méditerranée, depuis les Bouches du-Rhone jusqu'aux environs de Narbonne; et il fit établir, sur toute l'étendue de ce littoral , des redoutes armées de pièces de canon , dont les feux se croisaient sur un point avec ceux du fort Brescou. Les Anglais ayant tenté une nouvelle descente, furent reponssés avec perte, et une de leurs corvettes fut coulée bas. Le général Massol fut destitué, par suite du travail du convenlionel Aubry, arrêté , et détenu dans les prisons de Va-

lcnce (Drôine) ; mais il fut réintégré dans son grade et ses fonctions, par arrêté du directoire-exécutif, du i5 février 1797. Employé à l'armée des Alpes , il y servit sous les ordres du maréchal Rellermann. Il passa au commandement en chef de la 7* division militaire, à Grenoble, par arrêté du directoire, du a3 octobre de la même année. Le gouvernement, craignant une réunion de généraux au corpslégislatif, ordonna un changement dans le commandement des divisions militaires, afin déviter l'influence que les commandants pourraient y exercer, et le général Massol passa, en 1799, au commandement de la 6* division (Besançon). Pendant la tenue de rassemblée électorale du département du Douta, il lui fut ordonné de se rendre à Paris, auprès du ministre de la guerre; et lorsque cette assemblée eut terminée ses nominations au corps- législatif , le général Massol reçut Tordre de retournera Besançon; mais il s'y refusa, et demanda de l'emploi dans l'armée d'Italie, ce qui lui fut accordé, par arrêté du directoire, du i3 avril de la même année. Après ta mort du gênerai en chef Joubert , legénéral Championnet prit le commandement de l'armée d'Italie , et nomma le général Massol au commandement supérieur de la division de Ligurie, ainsi que de la ville et des forts de Gènes, alors en état de siège. Ge commandement était d'autant plus important, qu'après les revers essuyés par le général Schérer, Gènes était à peu près la seule place de guerre qui restât au pouvoir de l'armée française, et sa conservation pouvait seule empêcher l'expulsion des Français de l'Italie : les mesures énergiques qu'employa le généralMassol conservèrent cette place aux Français. Le gouvernement ligurien , lié d'intérêt avec l'amiral anglais Keith, commandant l'escadre qui bloquait Gènes , avait résolu de renouveler contre les Français les scènes sanglantes qui avaient signalé l'égorgcment général des Autrichiens dans cette ville , en 1747. Des lettres (1) interceptées ne*laissèrent au général Massol aucun

(0 Ua détachement de grenadiers français, embusqués par ordre du

doute sur le sort qu'on préparait aux Français, et dont îl devait être la première victime; mais il déjoua ce coupable projet ; et , profilant d'une nuit très-obscure , il s'empara simultanément de lous les forts et redoutes qui dominent la place et les vallées d'Albaro et de Bisagoo. Il employa aussi la ruse pour se rendre maîlre de la fameuse batterie de canon dile des Douze.- Àpotrcs , qui défend les approches du port, et se saisit également de tous les arsenaux et magasins delà place. Les bataillons liguriens, qui tenaient garnison dans les forts, et dont les chefs étaient vendus aux Anglais, en furent expulsés, et le général Massol les remplaça par des Français. Ce coup demain, aussi secrètement ordonné qu'habilement exécuté, jeta la stupeur dans le gouvernement ligurien, et força l'amiral anglais de prendre le large, pour mettre son escadre à l'abri du canon de la place. La conservation de Gènes donna au maréchal Massena le temps de venir prendre le commandement de l'armée d'Italie, avec laquelle il soutint ce fameux blocus , qui est un des plus brillants faits d'armes des campagnes de la révolution. Le gouvernement ligurien fut tellement désappointé par les mesures du général Massol , que, dans son dépit, il envoya une députalion à Paris, auprès du nouveau gouvernement (la journée du 18 brumaire, 9 novembre 1799 , venait d'avoir lieu), pour lui dénoncer tous les prétendus abus de pouvoir, et toutes les prétendues violations dont il accusait le général Massol de s'être rendu

général Massol sur le bord de la mer, entre Gènes et Saint-Pierre d'Arena , arrêta pendant la nuit un bateau couvert dans lequel se trouvait un émissaire du gouvernement ligurien, portant des dépêches au commandant de l'escadre anglaise. Tou Tut examiné, et l'on put connaître dans leaplui grands détails le complot affreux de l'égorgement des Français dans Cènes. Tous les papiers saisis furent envoyés au général en chef Chamjionnet, qui se trouvait alors ù Coni , et qui adressa au général Massol, tous la date du jû octobre 1799, une lettre par laquelle il approuvait les mesures qu'il avait prises pour déjouer les complots des trailres. Champion uct y rassurait en même temps le général Massol sur la haine et le& d'iuunculions auxquelles il devait s'attendre à être en butte.

coupable. Buonaparte , dont le gouvernement n'était encore que faiblement établi, crut devoir user de ménagement envers le gouvernement ligurien; et, par des motifs de politique , il retira le général Massol de l'armée d'Italie, en le nommant membre de la commission militaire extraordinaire , séante à Valence (Drômc). Celte commission était composée d'un officier- général de chaque arme, et devait connaître de la reddition aux ennemis de toutes les places de guerre , forts et châteaux de l'Italie; mais elle ne put rien entreprendre, n'ayant reçu ni papiers, ni documents, ni hommes à juger; et son inaction la fit oublier. Quelque temps après, le général M a s sol reçut son traitement de réforme; et, par décret du mois d'avril i8o3, il obtint sa retraite, avec la pension attachée à son grade. [Etats militaires y Moniteur, armai es du temps.)

de MATIGNON, voyez de Goton. .

MAUCOMBLE (Jean-François- Nicolas-Joseph, baron), maréckal-de-camp, naquit à Charleville, le 2 juillet 1776. 11 entra comme sous-licutenant à l'école du génie, en 1794» Devenu lieutenant, puis capitaine de la même arme, il fut employé successivement aux travaux des fortifications de différentes places de guerre, aux armées d'Italie, des Alpes et du Rhin. Il fit partie de l'expédition de la Guadeloupe, depuis 1795 jusqu'en 1801. Il deviut chef d'escadron aide-de-camp du général Richepanse, capitainegénéral delà Guadeloupe, en 1802. Napoléon le nomma colonel-commandant du 29* régiment de chasseurs à cheval, en 1810, et le créa général de brigade, en 1810. Il a constamment, et sans interruption, été employé aux armées actives, depuis 1798 jusqu'en 1814. Il a été blessé de coups de feu et de coups de sabre, à Amstetteu, en Autriche, et à Eylau, en Prusse, et a eu 5 chevaux tués sous lui. Il commandait une brigade de la division du général Abbé, en 18 10, et fut mis hors de combat à la bataille de Saint- Pierre-d'Irube , le i3 décembre de cette dernière année. Pendant le blocus de Bayonne, par les Anglais, en 1814, le maréchal Souit, duc de Dalmatie, ayant ordonné

l'enlèvement des postes les plus importants de l'ennemi, le général Maucomble, chargé de conduire la principale attaque sur le front de son commandement, donna à ses troupes un élan , auquel l'ennemi ue put résister. Il enleva les positions des Anglais au pas de charge avec un ensemble et une bravoure qui lui firent le plus grand honneur. Dans une sortie laite par les iroupes de sa brigade, ce fut d'après ses instructions, que l'on incendia les maisons qui servaient de défense et d'abri à l'ennemi. On détruisit en même temps les retranchements, on renversa les palissades, on combla les coupures et on détruisit les eslacades des routes. Les sapeurs étant vivement inquiétés dans leurs travaux par le feu de l'ennemi , le général Maucomble les fit appuyer par une réserve de 5 compagnies de grenadiers. Un reufort étant arrivé aux Anglais, le maréchal Soult ordonna la retraite des troupes qui étaient sorties de Bayonnc, et le général .Maucomble rentra dans la place, avec sa brigade et l'artillerie, faisant enlever les morts et les blessés, et ramenant les prisonniers de guerre laits sur les Anglais. Dans un ordre du jour, daté de Bayonne, le i5 avril 1814, et dont le maréchal Soult ordonna l'envoi au ministre de la guerre, on trouve le paragraphe suivant :« Le «général baron Maucomble , qui s'était déjà distingué » dans l'affaire du 27 février dernier, lorsque l'ennemi tenta >»de s'emparer des ouvrages extérieurs de la citadelle et de » Saint-Esprit, mérite les plus grands éloges pour la bravoure et les talents qu'il a développés dans celte sortie

• (celle que nous venons de citer ): les troupes qu'il avait

• sous ses ordres se sont couvertes de gloire. »Sous le gouvernement de Napoléon , le général Maucomble avait été créé baron d'empire, et avait eu la croix de chevalier de l'ordre de la Couronne-de-Fer, ainsi que celle du Méritemilitaire de Wurtemberg. Après la restauration du trône des Bourbons , S. M. Louis XVIII le fit chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 20 août 1 8 1 \ , et commandeur de l'ordre royal de la Légion-d'Honnenr, le 27 décembre suivant. Il commandait, en 1820, la 2* subdivision de la indivision militaire, à Cherbourg. Il exerce en-

core aujourd'hui ce commandement. ( Etats militaires, Moniteur, annales du temps. }

de MAULEVRIER, voyez Andràult, Colrert et du Fat.

db MAUMIGNY, (Paul), maréchal-de-camp , naquit en 1735. Il entra, à l'âge de 14 ans, page de la grande écurie du roi, et passa à 17 ans lieuteuant dans le régiment d'Apchon dragons. Il fit avec ce régiment la campagne de 1757; se trouva à la bataille de Rosbacb, s'y conduisit avec distinction et y mérita le grade de capitaine, au même régiment, qui lui fut conféré par le roi Louis XV, le 20 novembre 1758. Il fit la campagne de cette dernière année et celles de 1759, 1761 et 1762, et se trouva aux batailles de Sundersbausen , Lutzelberg, Berghem, Minden, Fillingshausen , Wilhelnutadt et Joannsberg. Pendant ces campagnes, sa conduite et sa bravoure lui concilièrent l'estime et l'affection de ses chefs et de ses compagnons d'armes. Il continua de servir dans le régiment d'Apchon, qui devint successivement Nicolaï, Lanau, Durfort et chasseur» de Franche-Comté, et y passa successivement par tous 1rs grades. II était colonel du même régiment , devenu 2* de chasseurs à chaval, à l'époque de la révolution. Il émigra des premiers avec son corps d'officiers et quelques soldats, alla joindre les princes français, et fut placé dans la brigade de Monsieur. Il passa ensuite dans le régiment de hussards de Damas, et parvint encore à se faire remarquer dans ce corps, alors composé en entier d'officiers devenus simples soldats. Le roi , content de ses services , le nomma maréchal-de-camp , eu 1797. Il devint à cette époque lieutenant-commandant du corps noble d'Angoulême. Après la suspension d'armes signée àRosenheim, au commencement de janvier 1801, il se retira à Krieglach, dans la Styrie-supérieure ; mais il y fut bientôt atteint d'une maladie, dont il mourut le 10 du même mois. ( Etats e{ brevets militaires.)

de MAUQUENCHY de Blainville , maréchal de France, servit en Normandie sous l'amiral de la lieuse, en i356,

et au siège de Honfleur Tannée suivante. Il marcha à la têle de sa compagnie dans cette province , sous le même amiral , en i36i, et sous Pierre Navarre, en i365. Il investit, en i564, la ville de la Charité, qui se rendit au duc de Bourgogne. Charles Y lui confia, la même année, la garde du château «le Rouen, et l'envoya faire le siège de Moulineaux le 19 septembre. Il fut créé maréchal de France , après la mort dumaréchal de Boucicaut,par état donné à Paris, le 20 juin i5G8. Les Anglais avaient dans ce temps pris des quartiers dansleMaine, et Grandson,l'un de leurs généraux, commandait 4000 hommes vers Pontvallain. Du Guesclin et Biainville le surprirent en novembre 1S70. Pendant que le connétable chargeait vivement Grandson , B la in ville mit en déroute 800 hommes des ennemis, qui se glissaient derrière une colline pour prendre les Français à dos. Il lit prisonnier le commandant, et rejoignit du Guesolin. Les Anglais, déconcertés par la prise de leur général, furent la plupart tués ou pris. Les Français marchèrent aux autres quartiers des ennemis, qui furent forcés ou mis en fuite : 100 hommes restèrent seulement de 20,000 que le géuéral anglais avait conduits dans le Maine et l'Anjou. En 1373, Blainville assiégea Bécherel, forteresse appartenant au duc de Bretagne : cette place se rendit après un an de siège. Il accompagna, en 1377, le duc de Bourgogne à la prise de la ville d'Ardres, et des forteresses d'Arduic et de Vauclînger. 11 commanda l'armée française , sous le connétable, à la bataille de Kosbecq, le 27 novembre 1082. Il mourut eu février 1 39 1 . ( Clironologie militaire , tome 11 , page 1 33 ; Froissard , le Père Daniel, l'abbé le Gendre, Histoire des Grand-Officiers de la Couronne , Dictionnaire des maréchaussées , Moréri, Mczeray.)

MAURICE (Arminius), comte de Saxe, maréchal dé France , naquit àGoslar, le 19 octobre 1696. 11 était (ils naturel de Frédéric - Auguste 1", électeur de Saxe, roi de Pologne, et de Marie- Aurore, comtesse de Kœnigsmarck, Suédoise, aussi célèbre par sa beauté que par son esprit. Jl fut élevé avec le prince électoral, depuis Frédéric H, roi

de Pologne. Indifférent pour tout ce qui flatte ordinairement l'enfance, il n'eut de goût que pour les exercices militaires, et pour tout ce qui les lui retraçait. A l'âge de 12 ans, il s'arracha des bras de la comtesse sa mère ; servit comme simple fantassin , dans les Pays-Bas; se) trouva au siège de Lille, en 1708; y monta plusieurs fois la tranchée, et y fit admirer son intrépidité- Eu 1709, il servit aux sièges des ville et citadelle de Toumay , en qualité d'adjudant-général : au siège de la ville, son cheval tué dans la tranchée se renversa sur lui; et au siège de la citadelle, il eut son chapeau percé d'un coup de carabine. Les alliés, voulant assiéger Mons , détachèrent un corps de cavalerie, avec de l'infanterie en croupe, pour s'emparer du passage de la Haine. Le comte de Saxe porta un fantassin derrière lui, et passa la Haine un des premiers^ l'épée à la main. Dans une escarmouche aux environs de Mons, le 10 septembre, il faillit être pris ou tué, mais il prévint d'un coup de pistolet un cavalier eunemt qui le poursuivait. 11 combattit à la journée de Malplaquet J 1 ) , et monta la première tranchée devant Mons. Au mois de mars 1710, il se distingua au siège de Riga, commandé en personne par Pierre le Grand ; de là, il vint en Flandre , et se trouva au siège de Bélhune, qui se rendit, le 29 août. Il marcha , avec le roi son père, dans la Poméranie, en 171 1, et se trouva à la prise de Troplow. Il l'accompagna au siège de Stralsund, où il fit preuve de la plus grande intrépidité, en passant lu rivière à la nage , à la vue des ennemis et le pistolet à la main. Le roi de Pologne lui permit de lever un régiment de cavalerie, qu'il conduisit, eu 1712, au siège de Brème. H eut un cheval tué sous lui au combat de Gudelsbusk. En 1715, à la léte de ce régiment , il enleva l'île d'Usedom, et contribua à la prise de la ville de Stralsund, défendue par Charles XII. En 1717, il partit pour la campagne de Hongrie. Arrivé au camp sous Belgrade, il se signala au

(1) • Je euU content de ma journée », dit il après cette affaire mémorable.

siège de cette ville et à la bataille de Péterwaradin , que les Turcs perdirent. Le roi de Pologne l'honora, en 1718, de l'ordre de F Aigle -Blanc. Il Pavait précédemment fait général major dans ses troupes. Né avec un caractère libre et fier, Maurice fut bientôt fatigué des reproches et des importunités de la comtesse de Lobin, son épouse , qui le tourmentait par sa jalousie , et il prit le parti de venir en France, en 1720. Le régent, auquel il plut, l'invita à s'y fixer, et se l'attacha en le faisant colonel d'un régiment allemand de son nom, par commission du 7 août, et en l'élevant au grade de maréchal-de-camp par brevet du même jour (1). Il fut élu, au mois de juillet 1726, pour successeur du duc Ferdinand, par les états de Courlande; mais cette élection n'eut point de suite, la Russie et la Pologne s'y étant opposées. Nommé pour servir sur le Rhin, eu qualité de maréchal-de-camp, sous le maréchal de Berwick, par lettres du 3o septembre 1733, il servit au siège de Kehl , où, dans la nuit du «3 au 24 octobre, un capitaine de grenadiers fut tué à ses côtés dans la tranchée. Le 26 , il monta à l'assaut général : le fort de Kehl capitula , le 2$. Au mois de mars 1734 , le comte de Saxe, avec 200 dragons, attaqua un convoi escorté par 1200 hommes. Il monta aux deux assauts qui se donnèrent , le 27 avril, au château de Traerback : ce château se rendit au comte de Belle- Isle, le 2 mai. Il était au blocus de Coblentz, lorsqu'il apprit que le maréchal de Berwick marchait aux lignes d'Etlingen, dont les Impériaux s'étaient emparés. 11 quitte ce blocus, joint le maréchal de Berwick, entre dans les lignes avec un détachement de grenadiers , tombe sur les Impériaux, et les contraint de prendre la fuite, et d'a-

(1) L'historien du comte de Saxe» tome I , livre a , pag. taa , dit que le comte arriva à Paris, au commencement de 172a; qu'il n'y avait point alors de régiment étranger vacant, et qu'il acheta bien cher celui de Sparre, lequel a porté son nom depuis. Cet historien aurait parlé autrement, s'il avait lu la commission qui fut expédiée, le 7 août 1730, en laveur du comte de Saxe, pour un régiment allemand, vacant par la démission du comte de Sparre.

DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS, 3i)5

bandonuer les lignes, ainsi que leur artillerie (i). Au siège de Philisbourg , qui fut investi le 25 mai , le comte de Saxe attaqua, dans la nuit du i" au a juin, un fort coustruit vis-à-vis de la place, el que les ennemis abandonnèrent, le 6 : 600 ennemis étant sortis d'une redoute, il en tua 22, fit un lieutenant et 9 soldats prisonniers, et obligea le reste de se précipiter dans des marais. Le 16, le comte de Saxe commanda la première attaque du marais de Staremberg. Le 24* il enleva une redoute, et fit prisonniers tous ceux qui la défendaient. Dans la nuit du 12 au 1 3 juillet, il emporta d'emblée l'ouvrage couronné: la place capitula, le 1 7, et les Français y entrèrent le 18. Le 1" août, le comte de Saxe se rendit maître du château de Niéder-Ulm, où

11 fît 200 prisonniers. Le roi le fit lieutenant - général de ses armées, par pouvoir du même jour. Le 2 septembre , sans donner aux ennemis le temps de se reconnaître, il s'empara d'OHkich, et fit i5o prisonniers. Il délogea, le

1 2 , de Wolfacb les troupes impériales , qui incommodaient les détachements français, et força leurs retranchements. Après cette expédition, il enleva un magasin de vivres, gardé dans Ettenheim par 800 hommes, et se retira ensuite à Bibrach et à Zell , postes importants pour la communication des différents corps de l'armée. Un parti de hussards ayant plus d'une fois tenté d'emporter Zell, le comte de Saxe, soutenu par 100 grenadiers, le rencontra, le 19 septembre, tua de sa main le commandant, reçut un coup de sabre sur la tête, et dispersa entièrement ce corps. Le 23 octobre, l'armée passa le Rhin , et se sépara. Il servit en qualité de lieutenant- général , par lettres du 1" mai 1735, sur le Rhin , sous le maréchal de Coigny. Chargé de s'opposer au prince Eugène, il conduisit 14 bataillons et 10 escadrons devant llanheim , et s'y retrancha de manière qu'il ne pût être forcé dans son camp. Il tint ainsi en échec

(0 En voyant arriver le comle de Saxe dans son camp, le maréchal de Berwick lui avait dit : « J'allais faire venir 3ooo hommes ; mais vous »me valcx , seul , ce renfort. >

une armée formidable , l'empêcha de passer le Rhin , et de se répandre dans le pays Messin , comme le prétendait le prince Eugène. Les Impériaux ayant marché vers Trêves , au nombre de 5o,ooo hommes, le comte de Saxe fut détaché , avec le comte de Belle-Isle , le marquis d'Aubigné, et le duc de Bélhune, et tous trois firent uue si grande diligence, que, le 8 octobre, ils étaient à Trêves, dont les ennemis se trouvaient encore fort éloignés. Le ai, les armées française et impériale n'étant séparées que par la petite rivière de Salm, le comte de Saxe s'empara d'un village qui bordait le passage de cette rivière , et poursuivit les troupes qui le gardaient, jusqu'à un bais au-delà du pont. II allait être enveloppé par deux colonnes d'infanterie allemande, lorsqu'il se retira eu bon ordre. Le »5 , il prit sur lui de garder un gué de la Moselle, dont les ennemi» pouvaient se servir pour passer cette rivière. Ils tentèrent cependant d'effectuer ce passage, le 1" novembre; mais le eomte les repoussa avec tant de succès, qu'ils n'osèrent hasarder une seconde tentative. Le 5 novembre , on publia une suspension d'armes, et le comte de Saxe revint à Paris. Destiné pour servir en Allemagne , comme lieutenant-général, par lettres du 20 juillet 1741» partit de Paris le 11 août, se rendit à Strasbourg, et joignit l'armée auxiliaire de France , aux ordres de l'électeur de Bavière. Il prit Walsec, en Autriche , au commencement d'octobre, avec un détachement, et défit ii>oo Autrichiens qui étaient de l'autre côté de ce village. L'armée ayant pris la route de Bohême, le comte de Saxe, commandant l'avant-garde, se saisit de la ville de Budweis, ou les Autrichiens avaient un magasin considérable. A l'assaut de Prague, qui se fit le 26 novembre à deux heures après minuit, et à la faveur des échelles qu'où avait attachées aux murailles, il monte sur les remparts suivi des grenadiers, tue et désarme tout ce qui se présente, fait rompre une des portes de la ville , y introduit l'infanterie et la cavalerie qui occupent les avenues, et s'avance vers le pont, où le commandant de la bourgeoisie lui remet les clefs de la ville. Le général Ogilvi, ainsi que le commandant de la citadelle, lui remirent ausw

leurs épées,etse rendirent prisonniers de guerre. Après la prise de Prague, le grand-duc de Toscaue se retirant sur les frontières de l'Autriche, le comte de Saxe le poursuivit, et tomba sur son arrière -garde : grand nombre de hussards autrichiens restèrent sur la place, ou furent faits prisonniers. Il accompagna rélecteur de Bavière , qui partit de Prague, le 28 décembre, pour retourner à Munich. Il quitta Dresde, le 25 janvier 174*» et retourna en Bohême auprès du maréchal de Broglie. Le 2 avril , il investit Égra, qui capitula , le 19. Il attaqua et forci une aile des ennemis appuyée au village de Sahay. Le 26 juillet , il alla prendre le commandement de Tannée de Bavière, qui lui avait été donné par lettres du 1" mai précédent. Il joignit l'armée commandée par le maréchal de Maillebois, le 18 septembre, s'empara de plusieurs défilés, et facilita au maréchal l'entrée dans la Bohême. Le 3 octobre, le comte de Saxe fut blessé dans une escarmouche. Il chassa de Palkenau un corps de hussards. 11 obligea 5ooo hommes qui défendaient Ellenbogen de capituler, le 10; fit brûler le pont de bois près de celte ville , sur la frontière d'Égra , et se saisit des magasins. Le prince Charles prit Dekendorff, sur le Danube, et Landau, sur l'Isler ; mais le comte de Saxe en chassa les Autrichiens. Le maréchal de Broglie ayant assigné au comte de Saxe, pour quartier l'autre côté du Danube, cette disposition ne laissait à la Bohême et à Égra aucune espérance de secours : le comte de Saxe fit inutilement remarquer le vice de celte distribution de quartiers. Après la reddition de Prague, le prince Charles fit bloquer Égra, et rappela le prince de Lobkowitz dans le Haut-Palatinat, pour couper la communication des Français avec Égra. Le comte de Saxe, qui pénétra son dessein, marcha avec son corps de réserve, s'approcha des frontières de la Bohême, et soutint M. du Cayla, qui conduisait un grand convoi dans ligra. Le comte de Saxe fut fait meslre-de-camp d'un régiment de cavalerie légère, dit kullands, qu'il leva par commission du 3o mars 1743. Il joignit l'armée française en Bavière, sous le maréchal de Broglie, et commanda les troupes qui étaient dans le Haut-Palatinat. Après la retraite

du maréchal de Broglie, le comte de Saxe prit le commandement de l'armée, la ramena en France, et obligea le prince Charlesde rester de l'autre côté du Rhin. Le maréchal de Coigny fut chargé, au commencement de septembre, du commandement de Parmée que conduisait le comte de Saxe, qui alla joindre celle du maréchal de Noaillcs. Le comte de Saxe , avec la réserve , occupa les lignes de Lauterbourg, et fit perdre aux Autrichiens l'espérance de mettre à contribution l'Alsace et la Lorraine. Le roi le fit maréchal de France, parétal donné à Versailles, le 26* mars 1 744» régistréàlaconnétabiie, le 12 septembre 17 '1 8. Il eut, le 1" avril 1 744» Ie commandement d'une des arméesde Flandre, arriva , le 17 mai, an pontd'Espierre, et établit son quartier à Courtray, d'où il couvrait le siège de Menin. Ses détachements levèrent de grosses contributions , enlevèrent les bestiaux jusqu'aux portes de Gand, emportèrent, près de Bellem, un fort avec 6 pièces de canon. Menin se rendit au roi , le 5 juin. Le maréchal de Saxe couvrit ensuite le siège d'Ypres, environna Courtray de palissades, fit réparer les anciennes fortifications de cette ville , et y en ajouta de nouvelles. Dès que le prince Charles eut passé le Rhin , le roi, déterminé à commander en personne son armée d'Alsace, partit de Dunkerque, le 19 juillet, et laissa au maréchal de Saxe le commandement de l'armée qui restait en Flandre : elle était de 45,ooo hommes, et les alliés en avaient 80,000. Le maréchal, toujours dans son camp de Courtray, parvint, par différentes manœuvres, à tenir l'armée ennemie dans l'inaction pendant le reste de la campagne. Nommé commandant de l'armée de Flandre sous le roi , par pouvoir du 1" avril 1745 , il assiégea Tournay. Les alliés attaquèrent l'armée française à Fonlenoy, le 1 1 mai. Le combat commença àsix heures du matin, et se soutint avec un avantage égal jusqu'à midi , malgré trois attaques et une décharge continuelle d'artillerie, qui n'avaient rien fait perdre de ses avantages à l'infanterie française ; mais vers midi , le centre de cette armée se trouva ébranlé, et elle perdit de son terrain. La cavalerie , qui appuyait ce centre donna à son tour, et revint plusieurs fois

DES GENERAUX FRANÇAIS. 5qg

à la charge ; mai» elle fut contrainte de céder au feu qu'elle essuyait, et la victoire parut vouloir se déclarer en faveur des alliés. Les ennemis avaient formé un bataillon carré composé de i5,ooo hommes d'infanterie, faisant un feu terrible de tous côtés : ce bataillon avait en tête plusieurs pièces de canon qui tiraient à cartouche. La maison du roi, la gendarmerie, n'avaient point encore chargé. S. M. ordonna alors aux brigades des vaisseaux, de Normandie et des Irlandais, de charger le bataillon carré des ennemis par sa droite; aux brigades du roi et de la couronne d'Aubeterre de le prendre par sa gauche; à sa maison, à la gendarmerie, aux carabiniers, de l'attaquer en front. Le maréchal de Saxe , pour appuyer ces attaques, fit avancer 4 pièces de canon. Les troupes du roi chargèrent toutes à la fois avec une vigueur qui rendit inutile la valeur des ennemis : le bataillon carré fut bientôt rompu, et repoussé au-delà du champ de bataille. Dans son désordre et sa déroute, ce bataillon eutraîna une seconde colonne d'infanterie qui s'avançait avec la cavalerie pour les soulenir,et les alliés abandonnèrent le champ de bataille, avec perte de 20 pièces de canon et i5,ooo hommes (1). La ville de Tournay, qui avait été investie, le 26 avril, capitula le a3 mai, et la garnison en sortit le 24. La citadelle se rendit le 20, et sa garnison sortit le 24. Pendant le siège de cette citadelle , le roi accorda au maréchal de Saxe les honneurs et les eutrées du Louvre , ainsi qu'à sa femme , s'il venait à se marier, et à l'aîné de ses enfants et descendants mâles. Le roi le fit aussi capitaine des chasses, et gouverneur du château de Chaïubord, pour sa vie, par provisions du 25 août. Le maréchal fit investir la ville d'Ath par le mar-

(1) Le maréchal de Saxe était malade, lorsqu'il avait reçu le commandement de l'armée de Flandre, et il était presque mourant le jour de la bataille de Fontenoy. Avant l'action, il se fît porter dans une voiture pour visiter tous les postes; et, pendant le combat, il monta à cheval: mais il était tellement faible, qu'on craignait qu'il n'expirât à tout moment; cependant la victoire fut due on grande partie a ses savante* dispositions.

quis de Clcrmont Gallerande, au commencement d'octobre. Alh capitula le 8. Les ennemi» , bien éloignés de soupçonner que le comte de Saxe méditât quelque nouvelle conquête, avaient distribué leurs troupes en quartiers d'hiver. Le maréchal, profitant de celte circonstance » investit de toutes parts, le 3o janvier 1740% 'a v'^e de Bruxelles, défendue par une garnison de 18 bataillons et de 9 escadrons : 17 officiers-généraux commaudaieut cette garnison. 11 fit ouvrir la tranchée dans la nuit du 7 au

8 lévrier. Le 20, 10 grenadiers se postèrent à chaque brèche des demi-bastions de l'ouvrage à corne, et furent suivis par les travailleurs, qui s'établirent sur la crête des brèches. Les assiégés s'avancèrent pour 1rs en chasser; 4 compagnies de grenadiers, qui étaient dans le fossé, entrèrent dans le demi-bastion , mais furent oontraintes de se retirer. Les assiégés crurent néanmoins que cette attaque était le prélude d'un assaut général. £11 conséquence, ils battirent la chamade, le même jour, et signèrent une capitulation, par laquelle la garnison, forte de 12,000 hommes, fut déclarée prisonnière de guerre : elle laissa aux Français toute l'artillerie de campagne des Hollandais, un nombre prodigieux de canons et de mortiers, toutes les munitions nécessaires à une armée, et des provisions de bouche pour 4 mois. Le maréchal de Saxe fut naturalisé Français, par lettres du mois d'avril 1746. Il battit l'armée des alliés à Raucoux, le 11 octobre, leur prit

9 drapeaux, un étendard et 64 pièces de canon; fit 3ooo prisonniers, et tua 12,000 hommes. Le roi lui donna, par brevet du 1" novembre suivant, 6 pièces de canon du calibre de trois livres de balles, dont 3 pièces aux armes d'Angleterre et 3 aux armes de Hollande. 11 fut créé maréchal-général des camps et armées du roi, par provisions données à Versailles, le 12 janvier 1747* H marcha, la même année, vers la Flandre hollandaise, et fit plusieurs détachements, qui s'emparèrent de l'Écluse, des forts la Perle , d'Issendik et de Liefkenshoek , du Sas de Gand , du fort Saint- Antoine , de Philippine, du fort Santberge , de Hulst et d'Axel. Le 2 juillet, il défit a Lawfeldt, sous

DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. /jO«l

le» ordres du roi, l'armée des alliés , qui laissa sur le champ de bataille 29 pièces de canon , 10,000 morls et un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels était le général Limonier. Il fit ensuite investir la ville de Berg-op Zoom , que le comte de Lœwendahl enleva d'assaut, le 16 septembre. Le maréchal de Saxe fut nommé commandant-général des Pays Bas conquis, par provisions du 12 jauvier 1748. Il s\ 11 'para du duché de Limbourg. le 8 avril, et «le Maastricht le 7 mai. La paix ayant été signée à Aix-la-Chapelle, le 18 octobre, le maréchal de Saxe se retira à Chambord, où il mourut, le 3o novembre ij5o (1) (a,. f Chronologie militai" re , lom. Il , pag. 7*2 ; Histoire du comte de Saxe, mémoires du temps y Dictionnaire des maréchaussées , Histoire de France , par Jnquclil, Dictionnaire universel , par Chaudon et Delandine,tom. XF,pag. 562.)

MAURICE- MATHIEU de la Redoiite( David - Joseph , comte), pair de France et lieutenant -général, naquit à Sainte- A Afrique. Il avait à peine achevé ses études qu'il entra comme cadet dans le régiment suisse de Meuron. Il passa , le 23 décembre 1786, à une sous-lieutenance dans la légion de Luxembourg, qui fut envoyée daus l'Inde. A son retour en France, il entra dans le régiment Royal- Dragons, commandé par M. de Muratel, son oncle. Celui-

(1) Le comte de Saxe professait la religion luthérienne; aussi la reine dit, en apprenant sa mort : « Il est bien fâcheux qu'on ne puisse pas

• dire un De profundis pour un homme qui a fait chanter tant de Te » Dcum. • Le roi le regretta beaucoup, et répondit à l'ambassadeur d'Espagne, qui venait lui apprendre la perte que son maître avait faite d'une quantité considérable de vaisseaux : ■ Monsieur l'arnbassa-

• deur, je viens d'en faire une plus grande; on peut refaire des vais-

• seaux : mais on ne refait pas des hommes tels que le maréchal de » Saxe. »

(a) Il avait demandé que son corps fût brûlé dans la chaux vive ; mais on ne souscrivit point à cette dernière volonté, et sa dépouille mortelle fut transportée avec la plus grande pompe à Strasbourg, et y fut inhumée dans le temple luthérien de Saint-Thomas, où on lui éleva un superbt mausolée.

vu. 5i

ci, ayant été promu au grade de maréchal-de-camp, prit le jeune Maurice- Mathieu pour l'un de ses aidcs-de-camp. Le 5 août 179a, Maurice- Mathieu se trouva au combat d'Auhem près Landau. Il quitta les bords du Rhin, avec le corps de troupes que le général Muratel conduisit à l'armée du centre , l.>r8 de l'invasion des Prussiens en Champagne, et se trouva à la bataille du 20 septembre, près de Sainte-Menehould. Passé adjoint à l'état-major, il prit part à toutes les affaires qui eurent lieu , en 1795, à l'armée de la Moselle. 11 fut ensuite attaché comme aide-de-camp au général Chapsal. Nommé adjudant - général, le i3 juin 1795, il fut employé à l'armée de l'intérieur jusqu'au mois de novembre suivant, époque à laquelle il passa à l'armée du Nord. Il y servit constamment dans les divisions qui marchèrent sur le Rhin. Ii commandait l'avant- garde du corps d'armée qui investissait Mayence, lorsque les préliminaires de paix signés à Léoben suspendirent les hostilités. Après le traité de Campo- Formio , il fut envoyé en Italie, et servit dans le corps de troupes qui marcha sur Rome. Chargé de réduire la ville de Terraciue ( frontière du royaume de Naples ) , dont les habitants avaient égorgé le commandant français, et arboré le signe de la rébellion , il investit les nombreux insurgés qui s'y étaient rassemblés; et , après un combat sanglant qui dura pendant 8 heures, il s'empara delà viîle, extermina les rebelles et se saisit de leur artillerie. Il eut un cheval tué sous lui dans cette affaire , à la suite de laquelle il fut promu au grade de général de brigade, par arrêté du gouvernement, daté du 8 septembre 1798. L'armée napolitaine ayant été battue, le 3 décembre suivant , par le général Macdonald , un des corps de cette armée, fort d'environ 10000 hommes, commandés par le général Metché , s'empara , le 6 , de la ville d'Otricolt , où il égorgea la garnison française , et même les malades. Le général Maurice-Mathieu reçut du général Macdonald l'ordre d'attaquer l'ennemi à Otricoli. Avec des forces inférieures en nombre, Maurice-Mathieu parvint A faire évacuer Otricoli par l'armée napolitaine , qu'il poussa jusque sous les murs deCalvi, après lui avoir tué ou pris

environ 3ooo hommes, et s'être emparé de 5 canons et «le 6 drapeaux. Macdonald fil allaquer Calvi , et le général Maurice Mathieu, après avoir forcé 7000 Napolitains de rentrer dans la place, contribua puissamment , par ses attaques vives et réitérées, à décider la capitulation de cette ville. Le 9 décembre, le général Maurice - Mathieu rentra dans Rome, après avoir battu , près de la Storta , la colonne napolitaine, commandée par le général Damas. Dès le même jour, il fut attaqué en avant de S.-Jean-de-Latran , par un corps de 6000 Napolitains qui voulait protéger la retraite du général Damas : celle seconde colonne ennemie fut également battue, avec perle d'environ 2000 hommes et G pièces de canon. L'armée française, après s'être reposée quelques jours à Rome, en repartit le 20 décembre, et se dirigea vers les frontières du royaume de Naples. La brigade du général Maurice-Mathieu passa le Garigliano, et entra sur le territoire napolitain , après avoir fait dans ses marches journalières un assez grand nombre de prisonniers. Elle arriva le 2 janvier 1799, à Calvi , à 2 lieues de Capoue. Le i'\ , le général Macdonald fil taire par la brigade du général Maurice-Mathieu , une reconnaissance de la place de Capoue. Cette reconnaissance devint un combat trèsmeurtrier, dans lequel le général Maurice Mathieu fut grièvement blessé d'un coup de canon à mitraille , qui lui fracassa le bras droit : cette blessure l'obligea de quitter l'armée, pour se rendre aux eaux de Barrèges. Il fut créé général de division, le 17 avril 1799. Au mois de mars 1800, il reçut l'ordre de se rendre à Brest, pour y prendre le commandement sur les côtes du Finistère. Il y repoussa plusieurs tentatives faites par les Anglais ; et , par son activité et ses bonnes dispositions, il mit le port de Brest à l'abri de toute insuite. Ayant élé obligé de retourner aux eaux de Barrèges, il y resta jusqu'au 22 septembre, époque à laquelle on l'envoya commander la 20e division militaire à Périgueux. Au mois de décembre suivant, il reçut l'ordre de se rendre à Dijon, pour y commander une division de l'armée d'observation , sous les ordres du général Murât. Cette armée passa le petit Saint -Bernard, déboucha dans

4<>4 DICTIONNAIRE II 1STOMQUE

le Piémont , et fut dirigée vers Amône, pour en faire le siège : mais l'armistice, signé en Italie, après la bataille de Marengo, changea sa destination , et elle fut envoyée contre les Napolitains qui venaient d'envahir la Toscane* Le général Maurice-Mathieu marcha avec sa division dans le royaume de Naples, où il resta jusqu'au mois de mai 1802, époque de l'évacuation de ce royaume. Il fut ensuite nommé au commandement de la 1 1" division militaire et passa de là à celui de la indivision du camp sous Bayonne. En i8o5, il fut employé à la grande-armée d'Allemagne, dans le corps d'armée commandé par le maréchal Auge* reau, fit la guerre dans le Brisgaw, et conclut , avec le général autrichien Jellachich , une capitulation par laquelle le corps d'armée de ce général fut prisonnier de guerre. 11 servit ,>en 1806 et 1807 , dans la guerre de Prusse et de Pologne. Passé à l'armée d'£spagnc , en 1808, il y remplaça le général Keynier dans le commandement d'une division. Il obtint à cette armée des succès signalés; se distingua à Tudela , et y fut blessé. Il secourut , en 1812, le fort de Balaguier, ainsi que la ville de Tarragone , et fit lever le siège de cette ville. 11 rentra en France, en 18 14, et adhéra à la déchéance de Napoléon. Le général Maurice-Mathieu était officier de la Légion-d'Honneur depuis 1804- Sa Majesté Louis XVIII le créa chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le ier juin 1 S 1 |. Le ministre de la guerre, comte Dupont, lui confia, dans le même temps, les fonctions d'inspecteur-général pour l'organisation de l'infanterie dans les 12e et 20* divisious militaires. £11 juin 18 » 5, le comte Maurice-Mathieu commanda, par ordre de Buonaparle,la 10' division militaire (Toulouse). Après la seconde restauration, il se relira dans sa lerre de Horedorve en Languedoc. En septembre 1817, il obtint le commandement delà 19* division militaire, en remplacement du général Canuel. Il a élé créé pair de France, par ordonnance royale du 5 mars 1819. (Etats militaires, Moniteur, annales du temps.)

de MAUTOUR, voyez de Boobgogse.

de MÀUVISSIËRE, voyez de Castelnau.

de MAYENNE, voyez de Lorbaike.

MAZARINI (Michel), dit le Cardinal de Sainte-Cécile , commandant d'armée, naquit en 1607. Il fit d'abord profession dans Tordre de Saint-Dominique, et y enseigna la théologie. Successivement prieur, provincial et général de son ordre, il obtint la charge de maître du palais du pape Urbain VIII, et fut sacré, à Rome, archevêque d'Aix,aumois de juillet 1645. Il prêta serment au roi de France, cl fit son entrée à Aix la même année. Étant retourné à Rome , il y fut créé cardinal, le 7 octobre 16/17. Nommé vice-roi de Catalogne , sur la démission du prince de Condé, par provisions du 2% du même mois, il se rendit dans celte province, et y commanda pendant tout l'hiver. Il leva un régiment d'infanterie, dont il fut créé mestre-de-camp et capitaine de la première compagnie, par commission du 3 janvier 1648. 11 en leva un de cavalerie, par autre commission du i3 février suivant. Choisi pour commander l'armée de Catalogne, par pouvoir du 28 mars de la même année , il se rendit justice, et refusa ce commandement. Il se démit même de la vice-royauté de Catalogne, mais il garda ses deux régiments jusqu'à sa mort- Il se relira à Rome, au mois de juin, et y mourut le ier septembre 1648. {Chronologie militaire, tom. I, pag. 5ia; Gallia christiana, Larrey, Histnre des Grands - Officiers de la Couronne, sa Fie y par Théophraste Renaudot.)

de MAZANCODRT (Charles - Christophe) , vicomte de Çourval, maréchal-de-camp , issu d'une ancienne famille noble de Picardie , qui s'est rendue recommandable par ses services militaires. Il était, dès i655, capitaine d'une compagnie de carabins, qu'il commandait en Allemagne. Il eut le commandement de la viile d'Uberlingen , par lettres du roi, datées du 1" octobre 1643. Il se trouva aux combats de Fribourg, au siège de Philisbourg, et à la prise des

4o6 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

villes de Guermershcim , Spire, Worms, Mayence et Bfn- \ gen. Le maréchal de Turcnne lui donna le commandement de celte dernière place, en 1644, Il lui fait colonel de cavalerie, en 1G46, et obtint, par commission du 19 mars 1649, uu régiment d'infanterie de nouvelle levée. On le créa maréchal-de-camp par brevet du même jour, et on lui donna, par ordre aussi du même jour, le commandement daiiH Bingen, Baccarach, Schomberg, Creutznach et leurs dépendances. Il conserva le commandement de ces places, ainsi que celui des troupes qui s'y trouvaient, jusqu'au moment de l'évacuation de ces villes par les troupes françaises. Il fut gratifié de 5ooo livres de pension, en récompense de ses services. Employé, en ifi5o, dans l'armée commandée par le maréchal du Plessis, il servit au siège de Rethcl, et fut tué au combat livré sous cette place > le i5 décembre de la même année. {Chronologie militaire, tom, Kl , pag. 2j3; Mémoires du marquis de Feurjuihres , Gazette de France , mémoires du temps.)

de MAZ.ANCOURT (Gabriel-Auguste , comtt), maréchalde-camp, naquit au château de Vivierres, en Valois, dan9 l'année 1725. Il entra au service, en i?47* comme cornette au régiment de cavalerie qui, sous le nom de Noê, fut incorporé dans le régiment de Bourbon, en 1761. Il fut fait capitaine de cavalerie, en mars i?44« cl fit les campagnes de Flandre depuis cette année jusqu'en 1750. Il eut, en février 1764, un brevet pour lenir rang de mestre-decamp , et passa lieutenant-colonel au régiment de Bourbon cavalerie, au mois de novembre suivant. On le créa brigadier des armées du roi, le 16' avril 1767. Il fut fait commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, le 25 août 1779, et promu au grade de maréchal-de-camp, le in mars 1780. Nommé, p;ir le roi, président des assemblées provinciales du Valois, il fut depuis élu député aux états- généraux par la noblesse de cette province. Il émigra, au mois de mars 1791, et alla joindre S. A. S. Mgr. le prince de Condé. Il fit, sous les ordres de ce priuce, îa campagne de 1792, comme commandant la brigade d'Aus-

trasie et du Soissonnais; et celle de 1793, en qualité de lieutenant-colonel. Il reçut, en i 7q4> le commandement en chef du corps d'infanterie connu sous la dénomination de chasseurs nobles, et composé de 23i6 gentilshommes; fit, avec ce corps, les campagnes de celte époque , et se distingua constamment par la valeur la plus intrépide , ainsi que par le zèle et la fermeté qu'il déploya pour le maintien de la discipline. M ilgré son grand âge, il marcha toujours en tête des chasseurs nobles, même pendant les saisons les plus rigoureuses, et en conserva le commandement jusqu'au licenciement, qui eut lieu en 1801. Il reçut dans cet intervalle de nombreux témoignages d'estime de la part du roi et des princes (1). Il fut créé grand'eroix de l'ordre de Saint- Louis, en 179a, et mourut à Brcslaw, en Sîlésie, le 3i mars 1809. {Etats militaires, Mémoires de M. d'Ecquevilly, certificats des princes français,)

de MAZANCOURT (François-Joachim, marquis), maréchal-de-camp , et cousin du précédent, était chevalier de Tordre royal et militaire de Saint - Louis, et capitaine au régiment des gardes-françaises, en 1790. Il émigra , le 10 avril 1791; alla joindre les princes français, frères du roi Louis XVI, et fit, sous leurs ordres, la campagne de

(1) Le comte de Masancourt reçut de S. M. Louis XVIII uoe lettre autographe , dont la teneur suit :

Blankembourg , le 5 janvier 1797.

« Je vous donne , monsieur, deux commissions bien différentes à rem- *plir à la fois; mais toutes deux appartiennent à celui qui, depuis le

• commencement de la guerre , s'est si vaillamment montré à la tête ùo » mes braves chasseurs nobles : c'est de leur exprimer toute la douleur

• que me causent les cruelles et nombreuses pertes que nous avon9 es-

• suyées, et combien je suis fier de la nouvelle gloire qu'ils ont acquise.

• Je ne croyais pas que ma noblesse pût me devenir plus chère qu'elle ne

• l'était: celte campagne m'a prouvé que j'étais dans l'erreur; et j'en

• fais l'aveu avec autant de plaîsi que j'en ai eu à la reconnaître. Soyez

• persuadé, monsieur, de mes sentiments pour vous. •

Signé Lout*

4o8 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

1792, comme capitaine dans ïes hommes d'armes à pied. En octobre 1794» il s'attacha an c orps d'armée de S. A. S. M^r. le prince de Condé; fit les campagnes de 1 79/4 et 1795, comme chasseur noble , et celles de 179 i et 1797, comme capitaine de ia compagnie n* 14 de ce même régiment. Depuis la campagne de 1798 jusqu'au licenciement de l'armée de Coudé, en avril 1801, le marquis de Mazancourt servit en qualité de lieutenant-colonel au régiment noble à pied, et se trouva à toutes les affaires auxquelles ce corps prit part. Un certificat , délivré par le prince de Condé, prouve que le marquis de Mazancmirt a tenu la conduite la plus honorable, et qu'il s'est constamment distingué par une valeur brillante, ainsi que par son intelligence, son zèle pour le service du roi , et son exactitude à ses devoirs. 11 quitta le service après le licenciement du corps de Condé, et mourut à Breslaw, en Silésie , au mois d'avril 1812, avec le grade de maréchal - de-camp , qui Jui avait été conféré par S. M. Louis XVIII, en 1797. [Etais militaires , certificats des princes français , Mémoires de M. d'EcqucviUy.)

de MAZELLIÈRE (Joseph - Denis), comte de Douault , maréchal-de-camp , chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalcm , naquit en Albret, près de Nérac, d'une famille ancienne et distinguée par ses services militaires. Il entra dans les mousquetaires , en 1764 , et fut fait capitaine de cavalerie, au régiment de Picardie , en 1771. Il était devenu premier capitaine de ce même régiment, en 1790. Il y fut fait premier chef d'escadron, à la création de ce grade, qu'il conserva jusqu'en 1791, époque à laquelle il fut promu au grade de colonel du régiment Royal-Champagne. Il n'accepta point cette dernière promotion, et préféra émigrer, pour joindre les priuecs français, auxquels il fit l'hommage de la lettre d'avis qui lui annonçait sa nomination de colonel. Le comte de Mazellière , avant de quitter la France, avait profité de deux occasions pour servir la cause de son roi. Il commandait le régiment de Picardie, à Angers, lorsque cette ville fut attaquée par une multitude do

gens des carrières, qui voulaient chasser le régimerft et mettre Angers au pillage. L'action fut très - vive ; mais la ville fut sauvée par la fermeté du régiment de Picardie, qui fit des prodiges de valeur (1). Le comte de Mazellière donna des preuves d'un courage et d'un dévouement sans bornes à S. M. Lduis XVI, et à toute son auguste famitte , dans la journée du 24 février 1 79 1 , eu s'opposant à l'ouverture des grilles du château des Tuileries, investi par une populace effrénée , à laquelle il sut imposer par un discours éuergique :sa fermeté héroïque préserva la famille royale des plus grands malheurs (2). Par son conseil, H M, de La Fayette et Bailly , qui étaient sur le point de céder aux menaces et aux vociférations de la multitude, firent entrer sur-le-champ, dans les Tuileries, un escadron de cavalerie. Cet le mesure força la populace de se retirer, ce qu'elle ne fit qu'en proférant les imprécations les plus fortes. S. IV1. Louis XVI, instruite par M. le duc de Brissac de la conduite courageuse du comte de Mazellière, daigna adresser à ce dernier les paroles les plus obligeantes, en présence d'une foule de gentilshommes que le péril avait réunis autour de la personne du roi. Le comte de Mazellière fit, a l'armée des princes, les campagnes de 1791 et 1792. Les services distingués qu'il avait rendus à la cause des Bourbons lui ont fait obtenir le grade de maréchal de-camp (3). {Etats militaires, annales du temps.)

(1) M. Bureau de Puzy, alors président à l'assemblée constituante, écrifit au comte de Mazellière une lettre remplie d'éloges et de félicitations sur sa conduite et sur celle du régiment de Picardie.

(a) Voyez les journaux du temps , et notamment le Mercure de France, année 1791 , page 81.

(3) Oo trouve dans la Chronologie militaire de Pinard, tom. FUI , fag. 291, les détails des services de Josias o* vMAZpLuàaK,j«6artm de Pliants, brigadier des armées du roi, et grand-oncle du comte de Mazellière. Il fut d'abord lieutenant au régiment Royal des- Vaisseaux, en 168a; servit, en i6JT>, au siège de Courtray, et en rô84, à l'armée' qoi couvrit le siège de Luxembourg. Il obtint, le 1" octobre iCStf, une compagnie qu'il commanda à l'armée d' Allemagne, ''eu iCSg M 1690;

4lO DICTIONNAIRE HISTORIQUE

DE MÉDAVY, voyez Roi xel.

de MEILLAN (Louis), marquis de Bressieu, fui créé maréchal-de-camp, le 16 décembre 1622. (Chronologie militaire , tom. VI, pag. 76.)

i>b là MEILLERAYE, voyez de U Porte.

le M E INC RE de BouciCiVT (Jean l"), maréchal de France, servit en Gascogne et en Flandre, dans les années i357, i338 et i54o; en Gascogne et en Languedoc, en i35i et i352. Il prêta serment, le 6 juin i556,pouria charge de sénéchal de Toulouse et de l'Albigeois. Il défendit Romorentin , que le prince de Galles emporta à la faveur de ses feux d'artifices. Il fut pourvu de la dignité de maréchal de France, à la place de Jean de Clermont, par état du 21 octobre. Il concourut à la défense de Paris, menacé par les Anglais, en i36o , et négocia la paix de Breligny , que le régent et les députés d'Edouard conclurent le 8 mai de cette année. Par lettres du 4 novembre

nu siège de Moas et au combat de Lcuse, en 1691 ; au siège de Namur et à la bataille de Steinkerque, en 169a; à l'armée d'Allemagne, eu 1695, et, dans les années suivantes, jusqu'à la paix. Il commanda aussi •a compagnie en Allemagne et au siège de Chiari, co 1701 ; à la défense de Crémone , à la bataille de Luzzara , à la prise de cette place , et à celle de Borgoforte . en 170a ; au passage dans le Trentin , aux sièges de Mago et d'Arco, en 1700; aux sièges de Verceil, d'Yvrée, de Cnivas, de Vérue , et à la bataille de Cassano, en 1704 et 1705. Il fut fait major de «on régiment , le 16 juin 1706; servit au siège et à la bataille de Turin, la même année; à la bataille d'Almanza et au siège de Lérida, en 1707; au siège de Tortose, en 1708; à l'armée d'E»pagoe, en 1709, et enûn à l'armée de Flandre, en 1710. Nommé lieutenant-colonel du régiment Royal-des-Vaisseaux , le 28 février 1711, il servit a l'attaque d'Arleux, la même année; à Parfaire de Oenain, aux sièges de Douai, du Quesnoy et de Boucbain,en 171a; aux sièges de Landau et de Fribourg, en 171.). Créé brigadier, par brevet du i«r février 1719, il fit la campagne d'Eapagne , et obtint successivement le commaudementdu fort Sainte-Croix de Bordeaux, le a8 novembre t7»3, et la lieutenance de roi du Château-Trompette, li a janvier 1736. Il mourut au mois de septembre

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suivant , il entra au grand-conseil du roi. De concert avec du Guesclin, il enleva par stratagème , au roi de Navarre, les villes de Mantes et de Meulan , et se chargea de les défendre pendant que du Guesclin marchait contre le captai de Bnch, au mois de mai i364> Cette même année, il suivit le duc de Bourgogne, frère du roi Charles V, dans son expédition contre les compagnies insurgées, et contribua à la prise de Marcheranville et de la Charité, dont ces compagnies s'étaient emparées. Le roi ayant ordonné à du Guesclin d'aller en Bretagne secourir Charles de Blois, le maréchal de Boucicaut prit alors le commandement des troupes en Normandie. Après la bataille d'Auray, où périt Charles de Blois , le 29 septembre , Boucicaut fut du nombre des seigneurs que le roi députa au comte de Montfort. Ils engagèrent ce prince à faire, avec la veuve de Charles de Blois, une paix qui fut conclue par le traité de Guerande, en i365. Le roi confia à Boucicaut la garde du château de Tours, en 1367. Il mourut à Dijon, le i5 mars i368. {Chronologie militaire, tom. Il , pag. i3'i; Histoire de France du Père Daniel ; l'abbé le Gendre, Histoire des Grands-OJJicicrs de la Couronne , Dictionnaire des maréchaussées , Froissard , Histoire du Languedoc, Moréri.)

le MEINGRE de Boucicaut (Jean, II* du nom), maréchal de France, et fils du précédent, partagea tous les moments de sa première jeunesse entre l'étude des sciences qui ornent l'esprit , et les exercices qui forment le corps aux travaux militaires. Il conserva à la cour du Dauphin ( depuis Charles VI ), auprès duquel il fut élevé, son goût pour les lettres et sou penchant pour les armes. Charles VI le fit chevalier, le 27 novembre i382. Quelques moments avant la bataille de Rosebecq, Boucicaut, étant à pied dans la troupe que commandait le duc de Bourgogne, aperçut un chevalier flamand qui abattait tout ce qui s'offrait à ses coups. Il l'attaque aussitôt la hache à la main; mais le Flamand, faisant sauter la hache, et méprisant la jeunesse de son ennemi, dédaigna ce commencement de victoire et

4l2 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

tourna d'un autre côté. Boucicaul, outré de colère, s'élance sur le chevalier ennemi, le combat, et lui passe sou épée au travers du corps. Il marcha, sons les ordres du duc de Bourbon, au secours du roi de Castille, attaqué par le duc de Lancastre, en 1086. Cette expédition finie, ils repassèrent en France, et prirent plusieurs places en Guienne. Il» assiégèrent, en i38j, le Brus-de-Saint-Panl. Résolu d'emporter la place de vive force, Boucicaut se jeta dans le fossé, et gagna le bas d'un pont qui touchait à la muraille du fort. Deux tours défendaient ce pont, et il en partait une nuée de traits : cela n'empêcha pas Boucicaut d'y monter avec le secours d'une échelle. Les assiégés, cachés derrière leurs murailles, lancent sur lui une quantité prodigieuse de pierres. Seul contre des ennemis inaccessibles, il se disposait à descendre du pont, lorsque les portes de la ville s'ouvrent : les assiégés paraissent la lance à la main. Plusieurs chevaliers français viennent alors soutenir Hou-

cicaut, qui fait admirer sa force et sa valeur. Bientôt il est tout couvert du sang des ennemis et du sien, et un coup de lance le précipite dans le fossé. Le duc de Bourbon ayant commandé un second assaut le lendemain , Boucicaut y marcha malgré ses blessures : la ville capitula. La prise de cette place termina la guerre en Guicnne. Boucicaut fut fait chambellan de France, en i3go. Créé maréchal de France, après la mort deBlaiuville , par élatdonnéàTours, le 20 décembre 1391 : il prêta sermeut le 25. Bajazet, empereur des Turcs, se préparant à fondre sur les états de Sigismond, roi de Hongrie, Boucicaut accompagna le comte de Nevers, fils du duc de Bourgogne, que Charles VI fit partir en 1396, pour commander les troupes qui passaient au secours de la Hongrie. On assiégea Nicopolis ; mais les Turcs s'avancèrent en bataille sur la tin de septembre, et 24,000 hommes de leur infanterie , soutenus par 3o,ooo chevaux , parurent dans la plaine. Cette infanterie s'était fait une espèce de retranchement formé d'un grand nombre de pieux courts et pointus, propres à embarrasser la marche des gens de pied et le passage de la cavalerie : mais les Français, laissant derrière eux les Hongrois, ar-

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radient une partie des pieux , pénètrent dans les rangs, et forcent l'avant-garde de prendre la fuite. Boucieaut, content de ce premier succès, était d'avis qu'on attendît la cavalerie hongroise; mais ce conseil était trop sage pour être goûté par une fougueuse jeunesse; elle chargea les escadrons ennemis, et Jes obligea de se retirer en désordre. Persuadée que cette cavalerie était le reste de l'armée turque , elle la poursuivit l'épée dans les reins jusque sur une colline, où Bajazet était posté, avec 40,000 janissaires. A l'aspect de celte nouvelle armée, la plupart des Français prirent la fuite : Sigismond pressait ses troupes de marcher en avant, mais elles refusèrent de le suivre. Les Français, enveloppés par les ennemis, et abandonnés des Hongrois, se remirent cependant en ordre, et l'honneur ayant ramené au combat un bon nombre defuyards, quelques-uns trouvèrent heureusement deschevaux qu'ils montèreut.Surcesentrefaites, Boucieaut portait partout l'épouvante et la mort. Bajazet détacha un corps de janissaires , qui se plaça entre lui et son infanterie. Boucieaut, seul au milieu d'un monde d'ennemis , et couvert de blessures, était déterminé à mourir les armes à la main , et faisait les derniers efforts. Les janissaires s'attachèrent à lui , l'assiégèrent , pour ainsi dire, et pendant que les uns paraient les coups qu'il portait, les autres vinrent à bout de le reuverser. On le lia aussitôt, et on l'emporta dans une tente. De retour en France, la même année, il marcha en Guienne contre le comte de Périgord , qui s'était révolté, et le prit dans le château de Montignac. Le schisme, qui s'était formé contre le pape, continuant de régner, en 139S, le roi voulut obliger Benoît XIII à se démettre du pontificat. Il envoya, à cet effet, Boucieaut, avec des troupes, dans le Comtat. Boucieaut fit partir un héraut, qui délia le pape, les cardinaux, et tous les habitants d'Avignon. 11 investit ensuite la ville, dont les habitants lui ouvrirent les portes. Il assiégea d'abord Benoît dans son palais, et changea ensuite le siège en blocus : Benoît se rendit, et eut l'adresse de s'évader en 1399. En 1400, Charles VI envoya des troupes à Manuel, empereur de Constantin ople , opprimé par

Bajazet, et Boucicatit en eut le commandement. Il battit les Turcs à la vue de Ténédos, entra triomphant dans le port de Constantinople, descendit sur les frontières des états de Bajazet , et mit tout à feu et à sang. Il porta les mêmes ravages sur les terres voisines du golfe de Nicomédie. Les Turcs bordaient alors le rivage; mais Boucicaut aborda le premier, passa sur le ventre aux ennemis, réduisit en cendres un château de plaisance appartenant à Bajazet, et assiégea et rasa un autre château sous les yeux des Turcs accourus à sa défense. Averti que les ennemis brûlaient les faubourgs de Constantinople, il revint au plus tôt, et son approche dissipa les Turcs, qui ne s'étaient proposés que de l'éloigner de leurs terres. Il les poursuivit dans leur retraite, et leur enleva quelques vaisseaux. Il remit à la voile, et amena en France l'empereur de Constantinople, qui y venait solliciter un plus puissant secours. Les dernières guerres avaient laissé en France un grand nombre de veuves dépouillées de tout par des gens avides, et réduites à manquer du nécessaire. Boucicaut, avec la permission du roi, institua un nouvel ordre, composé de i3 chevaliers, qui s'obligeaient par serment à défendre les droits des daines et des demoiselles contre l'injustice de ceux qui attenteraient à leur honneur et à leur bien. Charles VI le nomma, en 1401, gouverneur de* états génois, qui s'étaient donnés à la France., dès 1396. Sous le nouveau gouverneur, l'esprit de discorde fut comprimé par le supplice des chefs de faction ; l'ordre fut rendu à la société, et la bonne foi au commerce. Le rétablissement des mœurs acheva de donner à ce peuple inquiet un bonheur dont il avait jusqu'alors ignoré les douceurs. Boucicaut porta ses vues plus loin. Lorsque les voies de la négociation ne lui réussirent pas, il se servit de la force au dehors, et fit rendre aux Génois, dans toutes leurs colonies, les droits qui leur appartenaient. En 1406, le roi de Chypre ayant entrepris de leur enlever Famagouste , Boucicaut mit à la voile, et le grand-maître de Rhodes s'interposa pour engager le roi de Chypre à laisser Famagouste sous la puissance des Génois. Pendant cette négo-

dation, le maréchal de Boucicaut fit conduire l'empereur Manuel de Modon à Constantinople , et prit la ville de l'Escandclour. Après l'accord conclu avec le roi de Chypre , Boucicaut sortit de Famagoustc , et tourna ses armes contre Tripoli, dont les habitants avaient enlevé quelques marchandises aux Génois. Les Vénitiens, jaloux de la prospérité des Génois, avaient prévenu les Turcs et les Sarrasins sur les projets de Boucicaut , qui , à son arrivée, trouva le rivage bordé de troupes. On vit aussitôt les chrétiens se jeter dans la mer, attaquer et mettre en fuite les ennemis. Les infidèles s'avancent cependant; mais Boucicaut marche au-devant d'eux, les charge, en taille une partie en pièces, contraint l'autre de fuir, et emporte liarut d'assaut. Il revint à Gènes avec quelques galères et moins de 2000 hommes, après avoir laissé dans Fatnagouste une nombreuse garnison. Les Vénitiens, sans autre déclaration de guerre , enveloppèrent ses galères ; mais la trahison des Vénitiens et leur supériorité numérique ne le déconcertèrent point. Investi par 3 galères à la fois, Il sut se dégager, et combattit pendant quatre heures de suite sans être vaincu. Enfin, les galères vénitiennes, étant ouvertes de tous côtés, prirent la fuite; et emmenèrent 3 des galères de Boucicaut qui s'étaient trop avancées, et qu'il ne put secourir. Boucicaut ne respirait que vengeance contre les Vénitiens; mais ceux-ci eurent recours à Charles VI, qui en arrêta les effets. Le maréchal s'occupa, en 1409, d'un traité bien glorieux pour la couronne de France , puisqu'il lui assurait l'acquisition du duché de Milan. Invité par le duc Jean à venir en prendre possession au nom du roi, Boucicaut mit sur pied une armée de Français et d'Italiens, prit en route Tortone, et reçut, k Milan, le serment de fidélité du duc. Pendant son absence, les Génois massacrèrent la garnison française , et Choleton qui la commandait. Sur l'avis de cette sédition, Boucicaut accourut à Gènes. Les séditieux étaiciit mattres de la citadelle, et presque toutes les forteresses de la république avaieut secoué le joug. Le duc de Milan ayant profilé de

cette révolution subite pour rompre le traité qu'il venait de conclure, Boucicaut repassa les Alpes. Il fut nommé gouverneur des sénéchaussées de Toulouse, de Beaucaire, de

Carcassonue, du Rouergue, du Qucrcy, de Bigorre et de l'Agéuois, par lettres du 4 février 14 13. Étant convenu des articles de la paix avec le comte d'Armagnac, il les envoya au roi, et, en attendant qu'ils fussent acceptés, il conclut une suspension d'armes. Le roi le fit, le 24 avril i3 1 4 9 capitaine- général en Languedoc, sous l'autorité du duc de Berry, gouverneur de la province. Le 20 juillet suivant, Boucicaut condamna au dernier supplice quatre séditieux, coupables d'une émeute occasionée par les nouveaux subsides. Charles VI l'établit. encore, en i.jij, un des principaux chefs delà guerrecontre les Anglais. Henri V, roi d'Angleterre , après avoir pris Moniteur, avait vu périr * la flotte qui lui amenait des vivres. Contraint de traverser la Picardie pour se rendre à Calais, il fut harcelé sans cesse dans sa marche par Boucicaut. Henri, se trouvant enfermé de toutes parts, off rait de reudre. aux Français ses conquêtes, et de réparer les dommages qu'il avait causés; mais Boucicaut voulait qu'on acceptât les conditions qu'il imposait. Le roi d'Angleterre les rejeta, et s'obstina à livrer la bataille. Les Français la perdirent à Aziucourt, fe a5 octobre, et le brave Boucicaut y fut fait prisonnier. Le duc de Bourgogne s'étant emparé du gouvernement, en 1428, pendant la maladie de Charles VI, Boucicaut fut destitué de sa charge de maréchal de France; mais Charles, dauphin , depuis Charles VII , les reconnut toujours, et ne nomma à cette place qu'après la mort de Boucicaut, qui eut lieu eu Angleterre, où il était resté prisonnier, au mois de mai 14^1. Il était alors âgé de 55 ans. (Chron. militaire, toni. 11 \ pag. i55; lt président He'naut, Histoire du Languedoc , Histoire de France du Pere Daniel; Mézcraj, Duplcix, Froissardy Monstrelet, Morcri, fie des hommes illustres , tom. VU , pag. 4 17.)

DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS- /jlj

deMELFORT (1) (Louis-Hector (a)), comtcdc Drummond de Melfort, lieutenant-général , était l'un des descendants de Maurice Drummond, qui était petit-fils d'André, roi de Hongrie, et qui fut le chef de la famille illustre de Drummond, qui subsista long temps en Écosse (3). Il fit son début dans la carrière militaire , sous les yeux du maréchal de Saxe, dont il était aide -de- camp , et qu'il ne quitta pas un moment pendant la bataille de Fontenoy, gagnée sur le duc de Cumberland, le 11 mai (4). Après la paix, le comte de Melfort profita de l'accès que son oncle mylord Keilh, connu sous le nom de mylord, maréchal d'Écosse, lui facilitait auprès du grand Frédéric, pour étudier la tactique prussienne, à laquelle l'opinion de tous les militaires accordait alors une grande supériorité. Le comte de Melfort, voulant que sa patrie d'adoption profitât des connaissances qu'il avait acquises, non-seulement en Prusse, mais pendant les guerres de Flandre, d'Allemagne et d'Italie, où il avait commandé l'avant - garde des corps de troupes légères, consigna d'abord ses observations dans un premier Essai sur la cavalerie légère, imprimé en 1748, et publia, en 1776, un

(1) Cet article a été traité, ainsi que deux autres qui regardent la Famille Drummond, dans le V* volume du présent ouvrage, fages 3i5 et suivantes. On l'y irouve, pag. 5i6, .«ou» le nom de Dbdmmohd (Louis), comte de Melfort. Quelques inexactitudes et plusieurs omissions de l'ait*, qui depuis sont parvenues à notre connaissance, nous ont engagé à placer au nom de Melfort un article supplémentaire, qui deviendra en mémc temps Y errata de celui de Drummond.

(a) Nous ne l'avions nommé que Louis.

(5) Maurice Drummond était venu s'établir en Angleterre, et il quitta ce pays, en l'an 1066, avec Edgard Athelmc, héritier du trôoe, pour, éviter les persécutions de Guillaume le Conquérant. Marguerite, sœur d'Edgar, étant devenue reine d'Écosse, maria avantageusement Maurice Drummond, le combla de biens , et lui donna la charge de sénéchal de Lénox.

(4) Tous ses autres services militaires sont détaillés dans le V« volume du présent ouvrage, pag. 3iC et 517.

vu. 53

4i8 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

Traité sur la cavalerie, avec un atlas (i). Le gouvernement adopta , par ordonnance? rendue» en i?&8, 1791 et 1793 , plusieurs des manœuvres indiquées dans ce dernier * ouvrage; et elles sont encore en vigueur aujourd'hui. Le comte de Melfort douna dans le même ouvrage les premières notions sur l'artillerie volante , depuis connue sou» les noms d'artillerie légère et d'artillerie il cheval: celte arme a beaucoup contribué aux brillants succès des armées françaises dans les guerres qui ont eu lieu depuis 179a. Le comte de Melfort mourut en Berry, dans sa terre d'Yvoy-le-Pré, au mois de novembre 1788. {Biographie universelle y ancienne et moderne , tom. XII, pag. 43.)

de M ELLO (Dreux), connétable , accompagna Philippe- Auguste à la Terre-Sainte, en 1190, et s'y distingua. Il fut fait connétable, en 1 193. Il mourut le 3 mars 1219, à l'âge de 80 aus. {Chronologie militaire, tom. I, pag. 69.)

MELONI (Antoine), succéda à Tristan de Moncryn dans la charge de colonel- général des Italiens , par commission du 1" octobre i54a. {Chronologie militaire, tom. 111, pag, 583.) .

db MELUN (Simon) , maréchal de France , fit le voyage d'Afrique avec Saint-Louis, en laag, et y fut accompagné par 4 chevaliers. Étant devenu grand-maître des arbalétriers, il commanda, en 128a, dans la province du Languedoc. Le roi de Maïorque, seigneur de Montpellier» se prétendant souverain absolu de cette ville , Simon de Melun obligea ce prince de reconnaître sa dépendance de la couronne de France. II fil arrêter le vicomte de Narbomie et ses frères, qui s'étaient ligués avec le roi de Caslille

(1) Ce livre fut recherché dans le temps par plusieurs souverains , et il jouit encore d'une grande estime parmi les militaires français. L'au teur y a traité toutes les parties, depuis la formation des haras jusqu'aux plus importantes manœuvres de la guerre. On y trouve des iustruclitm» eewplètei pour le simple cavalier comme pour le général.

1>ES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 4l9 contre la France. En récompense de ses services, il oblint île Philippe le Hardi le château de Monlaur, au diocèse de Narbonne. Il fut nommé commandant en Catalogne, Roussillon et Languedoc, en 1290, avec ordre de continuer la guerre contre les rois d'Arragon et de Maïorque. Créé sénéchal du Périgord, du Quercy et du Limousin , en 1291 , on l'y envoya, en 1292, pour faire observer la trêve conclue avec le roi d'Angleterre. Il fit la guerre de Gascogne sous Charles de Valois, en 1294; sous Robert d'Artois, en 1296, et la guerre de Flandre, sous le comte de Valois, en 1299. Il combattit à la bataille de Courtray, et y fut tué, le 11 juillet i3o2. (Chronologie militaire, tom. II,pag. n3 ; Histoire de France du Fere Daniel, Histoire du Languedoc.)

de MENOU d'Ahmizieres (N....) , avait servi comme officier dans le corps des grenadiers à cheval, lorsqu'il fut créé brigadier de dragons, le 1" mars 1780. Il obtint le grade de maréchal-de-camp, le 1" mars 1784. (Etais militaires.)

MERCOYROLde Bea^lieu (N....), était lieutenant-colonel du régiment Colonel-Général infanterie, et chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, lorsqu'il fut créé brigadier d'infanterie, le 1" mars 1780. On le nomma maréchal-de-camp, le 1" janvier 1784. [Etals militaires.)

MERLE de Beat lieu (Pierre-Nicolas), naquit à la Rochelle, le 25 mai 1738. Il fut créé maréchal -de -camp,

|e Il a été admis à la pension de retraite de

ce grade , après 47 ans 1 mois et 6 jours de service. {Etats militaires, tableau des pensions inscrites au trésor public, à la date du 1" septembre 1817.)

de MERLE (Louis-Scipion-Jean-Baptiste-Urbain),co/?ite delà Gorce, maréchal-de-camp, naquit au château de Salavas, le 24 octobre 1745, et fut reçu page du roi à la petite-écurie, le i'r juillet 1758. Il a été successivement

nommé capitaine de cavalerie au régiment de Commissaire Général; lieutenant-colonel au régiment Dauphin cavalerie; colonel attaché à l'état-major de l'armée, et enlin maréchal des camps et armées du roi. Il est chevalier de .l'ordre royal et militaire de Saint-Louis depuis 1780. (Etats tt brevets militaires , Histoire généalogique des pairs île Fi ance et des Grands- Dignitaires de la Couronne 9 par le chevalier de Cour celles , tom. 11.)

MERLE (Pierre- Hugues-Victor, comte), lieutenant-général, né à Montreuil-sur-Mcr, le 26 août 1766, entra fort jeune au service , et s'y distingua de manière à mériter d'être promu au grade de général de brigade , dès le commencement de Tannée 1794* Employé eu cette qualité à l'armée d'Espagne , sous les ordres du général Moncey, il en reçut , dans plusieurs rapports officiels, sur les opérations militaires, des éloges qu'il s'efforça de justifier plus particulièrement dans les affaires des 5 et 6 octobre 1794» où, à la tête d'une colonne, il chassa l'ennemi d'une position formidable. Il fut successivement pourvu d'un commandement daus l'intérieur, d'abord à la frontière, ensuite è Abc en Provence , sous les ordres du général Willot , puis sur le théâtre de la guerre entre les armées royale et républicaine. En 1798 , il fut mis en arrestation au Temple , pour avoir refusé de faire fusiller des Vendéens que ses troupes avaient fait prisonniers au château de Saint- Mervin en Anjou. On, le traduisit ensuite à une commission militaire séant à Marseille, et dont la composition pouvait lui donner des craintes; mais, par le concours de quelques amis dévoués et la noble fermeté avec laquelle il défendit lui-même sa cause, il parvint à être honorablement acquité. Remis en activité par le gouvernement consulaire, il passa au commandement de Turin. Employé, en i8o5, à la grande-armée d'Allemagne, il s'y fit remarquer par son courage et ses talents, surtout a la bataille d'Austerlitz , où il eut 2 chevaux tués sous lui, et mérita d'être nommé général de division. Il retourna en Espagne, en 1808, et y signala son arrivée par la prise de Valiado-

lid, qui se rendit, au mois de juin, après uncacHon trèsmeurtrière. I! se porta ensuite sur Saint-Âuder; contribua, le 14 août, au succès du combat de Medina-del-Rio-Seco, et fut créé grand-officier de la Légion-d'Honneur : il avait eu dans ces différentes affaires 5 chevaux tués sous lui. Le i5 janvier 1809, conjointement avec le général Mermet, il culbuta des hauteurs de Villaboa les Anglais qui s'en étaient emparés, après leur débarquement à la Corogne. Chargé, le 5 juillet 1810, par le général Reynier, d'une expédition dans les montagnes de Xérès en Estramadure, ilyrencontra, prèsdeSilva-Tierra, l'avaut-garde espagnole, forte de 8000 hommes de nouveaux renforts : il les battit et les dispersa totalement. En Portugal, il eut un bras fracassé par un coup de canon à mitraille, à la fameuse affaire de Busaco , et reçut à Oporto une blessure grave. Appelé , en 1812, à l'expédition contre la Russie, et employé à l'armée qui marcha sur la Dwina, il fut chargé, le 19 août, de couvrir, avec sa division, le front de la place de Polotsk, et de la protéger contre le corps d'armée du général Wittgenstein. A la tête des Suisses et des Croates qu'il commandait, le général Merle repoussa victorieusement le général russe, qu'il battit encore complètement, lors de la retraite de l'armée française , et malgré la supériorité numérique des ennemis. Forcé néanmoins , par les circonstances, d'abandonner Polotsk , le général Merle réussit à l'évacuer avec tous les bagages et plus de 140 pièces d'artillerie, en présence de forces très-supérieures et malgré des attaques tellement multipliées jusqu'à deux heures du malin, que cette affaire nocturne reçut des soldats le nom de nuit infernale. A ces importants services, le général Merle joignit enfin celui de conduire jusqu'en Pologne le reste de sa division , accrue de plusieurs débris de l'armée qu'il avait recueillis dans sa route. A l'époque de la déchéance de Buonaparte, le général Merle commandait la 25* division à Maeslricht. Il se prononça pour la cause des Bourbons, et envoya au gouvernement provisoire son adhésion et celle de ses troupes, aux arrêtés pris en faveur 4u roi. 11 fut créé chevalier de Saint-Louis, et nommé

inspecteur-général de gendarmerie, dès le mois de juillet. 11 accompagna, en mars i8i5, Mgr. le duc d'Àngoulême dans le Midi, et concourut, avec le général de Vogué, qui lui avait été adjoint, aux opérations de guerre de ce prince , qui l'avait chargé de la défense importante du Pont- Saint-Esprit. La pénurie des moyens, la défection de la majeure partie de l'armée royale et l'approche des rebelles, dont le nombre grossissait chaque jour de toutes parts, ayant, bientôt après , rendu indispensable l'évacuation de cette place, le général Merle en instruisit S. À. R. , ainsi que du mouvement qu'il allait faire sur Montdragon, parce que la défection du général Gilly ne lui permettait plus de se remettre en communication. Il laissa cependant M. de Vogué à la garde du pont avec i5o gardes nationaux, qui l'abandonnèrent presque aussitôt. £n 1816, il a sollicité et obtenu sa retraite, qui lui a été accordée avec 6000 francs de pension : il habite aujourd'hui la ville de Marseille. (Étals militaires, Moniteur, Bulletins , Rapports , mémoires et annales du temps.)

MERLIN (Jean-Baptiste-Gabricl, baron) , maréchal-dc~ camp, naquit à Thionville, le 17 avril 1768. Il entra au service dans le io* régiment de cavalerie, le i3 août 1787, et passa sous-lieutenant au 7* régiment de dragons, le 10 mars 1792. Il fut fait capitaine, pour une action d'éclat, le 5 juillet 1794» Il devint chef d'escadron au 21* régiment de dragons, le 27 juin 1795, et passa en la même qualité dans la garde du directoire-exécutif, le 26 juillet 1797. On le nomma colonel du 8e régiment de cuirassiers, le 20 novembre 1799, et il fut promu au grade de général de brigade, le 5 juin 1809. Il a fait en ces diverses qualités les campagnes de 1792 à 1801, aux armées de Sambre-et- Meuse et du Rhin , et deux campagnes à l'armée d'Italie. Il a fait, à la grande-armée, la guerre de Prusse, en 1806 et 1807, et celle contre l'Autriche, en 1809. Pendant la durée de ses services, il s'est distingué en plusieurs occasions par beaucoup de bravoure et de talents militaires. Le 8e régiment de cuirassiers, sous son commandement,

DES GENERAUX FRANÇAIS. L]ïj

se couvrit de gloire au passage du Danube, le 19 juin 1800, et mérita, ainsi que son chef, les éloges consignés dans une lettre écrite au colonel Merlin par le général Lecourbe, le ai du même mois. Le colonel Merlin a été blessé d'un éclat d'obus à la cuisse , pendant le combat d'Essling, le ai mai 1809. Il a été nommé commandant du département de l'Yonne, le 24 décembre 1810, est passé au commandement du département de l'Orne , le 9 juin 1812, et a obtenu de nouveau le commandement de ce même département, le 27 mars 18 15. Sous le gouvernement de Buonaparte , il a été créé officier de la Légion-d'Honneur, le 12 juin 1804, et baron d'empire, le 19 mars 1808. S. M. Louis XVIII Ta nommé chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le i3 mai 1818 , el lui a confié la licutenance c}e roi de Strasbourg, le itr janvier 1819. (Etats et brevets militaires.)

de MESGRIGNY (Jean, comte), iieutenam-général , fut un officier de génie expérimenté. Dès l'an i65i, il était capitaine d'infanterie dans le régiment de Navarre, el il fit avec ce régiment les campagnes d'Italie jusqu'à la paix. Il se trouva, en i653, au secours de Vérue , au combat de la Hoquette, à celui qui eut lieu sur la Bormia, en i654; au secours de Reggio, au siège de Pavie, qu'on leva après 5o jours d'attaque , en i655 ; au siège et à la prise de Valence, en i656; au secours de cette place, à la prise des châteaux de Varas et de Novi, en 1657; au siège et à la prise de Mortare , en i658. Il eut part à la direction des travaux du génie dans presque tous ces sièges. En 1664, il marcha au siège et à la prise de Gigeri , en Afrique. On le fit major de son régiment, à son retour, le 12 juin i665. Il servit, en 1667, aux sièges et à la prise de Bergues,de Furiies, de Courtray et d'Oudenarde. Il marcha à la conquête de la Franche-Comté, en 1668; obtint la lieutenance de roi de Salins, le 4 mars; se démit le même jour de la majorité du régiment de Navarre, el conserva sa compagnie. Ou le nomma lieutenant de roi de la citadelle de Tournay, le i5 août ; directeur des fortifications de Flandre, le 1" novem-

4a4 DICTIONNAIRE HISTORIQUE

Lu c ; et lieutenant de roi de la ville de Tournay, le a3 décembre de la même année. Il se démit de sa compagnie au régiment de Navarre, au mois d'avril, 1669. Après la prise de la citadelle de Besançon , le roi le nomma , pour y com* mander, le 18 juin 1674. H quitta alors Tournay, et fut chargé du commandement de Mortagne sous le maréchal de Roche fort, le a5 avril 1676. Il fit ensuite construire la citar délie de Tournay, en dirigea lui-môme les travaux, et en obtint le gouvernement, le4 janvieri6?8. Ala création descompaguies de cadets, le comte de Mesgrigny fut nommé, le i5 juin 168a, capitaine de celle que Ton mit dans la citadelle, et la commanda jusqu'en 1698, époque à laquelle elle fut licenciée. Servant , en qualité d'ingénieur, sous M ■ de Vauban , au siège de Mous, en 1691, il fut blessé aux deux bras d'un coup de fauconneau, le a mars. Pour récompenser sa valeur et ses talents militaires, le roi lui fit don de ao,ooo francs à la fin de ce siège. Il servit encore au siège el à la prise de Namur, en 169a, et au siège de Furnes , au mois de janvier 1693. Il fut créé maréchal-de- camp, le 3o mars de la même année, et chevalier de Saint- Louis, au mois de février 1694. Il commanda à Menin et à Furnes, en l'absence du gouverneur, par ordre du ai juin suivant, et eut un autre ordre pour commander dans la ville de Tournay, le i/j juin 1695. Il fut nommé commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le ao septembre, et obtint le grade de lieutenant- général des armées du roi , le 8 octobre de la même année. Assiégé en 1709* dans la citadelle de Tournay, il la défendit avec râleur, pendant 5o jours de tranchée ouverte, contre une armée nombreuse, et l'artillerie la plus formidable qu'on eût vue jusqu'alors en Europe. Les rares talents qu'il déploya dans cette belle défense furent publiquement admirés par M. de Vauban , qui conçut pour M. de Mesgrigny une estime particulière. Le comte de Mesgrigny mourut en 1730. {Chronologie militaire, tome IV, page 09b*; mémoires du temps , Gazette de France, Histoire généalogique des Pairs de France el des Grands- Dignitaires de la Couronne , par le chevalier de Courcelles , tome I.) . .

DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS, foS

de MESGRIGNY (Nicolas, chevalier), comte d'Aunay, maréchal-de-camp , et frère du précédent, se distingua dans la carrière des armes, ainsi que le comte de Mesgrigny, son frère. Il fut d'abord nommé guidon des 200 cbevaulégers dits de la Urine, le 19 août 164a, et deviut enseigne de la même compagnie, le ai avril 1649. Il servit avec distinction dans les armées du vicomle de Turenne . et tut nommé maréchal-de-camp, par lettres du roi, du 3o avril i65a. {Histoire généalogique des Pairs de France, et des grandsdignitaires de la Couronne , par le chevalier de Cour celles , 4ome /.)

de MESGRIGNY (Jean-Charles), comte d'Aunay, lieutenant-général, et petit-fils du précédent, entra dans la compaguie des cadets, en garnison à Tournay, en 169a , et y servit pendant deux ans. Aide- de-camp de M. deVauban, son aïeul maternel, il servit eu cette qualité sur les cotes de Bretague, et se trouva , le 18 juin 109.4 , à la défaite des Anglais qui étaient desceudus dans l'abbaye de Camarel. M servit encore sur les mêmes côtes, en 1695. Nommé sousiieutenant au régiment du Roi, en 1696, il lit cette campagne et la suivante en Flandre; devint lieutenant, en 1098; servit, la même année, au camp de Compiègnc, et à l'armée de Flandre, en 1701 et 1072. Il se trouva , cette dernière année, à la défaite des Hollandais sous Nimègue. Il obtint une compagnie au même régiment, le 6 juin 1^03; la commanda au combat d'ËcLeren, le 5o du même mois; à l'armée de la Moselle , en 1704 et 1706; à la bataille de Ramiliies, en 1706 ; à l'armée de Flandre, sous H* de Vendôme, qui se tint sur la défensive, en 1707; et à la bataille d'Oudenarde, eu 1708. Nommé colonel d'un régiment d'infanterie de son nom, par commission du 3i août 1709, il le commanda à la bataille de Malplaquet, le 11 septembre; à l'armée de Flandre, en 1710 et 1711; aux sièges de Douai, du Quesnoy et de Boucha in, en 1712; de Landau et de Fribourg , en 1713. Le régiment du comte d'Aunay ayant été réformé, le i5 novembre 1714* il fut mis colonel réformé à la suite du régiment du Naine, le m. 54

24 décembre suivant ; devint colonel au régiment de Vexin infanterie, le 9 juillet 1752, et fut nommé brigadier, le 20 février 1 ^3^. 11 passa avec son régiment à Tannée d'Italie, au mois de novembre suivant. Il y fut employé en qualité de brigadier, par lettres du 1" avril 1735 ; servit aux sièges de Guaslalla, de Reggiolo et de Révéré, et rentra en France, en 1736. Créé maréchalde-cainp , le icr mars 1738, il se démit du régiment de Vexin , et fut nommé pour commander en Flandre, sous le bailli de Givry , par ordre du î*' mai 1742. Après le départ de ce dernier pour l'armée d'Italie, au mois de février > le comte d'Aunay commanda en cbef à Dunkerque. Employé à l'armée du roi en Flandre, par lettres du i'r avril, il servit aux sièges de Mcnin , d'Yprcs et de Furnes, et retourna à Dunkerque. Créé lieutenant-général des armées, le 2 mai, il fut employé en cette qualité, par lettres du même jour. Il conserva le commandement de Dunkerque et de la Flandre française, jusqu'au icr mars 1749» et ne servit plus depuis. Il mourut au mois de janvier 1763. [Chronologie militaire, tom. y, PaS» Histoire généalogique des pairs de France et des grands dignitaires delà Couronne, par le chevalier de Courcelles, tom. I.)

dk MESGRIGNY (Louis-iMarie , marquis) , comte de VUlebertain , maréchal-de-camp, et issu d'uue branche, cadette de la famille des précédents, naquit le 21 avril ij44- U entra aux mousquetaires, dans la 1" compagnie, le 24 mai 1709; passa enseigne en second au régiment des gardes-françaises, le 23 décembre suivant, et fit la campagne de' 1760. Nommé enseigne en premier, le i5 février 17O1 , il fit la campagne de cette année et celle de 1762 ; fut fait sous-lieutenant, le 2 décembre 1764. et sous-aidemajor, le 5 juin 1768. Il fut créé chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis , le 25 mars 1777. Il devint lieutenant, le 3i août suivant, et aide-major, le 1 5 novembre 1778. Par décision du 25 mai 17S0, et brevet du 1" janvier 1781, on lui donna une pension de iooo livres, en récompense de ses services. Devenu mestre-de-camp,

le i5novembre 1784» iloblint,parbrevet Jcrangdecapitaine aux gardes-françaises, le 10 juillet 1789. Pour qu'il ne perdît pas son rang parmi les capitaines (étant conservé premier aide-major du même régiment), il fut, lors du licenciement des gardes-françaises , le 3i août 1789, conservé en activité avec les autre? officiers de ce régiment. Le marquis de Mesgrigny se rendit , en 1791 , à Coblentz, auprès des princes français. LL. AA. RR. le nommèrent premier aide-major du corps des hommes d'armes à pied. Il fit en celte qualité la campagne de 1792, à la suite de laquelle, les princes ayaut licencié l'armée, il passa à Malte , et ensuite en Sicile. Il rentra en France, en 1800. Il a été nommé, le 4 février 181 5, par décision de S. M. Louis XVIII, maréchal-de-camp, à prendre rang du i5 novembre 1798, et a été créé commandeur de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, par ordonnance royale du 1" mai 1821. Il est mort à Troyes, en 1822. (Etats et brevets militaires, Histoire généalogique des pairs de France et des Grands-O/jiciers de la Couronne, par le chevalier de Courcelles y tom. /.)

de MESGRIGNY de Villebeatain (Jean-Charles- Louis, chevalier), maréchal-de-camp, frère puîné du précédent, naquit le 29 août 1745. Il fut reçu de minorité chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, par bref du 6 janvier 1746. 11 est aujourd'hui commandeur, grand'eroix et dignitaire du même ordre, ancien capitaine des galères de la religion et son envoyé extraordinaire à Palerme. Il fut nommé lieutenant au régiment du Roi infanterie, le 2 février 1760 , et y fit les 3 dernières campagnes de la guerre de sept ans. 11 devint capitaine au même régiment, en 1770; colonel en second au régiment de Vexin infanterie, en 1784; puis colonel attaché au régiment de Poix infanterie, en 1788. Lors de la suppression des colonels en second, en la même année, il fut fait commandant du régiment de La Fère. Il refusa lecommandement du régiment de Royal-Vaisseaux, en 1791 , et sortît de France, la même année, pour rejoindre , à Coblentz, les princes fran-

çais, sous les ordres desquels il fit la campagne de 179a, comme aide-major-général. A la On de cette campagne , il passa à Malte, où, en qualité de chevalier proies, il remplit divers emplois, eiitr 'autres celui de major général de» milices de l'île. It occupa cet emploi jusqu'en 1798, époque de la capitulation de Malte. Forcé alors de quitter cette île, il séjourna d'abord en Italie, parce que le gouvernement français ne voulut pas exécuter les articles de la capitulation faite par le général Buonaparte, puis rentra en France, en 1800. Au mois de janvier 1814 » on le nomma commandant de la garde nationale de la ville de Troyes. Il eut le commandement de la même ville , le 6 février. S. M. Louis XVIII le créa chevalier de la Légion* d'Honneur, le 25 du même mois , et officier du môme ordre, le 14 septembre. Il fut promu au grade de maréchalde-camp, au mois de février i8i5, à prendre rang du 3i décembre 1798, avec la retraite affectée à ce grade. Il a été fait chevalier de Tordre royal et militaire de Saint- Louis, le 20 novembre 1816. {Etats et brevets militaires , Histoire généalogique des pairs de France, des grands-dignitaires de la Couronne , par le chevalier de Courcelles , tom. I.)

de MESGRIGNY de Villebebtain (Pierre-Antoine-Charles), maréchal-de-camp, et frère des précédents, naquit le 22 avril 1747. Il fut reçu de minorité chevalier de Saint- Jean de Jérusalem, le 7 janvier, et est aujourd'hui commandeur du même ordre. Il entra lieutenant au régiment du Roi infanterie, le 29 mars 1761 , et y fit cette campagne et celle de 1762 en Allemagne. Il fut fait capitaine au même régiment , le 16 juin 1744» capitaine commandant» le 1 1 mars 1778, et commandant du 2* bataillon du régiment de garnison du Roi, avec rang de lieutenant-colonel, le 10 mai 1778. Il fut créé maréchal-de-camp, par S. M. Louis XVIII, te i"mars 1791; émigra, la même année, et fut confirmé, en 1792, dans le même grade par Monsieur (S. M. Louis XVIII) , qui le nomma commandant en fécond de la compagnie à cheval des gentilshommes de lu

province de Champagne. Il fit la campagne de 1792 en cette qualité, passa ensuite à Malte avec son frère, et fut fait gouverneur de l'île du Goze, en 1793. Il conserva ce gouvernement jusqu'à l'époque de la capitulation. Il suivit alors son frère en Italie, et rentra avec lui en France, en 1800. Il a été nommé chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 20 novembre 1816. (Etats et brevets militaires, Histoire généalogique des pairs de France et des grands-dignitaires de la Couronne, parle chevalier de Cour celles, tom. I.)

de MESLAY, voyez Bodineàu.

de MESMES, voyez d'Aveux.

MESNARD de Touchepbés (Charles), maréchal-de-camp >, était lieutenant de la compagnie des gendarmes du duc de Rouannais, lorsqu'il obtint le grade de maréchal-de-camp, par brevet du 17 avril i65a. Il fut chargé d'une commission importante auprès du duc de Savoie, par commission du 4 octobre 1654. Il servit en Italie; se trouva au siège de Pavie, en i655, et commanda pendant l'hiver en Dauphiné. Il fut employé au siège et à la reprise de Yalence, en i656; au secours de la même place , au siège d'Alexandrie , à la prise des châteaux de Varas et de Novi , en 1657, et au siège de Mortare, en i658. Il commanda pendant tous les hivers en Dauphiné. (Chronologie militaire , t. FI* pag. 356.)

de MESNARD (Louis-Charles-Bonaventure-Pierre, cornté), maréchal-de-camp, chevalier de Malte et de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, officier de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, a émigré, et est rentré en France avec le roi, qui l'a nommé maréchal de ses camps el armées, le 4 iuin i8»4« Le comte de Mesnard a été gentilhomme et aide-de-camp de feu S. A. R. Mgr. le duc de Bcrry. Il est aujourd'hui premier écuyer de S. A. R. madame la duchesse de Berry. (Etats et brevets militaires, Histoire généalogique des pairs de France et des grands-dignitaires de la Couronne, par le chevalier de Courcelles, t. II.)

/|3o DICTIONNAIRE HISTORIQUE

du M ESN IL . voyez Bottot.

de METZ . voyez Berbier.

MEUNIER (Hugues-Alexandre-Joseph , baron) , lieutenant-général, naquit à Mont-Louis, le 23 novembre 1758. Il entra comme sous-lieutenant dans le 27e régiment d'infanterie (ci-devant Lyonnais), le 3o juin 1768; y fut fait lieuteiiant, le 17 avril 1774» et capitaine, le 11 juin 1782. Il fit en ces diverses qualités les campagnes de mer de 1779* 1780, 1781, 1782 et 1783, sous les ordres de M. deFalkenliayn, et se trouva aux sièges de Mahon et de Gibraltar. Il fut créé chevalier de Tordre royal et militaire de Saint- Louis, le 1" janvier 1791. On le nomma lieutenant-colonel du 34' régiment d'infanterie (ci-devant Angoulême) , le 5 février 1792, et colonel du même régiment, le 24 août suivant. Il fut employé en cette dernière qualité, en 1792 et 1793, à l'armée du Nord, sous les généraux La Fayette et Dumourier. Pendant la marche de Grand-Pré à Sainte- Ménéhould, le i5 septembre 1792, étant alors détaché, depuis le 1" août précédent, du 1" bataillon du 34' de ligne, pour commander le 1" bataillon de grenadiers de la réserve de l'armée du Nord , il reçut du général Dumourier l'ordre d'assurer le mouvement de l'armée. Dans cette circonstance , il recueillit , sous le feu de l'ennemi, toute l'artillerie de position et les faibles cantonnements qui avaient été laissés par suite de plusieurs engagements avec les Prussiens. Il battit aussi les coalisés à l'entrée du bois de Jenue, leur fit des prisonniers , et soutint , avec son bataillon de grenadiers et un escadron des hussards de Chamboraud, le choc de 7 escadrons prussiens et de l'artillerie légère qui les appuyait. Il fut blessé grièvement à la maiu et au bras gauche d'un coup de biscaïen. Cette brillante action valut au lieutenant-colonel Meunier legrade de colonel, que le général en chef lui conféra sur le champ de bataille, et dont la notification lui fut faite, par les généraux de division Leveneur et Diettmann, à l'hôpital où ou l'avait transporté pour panser sa blessure. Postérieurement à cette promotion , il réclama pour prendre date dans ce grade depuis la

vacance, et fat effectivement rappelé à dater du 24 août 1792. Pour la même action, il reçut aussi du général Beurnonville, alors minisire de la guerre , et comme témoignage de la satisfaction du gouvernement, un cheval tout équipé. En 1793, remplissant à l'armée du Nord les fonctions dégénérai de brigade, il commanda les lignes de Pont-à- Marcket de Mous-en-Puelle. Il eut pendant deux mois le commandement de la citadelle de Lille , et y organisa 8 bataillons de nouvelle levée. Étant passé, par suite de l'embrigadement, au ier bataillon du 54e régiment de ligne, il alla servir dans la Vendée, et fut créé général de brigade, le 16 juillet 1795, sur le champ de bataille de Quiberon, par le général en chef Hoche, qui lui avait confié le commandement de la réserve de son armée. Il a commandé depuis une division de l'armée de l'Ouest, et a contribué par ses services et son intelligence aux succès qui ramenèrent la paix dans ces contrées. Il fut désigné par le général Hoche, l'amiral Villaret et le ministre de la marine Truguet, pour commander uue expédition projetée dans l'Inde , et qui avait pour objet de s'emparer du cap de Bonne-Espérance. Cette expédition n'ayant point eu lieu, les troupes qui devaient la composer furent réunies à celles de l'expédition d'Irlande, commandée par le général Hoche. Le général Meunier fut chargé, par Hoche, d'organiser la 2e partie de cette expédition, forte de 17,000 hommes, et dont le commandement lui fut promis. Celle seconde partie de l'expédition devait débarquer au-dessus de Dublin, et joindre ensuite le général en chef, à Corck. Vers la fin de l'année 1797, le général Meunier fut employé à l'armée d'Angleterre, sous les ordres du général en chef Buonaparte. 11 fut nommé membre du comité militaire, par le ministre de la guerre, le i3 avril 1798 , et fut fait directeur du dépôt-général de la guerre, le 16 octobre de la même année. Employé à l'armée de l'Ouest, en 1799, il reprit, par ordre du gouvernement, le commandement du département du Finistère, qu'il avait déjà exercé ; s'occupa activement de mettre en sûreté la ville de Brest , et fit parvenir au gouvernement uu mémoire important sur cet objet.

45â DICTIONNAIRE HISTORIQUE

Il réussit aussi , peu de temps après son arrivée dans sou commandement , à terminer la guerre intestine qui déchirait ce département; et, quoiqu'il ne pût communiquer ni avec le quartier général de l'armée de l'Ouest , ni avec les départements voisins, le mouvement des troupes qu'il dirigea sur divers points contribua beaucoup à ramener la tranquillité parmi les habitants. Le général en chef Brune donna alors aux services du général Meunier des témoignages authentiques de satisfaction, et en rendit un compte avantageux au gouvernement. Le général Meunier continua d'être employé à l'armée de l'Ouest, en 1800 et 1801, sous le général en chef Bernadolte. il fut créé membre de la Légion ^d'Honneur, le 12 décembre i8o3, et l'un des 4o premiers commandants du même ordre, nommés parmi les généraux de brigade, le i5 juin 1804. Il fut fait, le 29 avril i8o5, membre d'une commission instituée par le gouvernement pour la confection du code militaire. Nommé inspecteur-général des dépôts de la grande-armée, le 4 décembre 1806, il fit la campagne de cette année et celle de 1867, à la grande -armée. On le chargea, le 26 décembre 1807, de l'inspection particulière de plusieurs régiments de ligne et d'artillerie, et d'une compagnie d'ouvriers, en remplacement du général Mouton, appelé à d'autres fonctions. 11 fut employé, par ordre du 19 juin 1808, dans la division de la Toscane, où il commanda le département de la Méditerranée. Napoléou lui accorda, le 19 mars 1808, une dotation en Westphalie. Il fut momentanément mis en retraite, le 7 janvier 1810, à cause du délabrement de sa santé, et resta dans cette position jusqu'au 21 juin suivant, époque à laquelle on lui donna le commandement de la succursale des Invalides, établiée à Louvain. Il fut appelé au commandement de l'école militaire de Saint- Cyr, le 1" juillet 1812. Dans le courant du mois de juillet

18 13, il Tut créé baron d'empire, sur la proposition du duc de Feltre , ministre de la guerre : ce titre fut confirmé par S. M. Louis XVIII, le 10 août 18 iG. Promu au grade de lieutenant général, par ordonnance royale du 10 août

1814, il fut pourvu, le 26 septembre suivant, du com-

mandement du département de la Vienne (12* division militaire), et le conserva jusqu'au 12 mars 18 1 5. A cette dernière époque , le ministre de la guerre lui notifia que S. M., en considération de son âge et de ses anciens services, l'admettait à la solde de retraite. Cette décision a été depuis confirmée par ordonnance du roi (1). {Etats et brevets militaires , Moniteur, annales du temps.)

de MEUZE, voyez de Choiseul.

de MÉZIÈRES, voyez de Bethizy.

le MICHAUD d'Arçon (Jean- Claude-Michel) , sénateur et général de division, naquit en Franche-Comté, dans l'année 1733. Il était employé à l'armée du Nord en 1799. Il mourut au mois de juillet 1800. {Etats militaires.)

MICHEL, voyez Duroc.

MICOLON du Bocrgkon (Claude-Marie), naquit au Bourgnon , en Auvergne, le 27 septembre 1735. Il fut créé maréchal-de-camp, le , et quitta la carrière militaire, après 36 ans et demi de service. {Etats militaires.)

MILET de MvREAo(Louis-Antoine-Marie Destoitfp, baron), lieutenant-général , naquit à Toulon, le 26 juin 1751 (2). Il entra, dès l'âge de i5 ans, dans le corps royal du génie, où servaient son père et son oncle, cl y obtint le grade de capitaine, le 8 avril 1779. Peu de mois après l'ouverture des états généraux, en 1789, il y fut nommé député sup-

(1) Le général Meunier a publié un ouvrage ayant pour titre : Traité des grande* évolutions de l'infanterie far (rrigade. Il en a fait hommage, en 181 5, à S. A. H. Mgr. le duc de Berry, qui a daigné eo agréer la dédicace. S. M. et les princes ont également daigné en recevoir de se* main* un exemplaire.

(a) lt est issu d'une ancienne famille noble, originaire de Verdun et qui est mentionnée dans le nobiliaire de Lorraine. Le surnom de Milel ou Miles (rbcvalier) , fut donné à un de se9 ancêtres pour une action d'éclat.

vu. 55

pléant par la noblesse de la sénéchaussée de Toulon , dont il était syndic. Il siégea constamment au côté droit, avec la majorité de la noblesse, et s'y fit remarquer par la sagesse de ses opinions. En 1792 après la dissolution de l'assemblée constituante, il rentra dans ses foyers. Il eut bientôt après Tordre d'aller servir, comme officier du génie, à l'armée du Var; mais il refusa d'abord de s'y rendre. Cependant les événements révolutionnaires qui eurent lieu à Toulon , le ai juillet, ayant compromis sa sûreté, il se détermina à aller prendre l'emploi qui lui avait été assigné. Quoique les principes qu'il avait manifestés donnassent de la méfiance sur son compte, il fut chargé, dans l'étal-major-général de l'armée du Yar, du commandement de l'artillerie et du génie. La guerre ayant été déclarée, et la catastrophe du 10 août étant arrivée, M. de Mure, m chercha les moyens de quitter une armée où il ne voulait pas servir, et parvint à se faire donner une mission pour Paris. En arrivai) t dans la capitale, il fut chargé de l'exécution d'un décret que l'assemblée constituante avait rendu, sur sa proposition, eu 1791, en faveur de la veuve de l'infortuné La Pérouse: c'est-à-dire, delà rédaction et de la publication des voyages de ce savant navigateur. Ce travail important servit de garantie à M. de Mureau contre les persécutions, et le sauva de l'échafaud, où périt, i5 jours avant la mort de Robespierre, son frère unique, membre du clergé, qu'on avait accusé de complicité dans le mouvement qui avait remis Toulon au pouvoir des Anglais, au nom du roi de France. M. de Mureau, étant rentré dans le génie, fut promu au grade de général de brigade, le 7 janvier 1790*. Un nouveau ministère ayant été organisé, il fut chargé d'une partie de celui de la guerre (l'artillerie, le génie, et les transports.) Il quitta quelque temps après ce ministère (t). S'étant occupé presque cx-

(>) « Ce fut alors, disent les auteurs de lu Biographie des hommes » vivants, t. IV, p. 43 1, que le général Milet de Mureau eut de» rapports de service tri* fréquents avec te général Buonapartc, qui lui voua bien-

clusivement «lu voyage de La Pérouse, dont l'exécution lui coûta d'immenses travaux, il eut à essuyer de nombreux dégoûts de la part du gouvernement, qui voulait soumettre la rédaction de cet ouvrage aux formes du slyle révolutionnaire (i). Il parvint cependant à terminer la lâche qu'il s'était imposée; et, à peine était-elle achevée, qu'il fut nommé ministre de la guerre, le 21 février 1799, en remplacement du général Schérer. Au bout de quelques mois, le général Milet reconnaissant l'impuissance où il était de faire le bien qu'il s'était pvoposé , et voyant que le gouvernement refusait de sévir contre les Jacobins, qui, chassés des Tuileries, s'étaient réfugiés rue Saint Dominique, il donna sa démission , et força le directoire exécutif de l'accepter, le 2 juillet 1799, en feignant d'è'.re malade. Il fut promu, le même jour, au grade de général de division , et reçut des directeurs une lettre flatteuse sur son administration ministérielle. Le général Bernadolte, qui le remplaça, ayant été appelé à un commandement, au mois de septénaire suivant, le général Milet de Mureâu fut chargé du portefeuille de la guerre, par intérim. La journée du 18 brumaire (9 novembre 1799) ayant mis les rênes du gouvernement entre les mains de Buonapartc, le général Milet de Mureau cessa d'être employé, et on le mit au traitement de réforme. Il sollicita en vain de faire partie de l'expédition de Saint - Dominique , et demanda aussi inutilement le commandement de l'arme du génie à l'armée des côtes, destinée contre l'Angleterre. Il fut tiré de sa retraite au mois de mai 1802, et nommé préfet du département de la Corrèze, qu'il administra paternellement pendant plusieurs années. Il y fut remplacé, en 1810; et il paraît que ce fut pour n'avoir pas mis assez de rigueur dans l'exécution des lois sur la conscription. Depuis cette

• tôt une haine implacable, parce qu'il avait arrêté le bras de cet homme, ■ déjà -i ambitieux, dans l'exécution d'actes arbitraires. •

(1) Cet ouvrage, qui a été traduit dans toutes les langues, parut, eu 1798, en 4 vol. in 4°, avec atlas.

époque , le général Milet-Mureau vivait éloigné de* affaires, lorsqu'après la chute de Buouapartc, en avril 1814» S. A. R. Monsieur le rétablit dans ses fonctions de lieutenantgénéral, et le nomma, par intérim , directeur du dépôtgénéral de la guerre. Au mois de mai suivant, S. M. Louis XVIII le nomma son commissaire extraordinaire dans la 23' division militaire (la Corse). Il remplit sa mission à la satisfaction de S. M. , qui le créa officier de la Légion-d'Honncui , puis commandeur de cette Légion, le 10 septembre, et enfin commandeur de Tordre royal et militaire de Saint- Louis (1), le 27 décembre. Lors de l'invasion de Buonaparte sur le territoire français, le général Milct de Mureau , qui ne voulait point le servir, donna sa démission , qui fut acceptée par le duc de Feltre, ministre de la guerre, le jour où S. M. quitta sa capitale. 11 reprit ses fouclions après la seconde restauration ; mais il fut admis à la retraite , en 1816, par suite de l'ordonnance. du roi sur l'élat-major de l'armée. Le roi le chargea de l'administration des Invalides, et le nomma membre du conseil de cette administration. {Etats et brevets militaires* Moniteur, annales du temps.)

MINOT (Jean-Louis), maréchal-de-camp, naquit le 29 mars 1772 , à Teillou, dans le Poitou. Étant sorti du collège de Poitiers à l'âge de 17 ans, il fut destiné à l'étude des pouts- et -chaussées, et se livra à cette partie jusqu'au 1 5 août 1791, époque à laquelle il entra au service dans le 1" bataillon des volontaires nationaux du département des Deux- Sèvres. Il y passa rapidement par tous les grades inférieurs; fit, avec ce bataillon, les campagnes de 1792 et i793> à l'armée du Nord; servit au siège de Valenciennes , et marcha ensuite avec son corps à l'armée de la Veudée. Il servit à l'armée de Sambre-et-Meuse, en 1794 et 1795; à celle d'Italie, en 1796 et 1797, et à l'armée d'É-

(1) Il avait été reçu chevalier de cet ordre par M. de Sombrcuii, ta

nyple, pendant les campagnes de 1798, 1799» 1800 et 1801. Son colonel ayant été promu au grade de général de brigade, le choisit pour son aide -de -camp, le 23 octobre 1800. Ce même général ayant perdu une jambe à la bataille livrée en Égypte, le 21 mars 1801, Minot rentra, le 27 avril suivant, comme chef de bataillon à la 88e demibrigade d'infanterie de ligne, d'où il était sorti. A son retour en France, avec les débris de l'armée d'Orient, il fut nommé major du 84* régiment d'infanterie de ligne, le 21 décembre 1802 , et créé membre de la Légion-d'Honn'eur, le 26 mars i8o3. Il fut fait colonel du régiment des Albanais, au service de France, le i5 novembre 1807; et, quoiqu'alors il se trouvât seul au milieu de 45oo hommes, si étrangers aux mœurs et à la discipline française, il les employa avec succès à la défensedes îles Ioniennes( 1 ). Le colonel Minot fut promu au grade de général de brigade, le 3i juillet i8i3. S. M. Louis XVIII le créa chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, le 1 3 août 1814. Pendant la durée de ses services, le général Minot s'est distingué, en plusieurs occasions, par sa bravoure' et ses talents militaires. Il a été blessé d'un coup de feu à la téte, au siège de Valenciennes, le 3o juin 1793. Combattant en Égypte , contre les Arabes , il a reçu , le 1" septembre 1800, un coup de feu à la cuisse. Il a encore été blessé au genou à la bataille du 21 mars 1801, près Alexandrie d'Égypte : le même boulet qui lui fit cette blessure emporta la cuisse du général , dont Minot était alors aide-de-camp. Ce fut à la suite de cette affaire, et pour la belle conduite qu'il y avait tenue, que Minot fut élevé au grade.de chef de bataillon. (Etats et brevets militaires. Moniteur.)

de MIOSSENS, voyez d'Albhet.

(1) Les Souliotes qui combattent maintenant pour l'indépendance de la Grèce, et qui se sont distingués par la prise de Vonitza sur les Turcs, comptaient beaucoup de leurs compatriotes dans le régiment dea Albanais , commandé par le colonel Minot.

MIRABEL (Hector), sieur de B laçons , marée liai -decamp, fut l'un des plus zélés partisans de la religiou protestante, et lieutenant du fameux baron des Adrets. Henri IV étant devenu roi de France, le sieur de Blacons embrassa son parti, et le servit avec beaucoup de dévouement. Il fut créé maréchal-de-camp, le icr août i5o,3. (Chronologie militaire, Cbm. Vi , pa$. 37.)

dl MIREPOIX, voy ez i>e Lévis.

MITTE de Chevmèrbs-Miolaws (Meichior), marquis de Saint-Chamont, commandant d'armée. Après avoir servi long-temps dans le régiment de Picardie, il fut nommé lieutenant-général en Lyonnais, Forez et Beaujollais, sur la démission du marquis d'Alincourt, par provisions données à Paris, le 4 ma» 1612. Il leva un régiment de son nom, par commission du 23 février 161 5. Ce régiment servit à l'armée du Bourbonnais, sous le maréchal de Montigny, et fut licencié le 1" mai. 11 se démit, au mois de mai 1619, de la lieutenanec- générale du Lyonnais. Le roi le fit chevalier de ses Ordres, le 3i décembre. Créé muréchal-de-camp, le 17 novembre 1621, il servit en cette qualité, pendant l'année 162J, à l'armée du Dauphiné, commandée par le maréchal de Lcsdiguièfe9. Nommé, en 1627, ambassadeur extraordinaire à Turin et à Mautoue, il ne réussit point dans sa mission auprès de la cour de Turin; mais il négocia plus heureusement à Mautoue. Il y engagea le duc Vincent à reconnaître pour son héritier le duc de 'Nevers, et à consentir que sa nièce, héritière de Monferrat, épousât le duc de Rethelois, fils du duc de Nevers. Employé comme maréchal-decamp au siège de la Rochelle, en 1628, il reçut, le 22 septembre, l'ordre d'aller reconnaître le fort deTadonyqui paraissait abandonné par les Rochelais. S'en élant approché , iî fit ses observations; mais, à son retour, on tira sur lui, et il fut blessé d'une mousquetade à la cuisse. Après la prise de la Rochelle , il y commanda , ainsi que dans l'Ile de Ré, conjointement avec M. de Vignolles, pendant les années io'-iS et 1629. Promu au grade de lieutenant géné-

DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. /pf)

rai, il servit sous le duc de Guise, en Provence, par pouvoir du 4 décembre i65o, et contribua à pacifier la province. Sur la fin de Tannée i63i , il commanda en Champagne et sur la frontière de Lorraine. En i632, il suivit en Picardie, en qualité de maréchal-de-camp, l'armée commandée par le roi, qui lui confia, au mois de mai, le gouvernement de Calais. Le roi le nomma, cette même année, lieutenant-général en Provence. Il se démit de cette lieutenance-générale, en i635. Nommé pour commander l'armée de Champagne, par pouvoir du 6 janvier i633, il partit de Mézières , marcha vers Reving et Fumay, places appartenantes à l'électeur de Trêves, que le roi protégeait. Les Espagnols s'en étaient emparés, et pouvaient de là faire des entreprises sur les frontières de la Champagne. Le marquis de Saint-Chamont s'en saisit et y mit garnison. Le roi le lit minisire-d'état , et commandant de l'armée de Champagne , par pouvoir du 3 avril. Les Espagnols, profitant de son absence, s'étaient répandus dans l'électorat de Trêves; mais Saint-Chamont étant arrivé dans cette ville , sur la fin du mois de mai, les chassa de Télectorat. La place de Freidembourg , dépendante du même éleclorat, n'obéissait pas alors à l'électeur, et servait de retraite à une garnison qui désolait les Français par ses courses et par ses brigandages. Saint-Chamont l'iuveslit, le 21 juin. Le gouverneur , ayant cherché à éluder la .sommation qui lui était faite de se rendre , les Français escaladent la ville et l'emportent. Les habitants s'enferment alors dans le château; Saint-Chamont le fait battre, le 24, et y entre, le 26, par composition. Leduc de Lorraine ayant fait des armements, Saint-Chamont eut ordre de conduire son armée dans le pays Messin. Il investit Nancy, en attendant que le roi en format le siège. Envoyé , en i655, auprès du chancelier de Suède, pour le fixer en Allemagne et l'attacher au service de France, il conclut avec ce ministre un accord, qui fut signé à Wismar, le 20 mars iô36, et ratifié par le roi, le 17 avril suivant. Saint-Chamont, nommé ambassadeur extraordinaire du roi auprès des princes d'Allemagne, conclut avec le

44o DICTIONNAIRE HISTORIQUE

landgrave de Hesse-Cassel un traité qui fut signé, le 21 octobre, et <jui portait que le landgrave entretiendrait une armée de 7000 hommes de pied et 3ooo chevaux, pour l'aire la guère en Allemagne, à l'empereur, de concert avec le roi de France et «es alliés. Il ne fut pas employé depuis. Il mourut, le 10 septembre 16^9, âgé de 63 ans. (Chronologie militaire, tom. I, pag. 428.)

MOCQUERY (Georges-Alexis), rnaréchal-de-camp , naquit à Auxon, eu Champagne, le 26 décembre 1772. Il entra au service, le 22 septembre 1791, comme volontaire, dans le 2' bataillon du département de l'Yonne; y fut fait lieutenant, le 22 septembre 1792, et capitaine, le 12 avril 1794. Il devint, avec ce dernier grade, aide-de-camp du général Bonnard , le 25 juillet 1795. Promu au grade de chef de bataillon, pour prendre rang du 3i janvier i8o5, il eut le commandement de l'un des bataillons du 47' régiment d'infanterie de ligne, par lettres de service du i5 mai 1807. Il fut nommé adjudant -commandant (ou colonel d'état- major), le 28 août 1808, et obtint le grade de maréchal-de-camp, le 6 août 1811. Il a fait, en ces diverses qualités, les campagnes qui ont eu lieu depuis 1792 jusqu'en 1801, aux armées de^ la Belgique, du Nord, de Sambre-et-AIeuse, de Mayence, Gallo-Batave , et sur les côtes de la Mauche. Depuis 1807 jusqu'à i8i3 inclusivement, il fut employé aux armées d'Espagne. Pendant le cours de ses services, il a été blessé , en 1793, à la bataille de Neerwinde, et a eu le bras gauche fracturé , en avant de Rayonne, le i3 décembre 181 3. Ce fut particulièrement à l'armée d'Espagne qu'il se fit remarquer par ses talents militaires. Sa conduite à la bataille de Médina - deî- Rio- Secco, le 14 août 1808 , le fit citer parmi ceux que l'on signala à Napoléon, pour s'être distingués dans ce brillant fait d'armes, et elle lui valut la double récompense d'être nommé colonel et olïicier de la Légion-d'Honneur. Après la perte de la bataille deïalaveyra, le 28 juillet 1809, nommé gouverneur de Tolède. Il s'y trouvait, avec une faible garnison de 1 200 Polonais , et ayant une population

DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. ^x mutinée à maintenir, lorsqu'il fut bloqué et canonné pendant 10 jours consécutifs par un corps de 10 à 12,000 hommes de l'armée espagnole. Sommé de se rendre, et attaqué à plusieurs reprises par de fortes colonnes, ses préparatifs de défense avaient été si bien pris, que les ennemis échouèrent dans leur entreprise, et perdirent un nombre d hommes assez considérable. Le poste de Tolède, qui était alors d'une importance majeure pour l'armée française, fut ainsi conservé, et Joseph Buonaparle apprécia la belle défense que le colonel Mocquery y avait faite : toute l'armée y applaudit également. Nommé sous- chef de l'étatmajor du corps d'armée d'Andalousie, le colonel Mocquery remplit, pendant 9 mois , sous les ordres du maréchal duc de Dalmatie, les fonctions de chef de l'état-major-général de l'armée, aux opérations de laquelle il prit une grande part. Il fut particulièrement cité, dans les rapports du général en chef, sur le siège de Badajoz et la bataille d'Albuhera. Après sa promotion au grade de général de brigade, il fut envoyé devant Cadix, comme chef de l'êtat-mator du i« corps. A la dissolution de ce corps, il fut chargé du commandement d'une brigade, et le conserva jusqu'au i3 décembre ,8.3, époque à laquelle il reçut, devant Bayonue, la blessure qui l'obligea de quitter l'armée. En 1015, ,1 fut créé, parS. M. Louis XVIII, commandeur de 1 ordre royal de la Légion-d'Honneur, le 14 février. Pendant les cent Jours, Buonaparte lui confia le commandement du département de la Sarlhe. Après la seconde restauration du trône des Bourbons, le général Mocquery se retira dans son domicile, à Tours, et fut classé parmi les maréchaux-de-camp en non activité II a depuis été compr.s dans le tableau de disponibilité des officiers supérieur» de son grade. (Etats et brevets militaires, Moniteur, <mnales du temps,) 7

de la MOGÈRE, voyez Aubeet.

de MOLIGNY. voyez Bouucevih.

MOLITOR (Gabriel -Jean- Joseph, comte), lieutenant-général, naquit à Hayange, en Lorraine, le 7 mars 1770. Il entra comme capitaine au 4* bataillon de' la Moselle, en 1791 ; servit, la même année, à l'armée du Nord, et fit la campagne de celle de 1 79a, à l'année de la Moselle. Promu au grade d'adjudaut-général, le 10 septembre 1793, il fut d'abord envoyé à l'armée des Ardennes, en revint bientôt avec un corps de troupes ; fit la campagne de la même année, et celle de 1794 , à l'armée de la Moselle. Il commanda, sous le général en chef Hoche, une brigade, à la bataille de Kayserslautem, où il enleva la position d'Erleberg, à la droite de l'armée prussienne. Il se trouva , le aa janvier 1794 , à la bataille de Wert , où les retranchements de Freischweiler furent enlevés avec îaoo prisonniers et 3a pièces de canon. Le lendemain, il força la position de Lampersloch , où les Prussiens laissèrent 600 hommes sur le champ de bataille. Il commanda, le 6 du même mois, une des colonues qui gagnèrent la batailla de Weissembourg, dont le résultat amena le déblocus de Landau. Employé dans le même grade aux armées de la Moselle, du Rhin et du Danube, pendant les quatre années suivantes, Molitor eut part à toutes les opérations de ces campagnes, sous les généraux Pichegru, Kléber, Moreau et Jourdan, et fut blessé grièvement dans une attaque sur Mayence, le 4 novembre 1795. Nommé général de brigade, le 3o juillet 1799, il fut envoyé à l'armée d'Helvétie , sous le général Masséna, et détaché dans les petits eau. tons dont il s'empara , après avoir livré les combats de Schwitz, de Muttenthal et de Claris, où il battit et repoussa les Autrichiens et leur prit 4 pièces de canon. Il soutint avec sa brigade un combat acharné , pendant huit jours consécutifs, à Glaris et à Noeffels, les a5, 26, 37, 28, 29 et 3o septembre, 1* et 4 octobre 1799, contre l'armée austro-russe, commandée par Souworow, qu'il poursuivit jusqu'aux glaciers du mont Panix, après lui avoir pris toute son artillerie de montagne, et lui avoir tué ou blessé 3ooo hommes. Employé, en 1800, sous les généraux Moreau et Lecourbe, à l'armée du Rhin, il commanda le pas-

sage de ce fleuve , qu'il effectua, le 1" mai , entre Steîn et Diesenhofen. Le général Molitor passa dans la première barque, à la tête d'une compagnie de grenadiers, et culbuta l'ennemi. Le 3 du même mois, il battit la gauche de l'armée autrichienne, à Stokach, où il fit 35oo prisonniers. Le lendemain, 5 mai, il tourna et repoussa l'aile gauche de la même armée, à la bataille de Moeskirck; enleva celte ville l'épée à la main, et contribua puissamment au gain de la bataille. Il fut détaché, immédiatement après, sur la droite de l'armée française pour contenir l'ennemi dans le Tyrol. A son arrivée , il attaqua et reprit Bregentz sur la Wertach, le 12 juin, et fit prisonnier un bataillon entier du 6oa régimeot hongrois. Il livra , sur le revers du Tyrol, une fouie d'au 1res combats moins considérables , y eut constamment l'avantage, et termina cette campagne par l'attaque et la prise de Feldkirch et des pays Grisons y le i3 juillet suivant. Il reçut pour récompense le grade dé général de division, le 6 octobre de la même année 1800. La paix se fit alors , et il fut nommé au commandement de la 7" division militaire à Grenoble, où il resta jusqu'à la reprise des hostilités, en i8o5. A cette époque i il fut envoyé sous M asséna, à l'armée d'Italie, où il a commandé la division d'avant-garde à toutes les actions de cette campagne, et notamment aux combats de Yeron nette et de Vago, livrés le 29 octobre i8o5 : les Autrichiens y furent battus, et Molitor leur enleva 2 pièces de canon. II fut ensuite opposé, avec sa division, à l'aile droite de l'armée autrichienne , commandée par l'archiduo Charles; et, après des efforts très- meurtriers à la bataille de Caldioro , le lendemain, 3o octobre, il parvint à répousser les ennemis. Le 3 novembre suivant, en marchant sur Vicence, U eut plusieurs engagements avec les Autrichiens, les éloignaet leur fit 800 prisonniers. Le lendemain, il attaqua et enleva la position de Saint-Pietro-in-Giu , où il culbuta complètement l'ennemi, et lui fit 900 prisonniers. Après la paix de Presbourg , il fut employé en Dalma-tie , où il commanda en chef les forces de terre et de mer, et remplit les fonctions de gouVerneur-géneral eivil et militaire. At~

taqué sur mer, il repoussa une partie de l'escadre russe qui assiégeait Lézina, et débloqua cette 41e, où 5oo Russes furent faits prisionniers. Il reprit l'Ile de Cursola et termina cette campague par le blocus de Raguse. Le 6 juillet i8o6,avec 1700 hommes seulement, il battit complètement et chassa du pays 10,000 Monténégrins et 3ooo Russe*. Celte brillante action lui valut d'abord la croix de grand-oflicier de la Légion -d'Honneur, puis ce lie de chevalier de laCouronne-de-Fer. En 1807, il partit des bords de l'Adriatique avec un corps de troupe*, pour se rendre sur la Baltique. Il attaqua les Suédois, le i5 juillet, à Damgarten, força le passage de la ltecknitz, enleva le s positions de Lobuitz et de Redebas, et poursuivit les Suédois jusque sous les murs de Stralsund. Il commanda la gauche du siège de cette forteresse, et pénétra le premier dans la place. Il eut ensuite le commandement en. chef de l'armée de Poméranie suédoise, et remplit les fonctions de gouverneur-général civil et militaire de cette province jusqu'à la fin de 1808. Il reçut, dans le courant de cette année, le titre de comte, avec un majorât de 3o ,000 francs de renie et le grand-cordon de l'ordre militaire de Bade. A la. campague suivante, celle de 1809, il marcha avec une division en Allemagne, sous Masséna; fut détaché, après la bataille d'Eckipuhl sur Neumarck; y arrêta les progrès d'un corps d'armée autrichien , et dégagea le corps bavarois , qui se trouvait fortement compromis. Le 19 mai, il effectua le passage du Danube à Ebersdorff, et s'empara de l'Ile de Lobau, d'où il chassa les Autrichiens. Le 21 , à la bataille dEssling , sous Masséna, il soutint seul avec sa division, et pendant plusieurs heures, le premier choc de l'armée: au-» trichienue, à Asperi», et eut une i>Q«»>e part au gaiu de cette bataille, qui dura deiu jouçs. H coopéra de même à la bataille de Wsgram, le 6 juillet suivant. Il fut chargé de l'attaque (lu village d'Aderka, où il soutint, pendant une grande partie de. la journée, les efforts désespérés du centre <le l'armée autrichienne. En. i&to, il alla commander en chef. dans les villes anséatiques, avec. un. corps de troupes. Il passa en Hollande, eu Il fut nommé gou-

verneur du palais de Strasbourg, et ensuite grand-cordon de Tordre de la Réunion. Il resta chargé du commandement en Hollande jusqu'à la campagne de i8i3. A cette époque, il jeta des garnisons et des approvisionnements dans toutes les places, tint la campngne avec un faible corps; et concourut aux combats de l'île de Bomel et de Bois-le-Duc. En i8i4< sous le maréchal Macdonald, il prit part à ceux de la Chaussée , Châlons sur- Marne et la Ferlésous- Jouarre. Il reçut ensuite le commandement du 1 1" corps d'armée jusqu'à la fin de la campagne. Après la restauration du trône des Bourbons, S; M. Louis XVIII le créa chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, et le nomma inspecteur-général d'infanterie , le i" juin. Il fut fait grand'eroix de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, le ai janvier 18 1 5. Pendant les cent jours, Buonaparte le chargea d'organiser et de commander, dans la 5* division militaire, les gardes nationales, qu'il conduisit ensuite en Alsace. Le général Molitor fit aussi partie de la chauibre des pairs que Buonaparte créa à celte même époque. Le roi lui a confié, en février i8a3, le commandement d'un des corps d'armée destinés à agir contre l'Espagne, sous les ordres de S. A. R. Mgr. le duc d'Angouléme. {Etats et brevets miliL y Moniteur, ann. du temps.)

de MONCEY, voyez Jeankot.

de MONCHY (Charles), marquis d'Hocquincourt , maréchal de France, fut fait lieutenant-général au pays de Santerre, gouverneur de Péronne et Montdidier, sur la démission du comte de Blerencourt, par provisions du ai novembre i655. II se démit de cette charge en faveur de son père, le 5 avril 1639. Créé maréchal -de- camp, par brevet du a6 du même mois, il combattit à Monhange, dans l'armée de Lorraine, commandée par te comte du Hallier. Employé dans la même armée sur les frontières de Champagne, en 1O40, il la conduisit en Picardie, sous du Hallier, et escorta le grand convoi destiné au camp devant la ville d'Arras, assiégée par les maréchaux de ChauL nes, de Chilillon et delà Meilleraye. Il servit, en 1641,

dan» l'armée commandée par les maréchaux de ChâtiFloir et de Brézé. Il se trouva à la bataille de la Marfée, le 6 juillet, sous le maréchal de Châlillou. Il fut fait grandprévôt de l'hôtel du roi, par résignation de son père, en 1643. Il commanda, le 6 mars, sous le maréchal delà Motbe, l'arrière - garde de l'armée, à la bataille de Villefranche en Roussillon : de 35oo hommes qu'avaient les ennemis, on leur en tua i3oo, et on en prit 5oo. 11 marcha au siège de Gravelines, en 164.4- H fat rétabli lieutenantgénéral à Péronne, Montdidier et Roye, à la mort de sonpère, par provisions données à Paris , le 10 mars 1645. Il obtint la charge de louve Lier du Boulonnais, à la place de son père, par provisions données à Fontainebleau, le i5 septembre. Créé lieutenant-général des armées du roi , par * pouvoir du 12 décembre, il servit dans l'armée d'Allemagne, sous le maréchal de Turenne. Employé dans la même armée, par lettres du 5 février 164G, il contribua à la prise de Rhorndorff, au duché de Wurtemberg. En 1647, il se trouva à la prise de plusieurs villes de ce duché et du pays de Luxembourg. Il servit, en 1648, à la levée du siège de Worms par les Impériaux et les Espagnols; à la défaite de M élan der et de Montécuculli , à Zutmarhause», près> d'Augsbourg, et à la réduction de plusieurs places. Employé comme lieutenant général dans l'armée du maréchal du Plessis-Praslin , par lettres du 2 5 mai i65o, il leva,, par commission du 5o , un régiment de cavalerie de son nom. Il commanda l'aile gauche à la bataille de Rethel, le^ i5 décembre. Élevé à la dignité de maréchal de France, par état donné à Paris, le4 janvier i65i, il prêta serment, le 5. On le fit gouverneur de Ham, sur la démission dusieur du Buisson, par provisions du 9 février i(>52. Il obtint* par commission du 19 , le régiment d'infanterie qu'avait du Buisson , et qui tenait garnison daus Ham. Il perdit, à Blenau, le 7 avril, 5 quartiers que lui enleva M. le prince de Condé : le reste se sauva dans Blenau, ou s'enfuit du côté d'Auxerre. Il fut fait gouverneur de Roye,. sur la démission du comte de Carvoisin, par provisions du a juillel. Il leva, par commission du 28 décembre, un -ré-

giment de fusiliers qui porta son nom. Nommé vice-roi de Catalogne, sur la démission du maréchal de la Mothe, et commandant en chef l'armée dans cette province, par provisions et pouvoir du 26 mai i653 , il se démit de son régiment de cavalerie en faveur de son frère, au mois de septembre, et fut pourvu d'un régiment d'infanterie, vacant par la mort du vicomte de Mazancourt , par commission du 6 du même mois. Il entreprit, au mois de juillet, le siège de Gironne, qu'il leva, le 25 septembre : les Espagnols y avaient introduit la veille un convoi de vivres, et les grandes chaleurs avaient fait périr une partie de sa cavalerie. Il se retira en bon ordre , et ne songea le reste de la campagne qu'à munir les places que les Français occupaient en Catalogne. S'étant chargé de conduire à Roses des munitions de guerre et de bouche, il fut attaqué par un détachement ennemi, le 3 décembre, auprès âe Bordilly. On se battit avec feu, et le maréchal défît les Espagnols, qui eurent 5oo hommes tués sur la place, et qui en laissèrent 800 prisonniers. Il entra dans Roses, avec son convoi, et mit la place en état de défense. On lui destina le commandement de l'armée de Catalogne, sous M. le prince de Conty, par pouvoir du 4 mai i654; mais il fut employé dans l'armée de Flandre , par lettres du 10 juin. Il y conduisit 4000 hommes d'infanterie et 2000 chevaux. Il chassa un détachement des ennemis de l'abbaye de Saiut-Éloy, pendant le siège d'Arras, formé par les Espagnols. A l'attaque des lignes devant cette place, qui fut forcée , le 25 août, le maréchal d'Hocquincourt commanda la droite. On licencia son régiment de fusiliers à la fin de la campagne. Il se démit, au mois de décembre i655, du gouvernement de Péronne en faveur de son Bis, et au mois de janvier i656, du gouvernement de Ham, et du régiment qui y tenait garnison. Ayant voulu se saisir de Péronne pour la livrer aux Espagnols, son fils s'opposa à son entreprise. Le maréchal d'Hocquincourt passa alors au service des Espagnols. En allant, en i658, reconnaître les lignes de l'armée française devant Dunkerque, il fut tué de 3 coups de mousquet, le i3 juin. {Chronologie militaire,

tom. II, pag. 5^8 ; Histoire militaire de M. de Quincy, Mémoires du Père d*Avrigny, Histoire de France du Père Griffet, V abbé le Gendre, le président Hénault , Histoire des Grands-Officiers de la Couronne , B attelas.)

de MONCHY (1) (Jean-Charles de Bournel), connu sous le nom de marquis de Monchy , lieutenant-général, fut maître de la garde-robe de S. A. R. Mgr. le duc de Berry, petit-fils de Louis XIV. Il était issu d'une grande et illustre maison de l'Artois (2). Il entra dans les pages du roi , au mois de janvier io*83. Il leva une compagnie au régiment d'infanterie de Solre, le 24 octobre 168S. Il servit avec ce régiment, à Tannée de la Moselle, en 1690; au siège de M on s, puis à l'armée de Flandre, sous le marécbal de Luxembourg %en 1691; au siège et à la prise des villes et châteaux de Namur; à la bataille de Steinkerque, en 1692; au siège de Huy; à la bataille de Neerwinde, et au siège de Charleroy, en 1695. Il devint capitaine de grenadiers de son régiment, en 1694; servit, cette année, à la défense des lignes de la Flandre, et au bombardement de Bruxelles, en 1695. On lui donna, par commission du 14 novembre, un régiment d'infanterie Wallonne de son nom, qu'on forma,

(1) Cet article a été traité d'une manière incomplète dans le III* volume du présent ouvrage, pag. 1 \\.

(a) Elle descend, par les femmes, de Robert, comte d'Artois, frère de St. -Louis, et a un aïeul commun, au 5* degré, avec les maisons royales de France et de Savoie. Elle a produit Guillaume de Bournel , surnommé Burgonelli , le 3e marécbal de France connu , qui vivait en 1 iq£, époque d'un don que lui fit le roi Philippe Auguste; Ilue de Bournel , chambellan dn roi Charles VI, en 1 4> 7» <?u' fut aU8»> pourvu de la charge de maréchal de France , et Guillaume de Bournel, créé grand-maître de l'artillerie, par provisions du iS août i47^. Jean de Bournel, conseiller et chambellan du roi Louis XI, et lieutenant des ville et château de Saiote-Ménéhould, en 1461 , ayant épousé la fille et l'héritière de Pierre de Monchy, gouverneur de Saint-Omcr, et de Jeanne de Ghistellcs , elle lui apporta la haronnic de Moneby-Cayeux , berceau de la maison de Monchy, dont les branches cadettes ont formé les lignes de Montravel , de ltubempré etd'Hoequincourt.

par ordre du 24 décembre, avec le a* bataillon du régiment de Soire. Il le commanda à l'armée de la Meuse, en 1696, et à l'armée de Flandre, en 1697. Ce régiment ayant été réformé, par ordre du 10 mars 1698, le marquis de Monchy servit, eu qualité de colonel réformé, à l'armée de Flandre, en 1701, 1702, eti 703. Il obtint, par commission du 16 décembre, le régiment d'infanterie de Lorraine. Créé brigadier, par brevet du 10 février 1704* il combattit à Hochstedt , sous le maréchal de Marchin; fut employé à l'armée de la Moselle, sous le maréchal de Villars, en 1705; sous le maréchal de Marchin, en 1706; et à l'armée de Flandre, sous le duc de Vendôme, en 1707. Il combattit à Oudenarde, en 1708; et à Maïplaquet, sous le maréchal de Villars, en 1709. Promu au grade de maréchal-de-camp, par brevet de 29 mars 1710, il se démit de son régiment, et servit à l'armée d-* Flandre. On le fît maître de la garde-robe de M; le duc de Berry, par provisions du i3 jauvier 1711. Il fut encore employé à Tannée deFlandre, celte année. Il contribua, en 1 7 1 a, à la déroute des ennemis à Denain, et se trouva atlx sièges «t à la prise de Douay, du Quesnoy et de Bouchain. On lui donna une place de commandeur de l'ordre de Saint-Louis, par provisions du 37 avril 1716, et le grade de lieutenantgénéral des armées du roi, par pouvoir du 20 février 1 734. Il n'a point servi en cette qualité. Il mourut le 7 novembre 174*- (Chronologie militaire , tom.'Vy pag. 1 14 ; mémoires du temps , Histoire des Grands - Officiers de la Couronne, tom. FIll,pag. 157; Moréri, tom. II,pag. 270.)

db MONCHY, voyez Bournel de Namps.

de MONERYN (Tristan), fut fait colonel-général des Italiens , que le roi fit lever pour le siège de Perpignan. Sa commission porte la date du 1" août 1542. Il mourut au mois de septembre suivant. (Chronologie militaire, tom. III, P«g- 582.)

de MONFORT, voyez d'Albert de Luttes et Puniet.

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